{"id":26791,"date":"2023-12-20T03:11:06","date_gmt":"2023-12-20T03:11:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/theoriser-le-present-et-le-futur-afrique-production-de-savoirs-et-enjeux-globaux\/"},"modified":"2026-05-09T18:52:40","modified_gmt":"2026-05-09T18:52:40","slug":"theoriser-le-present-et-le-futur-afrique-production-de-savoirs-et-enjeux-globaux","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-4\/theoriser-le-present-et-le-futur-afrique-production-de-savoirs-et-enjeux-globaux\/","title":{"rendered":"Th\u00e9oriser le pr\u00e9sent et le futur : Afrique, production de savoirs et enjeux globaux"},"content":{"rendered":"\n<p>De nombreux chercheurs ont fait valoir que l&rsquo;Afrique ne devrait pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;incarnation par excellence de d\u00e9faillances multidimensionnelles et la source principale des pr\u00e9occupations mondiales. Bien loin de ces repr\u00e9sentations n\u00e9gatives, ils soulignent au contraire, que le continent pourrait apporter \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 des th\u00e9ories capables de r\u00e9pondre aux enjeux globaux (Sarr, 2019 ; 2021 ; Tamale, 2020). Ce point nous semble incontestable. Ce qu\u2019il reste toutefois \u00e0 d\u00e9terminer, c\u2019est comment centrer l&rsquo;Afrique comme lieu de th\u00e9orisation des enjeux globaux si nous prenons comme point de d\u00e9part les rapports historiques et contemporains du continent avec les dynamiques globales. Une telle d\u00e9marche soul\u00e8ve au moins trois questions : 1) Quels outils conceptuels et id\u00e9es pour penser les enjeux globaux, notamment sociaux, politiques et environnementaux, \u00e0 partir d\u2019une perspective africaine ? 2) Comment penser le monde \u00e0 partir de l\u2019Afrique ? 3) Quels seraient les futurs du continent si l\u2019Afrique devient un espace majeur de production de solutions th\u00e9oriques et pratiques face aux enjeux globaux ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, il est imp\u00e9ratif de revisiter notre relation aux m\u00e9thodes critiques que nous mobilisons. Cela implique de conceptualiser de nouvelles fa\u00e7ons d&rsquo;\u00e9valuer la port\u00e9e de l&rsquo;effort th\u00e9orique dans les diff\u00e9rentes disciplines, afin que, par exemple, nous puissions pleinement appr\u00e9cier la dimension mondiale d&rsquo;une th\u00e9orie \u00e9labor\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019Afrique et qui contribue \u00e0 la r\u00e9solution de probl\u00e8mes africains ayant des implications globales. Il faut donc commencer cette r\u00e9flexion en mettant l\u2019accent sur la question du \u00ab comment \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur la mani\u00e8re de penser et pas seulement sur l\u2019objet sp\u00e9cifique de notre r\u00e9flexion. Ce point est crucial en raison des tentatives omnipr\u00e9sentes de r\u00e9duire la th\u00e9orisation \u00e0 partir de l&rsquo;Afrique et \u00e0 propos de l&rsquo;Afrique \u00e0 la r\u00e9solution de probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;intensification de l&rsquo;accent mis sur la r\u00e9solution de probl\u00e8mes urgents en lieu et place d\u2019une r\u00e9flexion en bonne et due forme sur l&rsquo;Afrique peut \u00eatre situ\u00e9e dans l\u2019essor du secteur du d\u00e9veloppement \u00e0 but non lucratif. Arm\u00e9es de bonnes intentions, de nombreuses organisations caritatives en Afrique, accordent la priorit\u00e9 \u00e0 la connaissance de probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques par rapport \u00e0 une connaissance syst\u00e9mique, prise dans sa globalit\u00e9. Or, nous devons trouver le moyen de conna\u00eetre les parties et le tout si nous souhaitons restaurer l&rsquo;id\u00e9e d\u2019une Afrique, lieu majeur de production th\u00e9orique sur les exp\u00e9riences humaines.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comment y arriver ? L&rsquo;une des r\u00e9ponses cl\u00e9s explor\u00e9es sous diff\u00e9rents angles dans ce num\u00e9ro sp\u00e9cial est que l\u2019Afrique repr\u00e9sente \u00e0 la fois une id\u00e9e et une g\u00e9ographie d&rsquo;exp\u00e9riences humaines extraordinaires. Penser le monde \u00e0 partir de l&rsquo;Afrique, requiert une refonte de nos connaissances sur les concepts essentiels, les m\u00e9thodes, et sur l\u2019id\u00e9e m\u00eame de th\u00e9orie et son utilisation. Dit autrement, nous devons nous demander : qu&rsquo;est-ce qui fait d&rsquo;un concept un concept fondamental ou cl\u00e9 ? Comment par exemple concevoir des m\u00e9thodes ad\u00e9quates pour transcender ce vice \u00e9pist\u00e9mique handicapant pour la th\u00e9orisation postcoloniale que Mahmood Mamdani qualifie de \u00ab\u00a0recherche d&rsquo;analogie\u00a0\u00bb et qui conduit \u00e0 une \u00ab\u00a0paralysie de toute perspective\u00a0\u00bb ? (Mamdani, 1996, p. 12). Les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions sont cruciales pour \u00e9laborer une r\u00e9flexion solide capable d\u2019offrir une compr\u00e9hension ad\u00e9quate de la valeur de la th\u00e9orie.