{"id":26614,"date":"2023-09-20T08:54:51","date_gmt":"2023-09-20T08:54:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/decolonizing-inclusion-pan-africanism-and-the-indigenous-pygmy-peoples-of-africa\/"},"modified":"2026-05-09T14:05:56","modified_gmt":"2026-05-09T14:05:56","slug":"decolonizing-inclusion-pan-africanism-and-the-indigenous-pygmy-peoples-of-africa","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-3\/decolonizing-inclusion-pan-africanism-and-the-indigenous-pygmy-peoples-of-africa\/","title":{"rendered":"Panafricanisme et peuples autochtones pygm\u00e9es d\u2019Afrique"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Revisiter l\u2019histoire du panafricanisme montre que ce mouvement se fonde par essence et s\u2019appuie jusque dans sa raison d\u2019\u00eatre sur les aspirations de dignit\u00e9 port\u00e9es par le monde n\u00e9gro-africain. Qu\u2019on le fasse remonter au xv<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle ou au d\u00e9but du xx<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, la trajectoire de ce mouvement donne en effet un r\u00e9f\u00e9rencement multidirectionnel et pluridimensionnel qui embrasse l\u2019essentiel des \u00e9chos identitaires, culturels et politiques issus des luttes noires, avec un prestige relativement unanime sur le continent et en dehors. Or, en d\u00e9pit de la multiplicit\u00e9 des foyers d\u2019oppression auxquels le mouvement s\u2019est attaqu\u00e9 tout au long de son \u00e9volution, son empreinte culturelle ne s\u2019est gu\u00e8re index\u00e9e sur les conditions historiques d\u00e9volues aux peuples autochtones qui, pourtant, revendiquent leur africanit\u00e9 intrins\u00e8que.<\/p>\n\n\n\n<p>Le discours panafricain militant met en avant sa capacit\u00e9 et sa responsabilit\u00e9 d\u2019assumer les aspirations diverses de groupes et de factions se revendiquant de l\u2019Afrique. Ainsi, bien que sollicit\u00e9 par des identit\u00e9s \u00ab&nbsp;cr\u00e9oles&nbsp;\u00bb ou m\u00e9tiss\u00e9es, centro-africaines ou diasporiques, le panafricanisme r\u00e9sulte d\u2019une scission au sein de l\u2019essence identitaire et de l\u2019existence historique et sociale des Africains.<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es th\u00e9oriques mobilis\u00e9es pour une analyse heuristique du panafricanisme, et de ses obligations vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00ab&nbsp;autochtonie&nbsp;\u00bb en Afrique, se rapportent, d\u2019une part, \u00e0 l\u2019<em>endog\u00e9nisme <\/em>des soci\u00e9t\u00e9s \u00ab&nbsp;micro-africo\u00efdes&nbsp;\u00bb et \u00e0 leurs savoirs mill\u00e9naires, et, d\u2019autre part, au <em>consciencisme <\/em>de Kwame Nkrumah<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. En effet, si le panafricanisme doit se r\u00e9inventer \u00e0 travers une nouvelle dynamique d\u2019appropriation sur le continent, cela ne peut se faire sans une impulsion inclusive, prenant fait et cause pour les revendications des peuples pygm\u00e9es \u00e0 un moment o\u00f9 ces derniers con\u00e7oivent leur citoyennet\u00e9 nationale, africaine et panafricaine. Il en r\u00e9sulte donc, pour le mouvement panafricaniste, la n\u00e9cessit\u00e9 de sauvegarder des savoirs, des cultures, et des identit\u00e9s n\u00e9gro-africaines, en portant les voix autochtones d\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>consciencisme<\/em> s\u2019entend ici comme th\u00e9orie d\u2019une r\u00e9volution panafricaniste qui \u0153uvre \u00e0 l\u2019autonomisation et \u00e0 l\u2019<em>empowerment<\/em> des peuples africains en g\u00e9n\u00e9ral et des groupes pygm\u00e9es en particulier, et ce dans un contexte de d\u00e9colonisation. En effet, d\u00e9colonisation et panafricanisme se rejoignent&nbsp;: ils supposent chacun un mouvement d\u2019affranchissement d\u2019une entrave coloniale. Or, il ressort des politiques publiques men\u00e9es \u00ab&nbsp;au b\u00e9n\u00e9fice&nbsp;\u00bb des peuples autochtones d\u2019Afrique en g\u00e9n\u00e9ral et des communaut\u00e9s pygm\u00e9es en particulier, une dynamique d\u00e9veloppementaliste fond\u00e9e sur un colonialisme interne<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>&nbsp;: les repr\u00e9sentations et pratiques li\u00e9es au d\u00e9veloppement des Pygm\u00e9es d\u2019Afrique centrale reproduisent la m\u00eame anthropologie primitiviste que celle qui fondait la \u00ab&nbsp;mission civilisatrice de l\u2019homme blanc&nbsp;\u00bb en Afrique, et qui poussait ce dernier \u00e0 taxer l\u2019Africain de \u00ab&nbsp;sauvage&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;barbare&nbsp;\u00bb. Aujourd\u2019hui, ces m\u00eames repr\u00e9sentations am\u00e8nent les Pygm\u00e9es \u00e0 \u00eatre qualifi\u00e9s par les non-Pygm\u00e9es de \u00ab&nbsp;primitifs&nbsp;\u00bb et des \u00ab&nbsp;sous-hommes&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi le <em>consciencisme<\/em> doit faire irruption dans le d\u00e9bat panafricanisme\/autochtonie pour r\u00e9orienter le \u00ab&nbsp;cadre de d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb des peuples pygm\u00e9es. Le panafricanisme pourra ainsi s\u2019enrichir d\u2019une dimension fondamentale en termes historiques et d\u2019enjeux de droit international, de bonne gouvernance, de justice sociale et de d\u00e9mocratie en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Apports panafricanistes et besoins \u00ab&nbsp;autochtonistes&nbsp;\u00bb pour un essor d\u2019endog\u00e9nisme<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En&nbsp;revendiquant un \u00ab&nbsp;droit d\u2019inventaire&nbsp;\u00bb (Liauzu, 2004, p.&nbsp;27) d\u00e9clin\u00e9 sur l\u2019ensemble des dispositifs et modalit\u00e9s explor\u00e9 par le continent africain dans sa qu\u00eate de dignit\u00e9, le panafricanisme pr\u00f4ne la d\u00e9fense de droits multiples, dont ceux d\u2019une \u00ab&nbsp;race&nbsp;\u00bb noire qui refuse de se plier aux \u00ab&nbsp;\u00e9vidences&nbsp;\u00bb de l\u2019histoire. En effet, n\u00e9 au c\u0153ur de multiples pressions esclavagistes et colonialistes en Am\u00e9rique du Nord, en Afrique, aux Cara\u00efbes, en Europe et en Am\u00e9rique du Sud (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;27), le panafricanisme est \u00e9prouv\u00e9 par une effective mobilisation politique, id\u00e9ologique et culturelle des diff\u00e9rentes sensibilit\u00e9s n\u00e9gro-africaines en qu\u00eate d\u2019identit\u00e9. Pour conduire son projet d\u2019une Afrique d\u2019\u00e9veil, ce mouvement s\u2019interdit toute sp\u00e9cialisation&nbsp;; son empreinte et ses origines africaines induisent une action structur\u00e9e sur le socle d\u2019une d\u00e9finition syst\u00e9matique dont rendent compte, d\u2019une part, le besoin d\u2019exister et, d\u2019autre part, la n\u00e9cessit\u00e9 de disposer d\u2019une strat\u00e9gie de d\u00e9fense de l\u2019identit\u00e9 africaine<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. W.E.B Du&nbsp;Bois<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> \u00e9crit \u00e0 cet effet&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si les N\u00e8gres doivent devenir un facteur dans l\u2019histoire du monde, ce sera gr\u00e2ce \u00e0 un mouvement pan-n\u00e8gre \u00e0 travers une organisation de la race, une solidarit\u00e9 de la race, une unit\u00e9 de la race.&nbsp;\u00bb (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;27).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Marquages, h\u00e9ritages et usages du panafricanisme &nbsp;<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Ainsi, le panafricanisme saisit d\u00e8s le d\u00e9but l\u2019urgence de cr\u00e9er les conditions favorables \u00e0 sa diffusion, avec l\u2019intention de maximiser son implantation sur le continent et les espaces n\u00e9gro-africains. L\u2019objectif \u00e9tant ici de porter le message panafricaniste au c\u0153ur du bastion imp\u00e9rial qu\u2019est l\u2019Afrique. En l\u2019occurrence, l\u2019effort panafricaniste se consolide dans la perspective d\u2019infl\u00e9chir le cours d\u2019une histoire o\u00f9 l\u2019Afrique et le Noir n\u2019ont cess\u00e9 de faire l\u2019objet de calomnieuses projections occidentales. D\u00e8s lors, au travers de congr\u00e8s, de conf\u00e9rences et de rencontres promouvant les cultures n\u00e9gro-africaines, le mouvement panafricain cherche \u00e0 red\u00e9finir l\u2019histoire africaine. Ainsi, le congr\u00e8s inaugural qui se d\u00e9roule du 23&nbsp;au 25&nbsp;juillet 1900 \u00e0 Londres porte-t-il l\u2019essence d\u2019un \u00e9veil panafricain en qu\u00eate de reconnaissance<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si ce premier congr\u00e8s jette les bases d\u2019une \u00ab&nbsp;conversation&nbsp;\u00bb entre Africains et ressortissants afro-diasporiques issue de l\u2019histoire de la traite n\u00e9gri\u00e8re, il permet surtout d\u2019\u00e9veiller un imaginaire n\u00e9gro-africain, porteur d\u2019une vision continentale consciente de son potentiel culturel et de sa n\u00e9cessaire mise en valeur. Les productions historiographiques d\u2019Africains illustrent l\u2019inspiration qui s\u2019en suivit et la vivacit\u00e9 d\u2019une pens\u00e9e n\u00e8gre r\u00e9volutionnaire. En effet, on vit appara\u00eetre tous les th\u00e8mes de l\u2019historiographie panafricaniste&nbsp;: l\u2019Afrique, berceau de l\u2019humanit\u00e9&nbsp;; l\u2019ant\u00e9riorit\u00e9 et l\u2019unit\u00e9 des civilisations n\u00e8gres&nbsp;; l\u2019exemplarit\u00e9 de l\u2019\u00c9thiopie \u00e0 travers sa tr\u00e8s longue histoire&nbsp;; l\u2019\u00e9clat de la vie politique, \u00e9conomique, culturelle et scientifique des \u00c9tats africains au Moyen \u00c2ge&nbsp;; les ravages de la traite et de l\u2019esclavage&nbsp;; la capacit\u00e9 de survie des soci\u00e9t\u00e9s africaines confront\u00e9es aux intrusions les plus destructrices&nbsp;; les r\u00e9sistances africaines \u00e0 l\u2019esclavage et aux dominations \u00e9trang\u00e8res&nbsp;; la proximit\u00e9 entre l\u2019islam et les cultures africaines (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;30).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, mis \u00e0 part les \u00e9chos favorables que suscite le panafricanisme aupr\u00e8s des Africains et des afro-descendants, c\u2019est dans une tribune de port\u00e9e mondiale pour les \u00ab&nbsp;minorit\u00e9s&nbsp;\u00bb qu\u2019il participe \u00e0 l\u2019essor des identit\u00e9s et des cultures se revendiquant de l\u2019Afrique. En effet, au cours de la conf\u00e9rence panafricaine de Londres, on voit intervenir des d\u00e9l\u00e9gations venues d\u2019Ha\u00efti, des Cara\u00efbes, des \u00c9tats-Unis, ou encore d\u2019Afrique du Sud. L\u2019une des conclusions issues de cette rencontre fut, sans surprise, l\u2019\u00ab&nbsp;appel aux Nations de l\u2019Univers&nbsp;\u00bb. Celui-ci indique notamment que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le probl\u00e8me du vingti\u00e8me si\u00e8cle est celui de la question de couleur, la question de savoir \u00e0 quel point les diff\u00e9rences ethniques, qui se manifestent principalement par la couleur de la peau et la qualit\u00e9 des cheveux, peuvent justifier le refus oppos\u00e9 \u00e0 plus de la moiti\u00e9 du genre humain, quant au partage int\u00e9gral des droits et privil\u00e8ges de la civilisation humaine.&nbsp;\u00bb (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;50).