{"id":26747,"date":"2024-03-20T08:32:51","date_gmt":"2024-03-20T08:32:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/que-peut-lintellectuel-face-au-monstre-conversation-sur-le-senegal\/"},"modified":"2026-05-09T16:22:47","modified_gmt":"2026-05-09T16:22:47","slug":"que-peut-lintellectuel-face-au-monstre-conversation-sur-le-senegal","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-5\/que-peut-lintellectuel-face-au-monstre-conversation-sur-le-senegal\/","title":{"rendered":"Que peut l\u2019intellectuel face au monstre ? Conversation sur le S\u00e9n\u00e9gal"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction\u00a0<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 11&nbsp;f\u00e9vrier 2024, s\u2019est tenue, entre sid\u00e9ration, col\u00e8re et appr\u00e9hension, une veill\u00e9e citoyenne \u00e0 la Cit\u00e9 des enseignants du sup\u00e9rieur de Mermoz, initi\u00e9e par des universitaires de l\u2019universit\u00e9 Cheikh-Anta-Diop de Dakar. Cette veill\u00e9e s\u2019est tenue en r\u00e9ponse au coup d\u2019\u00c9tat constitutionnel orchestr\u00e9 par le pr\u00e9sident Macky Sall, qui a plong\u00e9 le pays dans une crise politique sans pr\u00e9c\u00e9dent. La s\u00e9quence qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal, les 3&nbsp;et 5&nbsp;f\u00e9vrier 2024, a marqu\u00e9 en effet un tournant majeur dans son histoire politique. Pour la premi\u00e8re fois, un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, d\u00e9mocratiquement \u00e9lu au terme d\u2019un combat acharn\u00e9 pour la d\u00e9fense de la Constitution, a, du haut de son pouvoir d\u00e9cr\u00e9tal, unilat\u00e9ralement arr\u00eat\u00e9 le processus devant mener \u00e0 l\u2019\u00e9lection de son rempla\u00e7ant, jetant la stupeur dans la population. Pour parachever ce coup, l\u2019Assembl\u00e9e nationale, forte de l\u2019alliance improbable entre la majorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle et le Parti d\u00e9mocratique s\u00e9n\u00e9galais (PDS), parti qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9 du pouvoir en 2012 et les dirigeants poursuivis et traqu\u00e9s au nom de la lutte contre l\u2019enrichissement illicite, a vot\u00e9 une loi constitutionnelle actant \u00e0 la fois le report de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de dix mois et la prorogation du mandat du chef de l\u2019\u00c9tat. Par ce vote, qui a eu lieu hors de la pr\u00e9sence des d\u00e9put\u00e9s de l\u2019opposition expuls\u00e9s de l\u2019h\u00e9micycle \u00e0 la suite de l\u2019intervention des forces de s\u00e9curit\u00e9, elle a all\u00e8grement viol\u00e9 l\u2019article&nbsp;103 de la constitution, lequel d\u00e9clare intangibles ses dispositions relatives au mandat du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Les \u00e9meutes qui s\u2019ensuivirent firent quatre morts, dont deux \u00e9tudiants de l\u2019universit\u00e9 Gaston-Berger de Saint-Louis.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous le th\u00e8me \u00ab&nbsp;Crise politique et impact sur les universit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises&nbsp;\u00bb, la veill\u00e9e a r\u00e9uni un nombre significatif d\u2019enseignants et d\u2019\u00e9tudiants dans un contexte marqu\u00e9 par la fermeture de l\u2019universit\u00e9 Cheikh Anta Diop depuis les manifestations du 1<sup>er<\/sup>&nbsp;juin 2023. Diffus\u00e9e en direct sur diverses plateformes, cette veill\u00e9e a offert un espace de dialogue et de d\u00e9bat o\u00f9 d\u2019\u00e9minentes figures telles que Mamadou Diouf et Pr&nbsp;Felwine Sarr ont pris part \u00e0 la discussion. Au c\u0153ur des \u00e9changes se trouvait la question cruciale de la figure de l\u2019homme politique comme \u00ab&nbsp;monstre&nbsp;\u00bb, cette m\u00e9taphore ordinaire du politique que mobilisent les S\u00e9n\u00e9galais, image qui renvoie \u00e0 la violence de l\u2019\u00c9tat et des structures de domination, \u00e0 la d\u00e9possession et \u00e0 l\u2019oppression des masses. Le d\u00e9bat \u00e9tait l\u2019occasion de penser le type d\u2019engagement des intellectuels face au monstre et la place des universitaires dans cette crise politique et de leur r\u00f4le dans la pr\u00e9servation des valeurs d\u00e9mocratiques et des libert\u00e9s fondamentales au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mamadou Diouf&nbsp;: <\/strong><em>La<\/em><strong><em> <\/em><\/strong><em>fermeture de l\u2019universit\u00e9 est l\u2019une des preuves les plus importantes de l\u2019effondrement de la d\u00e9mocratie s\u00e9n\u00e9galaise.