<\/p>\n\n\n\n<p>Revenons maintenant \u00e0 la question du \u00ab\u00a0comment\u00a0\u00bb. Comment pouvons-nous projeter le continent comme lieu \u00e0 partir duquel les enjeux globaux peuvent \u00eatre explor\u00e9s et r\u00e9solus ? Comment affrontons-nous nos d\u00e9fis propres (pr\u00e9carit\u00e9, in\u00e9galit\u00e9s, alt\u00e9rit\u00e9, ali\u00e9nation) tout en indiquant la voie \u00e0 suivre pour r\u00e9soudre ces probl\u00e8mes universels ? Si notre hypoth\u00e8se &#8211; selon laquelle la r\u00e9ponse \u00e0 ces d\u00e9fis n\u00e9cessite la cr\u00e9ation de connaissances sp\u00e9cifiques, pertinentes, situ\u00e9es, et adaptables &#8211; est vraie, alors de quelles connaissances s\u2019agit-il exactement et quelles sont les conditions de leur production ?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette qu\u00eate d\u2019une nouvelle orientation de la pens\u00e9e, dont l\u2019ambition est de faire de l&rsquo;Afrique un p\u00f4le incontournable de cr\u00e9ation &#8211; et non pas de simple consommation &#8211; de th\u00e9ories globales, permet d\u2019atteindre deux objectifs. Il s\u2019agit d\u2019une part d\u2019\u00e9laborer des solutions aux probl\u00e8mes actuels de l\u2019Afrique (pr\u00e9carit\u00e9, in\u00e9galit\u00e9, alt\u00e9rit\u00e9, ali\u00e9nation) et d\u2019autre part de g\u00e9n\u00e9rer de nouvelles fa\u00e7ons de comprendre et r\u00e9soudre ces d\u00e9fis globaux en utilisant les savoirs provenant de toutes les parties du monde. Il est essentiel de comprendre pourquoi l&rsquo;Afrique devrait aspirer \u00e0 cet id\u00e9al. Pourquoi en effet est-il important de penser les&nbsp; conditions de possibilit\u00e9 de l\u2019accession de l\u2019Afrique au statut de site de production syst\u00e9matique de r\u00e9flexions pour elle et pour le monde ?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette question est devenue une pr\u00e9occupation urgente en raison de la contestation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l\u2019id\u00e9e d\u2019universel aujourd\u2019hui. Les arguments de deux voix critiques des sciences humaines, Chinua Achebe et Souleymane Bachir Diagne, mettent en lumi\u00e8re l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette aspiration pour le continent. D&rsquo;une part, comme l&rsquo;affirme Achebe, lorsque \u00ab\u00a0chaque peuple apporte ses dons au grand banquet culturel mondial &#8230; l&rsquo;humanit\u00e9 est plus riche de la vari\u00e9t\u00e9 et de la sp\u00e9cificit\u00e9 de chaque offrande\u00a0\u00bb (Achebe, 1988, p. 89). Diagne, d&rsquo;autre part, sugg\u00e8re que nous devrions aspirer \u00e0 l&rsquo;universel car ce dernier rend possible la \u00ab\u00a0mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve incessante\u00a0\u00bb de soi face \u00e0 l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 (Diagne &amp; Amselle, 2020, p. 25). L&rsquo;Afrique devrait donc aspirer \u00e0 \u00eatre un terrain de cr\u00e9ation de th\u00e9ories \u00e0 vis\u00e9e globale en raison du devoir collectif d&rsquo;enrichir l&rsquo;humanit\u00e9 mais aussi de la n\u00e9cessit\u00e9 de la mise en pr\u00e9sence et en dialogue des particularit\u00e9s. Sans cette pollinisation crois\u00e9e des id\u00e9es, nous risquons de nous enfermer dans le confort du familier, entravant ainsi toute avanc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce qui est de savoir comment penser le monde depuis l&rsquo;Afrique, le probl\u00e8me central qui se pose est essentiellement d\u2019ordre m\u00e9thodologique. La question de la m\u00e9thodologie est en r\u00e9alit\u00e9 primordiale pour que puissent \u00eatre attest\u00e9es la robustesse et la pertinence des concepts issus des espaces africains. Nous devons donc avoir la certitude de l\u2019ad\u00e9quation des outils et concepts que nous d\u00e9ployons dans notre r\u00e9flexion et nous assurer qu\u2019ils sont appropri\u00e9s pour \u00e9laborer les nouvelles modalit\u00e9s de pens\u00e9e que nous souhaitons mettre en place. Bien qu&rsquo;il ne soit pas possible d&rsquo;affirmer de mani\u00e8re plausible qu&rsquo;il existe une voie unique pour relever le d\u00e9fi de la m\u00e9thodologie, il est crucial de reconna\u00eetre la validit\u00e9 de la critique, qu&rsquo;elle soit immanente ou non.