{"id":26635,"date":"2023-09-20T04:51:18","date_gmt":"2023-09-20T04:51:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/"},"modified":"2026-05-09T14:27:14","modified_gmt":"2026-05-09T14:27:14","slug":"joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/","title":{"rendered":"Joseph Ki-Zerbo et le Cames : Une histoire panafricaine de reconqu\u00eate de soi"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait l\u2019homme qui ne voulait pas dormir sur la natte des autres. Et il avait le verbe haut et la plume incise pour le proclamer <em>urbi<\/em> et <em>orbi.<\/em> Joseph Ki-Zerbo, penseur \u00e9clectique, transmetteur int\u00e9gral, historien f\u00e9cond et talentueux, pionnier dans divers domaines de l\u2019historiographie africaine, panafricaniste convaincu et patriote africain intransigeant, a marqu\u00e9 de fa\u00e7on irr\u00e9versible la communaut\u00e9 \u00e9pist\u00e9mique et politique africaine de son temps. Si son souvenir reste vivace seize&nbsp;ans apr\u00e8s sa disparition le 4&nbsp;d\u00e9cembre 2006 \u00e0 Ouagadougou, c\u2019est que cet homme fut \u00e0 la fois un homme de r\u00e9flexion et d\u2019engagement concret, \u00e0 la recherche constante d\u2019une pens\u00e9e qui soit ajust\u00e9e \u00e0 l\u2019action. Le Conseil pour le d\u00e9veloppement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) ne s\u2019est pas tromp\u00e9 en le qualifiant \u00e0 sa mort de \u00ab&nbsp;grand iroko&nbsp;\u00bb, roi de la for\u00eat tropicale africaine, debout dans sa dignit\u00e9 et sa majest\u00e9 (Codesria, 2006) et qui fit de lui, apr\u00e8s le Sud-Africain Archie Mafeje et les Kenyans Ali Mazrui et Ngugi wa Thiong\u2019o, membre \u00e0 vie de cette institution panafricaine. Si sa longue carri\u00e8re intellectuelle et politique a \u00e9t\u00e9 suffisamment \u00e9tudi\u00e9e, le retour \u00e0 Ki-Zerbo vise \u00e0 explorer de nouveaux horizons cognitifs porteurs de sens. Il en est ainsi du r\u00f4le majeur de l\u2019historien burkinab\u00e9 dans la cr\u00e9ation du Conseil africain et malgache pour l\u2019enseignement sup\u00e9rieur (Cames), tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9 par celles et ceux qui s\u2019\u00e9vertuent \u00e0 faire le bilan de son \u0153uvre intellectuelle et politique. Cet article, qui vise donc \u00e0 combler cet \u00e9cart herm\u00e9neutique, rappelle d\u2019abord quelques traits du combat anti-imp\u00e9rialiste de Ki-Zerbo, de ses convictions panafricaines qui renferment les premiers lin\u00e9aments de la cr\u00e9ation du Cames en janvier&nbsp;1968. Une fois ce lien \u00e9tabli, je m\u2019\u00e9vertue \u00e0 situer son r\u00f4le de premier plan dans la cr\u00e9ation de cette police institutionnelle autonome qu\u2019est le Cames. Je termine enfin ma d\u00e9monstration par un travail d\u2019inventaire du bilan de l\u2019institution apr\u00e8s les ann\u00e9es Ki-Zerbo.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Joseph Ki-Zerbo, historien et panafricaniste intransigeant<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Joseph Ki-Zerbo, n\u00e9 le 21&nbsp;juin 1922 \u00e0 Toma, en Haute-Volta, fait partie de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration d\u2019historiens africains form\u00e9s selon les canons de l\u2019universit\u00e9 fran\u00e7aise. \u00c0&nbsp;propos de sa vocation d\u2019historien, Joseph Ki-Zerbo raconte dans une sorte d\u2019ego-histoire o\u00f9 on place sa propre vie sur l\u2019\u00e9tabli de l\u2019historien (Boucheron, 2011), c\u2019est-\u00e0-dire o\u00f9 l\u2019historien se raconte lui-m\u00eame&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>J\u2019avais opt\u00e9 pour l\u2019histoire parce que mon p\u00e8re a v\u00e9cu longtemps. C\u2019\u00e9tait un homme d\u2019histoire. Il avait port\u00e9 une partie de notre histoire locale, puisqu\u2019il \u00e9tait le premier chr\u00e9tien de la Haute-Volta, et il aimait raconter. J\u2019ai donc \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 au m\u00e9tier d\u2019historien par cette \u00e9ducation. J\u2019estime aussi que l\u2019histoire est \u00ab\u00a0ma\u00eetresse de vie\u00a0\u00bb (<em>historia magistra vitae<\/em>).&nbsp;(Ki-Zerbo, 2013).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Emmanuel Mounier est \u00e9galement, avec Alfred Diban<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, l\u2019un de ceux qui ont influenc\u00e9 sa conception de l\u2019histoire. Philosophe chr\u00e9tien, Mounier a retenu beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments de la tradition europ\u00e9enne sur l\u2019esprit critique et la lutte pour lib\u00e9rer la personne humaine de toutes les forces d\u2019oppression et d\u2019obscurantisme (Ki-Zerbo, 2013). Le d\u00e9tour par Mounier et l\u2019id\u00e9ologie marxiste renvoient ainsi chez Ki-Zerbo \u00e0 une \u00e9thique de l\u2019engagement politique rendue n\u00e9cessaire par sa vocation d\u2019historien. Disciple de grands ma\u00eetres de la science historique et politique comme Pierre Renouvin, Andr\u00e9 Aymard, Fernand Braudel, Raymond Aron, dont l\u2019apport fut d\u00e9cisif dans sa formation intellectuelle, Joseph Ki-Zerbo puise en r\u00e9alit\u00e9 dans plusieurs registres pour forger sa personnalit\u00e9 qui, de son propre aveu, s\u2019est \u00ab&nbsp;pos\u00e9e en s\u2019opposant&nbsp;\u00bb (Ki-Zerbo, 2013). Ses ann\u00e9es de formation acad\u00e9mique et politique, comme tant d\u2019autres de sa g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019image de Cheikh Anta Diop, ont en effet \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par ce que Jacques Rabemananjara (1956), intellectuel et homme politique malgache, appela l\u2019\u00e9poque de la \u00ab&nbsp;cure de d\u00e9sintoxication&nbsp;\u00bb, qui avait commenc\u00e9 pour beaucoup d\u2019Africains sur les bancs des facult\u00e9s parisiennes. Dot\u00e9 d\u2019une solide formation d\u2019historien, av\u00e9r\u00e9e par l\u2019agr\u00e9gation obtenue en&nbsp;1956, Joseph Ki-Zerbo se forgea, par ailleurs, une conscience panafricaine en militant dans de nombreuses associations d\u2019\u00e9tudiants et en travaillant de mani\u00e8re officielle ou informelle avec nombre de dirigeants sur le projet d\u2019ind\u00e9pendance africaine, dont Kwam\u00e9 N\u2019krumah, S\u00e9kou Tour\u00e9, Modibo Keita, Amilcar Cabral, Jomo Kenyatta, Tom Mboya, Julius Nyerere, etc. (Nyamnjoh, 2007). D\u00e8s lors, l\u2019historien s\u2019engage dans l\u2019action politique. Un de ses amis de vieille date, l\u2019universitaire et homme politique s\u00e9n\u00e9galais Assane Seck, fait remarquer qu\u2019aucune \u00ab&nbsp;renaissance africaine&nbsp;\u00bb n\u2019est concevable ni possible sans une r\u00e9elle ind\u00e9pendance politique permettant aux populations de d\u00e9cider d\u2019elles-m\u00eames et de leur sort, Joseph Ki-Zerbo a commenc\u00e9 ainsi sa lutte politique (Seck, 