{"id":26600,"date":"2023-09-20T11:51:35","date_gmt":"2023-09-20T11:51:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/african-social-activism-and-the-rise-of-neo-pan-africanism-a-look-at-the-upec-summit\/"},"modified":"2026-05-09T13:47:17","modified_gmt":"2026-05-09T13:47:17","slug":"african-social-activism-and-the-rise-of-neo-pan-africanism-a-look-at-the-upec-summit","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-3\/african-social-activism-and-the-rise-of-neo-pan-africanism-a-look-at-the-upec-summit\/","title":{"rendered":"L\u2019activisme social africain et la mont\u00e9e du n\u00e9o panafricanisme : Un regard sur le sommet de l\u2019Upec"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><strong><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le lundi 23&nbsp;juillet 2018, la capitale s\u00e9n\u00e9galaise a accueilli la premi\u00e8re Universit\u00e9 populaire de l\u2019engagement citoyen (Upec), un sommet panafricain des mouvements sociaux sous l\u2019\u00e9gide des mouvements \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb, Projet Sud, Filimbi et Lucha, entre autres. Ce rassemblement s\u2019inscrivait dans la perspective d\u2019\u00e9v\u00e9nements panafricains similaires qui ont eu lieu dans d\u2019autres pays africains, \u00e0 savoir le 60<sup>e<\/sup>&nbsp;anniversaire de la conf\u00e9rence panafricaine des peuples et le 8<sup>e<\/sup>&nbsp;congr\u00e8s panafricain organis\u00e9s respectivement en 2018 et 2015 au Ghana. Au total, cinquante-cinq&nbsp;mouvements sociaux de trente&nbsp;pays \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 Dakar. Comme le d\u00e9clare Fadel Barro (2018), membre du comit\u00e9 d\u2019organisation&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019Upec [\u2026] a rassembl\u00e9 des Africains divis\u00e9s par la colonisation, les religions et les barri\u00e8res ethniques. Anglophones, francophones, arabophones et lusophones ont interagi en utilisant le langage commun de l\u2019espoir.&nbsp;\u00bb Les activistes noirs du continent et de la diaspora ont pu transcender l\u2019environnement politique actuel qui les emp\u00eachait de faire progresser le mouvement panafricain (Barro, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Les origines de ce rassemblement historique remontent \u00e0 deux&nbsp;ans, sur l\u2019\u00eele de Gor\u00e9e, lorsque \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb a mobilis\u00e9 des militants du Burkina Faso, du Cameroun, de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Congo-Brazzaville, du Tchad, de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), de la Gambie, de Madagascar et du S\u00e9n\u00e9gal pour discuter de l\u2019\u00e9tat de l\u2019activisme social africain, en mettant l\u2019accent sur les d\u00e9fis, les solutions et les revendications. L\u2019une des principales r\u00e9alisations de ce rassemblement a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une plateforme panafricaine pour les mouvements sociaux appel\u00e9e \u00ab&nbsp;Afrikki&nbsp;\u00bb, qui a \u00e9t\u00e9 officiellement lanc\u00e9e \u00e0 la fin du sommet de l\u2019Upec. Une autre initiative cl\u00e9 a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une structure qui prot\u00e8ge et accueille les activistes africains menac\u00e9s par les forces politiques nationales. Comme le d\u00e9clare Barro (2019), l\u2019objectif de ce r\u00e9seau transnational est de \u00ab&nbsp;permettre aux activistes sociaux de faire avancer la cause et le discours panafricains et de permettre aux mouvements sociaux de traiter des questions qui ne sont pas seulement nationales, mais qui affectent \u00e9galement le continent dans son ensemble&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>. Nous soutenons que l\u2019organisation de l\u2019Upec et la cr\u00e9ation du r\u00e9seau Afrikki repr\u00e9sentent un tournant dans l\u2019histoire de l\u2019activisme social africain moderne<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> et un jalon important dans ce que nous appelons le n\u00e9o panafricanisme<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. Le n\u00e9o panafricanisme, que nous pr\u00e9sentons comme la phase la plus r\u00e9cente du panafricanisme, est dirig\u00e9 par de jeunes activistes sociaux originaires pour la plupart d\u2019Afrique francophone plut\u00f4t que par des politiciens, des institutions politiques ou des \u00e9lites form\u00e9es en Occident. Ces activistes n\u00e9o panafricains inscrivent leur lutte dans un cadre panafricain revisit\u00e9 et cherchent \u00e0 d\u00e9coloniser les relations de l\u2019Afrique avec l\u2019Occident, \u00e0 perp\u00e9tuer les transitions d\u00e9mocratiques \u00e0 travers le continent et \u00e0 reconstruire de solides relations avec les communaut\u00e9s noires \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, nous tentons de r\u00e9pondre \u00e0 plusieurs questions&nbsp;: qu\u2019est-ce que le n\u00e9o panafricanisme&nbsp;? En quoi diff\u00e8re-t-il des expressions ant\u00e9rieures du panafricanisme&nbsp;? Qui sont les principaux acteurs&nbsp;? En quoi l\u2019Upec et Afrikki marquent-ils un tournant dans l\u2019activisme social panafricain&nbsp;? Et enfin, pourquoi consid\u00e9rons-nous l\u2019Afrique francophone comme la force motrice du n\u00e9o panafricanisme&nbsp;? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, je soutiens que \u00ab&nbsp;Y\u2019en marre&nbsp;\u00bb et d\u2019autres mouvements activistes similaires sont actuellement le fer de lance du n\u00e9o panafricanisme, en tant que nouvelle phase du panafricanisme. \u00c0&nbsp;cet \u00e9gard, l\u2019Afrique francophone est devenue l\u2019\u00e9picentre du panafricanisme du xxi<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, permettant aux activistes d\u2019exercer une pression collective pour la bonne gouvernance, de lutter contre les processus n\u00e9o-coloniaux et de construire une nouvelle coop\u00e9ration transatlantique. Ce faisant, ces militants reconnaissent les efforts des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes de panafricanistes qui continuent d\u2019\u00eatre une source d\u2019inspiration pour leurs pratiques politiques contestataires (Dim\u00e9 et&nbsp;al., 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>En plus de son engagement politique, l\u2019activisme n\u00e9o panafricain est centr\u00e9 sur des questions mondiales critiques telles que la politique environnementale \u2013&nbsp;avec un accent sur les \u00e9cologies noires&nbsp;\u2013, l\u2019exploitation \u00e9trang\u00e8re des ressources naturelles, la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire (en particulier la fin du franc&nbsp;CFA), la violence sexuelle et sexiste, et le rapatriement des artefacts africains vol\u00e9s. De m\u00eame, la mobilit\u00e9 internationale, la brutalit\u00e9 polici\u00e8re et le rejet des h\u00e9ritages coloniaux sont tout aussi importants pour le programme n\u00e9o panafricain<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> (Actes de l\u2019Upec, 2018). Comme le d\u00e9clarent les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019Upec&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les mouvements sociaux Africains et des diasporas africaines soutiennent que les fronti\u00e8res et les langues h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation ne doivent plus diviser les Africains. Ils s\u2019engagent \u00e0 militer sans m\u00e9nagement pour l\u2019abolition de tous les obstacles \u00e0 la libre circulation des Africains sur leur propre continent, [\u2026] Les mouvements sociaux d\u2019Afrique et de ses diasporas reconnaissent la place primordiale de la Femme africaine dans l\u2019essor de l\u2019Afrique tout au long de l\u2019histoire. En m\u00eame temps, la femme est aujourd\u2019hui, encore l\u2019objet de discriminations et d\u2019atrocit\u00e9s de toutes sortes, y compris de violences sexuelles et sexistes. Les mouvements sociaux Africains condamnent toutes ces discriminations et ces cruaut\u00e9s.\u00a0(Afrikki, 2018).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cet extrait de la D\u00e9claration de Dakar fait \u00e9cho aux int\u00e9r\u00eats renouvel\u00e9s dans la d\u00e9fense de la souverainet\u00e9, de la mobilit\u00e9 et des droits humains des Noirs par une jeune g\u00e9n\u00e9ration afro-optimiste qui engage le panafricanisme avec plus d\u2019inclusivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, nous d\u00e9finissons et contextualisons d\u2019abord le n\u00e9o panafricanisme comme une continuation des engagements ant\u00e9rieurs (XXe si\u00e8cle) avec le concept et le mouvement panafricain. Ensuite nous examinons l\u2019implication de \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb et des activistes africains contemporains dans la mont\u00e9e du n\u00e9o panafricanisme, en se focalisant particuli\u00e8rement sur l\u2019organisation de l\u2019Upec, o\u00f9 les activistes noirs ont symboliquement inaugur\u00e9 une nouvelle \u00e8re et un nouveau programme pour le panafricanisme du xxi<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Enfin, l\u2019article interroge trois tendances qui ont \u00e9merg\u00e9 \u00e0 la suite du sommet de l\u2019Upec de 2018 et leur impact potentiel sur l\u2019avenir du n\u00e9o panafricanisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tude s\u2019appuie sur un cadre th\u00e9orique panafricaniste. Elle a n\u00e9cessit\u00e9 un travail de terrain men\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal (entre&nbsp;2017 et&nbsp;2021) et \u00e0 Atlanta (2022-2023). La douzaine d\u2019entretiens men\u00e9s a \u00e9t\u00e9 notre principal moyen de collecte de donn\u00e9es, mais nous avons \u00e9galement \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans les rassemblements de l\u2019Upec en&nbsp;2018 et en&nbsp;2020. Nos relations \u00e9troites avec le mouvement \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb nous ont permis de d\u00e9velopper un r\u00e9seau qui nous a facilit\u00e9 l\u2019acc\u00e8s aux activistes sociaux du S\u00e9n\u00e9gal, de la RDC, du Burkina Faso, de Madagascar, de la Gambie, du Kenya, du Soudan, du Tchad et des \u00c9tats-Unis. En&nbsp;outre, nous avons examin\u00e9 les pr\u00e9sentations enregistr\u00e9es des participants aux sommets afin de comprendre leurs conceptions de l\u2019activisme social et du panafricanisme. Les entretiens ont confirm\u00e9 que les jeunes Africains d\u00e9veloppent un \u00ab&nbsp;nouvel esprit panafricain&nbsp;\u00bb facilit\u00e9 par la technologie num\u00e9rique. Cette \u00e9tude s\u2019inspire aussi des interventions, discours et d\u00e9clarations prononc\u00e9s lors des sommets de l\u2019Upec, ainsi que des archives du mouvement \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb. Enfin, l\u2019article examine la vaste litt\u00e9rature sur le panafricanisme qui ignore traditionnellement la contribution des activistes francophones dans les analyses historiques et discursives du panafricanisme, et n\u00e9glige la relation entre les Noirs de la diaspora et les Africains francophones dans leur lutte pour la libert\u00e9 et la dignit\u00e9<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> (M\u2019Baye, 2017).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le concept du panafricanisme revisit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En tant que mouvement et id\u00e9ologie, le panafricanisme a fait l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes approfondies et minutieuses de la part d\u2019universitaires et de praticiens de diverses disciplines et origines<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>. Kwame Anthony Appiah et Henry Louis Gates (2003, p.&nbsp;1&nbsp;484) le d\u00e9finissent comme suit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>[Un] large \u00e9ventail d\u2019id\u00e9ologies engag\u00e9es dans un projet politique ou culturel commun pour les Africains et les personnes de descendance africaine. Dans sa version la plus simple, le panafricanisme est le projet politique appelant \u00e0 l\u2019unification de tous les Africains en un seul \u00c9tat africain dans lequel les membres de la diaspora africaine pourraient retourner. Dans ses formes plus vagues et plus culturelles, le panafricanisme a poursuivi des projets litt\u00e9raires et artistiques qui rassemblent les populations d\u2019Afrique et de sa diaspora.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le panafricanisme est donc un mouvement politique qui r\u00e9unifie les Africains et les peuples de la diaspora. Dans un num\u00e9ro sp\u00e9cial de <em>AU&nbsp;Echo <\/em>(Union africaine, 2013, p.