<\/p>\n\n\n\n<p>Penser globalement depuis les espaces africains implique donc n\u00e9cessairement de pr\u00eater attention \u00e0 la mani\u00e8re dont nous ne devrions pas penser \u00e0 l&rsquo;Afrique. En effet, c&rsquo;est l\u2019imaginaire que nous d\u00e9veloppons autour de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;Afrique qui fa\u00e7onne la question directrice qui en derni\u00e8re instance d\u00e9terminera la route que nous devrons prendre \u00e0 chaque fois que nous cherchons \u00e0 construire une th\u00e9orie globale \u00e0 partir d&rsquo;un espace africain. La question du comment est donc celle de la disposition \u00e0 penser et non pas une \u00e9tape de proc\u00e9dure \u00e9pist\u00e9mique. Elle permet de reconna\u00eetre que le sujet pensant et l&rsquo;objet de la cognition ne peuvent \u00eatre s\u00e9par\u00e9s d\u2019une mani\u00e8re qui fasse sens si nous cherchons r\u00e9ellement \u00e0 d\u00e9passer l&rsquo;ordre normatif \u00e9tabli.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, un aspect crucial de la production de savoirs est la question de la transformation sociale. Cela nous am\u00e8ne \u00e0 poser la question pr\u00e9judicielle de la responsabilit\u00e9 sociale du chercheur sur le continent. La r\u00e9ponse \u00e0 cet interminable d\u00e9bat y prend g\u00e9n\u00e9ralement la forme d\u2019une opposition binaire entre le chercheur global et le chercheur organique, mais cette distinction est devenue obsol\u00e8te du fait des conditions d&rsquo;existence contemporaines en Afrique. En effet, le chercheur de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies ne m\u00e8ne plus la vie confortable de l&rsquo;intellectuel africain au lendemain imm\u00e9diat des ind\u00e9pendances. Les conditions d&rsquo;autoreproduction de ce dernier \u00e9taient garanties par un \u00c9tat comp\u00e9tent et ambitieux. Or la crise de la production et de la reproduction sociale signifie que les gr\u00e8ves et le m\u00e9contentement ont atteint toutes les institutions, y compris celles dans lesquelles les chercheurs \u00e9voluent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais dans la mesure o\u00f9 aucun segment de la soci\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est \u00e9pargn\u00e9 par la crise, alors la responsabilit\u00e9 sociale du chercheur est donn\u00e9e : elle consiste dor\u00e9navant \u00e0 relier l&rsquo;universit\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Ce qui peut faire l&rsquo;objet de d\u00e9bats en revanche, c&rsquo;est la fa\u00e7on dont les chercheurs se positionnent : pencher vers des id\u00e9es transformationnelles et s&rsquo;associer avec des forces sociales travaillant pour une organisation sociale diff\u00e9rente, ou chercher des moyens de survie en temps de crise. Les contributions de ce volume s&rsquo;inscrivent bien heureusement dans la premi\u00e8re cat\u00e9gorie; tous les articles sont des tentatives de la part des chercheurs pour donner sens aux id\u00e9es et aux questions sociales soulev\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lien complexe entre abstraction et th\u00e9orie est \u00e0 prendre au s\u00e9rieux. En effet, chaque concept, cat\u00e9gorie et th\u00e9orie v\u00e9hicule une id\u00e9e sur le monde ou une aspiration \u00e0 un monde d\u00e9sir\u00e9. Une r\u00e9flexion approfondie sur les concepts, les cat\u00e9gories et les th\u00e9ories que nous d\u00e9ployons refl\u00e8te le s\u00e9rieux avec lequel nous prenons l&rsquo;activit\u00e9 d\u2019analyse ainsi que la compr\u00e9hension de la r\u00e9alit\u00e9 sociale concr\u00e8te. Les concepts peuvent en effet, nous aider \u00e0 appr\u00e9hender la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la d\u00e9crire et \u00e0 tenter d&rsquo;en influencer le cours. Un concept extraverti, abstrait et impos\u00e9 peut produire une analyse d\u00e9form\u00e9e, suivie d&rsquo;une action socialement nuisible ayant des implications sur les relations sociales, les moyens de subsistance et m\u00eame les vies.