{"id":26599,"date":"2024-06-20T01:19:28","date_gmt":"2024-06-20T01:19:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/"},"modified":"2026-05-09T13:02:22","modified_gmt":"2026-05-09T13:02:22","slug":"jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/","title":{"rendered":"Jub, Jubal, Jubanti : l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration s\u00e9n\u00e9galaise"},"content":{"rendered":"\n<p>Un vent de changement souffle en Afrique. Au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation s\u2019est fait de plus en plus pressant. Il s\u2019est manifest\u00e9 par des mouvements de la soci\u00e9t\u00e9 civile tels que \u00ab&nbsp;Y&nbsp;en a marre&nbsp;\u00bb au S\u00e9n\u00e9gal, le \u00ab&nbsp;Balai citoyen&nbsp;\u00bb au Burkina Faso, \u00ab&nbsp;La Lucha&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Filimbi&nbsp;\u00bb en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, ou encore \u00ab&nbsp;Rhodes Must Fall&nbsp;\u00bb en Afrique du Sud. Ces mouvements ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement efficaces pour sensibiliser l\u2019opinion publique et d\u00e9velopper une conscience collective en critiquant vivement l\u2019\u00c9tat kleptocratique postcolonial. Ils sont tout aussi importants en raison de leur critique radicale de la \u00ab&nbsp;matrice coloniale du pouvoir&nbsp;\u00bb et de son corollaire en Afrique francophone, la Fran\u00e7afrique, qui structure la relation n\u00e9ocoloniale entre la France et ses anciennes colonies.<\/p>\n\n\n\n<p>La conscience d\u00e9coloniale qui a \u00e9t\u00e9 amplifi\u00e9e par ces mouvements sur le continent a atteint un nouveau sommet au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es. En Guin\u00e9e, au Niger, au Burkina Faso et au Mali, par exemple, la critique de l\u2019\u00c9tat postcolonial a l\u00e9gitim\u00e9 les coups d\u2019\u00c9tat de militaires qui ont ancr\u00e9 leur discours politique dans un message anticolonial, plus pr\u00e9cis\u00e9ment anti-Fran\u00e7ais, conduisant parfois \u00e0 la rupture des liens diplomatiques avec l\u2019ancien colonisateur. S\u2019y ajoutent d\u2019autres facteurs op\u00e9ratoires comme les r\u00e9seaux d\u2019alliance internationaux et la strat\u00e9gie anti-occidentale de la Russie et d\u2019autres puissances.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces changements politiques men\u00e9s par des r\u00e9gimes militaires populistes et antid\u00e9mocratiques se sont d\u00e9velopp\u00e9s de mani\u00e8re plus sophistiqu\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal. Le Pastef, le parti politique actuellement au pouvoir qui a r\u00e9cemment remport\u00e9 les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles au S\u00e9n\u00e9gal, a fond\u00e9 son engagement politique sur un discours similaire de critique radicale de ce qu\u2019ils pr\u00e9sentent comme un syst\u00e8me postcolonial, donc fond\u00e9 sur les pr\u00e9misses de la colonialit\u00e9, soutenu et l\u00e9gitim\u00e9 par l\u2019Occident. La large victoire du Pastef \u00e0 la pr\u00e9sidence s\u00e9n\u00e9galaise et la popularit\u00e9 de son leader, Ousmane Sonko, \u00e0 travers le continent nous invitent \u00e0 poser la question de la centralit\u00e9 progressive de la perspective d\u00e9coloniale et de ses implications pour l\u2019\u00c9tat et l\u2019administration publique au S\u00e9n\u00e9gal en particulier, mais aussi en Afrique plus g\u00e9n\u00e9ralement.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019\u00e9mergence du ph\u00e9nom\u00e8ne Pastef est si importante au point de constituer l\u2019\u00e9ditorial d\u2019un num\u00e9ro sp\u00e9cial d\u2019une revue panafricaine portant sur \u00ab&nbsp;<strong>Les administrations africaines&nbsp;: d\u00e9colonialit\u00e9, endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et innovativit\u00e9&nbsp;<\/strong>\u00bb, c\u2019est parce qu\u2019il nous permet de r\u00e9fl\u00e9chir clairement \u00e0 la possibilit\u00e9 r\u00e9elle d\u2019un \u00c9tat postcolonial africain d\u00e9colonial, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9barrass\u00e9 de ses scories issues de la colonisation et qui ont perdur\u00e9 depuis les ind\u00e9pendances il y a plus de soixante ans. Le S\u00e9n\u00e9gal a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme un laboratoire de construction de la d\u00e9mocratie. Aujourd\u2019hui, ce qui pourrait s\u2019assimiler \u00e0 une exp\u00e9rimentation d\u00e9coloniale en cours de la d\u00e9mocratie confirme cette r\u00e9putation, car il nous permet de voir \u00e0 l\u2019\u0153uvre (et donc de penser) des possibilit\u00e9s d\u2019engagement de l\u2019\u00c9tat avec des concepts tels que la \u00ab&nbsp;d\u00e9colonialit\u00e9&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00ab&nbsp;innovativit\u00e9&nbsp;\u00bb et l\u2019\u00ab&nbsp;endog\u00e9n\u00e9it\u00e9&nbsp;\u00bb et la n\u00e9cessit\u00e9, ou non, d\u2019engager les administrations africaines dans cette perspective.