<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier congr\u00e8s panafricain de Paris du 19&nbsp;au 22&nbsp;f\u00e9vrier&nbsp;1919 vient r\u00e9affirmer la mise en perspective des groupes d\u2019essence africaine par le mouvement panafricaniste. Les r\u00e9solutions qui en d\u00e9coulent portent exigence sur les cinq&nbsp;principes par lesquels ces peuples entendent d\u00e9sormais \u00eatre gouvern\u00e9s, avec les orientations strat\u00e9giques qui leur sont \u00e9chues&nbsp;: la terre, le capital, le travail, l\u2019\u00e9ducation et l\u2019\u00c9tat. De plus, des pr\u00e9cautions avant-gardistes servent de garde-fous \u00e0 toute d\u00e9rive, tout abus et toute distorsion potentiellement retors quant \u00e0 la nouvelle image que se donne le Noir&nbsp;: \u00ab&nbsp;Chaque fois qu\u2019il sera prouv\u00e9 que les indig\u00e8nes africains ne sont pas trait\u00e9s correctement au sein d\u2019un \u00c9tat ou qu\u2019un \u00c9tat, quel qu\u2019il soit, exclut d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment de son corps politique et de sa culture, ses citoyens civilis\u00e9s ou ses sujets d\u2019origine noire, il incombera \u00e0 la Ligue des Nations de porter l\u2019affaire \u00e0 la connaissance du monde civilis\u00e9.&nbsp;\u00bb (UA-OIF, 2004)<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a lieu de souligner, dans sa construction culturelle africaine, l\u2019apport du mouvement panafricaniste \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation de la femme noire et, inversement, la contribution de celle-ci \u00e0 l\u2019ancrage du panafricanisme dans les espaces n\u00e9gro-africains. L\u2019implication des femmes dans les luttes d\u2019affirmation noire s\u2019inscrit dans une tradition s\u00e9culaire. Des exemples connus, \u00e0 l\u2019instar de la reine Njinga Mbandi d\u2019Angola (xvii<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle), Kimpa Vita du Kongo (xvii<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle), la reine Ndat\u00e9 Yalla du S\u00e9n\u00e9gal (xix<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle) ou encore Yaa Asantewaa du Ghana (xix<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle) d\u00e9tonnent avec l\u2019id\u00e9e d\u2019une gent f\u00e9minine soumise et domin\u00e9e. Le cas de l\u2019Afro-Am\u00e9ricaine Anna Julia Cooper m\u00e9rite d\u2019\u00eatre \u00e9voqu\u00e9. N\u00e9e sous l\u2019esclavage \u00e0 Raleigh en Caroline du Nord en 1858, elle int\u00e8gre une \u00e9cole normale ouverte par l\u2019\u00c9glise \u00e9piscopale protestante pour former des enseignants noirs, puis elle poursuit des \u00e9tudes sup\u00e9rieures en math\u00e9matiques, sciences, latin et grec, disciplines \u00e0 l\u2019\u00e9poque inaccessibles aux femmes noires. Elle soutiendra en France, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 66&nbsp;ans, une th\u00e8se de doctorat<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>. Seule femme noire accept\u00e9e au comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la conf\u00e9rence panafricaine de Londres, Anna Julia Cooper y prononcera une communication rest\u00e9e m\u00e9morable intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;The Negro Problem in America&nbsp;\u00bb (Unesco, 2015, p.&nbsp;34).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure, le panafricanisme favorise l\u2019essor des groupes ou entit\u00e9s dont le caract\u00e8re particulier est consid\u00e9r\u00e9 dans la construction de l\u2019identit\u00e9 et de la culture africaines. Qu\u2019il s\u2019agisse des indig\u00e8nes en Afrique, d\u2019afro-descendants aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 Ha\u00efti ou encore en Am\u00e9rique latine, qu\u2019il s\u2019agisse enfin des femmes, la construction panafricaniste fait siennes, tout au long de son \u00e9volution marqu\u00e9e par l\u2019essentialisme, les particularit\u00e9s qui constituent l\u2019ensemble africain. Il est ainsi apte \u00e0 prendre pour son compte les aspirations de l\u2019autochtonie en Afrique et des probl\u00e9matiques y aff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Panafricanisme et autochtonie pygm\u00e9e&nbsp;: convergence \u00e9pist\u00e9mologique&nbsp;<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Parce que le panafricanisme est bas\u00e9 sur la construction identitaire et culturelle du continent africain, un rapprochement avec l\u2019autochtonie est possible, tant sous une identit\u00e9 \u00ab&nbsp;en cours d\u2019\u00e9laboration&nbsp;\u00bb que dans sa qualit\u00e9 institutionnelle intranationale. Ceci \u00e9tant, la responsabilit\u00e9 premi\u00e8re du panafricanisme tient \u00e0 une communaut\u00e9 de destins, o\u00f9 les exigences fondant l\u2019essence de toute soci\u00e9t\u00e9 ne peuvent \u00eatre bafou\u00e9es sans la mettre en p\u00e9ril. Cela peut \u00eatre \u00e9tabli en confrontant, d\u2019une part, une disposition de la charte de la renaissance culturelle africaine et, d\u2019autre part, une r\u00e9f\u00e9rence issue de la Convention&nbsp;169 relative aux peuples indig\u00e8nes et tribaux<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. La charte affirme en effet \u00ab&nbsp;que toute communaut\u00e9 humaine est forc\u00e9ment r\u00e9gie par des r\u00e8gles et des principes fond\u00e9s sur la culture, et que la culture doit \u00eatre per\u00e7ue comme un ensemble de caract\u00e9ristiques linguistiques, spirituelles, mat\u00e9rielles, intellectuelles et \u00e9motionnelles de la soci\u00e9t\u00e9 ou d\u2019un groupe social et qu\u2019elle englobe, outre l\u2019art et la litt\u00e9rature, les modes de vie, les mani\u00e8res de vivre ensemble, les syst\u00e8mes de valeur, les traditions et les croyances&nbsp;\u00bb (UA, 2006, p.&nbsp;5)<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les peuples pygm\u00e9es d\u2019Afrique pr\u00e9sentent toutes les caract\u00e9ristiques de cette \u00ab&nbsp;communaut\u00e9 humaine&nbsp;\u00bb \u00e0 laquelle fait r\u00e9f\u00e9rence la charte&nbsp;; celles-ci font l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes depuis plusieurs si\u00e8cles<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>, avec pour fil conducteur la r\u00e9probation des marginalit\u00e9s et des drames successifs subis par les identit\u00e9s pygm\u00e9es dans une Afrique pr\u00e9-post-n\u00e9ocolonis\u00e9e<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la Convention&nbsp;169, rappelant les caract\u00e9ristiques historiques, sociopolitiques et anthropologiques des groupes auxquels l\u2019application du texte est d\u00e9di\u00e9e, pr\u00e9cise que les consid\u00e9rations y aff\u00e9rentes sont attribu\u00e9es \u00ab&nbsp;aux peuples tribaux dans les pays ind\u00e9pendants qui se distinguent des autres secteurs de la communaut\u00e9 nationale par leurs conditions sociales, culturelles et \u00e9conomiques et qui sont r\u00e9gis totalement ou partiellement par des coutumes ou des traditions qui leur sont propres ou par une l\u00e9gislation sp\u00e9ciale&nbsp;\u00bb (OIT, 1989). De plus, l\u2019\u00e9vocation de la colonisation et des ind\u00e9pendances comme points de rupture par lesquels les d\u00e9terminants existentiels structurant les nations d\u2019Afrique permettent de jeter les bases de l\u2019identit\u00e9 autochtone et permettent \u00e0 la Convention de s\u2019appliquer \u00ab&nbsp;aux peuples dans les pays ind\u00e9pendants qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme indig\u00e8nes du fait qu\u2019ils descendent des populations qui habitaient le pays, ou une r\u00e9gion g\u00e9ographique \u00e0 laquelle appartient le pays, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la conqu\u00eate ou de la colonisation ou de l\u2019\u00e9tablissement des fronti\u00e8res actuelles de l\u2019\u00c9tat, et qui, quel que soit leur statut juridique, conservent leurs institutions sociales, \u00e9conomiques, culturelles et politiques propres ou certaines d\u2019entre elles&nbsp;\u00bb(OIT, 1989).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour finir, la Convention appelle \u00e0 la conservation du patrimoine des peuples concern\u00e9s. Elle demande que \u00ab&nbsp;des mesures sp\u00e9ciales [soient] adopt\u00e9es, en tant que besoin, en vue de sauvegarder les personnes, les institutions, les biens, le travail, la culture et l\u2019environnement des peuples int\u00e9ress\u00e9s&nbsp;\u00bb (OIT, 1989).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre, le choix de la protection de cultures particuli\u00e8res inscrit le panafricanisme et l\u2019autochtonie dans la perspective de la sauvegarde de \u00ab&nbsp;peuples menac\u00e9s de la Terre&nbsp;\u00bb (National Geographic Society, 1977, p.&nbsp;5). Bien plus, un tel engagement prend tout son sens dans un contexte o\u00f9 l\u2019adversit\u00e9 d\u2019une anthropologie de l\u2019agressivit\u00e9 et de l\u2019asservissement civilisationnel structure les relations entre groupes et peuples localis\u00e9s aussi bien hors du continent africain qu\u2019en son sein.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire des peuples africains et celle des \u00ab&nbsp;autochtones micro-africo\u00efdes<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb montrent que vivre son identit\u00e9, et surtout la faire attester, constituent un d\u00e9fi de survie. Le panafricanisme est appel\u00e9 \u00e0 rafra\u00eechir la m\u00e9moire continentale des frustrations subies par l\u2019Afrique lors de la lutte pour sa reconnaissance en tant que terre porteuse d\u2019identit\u00e9, de culture et de civilisation fragilis\u00e9es par des id\u00e9ologies assassines. Dans ce registre, des convergences multiformes d\u00e9terminent la conjoncture dans laquelle s\u2019entrelacent le mouvement panafricaniste et celui de l\u2019autochtonie pygm\u00e9e, \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019Afrique inscrit cette derni\u00e8re sur la voie du d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Consciencisme<\/em> panafricaniste pour d\u00e9coloniser le \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb des autochtones pygm\u00e9es<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0&nbsp;l\u2019heure o\u00f9 le d\u00e9veloppement constitue le paradigme fantasmatique de la gestion autonome des groupes pygm\u00e9es d\u2019Afrique, il faut s\u2019interroger sur l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019une d\u00e9marche moderniste des \u00c9tats-nations ind\u00e9pendants en tant qu\u2019entit\u00e9s \u00ab&nbsp;tut\u00e9laires&nbsp;\u00bb des peuples autochtones en g\u00e9n\u00e9ral, et des groupes pygm\u00e9es en particulier. Au regard des dispositifs des structures \u00e9tatiques, le d\u00e9veloppement des peuples autochtones se trouve \u00eatre du colonialisme recycl\u00e9<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>, il faut poser les bases d\u2019une incursion du panafricanisme dans la reproduction de l\u2019anthropologie primitiviste caract\u00e9ristique du d\u00e9veloppement.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>La colonialit\u00e9 d\u00e9veloppementaliste des peuples autochtones pygm\u00e9es<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Avec un passage marqu\u00e9 sur le continent africain, le d\u00e9veloppement<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> n\u2019a eu de cesse d\u2019\u00eatre d\u00e9cri\u00e9&nbsp;; une part de la production historiographique africaine et africaniste n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 le d\u00e9noncer comme option \u00e9conomique, sociale et culturelle susceptible de conduire l\u2019Afrique vers une v\u00e9ritable renaissance, \u00e0 l\u2019image de celle voulue par le panafricanisme<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. Bien plus, certains auteurs n\u2019y voient que la manifestation d\u2019un \u00ab&nbsp;humanisme colonial&nbsp;\u00bb (Mvomo Ela, 2015, p.