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Revue 30 Juin 2025 ⏱ 1 min
Numéro 10 – Global Africa« Savoirs protecteurs, savoir protéger »
Ce numéro spécial interroge l’éthique de la protection et explore des savoirs issus des résistances, des mémoires et des solidarités à travers le continent.Un hommage est rendu à Mudimbe, Ngũgĩ et Koyo Kouoh. 🔗 À découvrir ici : globalafricasciences.org/issue/10.2025 #GlobalAfrica #SavoirsProtecteurs #Protection #Mudimbe #Ngugi #KoyoKouoh
Numéro 10 – Global Africa« Savoirs protecteurs, savoir protéger »
Analyses critiques 30 Juin 2025 ⏱ 49 min
Terre-Mère : trace discursive d’une émancipation écologique au Nord et au Sud ?
Numéro 10 – Analyses critiques This post is also available in: English Français (French) TÉLÉCHARGER EN PDF 10.2025Savoirs protecteurs,savoir protéger Publié le : 20 juin 2025 ISSN: 3020-0458 TÉLÉCHARGER LE NUMÉRO PDF Abstract Résumé Muhtasari ملخص At its most extreme, the Western system, based on a no-holds-barred economy orchestrated by technology and the pragmatic injunctions of efficiency and profitability, breaks with the socio-cultural foundations of a humanism, at least theoretical, inclined to support a living culture. In the face of this cultural and ecological annihilation, discourses attributed to autochthony and those of decolonial thought seem to converge through a decentering or epistemic detachment, and to nurture in concert the emergence or re-emergence of notions acting as political and discursive resistance, or even movements, here envisaged as traces of socio-cultural or even socio-political re-appropriation of an ecological sentiment. We question this dynamic using the concept of Mother Earth, considered from an anthropo-discursive perspective essentially supported by concepts from social discourse theory, and illustrating certain North-South variations and contiguities. Keywords Mother Earth, Mother Africa, decoloniality, anthropo-discursive approach, ecology, social discourse À son paroxysme, le système occidental, basé sur une économie décomplexée, orchestrée par la technique et les injonctions pragmatiques d’efficience et de rentabilité, rompt avec les assises socio-culturelles d’un humanisme, au moins théorique, enclin à soutenir une culture du vivant. Face à cet anéantissement culturel et écologique, des discours attribués à l’autochtonie et ceux de la pensée décoloniale semblent converger par un décentrement ou un détachement épistémique, et nourrir de concert l’émergence ou la ré-émergence de notions faisant office de résistance politique et discursive, voire de bougés, ici envisagés comme traces de réappropriation socioculturelle voire sociopolitique d’un sentiment écologique. Nous questionnons cette dynamique à partir du concept de Terre-Mère, envisagé dans une perspective anthropo-discursive essentiellement soutenue par les concepts de la théorie du discours social, et illustrant certaines variations et contiguïtés Nord-Sud. Mots-clés Terre-Mère, Afrique-Mère, décolonialité, approche anthropo-discursive, écologie, discours social Katika kilele chake, mfumo wa Magharibi, kwa msingi wa uchumi usiozuiliwa, unaoratibiwa na teknolojia na mahitaji ya kisayansi ya ufanisi na faida, unavunja misingi ya kijamii na kitamaduni ya ubinadamu, angalau kinadharia, inayoelekea kuunga mkono utamaduni wa walio hai. Ikikabiliwa na maangamizi haya ya kitamaduni na kiikolojia, mijadala inayohusishwa na watu wa kiasili na yale ya mawazo ya uondoaji ukoloni yanaonekana kuungana kupitia mgawanyiko wa kijamii au wa kielimu, na kwa pamoja huchochea kuibuka au kuibuka tena kwa dhana zinazotumika kama upinzani wa kisiasa na migogoro, au hata kuhamishwa, hapa kunaonekana kama vifuko vya kijamii na kisiasa kijamii au kijamii kihisia. Tunatilia shaka mabadiliko haya kulingana na dhana ya Mama Dunia, inayotazamwa kutoka kwa mtazamo wa kutofautisha anthropo kimsingi inayoungwa mkono na dhana kutoka kwa nadharia ya mijadala ya kijamii, na kuonyesha tofauti na miunganisho fulani ya Kaskazini-Kusini. Maneno muhimu Dunia Mama, Afrika Mama, kutokomeza ukoloni, mkabala wa kutofautisha anthropo, ikolojia, mazungumzo ya kijamii. يبلغ النظام الغربي ذروته من خلال منظومة اقتصادية غير معقّدة، تقودها التقنية وتوجّهها إملاءات النجاعة والمردودية، بما يقطع الصلة مع الأسس السوسيو-ثقافية لنزعة إنسانية – وإنْ كانت نظريّة – ظلت تنزع إلى ترسيخ ثقافة الحياة والاحترام المتبادل بين الإنسان والمحيط. وفي مواجهة هذا الإتلاف لما هو ثقافي وبيئي، يبدو أنّ الخطابات المنبثقة عن مرجعيات الأصالة الثقافيّة، وتلك المستندة إلى الفكر التفكيكي ما بعد الكولونيالي، تتقاطع من خلال انزياح أو انفصال إبستمولوجي عن مركزية المعرفة الغربية، وتغذّي معًا بروزًا، أو إعادة تبلور، لمفاهيم تؤدي دورًا في المقاومة السياسية والخطابية. وهي مفاهيم يمكن اعتبارها أشكالًا من “الحركات الرمزية”، تُفهم هنا باعتبارها آثارًا لإعادة تملّك الشعور البيئي في أبعاده السوسيو-ثقافية والسياسية. وعلى هذا النحو سعينا في هذا المقال إلى أن نقارب هذه الدينامية انطلاقًا من مفهوم “الأرض-الأم”، ضمن قراءة أنثروبولوجية-خطابية تستند إلى مفاهيم نظرية الخطاب الاجتماعي، مع إبراز الكيفيات المختلفة التي يتجسّد بها هذا المفهوم في الخطابات البيئية والثقافية في كل من الشمال والجنوب، وما يطرحه ذلك من تقاطعات واختلافات دلالية وسياقية. الكلمات المفاتيح الأرض-الأم، إفريقيا-الأم، تفكيك الاستعمار، المقاربة الأنثروبولوجية-الخطابية، البيئة، الخطاب الاجتماعي Introduction Par le retour à l’écriture dans sa langue maternelle, l’écrivain kenyan Ngugi Wa Thiong’o (2011 [1986]) s’émancipe de l’emprise cognitive imposée par la culture coloniale. Il montre que la langue, le langage de nos origines, agit comme vecteur de réappropriation de notre culture, comme espace de décolonisation de l’esprit et donc d’expression possible de notre rapport authentique au vivant, à la terre où nous habitons. C’est dans la langue que s’intègrent les arguments d’une pensée frontalière[1] culturelle et politique avec une vision décoloniale. À l’image de l’écrivain, nous entendrons par « décolonisation des esprits », les traces perceptibles en acte et spécifiquement ancrées en discours, qui permettent et marquent l’émancipation de la pensée au regard des idéologies exercées contre une vision écologique du vivant, et culturellement exprimée. De fait, les idéologies coercitives en question (capitalisme et néolibéralisme) se sont imposées par la destruction des (…) rapports sociaux indigènes et [d] les formes d’organisations sociales et culturelles qu’ils [les peuples colonisés] avaient engendrées. Ceux-ci et celles-ci sont, malgré une grande diversité de formes, centrés sur une logique communautaire agraire, pastorale ou encore forestière, dans laquelle prédomine la propriété collective du groupe familial et/ou de la tribu et/ou du clan, etc. Le critère central des choix sociaux est la reproduction du groupe, avec en conséquence une logique d’autosuffisance alimentaire et une cohérence avec les équilibres de l’écosystème naturel. C’est la nécessité de détruire entièrement cette réalité précoloniale, pour permettre la généralisation des rapports capitalistes, qui explique la violence coloniale. (Bouamama, 2019, p. 8) Nous emprunterons à Felwine Sarr (2016) la notion d’extraversion[2] par laquelle il décrit la situation économique et culturelle des pays colonisés, et nous l’étendrons aux cultures économiques des pays occidentaux, lesquelles ne représentent pas, à notre sens, un système moins « extraversé » des conditions socio-culturelles de leur épistémè[3]. En effet, le capitalisme et le néolibéralisme, en tant que machines de production bâties sur une logique nihiliste et décomplexée, rompent avec les assises socio-culturelles d’un humanisme, au moins théorique, n’en retiennent que le caractère techno-scientifique ayant accouché des injonctions pragmatiques d’efficience et de rentabilité, et produisent in fine les conditions idéologiques de notre extinction.