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019entreprise politique de Pastef repose sur ce que ses fondateurs appellent le \u00ab&nbsp;Projet&nbsp;\u00bb. Le Projet, abr\u00e9viation de \u00ab&nbsp;projet de rupture syst\u00e9mique&nbsp;\u00bb, est orient\u00e9 vers un \u00e9thos panafricain fond\u00e9 sur des r\u00e9alit\u00e9s endog\u00e8nes, et d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 d\u00e9coloniser l\u2019\u00c9tat et l\u2019administration. Le Pastef propose de se d\u00e9barrasser d\u2019une tradition qui, selon eux, n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 changer la nature pr\u00e9bendi\u00e8re de l\u2019administration, maintenant ainsi les masses et le pouvoir politique dans un \u00e9tat de d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des puissances coloniales. Un tel projet se mat\u00e9rialisera, selon eux, par une rupture&nbsp;\u00e9pist\u00e9mique, politique et \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>La rupture \u00e9pist\u00e9mique se manifeste d\u2019abord par un processus de refondation des imaginaires et des valeurs et la centralit\u00e9 des langues locales dans la conceptualisation et la mise en \u0153uvre de nouvelles politiques publiques, toutes tourn\u00e9es vers la recherche de la souverainet\u00e9 (dans la politique mon\u00e9taire ou judiciaire, la gestion des ressources naturelles, les relations internationales, l\u2019\u00e9ducation, l\u2019agriculture\u2026). Un exercice p\u00e9dagogique a \u00e9t\u00e9 entrepris \u00e0 travers le Projet, celui du&nbsp;<em>Jub, Jubal, Jubanti<\/em>, qui c\u00e9l\u00e8bre les vertus de droiture, de probit\u00e9 et d\u2019exemplarit\u00e9, il doit transpara\u00eetre dans tous les secteurs. Ce credo a pris une tonalit\u00e9 d\u00e9coloniale particuli\u00e8re lorsque la<a href=\"https:\/\/www.fonctionpublique.gouv.sn\/Lettre-du-President-Bassirou-Diomaye-Faye-aux-agents-de-l-Etat\">&nbsp;<\/a><a href=\"https:\/\/www.fonctionpublique.gouv.sn\/Lettre-du-President-Bassirou-Diomaye-Faye-aux-agents-de-l-Etat\">premi\u00e8re correspondance<\/a>&nbsp;envoy\u00e9e par le nouveau Pr\u00e9sident, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, \u00e0 \u00ab&nbsp;tous les fonctionnaires et agents de l\u2019administration du S\u00e9n\u00e9gal&nbsp;\u00bb, consid\u00e9r\u00e9s comme le \u00ab&nbsp;c\u0153ur battant [du] pays&nbsp;\u00bb, les encourageait \u00e0 comprendre que leur mission premi\u00e8re est de servir le peuple s\u00e9n\u00e9galais et le bien commun et donc \u00ab&nbsp;\u00e0 incarner pleinement les principes de&nbsp;<em>Jub<\/em>,&nbsp;<em>Jubal<\/em>,&nbsp;<em>Jubanti&nbsp;<\/em>\u00bb. La position \u00e9pist\u00e9mique de Pastef et ses cons\u00e9quences \u2013&nbsp;le recentrement des missions de l\u2019administration et les valeurs s\u00e9n\u00e9galaises&nbsp;\u2013 s\u2019attachent \u00e0 cr\u00e9er une nouvelle grammaire constitutive des relations administratives, et le vocabulaire qu\u2019elle utilise est clairement enracin\u00e9 dans les cultures. C\u2019est pourquoi les populations ont pleinement adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 son discours et continuent de c\u00e9l\u00e9brer la possibilit\u00e9 d\u2019amorcer une rupture syst\u00e9mique avec la tradition postcoloniale qui n\u2019a jamais pu se d\u00e9tacher des principes de la colonialit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation du wolof pour conceptualiser le projet et d\u00e9coloniser l\u2019auditoire de la gouvernance postcoloniale n\u2019est pas fortuite. Elle s\u2019inscrit dans la tradition du parti politique de remettre en cause la supr\u00e9matie des modes europ\u00e9ens de d\u00e9finition du monde et de s\u2019engager clairement dans la possibilit\u00e9 de penser le monde dans les langues africaines. Ousmane Sonko l\u2019a clairement exprim\u00e9 dans plusieurs de ses discours et va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 pr\u00f4ner l\u2019utilisation du wolof dans le syst\u00e8me scolaire s\u00e9n\u00e9galais, ce que Moustapha Guirassy, le ministre de l\u2019\u00c9ducation, s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, malgr\u00e9 ce virage apparemment d\u00e9colonial, ce nouveau gouvernement semble d\u00e9j\u00e0 se perdre dans des contradictions li\u00e9es \u00e0 un manque de consistance dans son rapport au concept de d\u00e9colonialit\u00e9. Deux exemples&nbsp;: la continuation du patriarcat et le recours non critique \u00e0 la modernit\u00e9 qu\u2019ils d\u00e9fendent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, malgr\u00e9 sa revendication de rupture syst\u00e9mique, le Pastef n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper aux spectres du patriarcat, l\u2019un des piliers de la colonialit\u00e9. Oyeronke Oyewumi, sp\u00e9cialiste nig\u00e9riane des questions d\u00e9coloniales, montre dans son ouvrage&nbsp;<em>The Invention of Women<\/em>&nbsp;que l\u2019une des particularit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat colonial est d\u2019avoir effac\u00e9 les femmes des instances de prise de d\u00e9cision. Non seulement les administrations coloniales ont lu l\u2019Afrique \u00e0 travers un regard sexiste, mais elles ont \u00e9galement organis\u00e9 l\u2019administration coloniale de mani\u00e8re \u00e0 ce que les femmes n\u2019aient pas les m\u00eames chances que les hommes d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole et d\u2019occuper des postes de pouvoir. L\u2019effet le plus direct de cette culture