&nbsp; C\u2019est en ayant tous ces \u00e9l\u00e9ments en toile de fond que le num\u00e9ro 4 de la revue <em>Global Africa <\/em>examine la probl\u00e9matique de la cr\u00e9ation de savoirs \u00e0 partir de l\u2019Afrique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce num\u00e9ro veut contribuer \u00e0 la revitalisation d\u2019une recherche en sciences humaines et sociales, capable de g\u00e9n\u00e9rer de nouvelles fa\u00e7ons de penser l\u2019Afrique et le monde. Les contributions traitent de probl\u00e8mes actuellement irr\u00e9solus, tels que les significations et les implications de la reparation de l\u2019esclavage et de la colonisation, la question de la migration et le d\u00e9fi omnipr\u00e9sent de l&rsquo;injustice globale. Les articles abordent des questions relatives \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;Afrique, la nature de la d\u00e9colonisation et les pi\u00e8ges de certaines tendances qui cherchent \u00e0 \u00ab\u00a0revenir\u00a0\u00bb \u00e0 quelque chose, la fa\u00e7on dont les Africains se per\u00e7oivent maintenant et se projettent dans l&rsquo;avenir en d\u00e9passant la soi-disant condition africaine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La n\u00e9cessit\u00e9 de savoirs dialogiques est exprim\u00e9e dans ce num\u00e9ro par l&rsquo;un des plus \u00e9minents universitaires du continent Africain. Dans un entretien avec Global Africa, le professeur Issa Shivji souligne l&rsquo;importance des id\u00e9es \u00e9manant de personnes en dehors de l&rsquo;universit\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 de les prendre en compte. Il consid\u00e8re que la production des savoirs en Afrique contemporaine est li\u00e9e \u00e0 de vieilles questions qui se manifestent encore aujourd&rsquo;hui : la production extravertie des savoirs, l&rsquo;accumulation capitaliste dans tous les aspects de la vie, la marchandisation et les conceptions limit\u00e9es des droits individuels en tant que biens appartenant \u00e0 des individus bien d\u00e9termin\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Un aspect important des questions pos\u00e9es dans ce num\u00e9ro est la fa\u00e7on dont nous voyons et pensons l&rsquo;Afrique, d\u00e9terminons qui en fait partie et reconstituons, \u00e0 partir d\u2019une perspective panafricaine, les modes de production des savoirs et d&rsquo;appartenance sociale. Le num\u00e9ro commence par une r\u00e9flexion sur ce que cela implique de cr\u00e9er des organisations sociales \u00e0 partir de d\u00e9finitions \u00e9troites de l\u2019\u00c9tat et de la citoyennet\u00e9, limites mises en relief il y a 40 ans, lorsque pr\u00e8s de deux millions d&rsquo;Africains, en majorit\u00e9 Ghan\u00e9ens, furent expuls\u00e9s du Nigeria. Cet \u00e9v\u00e9nement est \u00e0 l\u2019origine du fameux sac \u00ab\u00a0Ghana Must Go\u00a0\u00bb qui symbolise la pr\u00e9carit\u00e9 de toutes les populations migrantes ordinaires. Il est important de noter que l&rsquo;expulsion des Africains du Nigeria en 1983 a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;une expulsion ant\u00e9rieure d&rsquo;Africains (principalement des Nig\u00e9rians) du Ghana en 1969. \u00c0 la lumi\u00e8re de cette histoire, ce num\u00e9ro propose un fil iconographique issu d&rsquo;une exposition de 40 jours organis\u00e9e dans le cadre du projet Migration pour le d\u00e9veloppement et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 (MIDEQ) pour comm\u00e9morer le 40e anniversaire des expulsions. Cette c\u00e9l\u00e9bration vise \u00e0 remettre en question les r\u00e9cits et les mobilisations x\u00e9nophobes en Afrique en renfor\u00e7ant la solidarit\u00e9 entre les personnes ordinaires au-del\u00e0 de toutes les formes de fronti\u00e8res sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019article, <em>A la redecouverte de Mahdi Elmandjra : \u00ab R\u00e9flexions sur le Sud Global : development, techonopolitiques et production des savoirs<\/em> \u00bb Abdelkarim Skouri s\u2019inspire des travaux de Mahdi Elmandjra, pionnier des \u00e9tudes sur la prospective en Afrique et dans le Sud global et activiste, pour montrer les liens entre la production des savoirs, le dialogue social dans une Afrique multiculturelle et l&rsquo;\u00e9ducation transformatrice. S&rsquo;appuyant sur les travaux d&rsquo;Elmandjra pour penser le pr\u00e9sent et le futur, Skouri examine la place de l&rsquo;Afrique et du Sud global dans une gouvernance mondiale d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e et extractiviste.