&nbsp;1) comm\u00e9morant le vingti\u00e8me sommet de l\u2019organisation, l\u2019Union africaine (UA) pr\u00e9sente le panafricanisme comme suit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Une id\u00e9ologie et un mouvement qui encouragent la solidarit\u00e9 entre les Africains du monde entier. Elle repose sur la conviction que l\u2019unit\u00e9 est vitale pour le progr\u00e8s \u00e9conomique, social et politique et vise \u00e0 unifier et \u00e0 promouvoir les personnes de descendance africaine. L\u2019id\u00e9ologie affirme que les destins de tous les peuples et pays africains sont li\u00e9s. Fondamentalement, le panafricanisme est la conviction que les peuples africains, tant sur le continent que dans la diaspora, partagent non seulement une histoire commune, mais aussi un destin commun.\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le panafricanisme vise donc \u00e0 promouvoir la formation d\u2019un bloc uni pour le progr\u00e8s et la prosp\u00e9rit\u00e9 des personnes de descendance africaine, peu importe leur situation g\u00e9ographique. Il invoque \u00e9galement l\u2019id\u00e9e d\u2019une conscience panafricaine qui continue \u00e0 se manifester au sein des communaut\u00e9s diasporiques (Frehiwot et&nbsp;al., 2022). Plus important encore, il reconna\u00eet le lien dialectique qui existe entre les luttes des personnes de descendance africaine, et la n\u00e9cessit\u00e9 de se coordonner contre l\u2019oppression. Alors que l\u2019historiographie du panafricanisme s\u2019est souvent concentr\u00e9e sur ses dirigeants, l\u2019UA a adopt\u00e9 depuis&nbsp;2013 une d\u00e9finition du panafricanisme qui inclut les engagements gouvernementaux et populaires (Adi, 2018, p.&nbsp;1). Cela peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une tentative de se d\u00e9faire de l\u2019\u00e9litisme<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> qui a entour\u00e9 l\u2019histoire du mouvement. Cela est d\u2019autant plus important que la prolif\u00e9ration des mouvements de jeunesse antisyst\u00e8me \u00e0 travers l\u2019Afrique a r\u00e9cemment donn\u00e9 un second souffle au panafricanisme.<\/p>\n\n\n\n<p>En&nbsp;d\u00e9pit d\u2019un vaste int\u00e9r\u00eat pour l\u2019histoire du panafricanisme et d\u2019un riche corpus de recherches sur les \u00e9v\u00e9nements marquants qui ont transform\u00e9 le mouvement, les chercheurs ont tendance \u00e0 \u00e9carter la contribution de l\u2019Afrique francophone dans leurs analyses, alors qu\u2019ils accordent une place pr\u00e9pond\u00e9rante aux contributions anglophones. En&nbsp;1962 d\u00e9j\u00e0, Georges Shepperson (1962, pp.&nbsp;354-355) avait not\u00e9 que \u00ab&nbsp;la participation de l\u2019Afrique francophone au mouvement panafricain semble avoir \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9e de 1921 \u00e0 1945&nbsp;\u00bb. De m\u00eame, Rupert Emerson (1962, p.&nbsp;12) a sugg\u00e9r\u00e9, la m\u00eame ann\u00e9e, que les anglophones \u00ab&nbsp;ont eu tendance \u00e0 monopoliser \u00e0 la fois le terme \u00ab\u00a0panafricanisme\u00a0\u00bb et les mouvements et congr\u00e8s qui lui sont associ\u00e9s&nbsp;\u00bb. Plus r\u00e9cemment, les travaux de Giula Bonacci (2022), Annette Joseph-Gabrielle (2020) et Babacar M\u2019Baye (2009) affirment qu\u2019il existe un ostracisme \u00ab&nbsp;syst\u00e9mique&nbsp;\u00bb du monde francophone (en particulier des femmes francophones) dans le panafricanisme et la lutte pour la libert\u00e9 du xx<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle (Rabaka et&nbsp;al., 2020). La marginalisation de l\u2019Afrique francophone est \u00e9galement une cons\u00e9quence de l\u2019identification traditionnelle des dirigeants africains francophones avec la politique coloniale assimilationniste, perdant ainsi de vue l\u2019urgence de l\u2019autonomie et de l\u2019autod\u00e9termination des \u00c9tats africains (Emerson, 1962). Comme l\u2019affirme Emerson, nombre de ces dirigeants d\u00e9nigraient les id\u00e9es panafricaines, car leurs partisans \u00e9taient susceptibles d\u2019\u00eatre des radicaux pr\u00f4nant l\u2019ind\u00e9pendance totale vis-\u00e0-vis de la m\u00e9tropole. En&nbsp;outre, les divergences sur le plan organisationnel entre W.E.B. Du&nbsp;Bois et les membres francophones de l\u2019association panafricaine repr\u00e9sent\u00e9s par Isaac B\u00e9ton, alors secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019association, qui ont failli conduire \u00e0 l\u2019annulation du congr\u00e8s panafricain de 1923, n\u2019ont pas facilit\u00e9 l\u2019accueil des leaders francophones dans le monde anglophone. Pourtant, la vitalit\u00e9 actuelle de l\u2019activisme social en Afrique francophone contribue \u00e0 recentrer l\u2019engagement francophone dans l\u2019histoire du panafricanisme. Cela est particuli\u00e8rement vrai au xxi<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle avec l\u2019\u00e9mergence de ce que nous appelons \u00ab&nbsp;le n\u00e9o panafricanisme&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le n\u00e9o panafricanisme peut \u00eatre d\u00e9fini comme la manifestation, au xxi<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, des id\u00e9aux panafricains par le biais d\u2019actions de masse populaires et de proximit\u00e9, dans le but de favoriser et de raviver l\u2019unit\u00e9 transatlantique des Africains et des Noirs de la diaspora, tout en luttant contre les processus n\u00e9o-coloniaux et en instaurant des transitions d\u00e9mocratiques et une bonne gouvernance \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent. Le concept d\u00e9signe \u00e9galement une p\u00e9riode d\u2019\u00ab&nbsp;hyperactivisme&nbsp;\u00bb sur le continent africain. \u00c0&nbsp;cet \u00e9gard, les mouvements sociaux africains ont reconnu la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019exister au sein d\u2019un r\u00e9seau transnational d\u2019activistes qui leur offre une protection, des orientations tactiques et un cadre id\u00e9ologique. Le n\u00e9o panafricanisme peut donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un cadre dans lequel s\u2019inscrit l\u2019activisme africain moderne. En&nbsp;d\u2019autres termes, l\u2019essor de nouveaux mouvements sociaux africains est en partie favoris\u00e9 par le sentiment renouvel\u00e9 d\u2019une identit\u00e9 panafricaine partag\u00e9e, exprim\u00e9e \u00e0 travers des \u00ab&nbsp;cadres de contestation analogues<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. Lors des sommets de l\u2019Upec de&nbsp;2018 et&nbsp;2020, le terme \u00ab&nbsp;panafricanisme&nbsp;\u00bb est rest\u00e9 le leitmotiv des rassemblements et les \u00e9changes ont montr\u00e9 qu\u2019un nombre important de mouvements sociaux, r\u00e9unis au sein du r\u00e9seau Afrikki, op\u00e8rent \u00e0 partir d\u2019une compr\u00e9hension renouvel\u00e9e du panafricanisme qui renforce le pouvoir des militants et encourage les collaborations au niveau local, par opposition aux initiatives institutionnelles supervis\u00e9es par l\u2019\u00e9lite. Ainsi, Coumba Tour\u00e9 (2018), co-coordinatrice du mouvement Africans Rising for Unity, Peace, Justice and Dignity, a insist\u00e9 sur le fait que des entit\u00e9s comme Afrikki sont&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>[P]lus qu\u2019un r\u00e9seau. Nous cr\u00e9ons, dit-elle, un mouvement pour nous soutenir les uns les autres. Nous pouvons mener des luttes s\u00e9par\u00e9es dans nos zones g\u00e9ographiques respectives, mais la seule fa\u00e7on d\u2019\u00eatre forts, c\u2019est d\u2019\u00eatre ensemble. Un mouvement doit \u00e9galement \u00eatre multiforme\u00a0; la lutte pour la d\u00e9mocratie \u00e9lectorale n\u2019est qu\u2019un exemple parmi d\u2019autres d\u00e9mocraties. Quand nous disons mouvement, nous pensons au mouvement environnemental, au mouvement f\u00e9ministe, etc., et tous ces mouvements doivent se connecter.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Comme le sugg\u00e8re Tour\u00e9, le concept et la pratique du n\u00e9o panafricanisme d\u00e9centrent le mouvement panafricain qui, \u00e0 l\u2019exception de mouvements tels que l\u2019Universal Negro Improvement Association and African Communities League, a toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9 par les \u00e9lites. Inviter des p\u00eacheurs, des artistes hip-hop et des commer\u00e7ants \u00e0 participer aux sommets de l\u2019Upec montre son engagement \u00e0 d\u00e9complexer le panafricanisme et \u00e0 placer au centre les questions socio-\u00e9conomiques et politiques qui contribuent \u00e0 la perp\u00e9tuation de l\u2019oppression des masses.<\/p>\n\n\n\n<p>En&nbsp;outre, \u00e0 mesure que les mouvements sociaux fusionnent pour former des entit\u00e9s panafricaines efficaces telles qu\u2019Afrikki, leurs voix s\u2019amplifient. Afrikki fournit donc une plateforme pour une \u00ab&nbsp;transnationalisation&nbsp;\u00bb du mouvement \u00e0 travers des actions directes telles que la marche simultan\u00e9e contre la monnaie&nbsp;franc CFA qui a eu lieu dans de nombreuses villes d\u2019Afrique francophone en&nbsp;2014. En&nbsp;outre, de nombreux mouvements sociaux se font l\u2019\u00e9cho des revendications de leurs homologues par le biais des m\u00e9dias sociaux (Ndiaye, 2021). Toutefois, cette \u00ab&nbsp;panafricanisation&nbsp;\u00bb des mouvements nationaux reste menac\u00e9e par les abus syst\u00e9miques et cumul\u00e9s des gouvernements et par la r\u00e9pression d\u2019activistes, d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 construire une nouvelle Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le n\u00e9o panafricanisme repose sur une base philosophique solide. Ses leaders sont pour la plupart de jeunes activistes qui cherchent \u00e0 engager les masses dans un concept afro-utopique d\u2019autor\u00e9invention et d\u2019autod\u00e9termination que Felwine Sarr, participant \u00e0 l\u2019Upec, appelle \u00ab&nbsp;Afrotopia&nbsp;\u00bb. Sarr, l\u2019un des co-auteurs de la D\u00e9claration de Dakar (Afrikki, 2018), a pr\u00e9sent\u00e9 un document sur l\u2019afrotopia en tant que projet civilisationnel et politique. Apr\u00e8s avoir vant\u00e9 l\u2019impact positif des mouvements sociaux dans la red\u00e9finition des espaces politiques africains, Sarr (2018) d\u00e9clare&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>La deuxi\u00e8me \u00e9tape que les mouvements sociaux doivent franchir est celle de l\u2019articulation du projet politique, et pour cela, il est n\u00e9cessaire d\u2019oeuvrer avec les intellectuels, les artistes, et toutes les forces vives du Continent \u00e0 la d\u00e9finition de ce projet. Cette rencontre [Upec] en est une pr\u00e9misse.\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le raisonnement de Sarr a trouv\u00e9 un \u00e9cho aupr\u00e8s des activistes qui ont utilis\u00e9 son concept d\u2019afrotopia comme l\u2019un des principes directeurs de l\u2019Upec et de l\u2019activisme panafricain contemporain. Emery Wright, directeur ex\u00e9cutif du Projet Sud et coorganisateur de l&rsquo;UPEC, fait \u00e9cho \u00e0 la conclusion de M. Sarr dans une interview :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L&rsquo;un des principaux impacts de l&rsquo;UPEC a \u00e9t\u00e9 de commencer \u00e0 imaginer, avec certains des principaux praticiens de ce que j&rsquo;appelle la gouvernance des mouvements sociaux du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, ce que cela pourrait signifier de voir non seulement ces mouvements sociaux continuer \u00e0 gagner en puissance et en maturit\u00e9 en r\u00e9imaginant la soci\u00e9t\u00e9 civile, et en r\u00e9imaginant r\u00e9ellement la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 partir de la base, mais aussi de mener cette r\u00e9flexion dans le cadre d&rsquo;une collaboration continentale et panafricaine en m\u00eame temps. L&rsquo;UPEC a donc franchi une barri\u00e8re qui existait auparavant et a fourni cette nouvelle fa\u00e7on d&rsquo;op\u00e9rer au sein des mouvements sociaux et a r\u00e9uni des mouvements sociaux similaires et une conscience similaire qui existe sur tout le continent africain pour partager leurs id\u00e9es et leurs pratiques. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un nouvel esprit de panafricanisme s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9. Ce nouvel esprit panafricain fait partie de notre responsabilit\u00e9. L&rsquo;UPEC est le point de d\u00e9part de ce processus. (entretien avec Emery Wright, janvier 2023).