{"id":25588,"date":"2025-03-20T02:47:31","date_gmt":"2025-03-20T02:47:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/image-as-memory-a-visual-testimony-from-a-drc-in-crisis\/"},"modified":"2026-04-29T11:25:26","modified_gmt":"2026-04-29T11:25:26","slug":"image-as-memory-a-visual-testimony-from-a-drc-in-crisis","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/image-as-memory-a-visual-testimony-from-a-drc-in-crisis\/","title":{"rendered":"L&rsquo;image comme m\u00e9moire : t\u00e9moignages visuels d&rsquo;un Congo en crise"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Qui est Pamela Tulizo, et quel est votre parcours artistique&nbsp;?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Je suis Pamela Tulizo, photographe documentariste sp\u00e9cialis\u00e9e dans la mise en sc\u00e8ne. Depuis environ cinq \u00e0 six ans, j&rsquo;exerce en tant que photographe professionnelle, bas\u00e9e \u00e0 Goma, dans l&rsquo;Est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, o\u00f9 ma carri\u00e8re a commenc\u00e9. Mon parcours a d\u00e9but\u00e9 dans le journalisme, mais j&rsquo;ai rapidement ressenti les limites li\u00e9es aux contraintes \u00e9ditoriales qui pr\u00e9valent dans les r\u00e9dactions. Ces restrictions m&#8217;emp\u00eachaient d&rsquo;explorer certains sujets avec la libert\u00e9 que je souhaitais, soulevant en moi un questionnement essentiel : comment puis-je exprimer mes id\u00e9es de mani\u00e8re authentique sans \u00eatre entrav\u00e9e par un cadre rigide ?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que je me suis orient\u00e9e vers la photographie. Ayant d\u00e9j\u00e0 une certaine familiarit\u00e9 avec l\u2019appareil photo, cette transition m\u2019est apparue comme une \u00e9vidence. Cependant, \u00e0 Goma, il n\u2019existait ni \u00e9cole de photographie ni acad\u00e9mie des beaux-arts, comme \u00e0 Kinshasa ou Lubumbashi. De plus, il n\u2019y avait quasiment pas de femmes photographes documentaristes pour me guider. En tant que femme ayant grandi \u00e0 Goma, j\u2019ai toujours su que les femmes de ma ville poss\u00e8dent une force et une r\u00e9silience remarquables. Pourtant, cette facette essentielle de leur existence restait largement ignor\u00e9e. Aucune documentation ne mettait en lumi\u00e8re leur engagement dans l\u2019\u00e9conomie, leur r\u00f4le dans le d\u00e9veloppement ou leur implication dans la sph\u00e8re familiale et \u00e9ducative. C\u2019est ce constat qui a motiv\u00e9 mon engagement : je voulais \u00eatre l\u2019ambassadrice de ces femmes, raconter leur histoire et mettre en avant leur pouvoir et leur beaut\u00e9 \u00e0 travers mon objectif. Lorsque j\u2019ai pris la d\u00e9cision de devenir photographe, j\u2019ai d\u00fb en informer ma famille. Mon p\u00e8re s\u2019y est fermement oppos\u00e9, consid\u00e9rant ce m\u00e9tier comme r\u00e9serv\u00e9 aux hommes. Selon lui, en tant que femme, mon avenir devait se limiter au mariage et \u00e0 la maternit\u00e9. Ce moment a marqu\u00e9 un tournant d\u00e9cisif dans ma vie et dans ma carri\u00e8re. Ses paroles ont suscit\u00e9 en moi une multitude de r\u00e9flexions : quelle est ma place dans la soci\u00e9t\u00e9 ? Mon r\u00f4le est-il d\u00e9fini d\u2019avance par les normes culturelles et sociales ? J\u2019ai compris que si mon p\u00e8re pensait ainsi, d\u2019autres femmes de ma g\u00e9n\u00e9ration vivaient probablement des situations similaires, r\u00eavant d\u2019un avenir diff\u00e9rent mais se heurtant aux m\u00eames barri\u00e8res. Face \u00e0 cet ultimatum \u2014 choisir entre la photographie et ma famille \u2014, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de pers\u00e9v\u00e9rer malgr\u00e9 tout. Pendant pr\u00e8s de deux ans, cette d\u00e9cision a provoqu\u00e9 des tensions familiales. Heureusement, ma m\u00e8re m\u2019a discr\u00e8tement soutenue, me couvrant chaque fois que je devais assister \u00e0 une formation ou \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement li\u00e9 \u00e0 la photographie. Pour financer mes \u00e9tudes, j\u2019ai multipli\u00e9 les prestations : mariages, anniversaires, tout ce qui pouvait m\u2019apporter un revenu et me permettre d\u2019avancer. Cet \u00e9pisode de ma vie a profond\u00e9ment influenc\u00e9 ma d\u00e9marche artistique. Aujourd\u2019hui, tout de mon travail repose sur l\u2019exploration de l\u2019identit\u00e9 f\u00e9minine, du r\u00f4le et de la place des femmes dans les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines et ancestrales. \u00c0 travers mes photographies, je traite des droits des femmes, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, du d\u00e9veloppement et de l\u2019\u00e9volution de la condition f\u00e9minine. Mon approche se distingue par une valorisation de la force, de la beaut\u00e9 et du pouvoir des femmes africaines, transcendant les g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Je m&rsquo;int\u00e9resse aux figures f\u00e9minines qui ont fa\u00e7onn\u00e9 l&rsquo;histoire et l&rsquo;identit\u00e9 des femmes africaines. Suite \u00e0 cela, j&rsquo;ai poursuivi des \u00e9tudes de photographie au <a href=\"https:\/\/marketphotoworkshop.co.za\/\">Market Photo Workshop en Afrique du Sud<\/a>. Cette formation a \u00e9t\u00e9 un tournant dans ma d\u00e9marche artistique ; elle ne l&rsquo;a pas transform\u00e9e, mais l&rsquo;a plut\u00f4t affin\u00e9e. Avant cette formation, mon travail documentaire se concentrait principalement sur des portraits ou des images dans la rue.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, au fil du temps, j\u2019ai pris conscience d\u2019un manque dans ma narration. Il y avait des \u00e9l\u00e9ments essentiels que je ne parvenais pas \u00e0 retranscrire uniquement \u00e0 travers la photographie documentaire. Une force, une pr\u00e9sence, un pouvoir se d\u00e9gageaient de mes sujets, mais ils \u00e9chappaient souvent \u00e0 l\u2019image brute. C\u2019est ainsi que j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9 la mise en sc\u00e8ne dans mon approche artistique. Elle me permet de fa\u00e7onner mon r\u00e9cit selon ma vision, d\u2019y insuffler de la beaut\u00e9, de la couleur et de composer des sc\u00e8nes qui renforcent le message que je souhaite transmettre.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, je consid\u00e8re mon art comme un film, mais sa narration se d\u00e9cline en images fixes. Je commence toujours avec une question ou un enjeu, puis je recueille des t\u00e9moignages et des r\u00e9cits. Ces histoires, je les r\u00e9interpr\u00e8te \u00e0 travers ma photographie, chaque image acqu\u00e9rant ainsi une profondeur symbolique et narrative.