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mouvement, qu&rsquo;il concerne un d\u00e9placement physique vers d&rsquo;autres espaces ou d&rsquo;un r\u00e9agencement g\u00e9ographique en vue d\u2019un changement social, est l&rsquo;un des moyens par lesquels les Africains ordinaires imaginent de meilleures conditions de vie et luttent pour celles-ci. Dans \u00ab \u2018<em>Devenir quelqu\u2019un\u2019 : la repr\u00e9sentation de l\u2019Afrique du Sud comme destination par les migrants \u00e9thiopiens<\/em>\u00bb Caterina Mazilli, Faisal Garba et Jessica Hagen-Zanker abordent la production de savoirs par les migrants ordinaires \u00e0 travers les processus de prise de d\u00e9cision des \u00e9thiopiens qui font face \u00e0 l&rsquo;oppression bas\u00e9e sur le genre et la classe au cours d&rsquo;un voyage \u00e9prouvant vers l&rsquo;Afrique du Sud. S&rsquo;opposant \u00e0 la tendance g\u00e9n\u00e9rale de la litt\u00e9rature qui met l&rsquo;accent sur la \u00ab\u00a0r\u00e9putation\u00a0\u00bb des destinations et les politiques migratoires pour expliquer les lieux o\u00f9 les migrants d\u00e9cident de s\u2019installer, les auteurs se concentrent sur la mani\u00e8re dont les migrants per\u00e7oivent les destinations et la relation entre cette perception et les facteurs structurels qui d\u00e9terminent les d\u00e9cisions concernant le pays de destination.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 dit, la question du \u00ab\u00a0comment\u00a0\u00bb est au c\u0153ur des tentatives de production des savoirs lib\u00e9rateurs. Les choix m\u00e9thodologiques, en particulier la mani\u00e8re dont les donn\u00e9es sont collect\u00e9es en fonction du contexte, constituent le d\u00e9fi soulign\u00e9 par Bertelli, Calvo, Coulibaly (Massa), Coulibaly (Moussa), Lavall\u00e9e, Mercier, Mespl\u00e9-Somps et Traor\u00e9 dans \u00ab <em>Collecter des donn\u00e9es sur des exp\u00e9riences et attitudes sensibles : le cas du Mali<\/em> \u00bb. S&rsquo;appuyant sur une enqu\u00eate exp\u00e9rimentale men\u00e9e aupr\u00e8s de 1 509 personnes au Mali, &nbsp; sur leurs exp\u00e9riences sociales, leurs attitudes politiques et l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, les auteurs soutiennent que la formulation des questions et la formation des enqu\u00eateurs sont cruciales pour mener une recherche robuste qui tienne compte des circonstances sociales des participants \u00e0 la recherche et qui r\u00e9fl\u00e9chisse avec eux \u00e0 la production de savoirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Surmonter l&rsquo;imposition de solutions et de pens\u00e9es, tout en cr\u00e9ant des approches socialement pertinentes qui prennent au s\u00e9rieux les connaissances des citoyens, c&rsquo;est ce que de nombreux activistes et communaut\u00e9s pr\u00e9conisent pour traiter la question de la d\u00e9gradation de l&rsquo;environnement. Pourtant, la pratique de l&rsquo;importation de solutions globales se poursuit. Dans \u00ab <em>R\u00e9duire la pollution de l\u2019air \u00e0 Abidjan : de l\u2019ambition scientifique \u00e0 la fabrique du terrain<\/em> \u00bb Scandella, Yobou\u00e9, Becerra, Liousse, Carr\u00e8re et Vani\u00e9 montrent comment les scientifiques, qu\u2019ils soient en sciences sociales ou en sciences naturelles, sont capables de prendre au s\u00e9rieux les connaissances, les d\u00e9sirs, les aspirations et les perceptions des individus et des communaut\u00e9s avec lesquels ils travaillent pour comprendre la pollution et trouver des solutions car celles-ci \u00e9mergent d&rsquo;un processus dialogique qui consid\u00e8re la production des savoirs scientifiques comme sociale et non transcendante.<\/p>\n\n\n\n<p>En prenant la danse comme site de production de savoirs, Samson Akanni met en avant la n\u00e9cessit\u00e9 de th\u00e9oriser la condition humaine \u00e0 partir d\u2019une mati\u00e8re africaine. Les \u0153uvres de Germaine Acogny, chor\u00e9graphe et danseuse c\u00e9l\u00e8bre pour avoir centr\u00e9 l&rsquo;esth\u00e9tique, les histoires et les philosophies africaines, servent de fondement \u00e0 ce qu&rsquo;Akanni appelle \u00ab\u00a0&#8230; des outils d\u00e9coloniaux qui d\u00e9centrent la domination occidentale dans les r\u00e9cits africains\u201d. L&rsquo;article s&rsquo;articule autour d&rsquo;une s\u00e9rie de questions : \u00ab\u00a0Comment la technique d&rsquo;Acogny peut-elle servir d&rsquo;outil pour d\u00e9coloniser les corps africains ? Comment la performance d&rsquo;Acogny remet-elle en question les id\u00e9ologies coloniales ?\u00a0\u00bb Akanni vise \u00e0 accomplir un double objectif dans l&rsquo;article, \u00e0 savoir perturber les structures dominantes tout en ouvrant l&rsquo;esth\u00e9tique africaine et en la mettant \u00e0 la disposition du public.