&nbsp;300). Les plus affect\u00e9s le d\u00e9peignent comme une \u00e9preuve qui inscrit l\u2019Afrique dans un cycle de p\u00e9nibilit\u00e9 continue. Car, non sans avoir r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er les conditions d\u2019aisance et de bien-\u00eatre tant annonc\u00e9es aux populations africaines, le d\u00e9veloppement a \u00ab&nbsp;pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 imposer \u00e0 l\u2019Afrique certaines \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9s\u00a0\u00bb tir\u00e9es d\u2019un Occident arrim\u00e9 \u00e0 d\u2019autres r\u00e9alit\u00e9s, pour les \u00e9riger en dogmes vis-\u00e0-vis des peuples issus d\u2019un contexte socioculturel diff\u00e9rent. C\u2019est ainsi que la monnaie [\u2026] a d\u00fb \u00eatre impos\u00e9e par les m\u00e9tropoles occidentales en Afrique, cr\u00e9ant de ce fait l\u2019\u00e9conomie financi\u00e8re en lieu et place du troc, accentuant en outre le r\u00e9flexe mercantile et la culture du profit. Il en va de m\u00eame du rapport aux langues africaines&nbsp;\u00bb (Pondi, 2015, p.&nbsp;487).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si la litt\u00e9rature mondiale d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la condition africaine offre une pluralit\u00e9 de grilles d\u2019analyse des relations entre le d\u00e9veloppement et la colonisation, les manifestations d\u00e9clin\u00e9es sous diff\u00e9rentes formes, faisant \u00e9tat d\u2019une formulation analogue du bin\u00f4me d\u00e9veloppement-colonisation chez les peuples autochtones pygm\u00e9es, restent, elles, passablement mal appr\u00e9hend\u00e9es au sein des pays de la sous-r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"586\" height=\"405\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.01-carte1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26656\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.01-carte1-1.jpg 586w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.01-carte1-1-300x207.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 586px) 100vw, 586px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Carte 1&nbsp;: R\u00e9partition des peuples pygm\u00e9es en Afrique centrale (source&nbsp;: Bahuchet &amp; Robillard, 2012, p.&nbsp;17).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les peuples pygm\u00e9es d\u2019Afrique sont marqu\u00e9s par une crise de civilisation analogue \u00e0 celle dans laquelle les soci\u00e9t\u00e9s indig\u00e8nes furent autrefois propuls\u00e9es par l\u2019\u00e9conomie coloniale, et celle contre laquelle milite le panafricanisme aujourd\u2019hui. Ils se voient imposer des politiques d\u00e9veloppementalistes h\u00e9rit\u00e9es de l\u2019histoire coloniale qui perp\u00e9tuent la dialectique dominants\/domin\u00e9s entre Pygm\u00e9es, d\u2019une part, et \u00c9tat et non-Pygm\u00e9es, d\u2019autre part, g\u00e9n\u00e9rant les frustrations inh\u00e9rentes \u00e0 tout \u00e9cosyst\u00e8me colonial qui d\u00e9nie leur identit\u00e9, \u00e9rode leurs cultures, suscite et accentue un \u00e9cart\u00e8lement civilisationnel des jeunes g\u00e9n\u00e9rations, et stimule le d\u00e9calage soci\u00e9tal (Assam Otya\u2019a, 2022). Quant aux langues pygm\u00e9es, leur inexorable disparition est constat\u00e9e par bon nombre d\u2019auteurs (Assam Otya\u2019a, 2022, p.&nbsp;39). Ayant examin\u00e9 cette situation en Afrique centrale, Serge Bahuchet (1991, p.&nbsp;29) note ce qui suit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les praticiens de terrain comme les responsables politiques et administratifs reconnaissent maintenant les r\u00e9sultats limit\u00e9s des projets classiques, et peu \u00e0 peu un nouvel \u00e9tat d\u2019esprit se fait jour, o\u00f9 l\u2019on abandonnerait l\u2019id\u00e9e universelle des villages-pilotes d\u2019int\u00e9gration, pour des campagnes plus subtiles. Les gouvernements les plus \u00e9clair\u00e9s comme celui du Cameroun ont en effet engag\u00e9 des recherches sociologiques [\u2026] qui seraient pr\u00e9liminaires \u00e0 des projets d\u2019int\u00e9gration, leurs jeunes chercheurs s\u2019interrogent sur le bienfond\u00e9 du d\u00e9veloppement, et certains font le parall\u00e8le entre le pass\u00e9 colonial inflig\u00e9 \u00e0 leurs p\u00e8res, et ce que l\u2019\u00c9tat moderne inflige aux Pygm\u00e9es&nbsp;: le d\u00e9veloppement pygm\u00e9e doit-il passer n\u00e9cessairement par les \u00e9tapes que les ex-colonis\u00e9s ont subies&nbsp;?<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, Bertrand Iguigui et Edmond Fran\u00e7ois Ngagoum (Assam Otya\u2019a, 2022, pp.&nbsp;270-271) constatent que \u00ab&nbsp;fort de cette lapalissade, on constate que nos relations avec les Pygm\u00e9es emploient la m\u00eame grammaire active pour s\u2019op\u00e9rationnaliser au quotidien. En d\u2019autres termes, les Bantous, nous donc, r\u00e9p\u00e9tons au sujet des Pygm\u00e9es les m\u00eames pratiques qui ont \u00e9t\u00e9 en leur temps d\u00e9ploy\u00e9es par les occidentaux pour coloniser l\u2019Afrique. Les m\u00eames sentiments de sup\u00e9riorit\u00e9, les m\u00eames pr\u00e9pos\u00e9s au devoir de civiliser hier et de d\u00e9velopper aujourd\u2019hui. L\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et les imaginaires sociaux, on nage dans un cycle de (re)production sur le Pygm\u00e9e [\u2026] des m\u00eames r\u00e9flexes et pratiques&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pr\u00e9occupation n\u2019est donc pas sans fondement. Ainsi au Cameroun, S\u00e9v\u00e9rin&nbsp;C. Abega (1998, p.&nbsp;28) d\u00e9plore la p\u00e9rennisation du syst\u00e8me \u00e9ducatif colonial sur les Pygm\u00e9es, et d\u00e9nonce une \u00ab bantouisation&nbsp;\u00bb du peuple de la for\u00eat. J\u00e9r\u00f4me Lewis (1998, pp.&nbsp;79-105) condamne la spoliation des terres ancestrales des Pygm\u00e9es Batwa du Rwanda. Des pratiques analogues sont r\u00e9currentes et continuellement d\u00e9nonc\u00e9es chez les Aka et les Bayaka de la R\u00e9publique centrafricaine \u2013&nbsp;p\u00e9jorativement appel\u00e9s Baminga, un terme qui signifie \u00ab&nbsp;sous-hommes&nbsp;\u00bb (DW, 2021). En R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), des mesures ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment prises pour donner un statut moins empreint de \u00ab&nbsp;chosification&nbsp;\u00bb aux groupes pygm\u00e9es du pays<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>, en rompant ainsi avec des pratiques qui, depuis l\u2019\u00e9poque coloniale, ont install\u00e9 les groupes Mbuti dans un cycle de violence et de guerre qui occasionna le massacre de quarante-six d\u2019entre eux en janvier&nbsp;2021 (VOA, 2021, consult\u00e9 le 01\/01\/2023). Au Burundi, des d\u00e9nonciations mettant en relief l\u2019oppression, la discrimination et l\u2019abandon des Pygm\u00e9es Batwa sont fr\u00e9quemment formul\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autorit\u00e9s (Nicayenzi, 1998, pp.&nbsp;11-14). Sont \u00e9galement source de pr\u00e9occupation, les donn\u00e9es statistiques relatives \u00e0 la d\u00e9mographie des peuples autochtones d\u2019Afrique centrale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"790\" height=\"524\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.02-figure1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26658\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.02-figure1-1.jpg 790w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.02-figure1-1-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.02-figure1-1-768x509.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 790px) 100vw, 790px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure 1&nbsp;: Estimation du nombre de Pygm\u00e9es en Afrique centrale en&nbsp;2013 (source&nbsp;: donn\u00e9es compuls\u00e9es \u00e0 partir du sondage Gitpa&nbsp;2013, <\/strong><a href=\"http:\/\/www.gitpa.org\"><strong>www.gitpa.org<\/strong><\/a><strong>).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces donn\u00e9es restent une probl\u00e9matique majeure. Dans tous les pays, leur caract\u00e8re al\u00e9atoire dessert aussi bien le travail des associations que celui des pouvoirs publics des \u00c9tats concern\u00e9s. Ainsi, alors que le Cameroun n\u2019a pas actualis\u00e9 ses chiffres depuis les ann\u00e9es&nbsp;1970, la RDC conna\u00eet une querelle interminable entre les associations qui estiment la population pygm\u00e9e \u00e0 deux&nbsp;millions, pendant que l\u2019\u00c9tat avance une valeur autour de six&nbsp;cent mille individus<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son optique de \u00ab&nbsp;d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb des peuples pygm\u00e9es, le Cameroun a opt\u00e9 pour un outil de gestion politico-administrative assorti d\u2019un budget qui n\u2019a cess\u00e9 de cro\u00eetre au fil des ans<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>. En effet, le plan de d\u00e9veloppement des peuples pygm\u00e9es (PDPP) voit le jour \u00e0 la fin de l\u2019initiative pays pauvres tr\u00e8s endett\u00e9s (PPTE)<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> en&nbsp;2006. Depuis lors, les attributs civilisationnels pygm\u00e9es n\u2019ont cess\u00e9 de d\u00e9p\u00e9rir en d\u00e9pit de leurs efforts pour r\u00e9sister et maintenir leur patrimoine culturel (Bahuchet, 1991, p.&nbsp;29), les objectifs strat\u00e9giques du PDPP se sont appliqu\u00e9s syst\u00e9matiquement<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"974\" height=\"598\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.03-otya_a-tableau1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26660\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.03-otya_a-tableau1-1.jpg 974w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.03-otya_a-tableau1-1-300x184.jpg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.03-otya_a-tableau1-1-768x472.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 974px) 100vw, 974px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Tableau 1&nbsp;: Domaines et objectifs prioritaires du PDPP (source&nbsp;: Assam Otya\u2019a, 2022, p.&nbsp;166).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Analys\u00e9 dans un contexte de relation coloniale, le PDPP se veut exhaustif dans la r\u00e9solution des probl\u00e8mes des communaut\u00e9s pygm\u00e9es. Ainsi, il veut faciliter l\u2019acc\u00e8s des peuples pygm\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9ducation formelle<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>. Concernant la sant\u00e9, il s\u2019agit globalement d\u2019int\u00e9resser les Pygm\u00e9es aux m\u0153urs sanitaires modernes. Bien que la citoyennet\u00e9 tende \u00e0 n\u2019\u00eatre consacr\u00e9e qu\u2019aux Baka, ce volet int\u00e8gre l\u2019accompagnement de tous les Pygm\u00e9es vers une conscience nationale et r\u00e9publicaine<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>. Le domaine agricole pr\u00f4ne quant \u00e0 lui l\u2019aspect participatif des b\u00e9n\u00e9fices que les peuples pygm\u00e9es tirent de l\u2019exploitation foresti\u00e8re. La cohabitation entre les groupes est au c\u0153ur du projet, en soignant les relations entre les communaut\u00e9s, tout comme l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre des peuples pygm\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"879\" height=\"518\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.04-figure2-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26661\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.04-figure2-1.jpg 879w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.04-figure2-1-300x177.jpg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.04-figure2-1-768x453.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 879px) 100vw, 879px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure 2&nbsp;: Budget consomm\u00e9 du PDPP de septembre 2007 \u00e0 d\u00e9cembre 2019 (source&nbsp;: Assam Otya\u2019a, 2022, p.&nbsp;170.).