{"id":25576,"date":"2025-03-20T04:33:20","date_gmt":"2025-03-20T04:33:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/women-in-climate-change-adaptation-insights-from-an-indigenous-pastoralist-community-in-the-north-west-region-cameroon\/"},"modified":"2026-04-29T10:11:05","modified_gmt":"2026-04-29T10:11:05","slug":"women-in-climate-change-adaptation-insights-from-an-indigenous-pastoralist-community-in-the-north-west-region-cameroon","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/women-in-climate-change-adaptation-insights-from-an-indigenous-pastoralist-community-in-the-north-west-region-cameroon\/","title":{"rendered":"L\u2019adaptation des femmes mbororo au changement climatique : Exp\u00e9riences d\u2019une communaut\u00e9 pastorale dans la r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Contexte et justification<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>La variabilit\u00e9 et le changement climatiques constituent l\u2019un des enjeux globaux les plus difficiles \u00e0 r\u00e9soudre aujourd\u2019hui. Aborder efficacement les questions d\u2019adaptation et d\u2019att\u00e9nuation est devenu une priorit\u00e9 mondiale. Les impacts du changement climatique ont partie li\u00e9e avec le genre car les hommes et les femmes sont confront\u00e9s \u00e0 des vuln\u00e9rabilit\u00e9s diff\u00e9rentes en raison d\u2019in\u00e9galit\u00e9s telles que l\u2019acc\u00e8s aux ressources et la participation \u00e0 la prise de d\u00e9cision. Ces in\u00e9galit\u00e9s et discriminations r\u00e9duisent la capacit\u00e9 des femmes \u00e0 s\u2019adapter et \u00e0 att\u00e9nuer les effets du changement climatique (Carvarjal Escobar et al., 2008, p.&nbsp;278&nbsp;; Chingarande et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;34&nbsp;; Nwamaka et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;4). Des \u00e9tudes ont \u00e9galement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les femmes autochtones sont tr\u00e8s expos\u00e9es aux al\u00e9as climatiques en raison de leur lien inextricable avec la nature et de leurs strat\u00e9gies d\u2019adaptation limit\u00e9es (Tantoh et&nbsp;al., 2022). Selon le GIEC (2014, p.&nbsp;5), les segments les plus pauvres de la soci\u00e9t\u00e9 sont les plus vuln\u00e9rables au changement climatique, la pauvret\u00e9 \u00e9tant un d\u00e9terminant cl\u00e9 de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 pour plusieurs raisons. D\u2019une part elle restreint l\u2019acc\u00e8s aux ressources permettant de faire face aux \u00e9v\u00e9nements climatiques extr\u00eames et d\u2019autre part elle favorise la marginalisation dans la prise de d\u00e9cision et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la protection sociale. En Afrique subsaharienne, les in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9, d\u2019acc\u00e8s et de contr\u00f4le des ressources naturelles ont expos\u00e9 les femmes aux chocs climatiques (ONU Femmes, 2009&nbsp;; Awiti, 2022, p.&nbsp;9).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale les femmes y sont confront\u00e9es \u00e0 une discrimination fond\u00e9e sur le genre en ce qui concerne le contr\u00f4le et la propri\u00e9t\u00e9 des terres (Njieassam, 2019, p.&nbsp;8), mais les femmes autochtones connaissent une triple discrimination fond\u00e9e sur leur sexe leur appartenance ethnique et leur classe \u00e9conomique. Les femmes fournissent plus de 80&nbsp;% de la main-d\u2019\u0153uvre agricole et domestique en Afrique, mais elles contr\u00f4lent moins de terres que les hommes&nbsp;; en outre, les terres qu\u2019elles contr\u00f4lent ont tendance \u00e0 \u00eatre moins fertiles, et le r\u00e9gime foncier des femmes n\u2019est pas s\u00e9curis\u00e9 (Njieassam, 2019, p.&nbsp;15). Toutefois, en d\u00e9pit de leurs positions critiques, les femmes disposent de connaissances, de comp\u00e9tences et d\u2019agentivit\u00e9 remarquables dans la gestion des ressources naturelles et sont souvent en premi\u00e8re ligne dans l\u2019adaptation au changement climatique notamment en situation de forte \u00e9migration masculine (Nellemann et&nbsp;al., 2011). Les politiques climatiques sensibles au genre doivent donc \u00eatre renforc\u00e9es dans toutes les dimensions relatives \u00e0 l\u2019adaptation, l\u2019att\u00e9nuation, dans les moyens de la mise en \u0153uvre (financement, d\u00e9veloppement,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;transfert de technologies, et renforcement des capacit\u00e9s) ainsi que dans la prise de d\u00e9cision (Chingarande et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;19).<\/p>\n\n\n\n<p>Au Cameroun, l\u2019agriculture est l\u2019\u00e9pine dorsale de l\u2019\u00e9conomie, employant pr\u00e8s de 70&nbsp;% de la population et contribuant \u00e0 environ 35&nbsp;% du produit national brut du pays (Molua, 2011, p.&nbsp;21). Les productrices camerounaises constituent un groupe important, impliqu\u00e9 principalement dans la production de cultures vivri\u00e8res, mais de plus en plus, l\u2019\u00e9levage de petits animaux et de ruminants est en train de devenir une activit\u00e9 secondaire (Molua, 2011, p.&nbsp;29). Avec diff\u00e9rentes zones \u00e9cologiques, la r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun pr\u00e9sente une agro\u00e9cologie qui favorise les cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res et l\u2019\u00e9levage. Dans un contexte essentiellement traditionnel, les femmes sont principalement impliqu\u00e9es dans une agriculture sensible aux moindres changements m\u00e9t\u00e9orologiques et la plupart des agriculteurs ont du mal \u00e0 faire face \u00e0 ces changements.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9gion compte plus de 8&nbsp;000&nbsp;\u00e9leveurs, dont plus des deux tiers sont des femmes et des enfants (Jabiru, 2017, p.&nbsp;38). Ces pasteurs sont arriv\u00e9s du Nig\u00e9ria voisin vers 1905 en tant que nomades. Ils ont rencontr\u00e9 des communaut\u00e9s d\u00e9j\u00e0 install\u00e9es qui les ont consid\u00e9r\u00e9es comme des \u00e9trangers sans droits l\u00e9gitimes de poss\u00e9der des terres et des ressources fonci\u00e8res (Jabiru, 2006, p.