Terre-Mère : trace discursive d’une émancipation écologique au Nord et au Sud ?
Champ 30 Juin 2025 ⏱ 52 min
« We Heal Together », un savoir protecteur par excellence qui s’inspire de l’héritage africain, où les responsabilités envers soi et envers autrui sont indissociables
Numéro 10 – Champ This post is also available in: English Français (French) TÉLÉCHARGER EN PDF 10.2025Savoirs protecteurs,savoir protéger Publié le : 20 juin 2025 ISSN: 3020-0458 TÉLÉCHARGER LE NUMÉRO PDF Abstract Résumé Muhtasari ملخص /// /// /// /// Cheikh Sadibou Sakho Professeur Kamuzinzi, merci d’avoir accepté d’échanger avec nous dans le cadre de ce dossier thématique sur les savoirs protecteurs et leurs impacts dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) de la revue Global Africa. Nous aimerions commencer par retracer votre parcours scientifique, vos expertises, ainsi que votre engagement aux côtés des communautés dans leur processus de guérison des traumatismes liés aux conflits dans la région des Grands Lacs. Pouvez-vous vous présenter brièvement ? Masengesho Kamuzinzi Je m’appelle Masengesho Kamuzinzi, je suis le doyen de la faculté des Sciences sociales et de Gouvernance de l’université du Rwanda. En marge de mes responsabilités administratives, je suis également professeur titulaire en politiques publiques dans la même université où je mène également des recherches depuis plus de vingt-cinq ans. Très tôt confronté aux limites des modèles de pensée et d’action importés, dont l’adaptabilité aux contextes africains pose de grands défis, je me suis intéressé aux savoirs « ancrés » dans le patrimoine culturel partagé par les peuples des Grands Lacs, une région marquée par de longs et multiples conflits. Je m’intéresse plus particulièrement aux savoirs ancestraux qui permettent de recréer des espaces de partage d’expériences, de médiation et d’engagement communautaire dans un processus de guérison collective. Mon engagement dans la promotion de l’approche psychosociale communautaire « We Heal Together » à travers notre association « Guérir les blessures de la vie » (AGBV) – Life Wounds Healing Association (LIWOHA) – entre dans ce cadre. Cette approche, inspirée desdits savoirs ancestraux, a été expérimentée dans les trois pays de la région Grands Lacs les plus affectés par les conflits politiques et les violences inhérentes. Je reviendrai plus en détail sur la philosophie qui la sous-tend ainsi que ses modalités de mise en œuvre. Cheikh Sadibou Sakho Oui, avec plaisir, cette approche paraît très novatrice. Mais avant, comment passe-t-on de l’analyse des politiques publiques aux questions du soin collectif ? Masengesho Kamuzinzi Je me suis très tôt intéressé à la manière dont les acteurs africains s’approprient et traduisent en actes les schémas de pensée et les modèles développés dans d’autres cultures et contextes. Cette curiosité découle du fait que j’ai grandi à une époque où tout ce qui comptait en Afrique semblait venir d’ailleurs ! Sur le plan académique, jusque dans les années 1990, il était presque admis que les théories – du moins en psychologie, en sociologie et en sciences sociales de manière générale – étaient développées et testées en Occident, et que les autres régions du monde n’avaient d’autres choix que de s’approprier les conclusions et d’exécuter les démarches. Cette même tendance s’observait dans des domaines aussi diversifiés que la conception des politiques publiques, la gouvernance des États ou les approches de médiation des conflits. On le perçoit toujours d’ailleurs car même lorsqu’ils évoluent dans des contextes volatils et très dynamiques, beaucoup d’experts en politiques publiques continuent d’élaborer des plans stratégiques fondés sur des calculs et des projections de stabilité à long terme, à l’image de ce qui se faisait en Occident. S’agissant de la gouvernance des États, l’institutionnalisation de la démocratie comme mode légitime d’accès au pouvoir, la promotion de l’État de droit et la défense des droits fondamentaux semblaient également s’inspirer des modèles occidentaux, sans véritablement tenir compte des enjeux de leur contextualisation. Il en était de même des formes de médiation proposées par les différents intervenants impliqués dans la résolution pacifique des conflits qui ravagent la région des Grands Lacs depuis plus de trois décennies. Par exemple l’idée, chère à l’Occident, selon laquelle tous les partis politiques constitués ont un agenda politique qu’il convient de prendre en considération dans la médiation des conflits a poussé le général Romeo Dallaire, commandant du contingent onusien au Rwanda pendant le génocide, à convier à la table des négociations les chefs miliciens qui perpétraient ouvertement des actes de génocide devant les caméras des télévisions internationales. Ses erreurs de jugement, induites par l’arrimage à un modèle de pensée et d’action hors contexte, se lisent clairement dans son ouvrage J’ai serré la main du diable, ainsi que dans le mea-culpa qu’il a exprimé devant les survivants de cette terrible tragédie. En examinant de près la conception des modèles de lutte contre les VBG, tels que proposés dans les conventions internationales et les documents d’experts qui en découlent, on constate qu’eux aussi n’échappent pas à la logique occidentalo-centrée. Il suffit, pour s’en convaincre, de considérer le nombre de projets qui se consacrent exclusivement à la sensibilisation des populations et aux lois qui luttent contre les VBG, comme si la seule connaissance de ces lois suffisait à garantir un changement de comportement chez les auteurs de violences ou à renforcer « l’agentivité » des victimes. Ces constats m’ont conduit à m’intéresser de plus près à des modèles alternatifs de pensée et d’action, ancrés dans l’héritage culturel africain et qui sont, par conséquent, mieux adaptés aux contextes locaux. Le travail autour des modèles explorés a permis de mettre en place l’approche psychosociale communautaire « We Heal Together ». Cheikh Sadibou Sakho Pour avoir vécu dans les pays les plus affectés par le conflit dans la région des Grands Lacs, comment analysez-vous ce conflit et les multiples dynamiques qui contribuent à sa perpétuation ? Masengesho Kamuzinzi Le conflit qui sévit dans la région des Grands Lacs figure parmi ceux qui déchaînent le plus de passions en Afrique. Pourtant, il demeure l’un des plus mal compris. Les rapports d’experts se contentent bien souvent d’énumérer une succession d’événements sans les relier aux éléments contextuels. Par conséquent, ces experts prennent souvent les conséquences du conflit pour leurs causes, ce qui ne fait qu’ajouter de la confusion. Ce conflit est également marqué par de nombreux clichés, en raison d’une compréhension insuffisante des stratégies déployées par les protagonistes pour
« We Heal Together », un savoir protecteur par excellence qui s’inspire de l’héritage africain, où les responsabilités envers soi et envers autrui sont indissociables
Analyses critiques 30 Juin 2025 ⏱ 80 min
