{"id":25708,"date":"2024-09-20T06:34:30","date_gmt":"2024-09-20T06:34:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/the-landscape-of-scholarly-publishing-in-morocco\/"},"modified":"2026-04-30T11:59:14","modified_gmt":"2026-04-30T11:59:14","slug":"the-landscape-of-scholarly-publishing-in-morocco","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-7\/the-landscape-of-scholarly-publishing-in-morocco\/","title":{"rendered":"Le paysage de l\u2019\u00e9dition scientifique au Maroc"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le syst\u00e8me universitaire marocain a connu deux d\u00e9cennies de transformation, dans le cadre de ses efforts visant \u00e0 am\u00e9liorer sa capacit\u00e9 de recherche scientifique et \u00e0 s\u2019assurer que l\u2019impact \u00e9conomique et social de cette recherche profite \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 marocaine. Le Maroc compte 12&nbsp;universit\u00e9s publiques qui accueillent 1,3&nbsp;million d\u2019\u00e9tudiants, soutenus par 15&nbsp;880&nbsp;professeurs. En 2021, comme le note El Aroui (dans ce num\u00e9ro), les auteurs affili\u00e9s aux universit\u00e9s marocaines ont publi\u00e9 plus de 11&nbsp;000&nbsp;articles. Pourtant, les recherches bibliom\u00e9triques men\u00e9es par la Fondation Al Saoud, qui r\u00e9pertorie la litt\u00e9rature et les ouvrages en sciences humaines et sociales publi\u00e9s au Maroc, r\u00e9v\u00e8lent les contraintes auxquelles sont confront\u00e9s les presses universitaires et les \u00e9diteurs marocains travaillant dans ces domaines<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>. Selon son rapport&nbsp;2024 sur le secteur de l\u2019\u00e9dition et du livre, il n\u2019y a eu que 127&nbsp;publications de presses universitaires marocaines de 2022 \u00e0 2023, et seulement 191&nbsp;livres publi\u00e9s en sciences humaines et sociales (Fondation al Saoud, 2024). Seules trois revues scientifiques marocaines sont actuellement index\u00e9es dans Scopus. Selon Mohammed Sghir Janjar (2017), ancien vice-pr\u00e9sident ex\u00e9cutif de la fondation Al&nbsp;Saoud, \u00ab&nbsp;les universitaires marocains ont un faible taux de publication&nbsp;: 47,5&nbsp;% n\u2019ont publi\u00e9 qu\u2019un seul texte sur une p\u00e9riode de dix-sept ans, alors que moins de 5&nbsp;% ont publi\u00e9 plus de 17&nbsp;textes (soit un par an)&nbsp;\u00bb, souvent ce texte unique \u00e9tait soit leur th\u00e8se, soit un article scientifique, soit un article destin\u00e9 au grand public<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. En effet, les presses universitaires sont confront\u00e9es \u00e0 des difficult\u00e9s de distribution et ont une exposition commerciale limit\u00e9e en dehors d\u2019\u00e9v\u00e9nements tels que le salon international du livre et de l\u2019\u00e9dition, o\u00f9 les universit\u00e9s peuvent pr\u00e9senter leurs publications<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. Cette ann\u00e9e, trois universit\u00e9s<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> et trois facult\u00e9s<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> ont particip\u00e9 \u00e0 ce salon. L\u2019exploration de canaux de distribution alternatifs devient cruciale dans un march\u00e9 du livre difficile, en particulier pour les livres \u00e0 caract\u00e8re scientifique qui se heurtent aux r\u00e9seaux de distribution traditionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>La fragilit\u00e9 du secteur de l\u2019\u00e9dition scientifique au Maroc est r\u00e9v\u00e9latrice des dysfonctionnements majeurs du syst\u00e8me de recherche scientifique du pays. Le Maroc n\u2019alloue que 0,75&nbsp;% de son PIB \u00e0 la recherche scientifique et \u00e0 l\u2019innovation, le secteur priv\u00e9 contribuant \u00e0 hauteur de moins de 0,22&nbsp;% du PIB. La question du financement n\u2019est pas la seule pi\u00e8ce manquante du puzzle. Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du Maroc, le r\u00f4le principal des universit\u00e9s n\u2019\u00e9tait pas de produire des connaissances scientifiques, mais plut\u00f4t de fournir \u00e0 l\u2019\u00c9tat les professionnels n\u00e9cessaires. Ce n\u2019est qu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;2000, avec l\u2019introduction du syst\u00e8me \u00ab&nbsp;LMD<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb, issu du processus de Bologne, dans les universit\u00e9s marocaines, que l\u2019accent a \u00e9t\u00e9 mis sur la recherche scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la prise de conscience de l\u2019importance de la recherche scientifique au Maroc, les universit\u00e9s marocaines ne figurent pas dans les classements mondiaux des universit\u00e9s. L\u2019importance croissante accord\u00e9e \u00e0 la recherche scientifique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale a conduit \u00e0 mettre l\u2019accent sur l\u2019excellence en mati\u00e8re de recherche, laquelle est principalement \u00e9valu\u00e9e au moyen des classements mondiaux des universit\u00e9s. Cela a conduit \u00e0 ce que Hazelkorn (2007) a appel\u00e9 une \u00ab&nbsp;obsession du gladiateur&nbsp;\u00bb concernant les positions occup\u00e9es par les universit\u00e9s dans ces classements (Sutz, 2020). La \u00ab&nbsp;dictature de l\u2019excellence&nbsp;\u00bb est amplifi\u00e9e par les syst\u00e8mes de classement internationaux qui \u00e9tablissent des comparaisons entre les universit\u00e9s, ainsi que par des indicateurs tels que la Webom\u00e9trie qui mesure la visibilit\u00e9 des universit\u00e9s et leur production scientifique. Ce syst\u00e8me scientifique global comptabilise la publication d\u2019articles scientifiques et leurs facteurs d\u2019impact deviennent les nouveaux d\u00e9terminants de l\u2019\u00e9conomie de l\u2019\u00e9dition scientifique (Kraemer-Mbula et al., 2020)<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, nous explorerons le paysage g\u00e9n\u00e9ral de la recherche au Maroc et, par extension, celui de l\u2019\u00e9dition scientifique. Pour ce faire, nous commencerons par l\u2019histoire de la recherche en sciences humaines dans le Maroc colonial et postcolonial, en mettant l\u2019accent sur l\u2019\u00e9volution d\u2019une revue d\u2019histoire influente&nbsp;: <em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em>. Ensuite, nous nous concentrerons sur les acteurs et les infrastructures de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me de l\u2019\u00e9dition contemporaine, avant de revenir sur les d\u00e9fis auxquels sont confront\u00e9s les chercheurs et les \u00e9diteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es utilis\u00e9es pour cette analyse sont issues d\u2019un projet de recherche \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Renforcer l\u2019\u00e9tat de l\u2019\u00e9dition scientifique en Afrique&nbsp;\u00bb, men\u00e9 entre f\u00e9vrier&nbsp;2021 et juin&nbsp;2022 par l\u2019Institute for Humanities in Africa (HUMA) en collaboration avec le LASPAD de l\u2019universit\u00e9 Gaston Berger, avec le financement de l\u2019Open Society Foundations (OSF)<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>. Dans un premier temps, nous avons conduit 12&nbsp;entretiens semi-structur\u00e9s avec trois \u00e9diteurs, cinq r\u00e9dacteurs en chef de revues scientifiques et quatre d\u00e9cideurs politiques. Suivant le profil de la personne interrog\u00e9e, les questions pos\u00e9es portaient sur les points suivants&nbsp;: financement de la recherche et de l\u2019\u00e9dition, m\u00e9canismes de contr\u00f4le de la qualit\u00e9 des revues (parties prenantes et proc\u00e9dures), \u00e9dition num\u00e9rique, libre acc\u00e8s, presses universitaires, gouvernance de la recherche scientifique, et d\u00e9fis rencontr\u00e9s par chaque partie prenante dans son secteur. Dans un second temps, les donn\u00e9es de la litt\u00e9rature grise portant sur l\u2019\u00e9dition scientifique et l\u2019industrie de l\u2019\u00e9dition au Maroc ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit notamment de rapports de la <a href=\"http:\/\/www.fondation.org.ma\/web\/articles\/1047\">Fondation du roi Abdul-Aziz Al&nbsp;Saoud de