&nbsp;11). Dans cette configuration faite de marginalisation et de sous-repr\u00e9sentation, que Jibaru (2017, p.&nbsp;38) a appel\u00e9 le \u00ab&nbsp;probl\u00e8me mbororo<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb, les pasteurs mbororo de la r\u00e9gion Nord-Ouest ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 de s\u00e9rieux d\u00e9fis pour disposer de moyens de subsistance durables et leurs vuln\u00e9rabilit\u00e9s aux al\u00e9as climatiques ont \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9es par des in\u00e9galit\u00e9s et des discriminations de genre. En Inde, au N\u00e9pal, au Bangladesh, au Kenya et en Tanzanie, le r\u00f4le des femmes autochtones dans l\u2019adaptation au changement climatique a \u00e9t\u00e9 largement explor\u00e9. Au Cameroun en revanche, les connaissances sur le r\u00f4le des femmes mbororo dans l\u2019adaptation au changement climatique et les politiques connexes sont encore rares. Pour combler cette lacune, ce travail cherche \u00e0 d\u00e9montrer que, malgr\u00e9 leur vuln\u00e9rabilit\u00e9, les femmes mbororo disposent de syst\u00e8mes de savoirs traditionnels qui sont particuli\u00e8rement utiles pour r\u00e9duire les chocs li\u00e9s au climat et assurer la durabilit\u00e9 des moyens de subsistance.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Cadre th\u00e9orique&nbsp;: La perspective \u00e9cof\u00e9ministe dans l\u2019adaptation au changement climatique<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9cof\u00e9minisme est un cadre th\u00e9orique interdisciplinaire introduit par Fran\u00e7oise d\u2019Eaubonne, une f\u00e9ministe fran\u00e7aise, en 1974. Cette approche relie le changement climatique et le genre, ainsi que d\u2019autres facteurs connexes tels que la d\u00e9forestation, la conservation, le capitalisme et les in\u00e9galit\u00e9s (Johnson, 2022, p.&nbsp;18). Les th\u00e9ories f\u00e9ministes soutiennent que les d\u00e9fis auxquels les femmes sont confront\u00e9es aujourd\u2019hui sont le r\u00e9sultat de syst\u00e8mes de valeurs domin\u00e9s par les hommes qui r\u00e9gissent les r\u00e9alit\u00e9s sociales quotidiennes et elles con\u00e7oivent le genre comme \u00e9tant socialement g\u00e9n\u00e9r\u00e9 et perp\u00e9tu\u00e9 par la culture (Gaard, 2015, p.&nbsp;23&nbsp;; Oyosi, 2016, p.&nbsp;12). Les in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9, d\u2019acc\u00e8s et de contr\u00f4le des ressources naturelles, ainsi que les dynamiques par lesquelles les in\u00e9galit\u00e9s de genre fa\u00e7onnent et sont fa\u00e7onn\u00e9es par les priorit\u00e9s, les exp\u00e9riences et la capacit\u00e9 d\u2019adaptation \u00e0 la suite de chocs syst\u00e9miques, sont d\u2019une importance capitale pour renforcer l\u2019adaptation (Awiti, 2022, p.&nbsp;9). En 2015, lors de l\u2019Accord de Paris des Nations unies, les parties ont reconnu que les mesures d\u2019adaptation devraient suivre une approche pilot\u00e9e par le pays, sensible au genre, participative et totalement transparente, en prenant en consid\u00e9ration les groupes, les communaut\u00e9s et les \u00e9cosyst\u00e8mes vuln\u00e9rables, et qu\u2019elles devraient \u00eatre fond\u00e9es et guid\u00e9es par les plus robustes connaissances scientifiques disponibles et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, les connaissances traditionnelles, les savoirs des populations autochtones et les syst\u00e8mes de savoirs locaux, afin d\u2019int\u00e9grer l\u2019adaptation dans les politiques et actions socio-\u00e9conomiques et environnementales pertinentes (ONU, 2015, p.&nbsp;11).<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, les soci\u00e9t\u00e9s africaines ont une perspective diff\u00e9rente qui va au-del\u00e0 des normes occidentales en mati\u00e8re de genre. Selon Wane et Chandler (2002, p.&nbsp;88), le patriarcat, le colonialisme et le capitalisme, qui sont inscrits dans l\u2019\u00e9cof\u00e9minisme, ont annihil\u00e9 le r\u00f4le des femmes dans la construction des savoirs environnementaux et d\u00e9form\u00e9 la notion de connaissance scientifique. Les universitaires \u00e9cof\u00e9ministes africains en revanche, ont plac\u00e9 les femmes en premi\u00e8re ligne dans l\u2019adaptation au changement climatique, en particulier dans le contexte de l\u2019\u00e9migration masculine, en raison de la richesse de leurs syst\u00e8mes de savoirs traditionnels qui leur permettent de faire face aux chocs m\u00e9t\u00e9orologiques (Nellemann et&nbsp;al, 2011, p.&nbsp;53). Lesdits savoirs impliquent \u00ab&nbsp;une connaissance des ressources issues du monde sauvage, des plantes m\u00e9dicinales et des animaux domestiques&nbsp;; des rapports symbiotiques entre \u00e9cosyst\u00e8mes&nbsp;; une conscience de la structure des \u00e9cosyst\u00e8mes et de la fonctionnalit\u00e9 d\u2019esp\u00e8ces sp\u00e9cifiques&nbsp;; ainsi que des aires de r\u00e9partition g\u00e9ographique de ces esp\u00e8ces&nbsp;\u00bb. L\u2019accent est mis en particulier sur les femmes autochtones qui jouent un r\u00f4le vital en tant que gardiennes des ressources naturelles (ONU Femmes, 2009, pp.&nbsp;2-3). Dans le contexte du changement climatique, elles jouent un r\u00f4le strat\u00e9gique dans la transformation des moyens de subsistance et la transmission des connaissances \u00e0 la jeune g\u00e9n\u00e9ration. Les femmes mbororo sont impliqu\u00e9es dans l\u2019\u00e9levage de petits ruminants, la traite du b\u00e9tail, la culture des p\u00e2turages et le traitement des maladies animales \u00e0 partir de m\u00e9dicaments traditionnels. Ces activit\u00e9s, autrefois domin\u00e9es par les hommes, se sont largement f\u00e9minis\u00e9es (Forbang et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;669). Bien que les contributions des femmes autochtones n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 suffisamment document\u00e9es, la litt\u00e9rature existante a montr\u00e9 que ces pratiques peuvent probablement r\u00e9duire les vuln\u00e9rabilit\u00e9s et renforcer la r\u00e9silience (Carvarjal Escobar et al., 2008, p.