{"id":26696,"date":"2022-12-16T06:10:22","date_gmt":"2022-12-16T06:10:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/breve-histoire-de-la-biopolitique-au-senegal-la-mise-en-ordre-hygieniste-de-la-societe\/"},"modified":"2026-05-09T16:24:30","modified_gmt":"2026-05-09T16:24:30","slug":"breve-histoire-de-la-biopolitique-au-senegal-la-mise-en-ordre-hygieniste-de-la-societe","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-2\/breve-histoire-de-la-biopolitique-au-senegal-la-mise-en-ordre-hygieniste-de-la-societe\/","title":{"rendered":"Br\u00e8ve histoire de la biopolitique au S\u00e9n\u00e9gal : La mise en ordre hygi\u00e9niste de la soci\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Comment la m\u00e9decine occidentale se d\u00e9ploie-t-elle dans les pays d\u2019Afrique sous administration coloniale fran\u00e7aise et comment celle-ci se retrouve-t-elle m\u00eal\u00e9e, dans le sillage des politiques imp\u00e9riales, \u00e0 des enjeux politiques et id\u00e9ologiques ? La pr\u00e9sente \u00e9tude se propose de revisiter l\u2019histoire institutionnelle de l\u2019implantation de la m\u00e9decine coloniale fran\u00e7aise en Afrique de l\u2019Ouest et au S\u00e9n\u00e9gal, ses pratiques et le r\u00f4le des <em>french doctors<\/em> dans la naissance, le cheminement et la diffusion des savoirs de la m\u00e9decine tropicale dans l\u2019espace colonial fran\u00e7ais en Afrique. L\u2019histoire de la politique sanitaire aux colonies est un indicateur de l\u2019ordre social, tant par la mani\u00e8re dont les rapports sociaux se marquent dans les corps et dans l\u2019espace, que par la fa\u00e7on dont les institutions politiques organisent la protection, la pr\u00e9vention et les soins. La probl\u00e9matique, l\u2019histoire de la m\u00e9decine coloniale est travers\u00e9e par une multitude de regards et de perspectives oppos\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains travaux c\u00e9l\u00e8brent l\u2019action des m\u00e9decins coloniaux (Sarraut, 1923; Lapeyssonnie, 1988), d\u2019autres proposent une lecture critique de la m\u00e9decine coloniale en Afrique, de ses h\u00e9ritages et de ses r\u00e9alisations (Curtin, 1961, 1968 ; Arnord, 1988, 1993 ; Headricks, 1981 ; Pam, 2018). Il s\u2019agira ici d\u2019analyser sur la longue dur\u00e9e le r\u00f4le des m\u00e9decins coloniaux, les strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es dans la m\u00e9dicalisation des soci\u00e9t\u00e9s ouest-africaines, la fa\u00e7on dont la traque contre les miasmes et les virus dans les colonies s\u2019est construite et transform\u00e9e dans la longue dur\u00e9e et de mettre en perspective la conqu\u00eate des rives \u00ab empest\u00e9es de l\u2019Atlantique \u00bb face au <em>vomito negro<\/em> (fi\u00e8vre jaune), terreur des coloniaux, objet du premier r\u00e9seau de recherche intercolonial r\u00e9unissant les savants fran\u00e7ais, anglais et la fondation Rockefeller.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les rouages institutionnels et administratifs de la politique sanitaire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La politique sanitaire de la France au S\u00e9n\u00e9gal s\u2019est \u00e9rig\u00e9e au fil de la colonisation et des crises sanitaires en un syst\u00e8me organis\u00e9 dans une perspective de domination et d\u2019exploitation coloniale. \u00c0 partir de 1896, elle s\u2019est appuy\u00e9e sur un embryon de r\u00e9seau hospitalier \u2013 qui s\u2019est densifi\u00e9 par la suite \u2013, d\u2019un ensemble de structures administratives et d\u2019une l\u00e9gislation coercitive en vue de \u00ab m\u00e9dicaliser \u00bb la soci\u00e9t\u00e9 coloniale et de faciliter la mise en valeur des nouveaux territoires conquis.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;On retient de l\u2019\u00e9volution des institutions sanitaires deux \u00e9tapes distinctes, caract\u00e9ristiques toutes deux d\u2019une orientation politique diff\u00e9rente. La premi\u00e8re va de la conqu\u00eate \u00e0 la \u00ab pacification \u00bb, pendant laquelle la politique de l\u2019action sanitaire est exclusivement tourn\u00e9e vers la protection de l\u2019\u00e9l\u00e9ment militaire, sans lequel aucune conqu\u00eate n\u2019est possible. Puis, au fur et \u00e0 mesure que se d\u00e9veloppait la colonie, elle fut \u00e9largie aux principaux centres administratifs et \u00e9conomiques des Quatre Communes<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, pour atteindre ensuite les centres secondaires des pays de protectorat. Jusque-l\u00e0, seuls les Europ\u00e9ens et les agents du service \u00e9taient pris en charge dans la politique sanitaire de la France aux colonies. La seconde orientation de la politique sanitaire a \u00e9merg\u00e9 au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle pour accompagner la mise en valeur des colonies. Sous la pression des populations europ\u00e9ennes, fortement touch\u00e9es par la fi\u00e8vre jaune, les autorit\u00e9s d\u00e9velopp\u00e8rent des structures m\u00e9dicales dans les colonies.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, au lendemain de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la principale t\u00e2che des Fran\u00e7ais \u00e9tait de reconstruire leur pays. Pour ce faire, les colonies ont pris une place essentielle dans le redressement \u00e9conomique et financier de la France. C\u2019est ce qui a justifi\u00e9 la mise en place par Albert Sarraut, alors ministre des Colonies, d\u2019un programme d\u2019action bas\u00e9 \u00e0 la fois sur la \u00ab valeur \u00e9conomique \u00bb et sur \u00ab la valeur humaine \u00bb du domaine colonial. Afin de d\u00e9velopper une main-d\u2019\u0153uvre abondante, la d\u00e9mographie devient alors la base du travail des m\u00e9decins, ce qui est r\u00e9sum\u00e9 par la c\u00e9l\u00e8bre expression du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral Albert Sarraut : \u00ab faire du Noir \u00bb (Piessac [de], 1927).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette politique se d\u00e9ploie \u00e0 travers une politique hygi\u00e9niste, la cr\u00e9ation de l\u2019Assistance m\u00e9dicale indig\u00e8ne<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> (AMI) ou encore de la section des sage-femmes visiteuses de l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine. Toutefois, l\u2019adoption des nouvelles mesures prophylactiques a entra\u00een\u00e9 des r\u00e9sistances car elles allaient \u00e0 l\u2019encontre de coutumes s\u00e9culaires. L\u2019instruction des filles fut con\u00e7ue comme une solution pour l\u2019adoption par les indig\u00e8nes des nouvelles pratiques m\u00e9dicales.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"394\" height=\"258\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-22.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26757\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-22.jpeg 394w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-22-300x196.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 394px) 100vw, 394px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00a9 asnom.org, Usage de la DDT dans l\u2019apr\u00e8s-guerre contre les moustiques (traitement intra- domiciliaire, des plans d\u2019eau et des lieux de vie).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Des savants pour l\u2019empire : du laboratoire de microbiologie aux instituts Pasteur<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9couvertes de Pasteur ont repr\u00e9sent\u00e9 un tournant dans les strat\u00e9gies de d\u00e9ploiement de la m\u00e9decine pour les colonies. En 1881, Pasteur lui-m\u00eame se rend \u00e0 Bordeaux aupr\u00e8s des convalescents ayant fui la colonie du S\u00e9n\u00e9gal, en proie \u00e0 une \u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre jaune, pour pr\u00e9lever leur sang et essayer d\u2019identifier le germe responsable de la maladie.