2006). Aussi, d\u00e8s la proclamation de son ind\u00e9pendance par elle-m\u00eame en septembre&nbsp;1958, la Guin\u00e9e Conakry nouvelle paraissant comme le porte-drapeau de tous ceux qui aspiraient \u00e0 la souverainet\u00e9 internationale, Joseph Ki-Zerbo d\u00e9cida-t-il de participer au contingent d\u2019enseignants volontaires organis\u00e9 par le Syndicat des professeurs africains du S\u00e9n\u00e9gal (Spas). Le but \u00e9tait d\u2019aller aider ce pays \u00e0 surmonter la difficile \u00e9preuve du remplacement des fonctionnaires fran\u00e7ais, rappel\u00e9s sans pr\u00e9avis par leur patrie. Mais Joseph Ki-Zerbo ne restera pas longtemps en Guin\u00e9e, le r\u00e9gime totalitaire adopt\u00e9 par les dirigeants ne lui convenant gu\u00e8re (Seck, 2006). Est-ce cette d\u00e9ception qui l\u2019incite \u00e0 explorer sa propre voie&nbsp;? Sans doute, car en cette m\u00eame ann\u00e9e&nbsp;1958, il fonde le Mouvement de lib\u00e9ration nationale (MLN) en compagnie d\u2019un certain nombre de jeunes intellectuels africains \u00e9pris de libert\u00e9, se tenant ainsi, comme le souligne Roland Colin (2006), en dehors de partis politiques traditionnels. Le MLN opte pour l\u2019ind\u00e9pendance imm\u00e9diate, la cr\u00e9ation d\u2019\u00c9tats-Unis d\u2019Afrique et un socialisme qui se veut r\u00e9solument humaniste et ancr\u00e9 dans les valeurs africaines, tout en assumant la modernit\u00e9. Dans les conditions concr\u00e8tes du processus engag\u00e9, le MLN avait, comme Kwam\u00e9 N\u2019krumah, opt\u00e9 pour l\u2019ind\u00e9pendance d\u2019abord, car privil\u00e9gier l\u2019unit\u00e9 aurait rejet\u00e9 l\u2019ind\u00e9pendance vers un horizon impr\u00e9visible, puisque le travail de division avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9mantel\u00e9 les ensembles coloniaux (Afrique-Occidentale fran\u00e7aise \u2013 AOF, et Afrique-\u00c9quatoriale fran\u00e7aise \u2013 AEF) (Diagne, 2006). Cet engagement concret fut servi par une plume au vitriol pour d\u00e9noncer la volont\u00e9 de Paris de garder la main sur l\u2019Afrique. Son texte du d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;1950 qu\u2019il publia sous l\u2019intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Le devoir de d\u00e9colonisation&nbsp;\u00bb fit grincer en son temps dans les milieux coloniaux ordinaires (Colin, 2006 p. 16). Mais Joseph Ki-Zerbo n\u2019en avait cure. Il enfon\u00e7a le clou en 1956, r\u00e9agissant ainsi aux man\u0153uvres dilatoires fran\u00e7aises, visant \u00e0 retarder la lib\u00e9ration de l\u2019Afrique \u00e0 travers la fameuse loi-cadre, ou loi Gaston Deferre, de cette m\u00eame ann\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Au moment o\u00f9 le mur de la colonisation craque de toutes parts, les n\u00e8gres, qui ont plus de titres que quiconque \u00e0 h\u00e2ter son \u00e9croulement, seraient criminels de lui apporter le moindre \u00e9tai m\u00eame sous la forme d\u2019un bulletin de vote parlementaire. C\u2019est de toutes nos forces [poursuit-il] qu\u2019il faut pr\u00e9cipiter cet \u00e9croulement. (Ki-Zerbo, 1958).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019interviennent les ind\u00e9pendances de l\u2019ann\u00e9e&nbsp;1960, le militant Joseph Ki-Zerbo n\u2019en continue pas moins de se poser comme une pointe aiguis\u00e9e de la r\u00e9sistance contre les vestiges du pass\u00e9 colonial. Sa bataille pour l\u2019autonomie intellectuelle de l\u2019Afrique se veut ainsi le prolongement de son combat panafricain et anti-imp\u00e9rialiste pour aboutir \u00e0 une v\u00e9ritable libert\u00e9 de l\u2019Afrique, condition de sa renaissance. Son combat politique porte pour ainsi dire le projet de cr\u00e9ation du Cames.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le Cames&nbsp;: quand l\u2019historien \u00e9crit l\u2019histoire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La bataille pour l\u2019autonomie intellectuelle de l\u2019Universit\u00e9 fut, pourrait-on dire, le prolongement de l\u2019action politique de Joseph Ki-Zerbo en vue d\u2019une lib\u00e9ration de l\u2019Afrique de la tutelle fran\u00e7aise. La mise en place d\u2019un syst\u00e8me scolaire, souvent aux mains des missions catholiques ou protestantes, l\u2019accession d\u2019une minorit\u00e9 \u00e0 l\u2019enseignement secondaire et sup\u00e9rieur ont en effet lev\u00e9, surtout en Afrique de l\u2019Ouest, une \u00e9lite intellectuelle occidentalis\u00e9e (Droz, 2006). Celle-ci, \u00e0 l\u2019exact oppos\u00e9 du projet colonial de suj\u00e9tion, voulait prendre part \u00e0 ce qu\u2019Ashis Nandy (2007) appelle \u00ab&nbsp;l\u2019aventure morale et cognitive contre l\u2019oppression&nbsp;\u00bb. L\u2019exigence de r\u00e9appropriation de soi inscrite au c\u0153ur du projet de d\u00e9colonisation passait pour bon nombre d\u2019intellectuels africains par la fin de la tutelle occidentale sur les processus cognitifs. Se d\u00e9faire en somme de l\u2019odeur persistante du p\u00e8re (Sarr, 2016), en sortant de ce que Valentin Mudimbe (1988) appelle la \u00ab&nbsp;biblioth\u00e8que coloniale&nbsp;\u00bb. C\u2019est une des raisons pour lesquelles l\u2019\u00e9ducation, y compris l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, fut l\u2019une des revendications majeures du mouvement nationaliste (Mamdani, 1994). Et l\u2019\u00e9conomiste tanzanien Issa Shivji (2005) de rench\u00e9rir&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c0&nbsp;travers l\u2019universit\u00e9, nous affirmions notre droit \u00e0 la pens\u00e9e, le fondement du droit \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination&nbsp;\u00bb, toute chose qui rendait incongrue l\u2019existence d\u2019une universit\u00e9 africaine sous la toge acad\u00e9mique occidentale. Ce mod\u00e8le fut cependant la r\u00e8gle, les m\u00e9tropoles, et en l\u2019esp\u00e8ce la France, tentant de faire perdurer leur entreprise de domination. Partout en Afrique sous domination fran\u00e7aise \u00e9merg\u00e8rent \u00e0 cette \u00e9poque des instituts d\u2019enseignement sup\u00e9rieur, ou des universit\u00e9s, inf\u00e9od\u00e9s \u00e0 la langue et au mode de fonctionnement fran\u00e7ais, prolongeant un rapport de subordination (Ciss\u00e9, 2018). Contre cette tendance au maintien du cadre ancien, les pays francophones d\u2019Afrique accusaient du retard par rapport aux anglophones qui port\u00e8rent cette revendication d\u00e8s la fin du xix<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, et qui culmina au moment des ind\u00e9pendances. La question de la coop\u00e9ration interuniversitaire fut, par exemple, au centre d\u2019un s\u00e9minaire organis\u00e9 \u00e0 Freetown, du 11&nbsp;au 16&nbsp;d\u00e9cembre 1961. Financ\u00e9e par le minist\u00e8re sierra-l\u00e9onais de l\u2019\u00c9ducation nationale, cette rencontre permit de r\u00e9unir pr\u00e8s de 42&nbsp;participants (anglophones et francophones), invit\u00e9s \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les enjeux de la formation de la West African Intellectual Community<em>. <\/em>La proposition du Nig\u00e9rian Saburi&nbsp;Biobaku (1962) apparut r\u00e9solument plus avant-gardiste. Il proposa de cr\u00e9er l\u2019Association of West African Universities. Celle-ci pourrait se pr\u00e9valoir d\u2019un comit\u00e9 ex\u00e9cutif comprenant principalement les responsables des universit\u00e9s ouest-africaines, et aurait pour mission de se r\u00e9unir dans l\u2019une de ces universit\u00e9s tous les deux ans.