Casablanca<\/a> sur l\u2019\u00e9dition et les livres au Maroc, qui d\u00e9taillent les contributions marocaines dans les domaines des sciences humaines, des sciences sociales et de la litt\u00e9rature \u00e0 partir des bases de donn\u00e9es de la Fondation. En outre, nous nous sommes appuy\u00e9s sur les r\u00e9sultats de deux \u00e9tudes d\u2019\u00e9valuation men\u00e9es par le <a href=\"https:\/\/www.csefrs.ma\/?lang=fr\">Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation, de la formation et de la recherche scientifique<\/a> (CSEFRS)&nbsp;: l\u2019une publi\u00e9e en 2022, qui \u00e9value la recherche scientifique et technologique au Maroc, et l\u2019autre publi\u00e9e en 2018, qui examine le cycle de doctorat dans le pays. Ces diverses sources fournissent une vue d\u2019ensemble du paysage de la recherche et de l\u2019\u00e9dition au Maroc, mettant en lumi\u00e8re \u00e0 la fois ses r\u00e9alisations et les d\u00e9fis qui l\u2019attendent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019histoire de l\u2019\u00e9dition et de la recherche au Maroc<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La production de livres dans le Maroc pr\u00e9colonial, avant l\u2019arriv\u00e9e de la technologie de l\u2019imprimerie, reposait sur les manuscrits cr\u00e9\u00e9s par les scribes et les savants. \u00c0&nbsp;partir de 1864, le gouvernement marocain a affirm\u00e9 son contr\u00f4le sur l\u2019imprimerie, comprenant son importance en tant qu\u2019outil au service des objectifs politiques et religieux des sultans (Abdulrazak, 1990). L\u2019historien Germain Ayache note que l\u2019imprimerie dans le Maroc pr\u00e9colonial pr\u00e9servait la tradition, contrairement au r\u00f4le qu\u2019elle jouait dans la modernisation au Liban, en \u00c9gypte ou en Turquie (Ayache, 1964). La disponibilit\u00e9 croissante des livres imprim\u00e9s a progressivement affaibli le syst\u00e8me \u00e9ducatif traditionnel bas\u00e9 sur la m\u00e9morisation, incitant les \u00e9diteurs \u00e0 se concentrer sur l\u2019innovation des id\u00e9es et l\u2019exploration de nouvelles formes d\u2019expression jusqu\u2019\u00e0 ce que le Maroc devienne un protectorat fran\u00e7ais et espagnol en 1912 (Abdulrazak, 1990).<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la p\u00e9riode coloniale, le protectorat espagnol a cr\u00e9\u00e9 des \u00ab&nbsp;centros de investigaci\u00f3n&nbsp;\u00bb ou instituts de recherche dans le nord du Maroc, favorisant l\u2019\u00e9mergence et la production du savoir. Dans ce cadre, l\u2019\u00e9dition a connu un essor avec la cr\u00e9ation de l\u2019Instituto Jalifiano Muley el&nbsp;Hassan en 1937, le Centro de Estudios Marroqu\u00edes en 1938, et l\u2019Instituto General Franco en 1938 qui a permis la publication de plusieurs ouvrages (Abrighach, 2023). Dans le m\u00eame temps, l\u2019administration fran\u00e7aise a cr\u00e9\u00e9 des \u00ab&nbsp;instituts d\u2019exploration&nbsp;\u00bb pour faciliter la production de connaissances scientifiques (Kleiche et Waast, 2008). Dans le domaine des sciences humaines, l\u2019Institut des hautes \u00e9tudes marocaines est cr\u00e9\u00e9 en 1920 sous l\u2019\u00e9gide de Lyautey, alors r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral de France au Maroc. Son objectif \u00e9tait de promouvoir la recherche scientifique sur le Maroc, de diffuser la compr\u00e9hension des langues et de la civilisation marocaines et, en outre, de pr\u00e9parer les candidats \u00e0 des examens sp\u00e9cifiques de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur et des examens professionnels (Kleiche, 2000). En 1921, l\u2019institut a lanc\u00e9 la revue <em>Hesp\u00e9ris<\/em> \u00e0 Rabat. Elle se consacrait \u00e0 la publication d\u2019\u00e9tudes historiques et g\u00e9ographiques, de documents in\u00e9dits, de comptes rendus et de nouvelles publications concernant le Maroc et l\u2019Occident musulman au sens large. Sous le r\u00e9gime colonial, l\u2019Occident musulman, et plus particuli\u00e8rement l\u2019Andalousie, suscitait un int\u00e9r\u00eat particulier. Par cons\u00e9quent, les articles publi\u00e9s au cours de cette p\u00e9riode portaient principalement sur des \u00e9tudes relatives au Maroc et \u00e0 la r\u00e9gion du Maghreb, avec une couverture occasionnelle des pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (Hamdaoui, 2021). En 1959, <em>Hesp\u00e9ris<\/em> avait publi\u00e9 un total de 47&nbsp;volumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre revue,<em> Tamuda&nbsp;:<\/em> <em>Revista de investigaciones marroqu\u00edes<\/em> a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par le protectorat espagnol dans le nord du Maroc \u00e0 T\u00e9touan en 1953 sous la direction de Tom\u00e1s Garc\u00eda Figueras, qui \u00e9tait d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation et \u00e0 la culture (Abrighach, 2023). Cette publication scientifique s\u2019inspirait, pour le contenu et le format, des revues scientifiques contemporaines de l\u2019\u00e9poque, telles que <em>Hesp\u00e9ris<\/em> \u00e0 Rabat, <em>Al-Andal\u00fas<\/em> publi\u00e9e par les \u00e9coles d\u2019\u00e9tudes arabes de Madrid et de Grenade, et la revue h\u00e9bra\u00efque <em>Sefarad<\/em> publi\u00e9e \u00e0 Madrid (Abrighach, 2023). Selon Gozalbes Cravioto,<em> Tamuda&nbsp;: Revista de investigaciones marroqu\u00edes<\/em> n\u2019\u00e9tait pas uniquement consacr\u00e9e aux \u00e9tudes historiques ou philologiques, \u00e0 l\u2019arabisme ou \u00e0 l\u2019h\u00e9bra\u00efsme, elle englobait \u00e9galement d\u2019autres domaines des \u00e9tudes marocaines, y compris l\u2019arch\u00e9ologie et les sciences naturelles. <em>Tamuda&nbsp;<\/em>a \u00e9volu\u00e9 par rapport \u00e0 son format initial qui consistait \u00e0 publier deux volumes par an, un par semestre (Gozalbes Cravioto, 2007). La revue espagnole contenait une petite section pour les articles en arabe, contrairement \u00e0 <em>Hesp\u00e9ris<\/em> o\u00f9 tous les articles sont publi\u00e9s en fran\u00e7ais et occasionnellement en anglais et en espagnol<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>. <em>Tamuda&nbsp;<\/em>a \u00e9galement introduit deux innovations notables. La premi\u00e8re est un livret intitul\u00e9 <em>Ketama<\/em>, qui sert de suppl\u00e9ment litt\u00e9raire en espagnol et en arabe, et une seconde, beaucoup plus compl\u00e8te, consacr\u00e9e \u00e0 la bibliographie marocaine (Gozalbes Cravioto, 2007). Elle a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre publi\u00e9e sous sa forme originale en 1959.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Hesp\u00e9ris<\/em> a continu\u00e9 \u00e0 exister apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du Maroc. En 1956, le minist\u00e8re de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur, dirig\u00e9 par Mohammed El&nbsp;Fassi et l\u2019historien Germain Ayache, a choisi de pr\u00e9server la revue en la fusionnant avec <em>Tamuda<\/em>, formant ainsi <a href=\"https:\/\/www.hesperis-tamuda.com\/\"><em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em><\/a>. Cette d\u00e9cision co\u00efncida avec la cr\u00e9ation de la facult\u00e9 de lettres et des sciences humaines de Rabat, connue \u00e0 l\u2019origine sous le nom d\u2019Institut des hautes \u00e9tudes marocaines fond\u00e9 par Lyautey<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, sous la direction de Germain Ayache, l\u2019\u00e9quipe \u00e9ditoriale de la revue a choisi de maintenir la ligne \u00e9ditoriale existante. Elle a fait appel \u00e0 des auteurs marocains pour \u00e9crire l\u2019histoire du Maroc en fran\u00e7ais et en espagnol (Hamdaoui, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, la revue <a href=\"https:\/\/www.hesperis-tamuda.com\/\"><em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em><\/a> a connu trois phases distinctes. La premi\u00e8re phase, de 1960 \u00e0 1990, a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e par l\u2019historien Germain Ayache. Le num\u00e9ro inaugural de 1960 a connu des difficult\u00e9s de publication dues \u00e0 un d\u00e9ficit de chercheurs marocains. Ceux qui \u00e9taient partis pendant la colonisation pour poursuivre leurs \u00e9tudes doctorales en France et dans les pays arabes comme l\u2019\u00c9gypte et la Syrie n\u2019\u00e9taient pas encore revenus (Hamdaoui, 2021). Ce n\u2019est qu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;1980 que la revue a pu combler le vide laiss\u00e9 par le d\u00e9part des chercheurs fran\u00e7ais qui l\u2019avaient dirig\u00e9e pendant la p\u00e9riode coloniale. \u00c0&nbsp;cette \u00e9poque, Germain Ayache et l\u2019historien Brahim Boutaleb \u00e9tablissent le d\u00e9partement d\u2019histoire \u00e0 la facult\u00e9 de lettres et des sciences humaines. Cette d\u00e9cision a permis de renforcer la recherche universitaire en histoire, en mettant l\u2019accent sur l\u2019utilisation des archives, en particulier celles r\u00e9dig\u00e9es en arabe, qui avaient \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9es par le maghzen<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>. L\u2019utilisation de ces archives a permis de jeter un regard nouveau sur les connaissances produites pendant la p\u00e9riode coloniale. Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Germain Ayache en 1990, la deuxi\u00e8me phase d\u2019<a href=\"https:\/\/www.hesperis-tamuda.com\/\"><em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em><\/a> dans l\u2019\u00e8re postcoloniale a commenc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant cette phase, le professeur Brahim Boutaleb, responsable de la coordination scientifique de la revue, a introduit la langue arabe en 1990, constatant la p\u00e9nurie d\u2019articles publi\u00e9s en fran\u00e7ais. Cette d\u00e9cision n\u2019a pas fait l\u2019unanimit\u00e9 au sein du comit\u00e9 de r\u00e9daction. Malgr\u00e9 l\u2019introduction de la langue arabe, la production scientifique n\u2019est pas prolifique. La revue a cess\u00e9 de para\u00eetre pendant trois ans. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion du cinquanti\u00e8me anniversaire de la facult\u00e9 de lettres et des sciences humaines de Rabat en 2007 que la revue a publi\u00e9 un num\u00e9ro sp\u00e9cial, mais sous forme d\u2019index, faute d\u2019articles \u00e0 publier<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>. La revue a continu\u00e9 \u00e0 conna\u00eetre des probl\u00e8mes de qualit\u00e9 et de production.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0&nbsp;partir de 2015, la revue prit une nouvelle direction. Le minist\u00e8re de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur a d\u00e9cid\u00e9 de mettre <em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em> sous indexation. Le professeur Khalid Ben Shir se chargeait de la coordination scientifique de la revue. La publication en ligne \u00e0 partir de 2015 a facilit\u00e9 sa diffusion. De 2019 \u00e0 2022, la revue a publi\u00e9 quatre num\u00e9ros par an (Hamdaoui, 2021). Depuis 2016, <a href=\"https:\/\/www.hesperis-tamuda.com\/\"><em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em><\/a> est index\u00e9e dans l\u2019Emerging Sources Citation Index (ESCI) de Clarivate. En 2024, la revue est index\u00e9e par Scopus.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019\u00e9cosyst\u00e8me de la recherche scientifique au Maroc<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la croissance de l\u2019\u00e9dition acad\u00e9mique stimul\u00e9e par l\u2019augmentation du nombre d\u2019institutions universitaires, les publications acad\u00e9miques rencontrent encore des probl\u00e8mes de visibilit\u00e9, d\u00e9pendant souvent de mani\u00e8re significative des efforts individuels plut\u00f4t que d\u2019un soutien institutionnel fort.<\/p>\n\n\n\n<p>La recherche scientifique constitue l&rsquo;une des pierres angulaires de la soci\u00e9t\u00e9 du savoir. Malgr\u00e9 les progr\u00e8s notables r\u00e9alis\u00e9s au Maroc depuis son ind\u00e9pendance, le syst\u00e8me de recherche reste en d\u00e9veloppement, certaines institutions n&rsquo;ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies qu&rsquo;au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. L\u2019\u00e9tude d\u2019\u00e9valuation publi\u00e9e en 2022 par le CSEFRS (CSEFRS, 2022) identifie une multitude d\u2019acteurs impliqu\u00e9s dans la gouvernance de la recherche scientifique au Maroc : dans la formulation de la strat\u00e9gie, dans sa mise en \u0153uvre, dans la gestion des financements et dans la conduite des op\u00e9rations de recherche. Ce dernier groupe comprend les universit\u00e9s avec leurs laboratoires de recherche et les instituts de recherche publics fonctionnant de mani\u00e8re autonome par rapport aux universit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Sur la base de l\u2019\u00e9tude d\u2019\u00e9valuation r\u00e9alis\u00e9e par le CSEFRS, les orientations strat\u00e9giques de la recherche scientifique au Maroc rel\u00e8vent de deux instances&nbsp;: le minist\u00e8re de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur, de la Recherche scientifique et de l\u2019Innovation, et le Comit\u00e9 permanent interminist\u00e9riel de la recherche scientifique, de l\u2019innovation et du d\u00e9veloppement technologique (CPIRSIDT). Ce dernier est \u00e9galement charg\u00e9 de superviser la mise en \u0153uvre des programmes strat\u00e9giques dans les domaines de la recherche scientifique, de l\u2019innovation et du d\u00e9veloppement technologique<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. Le suivi et la coordination de la recherche repr\u00e9sentent des d\u00e9fis majeurs pour le syst\u00e8me national de recherche. Selon un ancien pr\u00e9sident d\u2019une universit\u00e9 marocaine, \u00ab&nbsp;la pr\u00e9sence de multiples entit\u00e9s de gouvernance a un impact sur les processus de suivi et de coordination<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb.<sup> <\/sup>Par cons\u00e9quent, la loi-cadre 51-17 adopt\u00e9e en 2019 comprend des dispositions pour la cr\u00e9ation d\u2019un Conseil national de la recherche scientifique, visant \u00e0 restructurer le cadre de coordination du syst\u00e8me de recherche, tout en pr\u00e9servant la mission confi\u00e9e au CPIRSIDT (CSEFRS, 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>La gouvernance de la recherche scientifique a fait l\u2019objet de recommandations d\u2019am\u00e9lioration \u00e0 travers des strat\u00e9gies, des r\u00e9visions et des programmes d\u2019urgence depuis 2006. Une strat\u00e9gie nationale de recherche a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e en 2006, suivie d\u2019un programme d\u2019urgence en 2009, d\u2019une r\u00e9vision de la strat\u00e9gie nationale de recherche en 2014 et, plus r\u00e9cemment, du pacte ESRI&nbsp;2030 mis en place en 2022 pour acc\u00e9l\u00e9rer la mise en \u0153uvre de la strat\u00e9gie nationale de recherche. Les r\u00e9formes continues du syst\u00e8me de recherche sont \u00e9galement affect\u00e9es par les fluctuations politiques au sein du gouvernement. Ces ajustements sont souvent le fait d\u2019individus occupant des postes de d\u00e9cision plut\u00f4t que des institutions gouvernementales elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>La gestion du financement fait partie int\u00e9grante du syst\u00e8me de gouvernance de la recherche. Le Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST) joue un r\u00f4le crucial en tant qu\u2019agence nationale de financement. Cependant, l\u2019institution est partag\u00e9e entre l\u2019administration des programmes de financement et la consolidation des ressources et de l\u2019information scientifiques (CSEFRS, 2022). Cette double mission complique les proc\u00e9dures de gestion et de financement du CNRST. La complexit\u00e9 et la lenteur des proc\u00e9dures d\u00e9couragent souvent les chercheurs de s&rsquo;engager dans des activit\u00e9s de recherche ou de g\u00e9n\u00e9rer des revenus pour leurs universit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les universit\u00e9s publiques marocaines se divisent en deux cat\u00e9gories&nbsp;: les \u00e9tablissements \u00e0 acc\u00e8s libre, qui accueillent les bacheliers sans conditions d\u2019admission, et les \u00e9tablissements \u00e0 acc\u00e8s r\u00e9glement\u00e9, qui s\u00e9lectionnent leurs \u00e9tudiants par le biais de concours. Les universit\u00e9s \u00e0 acc\u00e8s libre absorbent la majorit\u00e9 des chercheurs et produisent la quasi-totalit\u00e9 des publications scientifiques. Les effectifs de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur au Maroc s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 1,35&nbsp;million d\u2019\u00e9tudiants, pour une population de 37,46&nbsp;millions d\u2019habitants. Les chercheurs doctorants repr\u00e9sentent plus de 71&nbsp;% du corps scientifique de l\u2019universit\u00e9, avec plus de 36&nbsp;850&nbsp;doctorants contre 15&nbsp;880&nbsp;enseignants permanents<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>. Cependant, le rapport entre le nombre de th\u00e8ses de doctorat soutenues annuellement et le nombre de doctorants est de 5,7&nbsp;%<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. Ce ratio donne une id\u00e9e du taux de finition des \u00e9tudes doctorales, indiquant qu\u2019un pourcentage relativement faible de doctorants terminent et soutiennent avec succ\u00e8s leur th\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tudes doctorales sont men\u00e9es dans des laboratoires de recherche affili\u00e9s \u00e0 des Centres d\u2019\u00e9tudes doctorales (CEDoc). Bien que sans statut juridique, ces CEDocs g\u00e8rent int\u00e9gralement toutes les proc\u00e9dures administratives li\u00e9es au parcours acad\u00e9mique des doctorants (CSEFRS, 2018). Les laboratoires de recherche au sein des CEDocs sont les seuls centres d\u2019interaction et d\u2019\u00e9change de connaissances qui ont facilit\u00e9 l\u2019\u00e9limination des barri\u00e8res entre les disciplines de recherche. N\u00e9anmoins, il y a un manque notable de collaboration entre les diff\u00e9rents laboratoires au sein d\u2019un m\u00eame CEDoc<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>. Ces laboratoires de recherche sont souvent cr\u00e9\u00e9s dans le but d\u2019aider les doctorants \u00e0 publier dans les revues qui leur sont affili\u00e9es. Selon le directeur du laboratoire d\u2019\u00e9tudes et de recherches interculturelles et de la revue <a href=\"https:\/\/journals.imist.ma\/index.php\/Relais\/about\/editorialTeam\"><em>Relais<\/em><\/a>, la plupart des publications scientifiques transitent par des revues propres \u00e0 leurs laboratoires respectifs<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les laboratoires re\u00e7oivent \u00e9galement des fonds de leurs facult\u00e9s en fonction de leurs publications. Dans le cas du <a href=\"https:\/\/journals.imist.ma\/index.php\/Relais\/about\/editorialTeam\"><em>Relais<\/em><\/a>, le financement provient d\u2019une dotation annuelle d\u00e9termin\u00e9e par l\u2019\u00e9valuation interne du laboratoire. Cette \u00e9valuation porte principalement sur la productivit\u00e9 scientifique annuelle du laboratoire. Ce dernier est \u00e9valu\u00e9 tous les deux ans et son accr\u00e9ditation est renouvel\u00e9e tous les quatre ans. La publication de la revue a \u00e9t\u00e9 interrompue de 2014 \u00e0 2019 en raison d\u2019un financement insuffisant<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le manque de financement constitue un d\u00e9fi important pour la publication r\u00e9guli\u00e8re de revues scientifiques au Maroc. Sans un soutien financier ad\u00e9quat, les revues ont du mal \u00e0 respecter les calendriers de publication et \u00e0 maintenir les normes \u00e9ditoriales attendues. Ce probl\u00e8me affecte directement la visibilit\u00e9 et l\u2019impact de la recherche qu\u2019elles publient.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les principaux d\u00e9fis de l\u2019\u00e9dition scientifique au Maroc<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><a><\/a>Les d\u00e9fis auxquels est confront\u00e9e l\u2019\u00e9dition scientifique constituent une dimension du d\u00e9clin plus large du secteur du savoir au Maroc, attribuable \u00e0 une s\u00e9rie de r\u00e9formes et de politiques \u00e9ducatives incompl\u00e8tes au fil du temps. Pendant longtemps, l\u2019\u00e9valuation de la recherche a \u00e9t\u00e9 essentiellement effectu\u00e9e par les pairs. Depuis les ann\u00e9es&nbsp;2000, cependant, des \u00e9valuations externes sur la production de connaissances au Maroc ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>. Cette \u00e9volution a \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9e par la r\u00e9forme LMD de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, l\u2019impact des classements mondiaux des universit\u00e9s et la diffusion de la culture de l\u2019\u00e9valuation \u00e0 travers la coop\u00e9ration scientifique internationale (Janjar, 2017, note&nbsp;20). Les chercheurs et les experts se renseignent d\u2019abord sur le statut d\u2019indexation des revues lorsqu\u2019ils \u00e9valuent la production scientifique<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>. Cependant, l\u2019indexation des revues est peu courante dans le contexte nord-africain, o\u00f9 la publication scientifique elle-m\u00eame est une pratique plus r\u00e9cente<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me principal r\u00e9side dans l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 des revues scientifiques, dont l\u2019existence et la continuit\u00e9 d\u00e9pendent souvent d\u2019un petit cercle de chercheurs. La probl\u00e9matique de l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 l\u2019absence de ressources humaines et de dispositifs techniques pour la gestion des journaux. Selon le directeur du <em>Relais<\/em>, \u00ab&nbsp;le probl\u00e8me de l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 est li\u00e9 \u00e0 l\u2019insuffisance de personnel et de mat\u00e9riel pour soutenir ce processus. L\u2019impression du journal n\u00e9cessite des d\u00e9placements \u00e0 Casablanca ou \u00e0 Rabat pour trouver un imprimeur ad\u00e9quat<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb.<em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>De plus, la gestion de la revue d\u00e9pend de l\u2019implication b\u00e9n\u00e9vole d\u2019un nombre limit\u00e9 de membres du comit\u00e9 scientifique. Le manque de professionnalisation dans l\u2019\u00e9dition scientifique pose un d\u00e9fi important \u00e0 la durabilit\u00e9 des revues universitaires. Sur cette base, l\u2019examen d\u2019un mod\u00e8le \u00e9conomique pour ces revues devient complexe, car il s\u2019agit g\u00e9n\u00e9ralement de parvenir \u00e0 un \u00e9quilibre entre les co\u00fbts et les b\u00e9n\u00e9fices n\u00e9cessaires pour que les activit\u00e9s de publication soient durables, voire rentables. La publication est g\u00e9n\u00e9ralement une activit\u00e9 p\u00e9riph\u00e9rique et peu d\u00e9velopp\u00e9e dans les universit\u00e9s marocaines. L\u2019exp\u00e9rience limit\u00e9e en mati\u00e8re d\u2019\u00e9criture et de publication, en particulier en anglais ou en fran\u00e7ais, contribue \u00e0 la m\u00e9connaissance du paysage \u00e9ditorial par les chercheurs, ce qui pose des d\u00e9fis importants. Selon la fondatrice de la maison d\u2019\u00e9dition <a href=\"https:\/\/etlettres.com\/\">En toutes <\/a><a href=\"https:\/\/etlettres.com\/\">l<\/a><a href=\"https:\/\/etlettres.com\/\">ettres<\/a>, \u00ab&nbsp;les chercheurs sont parfois peu au fait des complexit\u00e9s de l\u2019\u00e9dition, qui comprennent l\u2019\u00e9dition de textes, les questions de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, les contrats, les droits d\u2019auteur et les principes de la politique \u00e9ditoriale&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>. Les travaux de recherche ne sont pas toujours distribu\u00e9s par des entit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es. Au lieu de cela, ils sont souvent diffus\u00e9s par des \u00e9diteurs g\u00e9n\u00e9ralistes priv\u00e9s, des associations, ou m\u00eame par le biais de l\u2019auto\u00e9dition, parfois des ann\u00e9es apr\u00e8s la soutenance de la th\u00e8se. Il en r\u00e9sulte une vari\u00e9t\u00e9 de strat\u00e9gies de distribution pour ces travaux de