&nbsp;279). Sous ce rapport, la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9cof\u00e9minisme convient parfaitement \u00e0 l\u2019\u00e9tude du r\u00f4le des femmes autochtones dans l\u2019adaptation, car elle d\u00e9crit la situation critique des femmes autochtones mbororo face au changement climatique, principalement attribu\u00e9e \u00e0 la discrimination exerc\u00e9e par un syst\u00e8me traditionnel domin\u00e9 par les hommes. Sur cette toile de fond th\u00e9orique, cet article reconna\u00eet que les femmes autochtones sont per\u00e7ues comme \u00e9tant particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables, mais soutient qu\u2019elles disposent aussi d\u2019une diverse gamme de pratiques traditionnelles qui leur permettent de s\u2019adapter au changement climatique et de l\u2019att\u00e9nuer en d\u00e9pit des contraintes syst\u00e9miques qu\u2019elles rencontrent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mat\u00e9riaux et m\u00e9thodes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>La zone d\u2019\u00e9tude<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>La r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun est situ\u00e9e entre les latitudes 50\u00b0&nbsp;40\u2019 et 70\u00b0&nbsp;Nord de l\u2019\u00e9quateur et les longitudes 90\u00b0&nbsp;45\u2019 et 110\u00b0&nbsp;10\u2019&nbsp;Est du m\u00e9ridien de Greenwich. Elle fait partie des hautes terres de l\u2019Ouest-Cameroun avec une superficie totale de 17&nbsp;300&nbsp;km<sup>2<\/sup> et une altitude moyenne d\u2019environ 900&nbsp;m (Ngalim, 2015, p.&nbsp;177). Elle partage des fronti\u00e8res internationales avec la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale du Nig\u00e9ria au nord et a \u00e9t\u00e9 le point d\u2019entr\u00e9e des \u00e9leveurs peuls au Cameroun (Jabiru, 2006, p.&nbsp;11). La r\u00e9gion b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un climat tropical caract\u00e9ris\u00e9 par deux saisons. Une longue saison des pluies qui s\u2019\u00e9tend de mi-mars \u00e0 novembre et une courte saison s\u00e8che de trois mois. Les pr\u00e9cipitations annuelles moyennes se situent entre 1&nbsp;500 et 2&nbsp;000&nbsp;mm et les temp\u00e9ratures annuelles moyennes sont comprises entre 21 et 24&nbsp;\u00b0C (Ngalim, 2015, p.&nbsp;177). Ces conditions ont rendu la zone agro\u00e9cologique favorable \u00e0 la culture c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re et \u00e0 l\u2019\u00e9levage.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9leveurs mbororo ont migr\u00e9 dans la r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun vers 1905 et ont re\u00e7u des terres des chefs traditionnels pour faire pa\u00eetre leur b\u00e9tail. La nature de leur activit\u00e9 les a amen\u00e9s \u00e0 vivre sur des collines et des terres isol\u00e9es (Fon &amp; Ndamba, 2008, p.&nbsp;3). Leurs coutumes et traditions sont consid\u00e9r\u00e9es comme discriminatoires \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des fille&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; s et, comme le prescrit leur code de conduite culturel et traditionnel appel\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>Polaako&nbsp;<\/em>\u00bb, les femmes sont cens\u00e9es rester \u00e0 la maison et s\u2019occuper des enfants et des t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res. R\u00e9cemment, elles ont adopt\u00e9 un mode de vie s\u00e9dentaire et l\u2019augmentation de la population des communaut\u00e9s d\u2019accueil, la concurrence pour l\u2019acc\u00e8s aux ressources naturelles ont accru les vuln\u00e9rabilit\u00e9s. Cela a conduit \u00e0 une nouvelle dynamique autour de la repr\u00e9sentation des femmes et de leur participation aux activit\u00e9s de subsistance.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Collecte et traitement des donn\u00e9es<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude adopte une approche documentaire et qualitative. Le r\u00f4le des femmes mbororo dans leurs communaut\u00e9s a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre \u00e9tudi\u00e9, notamment avec la mise en place de l\u2019Association pour la culture et le d\u00e9veloppement des Mbororo (Mboscuda) qui lutte contre les in\u00e9galit\u00e9s de genre et la discrimination. Les rapports de la Mboscuda ont \u00e9t\u00e9 consult\u00e9s, ainsi que les archives des d\u00e9l\u00e9gations divisionnaires de l\u2019agriculture et du d\u00e9veloppement rural et des d\u00e9l\u00e9gations du b\u00e9tail et de l\u2019\u00e9levage pour les divisions de Boyo, Mexam, Bui et Ngoketunjia. Des sources en ligne ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 consult\u00e9es. Des entretiens ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s avec des informateurs cl\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9s \u00e0 dessein dans les communaut\u00e9s mbororo de la r\u00e9gion. Au total, 25&nbsp;entretiens ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s avec des \u00e9leveurs mbororo&nbsp;(9), des cultivateurs&nbsp;(6), des autorit\u00e9s traditionnelles&nbsp;(3), des cheffes de groupes de femmes mbororo&nbsp;(3) et des membres du Mboscuda&nbsp;(4). La plupart de ces personnes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es du fait des troubles socio-politiques dans la r\u00e9gion et r\u00e9sident maintenant dans la ville de Bamenda et dans la r\u00e9gion Ouest. Certains entretiens ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s par t\u00e9l\u00e9phone et ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es documentaires et primaires collect\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es avec le logiciel <em>Atlas.ti<\/em> et &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;examin\u00e9es selon une analyse de contenu et une