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque cette question devint un enjeu important dans l\u2019espace public ouest-africain francophone, Joseph Ki-Zerbo en fut l\u2019un des h\u00e9rauts et ses prises de position, du reste nombreuses, furent constantes et sans concession. Il annonce la couleur d\u00e8s&nbsp;1961 en appelant \u00e0 l\u2019africanisation des programmes d\u2019enseignement&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>On devrait diminuer de beaucoup l\u2019importance de chapitres comme celui de l\u2019\u00e9rosion glaciaire et d\u00e9velopper largement au contraire les questions africaines comme l\u2019\u00e9rosion tropicale&nbsp;(Ki-Zerbo, 1961).&nbsp;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>En 1963 invit\u00e9 par les Rencontres internationales<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> sur le th\u00e8me \u00ab&nbsp;Dialogue et violence&nbsp;\u00bb, il se pose comme un pr\u00e9curseur du combat contre la fuite des cerveaux africains vers l\u2019Occident. Il \u00e9tait convaincu que&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>S\u2019acharner \u00e0 expatrier pour cinq, sept, dix&nbsp;ans la jeunesse intellectuelle de l\u2019Afrique aux quatre&nbsp;vents de l\u2019espace et pr\u00e9parer ainsi par le retour de ces jeunes une \u00e9preuve de force, au lieu de s\u2019entendre pour aider les Africains \u00e0 implanter sur un plan r\u00e9gional des centres autonomes de formation sup\u00e9rieure, c\u2019est pr\u00e9parer la violence en Afrique et non le dialogue. (Ki-Zerbo, 1963).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour cet homme pragmatique en revanche, la prose politique devait n\u00e9cessairement \u00eatre accompagn\u00e9e par l\u2019action concr\u00e8te sur le terrain, et le cadre se pr\u00eata \u00e0 des initiatives hardies dans ce sens. Les ann\u00e9es&nbsp;1960 montr\u00e8rent en effet que la mystique de l\u2019unit\u00e9, dont Kwam\u00e9 N\u2019krumah fut le chantre le plus en vue, \u00e9tait pour beaucoup de leaders politiques africains issus de la d\u00e9colonisation le projet politique et id\u00e9ologique cr\u00e9dible pour mieux adresser la question du d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique. Un cadre g\u00e9opolitique global postcolonial se dessina ainsi au cours de cette p\u00e9riode propice \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Organisation de l\u2019Unit\u00e9 africaine (OUA) en&nbsp;1963, devenue Union africaine (UA) le 9&nbsp;juillet 2002 \u00e0 Durban, en Afrique du Sud. D\u2019autres organisations, cette fois \u00e0 \u00e9chelle r\u00e9gionale, virent \u00e9galement le jour. Ce fut le cas de l\u2019Organisation commune africaine et malgache (Ocam), qui r\u00e9unit lors de sa cr\u00e9ation 14&nbsp;pays de l\u2019Afrique francophone. Une conf\u00e9rence au sommet de cette organisation&nbsp;fut organis\u00e9e \u00e0 Tananarive, \u00e0 Madagascar, du 25&nbsp;au 27&nbsp;juin 1966. \u00c0&nbsp;cette occasion, L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du S\u00e9n\u00e9gal, pr\u00e9senta son projet de communaut\u00e9 francophone et sugg\u00e9ra la cr\u00e9ation du Cames (N\u2019dao, 2008). L\u2019organisation devait comprendre les repr\u00e9sentants de tous les \u00c9tats de l\u2019Ocam auxquels viendraient s\u2019ajouter le Burundi, la France, la Guin\u00e9e, le Mali, la Mauritanie et les \u00c9tats du Maghreb. Au cours de cette ann\u00e9e&nbsp;1966, le projet Cames gagna en visibilit\u00e9 \u00e0 travers la Conf\u00e9rence des ministres de l\u2019\u00c9ducation des pays africains et malgache d\u2019expression fran\u00e7aise (Confemen) tenue \u00e0 Paris. Cet organisme, cr\u00e9\u00e9 en&nbsp;1960 et compos\u00e9 de 15&nbsp;\u00c9tats membres francophones \u00e0 sa cr\u00e9ation, donna mandat \u00e0 la commission consultative d\u2019experts&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Pour entreprendre une recherche approfondie sur les structures et les enseignements des universit\u00e9s africaines et malgache, compte tenu de la r\u00e9forme fran\u00e7aise de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, dans un large esprit de coop\u00e9ration interafricaine et si possible d\u2019unit\u00e9<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>.&nbsp;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Une \u00e9tape suppl\u00e9mentaire vers la cr\u00e9ation du Cames fut franchie, au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e&nbsp;1967, lors de la session de la conf\u00e9rence des ministres de l\u2019\u00c9ducation nationale des \u00c9tats d\u2019expression fran\u00e7aise qui se tint \u00e0 Abidjan (26 janvier-1<sup>er<\/sup>&nbsp;f\u00e9vrier). Cette conf\u00e9rence d\u00e9buta par l\u2019allocution du pr\u00e9sident F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny quelque peu critique sur le bilan de la conf\u00e9rence de mai&nbsp;1961 \u00e0 Addis-Abeba, sur le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9ducation en Afrique. S\u2019il salua \u00ab&nbsp;une conf\u00e9rence inspir\u00e9e par un haut id\u00e9al de progr\u00e8s et anim\u00e9e d\u2019une foi ardente en l\u2019avenir&nbsp;\u00bb (Boigny, 1967, p.&nbsp;2), il estima en revanche que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Cinq ann\u00e9es (sic) d\u2019exp\u00e9rience obligent \u00e0 reconna\u00eetre que ces programmes, \u00e9labor\u00e9s dans l\u2019enthousiasme, p\u00e9chaient souvent par manque de r\u00e9alisme\u2026 L\u2019absence de doctrine ou de r\u00e9flexion en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation nous a d\u00e9tourn\u00e9s d\u2019adopter au d\u00e9part des principes, des structures, des m\u00e9thodes, et des programmes v\u00e9ritablement adapt\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s de nos pays africains. (Boigny, 1967, p.&nbsp;6).