recherche<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La diffusion des publications scientifiques est un d\u00e9fi majeur. Au Maroc, il existe deux initiatives importantes pour cataloguer les revues scientifiques et les rendre plus visibles et accessibles aux chercheurs. La premi\u00e8re est men\u00e9e par le CNRST \u00e0 travers l\u2019Institut marocain de l\u2019information scientifique et technique (IMIST), qui a lanc\u00e9 en 2012 le <a href=\"https:\/\/revues.imist.ma\/\">portail des revues scientifiques marocaines<\/a> dans le cadre de la valorisation et de la diffusion de la production scientifique marocaine. Ce projet implique que l\u2019institut prenne en charge le processus de publication en ligne des revues scientifiques \u00e9dit\u00e9es par les universit\u00e9s publiques, ainsi que l\u2019archivage de leur contenu. La deuxi\u00e8me initiative est entreprise par la Fondation du Roi Abdul-Aziz pour les \u00e9tudes islamiques et les sciences humaines \u00e0 Casablanca. La fondation est en train de construire un <a href=\"http:\/\/www.maroc-catalog.org\/\">catalogue<\/a> qui comprend toutes les publications marocaines \u00e9dit\u00e9es par les universit\u00e9s publiques et priv\u00e9es, les communaut\u00e9s acad\u00e9miques et les \u00e9diteurs institutionnels.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le secteur de la recherche scientifique est entrav\u00e9 par un financement inad\u00e9quat. Ce dernier d\u00e9pend principalement des subventions publiques accord\u00e9es aux universit\u00e9s et des appels \u00e0 projets. Les collaborations internationales et les financements priv\u00e9s constituent d\u2019autres sources de financement. Les budgets allou\u00e9s aux universit\u00e9s pour la recherche sont insuffisants pour couvrir toutes les d\u00e9penses n\u00e9cessaires aux chercheurs. Selon un ancien pr\u00e9sident d\u2019une universit\u00e9 marocaine, \u00ab&nbsp;le budget de recherche allou\u00e9 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 ne comprend pas de pr\u00e9visions pour les billets d\u2019avion. Si un professeur est invit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, il doit acheter son propre billet, et nous le remboursons par le biais d\u2019une simulation de frais de voyage<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb. La complexit\u00e9 de la gestion des ressources financi\u00e8res alourdit le fardeau des chercheurs eux-m\u00eames. Les appels \u00e0 projets \u2013&nbsp;instrument essentiel pour obtenir un financement&nbsp;\u2013 sont sporadiques. Entre 2008 et 2017, il y a eu 14&nbsp;programmes distincts d\u2019appels \u00e0 projets pour un montant total de 969&nbsp;millions de dirhams<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a>. Ils couvraient tous les th\u00e8mes et toutes les disciplines. Le budget g\u00e9n\u00e9ral est la principale source de financement de ces appels. Le CNRST est la principale agence nationale de financement. D\u2019autres instruments et m\u00e9canismes financent \u00e9galement des th\u00e8mes de recherche cibl\u00e9s. Les fonds re\u00e7us du secteur priv\u00e9 ne couvrent que 22&nbsp;% de l\u2019activit\u00e9 de recherche. Ceci est le r\u00e9sultat des multiples dysfonctionnements qui affectent l\u2019universit\u00e9 marocaine. La langue d\u2019enseignement constitue \u00e9galement un d\u00e9fi majeur pour les \u00e9tudiants des universit\u00e9s marocaines qui poursuivent des \u00e9tudes sup\u00e9rieures. Le passage brutal de la tradition francophone postcoloniale \u00e0 l\u2019arabisation du syst\u00e8me \u00e9ducatif a eu un impact important sur l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Le principe de l\u2019arabisation a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par des m\u00e9canismes p\u00e9dagogiques internes, ce qui a entra\u00een\u00e9 une francisation accrue du personnel d\u2019encadrement. Cette \u00e9volution vers la francisation au sein de l\u2019administration et du syst\u00e8me politique a eu des r\u00e9percussions consid\u00e9rables sur l\u2019ensemble du syst\u00e8me \u00e9ducatif (Moatassime, 1978).<\/p>\n\n\n\n<p>Hassan&nbsp;II a privil\u00e9gi\u00e9 la nomination de personnes ayant une formation moderne et fran\u00e7aise \u00e0 des postes \u00e0 responsabilit\u00e9. En 1963, lors d\u2019un colloque sur l\u2019\u00e9ducation pr\u00e9sid\u00e9 par le roi, des inqui\u00e9tudes sont soulev\u00e9es quant au d\u00e9phasage entre l\u2019enseignement primaire arabis\u00e9 et l\u2019enseignement secondaire en langue fran\u00e7aise. Les syndicats d\u2019enseignants critiqu\u00e8rent le maintien du bilinguisme (Vermeren, 2022). La politique linguistique a montr\u00e9 ses limites, voire son \u00e9chec, aujourd\u2019hui apr\u00e8s plus de soixante ans d\u2019ind\u00e9pendance. L\u2019initiative r\u00e9cente d\u2019introduire l\u2019enseignement de l\u2019anglais dans les coll\u00e8ges depuis mai&nbsp;2023 semble refl\u00e9ter l\u2019engagement irr\u00e9gulier du Maroc en faveur de la francophonie.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les obstacles \u00e0 la recherche et \u00e0 la publication scientifique, il s\u2019agit d\u2019un domaine crucial qui doit \u00eatre organis\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9. Il existe un potentiel de croissance important, soutenu par le grand nombre de personnes engag\u00e9es dans l\u2019enseignement et la recherche, ainsi que par la cohorte grandissante d\u2019\u00e9tudiants qui pourraient devenir de futurs contributeurs. Internet a permis d\u2019acc\u00e9der aux pratiques et tendances internationales, incitant la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 aspirer \u00e0 une reconnaissance fond\u00e9e sur de v\u00e9ritables normes acad\u00e9miques. C\u2019est ce qui a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 lors des sessions d\u2019<a href=\"https:\/\/openchabab.com\/a-propos\/\">Openchabab<\/a><a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> selon Kenza Sefrioui, fondatrice de la maison d\u2019\u00e9dition <a href=\"https:\/\/etlettres.com\/\">En <\/a><a href=\"https:\/\/etlettres.com\/\">t<\/a><a href=\"https:\/\/etlettres.com\/\">outes <\/a><a href=\"https:\/\/etlettres.com\/\">l<\/a><a href=\"https:\/\/etlettres.com\/\">ettres<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Openchabab est un programme de formation th\u00e9matique centr\u00e9 sur les valeurs fondamentales d\u2019un projet de soci\u00e9t\u00e9 humaniste, r\u00e9unissant de jeunes \u00e9tudiants chercheurs, des journalistes et des acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Ces exp\u00e9riences contribuent \u00e0 renforcer leurs comp\u00e9tences professionnelles et \u00e0 favoriser un multilinguisme solide, fondement d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent au sein de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine. Il peut s\u2019agir de partenariats pour des cours de langue intensifs propos\u00e9s par des institutions d\u2019enseignement des langues, ou de la participation \u00e0 des ateliers d\u2019\u00e9criture. Les meilleures productions du programme sont publi\u00e9es dans la <a href=\"https:\/\/etlettres.com\/collections\/enquetes\/\">collection Enqu\u00eates<\/a> d\u2019En toutes lettres.