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1896, \u00c9mile Marchoux, un disciple de Pasteur, fonda \u00e0 Saint-Louis la premi\u00e8re \u00e9bauche de l\u2019institut Pasteur. Il y \u00e9tudia, entre autres, l\u2019origine hydrique de la fi\u00e8vre typho\u00efde, le paludisme \u00e0 Dakar et \u00e0 Saint-Louis et fit conna\u00eetre pour la premi\u00e8re fois le cycle du parasite de la tierce maligne chez l\u2019homme. En termes de soin, il r\u00e9alisa par exemple des exp\u00e9riences de pr\u00e9vention par la quinine sur les militaires de la garnison de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Le laboratoire de microbiologie fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Dakar (capitale de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise, AOF) en 1913 pour devenir le Laboratoire de bact\u00e9riologie et de zootechnie. Le gouverneur William Ponty d\u00e9finit les missions de celui-ci comme \u00e9tant la recherche et l\u2019\u00e9tude des maladies bact\u00e9riennes et des maladies \u00e0 protozoaires de l\u2019homme, des animaux et des plantes ; l\u2019\u00e9tude de leur transmission par des insectes ; celle des moyens de s\u2019en pr\u00e9server et de les traiter (institut Pasteur Outre-Mer [IPOM], 1989).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"435\" height=\"283\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-23.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26758\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-23.jpeg 435w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-23-300x195.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 435px) 100vw, 435px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00a9 asnom.org, D\u00e9pistage par une \u00e9quipe de prospection trypanosomiase (Cameroun), circa 1926.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019institut Pasteur de Dakar est sp\u00e9cialis\u00e9 en microbiologie humaine, celui de Kindia, en r\u00e9publique de Guin\u00e9e, en microbiologie v\u00e9t\u00e9rinaire. L\u2019Afrique \u00e9quatoriale fran\u00e7aise accueillit l\u2019institut Pasteur de Brazzaville. Ces instituts r\u00e9ussirent \u00e0 \u00e9lucider les cycles \u00e9pid\u00e9miologiques et les modalit\u00e9s de transmission des maladies, et \u00e0 d\u00e9finir les m\u00e9thodes pr\u00e9ventives et de lutte (par exemple contre la maladie du sommeil et contre la fi\u00e8vre jaune, dont le vaccin a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 par les laboratoires de Tunis et de Dakar).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019institut Pasteur de Dakar a dirig\u00e9, de 1925 \u00e0 1931, un stage pratique de formation en microbiologie et en hygi\u00e8ne destin\u00e9 aux m\u00e9decins indig\u00e8nes et aux aides de laboratoire pour ma\u00eetriser les \u00e9l\u00e9ments n\u00e9cessaires \u00e0 certains diagnostics (IPD\/Rap, 1936). Dans une strat\u00e9gie plus globale de lutte contre les terribles fl\u00e9aux \u00e9pid\u00e9miques, des collaborations internationales furent mises en place comme la conf\u00e9rence interafricaine sur la fi\u00e8vre jaune \u00e0 Dakar ou des cours de m\u00e9decine tropicale pour les m\u00e9decins de la marine polonaise (IPOM\/Dak, 13\/102).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Cr\u00e9ation d\u2019un enseignement m\u00e9dical sp\u00e9cialis\u00e9 et la naissance d\u2019une m\u00e9decine de masse<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, consciente de la faiblesse de l\u2019organisation sanitaire dans les colonies fran\u00e7aises d\u2019Afrique occidentale, l\u2019Union coloniale fran\u00e7aise a lanc\u00e9 une souscription aupr\u00e8s des entreprises fran\u00e7aises impliqu\u00e9es dans l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique coloniale en vue d\u2019instituer \u00e0 la Sorbonne un enseignement sp\u00e9cialis\u00e9 sur les maladies coloniales. Le personnel m\u00e9dical des colonies \u00e9tait en effet consid\u00e9r\u00e9 comme insuffisamment pr\u00e9par\u00e9 aux maladies des pays tropicaux. Des entreprises et des banques s\u2019engag\u00e8rent \u00e0 subventionner ce projet pendant six ans (ANS, H 10 [AOF], 1900). Cette id\u00e9e aboutit le 3 octobre 1905, sous le nom de \u00ab Pharo \u00bb, \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019\u00c9cole d\u2019application des troupes coloniales sp\u00e9cialis\u00e9e dans la m\u00e9decine tropicale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"566\" height=\"256\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-24.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26759\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-24.jpeg 566w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-24-300x136.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00a9 asnom.org, D\u00e9pistage \u00e0 Banfora (actuel Burkina Faso) par le SGAMS, Circa 1940.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur le terrain, l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 8 f\u00e9vrier 1905, institua le service d\u2019Assistance m\u00e9dicale indig\u00e8ne, charg\u00e9 de fournir gratuitement aux populations indig\u00e8nes des soins m\u00e9dicaux, des conseils d\u2019hygi\u00e8ne et de r\u00e9pandre la vaccination. Toutefois, le personnel m\u00e9dical demeurait insuffisant et les colonies n\u2019attiraient pas grand monde malgr\u00e9 les campagnes de recrutement des m\u00e9decins en m\u00e9tropole. L\u2019administration se r\u00e9solut \u00e0 cr\u00e9er un corps d\u2019aides-m\u00e9decins indig\u00e8nes par arr\u00eat\u00e9 du 7 janvier 1906 pour aider les m\u00e9decins de l\u2019AMI et aider \u00e0 combattre l\u2019influence des marabouts et des charlatans.<\/p>\n\n\n\n<p>Les campagnes de conscription en 1914 r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent le d\u00e9ficit de personnel et l\u2019ampleur des probl\u00e8mes de sant\u00e9. Le r\u00f4le de plus en plus pr\u00e9pond\u00e9rant de l\u2019\u00e9conomie coloniale dans celle de la m\u00e9tropole poussa l\u2019administration \u00e0 entrevoir la cr\u00e9ation d\u2019une \u00c9cole de m\u00e9decine \u00e0 Dakar, qui vit le jour le 1er novembre 1918 pour former l\u2019\u00e9lite m\u00e9dicale indig\u00e8ne. Face aux difficult\u00e9s de recrutement, une solution fut de recourir \u00e0 des m\u00e9decins contractuels \u00e9trangers, principalement des Russes qui ont immigr\u00e9 en AOF apr\u00e8s la r\u00e9volution bolchevique d\u2019octobre 1917. En 1927, ils repr\u00e9sentent plus de 38 % du personnel m\u00e9dical du S\u00e9n\u00e9gal. Ce dispositif fut compl\u00e9t\u00e9 par la cr\u00e9ation d\u2019un corps d\u2019infirmi\u00e8res visiteuses et d\u2019infirmiers sanitaires le 15 f\u00e9vrier 1926 pour rechercher les maladies sociales et d\u00e9pister les maladies \u00e9pid\u00e9miques. Dans les ann\u00e9es qui suivirent, plusieurs services m\u00e9dicaux furent cr\u00e9\u00e9s : le service de Prophylaxie de la trypanosomiase en 1931, le service d\u2019Assistance psychiatrique en 1938, le service autonome de la Maladie du sommeil en 1939 et l\u2019inspection m\u00e9dicale des \u00c9coles en AOF et au Togo en 1942. L\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine de Dakar prit en 1944 la d\u00e9nomination d\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine et de pharmacie de Dakar. Le d\u00e9cret du 27 juillet 1949 organisa les services de sant\u00e9 en AOF en deux grandes divisions : le service g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Hygi\u00e8ne et de Prophylaxie pour lutter contre les grandes end\u00e9mies ; et des services fixes comportant un r\u00e9seau de formations sanitaires \u00e0 l\u2019\u00e9chelle f\u00e9d\u00e9rale et d\u2019organismes territoriaux. Le service g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Hygi\u00e8ne mobile et de Prophylaxie (SGHMP) a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9 en AOF par l\u2019arr\u00eat\u00e9 214 du 22 janvier 1945 pour lutter contre les grandes maladies sociales \u00e0 travers plusieurs missions de recherche, d\u00e9pistages massifs, traitement de masse, prophylaxie, et formation du personnel sp\u00e9cialis\u00e9. Le SGHMP disposait d\u2019une direction \u00e0 Bobo-Dioulasso, en Haute-Volta, et de cinq sections dont chacune \u00e9tait sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019\u00e9tude d\u2019une end\u00e9mie : trypanosomiase, l\u00e8pre, paludisme, filariose et maladies oculaires. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces organes d\u2019\u00e9tudes, le SGHMP disposait d\u2019organes d\u2019ex\u00e9cution avec des \u00e9quipes mobiles. En 1951, l\u2019\u00c9cole des infirmiers d\u2019\u00c9tat \u00e9tait cr\u00e9\u00e9e pour appuyer les efforts de la nouvelle politique sanitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, l\u2019\u00e9volution politique internationale agit favorablement sur l\u2019organisation sanitaire des colonies et pays sous mandat par l\u2019entremise de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 et par la cr\u00e9ation d\u2019instituts de recherche comme l\u2019Orana (Organisation pour la recherche sur l\u2019alimentation et la nutrition en Afrique). Les ind\u00e9pendances des territoires constitutifs de la d\u00e9funte AOF eurent pour cons\u00e9quence le d\u00e9part des m\u00e9decins europ\u00e9ens et le d\u00e9mant\u00e8lement des structures f\u00e9d\u00e9rales de prise de charge des programmes de sant\u00e9 publique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>De la m\u00e9dicalisation de la soci\u00e9t\u00e9 coloniale<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le duel singulier entre la soci\u00e9t\u00e9 coloniale et la fi\u00e8vre jaune est riche d\u2019enseignements. La principale difficult\u00e9 de la m\u00e9decine coloniale a \u00e9t\u00e9 de faire admettre les normes de la nouvelle m\u00e9decine. Cette difficult\u00e9 est \u00e0 mettre en relation avec les repr\u00e9sentations culturelles des faits de sant\u00e9. Dans la soci\u00e9t\u00e9 indig\u00e8ne, deux mondes se c\u00f4toient : d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le monde visible et palpable : les hommes, les animaux, la v\u00e9g\u00e9tation, les reliefs, les cours d\u2019eau et les astres ; de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, le monde de l\u2019invisible, c\u2019est-\u00e0-dire des \u00eatres surnaturels, les anciens et les revenants, les g\u00e9nies et les doubles des vivants qui, v\u00e9ritables ma\u00eetres du jeu, participent \u00e0 la vie des hommes et sont tr\u00e8s souvent accus\u00e9s de provoquer des maladies. La maladie est v\u00e9cue comme la manifestation d\u2019une rupture avec les dieux ou les anc\u00eatres et la gu\u00e9rison n\u2019est possible que par la r\u00e9paration de la faute commise. Dans les soci\u00e9t\u00e9s islamis\u00e9es, la maladie est consid\u00e9r\u00e9e comme un effet de la volont\u00e9 de Dieu et le fid\u00e8le vit la souffrance comme une \u00e9preuve. Il est alors logique qu\u2019il recherche la protection et la gu\u00e9rison aupr\u00e8s de Dieu. Les feuillets de Coran sont utilis\u00e9s en mac\u00e9ration ou en talisman pour soigner le malade. Ces diff\u00e9rentes pratiques en concurrence avec la m\u00e9decine coloniale n\u2019ont pas manqu\u00e9 de faire surgir des oppositions parfois violentes.<\/p>\n\n\n\n<p>En raison du taux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de mortalit\u00e9 dans les structures sanitaires, particuli\u00e8rement des suites de la fi\u00e8vre jaune ou du fait d\u2019accidents li\u00e9s au d\u00e9but de la vaccination antiamarile, les m\u00e9decins coloniaux ont parfois \u00e9t\u00e9 soup\u00e7onn\u00e9s d\u2019euthanasie par les indig\u00e8nes. C\u2019est aussi pourquoi ceux-ci ont \u00e9labor\u00e9 toute une panoplie de strat\u00e9gies pour \u00e9chapper aux mesures sanitaires.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Surveiller et punir les classes dangereuses<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>On a tr\u00e8s t\u00f4t observ\u00e9 que la fi\u00e8vre jaune frappait plus les Blancs que les indig\u00e8nes ; au XIXe si\u00e8cle, toute la litt\u00e9rature m\u00e9dicale le r\u00e9p\u00e8te \u00e0 sati\u00e9t\u00e9. Ce fait a confirm\u00e9 tout le si\u00e8cle dans la vision in\u00e9galitaire des races. La fi\u00e8vre jaune a \u00e9t\u00e9 un argument de ce qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 le \u00ab racisme scientifique \u00bb du XIXe si\u00e8cle. Cette croyance selon laquelle les Noirs \u00e9taient immunis\u00e9s contre la maladie a conditionn\u00e9 les pratiques m\u00e9dicales et administratives et fit des Noirs les v\u00e9ritables acteurs de l\u2019administration coloniale pendant les crises \u00e9pid\u00e9miques li\u00e9es \u00e0 cette maladie. Cette conception changea radicalement en 1927, suite \u00e0 la reconnaissance d\u2019un nouveau paradigme faisant des indig\u00e8nes des porteurs discrets de la maladie et de dangereux diffuseurs, dont la surveillance devint une priorit\u00e9 de l\u2019administration sanitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Devant la difficult\u00e9 \u00e0 juguler la fi\u00e8vre jaune et face \u00e0 la r\u00e9sistance obstin\u00e9e des indig\u00e8nes, la cassure entre les diff\u00e9rents groupes sociaux se mat\u00e9rialisa par un ensemble de th\u00e9ories et pratiques qui conduisirent \u00e0 la naissance de la notion de \u00ab classes dangereuses \u00bb ou jug\u00e9es comme telles. Les indig\u00e8nes, les Syriens et les Portugais dans une moindre mesure ont \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 une surveillance stricte. Parmi les dispositifs de surveillance figuraient les Services d\u2019Hygi\u00e8ne, les structures m\u00e9dicales \u00e0 travers les statistiques hospitali\u00e8res, la police et un dispositif l\u00e9gislatif et r\u00e9glementaire rigoureux.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tat sanitaire des indig\u00e8nes fut surveill\u00e9 d\u2019abord dans les dispensaires cr\u00e9\u00e9s dans tous les centres d\u2019une certaine importance et o\u00f9 les malades prirent de plus en plus l\u2019habitude de se pr\u00e9senter ; ensuite \u00e0 domicile, o\u00f9 la surveillance a \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e par les infirmi\u00e8res visiteuses et les infirmiers sanitaires.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Dakar, la polyclinique Roume, install\u00e9e en ao\u00fbt 1933, fut con\u00e7ue dans cet esprit. V\u00e9ritable sentinelle de l\u2019\u00e9tat sanitaire des indig\u00e8nes, cette derni\u00e8re institua, en plus de l\u2019obligation de faire enregistrer les d\u00e9c\u00e8s aupr\u00e8s des mairies, un dispositif de surveillance de la sant\u00e9 de ses patients. Situ\u00e9e en pleine zone indig\u00e8ne, la polyclinique est le principal centre d\u2019assistance m\u00e9dicale gratuite pour les indig\u00e8nes de la circonscription de Dakar en m\u00eame temps qu\u2019un excellent poste d\u2019observation de l\u2019\u00e9tat sanitaire. Elle constitue \u00e9galement un remarquable centre d\u2019enseignement clinique pour les \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine. L\u2019Institut d\u2019hygi\u00e8ne sociale a donn\u00e9 286 989 consultations en 1933 contre 128 754 en 1932, 144 163 en 1931 et 89 663 en 1930. Le nombre a donc plus que tripl\u00e9 en quatre ans. Ce qui permet par ailleurs d\u2019interpr\u00e9ter ces chiffres comme un degr\u00e9 d\u2019acceptation du syst\u00e8me th\u00e9rapeutique colonial. En dehors des soins des maladies v\u00e9n\u00e9riennes, surtout la syphilis pour laquelle les statistiques de l\u2019\u00e9tablissement signalent plus de 31 000 injections th\u00e9rapeutiques sur 1 861 syphilitiques, soit une proportion d\u2019ensemble de 16,5 injections par malade, on peut signaler aussi la cr\u00e9ation d\u2019un service du per\u00e7age des oreilles. Cette pratique, bien accueillie par la population indig\u00e8ne, surtout \u00e0 l\u2019\u00e9poque des f\u00eates se d\u00e9veloppe de plus en plus. Le service vise \u00e0 la disparition du t\u00e9tanos, r\u00e9pandu par cette coutume. Pour inciter les femmes enceintes \u00e0 recourir au service de la structure, des subventions sont accord\u00e9es \u00e0 celles qui y accouchent.