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019Est du Congo est \u00e0 nouveau plong\u00e9 dans la guerre. Comment vivez-vous ce \u00e9ni\u00e8me drame en tant que Congolaise ? Quel r\u00f4le une artiste peut-elle jouer face \u00e0 l\u2019horreur ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Je suis artiste, je suis photographe, et c\u2019est tout ce que je peux offrir au monde. La situation actuelle \u00e0 Goma est effroyable, particuli\u00e8rement pour les femmes. Lorsqu\u2019un conflit \u00e9clate, elles sont les premi\u00e8res victimes, la violence sexuelle \u00e9tant utilis\u00e9e comme une arme de guerre. Les femmes et les jeunes filles subissent des souffrances multiples : elles sont non seulement instrumentalis\u00e9es dans le conflit, mais elles doivent aussi faire face \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, aux d\u00e9placements forc\u00e9s, aux massacres, \u00e0 la pauvret\u00e9 et aux maladies. Elles sont donc accabl\u00e9es par un traumatisme profond, aliment\u00e9 par l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 et la brutalit\u00e9 de ces \u00e9v\u00e9nements. J\u2019\u00e9tais \u00e0 Goma lorsque les violences ont \u00e9clat\u00e9, et pour la premi\u00e8re fois, la guerre a v\u00e9ritablement atteint le c\u0153ur de la ville. Ce n\u2019\u00e9taient plus seulement des affrontements en p\u00e9riph\u00e9rie ou \u00e0 quelques kilom\u00e8tres : les combats \u00e9taient ici, dans les rues de Goma. C\u2019\u00e9tait une r\u00e9alit\u00e9 indescriptible, une horreur v\u00e9cue au quotidien. J\u2019ai vu une fillette de deux ans profond\u00e9ment traumatis\u00e9e, et moi-m\u00eame, j\u2019\u00e9tais boulevers\u00e9e par les bombardements, les assassinats et la peur omnipr\u00e9sente. En tant qu\u2019artiste, mon r\u00f4le est de documenter cette trag\u00e9die \u00e0 ma mani\u00e8re. Certes, les journalistes r\u00e9alisent d\u00e9j\u00e0 un travail de terrain, mais pour la premi\u00e8re fois, j\u2019ai eu le sentiment que la presse internationale ne montrait pas toute l\u2019ampleur du drame. D\u2019ordinaire, je fais partie de ceux qui d\u00e9noncent l\u2019image n\u00e9gative v\u00e9hicul\u00e9e sur Goma \u00e0 travers les m\u00e9dias. Mais cette fois, ce n\u2019\u00e9tait pas une question de mauvaise repr\u00e9sentation : c\u2019\u00e9tait un silence assourdissant. Face \u00e0 cette situation, tout ce que je peux faire, c\u2019est t\u00e9moigner. Je veux d\u00e9noncer et raconter \u00e0 travers mon art. Ce travail para\u00eetra bient\u00f4t : une s\u00e9rie photographique inspir\u00e9e de ce que j\u2019ai vu, entendu et ressenti. Transformer ces t\u00e9moignages en images est ma mani\u00e8re de participer, de donner une voix \u00e0 celles qui souffrent et de ne pas laisser cette histoire sombrer dans l\u2019oubli.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Retrouvez l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de cette interview sur notre site<\/em><\/strong>.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":25587,"template":"","meta":[],"series-categories":[1348],"cat-articles":[1006],"keywords":[],"ppma_author":[429],"class_list":["post-25588","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-9","cat-articles-fil-iconographique","author-pamela-tulizo-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>L&#039;image comme m\u00e9moire : t\u00e9moignages visuels d&#039;un Congo en crise | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/image-as-memory-a-visual-testimony-from-a-drc-in-crisis\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L&#039;image comme m\u00e9moire : t\u00e9moignages visuels d&#039;un Congo en crise | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Qui est Pamela Tulizo, et quel est votre parcours artistique&nbsp;? 