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9dition scientifique au Maroc a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 des d\u00e9fis importants. Ceux-ci comprennent la sous-\u00e9valuation des publications acad\u00e9miques au sein de la communaut\u00e9, la pr\u00e9valence de l\u2019auto\u00e9dition, l\u2019absence d\u2019un syst\u00e8me rationalis\u00e9 de distribution des livres, les pr\u00e9occupations concernant les pratiques d\u2019\u00e9valuation par les pairs, les niveaux \u00e9lev\u00e9s d\u2019analphab\u00e9tisme parmi la classe moyenne marocaine et une partie de l\u2019intelligentsia, et les questions non r\u00e9solues concernant la langue d\u2019enseignement. Pour promouvoir l&rsquo;\u00e9dition scientifique, il est n\u00e9cessaire de placer les exigences de publication au c\u0153ur&nbsp; des parcours professionnels des chercheurs. Cela implique la mise en place de m\u00e9canismes d\u2019incitation, tels que des bourses et des prix, pour encourager la publication. En outre, les universit\u00e9s devraient publier en ligne les th\u00e8ses achev\u00e9es, ce qui serait b\u00e9n\u00e9fique pour les \u00e9tudiants. Une r\u00e9forme institutionnelle est \u00e9galement n\u00e9cessaire pour \u00e9radiquer la corruption et emp\u00eacher la cooptation qui entrave la nomination de personnes qualifi\u00e9es \u00e0 des postes de recherche. Dans un sens plus large, l\u2019objectif est de concevoir un nouvel \u00e9cosyst\u00e8me de recherche innovant qui att\u00e9nue la comp\u00e9tition excessive et favorise la collaboration entre chercheurs. Cela implique la cr\u00e9ation de nouveaux espaces et plateformes pour \u00e9largir les \u00e9changes intellectuels, en allant au-del\u00e0 des formats traditionnels tels que les s\u00e9minaires et les conf\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Abdulrazak, F. A. (1990). <em>The Kingdom of the Book: The History of Printing as an Agency of Change in Morocco between 1865 and 1912<\/em>. Boston University.<\/p>\n\n\n\n<p>Abrighach, M. (2023). <em>Edici\u00f3n y libro espa\u00f1ol en Marruecos. Breve perspectiva hist\u00f3rica (1860-2020)<\/em>. Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ayache, G. (1964). L\u2019apparition de l\u2019imprimerie au Maroc. <em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em>, IV, 143-161.<\/p>\n\n\n\n<p>CSEFRS, (2018). \u00c9valuation du cycle doctoral.<a href=\"https:\/\/www.csefrs.ma\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Rapport-the--mathique-.pdf\"> <\/a><a href=\"https:\/\/www.csefrs.ma\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Rapport-the--mathique-.pdf\">https:\/\/www.csefrs.ma\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Rapport-the&#8211;mathique-.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>CSEFRS, (2022). Rapport scientifique et technologique au Maroc.<a href=\"https:\/\/www.csefrs.ma\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Rapport-Recherche-S-au-Maroc-FR-VF.pdf\"> <\/a><a href=\"https:\/\/www.csefrs.ma\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Rapport-Recherche-S-au-Maroc-FR-VF.pdf\">https:\/\/www.csefrs.ma\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Rapport-Recherche-S-au-Maroc-FR-VF.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Fondation al Saoud. (2024). Report on the Publishing and Book Sector in Morocco in the fields of literature, humanities, and social sciences 2022-2023.<a href=\"http:\/\/www.fondation.org.ma\/assets\/upload\/art_694\/Rapport_anglais_2022-2023.PDF\"> <\/a><a href=\"http:\/\/www.fondation.org.ma\/assets\/upload\/art_694\/Rapport_anglais_2022-2023.PDF\">http:\/\/www.fondation.org.ma\/assets\/upload\/art_694\/Rapport_anglais_2022-2023.PDF<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Gozalbes Cravioto, E. (2007). Dos revistas espa\u00f1olas de investigaci\u00f3n en Tetu\u00e1n (1953-1983). <em>Miscel\u00e1nea de estuios \u00e1rabes y hebraicos. Secci\u00f3n \u00c1rabe-Islam<\/em>, <em>56<\/em>(2007).<\/p>\n\n\n\n<p>Hamdaoui, Y. (2021). Publishing Africa (Khalid Bensghir). Huma Podcasts. <a href=\"https:\/\/humapodcasts.podbean.com\/e\/french-podcast-episode-3-khalid-bensghir\/\">https:\/\/humapodcasts.podbean.com\/e\/french-podcast-episode-3-khalid-bensghir\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Hazelkorn, E. (2007). The impact of league tables and ranking systems on higher education decision-making. <em>Higher education management and policy<\/em>, <em>19<\/em>(2), 1-24.<\/p>\n\n\n\n<p>Janjar, M.-S. (2017). Enjeux des outils d\u2019\u00e9valuation de la production en sciences humaines et sociales au Maroc&nbsp;: le cas des usages de la bibliom\u00e9trie. <em>Dans<\/em> Colloque sur l\u2019\u00c9valuation de la recherche scientifique&nbsp;: enjeux et performances, organis\u00e9 par le Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation, de la formation et de la recherche scientifique, Rabat, 6-7 d\u00e9cembre 2017. <a href=\"https:\/\/colloque.csefrs.ma\/presentations\/Seance%201\/Mohamed%20Sghir%20JANJAR.pdf\">https:\/\/colloque.csefrs.ma\/presentations\/Seance%201\/Mohamed%20Sghir%20JANJAR.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Kleiche, M. (2000). <em>La recherche scientifique au Maroc<\/em>. IRD \u00c9ditions.<\/p>\n\n\n\n<p>Kleiche, M., &amp; Waast, R. (2008). <em>Le Maroc scientifique<\/em>. Publisud.<\/p>\n\n\n\n<p>Kraemer-Mbula, E., Tijssen, R., Wallace, M. L., &amp; McClean, R. (2020). <em>Transforming research excellence: New ideas from the Global South<\/em>. African Minds, p.&nbsp;296.<\/p>\n\n\n\n<p>Moatassime, A. (1978). La politique de l\u2019enseignement au Maroc de 1957 \u00e0 1977. <em>Maghreb-Machrek<\/em>, 1, 29-54.<\/p>\n\n\n\n<p>Sutz, J. (2020). Redefining the concept of excellence in research with development in mind. <em>Transforming Research Excellence<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Vermeren, P. (2022). L\u2019appareil \u00e9ducatif et les hommes (1956-1968). Dans P.&nbsp;Vermeren, <em>La formation des \u00e9lites marocaines et tunisiennes&nbsp;: Des nationalistes aux islamistes 1920-2000<\/em> (pp.&nbsp;220-247)<em>.<\/em> Institut de recherche sur le Maghreb contemporain. <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/irmc\/2786\">http:\/\/books.openedition.org\/irmc\/2786<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a><\/a><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Disponible \u00e0 l\u2019adresse suivante&nbsp;: <a href=\"http:\/\/www.fondation.org.ma\/assets\/upload\/art_694\/Rapport_Latin_2022-2023.pdf\">http:\/\/www.fondation.org.ma\/assets\/upload\/\/art_694\/Rapport_Latin_2022-2023.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en septembre 2021 avec Mohammed Sghir Janjar, via WhatsApp.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 le 3&nbsp;janvier 2022 avec la fondatrice de la maison d\u2019\u00e9dition marocaine En toutes lettres.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Universit\u00e9 Abdelmalek-Essaadi (T\u00e9touan), universit\u00e9 Hassan-II (Casablanca), universit\u00e9 Mohammed-V (Rabat).<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> Facult\u00e9 de droit, des sciences \u00e9conomiques et sociales (Marrakech), facult\u00e9 des langues, des arts et des lettres (Agadir), facult\u00e9 des arts et des lettres (Agadir).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Licence-master-doctorat.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> L\u2019objectif \u00e9tait de produire de nouvelles connaissances sur l\u2019\u00e9dition scientifique africaine, les \u00e9diteurs ind\u00e9pendants et la diffusion des r\u00e9sultats de la recherche. Le projet consid\u00e9rait la contribution des \u00e9diteurs au d\u00e9bat en cours sur la production de connaissances en Afrique comme une composante essentielle du d\u00e9veloppement durable et du changement. La recherche a cherch\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des donn\u00e9es empiriques sur l\u2019\u00e9dition et la diffusion de la recherche sur le continent africain, en collectant des donn\u00e9es par le biais d\u2019entretiens, de litt\u00e9rature grise, de podcasts et de s\u00e9minaires, afin de fournir des \u00e9l\u00e9ments permettant de repenser les politiques actuelles en mati\u00e8re d\u2019\u00e9dition.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec le coordinateur scientifique d\u2019<em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec le coordinateur scientifique d\u2019<em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec le coordinateur scientifique d\u2019<em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em>. \/ Le maghzen est \u00e0 la fois le gouvernement marocain et, par extension, l\u2019administration. Avant le protectorat, le maghzen \u00e9tait le nom du gouvernement du monarque marocain.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec le coordinateur scientifique d\u2019<em>Hesp\u00e9ris-Tamuda.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en juillet 2024 avec un membre de l\u2019Instance nationale d\u2019\u00e9valuation (INE).