politique sexu\u00e9e sur le continent africain, auquel il faut ajouter le r\u00f4le d\u00e9cisif des religions r\u00e9v\u00e9l\u00e9es, est l\u2019occultation naturalis\u00e9e des femmes des espaces de d\u00e9cision dans l\u2019\u00c9tat postcolonial. Il est donc important de noter qu\u2019un engagement d\u00e9colonial avec l\u2019\u00c9tat et l\u2019administration ne peut se limiter \u00e0 une critique de l\u2019assujettissement \u00e9pist\u00e9mique, \u00e9conomique et politique du Sud par les puissances du Nord. Un engagement d\u00e9colonial implique \u00e9galement la n\u00e9cessit\u00e9 de revisiter les processus historiques qui ont conduit \u00e0 la naturalisation du patriarcat pour trouver les moyens de s\u2019en d\u00e9tacher. La d\u00e9colonisation implique une volont\u00e9 de s\u2019engager dans les histoires et les historicit\u00e9s qui ont l\u00e9gitim\u00e9 l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de genre. Le fait que la direction du Pastef soit profond\u00e9ment domin\u00e9e par des hommes \u00e2g\u00e9s de 40 \u00e0 55&nbsp;ans et la quasi-absence de femmes dans le nouveau gouvernement traduisent les limites de leur position d\u00e9coloniale. Ceci est particuli\u00e8rement important dans un pays qui, jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment, avait fait d\u2019importants efforts en mati\u00e8re de parit\u00e9 hommes-femmes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, malgr\u00e9 la revendication traditionnelle du Pastef de la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9coloniser, il existe un paradoxe intrins\u00e8que au paradigme dit \u00ab&nbsp;d\u00e9colonial&nbsp;\u00bb qu\u2019il propose. L\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration, par exemple, est ins\u00e9parable du d\u00e9sir fr\u00e9quemment exprim\u00e9 de \u00ab&nbsp;moderniser&nbsp;\u00bb l\u2019institution. Or, dans la tradition d\u00e9coloniale, il n\u2019y a pas d\u2019espace pour des modernit\u00e9s alternatives. L\u2019id\u00e9e m\u00eame de d\u00e9colonialit\u00e9 est une critique des traditions anticoloniales et postcoloniales qui dissocient la modernit\u00e9 de la colonialit\u00e9. L\u2019universalisation du logos provincial du&nbsp;xviii<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, qui a conduit \u00e0 l\u2019essentialisation du sujet occidental, l\u2019id\u00e9e de progr\u00e8s, l\u2019\u00c9tat de droit et la naturalisation des grands ensembles sont les conditions m\u00eames de la d\u00e9shumanisation des sujets et des cultures africaines. La tradition d\u00e9coloniale n\u2019envisage donc pas la possibilit\u00e9 d\u2019une Afrique moderne alternative. Dans une perspective d\u00e9coloniale, un engagement endog\u00e8ne fort avec les \u00e9pist\u00e9mologies locales doit conduire \u00e0 des modes d\u2019\u00eatre et d\u2019imaginer des futurs qui \u00e9chappent \u00e0 la modernit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, d\u2019un point de vue scientifique et en partant du postulat que la d\u00e9colonialit\u00e9, en tant que concept, a un sens pr\u00e9cis ancr\u00e9 dans une histoire particuli\u00e8re, le Pastef ne peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 comme un mouvement d\u00e9colonial \u00e9tant donn\u00e9 son incapacit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9tacher de la perspective moderne\/coloniale, m\u00eame s\u2019il peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 comme anticolonial, postcolonial, endog\u00e8ne, voire conservateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, que le Pastef soit ou non un mouvement d\u00e9colonial en soi importe peu. Notre r\u00f4le, en tant qu\u2019intellectuels, ne doit pas se limiter \u00e0 contenir notre r\u00e9flexion aux al\u00e9as du cadrage conceptuel. L\u2019importance du concept d\u00e9colonial n\u2019est pas d\u00e9termin\u00e9e par sa capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9cerner une m\u00e9daille \u00e0 ceux qui sont dignes d\u2019entrer dans le cercle des \u00e9veill\u00e9s. Au contraire, le concept de d\u00e9colonialit\u00e9 est important car il nous permet de comprendre les processus qui peuvent conduire \u00e0 une meilleure compr\u00e9hension du pr\u00e9sent et des complexit\u00e9s de l\u2019avenir des sujets du Sud global. En ce sens, la question de savoir qui est d\u00e9colonial ou non importe moins que la mani\u00e8re dont le concept de d\u00e9colonialit\u00e9 peut nous permettre de mieux comprendre pourquoi et comment l\u2019Afrique peut \u00e9chapper aux affres de la tradition coloniale. Cette perspective conduit \u00e0 se demander, outre le concept de d\u00e9colonialit\u00e9, quels types d\u2019innovations la prise en compte des r\u00e9alit\u00e9s locales permet-elle&nbsp;? L\u2019enjeu fondamental est l\u00e0&nbsp;: que la prise en compte des valeurs, de l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 ne soit ni une id\u00e9alisation du pass\u00e9, ni un enfermement pass\u00e9iste, mais bien une fa\u00e7on de se projeter, de cr\u00e9er du nouveau, de l\u2019innovant. Or, souvent le risque est de voir dans le local et les valeurs endog\u00e8nes un h\u00e9ritage intangible, une r\u00e9f\u00e9rence ultime&nbsp;: une fin en soi. Or justement, il s\u2019agit d\u2019un point de d\u00e9part pour cr\u00e9er quelque chose de nouveau.