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le PDPP couvre les communes pygm\u00e9es des r\u00e9gions Sud, Centre et Est. La phase&nbsp;1 (2007-2009) ne concerne que la r\u00e9gion du Sud, son budget est de 385&nbsp;435&nbsp;000&nbsp;FCFA (700&nbsp;790&nbsp;$US). Avec une dotation de 237&nbsp;850&nbsp;000&nbsp;FCFA (432&nbsp;454&nbsp;$US) accord\u00e9e \u00e0 l\u2019investissement, PDPP&nbsp;1 traduit ainsi la n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse d\u2019organiser les structures sur lesquelles le plan compte s\u2019appuyer. En plus de la r\u00e9gion Sud, le PDPP&nbsp;2 (2009-2013) inclut celles du Centre et de l\u2019Est, et a un budget de 2&nbsp;521&nbsp;000&nbsp;000&nbsp;FCFA (4&nbsp;583&nbsp;636&nbsp;$US). Il octroie des bourses pour la formation en coll\u00e8ges et lyc\u00e9es, ainsi que la cr\u00e9ation de formations professionnelles dont l\u2019objectif n\u2019est gu\u00e8re sans rappeler le discours colonial&nbsp;: \u00ab&nbsp;Faire \u00e9merger une \u00e9lite pygm\u00e9e&nbsp;\u00bb (PNDP, 2009), pour cela, le programme a un budget de 130&nbsp;000&nbsp;000&nbsp;FCFA (236&nbsp;363&nbsp;$US)&nbsp;; PDPP&nbsp;2 int\u00e8gre \u00e9galement la formation aux petits m\u00e9tiers, et y alloue 30&nbsp;000&nbsp;000&nbsp;FCFA (54&nbsp;545&nbsp;$US) (PNDP, 2009, p.&nbsp;34). La phase&nbsp;3 du PDPP (2018-2021) a un budget initial de 852&nbsp;000&nbsp;000&nbsp;FCFA (1&nbsp;549&nbsp;090&nbsp;$US), l\u2019accent est mis sur le renforcement des capacit\u00e9s avec 299&nbsp;300&nbsp;000&nbsp;FCFA (54&nbsp;4181&nbsp;$US).<\/p>\n\n\n\n<p>Le drame caus\u00e9 par l\u2019action \u00e9tatique resserre un peu plus l\u2019\u00e9tau de l\u2019extinction civilisationnelle des groupes autochtones pygm\u00e9es. En effet, l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me forestier est sous le contr\u00f4le des pouvoirs publics, et ce depuis l\u2019\u00e9poque coloniale (Bigombe Logo &amp; Dabire Atamana, 2002, p.&nbsp;9). Dans ce contexte, des coupes de bois s\u2019op\u00e8rent en continu, extirpant les groupes pygm\u00e9es hors de la for\u00eat sur laquelle est pourtant index\u00e9 leur syst\u00e8me traditionnel.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"464\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.05-carte2-1-1024x464.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26662\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.05-carte2-1-1024x464.jpg 1024w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.05-carte2-1-300x136.jpg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.05-carte2-1-768x348.jpg 768w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.05-carte2-1.jpg 1469w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Carte 2&nbsp;: \u00c9volution de l\u2019exploitation foresti\u00e8re au Cameroun de 1959 \u00e0 2002 (source&nbsp;: Vande Weghe, 2002, pp.&nbsp;322-323).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La carte&nbsp;2 montre que la superficie exploit\u00e9e est pass\u00e9e de 1,79&nbsp;million d\u2019hectares en 1959 \u00e0 17,3&nbsp;millions en 2002. Le sch\u00e9ma de l\u2019exploitation foresti\u00e8re attribue aux gouvernements africains la fonction de \u00ab&nbsp;sous-traitants&nbsp;\u00bb, parmi une pl\u00e9thore de multinationales. Bien plus, la destination des ressources et les d\u00e9cisions politiques transitent uniquement par ces gouvernements, quand bien m\u00eame la destination des produits reste l\u2019Occident ou la Chine&nbsp;: une continuation du syst\u00e8me colonial de jadis et un d\u00e9fi \u00e0 relever pour le mouvement panafricaniste sollicit\u00e9 pour une pratique r\u00e9gionale de l\u2019exploitation foresti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"561\" height=\"361\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.06-figure3-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26663\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.06-figure3-1.jpg 561w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.06-figure3-1-300x193.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 561px) 100vw, 561px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure 3&nbsp;: Production annuelle de bois rond (m\u00e8tres cubes) dans les pays du bassin du Congo de 1990 \u00e0 2009 (source&nbsp;: Megavand et&nbsp;al., 2013, p.&nbsp;42).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec pr\u00e8s de 450&nbsp;000&nbsp;kilom\u00e8tres carr\u00e9s de for\u00eat actuellement en concession, l\u2019exploitation foresti\u00e8re industrielle est pratiqu\u00e9e de mani\u00e8re variable dans les six&nbsp;pays du bassin du Congo. La figure&nbsp;3 montre que le Gabon et le Cameroun sont les plus grands producteurs de bois rond, alors que la RDC, qui enregistre la plus faible activit\u00e9 de production derri\u00e8re la R\u00e9publique centrafricaine ou encore la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, renferme plus de 60&nbsp;% de la surface foresti\u00e8re totale du bassin du Congo (Megavand et&nbsp;al., 2013, p.&nbsp;42).<\/p>\n\n\n\n<p>Au&nbsp;Cameroun, ce ph\u00e9nom\u00e8ne force la s\u00e9dentarisation des groupes pygm\u00e9es. Ceux-ci jonchent d\u00e9sormais les routes poussi\u00e9reuses des campagnes, \u00e0 l\u2019instar des Baka comme le montre la carte&nbsp;3 ci-apr\u00e8s&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"308\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.07-carte3-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26664\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.07-carte3-1.jpg 400w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.07-carte3-1-300x231.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Carte 3&nbsp;: Localisation des Baka en bordure des routes dans le Sud-Est Cameroun (source&nbsp;: Leclerc, 2012, p.&nbsp;47).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9dentarisation des Pygm\u00e9es au Cameroun d\u00e9bute en&nbsp;1966. Inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019exploitation foresti\u00e8re, l\u2019id\u00e9e de fixer les Pygm\u00e9es fait partie des \u00ab&nbsp;offres&nbsp;\u00bb d\u2019optimisation d\u2019un mod\u00e8le de vie \u00ab&nbsp;d\u00e9velopp\u00e9e&nbsp;\u00bb. Ainsi, cette s\u00e9dentarisation constitue un volet du PDPP. Celle-ci expose les groupes \u00e0 une rupture spatiale qui ignore le droit international, qui souligne la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger les peuples autochtones et leurs savoirs ancestraux (OIT, 1989). La carte&nbsp;3 montre la s\u00e9dentarisation des Baka dans le Sud-Est Cameroun. Plusieurs dizaines de villages, construits sur le mod\u00e8le bantou, sont d\u00e9sormais habit\u00e9s par les Baka. Une situation critique aux origines de moult mutations allant de la d\u00e9mographie galopante, aux crises sanitaires (Ndzana, 2020, p.&nbsp;363), en passant par des recompositions anarchiques des populations. Tout ceci introduit une destruction lente mais inexorable du patrimoine pygm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Au&nbsp;Cameroun, le malaise des groupes pygm\u00e9es est accentu\u00e9 par un partage forestier d\u00e9savantageux (carte&nbsp;3) et par des mouvements migratoires (forc\u00e9s), dont le point de chute est le bord des routes, avec les conditions de vie mis\u00e9rables qui en d\u00e9coulent (carte&nbsp;4).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"702\" height=\"642\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.08-carte4-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26665\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.08-carte4-1.jpg 702w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.08-carte4-1-300x274.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 702px) 100vw, 702px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Carte 4&nbsp;: R\u00e9partition des terres allou\u00e9es dans le Sud-Est Cameroun (source&nbsp;: Pyh\u00e4l\u00e4, 2012, p.&nbsp;11).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est seulement dans les for\u00eats communales que les populations riveraines sont autoris\u00e9es \u00e0 pratiquer des activit\u00e9s agricoles pr\u00e9cises. Dans un environnement o\u00f9 la quasi-totalit\u00e9 de la faune est prot\u00e9g\u00e9e, les Pygm\u00e9es sont r\u00e9duits \u00e0 des exp\u00e9dients<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>. L\u2019intervention du panafricanisme dans la gestion \u00e9quitable des \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers est donc \u00e0 souhaiter, d\u2019autant que les groupes pygm\u00e9es entretiennent un lien fort avec leur habitat naturel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"954\" height=\"689\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.09-photo1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26666\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.09-photo1-1.jpg 954w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.09-photo1-1-300x217.jpg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/art.03.08.fr_.09-photo1-1-768x555.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 954px) 100vw, 954px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Photo 1&nbsp;: Nathana\u00ebl Assam Otya\u2019a et des Pygm\u00e9es devant une hutte et une case \u00e0 Ndjibot (Est-Cameroun) en novembre&nbsp;2005 (source&nbsp;: Assam Otya\u2019a, 2022, p.&nbsp;206).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019effort d\u2019adaptation des Pygm\u00e9es au d\u00e9veloppement participe d\u2019une capacit\u00e9 de r\u00e9silience qui ressort du maintien de la hutte dans l\u2019environnement social autochtone. \u00c9l\u00e9ment fondamental du patrimoine de la civilisation foresti\u00e8re, le sort de la hutte, et avec elle toute la richesse patrimoniale pygm\u00e9e, appelle le panafricanisme \u00e0 une intervention d\u2019urgence. La d\u00e9termination des groupes pygm\u00e9es \u00e0 sauver la hutte permet de r\u00e9appr\u00e9cier le d\u00e9bat de la colonisation et de ses h\u00e9ritages. Parmi eux, la lutte pour la reconnaissance de l\u2019identit\u00e9 autochtone, le droit \u00e0 la diff\u00e9rence et \u00e0 l\u2019humanit\u00e9, et la sauvegarde de la for\u00eat en constituent un p\u00e2le aper\u00e7u. Ainsi pour le panafricanisme, ces habitats traduisent une dualit\u00e9 architecturale dans laquelle cohabitent tradition et modernit\u00e9&nbsp;; \u00e0 travers ce dispositif, l\u2019int\u00e9gration ne signifie gu\u00e8re l\u2019\u00e9limination d\u2019un patrimoine identitaire hautement s\u00e9culaire (Assam Otya\u2019a, 2021, p.&nbsp;204).<\/p>\n\n\n\n<p>Les conditions de vie des groupes autochtones sont \u00e0 l\u2019ordre du jour de nombreux d\u00e9bats organis\u00e9s par les d\u00e9fenseurs des droits de ces groupes, \u00e0 l\u2019instar du colloque international de Kinshasa en novembre&nbsp;2021, ou encore du grand dialogue national sur la citoyennet\u00e9 et la participation politique des peuples pygm\u00e9es tenu \u00e0 Yaound\u00e9 en d\u00e9cembre&nbsp;2018. Il en ressort que la relation entre les peuples autochtones et les \u00c9tats-nations d\u2019Afrique fonctionne selon un colonialisme interne<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>L\u2019incursion panafricaniste dans le \u00ab&nbsp;d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb pygm\u00e9e&nbsp;: mettre fin \u00e0 l\u2019agonie autochtone<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019implication du panafricanisme dans l\u2019appropriation du d\u00e9veloppement autochtone impose, d\u2019une part, de r\u00e9interroger la place que les douleurs coloniales occupent dans la conscience africaine et, d\u2019autre part, appelle \u00e0 un repositionnement du colonialisme dans les textes.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis sa naissance officielle en&nbsp;1900, le panafricanisme \u0153uvre \u00e0 r\u00e9guler la balance d\u2019une conscience africaine meurtrie par de longs si\u00e8cles de calomnies occidentales&nbsp;; intervenant id\u00e9ologiquement et politiquement pour, tant\u00f4t, r\u00e9futer les fameuses th\u00e8ses de l\u2019\u00ab&nbsp;anhistoricit\u00e9&nbsp;\u00bb de l\u2019Afrique, tant\u00f4t trouver des solutions endog\u00e8nes au r\u00e9veil \u00e9conomique des peuples et des \u00c9tats africains. Ainsi, ses engagements vis-\u00e0-vis de la conscience historique mondiale en g\u00e9n\u00e9ral et africaine en particulier sondent l\u2019\u00e9quation d\u2019une citoyennet\u00e9 autochtone dans une Afrique qui tente de se d\u00e9faire d\u2019une domination coloniale.