It Takes a Village! (Ré)inventer la mise à l’abri des survivantes de violences sexuelles au Sénégal<br>Pistes à partir de l’expérience du centre Kullimaaroo de Ziguinchor
Numéro 10 – Analyses critiques This post is also available in: English Français (French) TÉLÉCHARGER EN PDF 10.2025Savoirs protecteurs,savoir protéger Publié le : 20 juin 2025 ISSN: 3020-0458 TÉLÉCHARGER LE NUMÉRO PDF Abstract Résumé Muhtasari ملخص This text is a contribution to knowledge about sexual violence and its effects on the lives of survivors, particularly adolescent girls, in Senegal, based on the experience of the Kullimaaroo Center, initiated by the Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance (PFPC), in Ziguinchor. The article investigates the challenges of sheltering adolescent survivors of sexual violence. It highlights the importance of a holistic, systemic and socially rooted approach, involving various community and institutional actors. Based on a monographic work, this research documents the complexity of sexist and sexual violence in the senegalese context, the “silenciation” of survivors, the victim blaming, surrounding these social realities, and the crucial role of local initiatives such as the Kullimaaroo Center in the face of the insufficiency, absence even, of dedicated public policies. The study suggests ways of strengthening and (re)inventing unwavering support for survivors. Keywords Sexual violence, adolescent girls, support, holistic care, Kullimaaroo, intersectionality, Senegal Ce texte est une contribution aux connaissances sur les violences sexuelles et leurs effets sur la vie des survivantes, en particulier les adolescentes, au Sénégal, en partant de l’expérience du centre Kullimaaroo, initié par la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC), à Ziguinchor. L’article explore les défis de la mise à l’abri des adolescentes survivantes de violences sexuelles. Il met en exergue l’importance d’une approche holistique, systémique et socialement ancrée, impliquant divers acteurs communautaires et institutionnels. S’appuyant sur une enquête monographique, la recherche documente la complexité des violences sexuelles dans le contexte sénégalais, les dynamiques de « silenciation » des survivantes entourant ces réalités sociales, et le rôle crucial d’initiatives locales comme le centre Kullimaaroo face à l’insuffisance, voire au manque de politiques publiques dédiées. L’étude propose des pistes pour renforcer et (ré)inventer l’accompagnement des survivantes. Mots clés Violences sexuelles, adolescentes, accompagnement, prise en charge holistique, Kullimaaroo, intersectionnalité, Sénégal Maandishi haya yanachangia maarifa mengi kuhusu unyanyasaji wa kijinsia na athari zake kwa maisha ya waathirika, hasa wasichana wa balehe, nchini Senegal. Inatokana na uzoefu wa Kituo cha Kullimaaroo, kilichoanzishwa na Jukwaa la Wanawake la Amani katika Casamance (PFPC) huko Ziguinchor. Makala yanachunguza changamoto za kuwahifadhi vijana walionusurika na unyanyasaji wa kijinsia. Inaangazia umuhimu wa mkabala wa kiujumla, wa kimfumo, na wenye misingi ya kijamii, unaohusisha watendaji mbalimbali wa jumuiya na taasisi. Kulingana na utafiti wa kimonografia, utafiti unaandika utata wa unyanyasaji wa kijinsia katika muktadha wa Senegal, mienendo ya kunyamazisha mwathiriwa inayozunguka hali hizi za kijamii, na jukumu muhimu la mipango ya ndani kama vile Kituo cha Kullimaaroo katika hali ya kutotosheleza au hata ukosefu wa sera maalum za umma. Utafiti unapendekeza njia za kuimarisha na (re) kubuni usaidizi kwa walionusurika. Maneno muhimu Unyanyasaji wa kijinsia, wasichana waliobalehe, usaidizi, utunzaji kamili, Kullimaaroo, makutano, Senegal يقدّم هذا المقال مساهمة في تعميق المعارف المتعلّقة بالعنف الجنسي وتأثيراته المتعددة في حياة الناجيات منه ، لا سيما في صفوف المراهقات، في السياق السنغالي وذلك بالانطلاق من تجربة مركز كوليمارو الذي أسسته منصة النساء من أجل السلام في كازامانس (PFPC) بمدينة زيغينشور. وتستكشف هذه الدراسة الإشكاليات المرتبطة بآليات “وضع الناجيات في مأمن”، وما يرافق ذلك من تحديات اجتماعية ومؤسساتية. من جهة أخرى يسعى المقال إلى إبراز الحاجة إلى مقاربة شمولية.نُظمية، ومجتمعية الجذور، تقوم على فهم العنف الجنسي بوصفه ظاهرة متعددة الأبعاد، وتتطلب تدخّلًا منسقًا بين مختلف الفاعلين، سواء من داخل النسيج المجتمعي المحلي أو من المؤسسات الرسمية. وبالاستناد إلى دراسة مونوغرافية معمّقة، يوثّق هذا البحث لظاهرة العنف الجنسي بوصفه ظاهرة معقّدة ضمن البنيات الاجتماعية والثقافية المحلية في السياق السينغالي، كما ينشغل بآليات “الصمت القسري” المسلّط على الناجيات من هذا العنف ودفعهم إلى التكتّم عنه بفعل الإكراهات الاجتماعيّة ويكشف عن الأهمية البالغة للمبادرات المحلية لرعايتهنّ مثل مركز كوليمارو بوصفه نموذجا لفضاء بديل للتضامن والحماية وإعادة بناء الذات لهذه الشريحة من النساء. وتخلص هذه الدراسة إلى ضرورة إعادة التفكير في منظومة التكفّل بالناجيات من العنف الجنسي، بما يضمن مقاربات متكاملة تحترم السياقات المتقاطعة لهؤلاء، من حيث العمر والانتماء الاجتماعي والثقافي. الكلمات المفاتيح العنف الجنسي، المراهقات، التكفّل، المقاربة الشمولية، كوليمارو، التقاطعية، السنغال Introduction Cet article se fonde sur les résultats de recherches effectuées au Sénégal dans le cadre du projet HIRA « Informer, accueillir, héberger et re-socialiser[1] » réalisé à partir de 2022, pour une durée de trente-six mois, au sein du Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs / Afrique-Diasporas (LASPAD) de l’université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’initiative ADOS 2020-2025 du Centre de recherches pour le développement international (CRDI). L’objectif de ce programme était, à travers le financement de cinq projets innovants de recherche, de contribuer à l’amélioration de la santé reproductive des adolescentes au Sénégal en promouvant une meilleure connaissance scientifique des interactions entre la santé reproductive et certaines formes de violences basées sur le genre comme les violences sexuelles : le nexus violences sexistes et sexuelles (VSS)/santé sexuelle et reproductive des adolescentes (SSRA). Comme projet de recherche-action, le projet HIRA a comporté plusieurs volets, dont une enquête sur les bonnes pratiques en matière de prise en charge des survivantes de violences sexuelles[2], une cartographie des centres d’hébergement disponibles pour les survivantes au Sénégal[3], une enquête sur les perceptions sociales des adolescentes à propos des violences sexistes et sexuelles et des enjeux de SSR[4], ainsi qu’une étude monographique du centre Kullimaaroo, situé à Ziguinchor[5]. D’autres activités connexes ont accompagné l’exécution du projet HIRA. Il s’agit notamment de la tenue de Gender Ataya (sous forme de World Café sur les violences sexistes et sexuelles), de l’élaboration de plusieurs modules de formation sur le processus d’accompagnement des survivantes, de la tenue d’une exposition portant sur les structures d’accueil et d’hébergement ; sans compter les activités créatives de vulgarisation des résultats des recherches qui ont mobilisé des acteurs et actrices des cultures urbaines (graffitis, rap, slam, etc.). La plus grande spécificité du projet réside dans le fait qu’il est dédié aux adolescentes survivantes de violences sexuelles et à leurs besoins