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces questions montrent que ce num\u00e9ro sp\u00e9cial est particuli\u00e8rement opportun. Dans un monde universitaire o\u00f9 les politiques de publication penchent trop souvent vers des sujets \u00e0 la mode, nous appliquons le cadre d\u00e9colonial \u00e0 l\u2019un des espaces les plus complexes de l\u2019\u00c9tat postcolonial&nbsp;: les administrations postcoloniales. Cependant, plut\u00f4t que de s\u2019orienter vers la c\u00e9l\u00e9bration du d\u00e9colonial et le rejet d\u2019autres cadres, plut\u00f4t que de savoir qui est d\u00e9colonial ou qui ne l\u2019est pas, la question que nous posons est la suivante&nbsp;: comment le concept de d\u00e9colonialit\u00e9 peut-il nous aider \u00e0 mieux comprendre les r\u00e9alit\u00e9s changeantes actuelles et les exp\u00e9riences (d\u00e9coloniales&nbsp;?) telles que l\u2019\u00e9lection r\u00e9cente de Bassirou Diomaye Diakhar Faye \u00e0 la pr\u00e9sidence du S\u00e9n\u00e9gal&nbsp;? En d\u2019autres termes, que peut nous apporter la d\u00e9colonialit\u00e9 lorsque nous tentons de penser l\u2019avenir de l\u2019administration postcoloniale&nbsp;? Mieux encore, l\u2019impossibilit\u00e9 de mettre en \u0153uvre des positions d\u00e9coloniales radicales devrait-elle disqualifier d\u2019importants changements dans le monde postcolonial&nbsp;? Plut\u00f4t que la d\u00e9colonialit\u00e9, y a-t-il d\u2019autres cadres, \u00e0 savoir l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9, voire l\u2019innovation, qui nous permettent de d\u00e9velopper les conditions d\u2019une vie bonne qui \u00e9chappe aux limites de la colonialit\u00e9, et \u00e0 son corollaire, la condamnation de l\u2019Africain \u00e0 ce que C\u00e9saire appelait \u00ab&nbsp;l\u2019attitude st\u00e9rile du spectateur&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":25933,"template":"","meta":[],"series-categories":[1345],"cat-articles":[1064],"keywords":[],"ppma_author":[265],"class_list":["post-26599","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-6","cat-articles-editorial","author-global-africa"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Jub, Jubal, Jubanti : l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration s\u00e9n\u00e9galaise | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Jub, Jubal, Jubanti : l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration s\u00e9n\u00e9galaise | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Un vent de changement souffle en Afrique. Au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation s\u2019est fait de plus en plus pressant. Il s\u2019est manifest\u00e9 par des mouvements de la soci\u00e9t\u00e9 civile tels que \u00ab&nbsp;Y&nbsp;en a marre&nbsp;\u00bb au S\u00e9n\u00e9gal, le \u00ab&nbsp;Balai citoyen&nbsp;\u00bb au Burkina Faso, \u00ab&nbsp;La Lucha&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Filimbi&nbsp;\u00bb en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, ou encore \u00ab&nbsp;Rhodes Must Fall&nbsp;\u00bb en Afrique du Sud. Ces mouvements ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement efficaces pour sensibiliser l\u2019opinion publique et d\u00e9velopper une conscience collective en critiquant vivement l\u2019\u00c9tat kleptocratique postcolonial. Ils sont tout aussi importants en raison de leur critique radicale de la \u00ab&nbsp;matrice coloniale du pouvoir&nbsp;\u00bb et de son corollaire en Afrique francophone, la Fran\u00e7afrique, qui structure la relation n\u00e9ocoloniale entre la France et ses anciennes colonies. La conscience d\u00e9coloniale qui a \u00e9t\u00e9 amplifi\u00e9e par ces mouvements sur le continent a atteint un nouveau sommet au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es. En Guin\u00e9e, au Niger, au Burkina Faso et au Mali, par exemple, la critique de l\u2019\u00c9tat postcolonial a l\u00e9gitim\u00e9 les coups d\u2019\u00c9tat de militaires qui ont ancr\u00e9 leur discours politique dans un message anticolonial, plus pr\u00e9cis\u00e9ment anti-Fran\u00e7ais, conduisant parfois \u00e0 la rupture des liens diplomatiques avec l\u2019ancien colonisateur. S\u2019y ajoutent d\u2019autres facteurs op\u00e9ratoires comme les r\u00e9seaux d\u2019alliance internationaux et la strat\u00e9gie anti-occidentale de la Russie et d\u2019autres puissances. Ces changements politiques men\u00e9s par des r\u00e9gimes militaires populistes et antid\u00e9mocratiques se sont d\u00e9velopp\u00e9s de mani\u00e8re plus sophistiqu\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal. Le Pastef, le parti politique actuellement au pouvoir qui a r\u00e9cemment remport\u00e9 les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles au S\u00e9n\u00e9gal, a fond\u00e9 son engagement politique sur un discours similaire de critique radicale de ce qu\u2019ils pr\u00e9sentent comme un syst\u00e8me postcolonial, donc fond\u00e9 sur les pr\u00e9misses de la colonialit\u00e9, soutenu et l\u00e9gitim\u00e9 par l\u2019Occident. La large victoire du Pastef \u00e0 la pr\u00e9sidence s\u00e9n\u00e9galaise et la popularit\u00e9 de son leader, Ousmane Sonko, \u00e0 travers