analyse th\u00e9matique. Les entretiens ont \u00e9t\u00e9 retranscrits mot \u00e0 mot et cod\u00e9s en fonction des th\u00e8mes s\u00e9lectionn\u00e9s. L\u2019analyse th\u00e9matique a consist\u00e9 \u00e0 explorer les liens existant entre les \u00e9nonc\u00e9s et les significations dans le discours des r\u00e9pondants. Des extraits ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s pour soutenir l\u2019argumentation \u00e9tablie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les r\u00e9sultats<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em><strong>Vuln\u00e9rabilit\u00e9 des pasteurs mbororo face aux effets de la variabilit\u00e9 et du changement climatiques<\/strong><\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Les pasteurs mbororo croient fermement que l\u2019\u00e9levage de b\u00e9tail est leur seul mode de vie appropri\u00e9. \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019aucune autre alternative \u00e9loign\u00e9e des pratiques et normes traditionnelles d\u2019un pur Fulani n\u2019a \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9e, leur pouvoir d\u2019achat est rest\u00e9 consid\u00e9rablement faible. Cette option a eu des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur la soci\u00e9t\u00e9 mbororo actuelle, qui quoique riche en b\u00e9tail, mais n\u2019a pas mobilis\u00e9 d\u2019autres formes d\u2019investissement. Une \u00e9lite mbororo a corrobor\u00e9 ce fait dans l\u2019extrait suivant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Nous ne connaissions pas ces questions auparavant\u2026 Au d\u00e9but, envoyer une fille \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00e9tait un tabou ou m\u00eame vendre du b\u00e9tail pour d\u2019autres investissements. Cela a entra\u00een\u00e9 un faible revenu familial et compromis la capacit\u00e9 d\u2019investir dans un syst\u00e8me pastoral moderne, des infrastructures de soins pour les animaux et des \u00e9quipements sociaux, nous rendant ainsi plus vuln\u00e9rables<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La richesse et le prestige social d\u2019un mbororo d\u00e9pendaient du nombre de t\u00eates de b\u00e9tail qu\u2019il poss\u00e9dait, ce qui rendait presque impossible la vente de son cheptel. Les ressources familiales \u00e9taient contr\u00f4l\u00e9es par le chef de famille, de l\u00e0 un niveau de d\u00e9pendance extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9 car femmes et enfants n\u2019avaient pas de sources de revenus sp\u00e9cifiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La recherche a montr\u00e9 que les vuln\u00e9rabilit\u00e9s li\u00e9es au genre sont exacerb\u00e9es par la variabilit\u00e9 et le changement climatiques. Par exemple, &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;les p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse prolong\u00e9es exposent les femmes \u00e0 des abus sexuels lorsqu\u2019elles parcourent de longues distances pour aller chercher de l\u2019eau. De m\u00eame, la migration des hommes vers des p\u00e2turages plus verts expose les femmes et les enfants \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, en particulier dans les r\u00e9gions o\u00f9 les conflits agropastoraux sont fr\u00e9quents. En outre, le taux d\u2019abandon scolaire chez les jeunes filles augmente, car elles restent \u00e0 la maison pour aider leurs parents \u00e0 assurer l\u2019approvisionnement en nourriture et en eau.<\/p>\n\n\n\n<p>Le passage d\u2019un mode de vie nomade \u00e0 un mode de vie s\u00e9dentaire a remodel\u00e9 les pratiques pastorales existantes et a amen\u00e9 de nouveaux acteurs dans le secteur de l\u2019\u00e9levage. Les syst\u00e8mes agropastoraux de la r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun d\u00e9pendent principalement de la nature et les \u00e9leveurs de b\u00e9tail occupent surtout les pentes des montagnes et les terres marginales, ce qui augmente leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 face aux fluctuations m\u00e9t\u00e9orologiques. Or, la disponibilit\u00e9 des ressources agropastorales telles que l\u2019eau, les p\u00e2turages et les terres arables est conditionn\u00e9e par les variables climatiques. L\u2019analyse des entretiens a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que la r\u00e9duction des ressources agropastorales au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es a \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9e par les al\u00e9as climatiques (tableau&nbsp;1).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tableau 1&nbsp;: Les effets de la variabilit\u00e9 climatique sur les activit\u00e9s agropastorales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Source : Fieldwork, 2024<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Effets<\/strong><\/td><td><strong>Fr\u00e9quence<\/strong><\/td><td><strong>Densit\u00e9<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>D\u00e9gradation des p\u00e2turages le long des pentes et sur les hautes terres<\/td><td>16<\/td><td>10<\/td><\/tr><tr><td>Tarissement des sources d\u2019eau<\/td><td>13<\/td><td>8<\/td><\/tr><tr><td>Changements dans le calendrier de la transhumance<\/td><td>12<\/td><td>6<\/td><\/tr><tr><td>Augmentation de la fr\u00e9quence des maladies animales et parasitaires<\/td><td>5<\/td><td>5<\/td><\/tr><tr><td>Retards dans la maturit\u00e9 des c\u00e9r\u00e9ales d\u00fbs \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e tardive des pluies<\/td><td>7<\/td><td>4<\/td><\/tr><tr><td>Augmentation de l\u2019\u00e9rosion des sols et baisse de leur fertilit\u00e9<\/td><td>5<\/td><td>3<\/td><\/tr><tr><td>Baisse de la productivit\u00e9 c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re<\/td><td>4<\/td><td>5<\/td><\/tr><tr><td>Augmentation des distances vers les zones de transhumance<\/td><td>1<\/td><td>2<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019intensit\u00e9 de ces impacts a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9e sur la base de la