<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Il est aujourd\u2019hui ind\u00e9niable que la situation que le S\u00e9n\u00e9gal traverse est proprement une humiliation historique pour un S\u00e9n\u00e9galais. Une humiliation historique parce qu\u2019elle correspond \u00e0 un moment o\u00f9 le chef de l\u2019\u00c9tat s\u00e9n\u00e9galais, et la classe politique qui est avec lui, sont en train de pi\u00e9tiner notre exp\u00e9rience d\u00e9mocratique. Que cette exp\u00e9rience d\u00e9mocratique soit limit\u00e9e ou non, cela montre, parfois, des signes tr\u00e8s graves de perversion. Cette d\u00e9mocratie, nous avons constamment essay\u00e9 de la pr\u00e9server, de l\u2019\u00e9largir \u2013&nbsp;parfois dans la violence, mais le plus souvent dans la concertation. Je pense que c\u2019est cela qui a permis de cr\u00e9er au S\u00e9n\u00e9gal une culture et des attitudes politiques qui ont aliment\u00e9 ce que l\u2019un de mes coll\u00e8gues anglais, Donal Cruise O\u2019Brien, ami de mon ami Momar Coumba Diop, a qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;<em>success history<\/em>&nbsp;\u00bb s\u00e9n\u00e9galaise. Une expression que je traduis par \u00ab&nbsp;exp\u00e9rience r\u00e9ussie&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;r\u00e9ussite historique&nbsp;\u00bb du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n<p>La stabilit\u00e9 politique s\u00e9n\u00e9galaise est le r\u00e9sultat de la capacit\u00e9 des acteurs politiques, souvent dans la confrontation, \u00e0 se donner le temps de la r\u00e9flexion, de s\u2019arr\u00eater et de s\u2019accorder sur une solution. La preuve de cette extraordinaire r\u00e9ussite des S\u00e9n\u00e9galais est signal\u00e9e par la r\u00e9action de la communaut\u00e9 internationale d\u00e9mocratique et lib\u00e9rale&nbsp;; elle encourage les S\u00e9n\u00e9galais \u00e0 pr\u00e9server et \u00e9largir leur exp\u00e9rience d\u00e9mocratique si singuli\u00e8re en Afrique. Un engagement qui atteste effectivement une exp\u00e9rience historique particuli\u00e8re. Le S\u00e9n\u00e9gal demeure une boussole dans l\u2019oc\u00e9an des autoritarismes africains. C\u2019est la raison pour laquelle les d\u00e9mocrates du monde entier sont attach\u00e9s \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience d\u00e9mocratique s\u00e9n\u00e9galaise. Une exp\u00e9rience que les citoyens se sont \u00e9vertu\u00e9s \u00e0 approfondir, dans des environnements r\u00e9pressifs, plus particuli\u00e8rement, au cours des douze ann\u00e9es de la pr\u00e9sidence de Macky Sall.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui nous devons \u00eatre les gardiens de ce temple, dans un environnement o\u00f9 s\u2019accumulent tous les dangers et une violence qui essaie de se faire une place dans l\u2019espace public. Au cours du dernier mandat du pr\u00e9sident Sall, on a achet\u00e9 plus d\u2019armes \u00e0 feu et de voitures de patrouille que de livres et d\u2019\u00e9quipements de laboratoires&nbsp;; on a ouvert plus de casernes et recrut\u00e9 plus de policiers et de gendarmes que d\u2019enseignants. Par ailleurs, l\u2019universit\u00e9 est herm\u00e9tiquement ferm\u00e9e. Une fermeture qui est l\u2019une des preuves les plus importantes de l\u2019effondrement de la d\u00e9mocratie s\u00e9n\u00e9galaise. Elle me fait retourner \u00e0 trois romans. Ces romans sont une invitation insistante \u00e0 ne jamais abdiquer face \u00e0 la force et \u00e0 la terreur. Ils nous somment de penser, d\u2019effectuer des recherches, d\u2019instruire, d\u2019\u00e9duquer, de publier, d\u2019\u00e9changer et de d\u00e9lib\u00e9rer. Le premier de ces romans est <a href=\"https:\/\/www.livredepoche.com\/livre\/chronique-dune-mort-annoncee-9782253043973\"><em>Chronique d\u2019une mort annonc\u00e9e<\/em><\/a> du romancier colombien <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gabriel_Garc%C3%ADa_M%C3%A1rquez\">Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez<\/a>. On peut dire que depuis trois ou quatre ans, on a assist\u00e9 \u00e0 des chroniques de la non-tenue des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles du 25&nbsp;f\u00e9vrier 2024. Et il est quand m\u00eame \u00e9vident que si l\u2019on regarde la d\u00e9marche de la classe politique au pouvoir, elle a indiqu\u00e9 depuis au moins trois ans que si le pr\u00e9sident Macky Sall n\u2019\u00e9tait pas candidat en troisi\u00e8me mandat, il serait difficile de tenir les \u00e9lections. Et&nbsp;je pense qu\u2019ils ont tenu leur pari. On devra continuer \u00e0 tenir la chronique pour d\u00e9crypter les man\u0153uvres du pr\u00e9sident Sall.