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u2019historien volta\u00efque Joseph Ki-Zerbo, membre de la Commission consultative d\u2019experts de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur francophone en Afrique, charg\u00e9e de proposer les r\u00e9formes n\u00e9cessaires dans cet ordre d\u2019enseignement en Afrique et \u00e0 Madagascar, \u00e9tait bien d\u2019accord avec F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny sur la n\u00e9cessaire adaptation de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur aux r\u00e9alit\u00e9s africaines. Il pr\u00e9senta, lors de cette conf\u00e9rence d\u2019Abidjan, un rapport intitul\u00e9 <em>D\u00e9finition, r\u00f4le et fonction de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur en Afrique et \u00e0 Madagascar<\/em> qui pr\u00e9figure la cr\u00e9ation du Cames&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>C\u2019est pourquoi la commission consultative des experts a estim\u00e9 qu\u2019il est urgent de mettre sur pied un minimum de structures pour coordonner les projets des \u00c9tats dans ce domaine de la coop\u00e9ration universitaire et jeter une vue prospective sur l\u2019avenir. Ne pourrait-on pas cr\u00e9er un office africain et malgache de coop\u00e9ration universitaire&nbsp;? Cet office pourrait avoir \u00e0 sa t\u00eate un comit\u00e9 directeur compos\u00e9 de l\u2019ensemble des ministres de l\u2019\u00c9ducation nationale. Il comporterait aussi un conseil consultatif compos\u00e9 de recteurs, de professeurs et de personnalit\u00e9s diverses. Enfin, un secr\u00e9tariat compos\u00e9 de membres d\u00e9sign\u00e9s par Messieurs les Ministres \u00ab\u00a0intuitu personae\u00a0\u00bb serait charg\u00e9 de la pr\u00e9paration des dossiers et de l\u2019application des d\u00e9cisions, ainsi que de tout le travail de documentation, d\u2019information, d\u2019homologation des dipl\u00f4mes, etc. Enfin, les relations avec les autres universit\u00e9s africaines pourraient \u00eatre d\u00e9cid\u00e9es et am\u00e9nag\u00e9es dans le cadre de cet office. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une option vitale pour l\u2019avenir. L\u2019\u00e9luder ce serait esquiver une responsabilit\u00e9 historique.&nbsp;(<em>Ibid<\/em>).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cet activisme aboutit finalement \u00e0 la cr\u00e9ation du Cames, le 23&nbsp;janvier 1968, \u00e0 l\u2019issue du sommet des chefs d\u2019\u00c9tat (22-23 janvier), au travers de la r\u00e9solution&nbsp;23 de l\u2019Ocam. Joseph Ki-Zerbo, v\u00e9ritable cheville ouvri\u00e8re de cette institution panafricaine en fut nomm\u00e9 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral. On lui doit les programmes sur la pharmacop\u00e9e africaine et l\u2019\u00e9change des professeurs entre universit\u00e9s africaines au cours des douze&nbsp;ann\u00e9es de sa pr\u00e9sence \u00e0 la t\u00eate du Cames. La cr\u00e9ation des Comit\u00e9s consultatifs interafricains (CCI) reste en r\u00e9alit\u00e9 le v\u00e9ritable embl\u00e8me des ann\u00e9es Ki-Zerbo. Ils op\u00e8rent ainsi la s\u00e9dentarisation des proc\u00e9dures de collation des grades en Afrique, sans recours aux instances de validation fran\u00e7aises. C\u2019est donc une d\u00e9localisation r\u00e9ussie de l\u2019Europe vers l\u2019Afrique de la qualification des enseignants du sup\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour comprendre l\u2019importance de cette question, il faut mesurer les risques que pouvait entra\u00eener ce qu\u2019Assane Seck qualifie de \u00ab&nbsp;conservatisme frileux&nbsp;\u00bb (Seck, 2006, p.&nbsp;42). En effet, la premi\u00e8re universit\u00e9 moderne des pays francophones d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, celle de Dakar, n\u2019a d\u00e9but\u00e9 que dans les ann\u00e9es&nbsp;1949-1950, aliment\u00e9e par quelques rares bacheliers form\u00e9s dans les deux lyc\u00e9es de Dakar et Saint-Louis. Mais les choses chang\u00e8rent brusquement avec la loi-cadre de&nbsp;1956 instituant la semi-autonomie&nbsp;: l\u2019enseignement secondaire prit alors rapidement un v\u00e9ritable \u00e9lan. Dans toutes les colonies, des embryons d\u2019universit\u00e9 furent cr\u00e9\u00e9s cependant que leur destin \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre assur\u00e9. Se posa vite alors le probl\u00e8me de la formation des enseignants pour ces institutions. Allait-on continuer de compter sur les professeurs d\u2019une coop\u00e9ration internationale h\u00e9t\u00e9roclite&nbsp;? Sur le syst\u00e8me fran\u00e7ais de qualification dont les probl\u00e8mes africains \u00e9taient d\u2019\u00eatre au centre des pr\u00e9occupations&nbsp;? La r\u00e9ponse \u00e9tait assur\u00e9ment&nbsp;: \u00ab&nbsp;non&nbsp;\u00bb pour Joseph Ki-Zerbo en lutte contre tous les reliquats de suj\u00e9tion. C\u2019est ainsi que plut\u00f4t que de laisser chaque \u00c9tat \u00ab&nbsp;se d\u00e9brouiller&nbsp;\u00bb au risque d\u2019une cacophonie emp\u00eachant toute forme de coop\u00e9ration interafricaine valable, il se battit pour un organe supranational de coordination universitaire d\u2019o\u00f9 le Cames, v\u00e9ritable outil de cr\u00e9ation d\u2019une communaut\u00e9 \u00e9pist\u00e9mique africaine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le Cames apr\u00e8s Ki-Zerbo&nbsp;: bilan critique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les p\u00e8res fondateurs du Cames l\u2019avaient con\u00e7u comme le symbole d\u2019une Afrique rassembl\u00e9e par le savoir, vecteur de la renaissance africaine. Lorsque les h\u00e9ritiers proc\u00e9d\u00e8rent en&nbsp;1993 \u00e0 son bilan, \u00e0 l\u2019occasion de la c\u00e9l\u00e9bration de son quart de si\u00e8cle d\u2019existence, ce fut pour constater que \u00ab&nbsp;l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments de la face cach\u00e9e de l\u2019institution reste la promotion par voie interne que pr\u00f4ne malheureusement certains enseignants de pays membres<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Au vrai, le d\u00e9bat national <em>versus<\/em> supranational est une permanence dans l\u2019histoire du Cames. Il structure, aujourd\u2019hui comme hier, les d\u00e9bats dans certains c\u00e9nacles universitaires, sur la l\u00e9gitimit\u00e9 du Cames \u00e0 se substituer aux \u00c9tats souverains, dans l\u2019\u00e9valuation scientifique par les pairs. D\u00e8s avril&nbsp;1980, lors de la session ordinaire du Cames \u00e0 Kigali, l\u2019adoption du texte sur les concours d\u2019agr\u00e9gation en sciences juridiques et \u00e9conomiques fut contrari\u00e9e par les repr\u00e9sentants du Cameroun, du Congo et du Niger<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. Ces pays dot\u00e9s de leurs propres instances d\u2019\u00e9valuation craignaient sans doute la concurrence que pouvaient repr\u00e9senter ces jurys d\u2019agr\u00e9gation interafricains. Et l\u2019histoire du Cames sera marqu\u00e9e par cette volont\u00e9 de certains membres de s\u2019\u00e9manciper de ces proc\u00e9dures pour des raisons \u00e0 la fois politiques, id\u00e9ologiques, acad\u00e9miques et g\u00e9ographiques. Les rapports entre Madagascar et le Cames, par exemple, traduisent les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la construction d\u2019un espace