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Les Syriens, nouveaux boucs \u00e9missaires<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait admis par le corps m\u00e9dical et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 dans plusieurs rapports que les Syriens constituaient des agents actifs de diffusion de la fi\u00e8vre jaune. Leur surveillance, d\u00e8s lors, constitue un pr\u00e9alable dans la protection de la sant\u00e9 publique. Cette politique fut mat\u00e9rialis\u00e9e par la d\u00e9cision du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de d\u00e9livrer une carte d\u2019identit\u00e9 aux colporteurs syriens, les obligeant \u00e0 se pr\u00e9senter au commissariat de police ou chez l\u2019administrateur de leur r\u00e9sidence. Cette mesure d\u2019identification fut doubl\u00e9e par le contr\u00f4le s\u00e9v\u00e8re des d\u00e9placements des Syriens, qui devaient aviser le service de la police ou l\u2019administrateur de leur date de d\u00e9part et de leur destination. Leur carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9tait annot\u00e9e en cons\u00e9quence. D\u00e8s que cette mesure fut \u00e9dict\u00e9e, les services administratifs proc\u00e9d\u00e8rent \u00e0 une sorte de recensement des Syriens sur l\u2019\u00e9tendue de la colonie et rendirent compte des mesures prises. C\u2019est ainsi que l\u2019administrateur adjoint de Tivaouane adressa le 25 juin 1900 au gouverneur g\u00e9n\u00e9ral la correspondance suivante :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 votre t\u00e9l\u00e9gramme no S 257 du 24 juin au sujet des colporteurs syriens, j\u2019ai l\u2019honneur de vous adresser la liste de ceux qui se trouvent encore \u00e0 Tivaouane. Je leur ai donn\u00e9 l\u2019ordre de se pr\u00e9senter tous les matins au bureau du commissaire de police qui devra constater leur \u00e9tat sanitaire et me rendra compte.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>&nbsp;Cependant, le commissaire constata que les Syriens avaient l\u2019habitude de changer tr\u00e8s souvent de nom et de r\u00e9sidence et que l\u2019obligation d\u2019\u00eatre munis et de faire viser leur carte \u00e9tait pour eux une grande g\u00eane. De ce fait, il annon\u00e7a tenir tr\u00e8s rigoureusement \u00e0 ce qu\u2019ils soient tous en r\u00e8gle pour suivre leurs d\u00e9placements en dehors des villes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ressort de l\u2019analyse des dispositions prises \u00e0 l\u2019encontre des Syriens un constat qui ne transpara\u00eet pas \u00e0 la lecture des informations fournies par les services de sant\u00e9 et de police de la colonie. Il s\u2019agit des raisons d\u2019ordre \u00e9conomique. \u00c0 la suite de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la Soci\u00e9t\u00e9 des nations (SDN) pla\u00e7a la Syrie et le Liban sous le r\u00e9gime du protectorat fran\u00e7ais et les citoyens de ces pays se virent accorder le statut de \u00ab prot\u00e9g\u00e9s \u00bb fran\u00e7ais, leur ouvrant ainsi les portes des colonies fran\u00e7aises. Le mode d\u2019organisation et leur rapide int\u00e9gration dans le r\u00e9seau du commerce de la traite, jusque-l\u00e0 sous le contr\u00f4le des maisons de commerce et des entrepreneurs fran\u00e7ais dans les colonies, firent d\u2019eux de redoutables concurrents. La crise \u00e9conomique du secteur des ol\u00e9agineux, qui repr\u00e9sentaient 90 % des exportations du S\u00e9n\u00e9gal et 60 % de celles de l\u2019AOF, fut renforc\u00e9e par la sp\u00e9culation internationale et la cavalerie des trusts \u00e9trangers tels qu\u2019Unilever. Cette situation renfor\u00e7a le sentiment d\u2019abandon des coloniaux, ainsi qu\u2019une stigmatisation de l\u2019immigration et du statut des Libano-Syriens v\u00e9hicul\u00e9e par les chambres de commerce, l\u2019Union coloniale et des politiciens locaux tels que Galandou Diouf.<\/p>\n\n\n\n<p>La faillite successive des maisons de commerce tenues par des Fran\u00e7ais a \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9e par la diff\u00e9rence de statut li\u00e9e \u00e0 la race. Les Libano-Syriens, vivant dans des conditions de vie \u00e0 peu pr\u00e8s similaires \u00e0 celles des indig\u00e8nes, furent de tr\u00e8s s\u00e9rieux concurrents. En effet, la d\u00e9monstration faite par<\/p>\n\n\n\n<p>J. Paillard (1935), \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre objective, explique en partie les raisons de la scission entre les deux communaut\u00e9s : un Fran\u00e7ais doit p\u00e9riodiquement rentrer en France pour soigner sa sant\u00e9 \u00e9branl\u00e9e par des s\u00e9jours en pays torrides ; il doit loger dans des maisons bien construites, donc co\u00fbteuses ; il a une nombreuse domesticit\u00e9 indig\u00e8ne qui le d\u00e9livre des travaux p\u00e9nibles que ni son rang, ni le climat ne lui permettraient au surplus de faire ; il doit g\u00e9n\u00e9ralement envoyer ses enfants en France pour y recevoir l\u2019instruction dont ils ne pourraient b\u00e9n\u00e9ficier sur place ; il est tenu \u00e0 certaines exigences de vestiaire, de classe dans les trains ou sur les bateaux. En un mot, il lui faut beaucoup d\u2019argent pour vivre. Or, la crise ruinait au lieu d\u2019enrichir. Cependant, en face, le Syrien vivait de peu, couchait dans des cases ou des paillotes, supportait sans mal le climat, envoyait ses enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole indig\u00e8ne, voyageait en fourgon, en camion ou en cale. La crise \u00e9tait sans prise sur lui. Les immeubles et les affaires des Blancs chass\u00e9s par la mis\u00e8re pass\u00e8rent aux mains des Levantins.<\/p>\n\n\n\n<p>Les statistiques produites avaient pour objectif de d\u00e9montrer un envahissement de la colonie par les Libano-Syriens, ce qui aggravait le ch\u00f4mage et le sentiment d\u2019une politique de main basse sur la colonie du S\u00e9n\u00e9gal par des \u00ab m\u00e9t\u00e8ques \u00bb. Un recensement d\u00e9taill\u00e9 de leur pr\u00e9sence \u00e0 Dakar a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli, indiquant les rues et maisons qu\u2019ils occupaient (Paillard, 1935).<\/p>\n\n\n\n<p>Et Paillard de poursuivre :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il \u00e9tait indispensable qu\u2019une telle statistique soit dress\u00e9e. Les Fran\u00e7ais qui veulent s\u2019ex- patrier et qui ne peuvent y parvenir trouveront l\u00e0 l\u2019explication de leurs d\u00e9boires. Dix fois plus d\u2019\u00e9trangers et de Libano-Syriens que d\u2019indig\u00e8nes. Cinq fois plus de Libano-Syriens que de Fran\u00e7ais. Mais comme pratiquement il y a environ trois hommes (fr\u00e8res, beaux- fr\u00e8res, cousins, amis etc.) pour chaque boutique de Syrien, pratiquement il y a \u00e0 Dakar, comme commer\u00e7ants, trente fois plus d\u2019\u00e9trangers et de Levantins que d\u2019indig\u00e8nes. Quinze fois plus d\u2019\u00e9trangers et de Levantins que de Fran\u00e7ais.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La conclusion de la stigmatisation des Libano-Syriens a moins port\u00e9 sur les chiffres produits que sur les recommandations faites par les chambres de commerce. En effet, celles-ci ont propos\u00e9 les solutions suivantes :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 que tout le monde \u2013 \u00e9trangers, ressortissants, indig\u00e8nes ou Fran\u00e7ais \u2013 soit astreint \u00e0 avoir une comptabilit\u00e9 en r\u00e8gle ; \u2013 que le commerce ne soit permis qu\u2019aux heures ouvrables. Autrement dit, qu\u2019il soit interdit la nuit et les jours de f\u00eate pendant lesquels les services de r\u00e9pression des fraudes ne peuvent pas exercer de contr\u00f4le ; \u2013 que les \u00e9trangers, prot\u00e9g\u00e9s ou ressortissants de race blanche soient astreints aux m\u00eames r\u00e8gles d\u2019hygi\u00e8ne dans les pays tropicaux que les Fran\u00e7ais. Ce qui obligerait les Libano-Syriens \u00e0 vivre dans des conditions commerciales \u2013 ou de prix de revient \u2013 analogue aux Fran\u00e7ais. Que les faillis et condamn\u00e9s de toutes sortes soient automatiquement et implacablement expuls\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ensemble de ce dispositif tourn\u00e9 vers l\u2019exclusion d\u2019une