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me est un roman d\u2019<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ahmadou_Kourouma\">Ahmadou Kourouma<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.upress.virginia.edu\/title\/3140\/\"><em>Waiting for the Vote of the Wild Animals<\/em><\/a>. C\u2019est la chronique de la construction d\u2019un pouvoir autoritaire, les tours et les d\u00e9tours du pi\u00e9tinement de la pens\u00e9e et de l\u2019\u00e9ducation pour faire de la violence, et du recours \u00e0 la violence, les seuls modes d\u2019intervention dans l\u2019espace public. Il faut le dire, m\u00eame si certains d\u2019entre eux ont particip\u00e9 \u00e0 la consolidation du pouvoir et valident les formules les plus r\u00e9pressives du r\u00e9gime au pouvoir, les universitaires ont toujours pay\u00e9 un prix tr\u00e8s fort dans la bataille pour la pr\u00e9servation de la d\u00e9mocratie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le dernier roman<em>, <\/em><a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Garcia-Marquez-LAutomne-du-patriarche\/1638\"><em>L\u2019Automne d\u2019un patriarche<\/em><\/a>, \u00e9galement de Garc\u00eda M\u00e1rquez, est la chronique de la d\u00e9cadence et de la d\u00e9ch\u00e9ance, la fin \u00e0 la fois tragique et extr\u00eamement violente d\u2019une dictature qui s\u2019effondre. La fin de la fable du chef bien aim\u00e9 par son peuple qui n\u2019arrive pas \u00e0 se faire \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il n\u2019est plus ador\u00e9. Un d\u00e9pit amoureux qui est le \u00ab&nbsp;p\u00e8re&nbsp;\u00bb de toutes les aventures et la recherche effr\u00e9n\u00e9e de \u00ab&nbsp;dialogue&nbsp;\u00bb. \u00c9trange d\u00e9rive d\u2019un pouvoir dont l\u2019expression autoritaire \u00e9tait toujours affich\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La crise \u00e0 laquelle nous assistons est l\u2019expression ultime de la d\u00e9rive autoritaire du r\u00e9gime, d\u00e9rive qui s\u2019est annonc\u00e9e, plus ou moins, \u00e0 la fin du premier mandat du pr\u00e9sident Macky Sall. Une crise rythm\u00e9e par les emprisonnements, les exils, les r\u00e9formes institutionnelles, les traitements de faveur de certains corps d\u2019\u00c9tat, la religion des infrastructures, la corruption et le n\u00e9potisme. Aujourd\u2019hui, les universitaires doivent faire l\u2019inventaire de l\u2019ensemble de ces pratiques pour que l\u2019on puisse en tirer des le\u00e7ons, et les \u00e9viter \u00e0 l\u2019avenir. La crise signale aussi que les deux alternances, la transparence des \u00e9lections et les coalitions politiques, ne sont pas parvenues \u00e0 d\u00e9manteler ce que les jeunes appellent le \u00ab&nbsp;syst\u00e8me&nbsp;\u00bb. Et la lutte contre le \u00ab&nbsp;syst\u00e8me&nbsp;\u00bb semble \u00eatre aujourd\u2019hui l\u2019enjeu particulier de la bataille politique qui secoue le S\u00e9n\u00e9gal. C\u2019est pour cela qu\u2019il y a, d\u2019une part, les tenants du \u00ab&nbsp;syst\u00e8me&nbsp;\u00bb qui tentent de le pr\u00e9server et, d\u2019autre part, ceux qui tentent de d\u00e9manteler aujourd\u2019hui un \u00ab&nbsp;syst\u00e8me&nbsp;\u00bb qui repose sur un mod\u00e8le \u00e0 l\u2019agonie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La crise doit \u00eatre pens\u00e9e comme une opportunit\u00e9 pour rompre d\u00e9finitivement avec le pr\u00e9sidentialisme. Il est indispensable d\u2019ouvrir le d\u00e9bat pour proposer un nouveau contrat social et un nouveau r\u00e9gime. Et l\u00e0 aussi, l\u2019universit\u00e9 devra jouer un tr\u00e8s grand r\u00f4le en amenant le d\u00e9bat dans un espace plus large pour nous sortir de cette esp\u00e8ce de prison dans laquelle nous sommes aujourd\u2019hui&nbsp;: la prison des discussions juridiques. Il faut sortir du carcan juridique et penser que les probl\u00e8mes politiques ont des r\u00e9ponses politiques, et le droit n\u2019est qu\u2019un moyen d\u2019organiser la vie sociale. Cela signifie qu\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019ensemble des disciplines doivent participer effectivement \u00e0 ce travail de repenser non seulement le syst\u00e8me, mais aussi travailler sur les imaginations, les imaginaires du S\u00e9n\u00e9galais. Cela invite \u00e0 des op\u00e9rations de rupture. Aujourd\u2019hui, on a au moins les conclusions des assises nationales comme base. Il va falloir les repenser car beaucoup d\u2019ann\u00e9es se sont \u00e9coul\u00e9es. Mais il va aussi falloir les tester avec les populations s\u00e9n\u00e9galaises. Il faut inventer de nouvelles formules \u00e9ducatives, de nouvelles formules d\u2019information, de nouvelles formules d\u2019imagination. Et je pense que les universitaires, les artistes ont un r\u00f4le \u00e0 jouer, celui de consacrer leur \u00e9nergie et leur r\u00e9flexion \u00e0 essayer de comprendre cette soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 essayer d\u2019en voir les structures, les formes qui lui sont propres pour pouvoir penser, innover, s\u2019ajuster et s\u2019adapter. Malheureusement, la crise est aussi porteuse de violence, cette violence qui commence \u00e0 devenir depuis quelques ann\u00e9es une habitude. Il faut aussi rompre avec cette violence en cr\u00e9ant effectivement une mani\u00e8re de comprendre le bien commun, une mani\u00e8re de vivre une vie commune dans la diversit\u00e9, dans la pluralit\u00e9 et dans la d\u00e9lib\u00e9ration.