le continent nous invitent \u00e0 poser la question de la centralit\u00e9 progressive de la perspective d\u00e9coloniale et de ses implications pour l\u2019\u00c9tat et l\u2019administration publique au S\u00e9n\u00e9gal en particulier, mais aussi en Afrique plus g\u00e9n\u00e9ralement. Si l\u2019\u00e9mergence du ph\u00e9nom\u00e8ne Pastef est si importante au point de constituer l\u2019\u00e9ditorial d\u2019un num\u00e9ro sp\u00e9cial d\u2019une revue panafricaine portant sur \u00ab&nbsp;Les administrations africaines&nbsp;: d\u00e9colonialit\u00e9, endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et innovativit\u00e9&nbsp;\u00bb, c\u2019est parce qu\u2019il nous permet de r\u00e9fl\u00e9chir clairement \u00e0 la possibilit\u00e9 r\u00e9elle d\u2019un \u00c9tat postcolonial africain d\u00e9colonial, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9barrass\u00e9 de ses scories issues de la colonisation et qui ont perdur\u00e9 depuis les ind\u00e9pendances il y a plus de soixante ans. Le S\u00e9n\u00e9gal a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme un laboratoire de construction de la d\u00e9mocratie. Aujourd\u2019hui, ce qui pourrait s\u2019assimiler \u00e0 une exp\u00e9rimentation d\u00e9coloniale en cours de la d\u00e9mocratie confirme cette r\u00e9putation, car il nous permet de voir \u00e0 l\u2019\u0153uvre (et donc de penser) des possibilit\u00e9s d\u2019engagement de l\u2019\u00c9tat avec des concepts tels que la \u00ab&nbsp;d\u00e9colonialit\u00e9&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00ab&nbsp;innovativit\u00e9&nbsp;\u00bb et l\u2019\u00ab&nbsp;endog\u00e9n\u00e9it\u00e9&nbsp;\u00bb et la n\u00e9cessit\u00e9, ou non, d\u2019engager les administrations africaines dans cette perspective. L\u2019entreprise politique de Pastef repose sur ce que ses fondateurs appellent le \u00ab&nbsp;Projet&nbsp;\u00bb. Le Projet, abr\u00e9viation de \u00ab&nbsp;projet de rupture syst\u00e9mique&nbsp;\u00bb, est orient\u00e9 vers un \u00e9thos panafricain fond\u00e9 sur des r\u00e9alit\u00e9s endog\u00e8nes, et d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 d\u00e9coloniser l\u2019\u00c9tat et l\u2019administration. Le Pastef propose de se d\u00e9barrasser d\u2019une tradition qui, selon eux, n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 changer la nature pr\u00e9bendi\u00e8re de l\u2019administration, maintenant ainsi les masses et le pouvoir politique dans un \u00e9tat de d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des puissances coloniales. Un tel projet se mat\u00e9rialisera, selon eux, par une rupture&nbsp;\u00e9pist\u00e9mique, politique et \u00e9conomique. La rupture \u00e9pist\u00e9mique se manifeste d\u2019abord par un processus de refondation des imaginaires et des valeurs et la centralit\u00e9 des langues locales dans la conceptualisation et la mise en \u0153uvre de nouvelles politiques publiques, toutes tourn\u00e9es vers la recherche de la souverainet\u00e9 (dans la politique mon\u00e9taire ou judiciaire, la gestion des ressources naturelles, les relations internationales, l\u2019\u00e9ducation, l\u2019agriculture\u2026). Un exercice p\u00e9dagogique a \u00e9t\u00e9 entrepris \u00e0 travers le Projet, celui du&nbsp;Jub, Jubal, Jubanti, qui c\u00e9l\u00e8bre les vertus de droiture, de probit\u00e9 et d\u2019exemplarit\u00e9, il doit transpara\u00eetre dans tous les secteurs. Ce credo a pris une tonalit\u00e9 d\u00e9coloniale particuli\u00e8re lorsque la&nbsp;premi\u00e8re correspondance&nbsp;envoy\u00e9e par le nouveau Pr\u00e9sident, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, \u00e0 \u00ab&nbsp;tous les fonctionnaires et agents de l\u2019administration du S\u00e9n\u00e9gal&nbsp;\u00bb, consid\u00e9r\u00e9s comme le \u00ab&nbsp;c\u0153ur battant [du] pays&nbsp;\u00bb, les encourageait \u00e0 comprendre que leur mission premi\u00e8re est de servir le peuple s\u00e9n\u00e9galais et le bien commun et donc \u00ab&nbsp;\u00e0 incarner pleinement les principes de&nbsp;Jub,&nbsp;Jubal,&nbsp;Jubanti&nbsp;\u00bb. La position \u00e9pist\u00e9mique de Pastef et ses cons\u00e9quences \u2013&nbsp;le recentrement des missions de l\u2019administration et les valeurs s\u00e9n\u00e9galaises&nbsp;\u2013 s\u2019attachent \u00e0 cr\u00e9er une nouvelle grammaire constitutive des relations administratives, et le vocabulaire qu\u2019elle utilise est clairement enracin\u00e9 dans les cultures. C\u2019est pourquoi les populations ont pleinement adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 son discours et continuent de c\u00e9l\u00e9brer la possibilit\u00e9 d\u2019amorcer une rupture syst\u00e9mique avec la tradition postcoloniale qui n\u2019a jamais pu se d\u00e9tacher des principes de la colonialit\u00e9. L\u2019utilisation du wolof pour conceptualiser le projet et d\u00e9coloniser l\u2019auditoire de la gouvernance postcoloniale n\u2019est pas fortuite. Elle s\u2019inscrit dans la tradition du parti politique de remettre en cause la supr\u00e9matie des modes europ\u00e9ens de d\u00e9finition du monde et de s\u2019engager clairement dans la possibilit\u00e9 de penser le monde dans les langues africaines. Ousmane Sonko l\u2019a clairement exprim\u00e9 dans plusieurs de ses discours et va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 pr\u00f4ner l\u2019utilisation du wolof dans le syst\u00e8me scolaire s\u00e9n\u00e9galais, ce que Moustapha Guirassy, le ministre de l\u2019\u00c9ducation, s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser. Pourtant, malgr\u00e9 ce virage apparemment d\u00e9colonial, ce nouveau gouvernement semble d\u00e9j\u00e0 se perdre dans des contradictions li\u00e9es \u00e0 un manque de consistance dans son rapport au concept de d\u00e9colonialit\u00e9. Deux exemples&nbsp;: la continuation du patriarcat et le recours non critique \u00e0 la modernit\u00e9 qu\u2019ils d\u00e9fendent.