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Si Wright insiste sur le fait que le sommet de l&rsquo;UPEC est le \u00ab point de d\u00e9part d&rsquo;un nouvel esprit panafricain \u00bb, un concept popularis\u00e9 par les activistes de la Lucha en RDC, il rappelle \u00e9galement l&rsquo;id\u00e9e de r\u00e9inventer les soci\u00e9t\u00e9s par le biais d&rsquo;actions collectives des mouvements sociaux. De mani\u00e8re convergente, cette r\u00e9invention soci\u00e9tale signifie pour Sarr une invitation pour les activistes \u00e0 construire un nouveau projet panafricain ancr\u00e9 dans une vision afro-utopique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019afrotopia est pour Felwine Sarr (2016, entretien avec la librairie Mollat) \u00ab&nbsp;une utopie active, une tentative de r\u00e9fl\u00e9chir et de se projeter vers l\u2019avenir et de donner du sens \u00e0 une aventure civilisationnelle, humaine et soci\u00e9tale qui a mis l\u2019Africain au centre de son projet&nbsp;\u00bb. Ce concept est coh\u00e9rent avec l\u2019argument selon lequel le continent africain fonctionne sous les directives et les injonctions des pays du Nord et des institutions contr\u00f4l\u00e9es par l\u2019Occident, comme la Banque mondiale ou le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) qui tendent \u00e0 concevoir et \u00e0 imposer des politiques enracin\u00e9es dans une conception du d\u00e9veloppement et du progr\u00e8s fond\u00e9e sur la matrice coloniale du pouvoir. De nombreux pays africains n\u2019ont que peu, voire pas du tout, leur mot \u00e0 dire dans la conception de leur avenir. Par cons\u00e9quent, Sarr soutient que les Africains doivent collectivement repenser l\u2019avenir du continent sans influence ext\u00e9rieure ni concepts occidentaux de d\u00e9veloppement et de civilisation. En&nbsp;d\u2019autres termes, les Africains doivent repenser leur d\u00e9veloppement et ne pas s\u2019enfermer dans la dichotomie afro-pessimisme et afro-optimisme, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il existe une multitude de possibilit\u00e9s entre les deux.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce travail de re-conceptualisation et \u00ab&nbsp;d\u2019utopie active&nbsp;\u00bb que les jeunes activistes africains entreprennent de faire dans le cadre d\u2019initiatives panafricaines communautaires. Dans le contexte n\u00e9o panafricain, la notion d\u2019afro-utopie transcende l\u2019imagination abstraite de la \u00ab&nbsp;soci\u00e9t\u00e9 africaine id\u00e9ale&nbsp;\u00bb d\u00e9barrass\u00e9e de ses caract\u00e9ristiques politiques actuelles pour englober les changements de r\u00e9gime pacifiques, la bonne gouvernance, l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des femmes, le bien-\u00eatre des jeunes et la protection de l\u2019environnement. Ce faisant, les militants adoptent une d\u00e9marche que l\u2019on peut qualifier d\u2019\u00ab&nbsp;activisme pr\u00e9ventif&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils protestent pour pr\u00e9venir les exc\u00e8s autocratiques avant m\u00eame qu\u2019ils ne surviennent. Cela a \u00e9t\u00e9 le cas dans des pays africains francophones tels que la Guin\u00e9e, la RDC et la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Sentant que le r\u00e9gime en place pourrait tenter de modifier la constitution \u00e0 des fins purement personnelles et politiques, les activistes sont descendus dans la rue pour protester contre toute tentative de modification de la constitution. Les activistes ont \u00e9galement recours \u00e0 ce qu\u2019il conviendrait d\u2019appeler l\u2019\u00ab&nbsp;activisme correctif ou curatif&nbsp;\u00bb, une forme d\u2019engagement civique contestataire qui tente de corriger les dommages caus\u00e9s par des actions et des politiques gouvernementales ill\u00e9gitimes et ill\u00e9gales. Il s\u2019agit par exemple des activit\u00e9s de protestation organis\u00e9es par Aar Li Nu Bokk, Sunu p\u00e9trole, un r\u00e9seau d\u2019organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile s\u00e9n\u00e9galaise form\u00e9 en&nbsp;2019 qui comprend \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb, Frapp, Nittu D\u00ebgg parmi d\u2019autres mouvements, pour appeler \u00e0 la transparence et \u00e0 la ren\u00e9gociation des contrats p\u00e9troliers et gaziers sign\u00e9s par le gouvernement s\u00e9n\u00e9galais. Ces organisations jugent injustes les contrats d\u2019exploration et d\u2019exploitation du gaz naturel que le gouvernement de Macky Sall a sign\u00e9s avec des soci\u00e9t\u00e9s \u00e9trang\u00e8res telles que Total Energies. Elles ont \u00e9galement d\u00e9nonc\u00e9 un accord scandaleux r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par la BBC en&nbsp;2019 entre Aliou Sall, fr\u00e8re du pr\u00e9sident Sall, et Frank Timis, un homme d\u2019affaires controvers\u00e9<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>. La notion d\u2019activisme correctif ou curatif englobe \u00e9galement les activit\u00e9s de protestation telles que celles men\u00e9es par le Balai citoyen au Burkina Faso, qui a renvers\u00e9 le pr\u00e9sident Blaise Compaor\u00e9 \u00e0 la suite de sa modification unilat\u00e9rale de la constitution pour rester au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>En fin de compte, comme l\u2019ont d\u00e9clar\u00e9 un certain nombre d\u2019activistes africains dans l\u2019\u00ab&nbsp;Azimio la Dakar<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb de juillet&nbsp;2018, \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9mergence de mouvements sociaux en Afrique et dans les diasporas africaines participe de la prise de conscience qu\u2019il faut un changement radical de paradigmes politique, \u00e9conomique et social port\u00e9 par les Africains eux-m\u00eames, avec pour socle leur propre histoire et de leurs cultures&nbsp;\u00bb. En&nbsp;d\u2019autres termes, \u00ab&nbsp;il s\u2019agit de r\u00e9inventer, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle panafricaine, une utopie commune et de nous engager, r\u00e9solument et solidairement \u00e0 parachever la lutte pour la lib\u00e9ration de l\u2019Afrique, entam\u00e9e par les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes&nbsp;\u00bb. (Azimiyo La Dakar, 2018). Ces affirmations confirment la centralit\u00e9 des paradigmes culturels africains dans l\u2019activisme social contemporain et la continuit\u00e9 de la lutte des g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>N\u00e9o panafricanisme et mobilisation de masse<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La prolif\u00e9ration des actions populaires de masse ou \u00ab hyperactivisme \u00bb, comme l&rsquo;identifie Mampilly, a principalement caract\u00e9ris\u00e9 le n\u00e9o panafricanisme en tant que phase \u00e9volutive distincte du panafricanisme. Ceci est particuli\u00e8rement visible dans les pays d\u2019Afrique francophone o\u00f9 d\u2019importants changements sociopolitiques et \u00e9conomiques engendrent des affrontements pr\u00e9visibles entre la classe politique et les masses, et entre jeunes activistes et forces n\u00e9ocoloniales<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. L\u2019Afrique de l\u2019Ouest francophone fait l\u2019objet d\u2019une attention particuli\u00e8re depuis&nbsp;2011, lorsque des mouvements de protestation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s ont d\u00e9stabilis\u00e9 le r\u00e9gime s\u00e9n\u00e9galais (dirig\u00e9 par le pr\u00e9sident Abdoulaye Wade) et renvers\u00e9 le r\u00e9gime Compaor\u00e9 au Burkina Faso. Au Mali, des mouvements de protestation similaires, men\u00e9s par l\u2019imam Mahmoud Dicko du Mouvement du 5&nbsp;juin, ont entra\u00een\u00e9 la chute du r\u00e9gime du pr\u00e9sident Ibrahim Boubacar Ke\u00efta en&nbsp;2020. En&nbsp;Guin\u00e9e, le Front national pour la d\u00e9fense de la constitution s\u2019est engag\u00e9 dans une confrontation de deux&nbsp;ans contre le troisi\u00e8me mandat du pr\u00e9sident Alpha Cond\u00e9. La r\u00e9pression sanglante qui s\u2019en est suivie a fait plus de 90&nbsp;morts (AFP\/VOA, 2020). Elle aboutit \u00e0 la destitution de Cond\u00e9 en septembre&nbsp;2021 par le Groupement des forces sp\u00e9ciales, une \u00e9quipe militaire d\u2019\u00e9lite dirig\u00e9e par le colonel Mamadi Doumbouya. En&nbsp;C\u00f4te d\u2019Ivoire, un mouvement moins r\u00e9ussi s\u2019est attaqu\u00e9 au pr\u00e9sident Alassane Ouattara qui a viol\u00e9 de mani\u00e8re flagrante l\u2019ordre constitutionnel pour se pr\u00e9senter \u00e0 un troisi\u00e8me mandat. Quelques ann\u00e9es auparavant, des troubles avaient d\u00e9stabilis\u00e9 l\u2019Afrique du Nord lorsqu\u2019un jeune vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, s\u2019\u00e9tait immol\u00e9 par le feu pour protester contre la saisie de sa marchandise par les autorit\u00e9s municipales, d\u00e9clenchant la r\u00e9volution tunisienne et le \u00ab&nbsp;printemps arabe&nbsp;\u00bb. Cette nouvelle vague de politique contestataire peut \u00e9galement \u00eatre \u00ab pr\u00e9sent\u00e9e comme l&rsquo;ultime d\u00e9fi au capitalisme, un rejet de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale, un soul\u00e8vement de la \u00ab\u00a0multitude\u00a0\u00bb, l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;une jeunesse ma\u00eetrisant les m\u00e9dias sociaux ou une explosion de frustration des classes moyennes&nbsp;\u00bb (Branch &amp; Mampilly, 2015). Mamdani (2011) d\u00e9crit bien cette turbulence continentale lorsqu\u2019il d\u00e9clare&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le souvenir de la place Tahrir nourrit les espoirs et alimente les craintes des gouvernements dans de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s africaines. Un spectre hante l\u2019Afrique et ses dirigeants.&nbsp;\u00bb Ainsi, l\u2019ann\u00e9e&nbsp;2011 est devenue un catalyseur pour l\u2019\u00e9mergence d\u2019actions populaires de masse \u00e0 travers le continent africain, en particulier dans les r\u00e9gions francophones en lien avec les souvenirs de&nbsp;1968.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019hyperactivisme actuel en Afrique francophone constitue la r\u00e9sultante de deux enjeux majeurs : d&rsquo;une part, les man\u0153uvres antid\u00e9mocratiques de r\u00e9gimes de plus en plus r\u00e9pressifs qui tentent de se maintenir au pouvoir \u00e0 tout prix. Cela justifie le th\u00e8me du deuxi\u00e8me sommet de l\u2019Upec en 2020, intitul\u00e9 \u00ab Pouss\u00e9e autocritique : L\u2019action citoyenne en question \u00bb. Deuxi\u00e8mement, les aspirations d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration d\u00e9complex\u00e9e \u00e0 repenser la relation de l\u2019Afrique avec le Nord (en particulier la France) et l\u2019h\u00e9ritage colonial. Le premier se caract\u00e9rise principalement par le \u00ab syndrome de la troisi\u00e8me candidature \u00bb (similaire \u00e0 ce que Lumumba-Kasongo (2007) appelle le \u00ab syndrome du troisi\u00e8me mandat \u00bb) ou le d\u00e9sir de violer\/interpr\u00e9ter d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment les ordres constitutionnels pour imposer un troisi\u00e8me mandat et parfois une monarchisation du pouvoir politique, par laquelle les chefs d&rsquo;\u00c9tat sont remplac\u00e9s de facto par leur prog\u00e9niture, comme on l&rsquo;a vu au Togo et, plus r\u00e9cemment, au Tchad. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes continuent de d\u00e9stabiliser de nombreux pays et ont entra\u00een\u00e9 des dizaines de d\u00e9c\u00e8s et d&#8217;emprisonnements arbitraires d\u2019activistes et de manifestants, ce qui a suscit\u00e9 un m\u00e9contentement panafricain, une indignation et un soutien aux participants du mouvement, ainsi que des appels pressants \u00e0 d\u00e9coloniser les relations avec le Nord, en particulier avec la France.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes g\u00e9n\u00e9rations d\u2019Africains francophones, par exemple, ont r\u00e9cemment pouss\u00e9 leurs gouvernements \u00e0 repenser profond\u00e9ment les termes de leurs liens \u00e9conomiques, politiques, militaires et culturels avec la France. Ils exigent une relation \u00e9quitable dans laquelle la France n\u2019exerce pas de contr\u00f4le sur le franc&nbsp;CFA et supprime le monopole des multinationales fran\u00e7aises dans certains secteurs \u00e9conomiques cl\u00e9s tels que les t\u00e9l\u00e9communications, les industries extractives et les grandes surfaces. Ils plaident \u00e9galement pour le retrait des bases militaires fran\u00e7aises sur le continent. Ce fut le cas \u00e0 Ouagadougou lorsque le 20&nbsp;janvier 2023 des centaines de jeunes manifestants ont brandi des pancartes hostiles \u00e0 la France telles que&nbsp;: \u00ab&nbsp;Arm\u00e9e fran\u00e7aise, d\u00e9gage de chez nous&nbsp;\u00bb. Ce slogan constitue une position \u00ab&nbsp;anti-France&nbsp;\u00bb largement r\u00e9pandue en Afrique que certains chercheurs et commentateurs politiques d\u00e9nomment le \u00ab&nbsp;d\u00e9gagisme&nbsp;\u00bb africain. Il s\u2019agit d\u2019un n\u00e9ologisme qui exprime un appel populaire pour que les militaires et les entreprises fran\u00e7aises quittent le continent (Premat, 2020&nbsp;; Rigg, 2022&nbsp;; Gassama, 2022). Si certains voient dans le \u00ab&nbsp;d\u00e9gagisme&nbsp;\u00bb une forme corrosive de nationalisme, beaucoup consid\u00e8rent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une politique de reconqu\u00eate de la souverainet\u00e9 nationale bafou\u00e9e par des d\u00e9cennies d\u2019exploitation n\u00e9ocoloniale et de paternalisme fran\u00e7ais. Comme l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 Mohamed Sinon, le leader du collectif des leaders panafricains, lors de la manifestation contre la pr\u00e9sence militaire fran\u00e7aise \u00e0 Ouagadougou&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous sommes ici pour exprimer notre soutien total et ind\u00e9fectible au pr\u00e9sident Ibrahim Traor\u00e9 et aux forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 engag\u00e9es dans la lutte contre le terrorisme et la recherche de la souverainet\u00e9 totale de notre pays.