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Felwine Sarr<\/strong>&nbsp;: <em>Une situation, m\u00eame affreuse, lorsqu\u2019on la comprend, on l\u2019\u00e9claire, et lorsqu\u2019on l\u2019\u00e9claire, on la domine.<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019adh\u00e8re fondamentalement \u00e0 ce que Mamadou Diouf vient de dire. Je pense qu\u2019on vit un moment crucial de l\u2019histoire politique de notre nation, et j\u2019ai le sentiment qu\u2019aujourd\u2019hui plus que jamais, il nous est demand\u00e9 de faire corps, de faire corps dans et avec notre communaut\u00e9, la communaut\u00e9 acad\u00e9mique. Je suis heureux de participer \u00e0 une exp\u00e9rience de mise en mouvement, afin de refaire corps avec la nation. C\u2019est peut-\u00eatre aussi l\u2019opportunit\u00e9 de nous interroger de mani\u00e8re critique sur notre r\u00f4le, celui que l\u2019universit\u00e9 peut jouer dans les dynamiques en cours.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut aussi nous rappeler que notre mission est, bien \u00e9videmment, d\u2019enseigner, de rechercher, de transmettre, mais qu\u2019elle est aussi de faire, de mani\u00e8re inconditionnelle, profession de lucidit\u00e9 et de v\u00e9rit\u00e9, et de faire notre part dans la transformation de nos soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, notre d\u00e9fi est le d\u00e9fi de la R\u00e9publique et de la d\u00e9mocratie, il est celui de limiter et d\u2019arr\u00eater la d\u00e9rive autoritaire du r\u00e9gime en place avec l\u2019arme la plus absolue que nous ayons&nbsp;: la pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette d\u00e9rive autoritaire, nous la connaissons, nous en avons vu les manifestations&nbsp;: restriction de l\u2019espace public, emprisonnements \u00e0 tour de bras, instrumentalisation du droit, violence physique l\u00e9tale exerc\u00e9e contre les manifestants, \u00e9lections non inclusives, etc. Depuis quelques ann\u00e9es, le r\u00e9gime met en \u0153uvre diff\u00e9rents types de violence pour des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s, des int\u00e9r\u00eats de clan sur fond d\u2019id\u00e9ologie et de mensonge d\u2019\u00c9tat. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 l\u2019une de nos premi\u00e8res t\u00e2ches&nbsp;: produire un discours sur le r\u00e9el qui d\u00e9fait le mensonge d\u2019\u00c9tat et qui d\u00e9tricote la tentative de fabrique du consentement \u00e0 l\u2019oppression qui tente, par une phras\u00e9ologie gouvernementale, de voiler le r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce point de vue, les universitaires ont jou\u00e9 un important r\u00f4le de clarification lorsqu\u2019on a voulu instrumentaliser le droit constitutionnel lors du d\u00e9bat de la troisi\u00e8me candidature du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, le r\u00f4le de l\u2019universit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 crucial et les universitaires ont apport\u00e9 des armes intellectuelles, des arguments \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Ils ont refus\u00e9 qu\u2019on la trompe et qu\u2019on lui mente, et je trouve qu\u2019il est absolument fondamental de jouer ce r\u00f4le-l\u00e0. Mais nous devons poursuivre ce travail en temps de crise \u2013&nbsp;c\u2019est ce que nous faisons aujourd\u2019hui&nbsp;\u2013, mais \u00e9galement en temps de paix. Une fois la crise d\u00e9pass\u00e9e, il nous reviendra d\u2019imaginer la lib\u00e9ration totale&nbsp;: plus que de transmettre des savoirs, il nous est demand\u00e9 de mener la bataille du sens, et nous devons la mener du c\u00f4t\u00e9 du peuple, des plus vuln\u00e9rables. Ce sera peut-\u00eatre pour nous l\u2019occasion de payer notre dette \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 nous met dans des conditions confortables, elle nous donne le loisir de r\u00e9fl\u00e9chir, d\u2019\u00e9lucider le fait social, \u00e0 notre rythme, elle nous donne la possibilit\u00e9 de tenter de la comprendre. Nous devons ainsi lui rendre sa lumi\u00e8re, son intelligence, sa lucidit\u00e9, sa compr\u00e9hension d\u2019elle-m\u00eame. Une situation, m\u00eame affreuse, lorsqu\u2019on la comprend, lorsqu\u2019on l\u2019\u00e9claire, on la domine. La crise qui est la n\u00f4tre n\u00e9cessite bien \u00e9videmment que nous fassions barrage \u00e0 toutes les tentatives de confisquer nos libert\u00e9s, mais avec les armes qui sont les n\u00f4tres sont