fr\u00e9quence et de l\u2019intensit\u00e9 des diff\u00e9rents codes et citations g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les entretiens. Dans le tableau&nbsp;1, la fr\u00e9quence du code fait r\u00e9f\u00e9rence au nombre de fois qu\u2019une m\u00eame id\u00e9e est exprim\u00e9e par diff\u00e9rentes personnes, tandis que la densit\u00e9 fait r\u00e9f\u00e9rence au nombre de liens avec d\u2019autres citations. Le tableau montre que la d\u00e9gradation des p\u00e2turages a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e comme l\u2019impact le plus important de la variabilit\u00e9 climatique avec 16&nbsp;citations. Les effets dess\u00e9chants de l\u2019ensoleillement et les fr\u00e9quentes p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse enregistr\u00e9es sur les hautes terres o\u00f9 l\u2019\u00e9levage domine expliquent cette d\u00e9gradation des p\u00e2turages. Un \u00e9leveur des pentes de Sabga a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Avant, nous gardions les animaux les plus \u00e2g\u00e9s, les plus jeunes et les plus malades pour les nourrir sur des parcelles de p\u00e2turage dans les hautes terres, tandis que les autres partaient en transhumance. Cela devient presque impossible aujourd\u2019hui parce que la saison s\u00e8che est devenue intense et que les p\u00e2turages sont compl\u00e8tement st\u00e9riles<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cette situation a \u00e9galement entra\u00een\u00e9 la diminution et l\u2019ass\u00e8chement des sources d\u2019eau. Cette situation, observ\u00e9e dans la quasi-totalit\u00e9 des p\u00e2turages, fait que les \u00e9leveurs sont en concurrence avec les agriculteurs et parfois avec les m\u00e9nages pour l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau. Cette situation est \u00e0 l\u2019origine de conflits entre agriculteurs et \u00e9leveurs, qui ont des r\u00e9percussions sur les femmes et les enfants (photo&nbsp;1).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"885\" height=\"471\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/image-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-25578\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/image-1.jpeg 885w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/image-1-300x160.jpeg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/image-1-768x409.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 885px) 100vw, 885px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Photo&nbsp;1&nbsp;<\/strong>: Femmes et enfants mbororo d\u00e9plac\u00e9s par les conflits agropastoraux dans la division de Bui<\/p>\n\n\n\n<p>Source : Moye, 2021<\/p>\n\n\n\n<p>La photo&nbsp;1 montre une communaut\u00e9 d\u2019\u00e9leveurs mbororo d\u00e9plac\u00e9e du fait des conflits li\u00e9s aux ressources. Les personnes pr\u00e9sentes sur la photo sont des femmes et des enfants, sans aucun homme adulte. Cela s\u2019explique par le fait que les hommes sont partis en transhumance et que les femmes sont rest\u00e9es sur place pour s\u2019occuper des foyers. N\u00e9anmoins, ces femmes et ces enfants, qui repr\u00e9sentent plus de 60&nbsp;% de la population mbororo (Jabiru, 2006, p.&nbsp;6), ont d\u00e9velopp\u00e9 des options d\u2019adaptation pour att\u00e9nuer les dommages r\u00e9sultant des chocs climatiques.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em><strong>Contribution des femmes mbororo \u00e0 l\u2019adaptation au changement climatique<\/strong><\/em><\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Utiliser les connaissances \u00e9cologiques pour d\u00e9tecter les changements environnementaux<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les \u00e9leveurs mbororo disposent d\u2019une vaste gamme de connaissances accumul\u00e9es au fil des ans gr\u00e2ce \u00e0 leur interaction avec la nature. Les personnes \u00e2g\u00e9es ont la capacit\u00e9 de lire les changements dans l\u2019environnement et de pr\u00e9dire les variations climatiques telles que l\u2019arriv\u00e9e et l\u2019arr\u00eat des pluies, l\u2019av\u00e8nement des temp\u00eates et des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse. Dans les communaut\u00e9s install\u00e9es le long des pentes du Sabga, il existe des \u00ab\u00a0voyantes climatiques\u00a0\u00bb qui interpr\u00e8tent la taille et la forme de la lune pour pr\u00e9voir les changements de saison ou d\u00e9terminer le calendrier des activit\u00e9s pastorales telles que le d\u00e9but de la transhumance. En\u00a0outre, l\u2019observation du comportement des plantes et des animaux est\u00a0utilis\u00e9e pour pr\u00e9dire les changements climatiques. Par exemple, l\u2019apparition de libellules indique la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la saison s\u00e8che. Cette activit\u00e9, bien qu\u2019elle ne soit pas bas\u00e9e sur le genre, est de fait r\u00e9alis\u00e9e par des femmes \u00e2g\u00e9es. Les entretiens ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les femmes sont plus efficaces dans l\u2019utilisation de ces syst\u00e8mes de savoirs que les hommes, car elles passent plus de 70\u00a0% de leur temps dans les champs. Ces connaissances, largement accumul\u00e9es par les personnes \u00e2g\u00e9es, doivent \u00eatre transmises d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre afin d\u2019en favoriser l\u2019utilisation continue. Par exemple, l\u2019utilisation d\u2019herbes locales et de m\u00e9dicaments traditionnels pour traiter les maladies du b\u00e9tail est une t\u00e2che qui incombe principalement aux femmes, car les animaux malades et jeunes sont laiss\u00e9s sur place pendant la transhumance. \u00c0\u00a0ce titre, l\u2019identification de ces plantes m\u00e9dicinales et la connaissance de leur utilisation font partie des savoirs \u00e9cologiques.