&nbsp;\u00bb (France&nbsp;24, 2023). L\u2019activiste burkinab\u00e9 assimile la pr\u00e9sence de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise et des djihadistes \u00e0 une invasion et \u00e0 une violation de leur souverainet\u00e9 nationale. En&nbsp;2022, des revendications similaires ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es par des manifestants maliens, brandissant des pancartes \u00ab&nbsp;Barkhane d\u00e9gage&nbsp;\u00bb, ce qui a entra\u00een\u00e9 le d\u00e9part de la force \u00ab&nbsp;Barkhane&nbsp;\u00bb du Mali en ao\u00fbt&nbsp;2022<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> (AFP, 2022). Le m\u00e9contentement des manifestants burkinab\u00e9s et maliens a \u00e9galement touch\u00e9 un petit groupe de manifestants men\u00e9 par l\u2019activiste congolais Emery Mwazulu Diyabanza, qui a tent\u00e9 de retirer un totem du mus\u00e9e du quai Branly en&nbsp;2020 en d\u00e9clarant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous le ramenons chez nous.&nbsp;\u00bb (Reucher, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019acte de Diyabanza traduit le d\u00e9sir des jeunes g\u00e9n\u00e9rations d\u2019Africains de r\u00e9clamer le rapatriement des artefacts africains \u00ab&nbsp;vol\u00e9s&nbsp;\u00bb qui se trouvent dans les mus\u00e9es occidentaux (Sarr &amp; Savoy, 2018). La restitution de ce patrimoine culturel africain est devenue une revendication panafricaine populaire. Activiste burkinab\u00e9 et sankariste, Serge Bayala (2023) exprime l\u2019engagement des challengers n\u00e9o panafricains en ce sens lorsqu\u2019il affirme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Notre patrimoine historique, reflet de l\u2019intelligence de nos anc\u00eatres, a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9, c\u2019est un crime contre la science et l\u2019humanit\u00e9\u2026 Nous avons donc fait de la restitution de notre patrimoine un combat.&nbsp;\u00bb En&nbsp;2021, la France a rendu vingt-six \u0153uvres d\u2019art au B\u00e9nin apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de demandes de restitution de la part du pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, tandis que l\u2019Allemagne et les \u00c9tats-Unis se sont \u00e9galement engag\u00e9s \u00e0 restituer des objets d\u2019art africains \u00e0 leur lieu d\u2019origine. Conscients de l\u2019importance de ces restitutions, les militants r\u00e9unis \u00e0 l\u2019Upec \u00ab&nbsp;ont renforc\u00e9 les appels lanc\u00e9s aux [mus\u00e9es] occidentaux pour qu\u2019ils rapatrient des objets culturels inestimables&nbsp;\u00bb. (Gbadamosi, 2020). \u00c0&nbsp;l\u2019inverse, ils ont appel\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et financiers des consommateurs africains face au pouvoir des multinationales.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, plusieurs mouvements sociaux tels que \u00ab&nbsp;Y\u2019en marre&nbsp;\u00bb et Balai citoyen ont organis\u00e9 des manifestations nationales et en ligne contre l\u2019entreprise fran\u00e7aise de t\u00e9l\u00e9communications Orange pour ses prix \u00e9lev\u00e9s et la faible qualit\u00e9 de ses services. Des campagnes telles que #OrangeIstheNewMafia (au Cameroun), #BoycottonsOrangeSenegal (au S\u00e9n\u00e9gal) et \u00ab&nbsp;Stop aux arnaques de Orange Mali&nbsp;\u00bb (au Mali) ont \u00e9t\u00e9 suivies avec succ\u00e8s par les consommateurs qui ont forc\u00e9 l\u2019entreprise, dans certains cas, \u00e0 r\u00e9duire ses prix (Barma, 2018). Des appels \u00e0 la mobilisation et des actions similaires ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s par Lucha et d\u2019autres mouvements sociaux congolais en&nbsp;2019 pour obliger les compagnies t\u00e9l\u00e9phoniques \u00e0 fournir une meilleure qualit\u00e9 de service et \u00e0 baisser leurs prix. Les activistes ont d\u00e9plor\u00e9 que les clients d\u2019Orange en France paient moins que leurs homologues en Afrique, alors que ces derniers sont dans une situation \u00e9conomique plus pr\u00e9caire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sentiment d\u2019une pr\u00e9sence fran\u00e7aise envahissante est rest\u00e9 tr\u00e8s palpable lors de l\u2019Upec de 2018. Il \u00e9tait encore plus perceptible apr\u00e8s la pr\u00e9sentation de Nadia Tourqui (2018), une activiste des Comores dont l\u2019expos\u00e9 portait sur l\u2019utilisation continue de la monnaie&nbsp;CFA et l\u2019occupation de Mayotte par la France. Elle d\u00e9clare&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Je pense que dans tous nos pays, le terme \u00ab\u00a0d\u2019ind\u00e9pendance inachev\u00e9\u00a0\u00bb est r\u00e9current. Nous sommes ind\u00e9pendants, mais nous ne le sommes pas vraiment car il y a le CFA, car il y a une ing\u00e9rence. Mais en plus de tout cela, il y a carr\u00e9ment une partie de notre territoire [Mayotte] qui est occup\u00e9e par la France. Sur nos quatre \u00eeles, bien que nous soyons ind\u00e9pendants depuis le 6 juillet 1975, par un coup de passepasse juridique, la France a d\u00e9cid\u00e9 de garder une \u00eele.\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La d\u00e9claration de Tourqui incarne un malaise g\u00e9n\u00e9ral concernant le contr\u00f4le de la monnaie&nbsp;CFA par la France et le maintien de sa domination politique et militaire sur le continent. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, que Floribert Endong qualifie de \u00ab&nbsp;francophobie&nbsp;\u00bb en tant qu\u2019expression du panafricanisme en Afrique francophone, continue de favoriser une d\u00e9nonciation n\u00e9o panafricaine des dirigeants africains francophones et du gouvernement fran\u00e7ais. Faisant \u00e9cho aux sentiments de nombreux militants de l\u2019Upec \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la France, Endong (2021, pp.&nbsp;117-118) affirme&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>En effet, la domination politique, \u00e9conomique et militaire continue \u2013\u00a0mais non avou\u00e9e\u00a0\u2013 de la France dans ses anciennes colonies africaines a d\u00e9clench\u00e9 l\u2019\u00e9mergence de mouvements nationalistes clandestins et d\u00e9clar\u00e9s qui ont fond\u00e9 leurs revendications sur la d\u00e9nonciation de la France et l\u2019agitation anti-fran\u00e7aise. Ainsi, dans de nombreux pays africains francophones, les signes per\u00e7us du n\u00e9ocolonialisme fran\u00e7ais \u2013\u00a0manifest\u00e9s par la pr\u00e9sence militaire fran\u00e7aise, les politiques \u00e9conomiques pro-fran\u00e7aises, la domination des multinationales fran\u00e7aises, la pr\u00e9dominance des monnaies coloniales (le franc\u00a0CFA ou la Fran\u00e7afrique) et la pr\u00e9tendue alliance pernicieuse de la France avec des \u00e9lites dirigeantes impopulaires, entre autres\u00a0\u2013 ont aliment\u00e9 des sentiments anti-fran\u00e7ais massifs dans divers pays africains francophones.\u00a0<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Outre la domination \u00e9conomique et militaire de la France, Endong fait \u00e9tat de la connivence entre certains dirigeants africains et la France, un autre ph\u00e9nom\u00e8ne vigoureusement d\u00e9nonc\u00e9 par les activistes africains pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019Upec en 2018. L\u2019activiste tchadien, Nadjo Kaina (2018) a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Comme pour nos amis du Burundi et du Congo, notre situation [au Tchad] est tr\u00e8s compliqu\u00e9e, mais ici c\u2019est avec la b\u00e9n\u00e9diction de la France et de la communaut\u00e9 internationale qui accompagnent D\u00e9by. Ils vous disent clairement que les droits de l\u2019Homme ne sont pas une priorit\u00e9, aujourd\u2019hui c\u2019est la lutte contre le terrorisme. D\u00e9by peut donc faire ce qu\u2019il veut.\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Non seulement Kaina condamne la France pour avoir ferm\u00e9 les yeux sur les violations des droits de l\u2019homme au Tchad, mais le soutien sans \u00e9quivoque de l\u2019ancienne m\u00e9tropole \u00e0 la prise de contr\u00f4le du pouvoir politique par Mahamat D\u00e9by apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re, le pr\u00e9sident Idriss D\u00e9by, t\u00e9moigne d\u2019une \u00ab&nbsp;Fran\u00e7afrique&nbsp;\u00bb paternaliste. Cette derni\u00e8re continue d\u2019alimenter les protestations actuellement pr\u00e9sentes dans toute l\u2019Afrique francophone, faisant ainsi de la r\u00e9gion l\u2019\u00e9picentre du panafricanisme du xxi<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quelles perspectives pour la gouvernance des mouvements sociaux africains&nbsp;?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019Upec a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 trois tendances principalement caract\u00e9ristiques des mouvements africains francophones&nbsp;: les progressistes, les veilleurs et les mod\u00e9r\u00e9s. Ces tendances s\u2019accordent sur la n\u00e9cessit\u00e9 du panafricanisme comme principe directeur de l\u2019activisme africain. Cependant, ils diff\u00e8rent sur la mani\u00e8re dont les activistes devraient contribuer au changement social.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00ab&nbsp;progressistes&nbsp;\u00bb estiment que les mouvements sociaux devraient se transformer en partis politiques. Ils comprennent que les postes \u00e9lectifs aux niveaux local et national sont essentiels \u00e0 la r\u00e9alisation de changements sociopolitiques profonds et d\u00e9fendent, par cons\u00e9quent, l\u2019importance de se pr\u00e9senter aux \u00e9lections. Pour ces progressistes, un syst\u00e8me entier jug\u00e9 d\u00e9fectueux doit \u00eatre remplac\u00e9 par un nouveau. C\u2019\u00e9tait principalement la position de l\u2019activiste rappeur camerounais Gaston Ab\u00e9, surnomm\u00e9 \u00ab&nbsp;G\u00e9n\u00e9ral Vals\u00e9ro&nbsp;\u00bb, qui repr\u00e9sentait Jeunes et Forts et Our Destiny, deux mouvements sociaux camerounais de premier plan. Il a publiquement rejet\u00e9 l\u2019id\u00e9e selon laquelle les personnes engag\u00e9es dans les mouvements sociaux devraient \u00eatre \u00ab&nbsp;apolitiques&nbsp;\u00bb, puisque le simple fait de participer \u00e0 des mouvements sociaux devraient \u00eatre \u00ab&nbsp;apolitiques&nbsp;\u00bb, puisque le simple fait de participer \u00e0 des mouvements sociaux est un acte politique. Par \u00ab&nbsp;apolitique&nbsp;\u00bb, Vals\u00e9ro (Upec 2018) explique qu\u2019il est paradoxal que de nombreux activistes africains soient pr\u00eats \u00e0 combattre l\u2019establishment politique pour apporter des changements sociaux, mais qu\u2019ils restent en m\u00eame temps r\u00e9ticents \u00e0 assumer des fonctions \u00e9lectives. Il soutient que&nbsp;les activistes sociaux doivent s\u2019\u00e9loigner du stade des revendications et se demander quel r\u00f4le ils peuvent jouer dans la recherche de solutions aux probl\u00e8mes sociopolitiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La position de Vals\u00e9ro et des progressistes contraste fortement avec celle du Balai Citoyen, qui consid\u00e8rent que le r\u00f4le des militants africains est celui de sentinelles vis-\u00e0-vis du pouvoir politique, et non celui d\u2019hommes politiques en campagne. Je les appelle les \u00ab&nbsp;veilleurs&nbsp;\u00bb, car ils consid\u00e8rent que la place l\u00e9gitime d\u2019un activiste n\u2019est pas \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, au conseil municipal ou au palais pr\u00e9sidentiel, mais dans la rue avec les masses. Pour r\u00e9it\u00e9rer l\u2019importance de la mission de veille des activistes africains, Souleymane Ouedraogo, porte-parole du Balai citoyen \u00e0 l\u2019Upec, affirme&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Apr\u00e8s l\u2019insurrection populaire, le Balai Citoyen avait atteint une telle l\u00e9gitimit\u00e9, que nous aurions pu r\u00e9cup\u00e9rer la transition, nous aurions pu entrer dans le gouvernement, nous aurions pu aller \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale de transition, mais nous avons voulu continuer \u00e0 jouer notre r\u00f4le de sentinelles, de veille citoyenne, et nous ne regrettons rien. (Ouedraogo, Upec 2018).