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Ayant d\u00e9j\u00e0 une certaine familiarit\u00e9 avec l\u2019appareil photo, cette transition m\u2019est apparue comme une \u00e9vidence. Cependant, \u00e0 Goma, il n\u2019existait ni \u00e9cole de photographie ni acad\u00e9mie des beaux-arts, comme \u00e0 Kinshasa ou Lubumbashi. De plus, il n\u2019y avait quasiment pas de femmes photographes documentaristes pour me guider. En tant que femme ayant grandi \u00e0 Goma, j\u2019ai toujours su que les femmes de ma ville poss\u00e8dent une force et une r\u00e9silience remarquables. Pourtant, cette facette essentielle de leur existence restait largement ignor\u00e9e. Aucune documentation ne mettait en lumi\u00e8re leur engagement dans l\u2019\u00e9conomie, leur r\u00f4le dans le d\u00e9veloppement ou leur implication dans la sph\u00e8re familiale et \u00e9ducative. C\u2019est ce constat qui a motiv\u00e9 mon engagement : je voulais \u00eatre l\u2019ambassadrice de ces femmes, raconter leur histoire et mettre en avant leur pouvoir et leur beaut\u00e9 \u00e0 travers mon objectif. Lorsque j\u2019ai pris la d\u00e9cision de devenir photographe, j\u2019ai d\u00fb en informer ma famille. Mon p\u00e8re s\u2019y est fermement oppos\u00e9, consid\u00e9rant ce m\u00e9tier comme r\u00e9serv\u00e9 aux hommes. Selon lui, en tant que femme, mon avenir devait se limiter au mariage et \u00e0 la maternit\u00e9. Ce moment a marqu\u00e9 un tournant d\u00e9cisif dans ma vie et dans ma carri\u00e8re. Ses paroles ont suscit\u00e9 en moi une multitude de r\u00e9flexions : quelle est ma place dans la soci\u00e9t\u00e9 ? Mon r\u00f4le est-il d\u00e9fini d\u2019avance par les normes culturelles et sociales ? J\u2019ai compris que si mon p\u00e8re pensait ainsi, d\u2019autres femmes de ma g\u00e9n\u00e9ration vivaient probablement des situations similaires, r\u00eavant d\u2019un avenir diff\u00e9rent mais se heurtant aux m\u00eames barri\u00e8res. Face \u00e0 cet ultimatum \u2014 choisir entre la photographie et ma famille \u2014, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de pers\u00e9v\u00e9rer malgr\u00e9 tout. Pendant pr\u00e8s de deux ans, cette d\u00e9cision a provoqu\u00e9 des tensions familiales. Heureusement, ma m\u00e8re m\u2019a discr\u00e8tement soutenue, me couvrant chaque fois que je devais assister \u00e0 une formation ou \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement li\u00e9 \u00e0 la photographie. Pour financer mes \u00e9tudes, j\u2019ai multipli\u00e9 les prestations : mariages, anniversaires, tout ce qui pouvait m\u2019apporter un revenu et me permettre d\u2019avancer. Cet \u00e9pisode de ma vie a profond\u00e9ment influenc\u00e9 ma d\u00e9marche artistique. Aujourd\u2019hui, tout de mon travail repose sur l\u2019exploration de l\u2019identit\u00e9 f\u00e9minine, du r\u00f4le et de la place des femmes dans les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines et ancestrales. \u00c0 travers mes photographies, je traite des droits des femmes, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, du d\u00e9veloppement et de l\u2019\u00e9volution de la condition f\u00e9minine. Mon approche se distingue par une valorisation de la force, de la beaut\u00e9 et du pouvoir des femmes africaines, transcendant les g\u00e9n\u00e9rations. Je m&rsquo;int\u00e9resse aux figures f\u00e9minines qui ont fa\u00e7onn\u00e9 l&rsquo;histoire et l&rsquo;identit\u00e9 des femmes africaines. Suite \u00e0 cela, j&rsquo;ai poursuivi des \u00e9tudes de photographie au Market Photo Workshop en Afrique du Sud. Cette formation a \u00e9t\u00e9 un tournant dans ma d\u00e9marche artistique ; elle ne l&rsquo;a pas transform\u00e9e, mais l&rsquo;a plut\u00f4t affin\u00e9e. Avant cette formation, mon travail documentaire se concentrait principalement sur des portraits ou des images dans la rue. Cependant, au fil du temps, j\u2019ai pris conscience d\u2019un manque dans ma narration. Il y avait des \u00e9l\u00e9ments essentiels que je ne parvenais pas \u00e0 retranscrire uniquement \u00e0 travers la photographie documentaire. Une force, une pr\u00e9sence, un pouvoir se d\u00e9gageaient de mes sujets, mais ils \u00e9chappaient souvent \u00e0 l\u2019image brute. C\u2019est ainsi que j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9 la mise en sc\u00e8ne dans mon approche artistique. Elle me permet de fa\u00e7onner mon r\u00e9cit selon ma vision, d\u2019y insuffler de la beaut\u00e9, de la couleur et de composer des sc\u00e8nes qui renforcent le message que je souhaite transmettre. Aujourd&rsquo;hui, je consid\u00e8re mon art comme un film, mais sa narration se d\u00e9cline en images fixes. Je commence toujours avec une question ou un enjeu, puis je recueille des t\u00e9moignages et des r\u00e9cits. Ces histoires, je les r\u00e9interpr\u00e8te \u00e0 travers ma photographie, chaque image acqu\u00e9rant ainsi une profondeur symbolique et narrative. L\u2019Est du Congo est \u00e0 nouveau plong\u00e9 dans la guerre. Comment vivez-vous ce \u00e9ni\u00e8me drame en tant que Congolaise ? Quel r\u00f4le une artiste peut-elle jouer face \u00e0 l\u2019horreur ? Je suis artiste, je suis photographe, et c\u2019est tout ce que je peux offrir au monde. La situation actuelle \u00e0 Goma est effroyable, particuli\u00e8rement pour les femmes. Lorsqu\u2019un conflit \u00e9clate, elles sont les premi\u00e8res victimes, la violence sexuelle \u00e9tant utilis\u00e9e comme une arme de guerre. Les femmes et les jeunes filles subissent des souffrances multiples : elles sont non seulement instrumentalis\u00e9es dans le conflit, mais elles doivent aussi faire face \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, aux d\u00e9placements forc\u00e9s, aux massacres, \u00e0 la pauvret\u00e9 et aux maladies. Elles sont donc accabl\u00e9es par un traumatisme profond, aliment\u00e9 par l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 et la brutalit\u00e9 de ces \u00e9v\u00e9nements. J\u2019\u00e9tais \u00e0 Goma lorsque les violences ont \u00e9clat\u00e9, et pour la premi\u00e8re fois, la guerre a v\u00e9ritablement atteint le c\u0153ur de la ville. Ce n\u2019\u00e9taient plus seulement des affrontements en p\u00e9riph\u00e9rie ou \u00e0 quelques kilom\u00e8tres : les combats \u00e9taient ici, dans les rues de Goma. C\u2019\u00e9tait une r\u00e9alit\u00e9 indescriptible, une horreur v\u00e9cue au quotidien. 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Je suis Pamela Tulizo, photographe documentariste sp\u00e9cialis\u00e9e dans la mise en sc\u00e8ne. Depuis environ cinq \u00e0 six ans, j&rsquo;exerce en tant que photographe professionnelle, bas\u00e9e \u00e0 Goma, dans l&rsquo;Est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, o\u00f9 ma carri\u00e8re a commenc\u00e9. Mon parcours a d\u00e9but\u00e9 dans le journalisme, mais j&rsquo;ai rapidement ressenti les limites li\u00e9es aux contraintes \u00e9ditoriales qui pr\u00e9valent dans les r\u00e9dactions. Ces restrictions m&#8217;emp\u00eachaient d&rsquo;explorer certains sujets avec la libert\u00e9 que je souhaitais, soulevant en moi un questionnement essentiel : comment puis-je exprimer mes id\u00e9es de