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Les femmes mbororo&nbsp;: \u00e9ducatrices et transmetteuses de savoirs indig\u00e8nes<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les femmes mbororo jouent un r\u00f4le important en tant qu\u2019\u00e9ducatrices au sein de leurs communaut\u00e9s. Non seulement les femmes sont des m\u00e8res qui assurent les fonctions de soin pour la famille, mais elles poss\u00e8dent \u00e9galement de vastes connaissances dans diff\u00e9rents domaines de gestion du b\u00e9tail, sur l\u2019environnement et dans les activit\u00e9s et responsabilit\u00e9s quotidiennes qui sont les leurs. Elles sont cependant rarement invit\u00e9es \u00e0 donner leur avis, mais leurs syst\u00e8mes de savoirs sont transmis \u00e0 la jeune g\u00e9n\u00e9ration en raison de leur proximit\u00e9 et des interactions constantes. \u00c0&nbsp;cet \u00e9gard, une responsable de groupe de femmes mbororo a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Lors des extr\u00eames climatiques tels que la s\u00e9cheresse, les hommes transportent leurs animaux vers les vall\u00e9es et les basses terres \u00e0 la recherche de p\u00e2turages frais et d\u2019eau, laissant les femmes et les enfants derri\u00e8re eux pour faire face aux conditions difficiles dans les collines. Cela nous a aid\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper des options d\u2019adaptation sp\u00e9cifiques \u00e0 nos contextes<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ces syst\u00e8mes de connaissances sont partag\u00e9s entre les femmes de diff\u00e9rents groupes et entre voisines. La transmission entre les g\u00e9n\u00e9rations est assur\u00e9e par les femmes. Les petites filles occupent progressivement une position centrale dans l\u2019acquisition des connaissances, plus que les gar\u00e7ons, en raison de leur proximit\u00e9 avec leur m\u00e8re. Les gar\u00e7ons vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole et acqui\u00e8rent d\u2019autres comp\u00e9tences, tandis que les filles restent \u00e0 la maison et aident leurs parents dans leurs activit\u00e9s quotidiennes. Par exemple, pendant les p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse et de p\u00e9nurie d\u2019eau, les filles se d\u00e9placent sur de longues distances pour aller chercher de l\u2019eau, leur capacit\u00e9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;d\u2019observation du paysage leur permet de d\u00e9tecter les zones humides. Les enqu\u00eates sur le terrain ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les organisations non gouvernementales (ONG) telles que Mboscuda ont renforc\u00e9 les moyens d\u2019action de femmes qui poss\u00e8dent des savoirs ou des pratiques sp\u00e9cifiques et qui sont \u00e0 l\u2019avant-garde de l\u2019adaptation. Elles ont utilis\u00e9 ces connaissances pour am\u00e9liorer leurs techniques pastorales.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Am\u00e9lioration des p\u00e2turages et collecte de fourrage<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019un des d\u00e9fis pos\u00e9s par le changement climatique aux \u00e9leveurs mbororo est la d\u00e9gradation rapide des p\u00e2turages. C\u2019est pourquoi les efforts sont ax\u00e9s sur l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de celles-ci. La participation des femmes a \u00e9t\u00e9 stimul\u00e9e et encourag\u00e9e par des institutions et des ONG telles que Mideno, Acefa<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> et Mboscuda. La d\u00e9l\u00e9gation r\u00e9gionale de l\u2019\u00e9levage, des p\u00eaches et des industries animales (Minepia<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>), gr\u00e2ce \u00e0 ses programmes de sensibilisation dans les diff\u00e9rents ardorates (Communaut\u00e9s pastorales) et \u00e0 la distribution de nouvelles esp\u00e8ces fourrag\u00e8res aux \u00e9leveurs, a am\u00e9lior\u00e9 de mani\u00e8re significative la production de p\u00e2turages. Cela a permis de r\u00e9duire le niveau de transhumance, les conflits entre agriculteurs et \u00e9leveurs, ainsi que le risque de contraction de maladies par les animaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les p\u00e2turages am\u00e9lior\u00e9s ont une capacit\u00e9 de charge \u00e9lev\u00e9e, car ils permettent de nourrir un grand nombre d\u2019animaux sur une petite surface (figure&nbsp;1). L\u2019avantage de ces p\u00e2turages est qu\u2019ils sont utilis\u00e9s pendant les p\u00e9riodes de p\u00e9nurie et lors des transhumances. Les jeunes bovins ou ceux qui ne sont pas en mesure de se d\u00e9placer sur de longues distances sont \u00e9lev\u00e9s dans ces p\u00e2turages. Les animaux peuvent y rester et se nourrir pendant plus de deux mois. Cette r\u00e9ponse s\u2019est av\u00e9r\u00e9e tr\u00e8s utile pendant les p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse prolong\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><img decoding=\"async\" width=\"301\" height=\"169\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/0976a2d7-c678-43f3-81ca-d23f8f0f61d9\"> Photo A : P\u00e2turages cultiv\u00e9s.<\/td><td><img decoding=\"async\" width=\"295\" height=\"169\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/2a267b48-eae8-4ea7-8c3d-3fb9dbf29882\"> Photo B : Installation de fourrage pour le b\u00e9tail.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure&nbsp;1&nbsp;:<\/strong> Am\u00e9lioration de la culture des p\u00e2turages et de la collecte de fourrage le long des pentes de la montagne Kilum Ijim.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Source : Moye, 2023<\/p>\n\n\n\n<p>La photo\u00a0A repr\u00e9sente une ferme o\u00f9 l\u2019on cultive une esp\u00e8ce de p\u00e2turage appel\u00e9e \u00ab\u00a0barcaria\u00a0\u00bb, utilis\u00e9e pour nourrir les animaux pendant les p\u00e9riodes de p\u00e9nurie. La photo\u00a0B montre une installation o\u00f9 le b\u00e9tail est nourri avec des p\u00e2turages r\u00e9colt\u00e9s. Pendant les p\u00e9riodes d\u2019abondance, les femmes et les enfants r\u00e9coltent le fourrage, le s\u00e8chent, le m\u00e9langent avec du sel et le conservent pour nourrir les animaux lorsque les conditions sont rudes. De m\u00eame, les femmes sont g\u00e9n\u00e9ralement en charge de la collecte du fourrage pour enrichir l\u2019alimentation du b\u00e9tail gard\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9. Par exemple, dans les collines de Sabga, les femmes compl\u00e8tent traditionnellement le r\u00e9gime alimentaire des veaux avec de l\u2019herbe indig\u00e8ne, qu\u2019elles coupent et transportent, de m\u00eame qu\u2019elles les approvisionnent en eau de source. Sur les hauts plateaux du Kom, les femmes jouent \u00e9galement ce r\u00f4le, elles y rajoutent du sel et soignent les animaux malades \u00e0 l\u2019aide de rem\u00e8des traditionnels.