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ouedraogo est clairement en d\u00e9saccord avec Vals\u00e9ro et les progressistes. Pour lui, la notori\u00e9t\u00e9 des activistes africains est souvent interpr\u00e9t\u00e9e par beaucoup comme un rite de passage pour assumer des responsabilit\u00e9s publiques. Cependant, le passage de l\u2019activisme \u00e0 la politique reste d\u00e9licat dans un continent o\u00f9 le terme \u00ab&nbsp;politicien&nbsp;\u00bb est souvent associ\u00e9 \u00e0 la d\u00e9magogie, \u00e0 la corruption et \u00e0 la fourberie.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me tendance, repr\u00e9sent\u00e9e par le mouvement \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb, se situe \u00e0 mi-chemin entre les progressistes et les veilleurs. Les adeptes de cette tendance, les \u00ab&nbsp;mod\u00e9r\u00e9s&nbsp;\u00bb, adoptent une position m\u00e9diane. Ils soutiennent que les activistes africains peuvent se pr\u00e9senter \u00e0 des fonctions publiques, tout en pr\u00e9servant v\u00e9ritablement leur int\u00e9grit\u00e9. Ces n\u00e9o panafricanistes serviraient leurs communaut\u00e9s comme le ferait n\u2019importe quelle organisation non gouvernementale. Fadel Barro a exprim\u00e9 ce point de vue lorsqu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les positions des deux camps (progressistes et veilleurs) font l\u2019objet d\u2019un d\u00e9bat int\u00e9ressant et bien expliqu\u00e9 dans les travaux du sommet. Je pense qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question int\u00e9ressante que les mouvements discuteront entre eux [\u2026]. Personnellement, je pense que nos mouvements devraient ressembler \u00e0 l\u2019ANC (African National Congress) \u00e0 ses d\u00e9buts, c\u2019est-\u00e0-dire que nous nous mobilisons pour d\u00e9fendre une cause, mais en m\u00eame temps, nous pouvons conqu\u00e9rir le pouvoir politique tout en restant Enda Tiers Monde qui \u00e9tait une grande ONG qui aidait les communaut\u00e9s \u00e0 se tenir au courant des probl\u00e8mes. Je pense donc que les deux positions (se pr\u00e9senter \u00e0 des postes politiques et jouer le r\u00f4le de veilleur) peuvent aller de pair. Je fais confiance aux leaders des mouvements sociaux pour choisir la meilleure ligne de conduite en fonction de leurs r\u00e9alit\u00e9s socioculturelles.\u00a0 (entretien avec Barro, juillet 2019).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La d\u00e9claration de Barro illustre la troisi\u00e8me voie de l\u2019avenir de l\u2019activisme africain et, comme les deux positions pr\u00e9c\u00e9dentes, elle confirme que l\u2019activisme des mouvements de jeunesse n\u2019est pas un processus statique. Il est plut\u00f4t dans un \u00e9tat de transformation permanente pour s\u2019adapter aux dynamiques sociales, politiques et culturelles de l\u2019\u00e9poque. Cependant, il convient de noter que la question de l\u2019occupation d\u2019une fonction publique a constitu\u00e9 un point de discorde au sein m\u00eame du mouvement \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb, lorsque Barro a d\u00e9cid\u00e9 de se porter candidat \u00e0 un si\u00e8ge parlementaire en&nbsp;2017. La direction du mouvement a fait valoir que Fadel Barro \u00e9tait libre de briguer un si\u00e8ge parlementaire comme tout citoyen \u00e9ligible, mais qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas autoris\u00e9 \u00e0 rester membre du mouvement s\u2019il choisissait de se pr\u00e9senter aux \u00e9lections. Face \u00e0 ce dilemme, Fadel Barro a renonc\u00e9 \u00e0 son ambition politique pour rester le coordinateur du mouvement jusqu\u2019en mars&nbsp;2019, date \u00e0 laquelle Aliou San\u00e9 l\u2019a remplac\u00e9 en tant que porte-parole du mouvement. Depuis lors, Barro a lanc\u00e9 une coalition politique d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab&nbsp;Jammi Gox Yi&nbsp;\u00bb pour participer aux joutes \u00e9lectorales.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9bat entre \u00ab&nbsp;progressistes&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\/veilleurs\/sentinelles&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;mod\u00e9r\u00e9s&nbsp;\u00bb est rest\u00e9 l\u2019un des points forts du sommet panafricain de Dakar en&nbsp;2018. L\u2019av\u00e8nement de ces courants trace une nouvelle direction pour l\u2019activisme social sur le continent. Les mouvements sociaux actuels se transformeront-ils en partis politiques traditionnels pour r\u00e9pondre plus efficacement aux dol\u00e9ances de la population&nbsp;? Se transformeront-ils en entit\u00e9s d\u2019entrepreneuriat socio-\u00e9conomiques semblables aux ONG internationales&nbsp;? Bien que nous n\u2019ayons pas de r\u00e9ponses d\u00e9finitives \u00e0 ces questions, il convient de souligner que de nombreux activistes ayant particip\u00e9 \u00e0 l\u2019Upec ont cr\u00e9\u00e9 ou rejoint des partis et coalitions politiques. C\u2019est le cas de l\u2019activiste k\u00e9nyan Boniface Mwangi qui a cr\u00e9\u00e9 le parti Ukweli et a brigu\u00e9 un si\u00e8ge au parlement. Dans tous les cas, les mouvements africains sont tenus de s\u2019adapter \u00e0 l\u2019\u00e9volution des r\u00e9alit\u00e9s politiques et de d\u00e9fier les politiciens de carri\u00e8re qui ont tendance \u00e0 monopoliser le pouvoir. Par cons\u00e9quent, ce que l\u2019on peut appeler le \u00ab&nbsp;morphisme des mouvements sociaux africains&nbsp;\u00bb devient une n\u00e9cessit\u00e9, en d\u2019autres termes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les activistes africains doivent \u00eatre pr\u00eats \u00e0 faire \u00e9voluer les structures de leurs mouvements pour les adapter aux exigences contextuelles de la r\u00e9alit\u00e9 sociopolitique de leurs pays respectifs. Entre-temps, les militants peuvent continuer \u00e0 travailler sur des strat\u00e9gies collectives qui r\u00e9pondent aux besoins et aux pr\u00e9occupations des masses dans leur marche vers l\u2019\u00e9tablissement de vraies d\u00e9mocraties, la bonne gouvernance et la lutte contre le n\u00e9ocolonialisme.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019Upec symbolise une initiative francophone cl\u00e9 et une exp\u00e9rience transformatrice pour les activistes de l\u2019Atlantique noir dans son ensemble. Elle a servi de premi\u00e8re grande plateforme transnationale pour les mouvements de jeunesse radicaux de l\u2019Afrique contemporaine, qui s\u2019est occup\u00e9e non seulement de la sensibilisation civique et du changement politique, mais aussi du bien-\u00eatre des activistes sociaux. Les mouvements sociaux se sont mis d\u2019accord sur un programme collectif et une feuille de route pour construire ce que ses initiateurs appellent une \u00ab&nbsp;Nouvelle Afrique&nbsp;\u00bb. \u00c0&nbsp;cet \u00e9gard, Fadel Barro affirme que l\u2019Upec \u00ab&nbsp;est [partiellement] n\u00e9e de la prise de conscience que l\u2019espace public africain manquait d\u2019un forum o\u00f9 [les activistes] pourraient parler de leurs probl\u00e8mes et se projeter dans des \u00ab\u00a0utopies actives\u00a0\u00bb&nbsp;\u00bb (Barro, 2019). L\u2019Upec a permis aux activistes sociaux de revenir sur les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents qui ont remis en cause les principes de la d\u00e9mocratie et de l\u2019\u00c9tat de droit en Afrique, ainsi que les d\u00e9fis \u00e0 la dignit\u00e9 humaine dans les diasporas. Ils ont \u00e9galement saisi l\u2019occasion pour analyser les d\u00e9fis sociopolitiques et culturels pass\u00e9s et actuels par rapport \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab&nbsp;Nouvelle Afrique&nbsp;\u00bb que les jeunes veulent voir \u00e9merger<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. Plus important encore, le sommet s\u2019est distingu\u00e9 comme un incubateur pour un nouveau partenariat dans lequel les leaders des mouvements et les participants, les d\u00e9cideurs politiques et les universitaires ont interagi pour favoriser le changement avec la conscience claire d\u2019un destin commun. Enfin, l\u2019Upec a souscrit \u00e0 la continuit\u00e9 de la r\u00e9sistance panafricaine contre les forces internes et externes ali\u00e9nantes, comme le souligne Barro dans le rapport final du sommet. Il affirme&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L\u2019ancienne puissance coloniale a \u00e9touff\u00e9 l\u2019utopie naissante qu\u2019\u00e9tait le panafricanisme, objectif des grandes figures de l\u2019ind\u00e9pendance africaine comme Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba ou Nnamdi Azikiwe. En\u00a0fin de compte, ils ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 \u00eatre des contestataires d\u2019un ordre politique, \u00e9conomique et culturel injuste sans jamais avoir eu l\u2019occasion de structurer et de r\u00e9aliser leur projet [le panafricanisme] de transformation n\u00e9cessaire pour une Afrique traumatis\u00e9e par la colonisation. Aujourd\u2019hui, notre g\u00e9n\u00e9ration est confront\u00e9e aux m\u00eames probl\u00e8mes et nous devons inventer nos propres r\u00e9ponses \u00e0 ces probl\u00e8mes. (Barro, 2019).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La d\u00e9claration de Barro r\u00e9it\u00e8re la d\u00e9termination de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de militants \u00e0 suivre les traces de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs panafricains. Il souligne le fait que l\u2019Afrique est toujours confront\u00e9e aux m\u00eames probl\u00e8mes politiques, \u00e9conomiques et sociaux qui d\u00e9coulent en partie de l\u2019exp\u00e9rience coloniale. Face \u00e0 ces d\u00e9fis, les activistes africains contemporains ont adopt\u00e9 de nouvelles m\u00e9thodes dans le but de proposer des alternatives politiques qui rompent compl\u00e8tement les liens coloniaux et n\u00e9ocoloniaux. C\u2019est \u00e0 cet \u00e9gard que l\u2019Upec a donn\u00e9 naissance \u00e0 des tendances militantes qui s\u2019int\u00e9ressent aux transformations syst\u00e9miques profondes des soci\u00e9t\u00e9s africaines et diasporiques, m\u00eame si leurs visions des moyens d\u2019y parvenir sont diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, nous pouvons dire qu\u2019apr\u00e8s une longue p\u00e9riode de d\u00e9mobilisation notable de la communaut\u00e9 panafricaine, les mouvements sociaux contemporains africains et de la diaspora ont raviv\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de la masse pour le panafricanisme. Ils ouvrent une nouvelle phase pour un mouvement et un concept qui ont contribu\u00e9 \u00e0 la lib\u00e9ration des Noirs dans le monde. Par cons\u00e9quent, le n\u00e9o panafricanisme constitue une phase \u00e9volutive et un cadre conceptuel pour les mouvements sociaux africains qui reconnaissent la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019internationalisation de l\u2019engagement civique. Compte tenu de leurs similitudes, de la menace du n\u00e9ocolonialisme et de la nature de plus en plus r\u00e9pressive des r\u00e9gimes africains, la force de l\u2019activisme social noir r\u00e9side dans des formes d\u2019organisations transnationales. Par cons\u00e9quent, l\u2019organisation de l\u2019Upec et la formation d\u2019Afrikki marquent un tournant dans la construction du \u00ab&nbsp;nouvel esprit du panafricanisme&nbsp;\u00bb. Elles ont renforc\u00e9 les alliances qui existent entre les mouvements sociaux africains et de la diaspora dans le cycle de protestation actuel. Malgr\u00e9 l\u2019\u00e9mergence de diff\u00e9rents courants lors du sommet de l\u2019Upec de 2018, les activistes qui ont particip\u00e9 au sommet sont tous d\u2019accord pour dire que leur salut viendra du panafricanisme, et que seules une conscience et des luttes populaires soutenues favoriseront des transformations sociopolitiques et \u00e9conomiques durables.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Adi, H. (2013). <em>Pan-Africanism and Communism: The Communist International, Africa and the Diaspora, 1919-1939<\/em>: Africa World Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Adi, H. (2018). <em>Pan-Africanism: A History.<\/em>Bloomsbury Publishing.<\/p>\n\n\n\n<p>African Union. (2013). Pan Africanism and African Renaissance <em>Echo<\/em> (5).<\/p>\n\n\n\n<p>AFP (2022, 15 ao\u00fbt). Barkhane d\u00e9gage&nbsp;: manifestation au Mali contre l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. <em>Le Point.