classe sociale est tr\u00e8s int\u00e9ressant car il met en lumi\u00e8re la fa\u00e7on dont des dispositifs d\u2019ordre hygi\u00e9niste s\u2019ins\u00e8rent dans le terrain complexe de l\u2019\u00e9conomie d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. En r\u00e9alit\u00e9, il \u00e9tait admis depuis l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre jaune en 1900, que les moustiques responsables de la maladie agissent la nuit tomb\u00e9e ; la communaut\u00e9 europ\u00e9enne redoutant cette \u00e9pid\u00e9mie plus que tout autre, se voyait ainsi r\u00e9duite \u00e0 laisser le terrain au commerce clandestin des Libano-Syriens, se livrant \u00e0 la fraude en multipliant les points de traite de l\u2019arachide par l\u2019usage des camions. Il s\u2019agissait ainsi, dans l\u2019esprit des chambres de commerce, de faire appliquer aux Libano-Syriens les r\u00e8gles coercitives d\u2019hygi\u00e8ne applicables aux Europ\u00e9ens afin de r\u00e9duire l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique de ces derniers et donc leur comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Les r\u00e8glements d\u2019urbanisme et la sant\u00e9 publique dans les villes coloniales<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Devant la difficult\u00e9 de soumettre les indig\u00e8nes et face \u00e0 la conviction que ces derniers constituaient le r\u00e9servoir de virus o\u00f9 toutes les maladies contagieuses prenaient leur source, l\u2019administration s\u2019est progressivement r\u00e9solue \u00e0 une politique de mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la population dans des quartiers interdits aux Europ\u00e9ens et assimil\u00e9s (Marocains et Syriens). Exig\u00e9e par le corps m\u00e9dical, cette pratique ne fut pas ais\u00e9e pour des raisons \u00e9conomiques, politiques et juridiques. Toutefois, par des r\u00e8glements d\u2019urbanisme et des mesures d\u2019expropriation, les indig\u00e8nes furent progressivement isol\u00e9s dans des quartiers \u00e9loign\u00e9s de ceux r\u00e9serv\u00e9s aux Europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en application des mesures de lutte contre les \u00e9pid\u00e9mies, particuli\u00e8rement celles contre la fi\u00e8vre jaune, a laiss\u00e9 des traces dans le paysage urbain des villes coloniales, autant dans l\u2019architecture que dans la topographie. Ainsi, la pr\u00e9sence d\u2019esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales particuli\u00e8res, jug\u00e9es f\u00e9brifuges (les ca\u00eflc\u00e9drats), d\u00e9limitait les centres urbains des villes coloniales.<\/p>\n\n\n\n<p>Si, en C\u00f4te d\u2019Ivoire, la fi\u00e8vre jaune conduisit \u00e0 l\u2019abandon de la capitale Bassam pour Bingerville, jug\u00e9e plus salubre (Wondji, 1972), au S\u00e9n\u00e9gal, elle conduisit \u00e0 la s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9sidentielle des indig\u00e8nes dans presque toutes les villes coloniales. La fi\u00e8vre jaune fut \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation du quartier Randoul\u00e8ne de Thi\u00e8s, la peste de 1914 \u00e0 celle de la M\u00e9dina comme village de s\u00e9gr\u00e9gation \u00e0 Dakar.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ressort de cet \u00e9pisode \u00e9pid\u00e9mique une d\u00e9faillance au sein du syst\u00e8me de gestion des \u00e9pid\u00e9mies. En effet, les maires des communes \u00e9vit\u00e8rent de prendre des mesures impopulaires et rejet\u00e8rent sur le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019AOF la responsabilit\u00e9 des d\u00e9cisions relatives \u00e0 l\u2019hygi\u00e8ne publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Tirant les le\u00e7ons de la crise de 1914, l\u2019administration centrale d\u00e9cida une r\u00e9forme administrative s\u00e9parant Dakar de la colonie du S\u00e9n\u00e9gal en 1924. Cette r\u00e9forme eut le double avantage de mettre le chef-lieu de la f\u00e9d\u00e9ration \u00e0 l\u2019abri des \u00e9pid\u00e9mies et de prot\u00e9ger l\u2019\u00e9conomie de l\u2019AOF des mesures de quarantaine qui furent sans cesse prises \u00e0 la suite des multiples \u00e9pid\u00e9mies. En effet, en prot\u00e9geant Dakar, on pr\u00e9serva l\u2019unique port militaire de la c\u00f4te atlantique \u00e0 partir duquel toutes les transactions commerciales s\u2019effectuaient avec le reste du monde, ainsi que le nouvel a\u00e9roport. Pour r\u00e9pondre aux normes des organisations internationales relatives \u00e0 la fi\u00e8vre jaune, un certain nombre de crit\u00e8res devaient \u00eatre remplis par la colonie, en particulier un index st\u00e9gomyen inf\u00e9rieur \u00e0 1 %. C\u2019est dans le cadre de cette r\u00e9forme qu\u2019un service sp\u00e9cial de lutte contre la fi\u00e8vre jaune a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour la circonscription de Dakar et ses d\u00e9pendances. \u00c0 partir de 1927, on recueillit les fruits de cette politique. La fi\u00e8vre jaune a disparu des statistiques m\u00e9dicales de la capitale. La maladie cessa de se manifester dans les centres urbains pour r\u00e9appara\u00eetre dans les campagnes, sans toutefois mettre en p\u00e9ril la capitale qui \u00e9tait prot\u00e9g\u00e9e par la vaccination.<\/p>\n\n\n\n<p>La lutte contre la fi\u00e8vre jaune a laiss\u00e9 sa marque dans le paysage urbain du S\u00e9n\u00e9gal par la pr\u00e9sence de b\u00e2tisses aux baies grillag\u00e9es, mais \u00e9galement par la cr\u00e9ation d\u2019espaces r\u00e9sidentiels r\u00e9serv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"492\" height=\"331\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-25.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26760\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-25.jpeg 492w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-25-300x202.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 492px) 100vw, 492px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong>\u00a9 asnom.org, Ponction lombaire recherche du trypanosoma brucei par les \u00e9quipes du Dr Jamot, circa 1926.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Le corps des indig\u00e8nes comme objet d\u2019\u00e9tude<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Pour assurer une lutte efficace contre les end\u00e9mies africaines, les m\u00e9decins lanc\u00e8rent de grandes campagnes de tra\u00e7age des vecteurs et de st\u00e9rilisation des r\u00e9servoirs de virus. Le corps des indig\u00e8nes fut parfois le terrain d\u2019exp\u00e9rimentation de vaccins et de m\u00e9dicaments. Les campagnes de lutte contre la fi\u00e8vre jaune et la maladie du sommeil illustrent bien le cas.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce qui est de la fi\u00e8vre jaune, la premi\u00e8re campagne de masse a consist\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir une cartographie de la s\u00e9rologie des populations en vue de d\u00e9terminer la r\u00e9partition g\u00e9ographique de la fi\u00e8vre jaune en Afrique de l\u2019Ouest. L\u2019exp\u00e9rience consistait \u00e0 pr\u00e9lever du sang \u00e0 un certain nombre d\u2019indig\u00e8nes et, le s\u00e9rum obtenu \u00e9tait inject\u00e9 \u00e0 des Macacus qui recevaient en m\u00eame temps du virus amaril de singe. Si les singes survivaient, on pouvait en conclure que le s\u00e9rum avait un pouvoir protecteur et que les individus qui l\u2019avaient fourni avaient \u00e9t\u00e9 ant\u00e9rieurement atteints par la fi\u00e8vre jaune. Si de jeunes enfants n\u2019ayant jamais quitt\u00e9 la r\u00e9gion avaient un s\u00e9rum protecteur, on en tirait la conclusion que la r\u00e9gion \u00e9tait un foyer d\u2019end\u00e9micit\u00e9 amarile. Si seuls les adultes fournissaient un s\u00e9rum protecteur, on pouvait affirmer qu\u2019il y avait eu ant\u00e9rieurement une \u00e9pid\u00e9mie amarile, mais que la fi\u00e8vre jaune n\u2019y \u00e9tait pas implant\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de cette campagne ont d\u00e9finitivement mis fin \u00e0 l\u2019id\u00e9e que les indig\u00e8nes \u00e9taient r\u00e9fractaires \u00e0 la fi\u00e8vre jaune. Ils furent ainsi consid\u00e9r\u00e9s comme de dangereux r\u00e9servoirs de virus qu\u2019il fallait surveiller et st\u00e9riliser par le biais de la vaccination.