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Diversification des sources de revenus<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les femmes mbororo ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la diversification des sources de revenus, ce qui a permis \u00e0 de nombreuses familles de faire face au stress li\u00e9 au climat, telle l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Les cultures vivri\u00e8res, par exemple, sont pratiqu\u00e9es par les femmes autour des p\u00e2turages et des exploitations familiales. De nombreuses ONG et organisations gouvernementales ont concentr\u00e9 leur soutien sur la mobilisation des femmes mbororo, leur formation et l\u2019octroi de subventions pour la cr\u00e9ation d\u2019entreprises. Il est ressorti que de nombreuses femmes pr\u00e9f\u00e9raient cultiver et \u00e9lever du b\u00e9tail plut\u00f4t que de continuer \u00e0 mener le mode de vie nomade pratiqu\u00e9 par les \u00e9leveurs hommes (entretien, 2023). Les femmes ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans le processus de s\u00e9dentarisation, ce qui a permis de diversifier les moyens de subsistance et de cr\u00e9er de nouvelles activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus, tout en facilitant l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s. Les femmes, en particulier, sont d\u00e9sireuses de saisir les opportunit\u00e9s de petites transactions et de petit commerce offertes sur les march\u00e9s locaux ou dans les zones p\u00e9riurbaines, et d\u2019en tirer profit. Les nouvelles possibilit\u00e9s d\u2019emploi et de travail entra\u00eenent une \u00e9volution des relations entre les hommes et les femmes, changements qui sont n\u00e9goci\u00e9s au sein des&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;couples. Celles-ci ont \u00e9galement accru les possibilit\u00e9s pour les femmes de se mobiliser en groupes et de prendre part aux processus d\u00e9cisionnels. Cette nouvelle configuration&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;a permis aux ONG de mettre plus facilement en \u00e9vidence les pr\u00e9occupations des femmes et de lutter pour un plus grand degr\u00e9 d\u2019\u00e9quit\u00e9 entre les sexes et pour les droits des femmes. Ces organisations &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;jouent&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;par ailleurs un r\u00f4le tr\u00e8s important dans le r\u00e9tablissement des relations entre communaut\u00e9s et des r\u00e9seaux de soutien (agro)pastoraux vitaux en cas de risques climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2019, les femmes mbororo des communaut\u00e9s Sabga, Akum et Ntabang ont \u00e9t\u00e9 sensibilis\u00e9es et form\u00e9es \u00e0 la culture de p\u00e9pini\u00e8res d\u2019oignons, de l\u00e9gumes et de semences de poireaux. Il s\u2019agit d\u2019un projet actuellement mis en \u0153uvre par Mboscuda avec des fonds du Foro Internacional de Mujeres Ind\u00edgenas (Fimi) intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>Building Indigenous Mbororo Women\u2019s Resilience to Climate Change through Climate Smart Agriculture and Efficient Fireplaces&nbsp;<\/em>\u00bb (figure 2) (Renforcer la r\u00e9silience des femmes indig\u00e8nes mbororo face au changement climatique \u00e0 travers une agriculture intelligente et&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;des foyers efficaces).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"450\" height=\"338\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/image-2.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-25580\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"371\" height=\"340\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/image-3.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-25581\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure&nbsp;2&nbsp;:<\/strong> Pratiques agricoles intelligentes par les femmes mbororo. Organis\u00e9 par Mboscuda \u00e0 Sabga.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Source : Mboscuda, 2020<\/p>\n\n\n\n<p>Ces femmes sont cens\u00e9es transmettre les semences \u00e0 d\u2019autres femmes de leur communaut\u00e9 apr\u00e8s leur premi\u00e8re r\u00e9colte, dans un objectif de durabilit\u00e9. Le jardinage n\u2019est pas une activit\u00e9 courante chez les femmes mbororo, ce qui explique pourquoi cette initiative a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien accueillie par elles.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>\u00c9levage \u00e0 petite \u00e9chelle et \u00e9levage laitier<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les pasteurs mbororo pratiquent l\u2019\u00e9levage extensif, qui d\u00e9pend de l\u2019existence de p\u00e2turages naturels et de la disponibilit\u00e9 en eau, cette activit\u00e9 \u00e9tant particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable aux al\u00e9as climatiques, l\u2019\u00e9levage en ranch et la production laiti\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 introduits et adopt\u00e9s comme option d\u2019adaptation. Les femmes ont largement adopt\u00e9 cette m\u00e9thode moderne d\u2019\u00e9levage, tandis que les hommes continuent de pr\u00e9f\u00e9rer la transhumance. Le <em>ranching<\/em> est une m\u00e9thode d\u2019\u00e9levage en plein air qui repose sur l\u2019exploitation exclusive de p\u00e2turages, g\u00e9n\u00e9ralement