les armes de l\u2019intelligence et de la lucidit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019effondrement de la pens\u00e9e va avec l\u2019effondrement des soci\u00e9t\u00e9s, nous devons devenir le dernier bastion et maintenir ce qui nous permettra de nous relever. Nous avons la responsabilit\u00e9, comme l\u2019a dit Mamadou Diouf, de faire l\u2019inventaire, mais aussi de lutter contre toutes les formes d\u2019oppression, et cette fois-ci elle est interne. Bien \u00e9videmment, elle a des articulations g\u00e9opolitiques complexes, mais l\u00e0, l\u2019oppression \u00e0 laquelle nous devons faire face vient du ventre de notre soci\u00e9t\u00e9 et nous devons lui faire face avec courage, lucidit\u00e9 et un engagement r\u00e9solu. Le pacte postcolonial est \u00e0 rompre, depuis les ind\u00e9pendances nous n\u2019avons pas r\u00e9ussi \u00e0 nous \u00e9manciper fondamentalement. Le processus est en cours, il est difficile mais il nous faut r\u00e9inventer des formes sociales, des formes de gouvernementalit\u00e9. Il nous faut apprendre de notre histoire politique r\u00e9cente, des vuln\u00e9rabilit\u00e9s des dispositifs institutionnels. M\u00eame au c\u0153ur de la crise, je pense qu\u2019on peut s\u2019autoriser \u00e0 penser l\u2019apr\u00e8s-crise, penser bien \u00e9videmment aux murs qu\u2019il faudra dresser contre le mal qui avance, et lui opposer une farouche volont\u00e9. Mais il faudra aussi nous remobiliser comme nous le faisons aujourd\u2019hui en continuant le travail de clart\u00e9, de pens\u00e9e, et opposer le pouvoir de l\u2019intelligence au pouvoir de la force. Cela me semble \u00eatre une responsabilit\u00e9 que nous avons et que nous devons assumer pour nous-m\u00eames, pour la collectivit\u00e9, pour nos enfants, et pour la construction de notre destin collectif.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":5634,"template":"","meta":[],"series-categories":[1347],"cat-articles":[1143],"keywords":[],"ppma_author":[539,532],"class_list":["post-26747","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-5","cat-articles-champ","author-mamadou-diouf-fr","author-felwine-sarr-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Que peut l\u2019intellectuel face au monstre ? 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Cette veill\u00e9e s\u2019est tenue en r\u00e9ponse au coup d\u2019\u00c9tat constitutionnel orchestr\u00e9 par le pr\u00e9sident Macky Sall, qui a plong\u00e9 le pays dans une crise politique sans pr\u00e9c\u00e9dent. La s\u00e9quence qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal, les 3&nbsp;et 5&nbsp;f\u00e9vrier 2024, a marqu\u00e9 en effet un tournant majeur dans son histoire politique. Pour la premi\u00e8re fois, un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, d\u00e9mocratiquement \u00e9lu au terme d\u2019un combat acharn\u00e9 pour la d\u00e9fense de la Constitution, a, du haut de son pouvoir d\u00e9cr\u00e9tal, unilat\u00e9ralement arr\u00eat\u00e9 le processus devant mener \u00e0 l\u2019\u00e9lection de son rempla\u00e7ant, jetant la stupeur dans la population. 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Les \u00e9meutes qui s\u2019ensuivirent firent quatre morts, dont deux \u00e9tudiants de l\u2019universit\u00e9 Gaston-Berger de Saint-Louis. Sous le th\u00e8me \u00ab&nbsp;Crise politique et impact sur les universit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises&nbsp;\u00bb, la veill\u00e9e a r\u00e9uni un nombre significatif d\u2019enseignants et d\u2019\u00e9tudiants dans un contexte marqu\u00e9 par la fermeture de l\u2019universit\u00e9 Cheikh Anta Diop depuis les manifestations du 1er&nbsp;juin 2023. Diffus\u00e9e en direct sur diverses plateformes, cette veill\u00e9e a offert un espace de dialogue et de d\u00e9bat o\u00f9 d\u2019\u00e9minentes figures telles que Mamadou Diouf et Pr&nbsp;Felwine Sarr ont pris part \u00e0 la discussion. Au c\u0153ur des \u00e9changes se trouvait la question cruciale de la figure de l\u2019homme politique comme \u00ab&nbsp;monstre&nbsp;\u00bb, cette m\u00e9taphore ordinaire du politique que mobilisent les S\u00e9n\u00e9galais, image qui renvoie \u00e0 la violence de l\u2019\u00c9tat et des structures de domination, \u00e0 la d\u00e9possession et \u00e0 l\u2019oppression des masses. Le d\u00e9bat \u00e9tait l\u2019occasion de penser le type d\u2019engagement des intellectuels face au monstre et la place des universitaires dans cette crise politique et de leur r\u00f4le dans la pr\u00e9servation des valeurs d\u00e9mocratiques et des libert\u00e9s fondamentales au S\u00e9n\u00e9gal. Mamadou Diouf&nbsp;: La fermeture de l\u2019universit\u00e9 est l\u2019une des preuves les plus importantes de l\u2019effondrement de la d\u00e9mocratie s\u00e9n\u00e9galaise. Il