<\/p>\n\n\n\n<p>La lutte contre la fi\u00e8vre jaune prit au S\u00e9n\u00e9gal diverses formes en fonction de l\u2019\u00e9volution des id\u00e9es m\u00e9dicales relatives \u00e0 la maladie. Apr\u00e8s plusieurs tentatives infructueuses d\u2019\u00e9radication de la maladie, la solution retenue fut celle de la vaccination. Les recherches entreprises en vue de mettre au point le vaccin de la fi\u00e8vre jaune furent longues et ponctu\u00e9es d\u2019erreurs et de controverses scientifiques avant que le vaccin ne soit finalement mis au point \u00e0 l\u2019institut Pasteur de Dakar. Toutefois, la mise en pratique de la vaccination fut encore plus difficile du fait des accidents post-vaccinaux et de la m\u00e9fiance des populations indig\u00e8nes et des Europ\u00e9ens vis-\u00e0-vis du vaccin. Entre 1939 et 1952, il a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9 38 667 549 vaccinations simples ou mixtes pour un peu moins de 17 500 000 habitants (ANS, 1H170, 1953).<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des ann\u00e9es 1937-1942, les statistiques ont d\u00e9nombr\u00e9 \u00ab 62 morts par ict\u00e8re grave et 30 000 jaunisses prolong\u00e9es \u00bb (archives de l\u2019institut Pasteur de Dakar, IPD [dir.], 1944).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Dans le cadre de la lutte contre la maladie du sommeil, Guillaume Lachenal (2014) a mis en lumi\u00e8re les m\u00e9canismes politiques et sociologiques de construction de la crise sanitaire comme \u00e9v\u00e9nement et nous donne \u00e0 voir comment l\u2019administration coloniale a massivement administr\u00e9 de la Pentamidine \u00e0 plus de 13 millions d\u2019individus comme syst\u00e8me de pr\u00e9vention et de traitement de la pathologie. L\u2019utilisation de ce m\u00e9dicament, commenc\u00e9e dans les ann\u00e9es 1940, se poursuit jusque dans les ann\u00e9es 1970 avant que l\u2019on reconnaisse son inefficacit\u00e9 et sa dangerosit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La recherche historique sur la m\u00e9decine et la sant\u00e9 en Afrique occidentale apporte un regard neuf sur les perceptions de notre pass\u00e9 sanitaire. L\u2019analyse du discours des \u00e9lites a mis au jour nos connaissances sur les id\u00e9ologies coloniales et sur la perception culturelle de la maladie par diff\u00e9rents groupes sociaux. Concurremment \u00e0 l\u2019\u00e9tude des services de sant\u00e9, la nature des rapports qu\u2019entretenaient les diff\u00e9rents acteurs et l\u2019enjeu que repr\u00e9sentait pour eux l\u2019application des r\u00e8glements sanitaires ont \u00e9t\u00e9 explor\u00e9s. Cet examen met en lumi\u00e8re une remarquable diversit\u00e9 d\u2019opinions entre les groupes et m\u00eame en leur sein, notamment parmi les \u00e9lites m\u00e9dicales. Il explore les traces laiss\u00e9es par les politiques de sant\u00e9 sur les corps et dans l\u2019espace \u2013 \u00e0 travers les dispositifs de surveillance, de r\u00e9pression et de mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart des malades et des groupes \u00e0 risque \u2013 tout en laissant entrevoir, derri\u00e8re les d\u00e9cisions m\u00e9dicales, les m\u00e9canismes id\u00e9ologiques, \u00e9conomiques et sociologiques en \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ouvrages et articles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Arnold, D. (1988).&nbsp;<em>Imperial medicine and indigenous societies<\/em>&nbsp;(Vol. 6). Manchester University Press, 258 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Arnold, D. (1993).&nbsp;<em>Colonizing the body: State medicine and epidemic disease in nineteenth-century India<\/em>. University of California Press, 368 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Curtin, P. D. (1961). \u201cThe White Man&rsquo;s Grave:\u201d Image and Reality, 1780-1850.&nbsp;<em>Journal of British studies<\/em>,&nbsp;<em>1<\/em>(1), 94-110.<\/p>\n\n\n\n<p>Curtin, P. D. (1968). Epidemiology and the slave trade.&nbsp;<em>Political Science Quarterly<\/em>,&nbsp;<em>83<\/em>(2), 190-216.<\/p>\n\n\n\n<p>Headrick, D. R. (1981). <em>The tools of empire: Technology and European imperialism in the nineteenth century<\/em>. Oxford University Press, 221 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Lachenal, G. (2014).&nbsp;<em>Le m\u00e9dicament qui devait sauver l&rsquo;Afrique : un scandale pharmaceutique aux colonies<\/em>. La D\u00e9couverte, 240 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Lapeyssonnie, L. (1988). <em>La m\u00e9decine coloniale: mythes et r\u00e9alit\u00e9s<\/em>. Seghers, 310 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Paillard, J. (1935).&nbsp;<em>La fin des Fran\u00e7ais en Afrique noire<\/em>. L\u2019\u0153uvre des Fran\u00e7ais, 208 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Piessac [de]. (1927). <em>Le devoir social \u00ab il faut faire du Noir \u00bb ou la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la race n\u00e8gre<\/em>. Le Temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Sarraut, A. (1923).&nbsp;<em>La mise en valeur des colonies fran\u00e7aises<\/em>&nbsp;(Vol. 2). Payot, 56 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Wondji, C. (1972). La fi\u00e8vre jaune \u00e0 Grand-Bassam (1899-1903).&nbsp;<em>Outre-Mers. Revue d&rsquo;histoire<\/em>,&nbsp;<em>59<\/em>(215), 205-239.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources archivistiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Archives de l\u2019institut Pasteur de Dakar (IPD)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Archives de l\u2019institut Pasteur de Dakar ; IPD (dir) 4, Rapport de mission du g\u00e9n\u00e9ral Pelletier \u00e0 Washington, novembre 1944, pi\u00e8ce 6.<\/p>\n\n\n\n<p>Institut Pasteur Outre-Mer (IPOM), 1989, Bibliographie analytique des travaux de l\u2019Institut Pasteur de Dakar et des pastoriens en Afrique de l\u2019Ouest : compl\u00e9ment au rapport sur le fonctionnement technique de l\u2019institut Pasteur de Dakar, p. 1.<\/p>\n\n\n\n<p>IPD\/Rap, 1936, M\u00e9decins indig\u00e8nes, aide de laboratoire, in Rapport de fonctionnement de l\u2019institut Pasteur de Dakar, p. 2.<\/p>\n\n\n\n<p>IPOM\/Dak, 3 ao\u00fbt 1939, Correspondance de Durieux, directeur de l\u2019institut Pasteur Outre-mer de Dakar \u00e0 Valery Radot, directeur de l\u2019institut Pasteur de Paris, 13-102.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Centre des Archives d\u2019Outre-Mer (CAOM) Aix-en-Provence<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>CAOM, s\u00e9rie g\u00e9ographique\/Sen\/XI, Nouvelles et int\u00e9ressantes recherches \u2013 Les moustiques \u2013 Exp\u00e9riences concluantes, 1900, pi\u00e8ce 47.<\/p>\n\n\n\n<p>CAOM, s\u00e9rie g\u00e9ographique, dossier 50 ; Mesures sanitaires prises au S\u00e9n\u00e9gal en 1899, \u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre jaune en mai 1900-avril 1901, \u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre jaune en 1901 (octobre-novembre). Mission Grall, Marchoux et Jaquerez pour l\u2019\u00e9tude des causes de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre jaune et des moyens d\u2019en \u00e9viter le retour, 1901-1904, 1895-1904.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Archives nationales du S\u00e9n\u00e9gal (ANS)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>ANS, H16 (AOF), 10 ans de nosologie \u00e0 l\u2019hospice civil de Saint-Louis (1890-1900).<\/p>\n\n\n\n<p>ANS, H10 (AOF), Correspondance du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union coloniale au gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019AOF, 4 janvier 1900.<\/p>\n\n\n\n<p>ANS, 1H70 (163), Rapport \u00e0 l\u2019appui de la demande d\u2019exclusion de la Presqu\u2019\u00eele du Cap-Vert de la zone africaine d\u2019end\u00e9micit\u00e9 amarile pr\u00e9sent\u00e9e par le gouvernement fran\u00e7ais \u00e0 la commission de quarantaine de l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9, 1953.