&nbsp; En effet, malgr\u00e9 sa revendication de rupture syst\u00e9mique, le Pastef n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper aux spectres du patriarcat, l\u2019un des piliers de la colonialit\u00e9. Oyeronke Oyewumi, sp\u00e9cialiste nig\u00e9riane des questions d\u00e9coloniales, montre dans son ouvrage&nbsp;The Invention of Women&nbsp;que l\u2019une des particularit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat colonial est d\u2019avoir effac\u00e9 les femmes des instances de prise de d\u00e9cision. Non seulement les administrations coloniales ont lu l\u2019Afrique \u00e0 travers un regard sexiste, mais elles ont\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Global Africa\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-05-09T13:02:22+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/3-Moyenne.jpeg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"480\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"640\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"9 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-6\\\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-6\\\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\\\/\",\"name\":\"Jub, Jubal, Jubanti : l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration s\u00e9n\u00e9galaise | Global Africa\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-6\\\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-6\\\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/03\\\/3-Moyenne.jpeg\",\"datePublished\":\"2024-06-20T01:19:28+00:00\",\"dateModified\":\"2026-05-09T13:02:22+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-6\\\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-6\\\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-6\\\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/03\\\/3-Moyenne.jpeg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/03\\\/3-Moyenne.jpeg\",\"width\":480,\"height\":640},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/issues\\\/numero-6\\\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/accueil\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Series issues\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/series-issues\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Jub, Jubal, Jubanti : l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration s\u00e9n\u00e9galaise\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/\",\"name\":\"Global Africa\",\"description\":\"Pan-African Scientific Journal\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/#organization\",\"name\":\"Global Africa\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2024\\\/12\\\/Globalafrica.png\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2024\\\/12\\\/Globalafrica.png\",\"width\":1680,\"height\":750,\"caption\":\"Global Africa\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.facebook.com\\\/globalafricasciences\"]}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Jub, Jubal, Jubanti : l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration s\u00e9n\u00e9galaise | Global Africa","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Jub, Jubal, Jubanti : l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration s\u00e9n\u00e9galaise | Global Africa","og_description":"Un vent de changement souffle en Afrique. Au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation s\u2019est fait de plus en plus pressant. Il s\u2019est manifest\u00e9 par des mouvements de la soci\u00e9t\u00e9 civile tels que \u00ab&nbsp;Y&nbsp;en a marre&nbsp;\u00bb au S\u00e9n\u00e9gal, le \u00ab&nbsp;Balai citoyen&nbsp;\u00bb au Burkina Faso, \u00ab&nbsp;La Lucha&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Filimbi&nbsp;\u00bb en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, ou encore \u00ab&nbsp;Rhodes Must Fall&nbsp;\u00bb en Afrique du Sud. Ces mouvements ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement efficaces pour sensibiliser l\u2019opinion publique et d\u00e9velopper une conscience collective en critiquant vivement l\u2019\u00c9tat kleptocratique postcolonial. Ils sont tout aussi importants en raison de leur critique radicale de la \u00ab&nbsp;matrice coloniale du pouvoir&nbsp;\u00bb et de son corollaire en Afrique francophone, la Fran\u00e7afrique, qui structure la relation n\u00e9ocoloniale entre la France et ses anciennes colonies. La conscience d\u00e9coloniale qui a \u00e9t\u00e9 amplifi\u00e9e par ces mouvements sur le continent a atteint un nouveau sommet au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es. En