mani\u00e8re authentique sans \u00eatre entrav\u00e9e par un cadre rigide ? C\u2019est ainsi que je me suis orient\u00e9e vers la photographie. Ayant d\u00e9j\u00e0 une certaine familiarit\u00e9 avec l\u2019appareil photo, cette transition m\u2019est apparue comme une \u00e9vidence. Cependant, \u00e0 Goma, il n\u2019existait ni \u00e9cole de photographie ni acad\u00e9mie des beaux-arts, comme \u00e0 Kinshasa ou Lubumbashi. De plus, il n\u2019y avait quasiment pas de femmes photographes documentaristes pour me guider. En tant que femme ayant grandi \u00e0 Goma, j\u2019ai toujours su que les femmes de ma ville poss\u00e8dent une force et une r\u00e9silience remarquables. Pourtant, cette facette essentielle de leur existence restait largement ignor\u00e9e. Aucune documentation ne mettait en lumi\u00e8re leur engagement dans l\u2019\u00e9conomie, leur r\u00f4le dans le d\u00e9veloppement ou leur implication dans la sph\u00e8re familiale et \u00e9ducative. C\u2019est ce constat qui a motiv\u00e9 mon engagement : je voulais \u00eatre l\u2019ambassadrice de ces femmes, raconter leur histoire et mettre en avant leur pouvoir et leur beaut\u00e9 \u00e0 travers mon objectif. Lorsque j\u2019ai pris la d\u00e9cision de devenir photographe, j\u2019ai d\u00fb en informer ma famille. Mon p\u00e8re s\u2019y est fermement oppos\u00e9, consid\u00e9rant ce m\u00e9tier comme r\u00e9serv\u00e9 aux hommes. Selon lui, en tant que femme, mon avenir devait se limiter au mariage et \u00e0 la maternit\u00e9. Ce moment a marqu\u00e9 un tournant d\u00e9cisif dans ma vie et dans ma carri\u00e8re. Ses paroles ont suscit\u00e9 en moi une multitude de r\u00e9flexions : quelle est ma place dans la soci\u00e9t\u00e9 ? Mon r\u00f4le est-il d\u00e9fini d\u2019avance par les normes culturelles et sociales ? J\u2019ai compris que si mon p\u00e8re pensait ainsi, d\u2019autres femmes de ma g\u00e9n\u00e9ration vivaient probablement des situations similaires, r\u00eavant d\u2019un avenir diff\u00e9rent mais se heurtant aux m\u00eames barri\u00e8res. Face \u00e0 cet ultimatum \u2014 choisir entre la photographie et ma famille \u2014, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de pers\u00e9v\u00e9rer malgr\u00e9 tout. Pendant pr\u00e8s de deux ans, cette d\u00e9cision a provoqu\u00e9 des tensions familiales. Heureusement, ma m\u00e8re m\u2019a discr\u00e8tement soutenue, me couvrant chaque fois que je devais assister \u00e0 une formation ou \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement li\u00e9 \u00e0 la photographie. Pour financer mes \u00e9tudes, j\u2019ai multipli\u00e9 les prestations : mariages, anniversaires, tout ce qui pouvait m\u2019apporter un revenu et me permettre d\u2019avancer. Cet \u00e9pisode de ma vie a profond\u00e9ment influenc\u00e9 ma d\u00e9marche artistique. Aujourd\u2019hui, tout de mon travail repose sur l\u2019exploration de l\u2019identit\u00e9 f\u00e9minine, du r\u00f4le et de la place des femmes dans les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines et ancestrales. \u00c0 travers mes photographies, je traite des droits des femmes, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, du d\u00e9veloppement et de l\u2019\u00e9volution de la condition f\u00e9minine. Mon approche se distingue par une valorisation de la force, de la beaut\u00e9 et du pouvoir des femmes africaines, transcendant les g\u00e9n\u00e9rations. Je m&rsquo;int\u00e9resse aux figures f\u00e9minines qui ont fa\u00e7onn\u00e9 l&rsquo;histoire et l&rsquo;identit\u00e9 des