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Publié le : 20 décembre 2023
ISSN: 3020-0458
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Cette année marque le quarantième anniversaire de l’expulsion des Ghanéens du Nigeria et le quarante-quatrième anniversaire de l’expulsion antérieure des Nigérians du Ghana. Les idées et les pratiques d’exclusion fondées sur la citoyenneté et la nationalité sont devenues des outils par lesquels les États africains contrôlent parfois les populations et les crises socio-économiques. Les États de la sous-région ouest-africaine ont pour la plupart hérité ces outils des politiques coloniales d’appartenance et les ont depuis lors appliqués à toute population présentant un signe de vulnérabilité. Cette pratique a atteint son paroxysme en 1983, lorsqu’une crise économique au Nigeria a été imputée aux immigrants, dont la majorité était originaire du Ghana.
Quelles leçons pouvons-nous tirer de ces histoires douloureuses de politiques de représailles antiimmigrés afin de créer en Afrique des sociétés harmonieuses, pacifiques et accueillantes qui s’opposent à toute forme de xénophobie ? Dans le cadre de notre travail en cours sur les migrations pour le développement et l’égalité (MIDEQ), qui couvre plus de 12 pays du Sud, il est devenu tout à fait clair que les droits des travailleurs migrants sont régulièrement bafoués dans le monde entier. De nombreux efforts ont été déployés pour remédier à ces indignités. Il s’agit d’efforts à micro-échelle, tels que les associations How to cite this paper: Garba, F., (2023). fondées sur l’identité que les migrants forment pour lutter contre les nombreuses oppressions auxquelles ils sont confrontés, d’activités à méso-échelle, telles que la syndicalisation, et d’efforts à macro-échelle, tels que les protestations. Les citoyens offrent parfois leur soutien à cet égard, par exemple lorsqu’ils organisent des manifestations au cours desquelles les associations de migrants peuvent exprimer leurs besoins spécifiques et se faire entendre.
Nous trouvons ces formes de solidarité particulièrement puissantes parce qu’elles reconnaissent l’humanité commune à chacun d’entre nous. Qu’il soit citoyen ou migrant, chaque individu possède des droits humains fondamentaux qui doivent être respectés et promus à tout moment. De même, le statut de citoyen ne protège pas contre la condition de citoyen de seconde zone en tant qu’immigré. Même si les individus se trouvent dans leur pays d’origine, dans la mesure où ils peuvent soit migrer un jour, soit avoir des parents qui sont des migrants (potentiels), les besoins des migrants doivent être une préoccupation pour les citoyens comme pour les migrants. C’est un message que certains groupes comprennent parfaitement, et nous avons voulu inculquer cette vision aux jeunes générations. Le quarantième anniversaire de l’épisode Ghana must go dans l’histoire du Ghana était l’occasion idéale de partager ce message.
Nous avons voulu revisiter cet épisode de l’histoire du Ghana pour en tirer des leçons sur la solidarité des migrants et les dangers de la mobilisation anti-migrants. Pour y parvenir de manière à laisser une impression durable sur le continent, nous organisons une exposition axée sur l’espoir, la communauté et la solidarité transfrontalière dans un monde où la migration est criminalisée. En un sens, notre intention est d’utiliser diverses formes d’arts et d’expositions, l’histoire et la recherche afin de combattre un sentiment anti-immigrant croissant au Ghana ainsi que dans d’autres parties de l’Afrique. Comment pouvons-nous construire un avenir pour les communautés et les États africains sans un autre « must go » ?
Garba, F. (2023). Ghana Must Go, 40 Years on. Building Solidarity against Xenophobia in Africa. Global Africa, 4, pp. 30-31. https://doi.org/10.57832/e5w1-8965
Garba, Faisal. « Ghana Must Go, 40 Years on. Building Solidarity against Xenophobia in Africa » Global Africa, no. 4, 2023 p. 30-31. doi.org/10.57832/e5w1-8965
https://doi.org/10.57832/e5w1-8965
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