<\/em> <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/barkhane-degage-manifestation-au-mali-contre-l-armee-francaise-15-08-2022-2486352_24.php\">https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/barkhane-degage-manifestation-au-mali-contre-l-armee-francaise-15-08-2022-2486352_24.php<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>AFP\/VOA. (2020, 12 oct.) La contestation contre le 3<sup>e<\/sup> mandat fait 90 morts, selon l&rsquo;opposition guin\u00e9enne. <em>voaafrique.com. <\/em><a href=\"https:\/\/www.voaafrique.com\/a\/contestation-en-guin%C3%A9e-90-morts-selon-l-opposition-le-gouvernement-conteste\/5618658.html\">https:\/\/www.voaafrique.com\/a\/contestation-en-guin%C3%A9e-90-morts-selon-l-opposition-le-gouvernement-conteste\/5618658.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Afrikki (2018, juil.). La D\u00e9claration de Dakar. Upec. <a href=\"https:\/\/afrikki.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/upec-les-actes-1.pdf\">https:\/\/afrikki.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/upec-les-actes-1.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Appiah, K. A., Gates H. L. (2003). <em>Africana: the Encyclopedia of the African and African American Experience: the Concise Desk Reference<\/em>. Running Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Barma, A. Y. (2018, 12 sept.) T\u00e9l\u00e9coms&nbsp;: malgr\u00e9 les m\u00e9saventures en s\u00e9rie, Orange tient bon en Afrique. <em>La Tribune Afrique<\/em>. Consult\u00e9 le 2 d\u00e9cembre 2022 sur <a href=\"https:\/\/afrique.latribune.fr\/entreprises\/2018-09-10\/telecoms-malgre-les-mesaventures-en-serie-orange-tient-bon-en-afrique-788852.html\">https:\/\/afrique.latribune.fr\/entreprises\/2018-09-10\/telecoms-malgre-les-mesaventures-en-serie-orange-tient-bon-en-afrique-788852.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Barro, F. (2018). <em>Editorial of the UPEC<\/em>. Upec.<\/p>\n\n\n\n<p>Barro, F. (2019, 17 juil.). Interview par Bamba Ndiaye.<\/p>\n\n\n\n<p>Bayala, S. (2023, 8 juil.). Interview par Bamba Ndiaye.<\/p>\n\n\n\n<p>Bonacci, G. (2022). \u00ab Global Africa \u00bb: A Critical Genealogy of a Militant Concept. <em>Global Africa<\/em> (1) pp. 38-47.<\/p>\n\n\n\n<p>Branch, A., Zacharia M. (2015). <em>Africa Uprising: Popular Protest and Political Change<\/em>: Zed Books.<\/p>\n\n\n\n<p>Clark, M.K., Azalia, L., Mnyandu, P., Abay, S., Alarcon, J., Ansong, A., Bailey, Y., Bope, E.M., Brantuo, N.A.Y., Brown, S. (2018). <em>Pan African Spaces: Essays on Black Transnationalism<\/em>. Lexington Books.<\/p>\n\n\n\n<p>Dim\u00e9, M., Kapagama, P., Sor\u00e9, Z., Tour\u00e9, I. (2021). Afrikki mwinda&nbsp;: y\u2019en a marre, Balai citoyen, Filimbi et Lucha. Catalyseurs d\u2019une dynamique transafricaine de l\u2019engagement citoyen. <em>Africa Development<\/em>,<em> 46<\/em>(1), 71-92.<\/p>\n\n\n\n<p>Emerson, R. (1962). Pan-Africanism. <em>International Organization<\/em>, <em>16<\/em>(2), 275-290.<\/p>\n\n\n\n<p>Endong, F. P. C. (2021). Francophobia as an expression of Pan-Africanism in Francophone Africa: An exploration of the Cameroonian political and media discourse. <em>Inkanyiso: Journal of Humanities and Social Sciences.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Esedebe, P. O. (1982). <em>Pan-Africanism: The Idea and Movement, 1776-1963<\/em>: Howard University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>France 24 (2023, 20&nbsp;janv.). Au Burkina Faso, une nouvelle manifestation contre la pr\u00e9sence fran\u00e7aise. <em>France&nbsp;24.<\/em> Consult\u00e9 le 20 janvier 2023 sur<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/www.france24.com\/fr\/afrique\/20230120-au-burkina-faso-une-nouvelle-manifestation-contre-la-pr%C3%A9sence-fran%C3%A7aise\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Frehiwot, M., McGhee, C., Aduako, H.&nbsp;B. (2022). Liberate Your Mind: Ghana and Kwame Nkrumah\u2019s Influence on Contemporary Pan-African Consciousness in the USA. <em>Journal of African American Studies<\/em>, <em>26<\/em>(2), 125-141. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/s12111-022-09572-8\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/s12111-022-09572-8<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Gassama, E. H. S. (2022). D\u00e9mocratie en Afrique : aux sources d\u2019un malaise continental, un miroir occidental ? <em>Revue internationale et strat\u00e9gique, 126<\/em>(2), 87-95. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/ris.126.0087\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/ris.126.0087<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Gbadamosi, N. (July 28, 2020). Is It Time to Repatriate Africa\u2019s Looted Art? <em>Foreign Policy.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/em><a href=\"https:\/\/tinyurl.com\/4e55e5zu\"><em>https:\/\/tinyurl.com\/4e55e5zu<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Geiss, I. (1965). Some Remarks on the Development of African Trade Unions. <em>Journal of the Historical Society of Nigeria<\/em>, <em>3<\/em>(2), 365-376.<\/p>\n\n\n\n<p>Geiss, I. (1974). <em>The Pan-African Movement<\/em>. Methuen.<\/p>\n\n\n\n<p>Hoskins, L.A., &amp; Nantambu, K. (1987). <em>The Political Economy of Pan-African Nationalism: Historical Origins &amp; Contemporary Forms<\/em>: Pyramid Publications.<\/p>\n\n\n\n<p>Joseph-Gabriel, A.K. (2020). <em>Reimagining Liberation: How Black Women Transformed Citizenship in the French Empire<\/em>: University of Illinois Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Kaina, N. (2018). <em>Engagement citoyen et d\u00e9fis de la gouvernance au Tchad<\/em> Paper presented at the UPEC, Dakar.<\/p>\n\n\n\n<p>Kounou, M. (2007). <em>Le panafricanisme: de la crise \u00e0 la renaissance: une strat\u00e9gie globale de reconstruction effective pour le troisi\u00e8me mill\u00e9naire<\/em>. \u00c9ditions Cl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Lumumba\u2013Kasongo, T. (2007). Africa\u2019s Third-Term Syndrome: A Trend Toward Authoritarianism or a Unique Form of Democracy? <em>Georgetown Journal of International Affairs, 8<\/em>(1), 125-133.<\/p>\n\n\n\n<p>M&rsquo;Baye, B. (2009). <em>The Trickster Comes West: Pan-African Influence in Early Black Diasporan Narratives<\/em>: University Press of Mississippi.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u2019Baye, B. (2017). <em>Black Cosmopolitanism and Anticolonialism: Pivotal Moments.<\/em> Routledge<\/p>\n\n\n\n<p>Mamdani, M. (2011). Short Cuts. <em>London Review of Books.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mazrui, A.&nbsp;A. (1977). <em>Africa\u2019s international relations: The diplomacy of dependency and change<\/em>. Boulder, Colo: Heinemann, Westview Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Nantambu, K. (1998). Pan-Africanism Versus Pan-African Nationalism: An Afrocentric Analysis. <em>Journal of Black Studies,<\/em> <em>28<\/em>(5), 561-574.<\/p>\n\n\n\n<p>Ndiaye, B. (2021). Social Movements and the Challenges of Resource Mobilization in the Digital Era: A Case from Francophone West Africa. <em>Africa Today,<\/em> <em>68<\/em>(1), 49-71.<\/p>\n\n\n\n<p>Ou\u00e9draogo, S. (2018). UPEC Conference Proceedings. <a href=\"https:\/\/afrikki.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/upec-les-actes-1.pdf\">https:\/\/afrikki.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/upec-les-actes-1.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Padmore, G. (1958). <em>Pan-Africanism Or Communism?: The Coming Struggle for Africa<\/em> Dobson.<\/p>\n\n\n\n<p>Premat, C. (2020). D\u00e9coloniser les jeunesses africaines: le message politique diasporique de K\u00e9mi S\u00e9ba. <em>Langues, Cultures, Communication,<\/em> <em>4<\/em>(1), 113-126.<\/p>\n\n\n\n<p>Rabaka, R. <em>et al.,<\/em> (2020). <em>Routledge Handbook of Pan-Africanism<\/em>: Taylor &amp; Francis.<\/p>\n\n\n\n<p>Reucher, G. (2020, 2 oct.). Congolese activist on trial for trying to return looted art. <em>Deutsche Welle<\/em> <em>DW<\/em>. Consult\u00e9 le 9 juillet 2023 sur <a href=\"https:\/\/www.dw.com\/en\/congolese-activist-on-trial-for-trying-to-take-artworks-from-european-museums\/a-55131924\">https:\/\/www.dw.com\/en\/congolese-activist-on-trial-for-trying-to-take-artworks-from-european-museums\/a-55131924<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Rickford, R. J. (2016). <em>We Are an African People: Independent Education, Black Power, and the Radical Imagination<\/em>. Oxford University Press. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/acprof:oso\/9780199861477.001.0001\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/acprof:oso\/9780199861477.001.0001<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Rigg, J.&nbsp;E. (2022). From \u00ab&nbsp;d\u00e9gage&nbsp;!&nbsp;\u00bb to \u00ab&nbsp;d\u00e9gagisme&nbsp;\u00bb: the travel of the political thinking of the Arab uprisings between Tunisia and France. <em>Globalizations<\/em>, <em>19<\/em>(7),&nbsp;1150-1164.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"about:blank\">https:\/\/doi: 10.1080\/14747731.2022.2035058.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sarr, F. (2016). <em>Afrotopia<\/em>. Librairie Mollat. Entretien&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=dIXGrNXQ9V4\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=dIXGrNXQ9V4<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sarr, F. (2018). UPEC Conference Proceedings. Upec Dakar. <a href=\"https:\/\/afrikki.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/upec-les-actes-1.pdf\">https:\/\/afrikki.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/upec-les-actes-1.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sarr, F., Savoy, B. (2018). <em>Restituer le patrimoine africain. <\/em>Philip Rey<\/p>\n\n\n\n<p>Shepperson, G. (1962). Pan-Africanism and \u00ab\u00a0Pan-Africanism\u00a0\u00bb: Some Historical Notes. <em>Phylon (1960-)<\/em>, <em>23<\/em>(4),&nbsp;346-358.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"about:blank\">https:\/\/doi: 10.2307\/274158<\/a><a href=\"about:blank\">.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sherwood, M. (2011). <em>Origins of Pan-Africanism: Henry Sylvester Williams, Africa and the African Diaspora<\/em>. Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p>Tour\u00e9, C. (2018, 25 juil.). Interview par Bamba Ndiaye. Upec Dakar.<\/p>\n\n\n\n<p>Tourqui, N. (2018). R\u00e9sistance, insularit\u00e9 et pr\u00e9carit\u00e9&nbsp;: le mouvement de la 3<sup>e<\/sup>&nbsp;voie aux Comores. Upec Dakar.<\/p>\n\n\n\n<p>Union africaine (2013). Pan Africanism and African Renaissance. <em>AU&nbsp;Echo<\/em>, 5.<\/p>\n\n\n\n<p>Vals\u00e9ro, G. (2018). Upec Conference Proceedings. <a href=\"https:\/\/afrikki.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/upec-les-actes-1.pdf\">https:\/\/afrikki.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/upec-les-actes-1.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Wright, E. (2023, 23 janv.). Interview par Bamba Ndiaye. Atlanta, Georgia.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Afrikki cherche \u00e9galement \u00e0&nbsp;: 1)&nbsp;encourager la solidarit\u00e9 entre tous les mouvements sociaux des diff\u00e9rents pays africains&nbsp;; 2)&nbsp;favoriser la prise de conscience civique en Afrique et renforcer l\u2019image des mouvements sociaux africains \u00e0 travers divers m\u00e9canismes&nbsp;; 3)&nbsp;consolider le plaidoyer et le renforcement des capacit\u00e9s des mouvements sociaux \u00e0 travers la mobilisation des ressources et le partage des strat\u00e9gies&nbsp;; et 4)&nbsp;mettre en place des m\u00e9canismes de financement pour l\u2019autonomie financi\u00e8re et soutenir les activistes africains en danger.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Il est important de noter que dans le contexte de l\u2019Upec et d\u2019Afrikki, le terme \u00ab&nbsp;activisme social africain&nbsp;\u00bb constitue un effort panafricain par essence. Par cons\u00e9quent, les termes \u00ab&nbsp;activisme social africain&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;activisme social panafricain&nbsp;\u00bb sont interchangeables.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Le terme \u00ab&nbsp;N\u00e9o panafricanisme&nbsp;\u00bb se distingue ici du concept de \u00ab&nbsp;N\u00e9o-panafricanisme&nbsp;\u00bb qui correspond, comme le note Russell Rickford, \u00e0 la p\u00e9riode situ\u00e9e entre&nbsp;1969 et&nbsp;1972, lorsque le nationalisme noir aux \u00c9tats-Unis a relanc\u00e9 la notion de panafricanisme en tant que principe nationaliste directeur \u00e0 la suite de la d\u00e9mobilisation des Black Panthers et du mouvement Black Power. Le n\u00e9o panafricanisme (orthographi\u00e9 diff\u00e9remment), tel qu\u2019il est d\u00e9velopp\u00e9 dans cet article, trouve ses racines en Afrique de l\u2019Ouest francophone et fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un processus continu qui a d\u00e9but\u00e9 au cours de la deuxi\u00e8me d\u00e9cennie du mill\u00e9naire actuel avec la prolif\u00e9ration de mouvements de jeunes insurg\u00e9s en Afrique Francophone.