est aujourd\u2019hui ind\u00e9niable que la situation que le S\u00e9n\u00e9gal traverse est proprement une humiliation historique pour un S\u00e9n\u00e9galais. Une humiliation historique parce qu\u2019elle correspond \u00e0 un moment o\u00f9 le chef de l\u2019\u00c9tat s\u00e9n\u00e9galais, et la classe politique qui est avec lui, sont en train de pi\u00e9tiner notre exp\u00e9rience d\u00e9mocratique. Que cette exp\u00e9rience d\u00e9mocratique soit limit\u00e9e ou non, cela montre, parfois, des signes tr\u00e8s graves de perversion. Cette d\u00e9mocratie, nous avons constamment essay\u00e9 de la pr\u00e9server, de l\u2019\u00e9largir \u2013&nbsp;parfois dans la violence, mais le plus souvent dans la concertation. Je pense que c\u2019est cela qui a permis de cr\u00e9er au S\u00e9n\u00e9gal une culture et des attitudes politiques qui ont aliment\u00e9 ce que l\u2019un de mes coll\u00e8gues anglais, Donal Cruise O\u2019Brien, ami de mon ami Momar Coumba Diop, a qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;success history&nbsp;\u00bb s\u00e9n\u00e9galaise. Une expression que je traduis par \u00ab&nbsp;exp\u00e9rience r\u00e9ussie&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;r\u00e9ussite historique&nbsp;\u00bb du S\u00e9n\u00e9gal. La stabilit\u00e9 politique s\u00e9n\u00e9galaise est le r\u00e9sultat de la capacit\u00e9 des acteurs politiques, souvent dans la confrontation, \u00e0 se donner le temps de la r\u00e9flexion, de s\u2019arr\u00eater et de s\u2019accorder sur une solution. La preuve de cette extraordinaire r\u00e9ussite des S\u00e9n\u00e9galais est signal\u00e9e par la r\u00e9action de la communaut\u00e9 internationale d\u00e9mocratique et lib\u00e9rale&nbsp;; elle encourage les S\u00e9n\u00e9galais \u00e0 pr\u00e9server et \u00e9largir leur exp\u00e9rience d\u00e9mocratique si singuli\u00e8re en Afrique. Un engagement qui atteste effectivement une exp\u00e9rience historique particuli\u00e8re. Le S\u00e9n\u00e9gal demeure une boussole dans l\u2019oc\u00e9an des autoritarismes africains. C\u2019est la raison pour laquelle les d\u00e9mocrates du monde entier sont attach\u00e9s \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience d\u00e9mocratique s\u00e9n\u00e9galaise. Une exp\u00e9rience que les citoyens se sont \u00e9vertu\u00e9s \u00e0 approfondir, dans des environnements r\u00e9pressifs, plus particuli\u00e8rement, au cours des douze ann\u00e9es de la pr\u00e9sidence de Macky Sall.&nbsp; Aujourd\u2019hui nous devons \u00eatre les gardiens de ce temple, dans un environnement o\u00f9 s\u2019accumulent tous les dangers et une violence qui essaie de se faire une place dans l\u2019espace public. Au cours du dernier mandat du pr\u00e9sident Sall, on a achet\u00e9 plus d\u2019armes \u00e0 feu et de voitures de patrouille que de livres et d\u2019\u00e9quipements de laboratoires&nbsp;; on a ouvert plus de casernes et recrut\u00e9 plus de policiers et de gendarmes que d\u2019enseignants. Par ailleurs, l\u2019universit\u00e9 est herm\u00e9tiquement ferm\u00e9e. Une fermeture qui est l\u2019une des preuves les plus importantes de l\u2019effondrement de la d\u00e9mocratie s\u00e9n\u00e9galaise. Elle me fait retourner \u00e0 trois romans. Ces romans sont une invitation insistante \u00e0 ne jamais abdiquer face \u00e0 la force et \u00e0 la terreur. Ils nous somment de penser, d\u2019effectuer des recherches, d\u2019instruire, d\u2019\u00e9duquer, de publier, d\u2019\u00e9changer et de d\u00e9lib\u00e9rer. Le premier de ces romans est Chronique d\u2019une mort annonc\u00e9e du romancier colombien Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez. On peut dire que depuis trois ou quatre ans, on a assist\u00e9 \u00e0 des chroniques de la non-tenue des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles du 25&nbsp;f\u00e9vrier 2024. Et il est quand m\u00eame \u00e9vident que si l\u2019on regarde la d\u00e9marche de la classe politique au pouvoir, elle a indiqu\u00e9 depuis au moins trois ans que si le pr\u00e9sident Macky Sall n\u2019\u00e9tait pas candidat en troisi\u00e8me mandat, il serait difficile de tenir les \u00e9lections. Et&nbsp;je pense qu\u2019ils ont tenu leur pari. On devra continuer \u00e0 tenir la chronique pour d\u00e9crypter les man\u0153uvres du pr\u00e9sident Sall.