acad\u00e9mique transnational en Afrique. Madagascar a entretenu des rapports ambivalents avec le Cames, dont il est pourtant l\u2019un des \u00c9tats fondateurs. La partie malgache invoqua \u00e0 ce propos \u00ab&nbsp;la diminution permanente du nombre d\u2019enseignants \u00e0 cause des d\u00e9parts \u00e0 la retraite, les r\u00e9sultats tr\u00e8s faibles au concours (du Cames<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>) compromettant du coup le renouvellement des cadres allant \u00e0 la retraite&nbsp;; les dossiers rejet\u00e9s pour des raisons d\u2019anciennet\u00e9 et de non-conformit\u00e9, la position insulaire qui rend les liaisons difficiles (avec le continent<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>), les arri\u00e9r\u00e9s de contribution en tant qu\u2019\u00c9tat membre<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Le cas nig\u00e9rien m\u00eale des consid\u00e9rations id\u00e9ologiques, politiques et acad\u00e9miques. Au moment des premi\u00e8res signatures de l\u2019accord sur les CCI en&nbsp;1976 \u00e0 N\u2019Djamena, le Niger avait d\u00e9j\u00e0 sa propre instance nationale de promotion des enseignants depuis un&nbsp;an, appel\u00e9e le Comit\u00e9 consultatif universitaire (CCU). Le Niger fut pourtant un des premiers signataires de l\u2019accord sur les CCI du Cames avec la Haute-Volta, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le S\u00e9n\u00e9gal, le Tchad et le Togo. Le pays participa aux programmes du Cames jusqu\u2019en&nbsp;1980. \u00c0&nbsp;cette date, h\u00e9las, note Bouli Ali Diallo, alors rectrice de l\u2019universit\u00e9 de Niamey, une mauvaise interpr\u00e9tation du r\u00f4le des CCI par les autorit\u00e9s nig\u00e9riennes d\u2019alors les a amen\u00e9es \u00e0 d\u00e9noncer l\u2019accord sur les CCI du Cames. Il leur avait \u00e9t\u00e9 fait entendre que c\u2019\u00e9tait le Cames qui nommait les enseignants et chercheurs dans les grades correspondant \u00e0 leur inscription sur les listes d\u2019aptitude. Ayant le sentiment que le Cames exer\u00e7ait en cela un pouvoir qui relevait de la souverainet\u00e9 nationale, les autorit\u00e9s nig\u00e9riennes d\u00e9cid\u00e8rent de retirer le Niger du programme sur les CCI du Cames.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce retrait du Niger au cours de l\u2019ann\u00e9e&nbsp;1980 o\u00f9 ce pays abritait la session des CCI du Cames doit, pour \u00eatre compris, restituer le positionnement id\u00e9ologique majeur au sein de l\u2019universit\u00e9 nig\u00e9rienne au cours de cette p\u00e9riode. La gauche r\u00e9volutionnaire incarn\u00e9e, entre autres acteurs, par la figure majeure du c\u00e9l\u00e8bre physicien Abdou Moumouni Dioffo, form\u00e9 pour partie en URSS, \u00e9tait alors dominante. Elle consid\u00e9rait le Cames, t\u00e9moigne l\u2019universitaire nig\u00e9rien Habibou Abarchi (2018), comme un instrument de l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais charg\u00e9 de garder la mainmise sur les universit\u00e9s de ses anciennes colonies. Le bilinguisme camerounais qui obligeait ce pays \u00e0 tenir compte de l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019universit\u00e9 anglo-saxonne dans ses universit\u00e9s anglophones dont les r\u00e8gles n\u2019\u00e9pousaient pas toujours celles du Cames, calqu\u00e9es sur la France, et la r\u00e9forme des grades au S\u00e9n\u00e9gal intervenue en&nbsp;2016, malgr\u00e9 les r\u00e9serves du Cames, sont \u00e0 prendre au s\u00e9rieux. L\u2019anthropologue britannique Mary Douglas insiste sur le fait que \u00ab&nbsp;le maintien de l\u2019institution n\u2019est pas tant menac\u00e9 par des dangers ext\u00e9rieurs que par l\u2019incertitude quant \u00e0 l\u2019implication de ses membres&nbsp;\u00bb (Cordonnier, 2005). Les diff\u00e9rents cas examin\u00e9s ici rel\u00e8vent certes moins d\u2019un quelconque chauvinisme que d\u2019une volont\u00e9 de d\u00e9construction de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie du Cames sur la d\u00e9finition des crit\u00e8res de la l\u00e9gitimit\u00e9 savante. \u00c0&nbsp;d\u00e9faut d\u2019obtenir des r\u00e9formes en la mati\u00e8re, la d\u00e9fense de la voie nationale est alors con\u00e7ue comme une alternative \u00e0 la promotion sous la banni\u00e8re de cette institution. Les r\u00e9criminations \u00e0 l\u2019\u00e9gard des instances d\u2019\u00e9valuation et de l\u2019organisation des titres en vigueur doivent en revanche faire l\u2019objet d\u2019un examen attentif, sous peine de renforcer le principe national en la mati\u00e8re. Une autre situation qui nuit quelque peu \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage des p\u00e8res fondateurs est celle de la surrepr\u00e9sentation \u00e9trang\u00e8re dans les jurys d\u2019agr\u00e9gation. En effet, \u00e0 la diff\u00e9rence des CCI, les concours d\u2019agr\u00e9gation de m\u00e9decine, de droit et d\u2019\u00e9conomie font encore appel \u00e0 l\u2019expertise des \u00e9trangers pour si\u00e9ger dans ses jurys. Cette surrepr\u00e9sentation \u00e9trang\u00e8re \u00e9tait sans doute destin\u00e9e \u00e0 rassurer les opinions sceptiques quant aux capacit\u00e9s africaines \u00e0 conf\u00e9rer un coefficient de validit\u00e9 scientifique \u00e0 ces concours d\u2019agr\u00e9gation. Dans une phase de transition et de maturation, le pragmatisme commandait que cette d\u00e9cision fut retenue. L\u2019axe du temps permettra par la suite de lire autrement cette question de la pr\u00e9sence \u00e9trang\u00e8re dans les jurys d\u2019agr\u00e9gation, cinquante-cinq&nbsp;ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation du Cames.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation du Cames est donc l\u2019aboutissement du combat intr\u00e9pide de Joseph Ki-Zerbo afin de r\u00e9tablir l\u2019\u00e9minente dignit\u00e9 historique de l\u2019Afrique apr\u00e8s la longue nuit coloniale. Pour ce militant de la renaissance africaine, une ma\u00efeutique intelligente devait \u00eatre fond\u00e9e sur la qu\u00eate d\u2019une pens\u00e9e qui soit ajust\u00e9e \u00e0 l\u2019action. La cr\u00e9ation du Cames reste la preuve concr\u00e8te de cette exigence. Entendue comme une esth\u00e9tique de r\u00e9invention de soi, cette institution panafricaine a fait du chemin, plus de cinquante&nbsp;ans apr\u00e8s sa cr\u00e9ation \u00e0 Niamey, au Niger. Les succ\u00e8s engrang\u00e9s ne doivent pas faire perdre de vue les tendances scissipares de certains \u00c9tats sous la pression de syndicats d\u2019enseignants d\u00e9sireux de rompre avec le syst\u00e8me d\u2019\u00e9valuation du Cames, jug\u00e9 trop obsol\u00e8te et inutilement contraignant. Le temps pour le Cames est venu de faire sa mue pour se mettre au diapason de l\u2019universit\u00e9 moderne. En tout \u00e9tat de cause, si le Cames n\u2019existait pas, c\u2019est maintenant qu\u2019il faudrait l\u2019inventer<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> disait nagu\u00e8re son fondateur Joseph Ki-Zerbo. La r\u00e9inventer ajouterais-je.