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous pr\u00e9texte de d\u00e9veloppement, le colonialisme interne pr\u00e9sente, avec le colonialisme classique, des difficult\u00e9s qui d\u00e9terminent leur lien ancestral (Assam Otya\u2019a, 2022, p.&nbsp;22). En effet, les soci\u00e9t\u00e9s colonis\u00e9es se construisent \u00e0 partir d\u2019une conception axiologique de la soci\u00e9t\u00e9. Hier comme aujourd\u2019hui, la fracture sociale n\u00e9e du colonialisme interne pr\u00e9sente des in\u00e9galit\u00e9s structurelles, totales et vou\u00e9es \u00e0 durer (Assam Otya\u2019a, 2022, p.&nbsp;23).<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u2019abord, la structure sociale dans un tel contexte montre deux p\u00f4les antagonistes&nbsp;: d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le \u00ab&nbsp;centre f\u00e9odal&nbsp;\u00bb et la p\u00e9riph\u00e9rie infra-urbaine, et de l\u2019autre le \u00ab&nbsp;Nord&nbsp;\u00bb et le \u00ab&nbsp;Sud&nbsp;\u00bb. La conception de la soci\u00e9t\u00e9 est ici fortement tributaire d\u2019une histoire coloniale dont le pays tire son ascendance&nbsp;; par cons\u00e9quent, cette soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente un caract\u00e8re dualiste (Assam Otya\u2019a, 2022). Gonz\u00e1lez Casanova (1964, p.&nbsp;293) en d\u00e9crit les contours<em>&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les soci\u00e9t\u00e9s dualistes r\u00e9sultent du contact de deux civilisations dont l\u2019une est techniquement plus avanc\u00e9e que l\u2019autre&nbsp;; mais cette soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9sulte aussi du d\u00e9veloppement colonial, des relations entre \u00ab\u00a0Europ\u00e9en \u00e9volu\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0indig\u00e8ne archa\u00efque\u00a0\u00bb. La structure coloniale est \u00e9troitement li\u00e9e au d\u00e9veloppement dans l\u2019in\u00e9galit\u00e9 \u2013&nbsp;technique, institutionnelle, culturelle&nbsp;\u2013 et \u00e0 des formes d\u2019exploitation combin\u00e9e, simultan\u00e9es et non pas successives comme cela se produit dans le mod\u00e8le classique du d\u00e9veloppement.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, les in\u00e9galit\u00e9s n\u00e9es du colonialisme classique et du colonialisme interne sont fond\u00e9es sur la globalisation de la pr\u00e9carit\u00e9 du group \u00ab&nbsp;archa\u00efque&nbsp;\u00bb, le confinant dans une arri\u00e9ration fondamentale au regard de la dignit\u00e9 humaine. En l\u2019\u00e9tat actuel, de la m\u00eame fa\u00e7on que l\u2019Afrique est en retard dans tous les domaines d\u2019activit\u00e9s conventionnelles par rapport \u00e0 l\u2019Occident, il en est de m\u00eame pour les Pygm\u00e9es par rapport aux non-Pygm\u00e9es (Assam Otya\u2019a, 2022, p.&nbsp;24).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, toute analyse visant \u00e0 comprendre les causes du \u00ab&nbsp;retard&nbsp;\u00bb des peuples domin\u00e9s, ou toute initiative de r\u00e9sorption de leur pr\u00e9carit\u00e9 se heurtent \u00e0 des blocages politique et socioculturel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cadre, comment les Africains en g\u00e9n\u00e9ral et les peuples autochtones pygm\u00e9es en particulier peuvent-ils (encore) croire en l\u2019id\u00e9al panafricaniste&nbsp;? La nouvelle m\u00e9moire du panafricanisme doit d\u00e8s lors se construire autour de son combat initial de valorisation des peuples indig\u00e8nes, et de celui, nouvellement d\u00e9termin\u00e9, de leur citoyennet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il est vrai, comme l\u2019\u00e9crit Nkrumah (1964, p.&nbsp;98), que le <em>consciencisme<\/em> a pour but \u00ab&nbsp;de rendre \u00e0 l\u2019Afrique ses principes sociaux humanistes et \u00e9galitaires&nbsp;\u00bb aux fins de \u00ab&nbsp;reconstituer la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9galitaire&nbsp;\u00bb, le mouvement panafricaniste doit d\u00e9sormais \u0153uvrer \u00e0 l\u2019\u00e9radication, ou \u00e0 la minoration, du colonialisme interne chez les peuples autochtones pygm\u00e9es, dans une Afrique qui peine \u00e0 tirer des le\u00e7ons de sa m\u00e9moire coloniale<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Vus de l\u2019int\u00e9rieur, le mouvement panafricaniste et ses implications sur la m\u00e9moire africaine participent \u00e0 sortir des consid\u00e9rations politiques et identitaires le droit autochtone \u00e0 la diff\u00e9rence, et le drame induit par le d\u00e9litement d\u2019une civilisation mill\u00e9naire<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>. Il en appelle ainsi \u00e0 une responsabilisation des forces dominantes se r\u00e9clamant du mouvement panafricaniste, pour r\u00e9affirmer, dans une orientation nouvelle, les valeurs d\u2019\u00e9galit\u00e9 de l\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00c9tats d\u2019Afrique sont somm\u00e9s d\u2019inscrire le colonialisme dans une nouvelle historicit\u00e9 qui rompt radicalement avec les tendances historiographiques jusque-l\u00e0 dominantes dans la litt\u00e9rature, en d\u00e9passant la vision de la colonisation comme abomination<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>. Cette nouvelle litt\u00e9rature de la colonisation prouve que l\u2019Afrique assume sa responsabilit\u00e9 d\u2019une perp\u00e9tuation de son histoire coloniale (Stengers, 2004, pp.&nbsp;51-53). Ainsi, coloniser les peuples pygm\u00e9es n\u00e9cessite pour les peuples anciennement colonis\u00e9s de l\u00e9gitimer l\u2019imp\u00e9rialisme europ\u00e9en en Afrique, afin de s\u2019inscrire dans la continuit\u00e9 historique (Assam Otya\u2019a, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le mouvement panafricaniste, cette contrainte se r\u00e9v\u00e8le r\u00e9dhibitoire. En effet, c\u2019est une chose que de constater les exc\u00e8s d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 africaine dont la m\u00e9moire d\u00e9structur\u00e9e semble marqu\u00e9e par l\u2019oubli des conditions douloureuses et des errances culturelles violemment divulgu\u00e9es dans la repr\u00e9sentation populaire des peuples d\u2019Afrique. Mais c\u2019en est une autre que d\u2019invalider tout ce qui a, jusqu\u2019ici, \u00e9t\u00e9 dit, \u00e9crit et pens\u00e9 au sujet de la colonisation en Afrique. En particulier, il est non n\u00e9gociable pour le panafricanisme de relativiser le caract\u00e8re criminel du colonialisme. D\u00e8s lors, l\u2019\u00e9laboration d\u2019un seuil de tol\u00e9rance de \u00ab&nbsp;d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb des peuples autochtones doit consid\u00e9rer la patrimonialisation, seule option respectueuse, et non le d\u00e9veloppement radicalement inscrit dans le m\u00e9pris des peuples (Verschave&amp; Hauser, 2004, p.&nbsp;7).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le panafricanisme est \u00e0 un tournant d\u00e9cisif de son histoire. Outre les luttes traditionnelles, il doit d\u00e9sormais normaliser les rapports entre les peuples autochtones d\u2019Afrique et les \u00c9tats-nations qui les abritent. Entre le colonialisme classique d\u2019hier et le colonialisme interne d\u2019aujourd\u2019hui, le mouvement panafricaniste est plus que jamais attendu. Les probl\u00e8mes culturels et identitaires des peuples autochtones questionnent la pr\u00e9carit\u00e9 engendr\u00e9e par un d\u00e9veloppement in\u00e9galitaire, assimilationniste et colonisateur des civilisations pygm\u00e9es. \u00c0&nbsp;c\u00f4t\u00e9 des versions officielles vant\u00e9es par l\u2019effort d\u2019un d\u00e9veloppement tous azimuts, des remises en question fondamentales surgissent tant en dehors du continent africain qu\u2019en son sein, indiquant qu\u2019il faut reconsid\u00e9rer toute l\u2019histoire du d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique, aussi bien pour les colonis\u00e9s d\u2019hier et les colonisateurs d\u2019aujourd\u2019hui (Rist, 2013, pp.&nbsp;369-391), que pour les peuples autochtones pygm\u00e9es d\u00e9sormais constitu\u00e9s comme une identit\u00e9 culturelle agonisante du d\u00e9veloppement (Latouche, 1991, pp.&nbsp;175-220). Dans ce registre, le panafricanisme doit proc\u00e9der \u00e0 un ressourcement, en empruntant dans les id\u00e9ologies <em>endog\u00e9niste<\/em> et <em>conscientiste.<\/em> Celles-ci doivent permettre de d\u00e9coloniser le d\u00e9veloppement afin de sauver l\u2019Afrique d\u2019un colonialisme que pourtant, elle ne cesse de condamner.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Abe, C. (2010). L\u2019offre scolaire \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de l\u2019attachement culturel chez les Pygm\u00e9es. Dans Pallante, G. (dir.), <em>Enseignement et culture<\/em>. Presses de l\u2019Universit\u00e9 catholique d\u2019Afrique centrale (Pucac).<\/p>\n\n\n\n<p>Abega, S. C. (1998). <em>Pygm\u00e9es Baka. Le droit \u00e0 la diff\u00e9rence.<\/em> Inades-Formation.<\/p>\n\n\n\n<p>Abega, S. C., Bigombe Logo, P. (2006). <em>La marginalisation des Pygm\u00e9es d\u2019Afrique centrale<\/em>. Afr\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Assam Otya\u2019a, N. (2021). <em>Les disparit\u00e9s bantou\/pygm\u00e9es au Cameroun&nbsp;: analyse des d\u00e9terminants historiques et socioculturels<\/em>. [Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 de Douala].<\/p>\n\n\n\n<p>Assam Otya\u2019a, N. (2022). <em>Les Pygm\u00e9es du Cameroun dans l\u2019\u00c9tat-nation&nbsp;: chroniques d\u2019une colonisation.<\/em> Dinimber &amp; Larimber.<\/p>\n\n\n\n<p>Bahuchet, S. (1991). Les Pygm\u00e9es d\u2019aujourd\u2019hui en Afrique centrale. <em>Journal des africanistes<\/em>, <em>61<\/em>(1).<\/p>\n\n\n\n<p>Bahuchet, S. (1993). <em>Histoire d\u2019une civilisation foresti\u00e8re.<\/em> Peeters SELAF.<\/p>\n\n\n\n<p>Bahuchet, S., Robillard, M. (2012). Les Pygm\u00e9es et les autres&nbsp;: terminologie, cat\u00e9gorisation et politique. <em>Journal des africanistes<\/em>, <em>82<\/em>(1\/2). <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/africanistes.4253\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/africanistes.4253<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Balandier, G. (1911). La situation coloniale&nbsp;: approche th\u00e9orique. <em>Cahiers internationaux de sociologie<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Bigombe Logo, P. (1998). Cameroun&nbsp;: Pygm\u00e9es, \u00c9tat et d\u00e9veloppement. L\u2019incontournable ajustement \u00e0 la modernit\u00e9. <em>L\u2019Afrique politique<\/em>. <em>Femmes d\u2019Afrique<\/em>, Karthala.<\/p>\n\n\n\n<p>Bigombe Logo, P., Dabire Atamana, B. (dir.) (2002). <em>G\u00e9rer autrement les conflits forestiers au Cameroun.<\/em> Presses de l\u2019Universit\u00e9 catholique d\u2019Afrique centrale (Pucac).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9saire, A. (1955). <em>Discours sur le colonialisme<\/em>. Pr\u00e9sence Africaine.<\/p>\n\n\n\n<p>DW (2021). <em>En RCA, les Pygm\u00e9es d\u00e9fendent leurs droits<\/em>. Consult\u00e9 le 01\/01\/2023 sur <a href=\"https:\/\/www.dw.com\/fr\/en-rca-les-pygm%C3%A9es-d%C3%A9fendent-leurs-droits\/a-58770259\">https:\/\/www.dw.com\/fr\/en-rca-les-pygm\u00e9es-d\u00e9fendent-leurs-droits\/a-58770259<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Epelboin, A. (2012). Fiert\u00e9 pygm\u00e9e et \u00ab&nbsp;pygmitude&nbsp;\u00bb&nbsp;: racisme et discriminations positives. <em>Journal des africanistes<\/em>,<em> 82<\/em>(1\/2). <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/africanistes.4280\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/africanistes.4280<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Etounga-Manguele, D. (2015a). L\u2019aventure du d\u00e9veloppement n\u2019est pas unidimensionnelle. Dans Pondi, J.