It Takes a Village! (Ré)inventer la mise à l’abri des survivantes de violences sexuelles au Sénégal<br>Pistes à partir de l’expérience du centre Kullimaaroo de Ziguinchor
Analyses critiques 30 Juin 2025 ⏱ 57 min
Les centres pour « sorcières », espaces sûrs et producteurs de savoirs protecteurs : la réinsertion sociale des personnes accusées de sorcellerie au Burkina Faso
Numéro 10 – Analyses critiques This post is also available in: English Français (French) TÉLÉCHARGER EN PDF 10.2025Savoirs protecteurs,savoir protéger Publié le : 20 juin 2025 ISSN: 3020-0458 TÉLÉCHARGER LE NUMÉRO PDF Abstract Résumé Muhtasari ملخص Based on long-term field research, this article seeks to assess the implementation of a community-based intervention designed to support women accused of witchcraft and housed in reception centers. An innovative approach has been implemented in one of these centers. These spaces, beyond providing shelter, serve as survival environments and mobilize protective forms of knowledge. Residents not only benefit from holistic care but are also integrated into the ecosystem of a social and solidarity-based economy. However, the social reintegration of women into their families of origin, one of the components of the center’s project, has had mixed results: returning home remains difficult, and the women continue to experience social isolation and stigma. The main lesson to be drawn is that such innovative interventions can constitute a form of protective knowledge, provided that a committed network of actors is built around them. Keywords Implementation, witchcraft, vulnerability, reintegration, innovation, knowledge, Burkina Faso À partir d’enquêtes de longue durée, cet article propose d’évaluer la mise en place d’une intervention communautaire de prise en charge des femmes accusées de sorcellerie et hébergées dans des centres d’accueil. Une intervention innovante a été mise en œuvre dans l’un de ces centres. Ces lieux, au-delà de leur rôle d’hébergement, apparaissent comme des espaces de survie et mobilisent des savoirs protecteurs. Les pensionnaires y bénéficient non seulement d’une prise en charge holistique, mais elles sont aussi insérées dans l’écosystème d’une économie sociale et solidaire. En revanche, la réinsertion sociale des femmes dans leurs familles d’origine, une des composantes du projet du centre, connaît des résultats mitigés : le retour chez soi reste difficile et les femmes continuent de faire l’expérience de l’isolement social et de la stigmatisation. La principale leçon à en tirer est que ces interventions innovantes peuvent constituer un savoir protecteur à condition que se construise un réseau d’acteurs engagés. Mots-clés Implantation, sorcellerie, vulnérabilité, réinsertion, innovation, savoirs, Burkina Faso Kulingana na tafiti za muda mrefu, makala hii inapendekeza kutathmini utekelezaji wa uingiliaji kati wa jamii ili kusaidia wanawake wanaotuhumiwa kwa uchawi na kuhifadhiwa kwenye makazi. Uingiliaji kati wa ubunifu ulitekelezwa katika mojawapo ya vituo hivi. Maeneo haya, zaidi ya jukumu lao kama malazi, yanaonekana kama nafasi za kuishi na kuhamasisha maarifa ya ulinzi. Wakazi sio tu wanafaidika na utunzaji kamili, lakini pia wameunganishwa katika mfumo wa ikolojia wa uchumi wa kijamii na mshikamano. Hata hivyo, ujumuishaji wa kijamii wa wanawake katika familia zao za asili, mojawapo ya vipengele vya mradi wa kituo hicho, umekuwa na matokeo mchanganyiko: kurudi nyumbani bado ni vigumu, na wanawake wanaendelea kutengwa na jamii na kunyanyapaliwa. Somo kuu la kujifunza ni kwamba uingiliaji kati huu wa kibunifu unaweza kujumuisha maarifa ya ulinzi mradi tu mtandao wa watendaji waliojitolea utajengwa. Maneno muhimu Kupandikizwa, uchawi, kuathirika, kuunganishwa tena, uvumbuzi, maarifa, Burkina Faso يهدف هذا المقال، انطلاقاً من دراسات ميدانية معمّقة وطويلة الأمد، إلى تقييم تجربة مجتمعيّة تتمثّل في التكفّل بالنساء المتّهمات بممارسة السحر والمقيمات في مراكز إيواء مخصصة لهنّ. وقد تمّ تنفيذ نموذج مبتكر للتكفّل بهذه الفئة من النساء في أحد هذه المراكز، بحيث لا يقتصر دورها الأساس على إيواء هؤلاء وإنّما تحويلها إلى فضاءات لحمايتهنّ ولضمان عيش يحفظ كرامتهنّ ، تُنتج فيها معارف وقائية مستندة إلى خبرات مجتمعية محلّية. فلا تستفيد المقيمات في هذه المراكز من مقاربة شمولية للرعاية فقط ، وإنّما يتمّ العمل على إدماجهنّ في منظومة الاقتصاد الاجتماعي والتضامني، بما يوفّر لهن سُبل العيش الكريم ويدعم استقلاليتهن. غير أنّ إعادة إدماج هؤلاء النساء في أسرهنّ ومجتمعاتهن الأصلية، وهي إحدى المكوّنات الأساسية لمشروع المركز، ما تزال تشهد صعوبات ملموسة؛ إذ غالباً ما يكون الرجوع إلى محيطهن الاجتماعي محفوفاً بالعقبات، وتظلّ تجربة العزلة والوصم الاجتماعيين ماثلة في حياتهن اليومية. ويتمثّل الدرس الأساس الذي يمكن استخلاصه من هذه التجربة في أنّ مثل هذه التدخلات المبتكرة قد تشكّل نواة لمعرفة وقائية فاعلة، شريطة أن تُدعّم من خلال شبكة متماسكة من الفاعلين الاجتماعيين الملتزمين. الكلمات المفاتيح التمركز، السحر، الهشاشة، إعادة الإدماج، الابتكار، المعارف، بوركينا فاسو Introduction Mon propos vise à éclairer le processus de mise en œuvre d’une action associative, soutenue par l’État et un bailleur de fonds : celle de la prise en charge holistique des femmes accusées de sorcellerie, accueillies dans les centres collectifs que l’on rencontre uniquement au Ghana et au Burkina Faso. À partir de l’exemple du modèle d’intervention du centre Delwendé au Burkina Faso, comment les centres d’accueil produisent-ils un « savoir protecteur » ? Quels sont les succès et limites de cette innovation sociale ? Cette réflexion permet de dépasser les récits mettant en scène la fabrication de la sorcellerie, en interrogeant le rôle des acteurs (État, familles, travailleurs sociaux) dans le processus de prise en charge holistique des victimes. La littérature anthropologique ne s’est pas suffisamment intéressée à la prise en charge des victimes des accusations de sorcellerie, se concentrant plutôt sur une analyse approfondie de la relation entre le vieillissement et la sorcellerie chez les femmes (Fancello, 2015 ; Tonda, 2005 ; Paulme, 1994). Les accusations de sorcellerie naissent des tensions familiales et fonctionnent comme un pouvoir quasi totalitaire pour le maintien de l’ordre social, et n’importe qui peut se voir être accusé en milieu rural (Lallemand, 1988). Par contre, Marc Augé (1975) montre le lien inextricable entre la sorcellerie et le gradient économique des individus. Ainsi, les riches et les puissants sont soupçonnés, alors que les faibles et les laissés-pour-compte sont accusés. Loin d’être une pratique du monde rural, la sorcellerie se manifeste également en milieu urbain. Elle est perçue comme une réponse locale à l’impérialisme international et à la modernisation (Geschiere, 2000 ; Comaroff & Comaroff, 2000). Aussi, celle-ci se retrouve aussi bien dans les partis politiques que dans les associations (Geschiere, 2000). En milieu urbain, elle « n’a pas besoin des raisons [traditionnelles] pour se mettre en branle » (Martinelli & Bouju, 2010, p. 94). Le traitement social de la sorcellerie s’accompagne, dans la plupart des sociétés, de violences