Guin\u00e9e, au Niger, au Burkina Faso et au Mali, par exemple, la critique de l\u2019\u00c9tat postcolonial a l\u00e9gitim\u00e9 les coups d\u2019\u00c9tat de militaires qui ont ancr\u00e9 leur discours politique dans un message anticolonial, plus pr\u00e9cis\u00e9ment anti-Fran\u00e7ais, conduisant parfois \u00e0 la rupture des liens diplomatiques avec l\u2019ancien colonisateur. S\u2019y ajoutent d\u2019autres facteurs op\u00e9ratoires comme les r\u00e9seaux d\u2019alliance internationaux et la strat\u00e9gie anti-occidentale de la Russie et d\u2019autres puissances. Ces changements politiques men\u00e9s par des r\u00e9gimes militaires populistes et antid\u00e9mocratiques se sont d\u00e9velopp\u00e9s de mani\u00e8re plus sophistiqu\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal. Le Pastef, le parti politique actuellement au pouvoir qui a r\u00e9cemment remport\u00e9 les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles au S\u00e9n\u00e9gal, a fond\u00e9 son engagement politique sur un discours similaire de critique radicale de ce qu\u2019ils pr\u00e9sentent comme un syst\u00e8me postcolonial, donc fond\u00e9 sur les pr\u00e9misses de la colonialit\u00e9, soutenu et l\u00e9gitim\u00e9 par l\u2019Occident. La large victoire du Pastef \u00e0 la pr\u00e9sidence s\u00e9n\u00e9galaise et la popularit\u00e9 de son leader, Ousmane Sonko, \u00e0 travers le continent nous invitent \u00e0 poser la question de la centralit\u00e9 progressive de la perspective d\u00e9coloniale et de ses implications pour l\u2019\u00c9tat et l\u2019administration publique au S\u00e9n\u00e9gal en particulier, mais aussi en Afrique plus g\u00e9n\u00e9ralement. Si l\u2019\u00e9mergence du ph\u00e9nom\u00e8ne Pastef est si importante au point de constituer l\u2019\u00e9ditorial d\u2019un num\u00e9ro sp\u00e9cial d\u2019une revue panafricaine portant sur \u00ab&nbsp;Les administrations africaines&nbsp;: d\u00e9colonialit\u00e9, endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et innovativit\u00e9&nbsp;\u00bb, c\u2019est parce qu\u2019il nous permet de r\u00e9fl\u00e9chir clairement \u00e0 la possibilit\u00e9 r\u00e9elle d\u2019un \u00c9tat postcolonial africain d\u00e9colonial, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9barrass\u00e9 de ses scories issues de la colonisation et qui ont perdur\u00e9 depuis les ind\u00e9pendances il y a plus de soixante ans. Le S\u00e9n\u00e9gal a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme un laboratoire de construction de la d\u00e9mocratie. Aujourd\u2019hui, ce qui pourrait s\u2019assimiler \u00e0 une exp\u00e9rimentation d\u00e9coloniale en cours de la d\u00e9mocratie confirme cette r\u00e9putation, car il nous permet de voir \u00e0 l\u2019\u0153uvre (et donc de penser) des possibilit\u00e9s d\u2019engagement de l\u2019\u00c9tat avec des concepts tels que la \u00ab&nbsp;d\u00e9colonialit\u00e9&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00ab&nbsp;innovativit\u00e9&nbsp;\u00bb et l\u2019\u00ab&nbsp;endog\u00e9n\u00e9it\u00e9&nbsp;\u00bb et la n\u00e9cessit\u00e9, ou non, d\u2019engager les administrations africaines dans cette perspective. L\u2019entreprise politique de Pastef repose sur ce que ses fondateurs appellent le \u00ab&nbsp;Projet&nbsp;\u00bb. Le Projet, abr\u00e9viation de \u00ab&nbsp;projet de rupture syst\u00e9mique&nbsp;\u00bb, est orient\u00e9 vers un \u00e9thos panafricain fond\u00e9 sur des r\u00e9alit\u00e9s endog\u00e8nes, et d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 d\u00e9coloniser l\u2019\u00c9tat et l\u2019administration. Le Pastef propose de se d\u00e9barrasser d\u2019une tradition qui, selon eux, n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 changer la nature pr\u00e9bendi\u00e8re de l\u2019administration, maintenant ainsi les masses et le pouvoir politique dans un \u00e9tat de d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des puissances coloniales. Un tel projet se mat\u00e9rialisera, selon eux, par une rupture&nbsp;\u00e9pist\u00e9mique, politique et \u00e9conomique. La rupture \u00e9pist\u00e9mique se manifeste d\u2019abord par un processus de refondation des imaginaires et des valeurs et la centralit\u00e9 des langues locales dans la conceptualisation et la mise en \u0153uvre de nouvelles politiques publiques, toutes tourn\u00e9es vers la recherche de la souverainet\u00e9 (dans la politique mon\u00e9taire ou judiciaire, la gestion des ressources naturelles, les relations internationales, l\u2019\u00e9ducation, l\u2019agriculture\u2026). Un exercice p\u00e9dagogique a \u00e9t\u00e9 entrepris \u00e0 travers le Projet, celui du&nbsp;Jub, Jubal, Jubanti, qui c\u00e9l\u00e8bre les vertus de droiture, de probit\u00e9 et d\u2019exemplarit\u00e9, il doit transpara\u00eetre dans tous les secteurs. Ce credo a pris une tonalit\u00e9 d\u00e9coloniale particuli\u00e8re lorsque la&nbsp;premi\u00e8re correspondance&nbsp;envoy\u00e9e par le nouveau Pr\u00e9sident, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, \u00e0 \u00ab&nbsp;tous les fonctionnaires et agents de l\u2019administration du S\u00e9n\u00e9gal&nbsp;\u00bb, consid\u00e9r\u00e9s comme le \u00ab&nbsp;c\u0153ur battant [du] pays&nbsp;\u00bb, les encourageait \u00e0 comprendre que leur