<\/p>\n\n\n\n<p>Reda Benkirane reprend de vieilles questions formul\u00e9es par le philosophe Mohammed Iqbal et les adapte aux d\u00e9fis de notre quotidien en se pla\u00e7ant au-del\u00e0 de la domination occidentale. Quels types de valeurs, d&rsquo;outils, de perspectives et d&rsquo;imagination peuvent guider un tel monde sans reproduire la tendance dominante consum\u00e9riste, insatiable et accumulative qui marque le pr\u00e9sent ? \u201cLa qu\u00eate de la science et le d\u00e9fi de la complexit\u00e9\u00a0\u00bb sont ainsi ax\u00e9s sur la mani\u00e8re dont nous pouvons \u00ab\u00a0paver\u00a0\u00bb le plan du monde (c&rsquo;est-\u00e0-dire couvrir sa surface) sans saturer ni d\u00e9border l&rsquo;espace et le temps\u00a0\u00bb. Dans cette phase de transition, soudainement \u00e0 court d&rsquo;espace et de temps, comment pouvons-nous faire mieux avec moins, beaucoup moins ? Voil\u00e0 la question sur laquelle Benkirane part pour formuler une r\u00e9flexion sur la mani\u00e8re de penser le futur au-del\u00e0 des particularit\u00e9s et des faux universels qui sont souvent impos\u00e9s de fa\u00e7on violente.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":26790,"template":"","meta":[],"series-categories":[1351],"cat-articles":[1329],"keywords":[],"ppma_author":[491,494],"class_list":["post-26791","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-4","cat-articles-introduction","author-faisal-garba-fr","author-uchenna-okeja-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Th\u00e9oriser le pr\u00e9sent et le futur : Afrique, production de savoirs et enjeux globaux | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-4\/theoriser-le-present-et-le-futur-afrique-production-de-savoirs-et-enjeux-globaux\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Th\u00e9oriser le pr\u00e9sent et le futur : Afrique, production de savoirs et enjeux globaux | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"De nombreux chercheurs ont fait valoir que l&rsquo;Afrique ne devrait pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;incarnation par excellence de d\u00e9faillances multidimensionnelles et la source principale des pr\u00e9occupations mondiales. Bien loin de ces repr\u00e9sentations n\u00e9gatives, ils soulignent au contraire, que le continent pourrait apporter \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 des th\u00e9ories capables de r\u00e9pondre aux enjeux globaux (Sarr, 2019 ; 2021 ; Tamale, 2020). Ce point nous semble incontestable. Ce qu\u2019il reste toutefois \u00e0 d\u00e9terminer, c\u2019est comment centrer l&rsquo;Afrique comme lieu de th\u00e9orisation des enjeux globaux si nous prenons comme point de d\u00e9part les rapports historiques et contemporains du continent avec les dynamiques globales. Une telle d\u00e9marche soul\u00e8ve au moins trois questions : 1) Quels outils conceptuels et id\u00e9es pour penser les enjeux globaux, notamment sociaux, politiques et environnementaux, \u00e0 partir d\u2019une perspective africaine ? 2) Comment penser le monde \u00e0 partir de l\u2019Afrique ? 3) Quels seraient les futurs du continent si l\u2019Afrique devient un espace majeur de production de solutions th\u00e9oriques et pratiques face aux enjeux globaux ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, il est imp\u00e9ratif de revisiter notre relation aux m\u00e9thodes critiques que nous mobilisons. Cela implique de conceptualiser de nouvelles fa\u00e7ons d&rsquo;\u00e9valuer la port\u00e9e de l&rsquo;effort th\u00e9orique dans les diff\u00e9rentes disciplines, afin que, par exemple, nous puissions pleinement appr\u00e9cier la dimension mondiale d&rsquo;une th\u00e9orie \u00e9labor\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019Afrique et qui contribue \u00e0 la r\u00e9solution de probl\u00e8mes africains ayant des implications globales. Il faut donc commencer cette r\u00e9flexion en mettant l\u2019accent sur la question du \u00ab comment \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur la mani\u00e8re de penser et pas seulement sur l\u2019objet sp\u00e9cifique de notre r\u00e9flexion. Ce point est crucial en raison des tentatives omnipr\u00e9sentes de r\u00e9duire la th\u00e9orisation \u00e0 partir de l&rsquo;Afrique et \u00e0 propos de l&rsquo;Afrique \u00e0 la r\u00e9solution de probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques. 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Les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions sont cruciales pour \u00e9laborer une r\u00e9flexion solide capable d\u2019offrir une compr\u00e9hension ad\u00e9quate de la valeur de la th\u00e9orie. Revenons maintenant \u00e0 la question du \u00ab\u00a0comment\u00a0\u00bb. Comment pouvons-nous projeter le continent comme lieu \u00e0 partir duquel les enjeux globaux peuvent \u00eatre explor\u00e9s et r\u00e9solus ? Comment affrontons-nous nos d\u00e9fis propres (pr\u00e9carit\u00e9, in\u00e9galit\u00e9s, alt\u00e9rit\u00e9, ali\u00e9nation) tout en indiquant la voie \u00e0 suivre pour r\u00e9soudre ces probl\u00e8mes universels ? Si notre hypoth\u00e8se &#8211; selon laquelle la