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;octobre 2021 avec un ancien pr\u00e9sident de l\u2019universit\u00e9 Hassan-I<sup>er<\/sup> de Settat via WhatsApp.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> Statistiques universitaires de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur universitaire public 2022-2023 disponible sur&nbsp;: https:\/\/www.enssup.gov.ma\/storage\/statistique\/2023\/Statistiques%20Universitaires-Enseignement%20Sup\u00e9rieur%20Universitaire%20Public%202022-2023.pdf<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> Statistiques de 2017.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec le coordinateur d\u2019<em>Hesp\u00e9ris-Tamuda<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec le directeur du <em>Relais<\/em> de la facult\u00e9 de lettres et des sciences humaines d\u2019El&nbsp;Jadida.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec le directeur du <em>Relais<\/em> de la facult\u00e9 de lettres et des sciences humaines d\u2019El&nbsp;Jadida.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> En 2002, une \u00e9tude \u00e9valuative r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Institut de recherche pour le d\u00e9veloppement (IRD) sur les sciences humaines et sociales au Maroc&nbsp;: regards sur la composition et la production. En 2007, une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par un expert de l\u2019IRD \u00e0 partir des donn\u00e9es de la Fondation du Roi Abdul-Aziz sur les sciences humaines et sociales au Maghreb&nbsp;: essai bibliom\u00e9trique. En 2009, une \u00e9tude sociologique de Mohamed Cherkaoui pour le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation nationale et de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur sur le statut des universitaires en sciences sociales et humaines et leur production intellectuelle.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec l\u2019ancien vice-pr\u00e9sident de la Fondation Al&nbsp;Saoud.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a> \u00c0 l\u2019exception de l\u2019\u00c9gypte qui a une tradition de publication scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec le directeur du <em>Relais<\/em> de la facult\u00e9 de lettres et des sciences humaines d\u2019El&nbsp;Jadida.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en janvier 2022 avec la fondatrice de la maison d\u2019\u00e9dition En toutes lettres.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en janvier 2022 avec la fondatrice de la maison d\u2019\u00e9dition En toutes lettres.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2021 avec un ancien pr\u00e9sident de l\u2019universit\u00e9 Hassan&nbsp;1<sup>er<\/sup> de Settat.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> L\u2019\u00e9quivalent d\u2019environ 93&nbsp;millions d\u2019euros. Donn\u00e9es extraites du rapport sectoriel sur la recherche scientifique et la technologie au Maroc. Analyse \u00e9valuative. Publi\u00e9 par le Conseil de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur et de la recherche scientifique, avril 2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> Entretien r\u00e9alis\u00e9 en janvier 2022 avec la fondatrice de la maison d\u2019\u00e9dition En toutes lettres.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4860,"template":"","meta":[],"series-categories":[1350],"cat-articles":[1015],"keywords":[1523,1496,1526,1522,1525,1524],"ppma_author":[448],"class_list":["post-25708","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-7","cat-articles-analyses-critiques","keywords-edition-scientifique","keywords-hesperis-tamuda","keywords-maroc","keywords-presses-universitaires","keywords-production-des-savoirs","keywords-recherche-scientifique","author-yousra-hamdaoui-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le paysage de l\u2019\u00e9dition scientifique au Maroc | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-7\/the-landscape-of-scholarly-publishing-in-morocco\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le paysage de l\u2019\u00e9dition scientifique au Maroc | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Le syst\u00e8me universitaire marocain a connu deux d\u00e9cennies de transformation, dans le cadre de ses efforts visant \u00e0 am\u00e9liorer sa capacit\u00e9 de recherche scientifique et \u00e0 s\u2019assurer que l\u2019impact \u00e9conomique et social de cette recherche profite \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 marocaine. Le Maroc compte 12&nbsp;universit\u00e9s publiques qui accueillent 1,3&nbsp;million d\u2019\u00e9tudiants, soutenus par 15&nbsp;880&nbsp;professeurs. En 2021, comme le note El Aroui (dans ce num\u00e9ro), les auteurs affili\u00e9s aux universit\u00e9s marocaines ont publi\u00e9 plus de 11&nbsp;000&nbsp;articles. Pourtant, les recherches bibliom\u00e9triques men\u00e9es par la Fondation Al Saoud, qui r\u00e9pertorie la litt\u00e9rature et les ouvrages en sciences humaines et sociales publi\u00e9s au Maroc, r\u00e9v\u00e8lent les contraintes auxquelles sont confront\u00e9s les presses universitaires et les \u00e9diteurs marocains travaillant dans ces domaines[1]. Selon son rapport&nbsp;2024 sur le secteur de l\u2019\u00e9dition et du livre, il n\u2019y a eu que 127&nbsp;publications de presses universitaires marocaines de 2022 \u00e0 2023, et seulement 191&nbsp;livres publi\u00e9s en sciences humaines et sociales (Fondation al Saoud, 2024). Seules trois revues scientifiques marocaines sont actuellement index\u00e9es dans Scopus. Selon Mohammed Sghir Janjar (2017), ancien vice-pr\u00e9sident ex\u00e9cutif de la fondation Al&nbsp;Saoud, \u00ab&nbsp;les universitaires marocains ont un faible taux de publication&nbsp;: 47,5&nbsp;% n\u2019ont publi\u00e9 qu\u2019un seul texte sur une p\u00e9riode de dix-sept ans, alors que moins de 5&nbsp;% ont publi\u00e9 plus de 17&nbsp;textes (soit un par an)&nbsp;\u00bb, souvent ce texte unique \u00e9tait soit leur th\u00e8se, soit un article scientifique, soit un article destin\u00e9 au grand public[2]. En effet, les presses universitaires sont confront\u00e9es \u00e0 des difficult\u00e9s de distribution et ont une exposition commerciale limit\u00e9e en dehors d\u2019\u00e9v\u00e9nements tels que le salon international du livre et de l\u2019\u00e9dition, o\u00f9 les universit\u00e9s peuvent pr\u00e9senter leurs publications[3]. Cette ann\u00e9e, trois universit\u00e9s[4] et trois facult\u00e9s[5] ont particip\u00e9 \u00e0 ce salon. L\u2019exploration de canaux de distribution alternatifs devient cruciale dans un march\u00e9 du livre difficile, en particulier pour les livres \u00e0 caract\u00e8re scientifique qui se heurtent aux r\u00e9seaux de distribution traditionnels. La fragilit\u00e9 du secteur de l\u2019\u00e9dition scientifique au Maroc est r\u00e9v\u00e9latrice des dysfonctionnements majeurs du syst\u00e8me de recherche scientifique du pays. Le Maroc n\u2019alloue que 0,75&nbsp;% de son PIB \u00e0 la recherche scientifique et \u00e0 l\u2019innovation, le secteur priv\u00e9 contribuant \u00e0 hauteur de moins de 0,22&nbsp;% du PIB. La question du financement n\u2019est pas la seule pi\u00e8ce manquante du puzzle. Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du Maroc, le r\u00f4le principal des universit\u00e9s n\u2019\u00e9tait pas de produire des connaissances scientifiques, mais plut\u00f4t de fournir \u00e0 l\u2019\u00c9tat les professionnels n\u00e9cessaires. Ce n\u2019est qu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;2000, avec l\u2019introduction du syst\u00e8me \u00ab&nbsp;LMD[6]&nbsp;\u00bb, issu du processus de Bologne, dans les universit\u00e9s marocaines, que l\u2019accent a \u00e9t\u00e9 mis sur la recherche scientifique. Malgr\u00e9 la prise de conscience de l\u2019importance de la recherche scientifique au Maroc, les universit\u00e9s marocaines ne figurent pas dans les classements mondiaux des universit\u00e9s. L\u2019importance croissante accord\u00e9e \u00e0 la recherche scientifique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale a conduit \u00e0 mettre l\u2019accent sur l\u2019excellence en mati\u00e8re de recherche, laquelle est principalement \u00e9valu\u00e9e au moyen des classements mondiaux des universit\u00e9s. Cela a conduit \u00e0 ce que Hazelkorn (2007) a appel\u00e9 une \u00ab&nbsp;obsession du gladiateur&nbsp;\u00bb concernant les positions occup\u00e9es par les universit\u00e9s dans ces classements (Sutz, 2020). La \u00ab&nbsp;dictature de l\u2019excellence&nbsp;\u00bb est amplifi\u00e9e par les syst\u00e8mes de classement internationaux qui \u00e9tablissent des comparaisons entre les universit\u00e9s, ainsi que par des indicateurs tels que la Webom\u00e9trie qui mesure la visibilit\u00e9 des universit\u00e9s et leur production scientifique. Ce syst\u00e8me scientifique global comptabilise la publication d\u2019articles scientifiques et leurs facteurs d\u2019impact deviennent les nouveaux d\u00e9terminants de l\u2019\u00e9conomie de l\u2019\u00e9dition scientifique (Kraemer-Mbula et al., 2020) Dans cet article, nous explorerons le paysage g\u00e9n\u00e9ral de la recherche au Maroc et, par extension, celui de l\u2019\u00e9dition scientifique. Pour ce faire, nous commencerons par l\u2019histoire de la recherche en sciences humaines dans le Maroc colonial et postcolonial, en mettant l\u2019accent sur l\u2019\u00e9volution d\u2019une revue d\u2019histoire influente&nbsp;: Hesp\u00e9ris-Tamuda. Ensuite, nous nous concentrerons sur les acteurs et les infrastructures de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me de l\u2019\u00e9dition contemporaine, avant de revenir sur les d\u00e9fis auxquels sont confront\u00e9s les chercheurs et les \u00e9diteurs. Les donn\u00e9es utilis\u00e9es pour cette analyse sont issues d\u2019un projet de recherche \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Renforcer l\u2019\u00e9tat de l\u2019\u00e9dition scientifique en Afrique&nbsp;\u00bb, men\u00e9 entre f\u00e9vrier&nbsp;2021 et juin&nbsp;2022 par l\u2019Institute for Humanities in Africa (HUMA) en collaboration avec le LASPAD de l\u2019universit\u00e9 Gaston Berger, avec le financement de l\u2019Open Society Foundations (OSF)[7]. Dans un premier temps, nous avons conduit 12&nbsp;entretiens semi-structur\u00e9s avec trois \u00e9diteurs, cinq r\u00e9dacteurs en chef de revues scientifiques et quatre d\u00e9cideurs politiques. Suivant le profil de la personne interrog\u00e9e, les questions pos\u00e9es portaient sur les points suivants&nbsp;: financement de la recherche et de l\u2019\u00e9dition, m\u00e9canismes de contr\u00f4le de la qualit\u00e9 des revues (parties prenantes et proc\u00e9dures), \u00e9dition num\u00e9rique, libre acc\u00e8s, presses universitaires, gouvernance de la recherche scientifique, et d\u00e9fis rencontr\u00e9s par chaque partie prenante dans son secteur. Dans un second temps, les donn\u00e9es de la litt\u00e9rature grise portant sur l\u2019\u00e9dition scientifique et l\u2019industrie de l\u2019\u00e9dition au Maroc ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es. Il s\u2019agit notamment de rapports de la Fondation du roi Abdul-Aziz Al&nbsp;Saoud de Casablanca sur l\u2019\u00e9dition et les livres au Maroc, qui d\u00e9taillent les contributions marocaines dans les domaines des sciences humaines, des sciences sociales et de la litt\u00e9rature \u00e0 partir des bases de donn\u00e9es de la Fondation. En outre, nous nous sommes appuy\u00e9s sur les r\u00e9sultats de deux \u00e9tudes d\u2019\u00e9valuation men\u00e9es par le Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS)&nbsp;: l\u2019une publi\u00e9e en 2022, qui \u00e9value la recherche scientifique et technologique au Maroc, et l\u2019autre publi\u00e9e en 2018, qui examine le cycle de doctorat dans le pays. Ces diverses sources fournissent une vue d\u2019ensemble du paysage de la recherche et de l\u2019\u00e9dition au Maroc, mettant en lumi\u00e8re \u00e0 la fois ses r\u00e9alisations et les d\u00e9fis qui l\u2019attendent. L\u2019histoire de l\u2019\u00e9dition et de la recherche au Maroc La production de livres dans le Maroc pr\u00e9colonial, avant l\u2019arriv\u00e9e de la technologie de l\u2019imprimerie, reposait sur les manuscrits cr\u00e9\u00e9s par les scribes et les savants. \u00c0&nbsp;partir de 1864, le gouvernement marocain a affirm\u00e9 son contr\u00f4le sur l\u2019imprimerie, comprenant son importance en tant qu\u2019outil au service des objectifs politiques et religieux des sultans (Abdulrazak,\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-7\/the-landscape-of-scholarly-publishing-in-morocco\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Global Africa\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-04-30T11:59:14+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" 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Le Maroc compte 12&nbsp;universit\u00e9s publiques qui accueillent 1,3&nbsp;million d\u2019\u00e9tudiants, soutenus par 15&nbsp;880&nbsp;professeurs. En 2021, comme le note El Aroui (dans ce num\u00e9ro), les auteurs affili\u00e9s aux universit\u00e9s marocaines ont publi\u00e9 plus de 11&nbsp;000&nbsp;articles. Pourtant, les recherches bibliom\u00e9triques men\u00e9es par la Fondation Al Saoud, qui r\u00e9pertorie la litt\u00e9rature et les ouvrages en sciences humaines et sociales publi\u00e9s au Maroc, r\u00e9v\u00e8lent les contraintes auxquelles sont confront\u00e9s les presses universitaires et les \u00e9diteurs marocains travaillant dans ces domaines[1]. Selon son rapport&nbsp;2024 sur le secteur de l\u2019\u00e9dition et du livre, il n\u2019y a eu que 127&nbsp;publications de presses universitaires marocaines de 2022 \u00e0 2023, et seulement 191&nbsp;livres publi\u00e9s en sciences humaines et sociales (Fondation al Saoud, 2024). Seules trois revues scientifiques marocaines sont actuellement index\u00e9es dans Scopus. Selon Mohammed Sghir Janjar (2017), ancien vice-pr\u00e9sident ex\u00e9cutif de la fondation Al&nbsp;Saoud, \u00ab&nbsp;les universitaires marocains ont un faible taux de publication&nbsp;: 47,5&nbsp;% n\u2019ont publi\u00e9 qu\u2019un seul texte sur une p\u00e9riode de dix-sept ans, alors que moins de 5&nbsp;% ont publi\u00e9 plus de 17&nbsp;textes (soit un par an)&nbsp;\u00bb, souvent ce texte unique \u00e9tait soit leur th\u00e8se, soit un article scientifique, soit un article destin\u00e9 au grand public[2]. En effet, les presses universitaires sont confront\u00e9es \u00e0 des difficult\u00e9s de distribution et ont une exposition commerciale limit\u00e9e en dehors d\u2019\u00e9v\u00e9nements tels que le salon international du livre et de l\u2019\u00e9dition, o\u00f9 les universit\u00e9s peuvent pr\u00e9senter leurs publications[3]. Cette ann\u00e9e, trois universit\u00e9s[4] et trois facult\u00e9s[5] ont particip\u00e9 \u00e0 ce salon. L\u2019exploration de canaux de distribution alternatifs devient cruciale dans un march\u00e9 du livre difficile, en particulier pour les livres \u00e0 caract\u00e8re scientifique qui se heurtent aux r\u00e9seaux de distribution traditionnels. La fragilit\u00e9 du secteur de l\u2019\u00e9dition scientifique au Maroc est r\u00e9v\u00e9latrice des dysfonctionnements majeurs du syst\u00e8me de recherche scientifique du pays. Le Maroc n\u2019alloue que 0,75&nbsp;% de son PIB \u00e0 la recherche scientifique et \u00e0 l\u2019innovation, le secteur priv\u00e9 contribuant \u00e0 hauteur de moins de 0,22&nbsp;% du PIB. La question du financement n\u2019est pas la seule pi\u00e8ce manquante du puzzle. 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L\u2019histoire de l\u2019\u00e9dition et de la recherche au Maroc La production de livres dans le Maroc pr\u00e9colonial, avant l\u2019arriv\u00e9e de la technologie de l\u2019imprimerie, reposait sur les manuscrits cr\u00e9\u00e9s par les scribes et les savants. \u00c0&nbsp;partir de 1864, le gouvernement marocain a affirm\u00e9 son contr\u00f4le sur l\u2019imprimerie, comprenant son importance en tant qu\u2019outil au service des objectifs politiques et religieux des sultans (Abdulrazak,","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-7\/the-landscape-of-scholarly-publishing-in-morocco\/","og_site_name":"Global 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