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4536,"template":"","meta":[],"series-categories":[1349],"cat-articles":[1442],"keywords":[1625,1626,1623,1586,1624],"ppma_author":[506],"class_list":["post-26635","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-3","cat-articles-rediscovery","keywords-conseil-africain-et-malgache-pour-lenseignement-superieur-cames","keywords-ego-histoire","keywords-independances-africaines","keywords-joseph-ki-zerbo","keywords-universite-africaine","author-chikouna-cisse-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Joseph Ki-Zerbo et le Cames : Une histoire panafricaine de reconqu\u00eate de soi | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Joseph Ki-Zerbo et le Cames : Une histoire panafricaine de reconqu\u00eate de soi | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction C\u2019\u00e9tait l\u2019homme qui ne voulait pas dormir sur la natte des autres. Et il avait le verbe haut et la plume incise pour le proclamer urbi et orbi. Joseph Ki-Zerbo, penseur \u00e9clectique, transmetteur int\u00e9gral, historien f\u00e9cond et talentueux, pionnier dans divers domaines de l\u2019historiographie africaine, panafricaniste convaincu et patriote africain intransigeant, a marqu\u00e9 de fa\u00e7on irr\u00e9versible la communaut\u00e9 \u00e9pist\u00e9mique et politique africaine de son temps. Si son souvenir reste vivace seize&nbsp;ans apr\u00e8s sa disparition le 4&nbsp;d\u00e9cembre 2006 \u00e0 Ouagadougou, c\u2019est que cet homme fut \u00e0 la fois un homme de r\u00e9flexion et d\u2019engagement concret, \u00e0 la recherche constante d\u2019une pens\u00e9e qui soit ajust\u00e9e \u00e0 l\u2019action. Le Conseil pour le d\u00e9veloppement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) ne s\u2019est pas tromp\u00e9 en le qualifiant \u00e0 sa mort de \u00ab&nbsp;grand iroko&nbsp;\u00bb, roi de la for\u00eat tropicale africaine, debout dans sa dignit\u00e9 et sa majest\u00e9 (Codesria, 2006) et qui fit de lui, apr\u00e8s le Sud-Africain Archie Mafeje et les Kenyans Ali Mazrui et Ngugi wa Thiong\u2019o, membre \u00e0 vie de cette institution panafricaine. Si sa longue carri\u00e8re intellectuelle et politique a \u00e9t\u00e9 suffisamment \u00e9tudi\u00e9e, le retour \u00e0 Ki-Zerbo vise \u00e0 explorer de nouveaux horizons cognitifs porteurs de sens. Il en est ainsi du r\u00f4le majeur de l\u2019historien burkinab\u00e9 dans la cr\u00e9ation du Conseil africain et malgache pour l\u2019enseignement sup\u00e9rieur (Cames), tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9 par celles et ceux qui s\u2019\u00e9vertuent \u00e0 faire le bilan de son \u0153uvre intellectuelle et politique. Cet article, qui vise donc \u00e0 combler cet \u00e9cart herm\u00e9neutique, rappelle d\u2019abord quelques traits du combat anti-imp\u00e9rialiste de Ki-Zerbo, de ses convictions panafricaines qui renferment les premiers lin\u00e9aments de la cr\u00e9ation du Cames en janvier&nbsp;1968. Une fois ce lien \u00e9tabli, je m\u2019\u00e9vertue \u00e0 situer son r\u00f4le de premier plan dans la cr\u00e9ation de cette police institutionnelle autonome qu\u2019est le Cames. Je termine enfin ma d\u00e9monstration par un travail d\u2019inventaire du bilan de l\u2019institution apr\u00e8s les ann\u00e9es Ki-Zerbo. Joseph Ki-Zerbo, historien et panafricaniste intransigeant Joseph Ki-Zerbo, n\u00e9 le 21&nbsp;juin 1922 \u00e0 Toma, en Haute-Volta, fait partie de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration d\u2019historiens africains form\u00e9s selon les canons de l\u2019universit\u00e9 fran\u00e7aise. \u00c0&nbsp;propos de sa vocation d\u2019historien, Joseph Ki-Zerbo raconte dans une sorte d\u2019ego-histoire o\u00f9 on place sa propre vie sur l\u2019\u00e9tabli de l\u2019historien (Boucheron, 2011), c\u2019est-\u00e0-dire o\u00f9 l\u2019historien se raconte lui-m\u00eame&nbsp;: J\u2019avais opt\u00e9 pour l\u2019histoire parce que mon p\u00e8re a v\u00e9cu longtemps. C\u2019\u00e9tait un homme d\u2019histoire. Il avait port\u00e9 une partie de notre histoire locale, puisqu\u2019il \u00e9tait le premier chr\u00e9tien de la Haute-Volta, et il aimait raconter. J\u2019ai donc \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 au m\u00e9tier d\u2019historien par cette \u00e9ducation. J\u2019estime aussi que l\u2019histoire est \u00ab\u00a0ma\u00eetresse de vie\u00a0\u00bb (historia magistra vitae).&nbsp;(Ki-Zerbo, 2013). Emmanuel Mounier est \u00e9galement, avec Alfred Diban[1], l\u2019un de ceux qui ont influenc\u00e9 sa conception de l\u2019histoire. Philosophe chr\u00e9tien, Mounier a retenu beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments de la tradition europ\u00e9enne sur l\u2019esprit critique et la lutte pour lib\u00e9rer la personne humaine de toutes les forces d\u2019oppression et d\u2019obscurantisme (Ki-Zerbo, 2013). Le d\u00e9tour par Mounier et l\u2019id\u00e9ologie marxiste renvoient ainsi chez Ki-Zerbo \u00e0 une \u00e9thique de l\u2019engagement politique rendue n\u00e9cessaire par sa vocation d\u2019historien. Disciple de grands ma\u00eetres de la science historique et politique comme Pierre Renouvin, Andr\u00e9 Aymard, Fernand Braudel, Raymond Aron, dont l\u2019apport fut d\u00e9cisif dans sa formation intellectuelle, Joseph Ki-Zerbo puise en r\u00e9alit\u00e9 dans plusieurs registres pour forger sa personnalit\u00e9 qui, de son propre aveu, s\u2019est \u00ab&nbsp;pos\u00e9e en s\u2019opposant&nbsp;\u00bb (Ki-Zerbo, 2013). Ses ann\u00e9es de formation acad\u00e9mique et politique, comme tant d\u2019autres de sa g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019image de Cheikh Anta Diop, ont en effet \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par ce que Jacques Rabemananjara (1956), intellectuel et homme politique malgache, appela l\u2019\u00e9poque de la \u00ab&nbsp;cure de d\u00e9sintoxication&nbsp;\u00bb, qui avait commenc\u00e9 pour beaucoup d\u2019Africains sur les bancs des facult\u00e9s parisiennes. Dot\u00e9 d\u2019une solide formation d\u2019historien, av\u00e9r\u00e9e par l\u2019agr\u00e9gation obtenue en&nbsp;1956, Joseph Ki-Zerbo se forgea, par ailleurs, une conscience panafricaine en militant dans de nombreuses associations d\u2019\u00e9tudiants et en travaillant de mani\u00e8re officielle ou informelle avec nombre de dirigeants sur le projet d\u2019ind\u00e9pendance africaine, dont Kwam\u00e9 N\u2019krumah, S\u00e9kou Tour\u00e9, Modibo Keita, Amilcar Cabral, Jomo Kenyatta, Tom Mboya, Julius Nyerere, etc. (Nyamnjoh, 2007). D\u00e8s lors, l\u2019historien s\u2019engage dans l\u2019action politique. Un de ses amis de vieille date, l\u2019universitaire et homme politique s\u00e9n\u00e9galais Assane Seck, fait