Les centres pour « sorcières », espaces sûrs et producteurs de savoirs protecteurs : la réinsertion sociale des personnes accusées de sorcellerie au Burkina Faso
Analyses critiques 30 Juin 2025 ⏱ 68 min
Victime, auteur de l’infraction et prestataire de service : une stratégie d’intervention collaborative pour lutter contre la violence entre partenaires intime
Numéro 10 – Analyses critiques This post is also available in: English Français (French) TÉLÉCHARGER EN PDF 10.2025Savoirs protecteurs,savoir protéger Publié le : 20 juin 2025 ISSN: 3020-0458 TÉLÉCHARGER LE NUMÉRO PDF Abstract Résumé Muhtasari ملخص Intimate partner violence (IPV) disproportionately affects marginalized women in South Africa. This abusive behavior is used to gain or maintain control over the other intimate partner. It usually results in physical, psychological, emotional sexual or economic harm. It cuts across different spheres of society and can occur in couples, be they heterosexual, or homosexual. It is one of the major challenges that South Africa is faced with, regardless of the initiatives to curb and eradicate it. This violence has major effects on the lives of the victims. It is also the most common form of violence worldwide and contributes substantially to the global burden of mental health problems. Evidence indicates that intimate partner violence (IPV) is disturbingly high among South African adolescent girls and young women (AGYW). It has caused a lot of havoc in several families and the lives of individuals, these range from psychological trauma, anxiety, use of drugs, alcohol and other harmful substances, physical pain, emotional trauma, homelessness, and economic crisis, to low self-esteem and death amongst other effects. Understanding the prevalence and risk factors for IPV among these emerging adults is critical for developing appropriate interventions to prevent it. This study aims to explore the potential for an interdisciplinary model that will focus on both perpetrators and victims at the same time to address IPV. It draws on the existing literature and the findings of this study to argue that a more holistic approach to prevention is likely to be more successful. Keywords Intimate partner violence, interventions, social workers, victims, stakeholders, perpetrators La violence entre partenaires intimes (VPI) affecte de manière disproportionnée les femmes marginalisées en Afrique du Sud. Ce comportement abusif est utilisé pour obtenir ou maintenir un contrôle sur l’autre partenaire. Il entraîne généralement des sévices physiques, psychologiques, émotionnels, sexuels ou économiques. Il touche différentes sphères de la société et peut survenir au sein des couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. C’est l’un des principaux défis auxquels l’Afrique du Sud est confrontée, quelles que soient les initiatives prises pour l’endiguer et l’éradiquer. Cette violence a des conséquences majeures sur la vie des victimes. C’est aussi la forme de violence la plus répandue dans le monde, contribuant de manière substantielle à la charge mondiale des troubles de santé mentale. Il est prouvé que la VPI est extrêmement répandue chez les adolescentes et jeunes femmes sud-africaines. Elle cause de nombreux ravages au sein des familles et chez les individus, allant du traumatisme psychologique, de l’anxiété, de la consommation de drogues, d’alcool et d’autres substances nocives, de la souffrance physique, du traumatisme émotionnel, de l’itinérance, et de la détresse économique, à une faible estime de soi, et même à la mort, entre autres conséquences. Comprendre la prévalence et les facteurs de risque de la VPI chez ces jeunes adultes est crucial pour mettre en place des actions de prévention appropriées. Cette étude vise à explorer le potentiel d’un modèle interdisciplinaire pour lutter contre la VPI qui se concentrera à la fois sur les auteurs et les victimes. Elle s’appuie sur la littérature existante et les résultats de cette enquête pour défendre l’idée qu’une approche plus holistique de la prévention serait sans doute plus efficace. Mots-clés violence entre partenaires intimes (VPI), interventions, travailleurs sociaux, victimes, parties prenantes, auteurs de violence Vurugu za wapenzi wa karibu (IPV) huathiri vibaya wanawake waliotengwa nchini Afrika Kusini. Tabia hii ya dhuluma hutumiwa kupata au kudumisha udhibiti juu ya mshirika mwingine wa karibu. Kwa kawaida husababisha madhara ya kimwili, kisaikolojia, kihisia, kingono au kiuchumi. Vurugu hii inaenea katika nyanja zote za jamii na inaweza kutokea ndani ya watu wa jinsia tofauti na vile vile wapenzi wa jinsia moja. Ni mojawapo ya changamoto kuu zinazoikabili Afŕika Kusini, licha ya mipango iliyowekwa ya kuiwekea kikomo na kuitokomeza kabisa. Ukatili huu una madhara makubwa kwa maisha ya wahasiriwa. Pia inawakilisha aina ya kawaida ya vurugu duniani kote na inachangia kwa kiasi kikubwa mzigo wa kimataifa wa matatizo ya afya ya akili. Takwimu zinaonyesha kuwa kuenea kwa unyanyasaji wa majumbani kunatisha miongoni mwa wasichana na wanawake vijana wa Afrika Kusini (AGYW). Imeharibu familia nyingi na maisha ya watu binafsi, na kusababisha kiwewe cha kisaikolojia, wasiwasi, dawa za kulevya, pombe na matumizi mengine ya dawa za kulevya, maumivu ya kimwili, kiwewe cha kihisia, ukosefu wa makazi, shida ya kiuchumi, kutojistahi na hata kifo, kati ya madhara mengine. Kuelewa kuenea na sababu za hatari za unyanyasaji wa nyumbani kati ya vijana hawa wanaojitokeza ni muhimu kwa ajili ya kuendeleza hatua zinazofaa za kuzuia. Utafiti huu unalenga kuchunguza uwezo wa muundo wa taaluma mbalimbali ambao ungezingatia wahalifu na waathiriwa ili kukabiliana na aina hii ya vurugu. Inatumia fasihi iliyopo pamoja na matokeo ya utafiti huu kusema kuwa mbinu shirikishi zaidi ya kuzuia ina uwezekano mkubwa wa kufaulu. Maneno muhimu Unyanyasaji wa nyumbani, uingiliaji kati, wafanyikazi wa kijamii, wahasiriwa, washikadau, wahalifu يؤثر العنف الزوجي (IPV) بدرجات متفاوتة على النساء المهمشات في جنوب أفريقيا. يُستخدم هذا السلوك االتعسّفي من الرجل من أجل تحقيق السيطرة على شريكة حياته أو للحفاظ على استمراريتها. وعادةً ما يؤدي هذا العنف إلى أضرار جسدية ونفسية وعاطفية وجنسية أو اقتصادية. يمتد هذا العنف ليشمل جميع فئات المجتمع، ويمكن أن يحدث في العلاقات الزوجية بين الجنسين أو في العلاقات المثْلية. ويُعتبر العنف في حياة الأزواج أحد أبرز التحديات التي تواجهها جنوب أفريقيا، رغم الجهود والمبادرات التي تم إطلاقها للحدّ منه والقضاء عليه. لهذا العنف عواقب وخيمة و تأثيرات طويلة المدى على حياة الضحايا، وهو يُعدّ من أكثر أشكال العنف شيوعًا في العالم، ويساهم بصفة ملحوظة في تفاقم الأمراض النفسية عالميّا . وتشير البيانات إلى أنّ معدل انتشار العنف في الحياة الزوجيّة الذي يكون ضحيّته الفتيات والمراهقات والنساء الشابات في جنوب أفريقيا (AGYW) أصبح مثيرا للفزع. لقد تسبب هذا العنف في أضرار جسيمة للعديد من العائلات والأفراد مثل الصدمات والكدمات النفسية والتوتّر المستمر ودفع البعض لتعاطي المخدرات والكحول والمواد السامة الأخرى كما أنّ