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Gor\u00e9e, Rufisque, Saint-Louis et Dakar.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Le terme \u00ab indig\u00e8ne \u00bb dans le texte est l\u2019expression utilis\u00e9e dans la litt\u00e9rature coloniale. Il d\u00e9signe les Africains. Il est conforme \u00e0 la vision racialiste de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"template":"","meta":[],"series-categories":[1344],"cat-articles":[1442],"keywords":[1750,1086,1673,1751,1749,1754,1752,1753,1755,1748,1675],"ppma_author":[519],"class_list":["post-26696","series-issues","type-series-issues","status-publish","hentry","series-categories-numero-2","cat-articles-rediscovery","keywords-bio-politique","keywords-colonisation","keywords-discrimination","keywords-gestion-des-epidemies","keywords-hygiene-2","keywords-institut-pasteur","keywords-medecine-occidentale","keywords-medecine-tropicale","keywords-pastoriens","keywords-politique-sanitaire","keywords-surveillance","author-adama-aly-pam-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Br\u00e8ve histoire de la biopolitique au S\u00e9n\u00e9gal : La mise en ordre hygi\u00e9niste de la soci\u00e9t\u00e9 | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-2\/breve-histoire-de-la-biopolitique-au-senegal-la-mise-en-ordre-hygieniste-de-la-societe\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Br\u00e8ve histoire de la biopolitique au S\u00e9n\u00e9gal : La mise en ordre hygi\u00e9niste de la soci\u00e9t\u00e9 | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Comment la m\u00e9decine occidentale se d\u00e9ploie-t-elle dans les pays d\u2019Afrique sous administration coloniale fran\u00e7aise et comment celle-ci se retrouve-t-elle m\u00eal\u00e9e, dans le sillage des politiques imp\u00e9riales, \u00e0 des enjeux politiques et id\u00e9ologiques ? La pr\u00e9sente \u00e9tude se propose de revisiter l\u2019histoire institutionnelle de l\u2019implantation de la m\u00e9decine coloniale fran\u00e7aise en Afrique de l\u2019Ouest et au S\u00e9n\u00e9gal, ses pratiques et le r\u00f4le des french doctors dans la naissance, le cheminement et la diffusion des savoirs de la m\u00e9decine tropicale dans l\u2019espace colonial fran\u00e7ais en Afrique. L\u2019histoire de la politique sanitaire aux colonies est un indicateur de l\u2019ordre social, tant par la mani\u00e8re dont les rapports sociaux se marquent dans les corps et dans l\u2019espace, que par la fa\u00e7on dont les institutions politiques organisent la protection, la pr\u00e9vention et les soins. La probl\u00e9matique, l\u2019histoire de la m\u00e9decine coloniale est travers\u00e9e par une multitude de regards et de perspectives oppos\u00e9s. Certains travaux c\u00e9l\u00e8brent l\u2019action des m\u00e9decins coloniaux (Sarraut, 1923; Lapeyssonnie, 1988), d\u2019autres proposent une lecture critique de la m\u00e9decine coloniale en Afrique, de ses h\u00e9ritages et de ses r\u00e9alisations (Curtin, 1961, 1968 ; Arnord, 1988, 1993 ; Headricks, 1981 ; Pam, 2018). Il s\u2019agira ici d\u2019analyser sur la longue dur\u00e9e le r\u00f4le des m\u00e9decins coloniaux, les strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es dans la m\u00e9dicalisation des soci\u00e9t\u00e9s ouest-africaines, la fa\u00e7on dont la traque contre les miasmes et les virus dans les colonies s\u2019est construite et transform\u00e9e dans la longue dur\u00e9e et de mettre en perspective la conqu\u00eate des rives \u00ab empest\u00e9es de l\u2019Atlantique \u00bb face au vomito negro (fi\u00e8vre jaune), terreur des coloniaux, objet du premier r\u00e9seau de recherche intercolonial r\u00e9unissant les savants fran\u00e7ais, anglais et la fondation Rockefeller. Les rouages institutionnels et administratifs de la politique sanitaire La politique sanitaire de la France au S\u00e9n\u00e9gal s\u2019est \u00e9rig\u00e9e au fil de la colonisation et des crises sanitaires en un syst\u00e8me organis\u00e9 dans une perspective de domination et d\u2019exploitation coloniale. \u00c0 partir de 1896, elle s\u2019est appuy\u00e9e sur un embryon de r\u00e9seau hospitalier \u2013 qui s\u2019est densifi\u00e9 par la suite \u2013, d\u2019un ensemble de structures administratives et d\u2019une l\u00e9gislation coercitive en vue de \u00ab m\u00e9dicaliser \u00bb la soci\u00e9t\u00e9 coloniale et de faciliter la mise en valeur des nouveaux territoires conquis. &nbsp;On retient de l\u2019\u00e9volution des institutions sanitaires deux \u00e9tapes distinctes, caract\u00e9ristiques toutes deux d\u2019une orientation politique diff\u00e9rente. La premi\u00e8re va de la conqu\u00eate \u00e0 la \u00ab pacification \u00bb, pendant laquelle la politique de l\u2019action sanitaire est exclusivement tourn\u00e9e vers la protection de l\u2019\u00e9l\u00e9ment militaire, sans lequel aucune conqu\u00eate n\u2019est possible. Puis, au fur et \u00e0 mesure que se d\u00e9veloppait la colonie, elle fut \u00e9largie aux principaux centres administratifs et \u00e9conomiques des Quatre Communes[1], pour atteindre ensuite les centres secondaires des pays de protectorat. Jusque-l\u00e0, seuls les Europ\u00e9ens et les agents du service \u00e9taient pris en charge dans la politique sanitaire de la France aux colonies. La seconde orientation de la politique sanitaire a \u00e9merg\u00e9 au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle pour accompagner la mise en valeur des colonies. Sous la pression des populations europ\u00e9ennes, fortement touch\u00e9es par la fi\u00e8vre jaune, les autorit\u00e9s d\u00e9velopp\u00e8rent des structures m\u00e9dicales dans les colonies. Parall\u00e8lement, au lendemain de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la principale t\u00e2che des Fran\u00e7ais \u00e9tait de reconstruire leur pays. Pour ce faire, les colonies ont pris une place essentielle dans le redressement \u00e9conomique et financier de la France. C\u2019est ce qui a justifi\u00e9 la mise en place par Albert Sarraut, alors ministre des Colonies, d\u2019un programme d\u2019action bas\u00e9 \u00e0 la fois sur la \u00ab valeur \u00e9conomique \u00bb et sur \u00ab la valeur humaine \u00bb du domaine colonial. Afin de d\u00e9velopper une main-d\u2019\u0153uvre abondante, la d\u00e9mographie devient alors la base du travail des m\u00e9decins, ce qui est r\u00e9sum\u00e9 par la c\u00e9l\u00e8bre expression du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral Albert Sarraut : \u00ab faire du Noir \u00bb (Piessac [de], 1927). Cette politique se d\u00e9ploie \u00e0 travers une politique hygi\u00e9niste, la cr\u00e9ation de l\u2019Assistance m\u00e9dicale indig\u00e8ne[2] (AMI) ou encore de la section des sage-femmes visiteuses de l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine. Toutefois, l\u2019adoption des nouvelles mesures prophylactiques a entra\u00een\u00e9 des r\u00e9sistances car elles allaient \u00e0 l\u2019encontre de coutumes s\u00e9culaires. L\u2019instruction des filles fut con\u00e7ue comme une solution pour l\u2019adoption par les indig\u00e8nes des nouvelles pratiques m\u00e9dicales. \u00a9 asnom.org, Usage de la DDT dans l\u2019apr\u00e8s-guerre contre les moustiques (traitement intra- domiciliaire, des plans d\u2019eau et des lieux de vie). Des savants pour l\u2019empire : du laboratoire de microbiologie aux instituts Pasteur Les d\u00e9couvertes de Pasteur ont repr\u00e9sent\u00e9 un tournant dans les strat\u00e9gies de d\u00e9ploiement de la m\u00e9decine pour les colonies. En 1881, Pasteur lui-m\u00eame se rend \u00e0 Bordeaux aupr\u00e8s des convalescents ayant fui la colonie du S\u00e9n\u00e9gal, en proie \u00e0 une \u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre jaune, pour pr\u00e9lever leur sang et essayer d\u2019identifier le germe responsable de la maladie. En 1896, \u00c9mile Marchoux, un disciple de Pasteur, fonda \u00e0 Saint-Louis la premi\u00e8re \u00e9bauche de l\u2019institut Pasteur. Il y \u00e9tudia, entre autres, l\u2019origine hydrique de la fi\u00e8vre typho\u00efde, le paludisme \u00e0 