&nbsp; Le deuxi\u00e8me est un roman d\u2019Ahmadou Kourouma, Waiting for the Vote of the Wild Animals. C\u2019est la chronique de la construction d\u2019un pouvoir autoritaire, les tours et les d\u00e9tours du pi\u00e9tinement de la pens\u00e9e et de l\u2019\u00e9ducation pour faire de la violence, et du recours\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-5\/que-peut-lintellectuel-face-au-monstre-conversation-sur-le-senegal\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Global Africa\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-05-09T16:22:47+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01329-scaled.webp\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1280\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1920\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/webp\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"11 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-5\\\/que-peut-lintellectuel-face-au-monstre-conversation-sur-le-senegal\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-5\\\/que-peut-lintellectuel-face-au-monstre-conversation-sur-le-senegal\\\/\",\"name\":\"Que peut l\u2019intellectuel face au monstre ? 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Cette veill\u00e9e s\u2019est tenue en r\u00e9ponse au coup d\u2019\u00c9tat constitutionnel orchestr\u00e9 par le pr\u00e9sident Macky Sall, qui a plong\u00e9 le pays dans une crise politique sans pr\u00e9c\u00e9dent. La s\u00e9quence qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal, les 3&nbsp;et 5&nbsp;f\u00e9vrier 2024, a marqu\u00e9 en effet un tournant majeur dans son histoire politique. Pour la premi\u00e8re fois, un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, d\u00e9mocratiquement \u00e9lu au terme d\u2019un combat acharn\u00e9 pour la d\u00e9fense de la Constitution, a, du haut de son pouvoir d\u00e9cr\u00e9tal, unilat\u00e9ralement arr\u00eat\u00e9 le processus devant mener \u00e0 l\u2019\u00e9lection de son rempla\u00e7ant, jetant la stupeur dans la population. Pour parachever ce coup, l\u2019Assembl\u00e9e nationale, forte de l\u2019alliance improbable entre la majorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle et le Parti d\u00e9mocratique s\u00e9n\u00e9galais (PDS), parti qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9 du pouvoir en 2012 et les dirigeants poursuivis et traqu\u00e9s au nom de la lutte contre l\u2019enrichissement illicite, a vot\u00e9 une loi constitutionnelle actant \u00e0 la fois le report de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de dix mois et la prorogation du mandat du chef de l\u2019\u00c9tat. Par ce vote, qui a eu lieu hors de la pr\u00e9sence des d\u00e9put\u00e9s de l\u2019opposition expuls\u00e9s de l\u2019h\u00e9micycle \u00e0 la suite de l\u2019intervention des forces de s\u00e9curit\u00e9, elle a all\u00e8grement viol\u00e9 l\u2019article&nbsp;103 de la constitution, lequel d\u00e9clare intangibles ses dispositions relatives au mandat du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Les \u00e9meutes qui s\u2019ensuivirent firent quatre morts, dont deux \u00e9tudiants de l\u2019universit\u00e9 Gaston-Berger de Saint-Louis. Sous le th\u00e8me \u00ab&nbsp;Crise politique et impact sur les universit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises&nbsp;\u00bb, la veill\u00e9e a r\u00e9uni un nombre significatif d\u2019enseignants et d\u2019\u00e9tudiants dans un contexte marqu\u00e9 par la fermeture de l\u2019universit\u00e9 Cheikh Anta Diop depuis les manifestations du 1er&nbsp;juin 2023. Diffus\u00e9e en direct sur diverses plateformes, cette veill\u00e9e a offert un espace de dialogue et de d\u00e9bat o\u00f9 d\u2019\u00e9minentes figures telles que Mamadou Diouf et Pr&nbsp;Felwine Sarr ont pris part \u00e0 la discussion. Au c\u0153ur des \u00e9changes se trouvait la question cruciale de la figure de l\u2019homme politique comme \u00ab&nbsp;monstre&nbsp;\u00bb, cette m\u00e9taphore ordinaire du politique que mobilisent les S\u00e9n\u00e9galais, image qui renvoie \u00e0 la violence de l\u2019\u00c9tat et des structures de domination, \u00e0 la d\u00e9possession et \u00e0 l\u2019oppression des masses. Le d\u00e9bat \u00e9tait l\u2019occasion de penser le type d\u2019engagement des intellectuels face au monstre et la place des universitaires dans cette crise politique et de leur r\u00f4le dans la pr\u00e9servation des valeurs d\u00e9mocratiques et des libert\u00e9s fondamentales au S\u00e9n\u00e9gal. Mamadou Diouf&nbsp;: La fermeture de l\u2019universit\u00e9 est l\u2019une des preuves les plus importantes de l\u2019effondrement de la d\u00e9mocratie s\u00e9n\u00e9galaise. Il est aujourd\u2019hui ind\u00e9niable que la situation que le S\u00e9n\u00e9gal traverse est proprement une humiliation historique pour un S\u00e9n\u00e9galais. Une humiliation historique parce qu\u2019elle correspond \u00e0 un moment o\u00f9 le chef de l\u2019\u00c9tat s\u00e9n\u00e9galais, et la classe politique qui est avec lui, sont en train de pi\u00e9tiner notre exp\u00e9rience d\u00e9mocratique. Que cette exp\u00e9rience d\u00e9mocratique soit limit\u00e9e ou non, cela montre, parfois, des signes tr\u00e8s graves de perversion. Cette d\u00e9mocratie, nous avons