Victime, auteur de l’infraction et prestataire de service : une stratégie d’intervention collaborative pour lutter contre la violence entre partenaires intime
Introduction 30 Juin 2025 ⏱ 29 min
Les savoirs protecteurs : terrains, expériences et pratiques dans la lutte contre les violences en Afrique
Numéro 10 – Analyses critiques This post is also available in: English Français (French) TÉLÉCHARGER EN PDF 10.2025Savoirs protecteurs,savoir protéger Publié le : 20 juin 2025 ISSN: 3020-0458 TÉLÉCHARGER LE NUMÉRO PDF Abstract Résumé Muhtasari ملخص /// /// /// /// À l’heure où les violences sociales (au premier rang desquelles les violences sexistes et sexuelles) s’exacerbent un peu partout en Afrique[1], la nécessité de penser les savoirs qui les structurent et en impulsent les dynamiques s’impose. Elle (re)place au cœur de l’actualité la question des savoirs protecteurs comme une problématique à prendre urgemment en charge pour encadrer, enrichir et fertiliser les multiples initiatives et dynamiques de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et leurs effets sur les sociétés. Nous appelons savoirs protecteurs les connaissances, les techniques, les usages, les procédés, les innovations, les pratiques, entre autres, qui résultent des expériences, des initiatives, des recherches et expérimentations, socio-culturellement ancrées et fructueuses d’acteurs et d’actrices engagé·e·s au quotidien dans la lutte contre les VBG. Ces savoirs, souvent issus des interactions entre les acteurs/actrices locaux/locales et les travailleurs/travailleuses sociaux/sociales[2], donnent des compétences, des capacités (Sen, 1999) et des aptitudes qui permettent aux communautés et aux individus de prévenir l’apparition de violences, une prise en charge réparatrice et régénératrice lorsqu’elles surviennent et de construire leur résilience. Ils représentent une voie médiane entre les approches traditionnelles et les modèles importés de réponse aux VBG. Se constituant par hybridation ou par invention, ces savoirs visent à répondre de manière plus ancrée et plus contextuelle aux enjeux locaux, tout en mobilisant des outils conceptuels et des pratiques potentiellement voyageurs. Ils s’épaississent en particulier par la complexité et la transformation continue des logiques et des pratiques que recouvrent les violences sociales. Ils sont attentifs aux codes et aux modes diversifiés de justification et de légitimation sociale desdites pratiques ; ce faisant, ils se projettent avec plus de discernement sur les modalités matérielles et immatérielles de lutte contre celles-ci. Malgré les atouts théoriques et pratiques des stratégies de lutte contre les VBG, leur reconnaissance et leur valorisation restent entravées par des débats épistémologiques et politiques souvent polarisés. D’un côté, certains célèbrent avec une ferveur nostalgique les savoirs occidentaux, dénonçant l’échec des savoirs exogènes, jugés inadaptés aux réalités locales. De l’autre, l’on croit toujours en l’universalité des montages épistémiques qui fondent les interventions de développement. Les savoirs protecteurs émergent comme une sorte de troisième voie de la lutte, hybride, créative et pragmatique, qui mérite d’être examinée en profondeur pour en thématiser le potentiel heuristique ainsi que les pouvoirs opératoires (en matière d’appropriation communautaire et de mise à l’échelle dans le cadre de politiques publiques locales ou nationales dédiées à la lutte contre les violences sociales, celles sexistes et sexuelles en priorité). Ce numéro spécial de Global Africa se propose d’explorer ces savoirs protecteurs, non pas comme une simple alternative aux modèles dominants, mais plutôt comme une parxis décoloniale (Mignolo & Walsh, 2018) en ce qu’ils valorisent et institutionnalisent des expériences de soin et déconstruisent des structures de pouvoir et de violence dont certaines ont des traces coloniales. Il s’agit alors de tenter de comprendre comment ces savoirs protecteurs se construisent, se diffusent et se transforment lors des interactions quotidiennes entre les communautés locales et les acteurs (externes ou non) qui interviennent dans leurs contextes. En somme, il s’agit de prendre au sérieux les vertus épistémiques et pragmatiques des dynamiques locales de lutte contre les violences sociales en Afrique (les VBG en particulier), sans tomber dans le piège du romantisme culturel ou du scientisme naïf incapable de se penser en contexte et de penser ses attaches sociales. Cette prise au sérieux des savoirs protecteurs se veut, bien entendu, critique car même si ces savoirs paraissent plus adaptables pour adresser les défis locaux, il ne faut pas perdre de vue qu’ils demeurent des constructions sociales. Sous ce rapport, ils n’échappent pas à la conflictualité des arènes sociales locales et ne sont pas, pour ainsi dire, « immunisés » par défaut contre les risques de reproduction et de maintien de certaines dynamiques problématiques de pouvoir entre les acteurs locaux eux-mêmes et les acteurs externes. Les VBG comme l’expression d’un champ épistémique patriarcal Constitutives d’un phénomène social pluriel et complexe, les VBG expriment l’activation de rapports sociaux de pouvoir et de domination qui se manifestent et se vivent dans toutes les sociétés. En cela, elles peuvent être considérées comme des quasi-invariants anthropologiques de la vie sociale. Bien que généralement composées de faits empiriques ou symboliques distinguables, les VBG n’en sont pas moins des pratiques sociales (Shove & Pantzar, 2012) historicisées, c’est-à-dire des pratiques sociales sédimentées dans les imaginaires, les croyances, les « vérités » historiques, etc. C’est pourquoi il importe de les voir comme des points de vue sur le monde (Viveiros de Castro, 1998 ; 2009) et comme des rampes d’actions sur lui. Dans les configurations sociales patriarcales, les savoirs dérivent fondamentalement d’un champ (Bourdieu, 2022) épistémique (et donc politique et économique) obéissant à des modalités particulières d’attachement au monde. En général, constituées de manières de penser, de manières de (res)sentir, de manières d’agir, etc., ces dites-modalités portent et légitiment les logiques et les dynamiques de production et de reproduction de la domination masculine. Un tel champ représente un système de savoirs dans lequel sont engendrées puis normalisées – voire naturalisées – les valeurs, les normes, les règles, les idées, les pratiques, etc., qui fabriquent les inégalités sociales, en particulier les inégalités entre les sexes. Le champ épistémique patriarcal forme ainsi une sorte de matrice de subordination et de soumission des femmes aux hommes, dans leur diversité. Il fait donc référence à ces espaces sociaux matériels et immatériels où les savoirs sont produits, validés, protégés, transmis et partagés en fonction de structures de pouvoir sexuellement asymétriques et dédiées au service du privilège masculin (McIntosh, 2019 ; O’Brien, 2009). Concernant plus directement les VBG, cette notion de champ épistémique patriarcal implique que les pratiques sociales qui les portent sont enchâssées dans des systèmes de savoirs et de croyances qui se