-E. (dir.), <em>Repenser le d\u00e9veloppement \u00e0 partir de l\u2019Afrique<\/em>. Afr\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Etounga-Manguele, D. (2015b). <em>Peut-on gu\u00e9rir d\u2019une crise de civilisation&nbsp;? Propos sur la pathologie du sous-d\u00e9veloppement<\/em>. \u00c9ditions CL\u00c9.<\/p>\n\n\n\n<p>Global Forest Watch (2005). <em>Aper\u00e7u de la situation de l\u2019exploitation foresti\u00e8re au Cameroun.<\/em> Rapport de l\u2019Observatoire mondial des for\u00eats Cameroun.<\/p>\n\n\n\n<p>Gonz\u00e1lez Casanova, P. (1964). Soci\u00e9t\u00e9 plurale, colonialisme interne et d\u00e9veloppement. <em>Tiers-Monde<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Kabou, A. (1991). <em>Et si l\u2019Afrique refusait le d\u00e9veloppement&nbsp;?<\/em> L\u2019Harmattan.<\/p>\n\n\n\n<p>Latouche, S. (1991). <em>La plan\u00e8te des naufrag\u00e9s. Essai sur l\u2019apr\u00e8s-d\u00e9veloppement<\/em>. La&nbsp;D\u00e9couverte.<\/p>\n\n\n\n<p>Leclerc, C. (2012). <em>L\u2019adoption de l\u2019agriculture chez les Pygm\u00e9es Baka du Cameroun.<\/em> \u00c9ditions Quae.<\/p>\n\n\n\n<p>Lewis, J. (1998). Les Pygm\u00e9es Batwa&nbsp;: un peuple ignor\u00e9 au Rwanda. Dans Abega, S.&nbsp;C., Bigombe Logo, P., <em>La marginalisation des Pygm\u00e9es d\u2019Afrique Centrale<\/em>. Inades-Formation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Liauzu, C. (2004). <em>Colonisation&nbsp;: droit d\u2019inventaire.<\/em> Armand Colin, p.&nbsp;27.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Megavand, C., Mosnier,&nbsp;A., Hourticq,&nbsp;J., Sanders,&nbsp;K., Doetinchem,&nbsp;N., Streck,&nbsp;C. (2013). <em>Dynamiques de d\u00e9forestation dans le bassin du Congo.<\/em> Banque mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Mvomo Ela, W. (2015). Le concept de \u00ab&nbsp;mise en valeur&nbsp;\u00bb dans la politique de d\u00e9veloppement colonial de la France. Dans Pondi, J.-E. (dir.), <em>Repenser le d\u00e9veloppement \u00e0 partir de l\u2019Afrique<\/em>. Afr\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p>National Geographic Society (1977). <em>Peuples menac\u00e9s de la Terre.<\/em> Flammarion.<\/p>\n\n\n\n<p>Ndzana, I.&nbsp;B. (2020). Entre le recul de la for\u00eat et la difficile s\u00e9dentarisation&nbsp;: un d\u00e9fi d\u2019exister des Baka de la localit\u00e9 de Djoum au Sud Cameroun. Dans Pare, D., Zouyane, G. (dir.), <em>L\u2019identit\u00e9 en question. De la qu\u00eate de soi \u00e0 la rencontre de l\u2019autre<\/em>. Dinimber &amp; Larimber.<\/p>\n\n\n\n<p>Nicayenzi, L. (1998). Les Batwa et le d\u00e9veloppement au Burundi. Dans Abega, S.&nbsp;C., Bigombe Logo, P., <em>La marginalisation des Pygm\u00e9es d\u2019Afrique Centrale<\/em>. Inades-Formation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nkrumah, K. (1964). <em>Le consciencisme.<\/em> Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>OIT (1989, 7\u00a0juin). <em>Convention relative aux peuples indig\u00e8nes et tribaux<\/em>. Convention n<sup>o<\/sup>\u00a0169, Gen\u00e8ve, pr\u00e9ambule. <a href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/fr\/instruments-mechanisms\/instruments\/indigenous-and-tribal-peoples-convention-1989-no-169\">https:\/\/www.ohchr.org\/fr\/instruments-mechanisms\/instruments\/indigenous-and-tribal-peoples-convention-1989-no-169<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>P\u00e9ron, X. (1995). <em>L\u2019occidentalisation des Maasa\u00ef du Kenya.<\/em> L\u2019Harmattan.<\/p>\n\n\n\n<p>PNDP (2009, janvier). <em>Plan de d\u00e9veloppement des peuples pygm\u00e9es. Document de strat\u00e9gie de mise en \u0153uvre et plans d\u2019actions.<\/em> p.&nbsp;27. <a href=\"https:\/\/www.pndp.org\/documents\/P144637-PLAN_ACTION_PDPP_PNDP_3.pdf\">https:\/\/www.pndp.org\/documents\/P144637-PLAN_ACTION_PDPP_PNDP_3.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>PNDP (2018, 20 ao\u00fbt). <em>PDPP III&nbsp;: un guide pour une meilleure \u00e9ducation \u00e0 la citoyennet\u00e9<\/em>. <a href=\"https:\/\/www.pndp.org\/detail-actualite.php?idactualite=292\">https:\/\/www.pndp.org\/detail-actualite.php?idactualite=292<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Pondi, J.-E. (2015). Repenser le d\u00e9veloppement \u00e0 partir des sp\u00e9cificit\u00e9s africaines. Dans Pondi, J.-E. (dir.), <em>Repenser le d\u00e9veloppement \u00e0 partir de l\u2019Afrique<\/em>. Afr\u00e9dit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pyh\u00e4l\u00e4, A. (2012). <em>Quel avenir pour les Baka&nbsp;? Droits et moyens de subsistance des peuples autochtones dans le Sud-Est Cameroun.<\/em> IWGIA.<\/p>\n\n\n\n<p>Rist, G. (2013). <em>Le d\u00e9veloppement. Histoire d\u2019une croyance occidentale<\/em>. Les Presses de Sciences&nbsp;Po.<\/p>\n\n\n\n<p>Stengers, J. (2004). Les fonctions de l\u2019histoire dans la soci\u00e9t\u00e9. <em>Revue belge de philologie et d\u2019histoire<\/em>, <em>82<\/em>(1-2).<\/p>\n\n\n\n<p>Stora, B. (2006). Quand une m\u00e9moire (de guerre) peut en cacher une autre (coloniale). Dans Blanchard, P., Bancel, N., Lemaire, S., <em>La fracture coloniale<\/em>. La D\u00e9couverte.<\/p>\n\n\n\n<p>Unesco (2015). <em>Femmes africaines, panafricanisme et renaissance africaine<\/em>. <a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000235231\">https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000235231<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>UA-OIF (2004). <em>Le mouvement panafricaniste au vingti\u00e8me si\u00e8cle.<\/em> ENA, Panafrika, Silex, Nouvelles du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>UA (2006). <em>Charte de la renaissance culturelle africaine.<\/em> Pr\u00e9ambule. <a href=\"https:\/\/au.int\/sites\/default\/files\/pages\/32901-file-02_charter-african_cultural_renaissance_fr.pdf\">https:\/\/au.int\/sites\/default\/files\/pages\/32901-file-02_charter-african_cultural_renaissance_fr.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Vande Weghe, J.&nbsp;P. (2002). <em>For\u00eats d\u2019Afrique centrale. La nature et l\u2019Homme.<\/em> Lannoo.<\/p>\n\n\n\n<p>Vansina, J. (1985). L\u2019homme, les for\u00eats et le pass\u00e9 en Afrique. Annales<em>. \u00c9conomies<\/em>, <em>soci\u00e9t\u00e9s, civilisations<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Verschave, F.-X., Hauser, P. (2004). <em>Au m\u00e9pris des peuples<\/em>. <em>Le n\u00e9ocolonialisme franco-africain. <\/em>La fabrique \u00e9ditions.<\/p>\n\n\n\n<p>VOA (2021, 20 janvier). <em>Les Pygm\u00e9es congolais demandent une enqu\u00eate apr\u00e8s un massacre<\/em>. <a href=\"http:\/\/www.voaafrique.com-les-pygm\">www.voa afrique.com-les-pygm\u00e9es-congolais-demandent-une-enqu\u00eate-apr\u00e8s-un-massacre<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> \u00c0&nbsp;partir d\u2019un continuum historique factuel mettant bout \u00e0 bout les luttes de lib\u00e9ration des diasporas jama\u00efcaine et colombienne entre autres, certains auteurs laissent envisager l\u2019existence d\u2019un proto-panafricanisme en faisant ainsi remonter le mouvement depuis le xv<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Lire \u00e0 ce propos, LUP (2013).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Kwame Nkrumah (1909-1972) est un homme d\u2019\u00c9tat <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ind%C3%A9pendantisme\">ind\u00e9pendantiste<\/a> et <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Panafricaniste\">panafricaniste<\/a> <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ghana\">ghan\u00e9en<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Ces politiques sont variablement pr\u00e9sentes dans diff\u00e9rents pays d\u2019Afrique centrale \u00e0 l\u2019instar du Cameroun avec le plan de d\u00e9veloppement des peuples pygm\u00e9es (PDPP). Nous y revenons plus loin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Cette strat\u00e9gie int\u00e8gre simultan\u00e9ment les dimensions intellectuelles et politiques, toutes orient\u00e9es contre \u00ab&nbsp;les d\u00e9tracteurs de la race noire&nbsp;\u00bb. Lire UA-OIF (2004), p.&nbsp;30.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> W.E.B Du&nbsp;Bois (1868-1963) est un sociologue, historien, militant pour les droits civiques, militant panafricain, \u00e9ditorialiste et \u00e9crivain am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Avec 1900 comme date et Londres comme cadre, ce premier congr\u00e8s sous-entend exploiter simultan\u00e9ment la capitale de la plus grande puissance coloniale et l\u2019entr\u00e9e dans le xx<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle pour inaugurer la premi\u00e8re action r\u00e9volutionnaire de l\u2019ensemble n\u00e9gro-africain.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> Dans le m\u00eame sillage, la D\u00e9claration des droits des peuples n\u00e8gres du monde adopt\u00e9e lors de la convention tenue \u00e0 New York en 1920 proclame l\u2019\u00e9galit\u00e9 de plein droit entre les N\u00e8gres et le reste de la communaut\u00e9 humaine (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;101). Congr\u00e8s, associations et festivals panafricanistes s\u2019organisent entre 1921 (congr\u00e8s panafricains, Londres et Bruxelles) et 1963 (conf\u00e9rence internationale des \u00c9tats ind\u00e9pendants d\u2019Afrique, Addis-Abeba).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> Th\u00e8se intitul\u00e9e&nbsp;: <em>L\u2019attitude de la France sur la question de l\u2019esclavage entre la R\u00e9volution de 1789 et 1848.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> \u00c0&nbsp;titre comparatif, l\u2019article&nbsp;5 de la charte dispose comme un de ses principes dirigeants le \u00ab respect des identit\u00e9s nationales et r\u00e9gionales dans le domaine de la culture et celui des droits culturels des minorit\u00e9s&nbsp;\u00bb. Quant \u00e0 la Convention&nbsp;169, son article&nbsp;5 renforce le droit \u00e0 la diff\u00e9rence culturelle des peuples autochtones en rappelant qu\u2019il faudra : 1)&nbsp;\u00ab&nbsp;reconna\u00eetre et prot\u00e9ger les valeurs et les pratiques sociales, culturelles, religieuses et spirituelles de ces peuples et prendre d\u00fbment en consid\u00e9ration la nature des probl\u00e8mes qui se posent \u00e0 eux, en tant que groupes comme en tant qu\u2019individus&nbsp;\u00bb&nbsp;; et 2)&nbsp;\u00ab&nbsp;respecter l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des valeurs, des pratiques et des institutions desdits peuples&nbsp;\u00bb. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> Lire Bigombe Logo (1998, p.&nbsp;256)&nbsp;; Vansina (1985, p.&nbsp;1308)&nbsp;; Bahuchet (1993, p&nbsp;54)&nbsp;; Abega et Bigombe Logo (2006, p.&nbsp;7).&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> Relire \u00e0 titre d\u2019illustration Abega et Bigombe Logo (2006, pp.&nbsp;79-105).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Mathias \u00c9ric Owona Nguini, pr\u00e9face de Assam Otya\u2019a (2022, p.&nbsp;15).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> Lire Assam Otya\u2019a (2022) et P\u00e9ron (1995, pp.&nbsp;108-153 et plus).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> Gilbert Rist (2013, pp.&nbsp;40-48) d\u00e9finit le d\u00e9veloppement comme un \u00ab ensemble de pratiques qui, pour assurer la production sociale, obligent \u00e0 transformer et \u00e0 d\u00e9truire, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, le milieu naturel et les rapports sociaux en vue d\u2019une production croissante de biens et services destin\u00e9s, \u00e0 travers l\u2019\u00e9change, \u00e0 la demande solvable&nbsp;\u00bb. \u00c0&nbsp;cette d\u00e9finition, il importe d\u2019y associer une dimension id\u00e9ologique qui fait du d\u00e9veloppement en Afrique le reproducteur de toute la charge m\u00e9ta-symbolique du colonialisme et qui fait dire \u00e0 Wullson Mvomo Ela (2015, p.