r\u00e9ponse \u00e0 ces d\u00e9fis n\u00e9cessite la cr\u00e9ation de connaissances sp\u00e9cifiques, pertinentes, situ\u00e9es, et adaptables &#8211; est vraie, alors de quelles connaissances s\u2019agit-il exactement et quelles sont les conditions de leur production ? Cette qu\u00eate d\u2019une nouvelle orientation de la pens\u00e9e, dont l\u2019ambition est de faire de l&rsquo;Afrique un p\u00f4le incontournable de cr\u00e9ation &#8211; et non pas de simple consommation &#8211; de th\u00e9ories globales, permet d\u2019atteindre deux objectifs. Il s\u2019agit d\u2019une part d\u2019\u00e9laborer des solutions aux probl\u00e8mes actuels de l\u2019Afrique (pr\u00e9carit\u00e9, in\u00e9galit\u00e9, alt\u00e9rit\u00e9, ali\u00e9nation) et d\u2019autre part de g\u00e9n\u00e9rer de nouvelles fa\u00e7ons de comprendre et r\u00e9soudre ces d\u00e9fis globaux en utilisant les savoirs provenant de toutes les parties du monde. Il est essentiel de comprendre pourquoi l&rsquo;Afrique devrait aspirer \u00e0 cet id\u00e9al. Pourquoi en effet est-il important de penser les&nbsp; conditions de possibilit\u00e9 de l\u2019accession de l\u2019Afrique au statut de site de production syst\u00e9matique de r\u00e9flexions pour elle et pour le monde ? Cette question est devenue une pr\u00e9occupation urgente en raison de la contestation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l\u2019id\u00e9e d\u2019universel aujourd\u2019hui. Les arguments de deux voix critiques des sciences humaines, Chinua Achebe et Souleymane Bachir Diagne, mettent en lumi\u00e8re l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette aspiration pour le continent. D&rsquo;une part, comme l&rsquo;affirme Achebe, lorsque \u00ab\u00a0chaque peuple apporte ses dons au grand banquet culturel mondial &#8230; l&rsquo;humanit\u00e9 est plus riche de la vari\u00e9t\u00e9 et de la sp\u00e9cificit\u00e9 de chaque offrande\u00a0\u00bb (Achebe, 1988, p. 89). Diagne, d&rsquo;autre part, sugg\u00e8re que nous devrions aspirer \u00e0 l&rsquo;universel car ce dernier rend possible la \u00ab\u00a0mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve incessante\u00a0\u00bb de soi face \u00e0 l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 (Diagne &amp; Amselle, 2020, p. 25). L&rsquo;Afrique devrait donc aspirer \u00e0 \u00eatre un terrain de cr\u00e9ation de th\u00e9ories \u00e0 vis\u00e9e globale en raison du devoir collectif d&rsquo;enrichir l&rsquo;humanit\u00e9 mais aussi de la n\u00e9cessit\u00e9 de la mise en pr\u00e9sence et en dialogue des particularit\u00e9s. Sans cette pollinisation crois\u00e9e des id\u00e9es, nous risquons de nous enfermer dans le confort du familier, entravant ainsi toute avanc\u00e9e. Pour ce qui est de savoir comment penser le monde depuis l&rsquo;Afrique, le probl\u00e8me central qui se pose est essentiellement d\u2019ordre m\u00e9thodologique. La question de la m\u00e9thodologie est en r\u00e9alit\u00e9 primordiale pour que puissent \u00eatre attest\u00e9es la robustesse et la pertinence des concepts issus des espaces africains. Nous devons donc avoir la certitude de l\u2019ad\u00e9quation des outils et concepts que nous d\u00e9ployons dans notre r\u00e9flexion et nous assurer qu\u2019ils sont appropri\u00e9s pour \u00e9laborer les nouvelles modalit\u00e9s de pens\u00e9e que nous souhaitons mettre en place. 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L&rsquo;intensification de l&rsquo;accent mis sur la r\u00e9solution de probl\u00e8mes urgents en lieu et place d\u2019une r\u00e9flexion en bonne et due forme sur l&rsquo;Afrique peut \u00eatre situ\u00e9e dans l\u2019essor du secteur du d\u00e9veloppement \u00e0 but non lucratif. Arm\u00e9es de bonnes intentions, de nombreuses organisations caritatives en Afrique, accordent la priorit\u00e9 \u00e0 la connaissance de probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques par rapport \u00e0 une connaissance syst\u00e9mique, prise dans sa globalit\u00e9. Or, nous devons trouver le moyen de conna\u00eetre les parties et le tout si nous souhaitons restaurer l&rsquo;id\u00e9e d\u2019une Afrique, lieu majeur de production th\u00e9orique sur les exp\u00e9riences humaines.