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> La \u00ab&nbsp;relation d\u00e9colonisatrice avec l\u2019Afrique&nbsp;\u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence au d\u00e9sir des activistes africains de lutter contre le n\u00e9ocolonialisme sur le continent, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019interventions militaires \u00e9trang\u00e8res, de l\u2019utilisation d\u2019une monnaie et de symboles coloniaux ou des relations paternalistes entre l\u2019Afrique et les pays du Nord.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> La lutte contre les h\u00e9ritages coloniaux passe par le changement de nom des rues qui portent le nom des colonisateurs et le retrait des statues des anciens colonisateurs, comme celle de Faidherbe dans le centre-ville de Saint-Louis du S\u00e9n\u00e9gal. Ils y sont parvenus.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Selon Rupert Emerson, cette p\u00e9riph\u00e9risation de l\u2019Afrique francophone est en partie due au fait que de nombreux dirigeants africains francophones se sont identifi\u00e9s \u00e0 la politique coloniale assimilationniste et ont perdu de vue l\u2019urgence de l\u2019autonomie et de l\u2019autod\u00e9termination des nations africaines. Il affirme \u00e9galement que de nombreux dirigeants africains francophones ont d\u00e9nigr\u00e9 les id\u00e9es panafricaines, car leurs partisans \u00ab&nbsp;ressemblaient&nbsp;\u00bb \u00e0 des radicaux pr\u00f4nant l\u2019ind\u00e9pendance totale vis-\u00e0-vis de la m\u00e9tropole. En&nbsp;outre, les divergences entre W.E.B. Du&nbsp;Bois et les membres francophones de l\u2019Association panafricaine ont failli conduire \u00e0 l\u2019annulation du congr\u00e8s panafricain de&nbsp;1923. Ces divergences ont perdur\u00e9 tout au long des d\u00e9cennies et ont entra\u00een\u00e9 une pr\u00e9pond\u00e9rance de l\u2019anglophone dans le mouvement panafricain du xx<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> Voir&nbsp;: Padmore, 1958&nbsp;; Geiss, 1965&nbsp;; 1974&nbsp;; Mazrui, 1977&nbsp;; Esedebe, 1982&nbsp;; Hoskins et Nantambu, 1987&nbsp;&nbsp;; Sherwood, 2011&nbsp;; Rickford, 2016&nbsp;; Adi, 2013&nbsp;; 2018&nbsp;; Clark et&nbsp;al., 2018&nbsp;; Kounou, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> Pendant longtemps, le panafricanisme en tant que mouvement a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 et d\u00e9fini par des personnes tr\u00e8s instruites qui ont convoqu\u00e9 les congr\u00e8s et les conf\u00e9rences panafricains. Apr\u00e8s le mouvement d\u2019ind\u00e9pendance, ce sont les acteurs politiques qui ont jou\u00e9 le r\u00f4le le plus important dans le mouvement et l\u2019id\u00e9ologie. Toutefois, au xxi<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, les militants et les initiatives communautaires constituent la locomotive du panafricanisme.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> Le concept de \u00ab&nbsp;cadres de contestation analogues&nbsp;\u00bb fait ici r\u00e9f\u00e9rence au fait que les mouvements sociaux africains contemporains partagent des m\u00e9thodes de protestation efficaces et des formes de contr\u00f4le populaire de l\u2019action gouvernementale. Par exemple, en&nbsp;2015, le Balai citoyen a lanc\u00e9 la campagne \u00ab&nbsp;Je vote, je reste&nbsp;\u00bb pour garantir une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle saine et transparente. La m\u00eame campagne a \u00e9t\u00e9 reproduite un an plus tard au Congo, lorsque des activistes sociaux locaux ont encourag\u00e9 un contr\u00f4le populaire du processus de comptage des votes.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> <em>S\u00e9n\u00e9gal, un scandale \u00e0 10&nbsp;milliards de dollars<\/em>. BBC report. https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=wqwmxR_QTY8<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> L\u2019\u00ab&nbsp;Azimio la Dakar&nbsp;\u00bbest la d\u00e9claration finale que les activistes africains et diasporiques ont publi\u00e9e lors du premier sommet panafricain des mouvements sociaux qui s\u2019est tenu \u00e0 Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal, en juillet 2018. Le document a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 par l\u2019activiste Fadel Barro de \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb et le romancier et \u00e9conomiste Felwine Sarr.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Les \u00ab&nbsp;forces n\u00e9ocoloniales&nbsp;\u00bb font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la dynamique Fran\u00e7afrique qui continue \u00e0 d\u00e9finir les relations entre la France et ses anciennes colonies en Afrique. Il s\u2019agit \u00e9galement de l\u2019opposition au franc&nbsp;CFA, ainsi que des entreprises du Nord, et d\u2019une poign\u00e9e d\u2019\u00e9lites locales qui profitent des ressources naturelles africaines au d\u00e9triment de la majorit\u00e9. Il s\u2019agit \u00e9galement des entit\u00e9s qui soutiennent les r\u00e9gimes autocratiques en Afrique, comme c\u2019est le cas au Tchad.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> Au Mali, le gouvernement a fait appel \u00e0 la milice russe Wagner pour la soutenir dans son op\u00e9ration visant \u00e0 d\u00e9barrasser le pays de la menace djihadiste. Au Burkina Faso, des manifestants avaient brandi le drapeau russe en signe de rapprochement avec le pays de Poutine. Si beaucoup approuvent les appels au d\u00e9part de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise dans les deux pays, ils mettent \u00e9galement en garde contre le rapprochement avec la Russie, l\u2019objectif n\u2019\u00e9tant pas de remplacer une puissance militaire \u00ab&nbsp;douteuse&nbsp;\u00bb par une autre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> Traduction de l\u2019auteur<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> \u00ab&nbsp;Nouvelle Afrique&nbsp;\u00bb est un terme que de nombreux militants ont utilis\u00e9 pendant l\u2019Upec pour d\u00e9signer l\u2019\u00e9mergence d\u2019un continent libre et d\u00e9mocratique, sans corruption, sans mauvaise gestion, sans exploitation \u00e9trang\u00e8re et sans spoliation.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4544,"template":"","meta":[],"series-categories":[1349],"cat-articles":[1015],"keywords":[1596,1560,1561,1595,1017,1562],"ppma_author":[496],"class_list":["post-26600","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-3","cat-articles-analyses-critiques","keywords-activisme","keywords-afrikki","keywords-francophone-africa","keywords-neo-panafricanisme","keywords-panafricanisme","keywords-upec","author-bamba-ndiaye-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>L\u2019activisme social africain et la mont\u00e9e du n\u00e9o panafricanisme : Un regard sur le sommet de l\u2019Upec | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/african-social-activism-and-the-rise-of-neo-pan-africanism-a-look-at-the-upec-summit\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L\u2019activisme social africain et la mont\u00e9e du n\u00e9o panafricanisme : Un regard sur le sommet de l\u2019Upec | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Le lundi 23&nbsp;juillet 2018, la capitale s\u00e9n\u00e9galaise a accueilli la premi\u00e8re Universit\u00e9 populaire de l\u2019engagement citoyen (Upec), un sommet panafricain des mouvements sociaux sous l\u2019\u00e9gide des mouvements \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb, Projet Sud, Filimbi et Lucha, entre autres. Ce rassemblement s\u2019inscrivait dans la perspective d\u2019\u00e9v\u00e9nements panafricains similaires qui ont eu lieu dans d\u2019autres pays africains, \u00e0 savoir le 60e&nbsp;anniversaire de la conf\u00e9rence panafricaine des peuples et le 8e&nbsp;congr\u00e8s panafricain organis\u00e9s respectivement en 2018 et 2015 au Ghana. Au total, cinquante-cinq&nbsp;mouvements sociaux de trente&nbsp;pays \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 Dakar. Comme le d\u00e9clare Fadel Barro (2018), membre du comit\u00e9 d\u2019organisation&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019Upec [\u2026] a rassembl\u00e9 des Africains divis\u00e9s par la colonisation, les religions et les barri\u00e8res ethniques. Anglophones, francophones, arabophones et lusophones ont interagi en utilisant le langage commun de l\u2019espoir.&nbsp;\u00bb Les activistes noirs du continent et de la diaspora ont pu transcender l\u2019environnement politique actuel qui les emp\u00eachait de faire progresser le mouvement panafricain (Barro, 2019). Les origines de ce rassemblement historique remontent \u00e0 deux&nbsp;ans, sur l\u2019\u00eele de Gor\u00e9e, lorsque \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb a mobilis\u00e9 des militants du Burkina Faso, du Cameroun, de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Congo-Brazzaville, du Tchad, de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), de la Gambie, de Madagascar et du S\u00e9n\u00e9gal pour discuter de l\u2019\u00e9tat de l\u2019activisme social africain, en mettant l\u2019accent sur les d\u00e9fis, les solutions et les revendications. L\u2019une des principales r\u00e9alisations de ce rassemblement a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une plateforme panafricaine pour les mouvements sociaux appel\u00e9e \u00ab&nbsp;Afrikki&nbsp;\u00bb, qui a \u00e9t\u00e9 officiellement lanc\u00e9e \u00e0 la fin du sommet de l\u2019Upec. Une autre initiative cl\u00e9 a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une structure qui prot\u00e8ge et accueille les activistes africains menac\u00e9s par les forces politiques nationales. Comme le d\u00e9clare Barro (2019), l\u2019objectif de ce r\u00e9seau transnational est de \u00ab&nbsp;permettre aux activistes sociaux de faire avancer la cause et le discours panafricains et de permettre aux mouvements sociaux de traiter des questions qui ne sont pas seulement nationales, mais qui affectent \u00e9galement le continent dans son ensemble&nbsp;\u00bb[1]. Nous soutenons que l\u2019organisation de l\u2019Upec et la cr\u00e9ation du r\u00e9seau Afrikki repr\u00e9sentent un tournant dans l\u2019histoire de l\u2019activisme social africain moderne[2] et un jalon important dans ce que nous appelons le n\u00e9o panafricanisme[3]. Le n\u00e9o panafricanisme, que nous pr\u00e9sentons comme la phase la plus r\u00e9cente du panafricanisme, est dirig\u00e9 par de jeunes activistes sociaux originaires pour la plupart d\u2019Afrique francophone plut\u00f4t que par des politiciens, des institutions politiques ou des \u00e9lites form\u00e9es en Occident. Ces activistes n\u00e9o panafricains inscrivent leur lutte dans un cadre panafricain revisit\u00e9 et cherchent \u00e0 d\u00e9coloniser les relations de l\u2019Afrique avec l\u2019Occident, \u00e0 perp\u00e9tuer les transitions d\u00e9mocratiques \u00e0 travers le continent et \u00e0 reconstruire de solides relations avec les communaut\u00e9s noires \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale[4]. Dans cet article, nous tentons de r\u00e9pondre \u00e0 plusieurs questions&nbsp;: qu\u2019est-ce que le n\u00e9o panafricanisme&nbsp;? En quoi diff\u00e8re-t-il des expressions ant\u00e9rieures du panafricanisme&nbsp;? Qui sont les principaux acteurs&nbsp;? En quoi l\u2019Upec et Afrikki marquent-ils un tournant dans l\u2019activisme social panafricain&nbsp;? Et enfin, pourquoi consid\u00e9rons-nous l\u2019Afrique francophone comme la force motrice du n\u00e9o panafricanisme&nbsp;? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, je soutiens que \u00ab&nbsp;Y\u2019en marre&nbsp;\u00bb et d\u2019autres mouvements activistes similaires sont actuellement le fer de lance du n\u00e9o panafricanisme, en tant que nouvelle phase du panafricanisme. \u00c0&nbsp;cet \u00e9gard, l\u2019Afrique francophone est devenue l\u2019\u00e9picentre du panafricanisme du xxie&nbsp;si\u00e8cle, permettant aux activistes d\u2019exercer une pression collective pour la bonne gouvernance, de lutter contre les processus n\u00e9o-coloniaux et de construire une nouvelle coop\u00e9ration transatlantique. Ce faisant, ces militants reconnaissent les efforts des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes de panafricanistes qui continuent d\u2019\u00eatre une source d\u2019inspiration pour leurs pratiques politiques contestataires (Dim\u00e9 et&nbsp;al., 2022). En plus de son engagement politique, l\u2019activisme n\u00e9o panafricain est centr\u00e9 sur des questions mondiales critiques telles que la politique environnementale \u2013&nbsp;avec un accent sur les \u00e9cologies noires&nbsp;\u2013, l\u2019exploitation \u00e9trang\u00e8re des ressources naturelles, la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire (en particulier la fin du franc&nbsp;CFA), la violence sexuelle et sexiste, et le rapatriement des artefacts africains vol\u00e9s. De m\u00eame, la mobilit\u00e9 internationale, la brutalit\u00e9 polici\u00e8re et le rejet des h\u00e9ritages coloniaux sont tout aussi importants pour le programme n\u00e9o panafricain[5] (Actes de l\u2019Upec, 2018). Comme le d\u00e9clarent les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019Upec&nbsp;: Les mouvements sociaux Africains et des diasporas africaines soutiennent que les fronti\u00e8res et les langues h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation ne doivent plus diviser les Africains. Ils s\u2019engagent \u00e0 militer sans m\u00e9nagement pour l\u2019abolition de tous les obstacles \u00e0 la libre circulation des Africains sur leur propre continent, [\u2026] Les mouvements sociaux d\u2019Afrique et de ses diasporas reconnaissent la place primordiale de la Femme africaine dans l\u2019essor de l\u2019Afrique tout au long de l\u2019histoire. En m\u00eame temps, la femme est aujourd\u2019hui, encore l\u2019objet de discriminations et d\u2019atrocit\u00e9s de toutes sortes, y compris de violences sexuelles et sexistes. Les mouvements sociaux Africains condamnent toutes ces discriminations et ces cruaut\u00e9s.\u00a0(Afrikki, 2018). Cet extrait de la D\u00e9claration de Dakar fait \u00e9cho aux int\u00e9r\u00eats renouvel\u00e9s dans la d\u00e9fense de la souverainet\u00e9, de la mobilit\u00e9 et des droits humains des Noirs par une jeune g\u00e9n\u00e9ration afro-optimiste qui engage le panafricanisme avec plus d\u2019inclusivit\u00e9. Dans cet article, nous d\u00e9finissons et contextualisons d\u2019abord le n\u00e9o panafricanisme comme une continuation des engagements ant\u00e9rieurs (XXe si\u00e8cle) avec le concept et le mouvement panafricain. Ensuite nous examinons l\u2019implication de \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb et des activistes africains contemporains dans la mont\u00e9e du n\u00e9o panafricanisme, en se focalisant particuli\u00e8rement sur l\u2019organisation de l\u2019Upec, o\u00f9 les activistes noirs ont symboliquement inaugur\u00e9 une nouvelle \u00e8re et un nouveau programme pour le panafricanisme du xxie&nbsp;si\u00e8cle. Enfin, l\u2019article interroge trois tendances qui ont \u00e9merg\u00e9 \u00e0 la suite du sommet de l\u2019Upec de 2018 et leur impact potentiel sur l\u2019avenir du n\u00e9o panafricanisme. Cette \u00e9tude s\u2019appuie sur un cadre th\u00e9orique panafricaniste. Elle a n\u00e9cessit\u00e9 un travail de terrain men\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal (entre&nbsp;2017 et&nbsp;2021) et \u00e0 Atlanta (2022-2023). La douzaine d\u2019entretiens men\u00e9s a \u00e9t\u00e9 notre principal moyen de collecte de donn\u00e9es, mais nous avons \u00e9galement \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans les rassemblements de l\u2019Upec en&nbsp;2018 et en&nbsp;2020. Nos relations \u00e9troites avec le mouvement \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb nous ont permis de d\u00e9velopper un r\u00e9seau qui nous a facilit\u00e9 l\u2019acc\u00e8s aux activistes sociaux\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/african-social-activism-and-the-rise-of-neo-pan-africanism-a-look-at-the-upec-summit\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Global Africa\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-05-09T13:47:17+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/ga.03.fil_.06-scaled.webp\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1700\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"2560\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" 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Ce rassemblement s\u2019inscrivait dans la perspective d\u2019\u00e9v\u00e9nements panafricains similaires qui ont eu lieu dans d\u2019autres pays africains, \u00e0 savoir le 60e&nbsp;anniversaire de la conf\u00e9rence panafricaine des peuples et le 8e&nbsp;congr\u00e8s panafricain organis\u00e9s respectivement en 2018 et 2015 au Ghana. Au total, cinquante-cinq&nbsp;mouvements sociaux de trente&nbsp;pays \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 Dakar. Comme le d\u00e9clare Fadel Barro (2018), membre du comit\u00e9 d\u2019organisation&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019Upec [\u2026] a rassembl\u00e9 des Africains divis\u00e9s par la colonisation, les religions et les barri\u00e8res ethniques. Anglophones, francophones, arabophones et lusophones ont interagi en utilisant le langage commun de l\u2019espoir.&nbsp;\u00bb Les activistes noirs du continent et de la diaspora ont pu transcender l\u2019environnement politique actuel qui les emp\u00eachait de faire progresser le mouvement panafricain (Barro, 2019). Les origines de ce rassemblement historique remontent \u00e0 deux&nbsp;ans, sur l\u2019\u00eele de Gor\u00e9e, lorsque \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb a mobilis\u00e9 des militants du Burkina Faso, du Cameroun, de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Congo-Brazzaville, du Tchad, de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), de la Gambie, de Madagascar et du S\u00e9n\u00e9gal pour discuter de l\u2019\u00e9tat de l\u2019activisme social africain, en mettant l\u2019accent sur les d\u00e9fis, les solutions et les revendications. L\u2019une des principales r\u00e9alisations de ce rassemblement a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une plateforme panafricaine pour les mouvements sociaux appel\u00e9e \u00ab&nbsp;Afrikki&nbsp;\u00bb, qui a \u00e9t\u00e9 officiellement lanc\u00e9e \u00e0 la fin du sommet de l\u2019Upec. Une autre initiative cl\u00e9 a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une structure qui prot\u00e8ge et accueille les activistes africains menac\u00e9s par les forces politiques nationales. Comme le d\u00e9clare Barro (2019), l\u2019objectif de ce r\u00e9seau transnational est de \u00ab&nbsp;permettre aux activistes sociaux de faire avancer la cause et le discours panafricains et de permettre aux mouvements sociaux de traiter des questions qui ne sont pas seulement nationales, mais qui affectent \u00e9galement le continent dans son ensemble&nbsp;\u00bb[1]. Nous soutenons que l\u2019organisation de l\u2019Upec et la cr\u00e9ation du r\u00e9seau Afrikki repr\u00e9sentent un tournant dans l\u2019histoire de l\u2019activisme social africain moderne[2] et un jalon important dans ce que nous appelons le n\u00e9o panafricanisme[3]. Le n\u00e9o panafricanisme, que nous pr\u00e9sentons comme la phase la plus r\u00e9cente du panafricanisme, est dirig\u00e9 par de jeunes activistes sociaux originaires pour la plupart d\u2019Afrique francophone plut\u00f4t que par des politiciens, des institutions politiques ou des \u00e9lites form\u00e9es en Occident. Ces activistes n\u00e9o panafricains inscrivent leur lutte dans un cadre panafricain revisit\u00e9 et cherchent \u00e0 d\u00e9coloniser les relations de l\u2019Afrique avec l\u2019Occident, \u00e0 perp\u00e9tuer les transitions d\u00e9mocratiques \u00e0 travers le continent et \u00e0 reconstruire de solides relations avec les communaut\u00e9s noires \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale[4]. Dans cet article, nous tentons de r\u00e9pondre \u00e0 plusieurs questions&nbsp;: qu\u2019est-ce que le n\u00e9o panafricanisme&nbsp;? En quoi diff\u00e8re-t-il des expressions ant\u00e9rieures du panafricanisme&nbsp;? Qui sont les principaux acteurs&nbsp;? En quoi l\u2019Upec et Afrikki marquent-ils un tournant dans l\u2019activisme social panafricain&nbsp;? Et enfin, pourquoi consid\u00e9rons-nous l\u2019Afrique francophone comme la force motrice du n\u00e9o panafricanisme&nbsp;? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, je soutiens que \u00ab&nbsp;Y\u2019en marre&nbsp;\u00bb et d\u2019autres mouvements activistes similaires sont actuellement le fer de lance du n\u00e9o panafricanisme, en tant que nouvelle phase du panafricanisme. \u00c0&nbsp;cet \u00e9gard, l\u2019Afrique francophone est devenue l\u2019\u00e9picentre du panafricanisme du xxie&nbsp;si\u00e8cle, permettant aux activistes d\u2019exercer une pression collective pour la bonne gouvernance, de lutter contre les processus n\u00e9o-coloniaux et de construire une nouvelle coop\u00e9ration transatlantique. Ce faisant, ces militants reconnaissent les efforts des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes de panafricanistes qui continuent d\u2019\u00eatre une source d\u2019inspiration pour leurs pratiques politiques contestataires (Dim\u00e9 et&nbsp;al., 2022). En plus de son engagement politique, l\u2019activisme n\u00e9o panafricain est centr\u00e9 sur des questions mondiales critiques telles que la politique environnementale \u2013&nbsp;avec un accent sur les \u00e9cologies noires&nbsp;\u2013, l\u2019exploitation \u00e9trang\u00e8re des ressources naturelles, la souverainet\u00e9 mon\u00e9taire (en particulier la fin du franc&nbsp;CFA), la violence sexuelle et sexiste, et le rapatriement des artefacts africains vol\u00e9s. De m\u00eame, la mobilit\u00e9 internationale, la brutalit\u00e9 polici\u00e8re et le rejet des h\u00e9ritages coloniaux sont tout aussi importants pour le programme n\u00e9o panafricain[5] (Actes de l\u2019Upec, 2018). Comme le d\u00e9clarent les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019Upec&nbsp;: Les mouvements sociaux Africains et des diasporas africaines soutiennent que les fronti\u00e8res et les langues h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation ne doivent plus diviser les Africains. Ils s\u2019engagent \u00e0 militer sans m\u00e9nagement pour l\u2019abolition de tous les obstacles \u00e0 la libre circulation des Africains sur leur propre continent, [\u2026] Les mouvements sociaux d\u2019Afrique et de ses diasporas reconnaissent la place primordiale de la Femme africaine dans l\u2019essor de l\u2019Afrique tout au long de l\u2019histoire. En m\u00eame temps, la femme est aujourd\u2019hui, encore l\u2019objet de discriminations et d\u2019atrocit\u00e9s de toutes sortes, y compris de violences sexuelles et sexistes. Les mouvements sociaux Africains condamnent toutes ces discriminations et ces cruaut\u00e9s.\u00a0(Afrikki, 2018). Cet extrait de la D\u00e9claration de Dakar fait \u00e9cho aux int\u00e9r\u00eats renouvel\u00e9s dans la d\u00e9fense de la souverainet\u00e9, de la mobilit\u00e9 et des droits humains des Noirs par une jeune g\u00e9n\u00e9ration afro-optimiste qui engage le panafricanisme avec plus d\u2019inclusivit\u00e9. Dans cet article, nous d\u00e9finissons et contextualisons d\u2019abord le n\u00e9o panafricanisme comme une continuation des engagements ant\u00e9rieurs (XXe si\u00e8cle) avec le concept et le mouvement panafricain. Ensuite nous examinons l\u2019implication de \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb et des activistes africains contemporains dans la mont\u00e9e du n\u00e9o panafricanisme, en se focalisant particuli\u00e8rement sur l\u2019organisation de l\u2019Upec, o\u00f9 les activistes noirs ont symboliquement inaugur\u00e9 une nouvelle \u00e8re et un nouveau programme pour le panafricanisme du xxie&nbsp;si\u00e8cle. Enfin, l\u2019article interroge trois tendances qui ont \u00e9merg\u00e9 \u00e0 la suite du sommet de l\u2019Upec de 2018 et leur impact potentiel sur l\u2019avenir du n\u00e9o panafricanisme. Cette \u00e9tude s\u2019appuie sur un cadre th\u00e9orique panafricaniste. Elle a n\u00e9cessit\u00e9 un travail de terrain men\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal (entre&nbsp;2017 et&nbsp;2021) et \u00e0 Atlanta (2022-2023). La douzaine d\u2019entretiens men\u00e9s a \u00e9t\u00e9 notre principal moyen de collecte de donn\u00e9es, mais nous avons \u00e9galement \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans les rassemblements de l\u2019Upec en&nbsp;2018 et en&nbsp;2020. Nos relations \u00e9troites avec le mouvement \u00ab&nbsp;Y\u2019en a marre&nbsp;\u00bb nous ont permis de d\u00e9velopper un r\u00e9seau qui nous a facilit\u00e9 l\u2019acc\u00e8s aux activistes sociaux","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-3\/african-social-activism-and-the-rise-of-neo-pan-africanism-a-look-at-the-upec-summit\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-05-09T13:47:17+00:00","og_image":[{"width":1700,"height":2560,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/ga.03.fil_.06-scaled.webp","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"40 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