Les savoirs protecteurs : terrains, expériences et pratiques dans la lutte contre les violences en Afrique
Analyses critiques 30 Juin 2025 ⏱ 41 min
V.-Y., puissions-nous t’honorer non seulement par notre chagrin, mais aussi par notre réflexion
Numéro 10 – Analyses critiques This post is also available in: English Français (French) TÉLÉCHARGER EN PDF 10.2025Savoirs protecteurs,savoir protéger Publié le : 20 juin 2025 ISSN: 3020-0458 TÉLÉCHARGER LE NUMÉRO PDF Abstract Résumé Muhtasari ملخص /// /// /// /// Le 31 mai 2025 marquait le 40e jour du décès du philosophe, essayiste, poète et romancier Valentin-Yves Mudimbe, figure fondatrice des études africaines. Professeur Toussaint Kafarhire, S.J., rédacteur de Global Africa, a coorganisé avec Professeur Zubairu Wai un webinaire pour célébrer la pensée, les luttes et l’humanité d’un homme exceptionnel. Nous avons voulu restituer quelques moments forts de cet hommage. Zubairu Wai Nous avons choisi cette date parce qu’en Afrique, du moins en Sierra Leone d’où je suis originaire, j’ai d’ailleurs confirmé cela avec le Révérend Professeur Toussaint Kafarhire, S.J., et il en est de même au Congo : lorsqu’une personne décède, le 40e jour est important parce qu’il marque l’étape finale des rites funéraires. Ensuite, une commémoration a lieu chaque année. Nous avons donc pensé que cette date serait appropriée pour nous souvenir du professeur Mudimbe. Avant de passer la parole au professeur Toussaint Kafarhire, je voudrais dire une chose : le professeur Mudimbe avait une relation très compliquée avec l’Église. Comme il l’a lui-même reconnu dans certains de ses écrits, cette relation n’a jamais été rompue. Il a essayé, et il nous a même dit que le fait d’être agnostique était une sorte de posture intellectuelle et publique. Ceux d’entre nous qui ont eu l’occasion de lui rendre visite dans sa maison de Caroline du Nord, savent qu’il commençait ses journées en écoutant de la musique grégorienne. Il avait une chapelle et une salle de méditation dans sa maison. De plus, je me souviens que pour son 60e anniversaire, le pape Jean-Paul lui avait envoyé, j’ai oublié le nom, une sorte de prière et de bénédiction. Ce geste montre que même si cette relation était compliquée, il s’agissait toujours d’une (vraie) relation, et nous devons l’honorer. C’est pourquoi nous avons souhaité commencer cette réunion par une prière, avant de passer aux différentes interventions que nous avons prévues. Ensuite, nous donnerons la parole à tous ceux et toutes celles qui souhaitent parler de leur relation ou de l’impact du professeur Mudimbe sur leur vie, etc. Il ne s’agit donc pas ici d’un cadre académique, où des communications scientifiques seront présentées, mais plutôt d’un moment de réflexion, de souvenir, d’hommage à quelqu’un qui nous a profondément touchés de multiples façons. Maintenant, professeur Toussaint, je vous cède la parole. Toussaint Kafarhire Merci beaucoup, Zuba ! Merci infiniment parce que, comme vous venez de le dire, nous sommes réunis ici parce que nous formons une communauté, qui s’est construite à travers le monde, à travers l’histoire, et à travers le professeur Mudimbe. Nous l’avons tous connu d’une manière ou d’une autre, de près ou de loin, à travers ses écrits ou personnellement. Et c’est tout à fait juste de pouvoir lui rendre cet hommage et de reconnaître que c’était une âme profondément en quête de Dieu. Je m’exprime en français, parce que je crois que nous sommes une communauté internationale, et il est important que ceux qui viennent de pays non anglophones sentent eux aussi que cet espace leur appartient, qu’il est fait pour nous tous. Peut-être que certains parleront en portugais, d’autres en espagnol, parce que Mudimbe était un homme universel, un homme du monde. Je voudrais juste profiter de ce petit moment d’introduction pour faire une courte prière, que je vais subdiviser en quatre parties. Tout d’abord, je lirai un court passage de l’Écriture. Ensuite, je lirai un petit poème de Khalil Gibran. Ensuite, je prononcerai une brève exhortation qui sera suivie d’une prière. Comme je viens de le dire, Mudimbe était un homme universel. Zuba nous a rappelé qu’il avait des relations plutôt difficiles avec l’Église, avec sa foi. J’ai eu le privilège de l’entendre raconter l’histoire de son entrée et de sa sortie au monastère. J’ai également raconté à Zuba qu’un jour, Mudimbe était venu me rendre visite à Chicago. À un moment donné, je devais partir pour remplir des obligations liées à mes fonctions sacerdotales. L’aumônerie universitaire avait des étudiants catholiques pour lesquels je devais célébrer la messe ce jour-là. Mudimbe me dit : « Je viens avec toi. » J’étais surpris. Il le remarqua et s’empressa de me rassurer : « Non, non ! Je ne vais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. Je ne vous dérangerai pas, mon Père. Je vais m’asseoir au fond de l’église. Je lirai mon bréviaire et vous continuerez votre service d’autel. » Et c’est exactement ce qu’il a fait. Ce que nous faisons aujourd’hui, nous le faisons en tant que croyants, chrétiens, catholiques, en tant que musulmans, bouddhistes, mais en tant qu’Africains, c’est-à-dire avec cette foi ancestrale que nous portons et qui nous amène à croire fermement que la mort ne met pas fin à la vie. Et que Mudimbe, d’une manière ou d’une autre, continuera à vivre avec nous, à nous inspirer et à nous pousser à aller de l’avant. Ainsi, pour ceux qui sont catholiques comme moi, et selon les traditions représentées dans cette salle virtuelle, je voudrais commencer ce moment au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Lecture de l’Évangile selon saint Jean. Nous lisons le chapitre 14, versets 1-4. Il est écrit : Que votre cœur ne se trouble pas. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures.S’il n’en était pas ainsi, vous aurais-je dit que je vais vous préparer une place ?Et si je vais vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi,afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi.Et du lieu où je vais, vous en savez le chemin. (L’Évangile, la bonne nouvelle du Seigneur). Loué sois-tu, Seigneur Jésus. J’ai dit que la deuxième partie consisterait à attirer votre attention sur un court poème de Khalil Gibran. En y
V.-Y., puissions-nous t’honorer non seulement par notre chagrin, mais aussi par notre réflexion
Analyses critiques 30 Juin 2025 ⏱ 62 min
Décolonisation et décolonialité dans le milieu académique africain : réformer l’enseignement scolaire et universitaire à travers une sélection d’œuvres de Ngugi wa Thiong’o et d’Ayi Kwei Armah