constamment essay\u00e9 de la pr\u00e9server, de l\u2019\u00e9largir \u2013&nbsp;parfois dans la violence, mais le plus souvent dans la concertation. Je pense que c\u2019est cela qui a permis de cr\u00e9er au S\u00e9n\u00e9gal une culture et des attitudes politiques qui ont aliment\u00e9 ce que l\u2019un de mes coll\u00e8gues anglais, Donal Cruise O\u2019Brien, ami de mon ami Momar Coumba Diop, a qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;success history&nbsp;\u00bb s\u00e9n\u00e9galaise. Une expression que je traduis par \u00ab&nbsp;exp\u00e9rience r\u00e9ussie&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;r\u00e9ussite historique&nbsp;\u00bb du S\u00e9n\u00e9gal. La stabilit\u00e9 politique s\u00e9n\u00e9galaise est le r\u00e9sultat de la capacit\u00e9 des acteurs politiques, souvent dans la confrontation, \u00e0 se donner le temps de la r\u00e9flexion, de s\u2019arr\u00eater et de s\u2019accorder sur une solution. La preuve de cette extraordinaire r\u00e9ussite des S\u00e9n\u00e9galais est signal\u00e9e par la r\u00e9action de la communaut\u00e9 internationale d\u00e9mocratique et lib\u00e9rale&nbsp;; elle encourage les S\u00e9n\u00e9galais \u00e0 pr\u00e9server et \u00e9largir leur exp\u00e9rience d\u00e9mocratique si singuli\u00e8re en Afrique. Un engagement qui atteste effectivement une exp\u00e9rience historique particuli\u00e8re. Le S\u00e9n\u00e9gal demeure une boussole dans l\u2019oc\u00e9an des autoritarismes africains. C\u2019est la raison pour laquelle les d\u00e9mocrates du monde entier sont attach\u00e9s \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience d\u00e9mocratique s\u00e9n\u00e9galaise. Une exp\u00e9rience que les citoyens se sont \u00e9vertu\u00e9s \u00e0 approfondir, dans des environnements r\u00e9pressifs, plus particuli\u00e8rement, au cours des douze ann\u00e9es de la pr\u00e9sidence de Macky Sall.&nbsp; Aujourd\u2019hui nous devons \u00eatre les gardiens de ce temple, dans un environnement o\u00f9 s\u2019accumulent tous les dangers et une violence qui essaie de se faire une place dans l\u2019espace public. Au cours du dernier mandat du pr\u00e9sident Sall, on a achet\u00e9 plus d\u2019armes \u00e0 feu et de voitures de patrouille que de livres et d\u2019\u00e9quipements de laboratoires&nbsp;; on a ouvert plus de casernes et recrut\u00e9 plus de policiers et de gendarmes que d\u2019enseignants. Par ailleurs, l\u2019universit\u00e9 est herm\u00e9tiquement ferm\u00e9e. Une fermeture qui est l\u2019une des preuves les plus importantes de l\u2019effondrement de la d\u00e9mocratie s\u00e9n\u00e9galaise. Elle me fait retourner \u00e0 trois romans. Ces romans sont une invitation insistante \u00e0 ne jamais abdiquer face \u00e0 la force et \u00e0 la terreur. Ils nous somment de penser, d\u2019effectuer des recherches, d\u2019instruire, d\u2019\u00e9duquer, de publier, d\u2019\u00e9changer et de d\u00e9lib\u00e9rer. Le premier de ces romans est Chronique d\u2019une mort annonc\u00e9e du romancier colombien Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez. On peut dire que depuis trois ou quatre ans, on a assist\u00e9 \u00e0 des chroniques de la non-tenue des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles du 25&nbsp;f\u00e9vrier 2024. Et il est quand m\u00eame \u00e9vident que si l\u2019on regarde la d\u00e9marche de la classe politique au pouvoir, elle a indiqu\u00e9 depuis au moins trois ans que si le pr\u00e9sident Macky Sall n\u2019\u00e9tait pas candidat en troisi\u00e8me mandat, il serait difficile de tenir les \u00e9lections. Et&nbsp;je pense qu\u2019ils ont tenu leur pari. On devra continuer \u00e0 tenir la chronique pour d\u00e9crypter les man\u0153uvres du pr\u00e9sident Sall.&nbsp; Le deuxi\u00e8me est un roman d\u2019Ahmadou Kourouma, Waiting for the Vote of the Wild Animals. C\u2019est la chronique de la construction d\u2019un pouvoir autoritaire, les tours et les d\u00e9tours du pi\u00e9tinement de la pens\u00e9e et de l\u2019\u00e9ducation pour faire de la violence, et du recours","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-5\/que-peut-lintellectuel-face-au-monstre-conversation-sur-le-senegal\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-05-09T16:22:47+00:00","og_image":[{"width":1280,"height":1920,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01329-scaled.webp","type":"image\/webp"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"11 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-5\/que-peut-lintellectuel-face-au-monstre-conversation-sur-le-senegal\/","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-5\/que-peut-lintellectuel-face-au-monstre-conversation-sur-le-senegal\/","name":"Que peut l\u2019intellectuel face au monstre ? 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