remarquer qu\u2019aucune \u00ab&nbsp;renaissance africaine&nbsp;\u00bb n\u2019est concevable ni possible sans une r\u00e9elle ind\u00e9pendance politique permettant aux populations de d\u00e9cider d\u2019elles-m\u00eames et de leur sort, Joseph Ki-Zerbo a commenc\u00e9 ainsi sa lutte politique (Seck, 2006). Aussi, d\u00e8s la proclamation de son ind\u00e9pendance par elle-m\u00eame en septembre&nbsp;1958, la Guin\u00e9e Conakry nouvelle paraissant comme le porte-drapeau de tous ceux qui aspiraient \u00e0 la souverainet\u00e9 internationale, Joseph Ki-Zerbo d\u00e9cida-t-il de participer au contingent d\u2019enseignants volontaires organis\u00e9 par le Syndicat des professeurs africains du S\u00e9n\u00e9gal (Spas). Le but \u00e9tait d\u2019aller aider ce pays \u00e0 surmonter la difficile \u00e9preuve du remplacement des fonctionnaires fran\u00e7ais, rappel\u00e9s sans pr\u00e9avis par leur patrie. Mais Joseph Ki-Zerbo ne restera pas longtemps en Guin\u00e9e, le r\u00e9gime totalitaire adopt\u00e9 par les dirigeants ne lui convenant gu\u00e8re (Seck, 2006). Est-ce cette d\u00e9ception qui l\u2019incite \u00e0 explorer sa propre voie&nbsp;? Sans doute, car en cette m\u00eame ann\u00e9e&nbsp;1958, il fonde le Mouvement de lib\u00e9ration nationale (MLN) en compagnie d\u2019un certain nombre de jeunes intellectuels africains \u00e9pris de libert\u00e9, se tenant ainsi, comme le souligne Roland Colin (2006), en dehors de partis politiques traditionnels. Le MLN opte pour l\u2019ind\u00e9pendance imm\u00e9diate, la cr\u00e9ation d\u2019\u00c9tats-Unis d\u2019Afrique et un socialisme qui se veut r\u00e9solument humaniste et ancr\u00e9 dans les valeurs africaines, tout en assumant la modernit\u00e9. Dans les conditions concr\u00e8tes du processus engag\u00e9, le MLN avait, comme Kwam\u00e9 N\u2019krumah, opt\u00e9 pour l\u2019ind\u00e9pendance d\u2019abord, car privil\u00e9gier l\u2019unit\u00e9 aurait rejet\u00e9 l\u2019ind\u00e9pendance vers un horizon impr\u00e9visible, puisque le travail de division avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9mantel\u00e9 les ensembles coloniaux (Afrique-Occidentale fran\u00e7aise \u2013 AOF, et Afrique-\u00c9quatoriale fran\u00e7aise \u2013 AEF) (Diagne, 2006). Cet engagement concret fut servi par une plume au vitriol pour d\u00e9noncer la volont\u00e9 de Paris de garder la main sur l\u2019Afrique. Son texte du d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;1950 qu\u2019il publia sous l\u2019intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Le devoir de d\u00e9colonisation&nbsp;\u00bb fit grincer en son temps dans les milieux coloniaux ordinaires (Colin, 2006 p. 16).\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Global Africa\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-05-09T14:27:14+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/ga.03.fil_.02-09-scaled.webp\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"2560\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1707\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"18 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-3\\\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-3\\\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\\\/\",\"name\":\"Joseph Ki-Zerbo et le Cames : Une histoire panafricaine de reconqu\u00eate de soi | Global Africa\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-3\\\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-3\\\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2025\\\/01\\\/ga.03.fil_.02-09-scaled.webp\",\"datePublished\":\"2023-09-20T04:51:18+00:00\",\"dateModified\":\"2026-05-09T14:27:14+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-3\\\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-3\\\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-3\\\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2025\\\/01\\\/ga.03.fil_.02-09-scaled.webp\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2025\\\/01\\\/ga.03.fil_.02-09-scaled.webp\",\"width\":2560,\"height\":1707,\"caption\":\"\u00abIl est bon d\u2019avoir un vieillard dans le village\u00bb, dit l\u2019adage wolof \u00e0 raison. 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Et il avait le verbe haut et la plume incise pour le proclamer urbi et orbi. Joseph Ki-Zerbo, penseur \u00e9clectique, transmetteur int\u00e9gral, historien f\u00e9cond et talentueux, pionnier dans divers domaines de l\u2019historiographie africaine, panafricaniste convaincu et patriote africain intransigeant, a marqu\u00e9 de fa\u00e7on irr\u00e9versible la communaut\u00e9 \u00e9pist\u00e9mique et politique africaine de son temps. Si son souvenir reste vivace seize&nbsp;ans apr\u00e8s sa disparition le 4&nbsp;d\u00e9cembre 2006 \u00e0 Ouagadougou, c\u2019est que cet homme fut \u00e0 la fois un homme de r\u00e9flexion et d\u2019engagement concret, \u00e0 la recherche constante d\u2019une pens\u00e9e qui soit ajust\u00e9e \u00e0 l\u2019action. Le Conseil pour le d\u00e9veloppement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) ne s\u2019est pas tromp\u00e9 en le qualifiant \u00e0 sa mort de \u00ab&nbsp;grand iroko&nbsp;\u00bb, roi de la for\u00eat tropicale africaine, debout dans sa dignit\u00e9 et sa majest\u00e9 (Codesria, 2006) et qui fit de lui, apr\u00e8s le Sud-Africain Archie Mafeje et les Kenyans Ali Mazrui et Ngugi wa Thiong\u2019o, membre \u00e0 vie de cette institution panafricaine. Si sa longue carri\u00e8re intellectuelle et politique a \u00e9t\u00e9 suffisamment \u00e9tudi\u00e9e, le retour \u00e0 Ki-Zerbo vise \u00e0 explorer de nouveaux horizons cognitifs porteurs de sens. Il en est ainsi du r\u00f4le majeur de l\u2019historien burkinab\u00e9 dans la cr\u00e9ation du Conseil africain et malgache pour l\u2019enseignement sup\u00e9rieur (Cames), tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9 par celles et ceux qui s\u2019\u00e9vertuent \u00e0 faire le bilan de son \u0153uvre intellectuelle et politique. Cet article, qui vise donc \u00e0 combler cet \u00e9cart herm\u00e9neutique, rappelle d\u2019abord quelques traits du combat anti-imp\u00e9rialiste de Ki-Zerbo, de ses convictions panafricaines qui renferment les premiers lin\u00e9aments de la cr\u00e9ation du Cames en janvier&nbsp;1968. Une fois ce lien \u00e9tabli, je m\u2019\u00e9vertue \u00e0 situer son r\u00f4le de premier plan dans la cr\u00e9ation de cette police institutionnelle autonome qu\u2019est le Cames. Je termine enfin ma d\u00e9monstration par un travail d\u2019inventaire du bilan de l\u2019institution apr\u00e8s les ann\u00e9es Ki-Zerbo. Joseph Ki-Zerbo, historien et panafricaniste intransigeant Joseph Ki-Zerbo, n\u00e9 le 21&nbsp;juin 1922 \u00e0 Toma, en Haute-Volta, fait partie de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration d\u2019historiens africains form\u00e9s selon les canons de l\u2019universit\u00e9 fran\u00e7aise. \u00c0&nbsp;propos de sa vocation d\u2019historien, Joseph Ki-Zerbo raconte dans une sorte d\u2019ego-histoire o\u00f9 on place sa propre vie sur l\u2019\u00e9tabli de l\u2019historien (Boucheron, 2011), c\u2019est-\u00e0-dire o\u00f9 l\u2019historien se raconte lui-m\u00eame&nbsp;: J\u2019avais opt\u00e9 pour l\u2019histoire parce que mon p\u00e8re a v\u00e9cu longtemps. C\u2019\u00e9tait un homme d\u2019histoire. Il avait port\u00e9 une partie de notre histoire locale, puisqu\u2019il \u00e9tait le premier chr\u00e9tien de la Haute-Volta, et il aimait raconter. J\u2019ai donc \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 au m\u00e9tier d\u2019historien par cette \u00e9ducation. J\u2019estime aussi que l\u2019histoire est \u00ab\u00a0ma\u00eetresse de vie\u00a0\u00bb (historia magistra vitae).