mission premi\u00e8re est de servir le peuple s\u00e9n\u00e9galais et le bien commun et donc \u00ab&nbsp;\u00e0 incarner pleinement les principes de&nbsp;Jub,&nbsp;Jubal,&nbsp;Jubanti&nbsp;\u00bb. La position \u00e9pist\u00e9mique de Pastef et ses cons\u00e9quences \u2013&nbsp;le recentrement des missions de l\u2019administration et les valeurs s\u00e9n\u00e9galaises&nbsp;\u2013 s\u2019attachent \u00e0 cr\u00e9er une nouvelle grammaire constitutive des relations administratives, et le vocabulaire qu\u2019elle utilise est clairement enracin\u00e9 dans les cultures. C\u2019est pourquoi les populations ont pleinement adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 son discours et continuent de c\u00e9l\u00e9brer la possibilit\u00e9 d\u2019amorcer une rupture syst\u00e9mique avec la tradition postcoloniale qui n\u2019a jamais pu se d\u00e9tacher des principes de la colonialit\u00e9. L\u2019utilisation du wolof pour conceptualiser le projet et d\u00e9coloniser l\u2019auditoire de la gouvernance postcoloniale n\u2019est pas fortuite. Elle s\u2019inscrit dans la tradition du parti politique de remettre en cause la supr\u00e9matie des modes europ\u00e9ens de d\u00e9finition du monde et de s\u2019engager clairement dans la possibilit\u00e9 de penser le monde dans les langues africaines. Ousmane Sonko l\u2019a clairement exprim\u00e9 dans plusieurs de ses discours et va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 pr\u00f4ner l\u2019utilisation du wolof dans le syst\u00e8me scolaire s\u00e9n\u00e9galais, ce que Moustapha Guirassy, le ministre de l\u2019\u00c9ducation, s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser. Pourtant, malgr\u00e9 ce virage apparemment d\u00e9colonial, ce nouveau gouvernement semble d\u00e9j\u00e0 se perdre dans des contradictions li\u00e9es \u00e0 un manque de consistance dans son rapport au concept de d\u00e9colonialit\u00e9. Deux exemples&nbsp;: la continuation du patriarcat et le recours non critique \u00e0 la modernit\u00e9 qu\u2019ils d\u00e9fendent.&nbsp; En effet, malgr\u00e9 sa revendication de rupture syst\u00e9mique, le Pastef n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper aux spectres du patriarcat, l\u2019un des piliers de la colonialit\u00e9. Oyeronke Oyewumi, sp\u00e9cialiste nig\u00e9riane des questions d\u00e9coloniales, montre dans son ouvrage&nbsp;The Invention of Women&nbsp;que l\u2019une des particularit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat colonial est d\u2019avoir effac\u00e9 les femmes des instances de prise de d\u00e9cision. Non seulement les administrations coloniales ont lu l\u2019Afrique \u00e0 travers un regard sexiste, mais elles ont","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-05-09T13:02:22+00:00","og_image":[{"width":480,"height":640,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/3-Moyenne.jpeg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"9 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/","name":"Jub, Jubal, Jubanti : l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration s\u00e9n\u00e9galaise | Global Africa","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/3-Moyenne.jpeg","datePublished":"2024-06-20T01:19:28+00:00","dateModified":"2026-05-09T13:02:22+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/3-Moyenne.jpeg","contentUrl":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/3-Moyenne.jpeg","width":480,"height":640},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/issues\/numero-6\/jub-jubal-jubanti-lappel-a-la-decolonisation-de-ladministration-senegalaise\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/accueil\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Series issues","item":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Jub, Jubal, Jubanti : l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019administration s\u00e9n\u00e9galaise"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/#website","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/","name":"Global Africa","description":"Pan-African Scientific Journal","publisher":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/#organization","name":"Global Africa","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Globalafrica.png","contentUrl":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Globalafrica.png","width":1680,"height":750,"caption":"Global Africa"},"image":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences"]}]}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series-issues\/26599","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series-issues"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/series-issues"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25933"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26599"}],"wp:term":[{"taxonomy":"series-categories","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series-categories?post=26599"},{"taxonomy":"cat-articles","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/cat-articles?post=26599"},{"taxonomy":"keywords","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/keywords?post=26599"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=26599"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}