Dakar et \u00e0 Saint-Louis et fit conna\u00eetre pour la premi\u00e8re fois le cycle du parasite de la tierce maligne chez l\u2019homme. En termes de soin, il r\u00e9alisa par exemple des exp\u00e9riences de pr\u00e9vention par la quinine sur les militaires de la garnison de la ville. Le laboratoire de microbiologie fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Dakar (capitale de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise, AOF) en 1913 pour devenir le Laboratoire de bact\u00e9riologie et de zootechnie. Le gouverneur William Ponty d\u00e9finit les missions de celui-ci comme \u00e9tant la recherche et l\u2019\u00e9tude des maladies bact\u00e9riennes et des maladies \u00e0 protozoaires de l\u2019homme, des animaux et des plantes ; l\u2019\u00e9tude de leur transmission par des insectes ; celle des moyens de s\u2019en pr\u00e9server et de les traiter (institut Pasteur Outre-Mer [IPOM], 1989). \u00a9 asnom.org, D\u00e9pistage par une \u00e9quipe de prospection trypanosomiase (Cameroun), circa 1926. L\u2019institut Pasteur de Dakar est sp\u00e9cialis\u00e9 en microbiologie humaine, celui de Kindia, en r\u00e9publique de Guin\u00e9e, en microbiologie v\u00e9t\u00e9rinaire. L\u2019Afrique \u00e9quatoriale fran\u00e7aise accueillit l\u2019institut Pasteur de Brazzaville. 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La pr\u00e9sente \u00e9tude se propose de revisiter l\u2019histoire institutionnelle de l\u2019implantation de la m\u00e9decine coloniale fran\u00e7aise en Afrique de l\u2019Ouest et au S\u00e9n\u00e9gal, ses pratiques et le r\u00f4le des french doctors dans la naissance, le cheminement et la diffusion des savoirs de la m\u00e9decine tropicale dans l\u2019espace colonial fran\u00e7ais en Afrique. L\u2019histoire de la politique sanitaire aux colonies est un indicateur de l\u2019ordre social, tant par la mani\u00e8re dont les rapports sociaux se marquent dans les corps et dans l\u2019espace, que par la fa\u00e7on dont les institutions politiques organisent la protection, la pr\u00e9vention et les soins. La probl\u00e9matique, l\u2019histoire de la m\u00e9decine coloniale est travers\u00e9e par une multitude de regards et de perspectives oppos\u00e9s. Certains travaux c\u00e9l\u00e8brent l\u2019action des m\u00e9decins coloniaux (Sarraut, 1923; Lapeyssonnie, 1988), d\u2019autres proposent une lecture critique de la m\u00e9decine coloniale en Afrique, de ses h\u00e9ritages et de ses r\u00e9alisations (Curtin, 1961, 1968 ; Arnord, 1988, 1993 ; Headricks, 1981 ; Pam, 2018). Il s\u2019agira ici d\u2019analyser sur la longue dur\u00e9e le r\u00f4le des m\u00e9decins coloniaux, les strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es dans la m\u00e9dicalisation des soci\u00e9t\u00e9s ouest-africaines, la fa\u00e7on dont la traque contre les miasmes et les virus dans les colonies s\u2019est construite et transform\u00e9e dans la longue dur\u00e9e et de mettre en perspective la conqu\u00eate des rives \u00ab empest\u00e9es de l\u2019Atlantique \u00bb face au vomito negro (fi\u00e8vre jaune), terreur des coloniaux, objet du premier r\u00e9seau de recherche intercolonial r\u00e9unissant les savants fran\u00e7ais, anglais et la fondation Rockefeller. Les rouages institutionnels et administratifs de la politique sanitaire La politique sanitaire de la France au S\u00e9n\u00e9gal s\u2019est \u00e9rig\u00e9e au fil de la colonisation et des crises sanitaires en un syst\u00e8me organis\u00e9 dans une perspective de domination et d\u2019exploitation coloniale. \u00c0 partir de 1896, elle s\u2019est appuy\u00e9e sur un embryon de r\u00e9seau hospitalier \u2013 qui s\u2019est densifi\u00e9 par la suite \u2013, d\u2019un ensemble de structures administratives et d\u2019une l\u00e9gislation coercitive en vue de \u00ab m\u00e9dicaliser \u00bb la soci\u00e9t\u00e9 coloniale et de faciliter la mise en valeur des nouveaux territoires conquis. &nbsp;On retient de l\u2019\u00e9volution des institutions sanitaires deux \u00e9tapes distinctes, caract\u00e9ristiques toutes deux d\u2019une orientation politique diff\u00e9rente. La premi\u00e8re va de la conqu\u00eate \u00e0 la \u00ab pacification \u00bb, pendant laquelle la politique de l\u2019action sanitaire est exclusivement tourn\u00e9e vers la protection de l\u2019\u00e9l\u00e9ment militaire, sans lequel aucune conqu\u00eate n\u2019est possible. Puis, au fur et \u00e0 mesure que se d\u00e9veloppait la colonie, elle fut \u00e9largie aux principaux centres administratifs et \u00e9conomiques des Quatre Communes[1], pour atteindre ensuite les centres secondaires des pays de protectorat. Jusque-l\u00e0, seuls les Europ\u00e9ens et les agents du service \u00e9taient pris en charge dans la politique sanitaire de la France aux colonies. La seconde orientation de la politique sanitaire a \u00e9merg\u00e9 au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle pour accompagner la mise en valeur des colonies. Sous la pression des populations europ\u00e9ennes, fortement touch\u00e9es par la fi\u00e8vre jaune, les autorit\u00e9s d\u00e9velopp\u00e8rent des structures m\u00e9dicales dans les colonies. Parall\u00e8lement, au lendemain de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la principale t\u00e2che des Fran\u00e7ais \u00e9tait de reconstruire leur pays. Pour ce faire, les colonies ont pris une place essentielle dans le redressement \u00e9conomique et financier de la France. C\u2019est ce qui a justifi\u00e9 la mise en place par Albert Sarraut, alors ministre des Colonies, d\u2019un programme d\u2019action bas\u00e9 \u00e0 la fois sur la \u00ab valeur \u00e9conomique \u00bb et sur \u00ab la valeur humaine \u00bb du domaine colonial. Afin de d\u00e9velopper une main-d\u2019\u0153uvre abondante, la d\u00e9mographie devient alors la base du travail des m\u00e9decins, ce qui est r\u00e9sum\u00e9 par la c\u00e9l\u00e8bre expression du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral Albert Sarraut : \u00ab faire du Noir \u00bb (Piessac [de], 1927). Cette politique se d\u00e9ploie \u00e0 travers une politique hygi\u00e9niste, la cr\u00e9ation de l\u2019Assistance m\u00e9dicale indig\u00e8ne[2] (AMI) ou encore de la section des sage-femmes visiteuses de l\u2019\u00c9cole de m\u00e9decine. Toutefois, l\u2019adoption des nouvelles mesures prophylactiques a entra\u00een\u00e9 des r\u00e9sistances car elles allaient \u00e0 l\u2019encontre de coutumes s\u00e9culaires. L\u2019instruction des filles fut con\u00e7ue comme une solution pour l\u2019adoption par les indig\u00e8nes des nouvelles pratiques m\u00e9dicales. \u00a9 asnom.org, Usage de la DDT dans l\u2019apr\u00e8s-guerre contre les moustiques (traitement intra- domiciliaire, des plans d\u2019eau et des lieux de vie). Des savants pour l\u2019empire : du laboratoire de microbiologie aux instituts Pasteur Les d\u00e9couvertes de Pasteur ont repr\u00e9sent\u00e9 un tournant dans les strat\u00e9gies de d\u00e9ploiement de la m\u00e9decine pour les colonies. En 1881, Pasteur lui-m\u00eame se rend \u00e0 Bordeaux aupr\u00e8s des convalescents ayant fui la colonie du S\u00e9n\u00e9gal, en proie \u00e0 une \u00e9pid\u00e9mie de fi\u00e8vre jaune, pour pr\u00e9lever leur sang et essayer d\u2019identifier le germe responsable de la maladie. En 1896, \u00c9mile Marchoux, un disciple de Pasteur, fonda \u00e0 Saint-Louis la premi\u00e8re \u00e9bauche de l\u2019institut Pasteur. Il y \u00e9tudia, entre autres, l\u2019origine hydrique de la fi\u00e8vre typho\u00efde, le paludisme \u00e0 Dakar et \u00e0 Saint-Louis et fit conna\u00eetre pour la premi\u00e8re fois le cycle du parasite de la tierce maligne chez l\u2019homme. En termes de soin, il r\u00e9alisa par exemple des exp\u00e9riences de pr\u00e9vention par la quinine sur les militaires de la garnison de la ville. Le laboratoire de microbiologie fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Dakar (capitale de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise, AOF) en 1913 pour devenir le Laboratoire de bact\u00e9riologie et de zootechnie. 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