&nbsp;(Ki-Zerbo, 2013). Emmanuel Mounier est \u00e9galement, avec Alfred Diban[1], l\u2019un de ceux qui ont influenc\u00e9 sa conception de l\u2019histoire. Philosophe chr\u00e9tien, Mounier a retenu beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments de la tradition europ\u00e9enne sur l\u2019esprit critique et la lutte pour lib\u00e9rer la personne humaine de toutes les forces d\u2019oppression et d\u2019obscurantisme (Ki-Zerbo, 2013). Le d\u00e9tour par Mounier et l\u2019id\u00e9ologie marxiste renvoient ainsi chez Ki-Zerbo \u00e0 une \u00e9thique de l\u2019engagement politique rendue n\u00e9cessaire par sa vocation d\u2019historien. Disciple de grands ma\u00eetres de la science historique et politique comme Pierre Renouvin, Andr\u00e9 Aymard, Fernand Braudel, Raymond Aron, dont l\u2019apport fut d\u00e9cisif dans sa formation intellectuelle, Joseph Ki-Zerbo puise en r\u00e9alit\u00e9 dans plusieurs registres pour forger sa personnalit\u00e9 qui, de son propre aveu, s\u2019est \u00ab&nbsp;pos\u00e9e en s\u2019opposant&nbsp;\u00bb (Ki-Zerbo, 2013). Ses ann\u00e9es de formation acad\u00e9mique et politique, comme tant d\u2019autres de sa g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019image de Cheikh Anta Diop, ont en effet \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par ce que Jacques Rabemananjara (1956), intellectuel et homme politique malgache, appela l\u2019\u00e9poque de la \u00ab&nbsp;cure de d\u00e9sintoxication&nbsp;\u00bb, qui avait commenc\u00e9 pour beaucoup d\u2019Africains sur les bancs des facult\u00e9s parisiennes. Dot\u00e9 d\u2019une solide formation d\u2019historien, av\u00e9r\u00e9e par l\u2019agr\u00e9gation obtenue en&nbsp;1956, Joseph Ki-Zerbo se forgea, par ailleurs, une conscience panafricaine en militant dans de nombreuses associations d\u2019\u00e9tudiants et en travaillant de mani\u00e8re officielle ou informelle avec nombre de dirigeants sur le projet d\u2019ind\u00e9pendance africaine, dont Kwam\u00e9 N\u2019krumah, S\u00e9kou Tour\u00e9, Modibo Keita, Amilcar Cabral, Jomo Kenyatta, Tom Mboya, Julius Nyerere, etc. (Nyamnjoh, 2007). D\u00e8s lors, l\u2019historien s\u2019engage dans l\u2019action politique. Un de ses amis de vieille date, l\u2019universitaire et homme politique s\u00e9n\u00e9galais Assane Seck, fait remarquer qu\u2019aucune \u00ab&nbsp;renaissance africaine&nbsp;\u00bb n\u2019est concevable ni possible sans une r\u00e9elle ind\u00e9pendance politique permettant aux populations de d\u00e9cider d\u2019elles-m\u00eames et de leur sort, Joseph Ki-Zerbo a commenc\u00e9 ainsi sa lutte politique (Seck, 2006). Aussi, d\u00e8s la proclamation de son ind\u00e9pendance par elle-m\u00eame en septembre&nbsp;1958, la Guin\u00e9e Conakry nouvelle paraissant comme le porte-drapeau de tous ceux qui aspiraient \u00e0 la souverainet\u00e9 internationale, Joseph Ki-Zerbo d\u00e9cida-t-il de participer au contingent d\u2019enseignants volontaires organis\u00e9 par le Syndicat des professeurs africains du S\u00e9n\u00e9gal (Spas). Le but \u00e9tait d\u2019aller aider ce pays \u00e0 surmonter la difficile \u00e9preuve du remplacement des fonctionnaires fran\u00e7ais, rappel\u00e9s sans pr\u00e9avis par leur patrie. Mais Joseph Ki-Zerbo ne restera pas longtemps en Guin\u00e9e, le r\u00e9gime totalitaire adopt\u00e9 par les dirigeants ne lui convenant gu\u00e8re (Seck, 2006). Est-ce cette d\u00e9ception qui l\u2019incite \u00e0 explorer sa propre voie&nbsp;? Sans doute, car en cette m\u00eame ann\u00e9e&nbsp;1958, il fonde le Mouvement de lib\u00e9ration nationale (MLN) en compagnie d\u2019un certain nombre de jeunes intellectuels africains \u00e9pris de libert\u00e9, se tenant ainsi, comme le souligne Roland Colin (2006), en dehors de partis politiques traditionnels. Le MLN opte pour l\u2019ind\u00e9pendance imm\u00e9diate, la cr\u00e9ation d\u2019\u00c9tats-Unis d\u2019Afrique et un socialisme qui se veut r\u00e9solument humaniste et ancr\u00e9 dans les valeurs africaines, tout en assumant la modernit\u00e9. Dans les conditions concr\u00e8tes du processus engag\u00e9, le MLN avait, comme Kwam\u00e9 N\u2019krumah, opt\u00e9 pour l\u2019ind\u00e9pendance d\u2019abord, car privil\u00e9gier l\u2019unit\u00e9 aurait rejet\u00e9 l\u2019ind\u00e9pendance vers un horizon impr\u00e9visible, puisque le travail de division avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9mantel\u00e9 les ensembles coloniaux (Afrique-Occidentale fran\u00e7aise \u2013 AOF, et Afrique-\u00c9quatoriale fran\u00e7aise \u2013 AEF) (Diagne, 2006). Cet engagement concret fut servi par une plume au vitriol pour d\u00e9noncer la volont\u00e9 de Paris de garder la main sur l\u2019Afrique. Son texte du d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;1950 qu\u2019il publia sous l\u2019intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Le devoir de d\u00e9colonisation&nbsp;\u00bb fit grincer en son temps dans les milieux coloniaux ordinaires (Colin, 2006 p. 16).","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-05-09T14:27:14+00:00","og_image":[{"width":2560,"height":1707,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/ga.03.fil_.02-09-scaled.webp","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"18 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/","name":"Joseph Ki-Zerbo et le Cames : Une histoire panafricaine de reconqu\u00eate de soi | Global Africa","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/ga.03.fil_.02-09-scaled.webp","datePublished":"2023-09-20T04:51:18+00:00","dateModified":"2026-05-09T14:27:14+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/joseph-ki-zerbo-and-cames-a-pan-african-story-of-self-recovery\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/ga.03.fil_.02-09-scaled.webp","contentUrl":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/ga.03.fil_.02-09-scaled.webp","width":2560,"height":1707,"caption":"\u00abIl est bon d\u2019avoir un vieillard dans le village\u00bb, dit l\u2019adage wolof \u00e0 raison. 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