Numéro 10 – Analyses critiques This post is also available in: English Français (French) TÉLÉCHARGER EN PDF 10.2025Savoirs protecteurs,savoir protéger Publié le : 20 juin 2025 ISSN: 3020-0458 TÉLÉCHARGER LE NUMÉRO PDF Abstract Résumé Muhtasari ملخص This article examines colonial educational structures—both school-based and university-level—through the works of Ngũgĩ wa Thiong’o and Ayi Kwei Armah. It begins by showing how school administration, inherited from the colonial mission, imposed a Eurocentric curriculum and a hierarchical model of discipline. The author then retraces foundational debates—particularly the “Nairobi Literary Debate” (1968)—that called for the restructuring of English and African Studies departments into spaces grounded in African realities. By comparing these historical initiatives to the fictional reforms depicted in Petals of Blood, Osiris Rising, and KMT, the article highlights the epistemological, theoretical, organizational, and pedagogical conditions necessary for meaningful academic decolonization. Drawing on a decolonial perspective, the text interrogates power relations and the “coloniality of knowledge” to propose a critical rereading of current practices and emphasize the urgency of an authentically African educational governance that integrates oral traditions and indigenous epistemologies. Keywords Ngũgĩ wa Thiong’o, Ayi Kwei Armah, Nairobi Literary Debate, African curriculum, pedagogical reforms, colonial administration Cet article examine les structures éducatives coloniales (scolaires et universitaires), à travers l’analyse des œuvres de Ngũgĩ wa Thiong’o et d’Ayi Kwei Armah. Après avoir montré comment l’administration scolaire, héritée de la mission coloniale, a imposé un curriculum eurocentré et un modèle hiérarchique de discipline, l’auteur retrace les débats fondateurs – en particulier le « débat littéraire de Nairobi » (1968) – qui ont appelé à la refondation des départements d’anglais et d’études africaines en espaces ancrés dans les réalités africaines. En comparant ces initiatives historiques aux réformes fictives dépeintes notamment dans Petals of Blood, Osiris Rising et KMT, l’article met en lumière les conditions épistémologiques, théoriques, organisationnelles et pédagogiques d’une décolonisation académique effective. Enfin, en mobilisant la perspective décoloniale, le texte interroge les rapports de pouvoir et la « colonialité du savoir » pour proposer une relecture critique des pratiques actuelles et souligner l’urgence d’une gouvernance éducative véritablement africaine, intégrant les traditions orales et les épistémologies endogènes. Mots-clés Ngũgĩ wa Thiong’o, Ayi Kwei Armah, débat littéraire de Nairobi, curriculum africain, réformes pédagogiques, administration coloniale Makala haya yanachunguza miundo ya elimu ya kikoloni (shule na vyuo vikuu) kupitia uchanganuzi wa kazi za Ngũgĩ wa Thiong’o na Ayi Kwei Armah. Baada ya kuonyesha jinsi utawala wa elimu, uliorithiwa kutoka kwa misheni ya kikoloni, uliweka mtaala wa Uropa na mtindo wa nidhamu wa daraja la juu, mwandishi anafuatilia mijadala ya mwanzilishi-hasa “Mjadala wa Kifasihi wa Nairobi” (1968) – uliotaka kuanzishwa upya kwa idara za Kiingereza na Mafunzo ya Kiafrika kama nafasi zilizokita mizizi katika hali halisi za Kiafrika. Kwa kulinganisha mipango hii ya kihistoria na mageuzi ya kubuniwa yanayoonyeshwa katika Petals of Blood, Osiris Rising, na KMT, makala yanaangazia hali ya kielimu, kinadharia, shirika, na ufundishaji kwa ajili ya uondoaji wa ukoloni wa kitaaluma. Hatimaye, kwa kuhamasisha mtazamo wa uondoaji wa ukoloni, maandishi yanahoji mahusiano ya mamlaka na “ukoloni wa maarifa” ili kutoa ufafanuzi wa kina wa mazoea ya sasa na kuonyesha udharura wa utawala wa kielimu wa Kiafrika, kuunganisha mila simulizi na waraka wa asili. Maneno muhimu Ngũgĩ wa Thiong’o, Ayi Kwei Armah, Mjadala wa fasihi wa Nairobi, mtaala wa Kiafrika, mageuzi ya elimu, utawala wa kikoloni يتناول هذا المقال بالتحليل البنى التعليمية ذات الجذور الاستعمارية، سواء في المدارس أو في الجامعات، من خلال دراسة نقدية منتقاة لأعمال الكاتبين الإفريقيين نغوجي (Ngũgĩ wa Thiong’o) وا ثيونغو وأيي كوي أرماه (Ayi Kwei Armah). فبعد أن كشف عن الطريقة التي رسّخت بها الإدارة التعليمية، الوريثة للمشروع الاستعماري، منهجًا دراسيًا ذي طابع أورومركزي، وهيكلا تربويا يعيد إنتاج التسلسل الهرمي الكولونيالي في النظام التربوي يتتبع صاحب المقال النقاشات الفكرية التأسيسيّة التي شهدتها الجامعات الإفريقية في العقود الأولى لما بعد الاستعمار، لا سيما “النقاش الأدبي في نيروبي” عام 1968، الذي نادى بإعادة تأسيس أقسام اللغة الإنجليزية والدراسات الإفريقية على قاعدة معرفية متجذرة في السياق الثقافي والاجتماعي الإفريقي. ومن خلال المقارنة بين هذه المبادرات التاريخيّة لإصلاح التعليم في أفريقيا التي رُسمت ملامحها بصفة خاصة في روايات: ” أزهار من الدم” (Petals of Blood) ، صعود أوزيريس (Osiris Rising) وفي بيت الحياة (KMT) ، يستعرض المقال الشروط المعرفية والنظرية والتنظيمية والتربوية اللازمة لتحقيق مشروع فعلي للتخلّص من التركة الاستعماريّة في المجال الأكاديمي. وختاما فباستحضار المقاربة التفكيكية للاستعمار، يتناول هذا المقال من خلال مقاربة تحليلية علاقات الهيمنة و« كولونياليّة المعرفة»، من أجل إعادة قراءة نقدية للممارسات السائدة، ومؤكدًا على الحاجة اليوم أكثر من أيّ وقت مضى إلى حوكمة تعليمية إفريقية أصيلة، تنبع من الذات، وتنهض على دمج التقاليد الشفاهية والرؤى المعرفية المحلية المتجذّرة في العمليّة التربويّة والتعليميّة. الكلمات المفاتيح نغوجي وا ثيونغو (Ngugi wa Thiong’o) ، أيي كوي أرماه (Ayi Kwei Armah)، النقاش الأدبي في نيروبي، المنهاج الإفريقي، إصلاح التعليم، الإدارة الاستعمارية Introduction La décolonisation du monde académique africain est un projet qui ne date pas d’hier. Dès 1962, alors que la plupart des pays africains accédaient à l’indépendance, Ngugi wa Thiong’o et ses collègues de l’université de Nairobi ont engagé une lutte féroce contre ce qu’ils qualifiaient d’« orientation eurocentrée du système éducatif ». À travers ce qui sera plus tard connu sous le nom de « débat littéraire de Nairobi », ils ont souligné avec gravité la nécessité de décoloniser l’espace académique africain afin de le libérer des chaînes de l’esclavage mental résultant des politiques d’éducation coloniale. Une partie de ce qui explique aujourd’hui l’inadéquation des politiques éducatives africaines s’explique en effet par l’influence d’une administration scolaire qui demeure, jusqu’à ce jour, fortement soumise aux aléas du même modèle colonial qui l’a mise en place. Plus précisément, au xxie siècle, les universitaires et les décideurs africains peinent encore à mettre en place des systèmes éducatifs solides, capables de répondre pleinement aux défis auxquels le continent est confronté et de permettre aux populations de réaliser leurs aspirations. Dans leur mission visant à aider l’Afrique à tracer sa propre voie après l’expérience éprouvante de la colonisation (Claude Ake), les intellectuels africains ont joué un rôle de premier plan en contribuant à déconstruire les institutions éducatives.
Décolonisation et décolonialité dans le milieu académique africain : réformer l’enseignement scolaire et universitaire à travers une sélection d’œuvres de Ngugi wa Thiong’o et d’Ayi Kwei Armah
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