femmes africaines. Suite \u00e0 cela, j&rsquo;ai poursuivi des \u00e9tudes de photographie au Market Photo Workshop en Afrique du Sud. Cette formation a \u00e9t\u00e9 un tournant dans ma d\u00e9marche artistique ; elle ne l&rsquo;a pas transform\u00e9e, mais l&rsquo;a plut\u00f4t affin\u00e9e. Avant cette formation, mon travail documentaire se concentrait principalement sur des portraits ou des images dans la rue. Cependant, au fil du temps, j\u2019ai pris conscience d\u2019un manque dans ma narration. Il y avait des \u00e9l\u00e9ments essentiels que je ne parvenais pas \u00e0 retranscrire uniquement \u00e0 travers la photographie documentaire. Une force, une pr\u00e9sence, un pouvoir se d\u00e9gageaient de mes sujets, mais ils \u00e9chappaient souvent \u00e0 l\u2019image brute. C\u2019est ainsi que j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9 la mise en sc\u00e8ne dans mon approche artistique. Elle me permet de fa\u00e7onner mon r\u00e9cit selon ma vision, d\u2019y insuffler de la beaut\u00e9, de la couleur et de composer des sc\u00e8nes qui renforcent le message que je souhaite transmettre. Aujourd&rsquo;hui, je consid\u00e8re mon art comme un film, mais sa narration se d\u00e9cline en images fixes. Je commence toujours avec une question ou un enjeu, puis je recueille des t\u00e9moignages et des r\u00e9cits. Ces histoires, je les r\u00e9interpr\u00e8te \u00e0 travers ma photographie, chaque image acqu\u00e9rant ainsi une profondeur symbolique et narrative. L\u2019Est du Congo est \u00e0 nouveau plong\u00e9 dans la guerre. Comment vivez-vous ce \u00e9ni\u00e8me drame en tant que Congolaise ? Quel r\u00f4le une artiste peut-elle jouer face \u00e0 l\u2019horreur ? Je suis artiste, je suis photographe, et c\u2019est tout ce que je peux offrir au monde. La situation actuelle \u00e0 Goma est effroyable, particuli\u00e8rement pour les femmes. Lorsqu\u2019un conflit \u00e9clate, elles sont les premi\u00e8res victimes, la violence sexuelle \u00e9tant utilis\u00e9e comme une arme de guerre. Les femmes et les jeunes filles subissent des souffrances multiples : elles sont non seulement instrumentalis\u00e9es dans le conflit, mais elles doivent aussi faire face \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, aux d\u00e9placements forc\u00e9s, aux massacres, \u00e0 la pauvret\u00e9 et aux maladies. Elles sont donc accabl\u00e9es par un traumatisme profond, aliment\u00e9 par l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 et la brutalit\u00e9 de ces \u00e9v\u00e9nements. J\u2019\u00e9tais \u00e0 Goma lorsque les violences ont \u00e9clat\u00e9, et pour la premi\u00e8re fois, la guerre a v\u00e9ritablement atteint le c\u0153ur de la ville. Ce n\u2019\u00e9taient plus seulement des affrontements en p\u00e9riph\u00e9rie ou \u00e0 quelques kilom\u00e8tres : les combats \u00e9taient ici, dans les rues de Goma. C\u2019\u00e9tait une r\u00e9alit\u00e9 indescriptible, une horreur v\u00e9cue au quotidien. J\u2019ai vu une fillette de deux ans profond\u00e9ment traumatis\u00e9e, et moi-m\u00eame, j\u2019\u00e9tais boulevers\u00e9e par les bombardements, les assassinats et la peur omnipr\u00e9sente. En tant qu\u2019artiste, mon r\u00f4le est de documenter cette trag\u00e9die \u00e0 ma mani\u00e8re. Certes, les journalistes r\u00e9alisent d\u00e9j\u00e0 un travail de terrain, mais pour la premi\u00e8re fois, j\u2019ai eu le sentiment que la presse internationale ne montrait pas toute l\u2019ampleur du drame. 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