&nbsp;300) que le d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique rel\u00e8ve d\u2019un \u00ab&nbsp;humanisme colonial&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> Lire Etounga-Manguele (2015b, pp.&nbsp;10-15 et plus&nbsp;; 2015a, pp.&nbsp;419-433)&nbsp;; Kabou (1991, pp.&nbsp;92-133).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> Il est possible qu\u2019une certaine ironie soit contenue dans le vocable \u00ab&nbsp;gouvernements \u00e9clair\u00e9s&nbsp;\u00bb utilis\u00e9 par Bahuchet. Auquel cas, on pourrait relativiser cette ironie lorsqu\u2019on sait qu\u2019une part non n\u00e9gligeable de populations concern\u00e9es semble acquise au d\u00e9veloppement, pendant qu\u2019une autre continue d\u2019entretenir la nostalgie d\u2019une existence pygm\u00e9e bas\u00e9e sur le mod\u00e8le ancestral.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> L\u2019une de ces mesures est la loi du 15&nbsp;juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygm\u00e9es. C\u2019est la premi\u00e8re dans ce pays qui compte la plus grande population autochtone d\u2019Afrique centrale, soit environ un million d\u2019individus.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> <a href=\"https:\/\/www.ledevoir.com\/monde\/340771\/les-pygmees-chasses-de-la-foret\">https:\/\/www.ledevoir.com\/monde\/340771\/les-pygmees-chasses-de-la-foret<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> En d\u00e9pit de cette opportunit\u00e9 budg\u00e9taire, la mise en \u0153uvre du PDPP continue de rencontrer des difficult\u00e9s sur le terrain. En effet, des r\u00e9sistances demeurent, provenant de communaut\u00e9s pygm\u00e9es qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 afficher leur d\u00e9sapprobation sur les \u00ab&nbsp;offres de civilisation&nbsp;\u00bb d\u00e9coulant de la vision du d\u00e9veloppement. Lire Abe (2010, pp.&nbsp;219-240).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> C\u2019est ici qu\u2019il importe d&rsquo;interpeller avec la m\u00eame vigueur le panafricanisme. Car comment concevoir que des nations souveraines, qui parlent de \u00ab&nbsp;d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb, peuvent comp\u00e9titer pour s\u2019inscrire dans le PPTE, qui aur\u00e9ole leur \u00e9chec \u00e0 travers un \u00e9nonc\u00e9 horripil\u00e9 de leur pauvret\u00e9, de leur endettement, de leur \u00e9chec dans la poursuite du d\u00e9veloppement, pour ensuite vouloir imposer cette id\u00e9e \u00e0 une civilisation pygm\u00e9e dont les savoir-faire mill\u00e9naires et autosuffisants ont \u00e9t\u00e9 \u00e9prouv\u00e9s et attest\u00e9s par l\u2019histoire scientifique&nbsp;? Le panafricanisme doit permettre \u00e0 la conscience \u00ab&nbsp;nationale&nbsp;\u00bb africaine de se cr\u00e9er des perspectives construites bien au-del\u00e0 des consid\u00e9rations aussi honteuses que \u00ab&nbsp;l\u2019initiative PPTE&nbsp;\u00bb. La qu\u00eate et l\u2019av\u00e8nement de la souverainet\u00e9 \u00e9conomique, d\u00e9coulant de l\u2019union des peuples et (tous) les savoirs issus des identit\u00e9s agissantes continentales, sont les cr\u00e9dos de ce renouveau panafricaniste.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a> Si les \u00c9tats d\u2019Afrique centrale sont tenus \u00e0 des conditions de financement des projets de d\u00e9veloppement clairement formul\u00e9es par les bailleurs de fonds \u00e0 travers le cadre environnemental et social (CES) impos\u00e9 depuis&nbsp;2018 aux \u00c9tats emprunteurs par la Banque mondiale, le Cameroun et la RDC manifestent une volont\u00e9 d\u2019encadrement des peuples pygm\u00e9es remontant au lendemain des ind\u00e9pendances. Le Cameroun met ainsi en \u0153uvre, chaque d\u00e9cennie, des projets d\u00e9veloppementalistes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mille pieds&nbsp;\u00bb (1966)&nbsp;; \u00ab&nbsp;Villages pilotes&nbsp;\u00bb (1980-2000)&nbsp;; \u00ab&nbsp;For\u00eats et d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb (2000-2006). D\u00e8s lors, les pays concern\u00e9s doivent garantir la s\u00e9curit\u00e9 environnementale par la pr\u00e9servation des populations et consid\u00e9rer les impacts n\u00e9fastes de ces projets.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> Ce mod\u00e8le est celui promu par le syst\u00e8me public d\u2019\u00e9ducation nationale. Il est \u00e0 diff\u00e9rencier de celui non formel men\u00e9 en partie par les organisations non gouvernementales \u00e0 l\u2019instar de plan Cameroun dans la scolarisation des peuples pygm\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> La citoyennet\u00e9 semble tenir une place centrale dans les axes strat\u00e9giques du PDPP. Lire \u00e0 ce propos PNDP (2018, consult\u00e9 le 07\/05\/2020).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a> Reportage France&nbsp;24 YouTube \u00ab&nbsp;Cameroun&nbsp;: la mort \u00e0 petit feu des Pygm\u00e9es Baka.&nbsp;\u00bb (<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Jjcqm03Mm-4&amp;ab_channel=FRANCE24\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Jjcqm03Mm-4&amp;ab_channel=FRANCE24<\/a>). Lire aussi Global Forest Watch (2005, p.&nbsp;21).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> Sur le colonialisme interne, lire Gonz\u00e1lez Casanova (1964, pp.&nbsp;291-292).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> Au sujet des jeux de la m\u00e9moire en contexte africain postcolonial, lire Stora (2006, pp.&nbsp;42-47).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> Se rendre compte des visages d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 la situation coloniale dans Balandier (1911, p.&nbsp;5).&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a> Au premier rang des auteurs qui perfusent cette id\u00e9e, Aim\u00e9 C\u00e9saire (1955).&nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4546,"template":"","meta":[],"series-categories":[1349],"cat-articles":[1015],"keywords":[1611,1609,1017,1610,1612],"ppma_author":[501],"class_list":["post-26614","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-3","cat-articles-analyses-critiques","keywords-afrique-centrale","keywords-identites","keywords-panafricanisme","keywords-peuples-autochtones","keywords-sociohistoire","author-nathanael-assam-otyaa-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Panafricanisme et peuples autochtones pygm\u00e9es d\u2019Afrique | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/decolonizing-inclusion-pan-africanism-and-the-indigenous-pygmy-peoples-of-africa\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Panafricanisme et peuples autochtones pygm\u00e9es d\u2019Afrique | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Revisiter l\u2019histoire du panafricanisme montre que ce mouvement se fonde par essence et s\u2019appuie jusque dans sa raison d\u2019\u00eatre sur les aspirations de dignit\u00e9 port\u00e9es par le monde n\u00e9gro-africain. Qu\u2019on le fasse remonter au xve&nbsp;si\u00e8cle ou au d\u00e9but du xxe&nbsp;si\u00e8cle[1], la trajectoire de ce mouvement donne en effet un r\u00e9f\u00e9rencement multidirectionnel et pluridimensionnel qui embrasse l\u2019essentiel des \u00e9chos identitaires, culturels et politiques issus des luttes noires, avec un prestige relativement unanime sur le continent et en dehors. Or, en d\u00e9pit de la multiplicit\u00e9 des foyers d\u2019oppression auxquels le mouvement s\u2019est attaqu\u00e9 tout au long de son \u00e9volution, son empreinte culturelle ne s\u2019est gu\u00e8re index\u00e9e sur les conditions historiques d\u00e9volues aux peuples autochtones qui, pourtant, revendiquent leur africanit\u00e9 intrins\u00e8que. Le discours panafricain militant met en avant sa capacit\u00e9 et sa responsabilit\u00e9 d\u2019assumer les aspirations diverses de groupes et de factions se revendiquant de l\u2019Afrique. Ainsi, bien que sollicit\u00e9 par des identit\u00e9s \u00ab&nbsp;cr\u00e9oles&nbsp;\u00bb ou m\u00e9tiss\u00e9es, centro-africaines ou diasporiques, le panafricanisme r\u00e9sulte d\u2019une scission au sein de l\u2019essence identitaire et de l\u2019existence historique et sociale des Africains. Les donn\u00e9es th\u00e9oriques mobilis\u00e9es pour une analyse heuristique du panafricanisme, et de ses obligations vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00ab&nbsp;autochtonie&nbsp;\u00bb en Afrique, se rapportent, d\u2019une part, \u00e0 l\u2019endog\u00e9nisme des soci\u00e9t\u00e9s \u00ab&nbsp;micro-africo\u00efdes&nbsp;\u00bb et \u00e0 leurs savoirs mill\u00e9naires, et, d\u2019autre part, au consciencisme de Kwame Nkrumah[2]. En effet, si le panafricanisme doit se r\u00e9inventer \u00e0 travers une nouvelle dynamique d\u2019appropriation sur le continent, cela ne peut se faire sans une impulsion inclusive, prenant fait et cause pour les revendications des peuples pygm\u00e9es \u00e0 un moment o\u00f9 ces derniers con\u00e7oivent leur citoyennet\u00e9 nationale, africaine et panafricaine. Il en r\u00e9sulte donc, pour le mouvement panafricaniste, la n\u00e9cessit\u00e9 de sauvegarder des savoirs, des cultures, et des identit\u00e9s n\u00e9gro-africaines, en portant les voix autochtones d\u2019Afrique. Le consciencisme s\u2019entend ici comme th\u00e9orie d\u2019une r\u00e9volution panafricaniste qui \u0153uvre \u00e0 l\u2019autonomisation et \u00e0 l\u2019empowerment des peuples africains en g\u00e9n\u00e9ral et des groupes pygm\u00e9es en particulier, et ce dans un contexte de d\u00e9colonisation. En effet, d\u00e9colonisation et panafricanisme se rejoignent&nbsp;: ils supposent chacun un mouvement d\u2019affranchissement d\u2019une entrave coloniale. Or, il ressort des politiques publiques men\u00e9es \u00ab&nbsp;au b\u00e9n\u00e9fice&nbsp;\u00bb des peuples autochtones d\u2019Afrique en g\u00e9n\u00e9ral et des communaut\u00e9s pygm\u00e9es en particulier, une dynamique d\u00e9veloppementaliste fond\u00e9e sur un colonialisme interne[3]&nbsp;: les repr\u00e9sentations et pratiques li\u00e9es au d\u00e9veloppement des Pygm\u00e9es d\u2019Afrique centrale reproduisent la m\u00eame anthropologie primitiviste que celle qui fondait la \u00ab&nbsp;mission civilisatrice de l\u2019homme blanc&nbsp;\u00bb en Afrique, et qui poussait ce dernier \u00e0 taxer l\u2019Africain de \u00ab&nbsp;sauvage&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;barbare&nbsp;\u00bb. Aujourd\u2019hui, ces m\u00eames repr\u00e9sentations am\u00e8nent les Pygm\u00e9es \u00e0 \u00eatre qualifi\u00e9s par les non-Pygm\u00e9es de \u00ab&nbsp;primitifs&nbsp;\u00bb et des \u00ab&nbsp;sous-hommes&nbsp;\u00bb. C\u2019est pourquoi le consciencisme doit faire irruption dans le d\u00e9bat panafricanisme\/autochtonie pour r\u00e9orienter le \u00ab&nbsp;cadre de d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb des peuples pygm\u00e9es. Le panafricanisme pourra ainsi s\u2019enrichir d\u2019une dimension fondamentale en termes historiques et d\u2019enjeux de droit international, de bonne gouvernance, de justice sociale et de d\u00e9mocratie en Afrique. Apports panafricanistes et besoins \u00ab&nbsp;autochtonistes&nbsp;\u00bb pour un essor d\u2019endog\u00e9nisme En&nbsp;revendiquant un \u00ab&nbsp;droit d\u2019inventaire&nbsp;\u00bb (Liauzu, 2004, p.