&nbsp; Comment y arriver ? L&rsquo;une des r\u00e9ponses cl\u00e9s explor\u00e9es sous diff\u00e9rents angles dans ce num\u00e9ro sp\u00e9cial est que l\u2019Afrique repr\u00e9sente \u00e0 la fois une id\u00e9e et une g\u00e9ographie d&rsquo;exp\u00e9riences humaines extraordinaires. Penser le monde \u00e0 partir de l&rsquo;Afrique, requiert une refonte de nos connaissances sur les concepts essentiels, les m\u00e9thodes, et sur l\u2019id\u00e9e m\u00eame de th\u00e9orie et son utilisation. Dit autrement, nous devons nous demander : qu&rsquo;est-ce qui fait d&rsquo;un concept un concept fondamental ou cl\u00e9 ? Comment par exemple concevoir des m\u00e9thodes ad\u00e9quates pour transcender ce vice \u00e9pist\u00e9mique handicapant pour la th\u00e9orisation postcoloniale que Mahmood Mamdani qualifie de \u00ab\u00a0recherche d&rsquo;analogie\u00a0\u00bb et qui conduit \u00e0 une \u00ab\u00a0paralysie de toute perspective\u00a0\u00bb ? (Mamdani, 1996, p. 12). Les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions sont cruciales pour \u00e9laborer une r\u00e9flexion solide capable d\u2019offrir une compr\u00e9hension ad\u00e9quate de la valeur de la th\u00e9orie. Revenons maintenant \u00e0 la question du \u00ab\u00a0comment\u00a0\u00bb. Comment pouvons-nous projeter le continent comme lieu \u00e0 partir duquel les enjeux globaux peuvent \u00eatre explor\u00e9s et r\u00e9solus ? Comment affrontons-nous nos d\u00e9fis propres (pr\u00e9carit\u00e9, in\u00e9galit\u00e9s, alt\u00e9rit\u00e9, ali\u00e9nation) tout en indiquant la voie \u00e0 suivre pour r\u00e9soudre ces probl\u00e8mes universels ? Si notre hypoth\u00e8se &#8211; selon laquelle la r\u00e9ponse \u00e0 ces d\u00e9fis n\u00e9cessite la cr\u00e9ation de connaissances sp\u00e9cifiques, pertinentes, situ\u00e9es, et adaptables &#8211; est vraie, alors de quelles connaissances s\u2019agit-il exactement et quelles sont les conditions de leur production ? Cette qu\u00eate d\u2019une nouvelle orientation de la pens\u00e9e, dont l\u2019ambition est de faire de l&rsquo;Afrique un p\u00f4le incontournable de cr\u00e9ation &#8211; et non pas de simple consommation &#8211; de th\u00e9ories globales, permet d\u2019atteindre deux objectifs. Il s\u2019agit d\u2019une part d\u2019\u00e9laborer des solutions aux probl\u00e8mes actuels de l\u2019Afrique (pr\u00e9carit\u00e9, in\u00e9galit\u00e9, alt\u00e9rit\u00e9, ali\u00e9nation) et d\u2019autre part de g\u00e9n\u00e9rer de nouvelles fa\u00e7ons de comprendre et r\u00e9soudre ces d\u00e9fis globaux en utilisant les savoirs provenant de toutes les parties du monde. Il est essentiel de comprendre pourquoi l&rsquo;Afrique devrait aspirer \u00e0 cet id\u00e9al. Pourquoi en effet est-il important de penser les&nbsp; conditions de possibilit\u00e9 de l\u2019accession de l\u2019Afrique au statut de site de production syst\u00e9matique de r\u00e9flexions pour elle et pour le monde ? Cette question est devenue une pr\u00e9occupation urgente en raison de la contestation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l\u2019id\u00e9e d\u2019universel aujourd\u2019hui. Les arguments de deux voix critiques des sciences humaines, Chinua Achebe et Souleymane Bachir Diagne, mettent en lumi\u00e8re l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette aspiration pour le continent. D&rsquo;une part, comme l&rsquo;affirme Achebe, lorsque \u00ab\u00a0chaque peuple apporte ses dons au grand banquet culturel mondial &#8230; l&rsquo;humanit\u00e9 est plus riche de la vari\u00e9t\u00e9 et de la sp\u00e9cificit\u00e9 de chaque offrande\u00a0\u00bb (Achebe, 1988, p. 89). Diagne, d&rsquo;autre part, sugg\u00e8re que nous devrions aspirer \u00e0 l&rsquo;universel car ce dernier rend possible la \u00ab\u00a0mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve incessante\u00a0\u00bb de soi face \u00e0 l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 (Diagne &amp; Amselle, 2020, p. 25). L&rsquo;Afrique devrait donc aspirer \u00e0 \u00eatre un terrain de cr\u00e9ation de th\u00e9ories \u00e0 vis\u00e9e globale en raison du devoir collectif d&rsquo;enrichir l&rsquo;humanit\u00e9 mais aussi de la n\u00e9cessit\u00e9 de la mise en pr\u00e9sence et en dialogue des particularit\u00e9s. Sans cette pollinisation crois\u00e9e des id\u00e9es, nous risquons de nous enfermer dans le confort du familier, entravant ainsi toute avanc\u00e9e. Pour ce qui est de savoir comment penser le monde depuis l&rsquo;Afrique, le probl\u00e8me central qui se pose est essentiellement d\u2019ordre m\u00e9thodologique. La question de la m\u00e9thodologie est en r\u00e9alit\u00e9 primordiale pour que puissent \u00eatre attest\u00e9es la robustesse et la pertinence des concepts issus des espaces africains. Nous devons donc avoir la certitude de l\u2019ad\u00e9quation des outils et concepts que nous d\u00e9ployons dans notre r\u00e9flexion et nous assurer qu\u2019ils sont appropri\u00e9s pour \u00e9laborer les nouvelles modalit\u00e9s de pens\u00e9e que nous souhaitons mettre en place. 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