&nbsp;27) d\u00e9clin\u00e9 sur l\u2019ensemble des dispositifs et modalit\u00e9s explor\u00e9 par le continent africain dans sa qu\u00eate de dignit\u00e9, le panafricanisme pr\u00f4ne la d\u00e9fense de droits multiples, dont ceux d\u2019une \u00ab&nbsp;race&nbsp;\u00bb noire qui refuse de se plier aux \u00ab&nbsp;\u00e9vidences&nbsp;\u00bb de l\u2019histoire. En effet, n\u00e9 au c\u0153ur de multiples pressions esclavagistes et colonialistes en Am\u00e9rique du Nord, en Afrique, aux Cara\u00efbes, en Europe et en Am\u00e9rique du Sud (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;27), le panafricanisme est \u00e9prouv\u00e9 par une effective mobilisation politique, id\u00e9ologique et culturelle des diff\u00e9rentes sensibilit\u00e9s n\u00e9gro-africaines en qu\u00eate d\u2019identit\u00e9. Pour conduire son projet d\u2019une Afrique d\u2019\u00e9veil, ce mouvement s\u2019interdit toute sp\u00e9cialisation&nbsp;; son empreinte et ses origines africaines induisent une action structur\u00e9e sur le socle d\u2019une d\u00e9finition syst\u00e9matique dont rendent compte, d\u2019une part, le besoin d\u2019exister et, d\u2019autre part, la n\u00e9cessit\u00e9 de disposer d\u2019une strat\u00e9gie de d\u00e9fense de l\u2019identit\u00e9 africaine[4]. W.E.B Du&nbsp;Bois[5] \u00e9crit \u00e0 cet effet&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si les N\u00e8gres doivent devenir un facteur dans l\u2019histoire du monde, ce sera gr\u00e2ce \u00e0 un mouvement pan-n\u00e8gre \u00e0 travers une organisation de la race, une solidarit\u00e9 de la race, une unit\u00e9 de la race.&nbsp;\u00bb (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;27). Marquages, h\u00e9ritages et usages du panafricanisme &nbsp; Ainsi, le panafricanisme saisit d\u00e8s le d\u00e9but l\u2019urgence de cr\u00e9er les conditions favorables \u00e0 sa diffusion, avec l\u2019intention de maximiser son implantation sur le continent et les espaces n\u00e9gro-africains. L\u2019objectif \u00e9tant ici de porter le message panafricaniste au c\u0153ur du bastion imp\u00e9rial qu\u2019est l\u2019Afrique. En l\u2019occurrence, l\u2019effort panafricaniste se consolide dans la perspective d\u2019infl\u00e9chir le cours d\u2019une histoire o\u00f9 l\u2019Afrique et le Noir n\u2019ont cess\u00e9 de faire l\u2019objet de calomnieuses projections occidentales. D\u00e8s lors, au travers de congr\u00e8s, de conf\u00e9rences et de rencontres promouvant les cultures n\u00e9gro-africaines, le mouvement panafricain cherche \u00e0 red\u00e9finir l\u2019histoire africaine. Ainsi, le congr\u00e8s inaugural qui se d\u00e9roule du 23&nbsp;au 25&nbsp;juillet 1900 \u00e0 Londres porte-t-il l\u2019essence d\u2019un \u00e9veil panafricain en qu\u00eate de reconnaissance[6]. Si ce premier congr\u00e8s jette les bases d\u2019une \u00ab&nbsp;conversation&nbsp;\u00bb entre Africains et ressortissants afro-diasporiques issue de l\u2019histoire de la traite n\u00e9gri\u00e8re, il permet surtout d\u2019\u00e9veiller un imaginaire n\u00e9gro-africain, porteur d\u2019une vision continentale consciente de son potentiel culturel et de sa n\u00e9cessaire mise en valeur. Les productions historiographiques d\u2019Africains illustrent l\u2019inspiration qui s\u2019en suivit et la vivacit\u00e9 d\u2019une pens\u00e9e n\u00e8gre r\u00e9volutionnaire. En effet, on vit appara\u00eetre tous les th\u00e8mes de l\u2019historiographie panafricaniste&nbsp;: l\u2019Afrique, berceau de l\u2019humanit\u00e9&nbsp;; l\u2019ant\u00e9riorit\u00e9 et l\u2019unit\u00e9 des civilisations n\u00e8gres&nbsp;; l\u2019exemplarit\u00e9 de l\u2019\u00c9thiopie \u00e0 travers sa tr\u00e8s longue histoire&nbsp;; l\u2019\u00e9clat de la vie politique, \u00e9conomique, culturelle et scientifique des \u00c9tats africains au Moyen \u00c2ge&nbsp;; les ravages de la traite et de l\u2019esclavage&nbsp;; la capacit\u00e9 de survie des soci\u00e9t\u00e9s africaines confront\u00e9es aux intrusions les plus destructrices&nbsp;; les r\u00e9sistances africaines \u00e0 l\u2019esclavage et aux dominations \u00e9trang\u00e8res&nbsp;; la proximit\u00e9 entre l\u2019islam et les cultures africaines (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;30). Mais, mis \u00e0 part les \u00e9chos favorables que suscite le panafricanisme aupr\u00e8s des Africains et des afro-descendants, c\u2019est dans une tribune de port\u00e9e mondiale pour les \u00ab&nbsp;minorit\u00e9s&nbsp;\u00bb qu\u2019il participe \u00e0 l\u2019essor des identit\u00e9s et des cultures se revendiquant de l\u2019Afrique. 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Qu\u2019on le fasse remonter au xve&nbsp;si\u00e8cle ou au d\u00e9but du xxe&nbsp;si\u00e8cle[1], la trajectoire de ce mouvement donne en effet un r\u00e9f\u00e9rencement multidirectionnel et pluridimensionnel qui embrasse l\u2019essentiel des \u00e9chos identitaires, culturels et politiques issus des luttes noires, avec un prestige relativement unanime sur le continent et en dehors. Or, en d\u00e9pit de la multiplicit\u00e9 des foyers d\u2019oppression auxquels le mouvement s\u2019est attaqu\u00e9 tout au long de son \u00e9volution, son empreinte culturelle ne s\u2019est gu\u00e8re index\u00e9e sur les conditions historiques d\u00e9volues aux peuples autochtones qui, pourtant, revendiquent leur africanit\u00e9 intrins\u00e8que. Le discours panafricain militant met en avant sa capacit\u00e9 et sa responsabilit\u00e9 d\u2019assumer les aspirations diverses de groupes et de factions se revendiquant de l\u2019Afrique. Ainsi, bien que sollicit\u00e9 par des identit\u00e9s \u00ab&nbsp;cr\u00e9oles&nbsp;\u00bb ou m\u00e9tiss\u00e9es, centro-africaines ou diasporiques, le panafricanisme r\u00e9sulte d\u2019une scission au sein de l\u2019essence identitaire et de l\u2019existence historique et sociale des Africains. Les donn\u00e9es th\u00e9oriques mobilis\u00e9es pour une analyse heuristique du panafricanisme, et de ses obligations vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00ab&nbsp;autochtonie&nbsp;\u00bb en Afrique, se rapportent, d\u2019une part, \u00e0 l\u2019endog\u00e9nisme des soci\u00e9t\u00e9s \u00ab&nbsp;micro-africo\u00efdes&nbsp;\u00bb et \u00e0 leurs savoirs mill\u00e9naires, et, d\u2019autre part, au consciencisme de Kwame Nkrumah[2]. En effet, si le panafricanisme doit se r\u00e9inventer \u00e0 travers une nouvelle dynamique d\u2019appropriation sur le continent, cela ne peut se faire sans une impulsion inclusive, prenant fait et cause pour les revendications des peuples pygm\u00e9es \u00e0 un moment o\u00f9 ces derniers con\u00e7oivent leur citoyennet\u00e9 nationale, africaine et panafricaine. Il en r\u00e9sulte donc, pour le mouvement panafricaniste, la n\u00e9cessit\u00e9 de sauvegarder des savoirs, des cultures, et des identit\u00e9s n\u00e9gro-africaines, en portant les voix autochtones d\u2019Afrique. Le consciencisme s\u2019entend ici comme th\u00e9orie d\u2019une r\u00e9volution panafricaniste qui \u0153uvre \u00e0 l\u2019autonomisation et \u00e0 l\u2019empowerment des peuples africains en g\u00e9n\u00e9ral et des groupes pygm\u00e9es en particulier, et ce dans un contexte de d\u00e9colonisation. En effet, d\u00e9colonisation et panafricanisme se rejoignent&nbsp;: ils supposent chacun un mouvement d\u2019affranchissement d\u2019une entrave coloniale. Or, il ressort des politiques publiques men\u00e9es \u00ab&nbsp;au b\u00e9n\u00e9fice&nbsp;\u00bb des peuples autochtones d\u2019Afrique en g\u00e9n\u00e9ral et des communaut\u00e9s pygm\u00e9es en particulier, une dynamique d\u00e9veloppementaliste fond\u00e9e sur un colonialisme interne[3]&nbsp;: les repr\u00e9sentations et pratiques li\u00e9es au d\u00e9veloppement des Pygm\u00e9es d\u2019Afrique centrale reproduisent la m\u00eame anthropologie primitiviste que celle qui fondait la \u00ab&nbsp;mission civilisatrice de l\u2019homme blanc&nbsp;\u00bb en Afrique, et qui poussait ce dernier \u00e0 taxer l\u2019Africain de \u00ab&nbsp;sauvage&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;barbare&nbsp;\u00bb. Aujourd\u2019hui, ces m\u00eames repr\u00e9sentations am\u00e8nent les Pygm\u00e9es \u00e0 \u00eatre qualifi\u00e9s par les non-Pygm\u00e9es de \u00ab&nbsp;primitifs&nbsp;\u00bb et des \u00ab&nbsp;sous-hommes&nbsp;\u00bb. C\u2019est pourquoi le consciencisme doit faire irruption dans le d\u00e9bat panafricanisme\/autochtonie pour r\u00e9orienter le \u00ab&nbsp;cadre de d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb des peuples pygm\u00e9es. Le panafricanisme pourra ainsi s\u2019enrichir d\u2019une dimension fondamentale en termes historiques et d\u2019enjeux de droit international, de bonne gouvernance, de justice sociale et de d\u00e9mocratie en Afrique. Apports panafricanistes et besoins \u00ab&nbsp;autochtonistes&nbsp;\u00bb pour un essor d\u2019endog\u00e9nisme En&nbsp;revendiquant un \u00ab&nbsp;droit d\u2019inventaire&nbsp;\u00bb (Liauzu, 2004, p.&nbsp;27) d\u00e9clin\u00e9 sur l\u2019ensemble des dispositifs et modalit\u00e9s explor\u00e9 par le continent africain dans sa qu\u00eate de dignit\u00e9, le panafricanisme pr\u00f4ne la d\u00e9fense de droits multiples, dont ceux d\u2019une \u00ab&nbsp;race&nbsp;\u00bb noire qui refuse de se plier aux \u00ab&nbsp;\u00e9vidences&nbsp;\u00bb de l\u2019histoire. En effet, n\u00e9 au c\u0153ur de multiples pressions esclavagistes et colonialistes en Am\u00e9rique du Nord, en Afrique, aux Cara\u00efbes, en Europe et en Am\u00e9rique du Sud (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;27), le panafricanisme est \u00e9prouv\u00e9 par une effective mobilisation politique, id\u00e9ologique et culturelle des diff\u00e9rentes sensibilit\u00e9s n\u00e9gro-africaines en qu\u00eate d\u2019identit\u00e9. Pour conduire son projet d\u2019une Afrique d\u2019\u00e9veil, ce mouvement s\u2019interdit toute sp\u00e9cialisation&nbsp;; son empreinte et ses origines africaines induisent une action structur\u00e9e sur le socle d\u2019une d\u00e9finition syst\u00e9matique dont rendent compte, d\u2019une part, le besoin d\u2019exister et, d\u2019autre part, la n\u00e9cessit\u00e9 de disposer d\u2019une strat\u00e9gie de d\u00e9fense de l\u2019identit\u00e9 africaine[4]. W.E.B Du&nbsp;Bois[5] \u00e9crit \u00e0 cet effet&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si les N\u00e8gres doivent devenir un facteur dans l\u2019histoire du monde, ce sera gr\u00e2ce \u00e0 un mouvement pan-n\u00e8gre \u00e0 travers une organisation de la race, une solidarit\u00e9 de la race, une unit\u00e9 de la race.&nbsp;\u00bb (UA-OIF, 2004, p.&nbsp;27). Marquages, h\u00e9ritages et usages du panafricanisme &nbsp; Ainsi, le panafricanisme saisit d\u00e8s le d\u00e9but l\u2019urgence de cr\u00e9er les conditions favorables \u00e0 sa diffusion, avec l\u2019intention de maximiser son implantation sur le continent et les espaces n\u00e9gro-africains. L\u2019objectif \u00e9tant ici de porter le message panafricaniste au c\u0153ur du bastion imp\u00e9rial qu\u2019est l\u2019Afrique. En l\u2019occurrence, l\u2019effort panafricaniste se consolide dans la perspective d\u2019infl\u00e9chir le cours d\u2019une histoire o\u00f9 l\u2019Afrique et le Noir n\u2019ont cess\u00e9 de faire l\u2019objet de calomnieuses projections occidentales. D\u00e8s lors, au travers de congr\u00e8s, de conf\u00e9rences et de rencontres promouvant les cultures n\u00e9gro-africaines, le mouvement panafricain cherche \u00e0 red\u00e9finir l\u2019histoire africaine. Ainsi, le congr\u00e8s inaugural qui se d\u00e9roule du 23&nbsp;au 25&nbsp;juillet 1900 \u00e0 Londres porte-t-il l\u2019essence d\u2019un \u00e9veil panafricain en qu\u00eate de reconnaissance[6]. Si ce premier congr\u00e8s jette les bases d\u2019une \u00ab&nbsp;conversation&nbsp;\u00bb entre Africains et ressortissants afro-diasporiques issue de l\u2019histoire de la traite n\u00e9gri\u00e8re, il permet surtout d\u2019\u00e9veiller un imaginaire n\u00e9gro-africain, porteur d\u2019une vision continentale consciente de son potentiel culturel et de sa n\u00e9cessaire mise en valeur. Les productions historiographiques d\u2019Africains illustrent l\u2019inspiration qui s\u2019en suivit et la vivacit\u00e9 d\u2019une pens\u00e9e n\u00e8gre r\u00e9volutionnaire. 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