naturels et artificiels, dans le cadre d\u2019un syst\u00e8me faisant appel \u00e0 un minimum de main-d\u2019\u0153uvre. La surveillance du troupeau est remplac\u00e9e par l\u2019utilisation d\u2019enclos et l\u2019alimentation des animaux est assur\u00e9e principalement par les femmes et les enfants. Une cheffe de groupe de femmes mbororo a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;De nos jours, il y a un changement d\u2019attitude chez les femmes et cela a pouss\u00e9 de nombreuses familles nomades \u00e0 adopter un mode de vie s\u00e9dentaire et plus durable en s\u2019engageant dans l\u2019\u00e9levage de b\u00e9tail<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes mbororo jouent un r\u00f4le plus important dans la gestion du b\u00e9tail \u00e9lev\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 des habitations ou des champs. Dans la r\u00e9gion de Fundong, les femmes mbororo ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es \u00e0 s\u2019occuper d\u2019animaux tels que les moutons et les ch\u00e8vres. Elles s\u2019occupent des nouveau-n\u00e9s et des jeunes animaux, qui ne sont pas assez \u00e2g\u00e9s pour aller aux champs avec le reste du troupeau, elles s\u2019occupent \u00e9galement des animaux malades et participent \u00e0 la traite (figure&nbsp;3).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"287\" height=\"215\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/f4cc54d6-1d62-4c06-98a8-410e2eff53c9\"> Photo A : \u00c9levage de moutons.<\/td><td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"290\" height=\"218\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/1ab07ddb-56fd-4d29-a35c-bf3eb97c7fc0\"> Photo B : Femmes et petites filles trayant une vache.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure&nbsp;3&nbsp;:<\/strong> Participation des femmes \u00e0 l\u2019\u00e9levage et au ranch \u00e0 petite \u00e9chelle \u00e0 Fundong.<\/p>\n\n\n\n<p>Source : Moye, 2023&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la figure&nbsp;3, la photo&nbsp;A montre des moutons gard\u00e9s par des fillettes, et la photo&nbsp;B une femme trayant le lait d\u2019une vache dans un ranch. Un entretien men\u00e9 \u00e0 la d\u00e9l\u00e9gation r\u00e9gionale de l\u2019\u00e9levage, des p\u00eaches et des industries animales (Minepia) pour la r\u00e9gion Nord-Ouest en 2023 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les moutons et les ch\u00e8vres sont plus r\u00e9sistants aux effets du changement climatique. Comme en t\u00e9moigne cet extrait&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>L\u2019\u00e9levage de moutons gagne en importance dans de nombreuses zones de p\u00e2turage et il est contr\u00f4l\u00e9 par les femmes et les enfants. Je pense que ce type de b\u00e9tail est plus r\u00e9sistant aux \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames tels que la s\u00e9cheresse, car il n\u00e9cessite moins de ressources que les bovins.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Traire le b\u00e9tail est l\u2019une des activit\u00e9s traditionnelles des Mbororo, mais de nos jours, elle est surtout pratiqu\u00e9e par les femmes et les enfants. L\u2019implication des femmes a fait de cette activit\u00e9 un moyen de subsistance important, car le lait produit est consomm\u00e9 quotidiennement, il est \u00e9galement vendu pour pouvoir acqu\u00e9rir les produits essentiels. Le lait est \u00e9galement transform\u00e9 en beurre, qui constitue une source importante de nourriture pour les habitants de la r\u00e9gion. Les entretiens ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que \u00ab&nbsp;le lait est extrait de toutes les esp\u00e8ces de vaches telles que la vache rouge mbororo <em>(Mbororoji<\/em>), la vache blanche aku, la <em>gudali<\/em>, la <em>bouran<\/em> et la laiti\u00e8re<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de revenus importante pour les femmes mbororo, qui leur permet d\u2019aider leurs maris dans la gestion du foyer.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Contraintes rencontr\u00e9es par les femmes mbororo dans la mise en \u0153uvre de l\u2019adaptation<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Les femmes indig\u00e8nes mbororo poss\u00e8dent de riches syst\u00e8mes de savoirs qui peuvent limiter les effets n\u00e9gatifs du changement climatique, mais elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es dans les politiques d\u2019adaptation en raison d\u2019une s\u00e9rie d&rsquo;obstacles. Ceux-ci ont \u00e9t\u00e9 cod\u00e9s \u00e0 partir des entretiens et la fr\u00e9quence des codes a \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9e en pourcentage (figure&nbsp;4). La fr\u00e9quence du code fait r\u00e9f\u00e9rence au nombre de fois qu\u2019une id\u00e9e est exprim\u00e9e par diff\u00e9rentes personnes au cours des entretiens.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"924\" height=\"563\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/image-1.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-25579\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure&nbsp;4&nbsp;:<\/strong> Les d\u00e9fis des femmes mbororo face au changement climatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Source : Fieldwork, 2024<\/p>\n\n\n\n<p>La figure&nbsp;4 montre que les femmes autochtones souffrent de discriminations et d\u2019in\u00e9galit\u00e9s par rapport \u00e0 leurs homologues masculins, comme l\u2019indiquent 20,5&nbsp;% des personnes interrog\u00e9es. En outre, l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 \u00e0 la terre et \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re (15&nbsp;%), le faible niveau d\u2019\u00e9ducation (14&nbsp;%), l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 aux informations sur le changement climatique (7,5&nbsp;%), l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 au cr\u00e9dit (10,3&nbsp;%) et le faible pouvoir d\u2019achat (8,4&nbsp;%) r\u00e9duisent leur capacit\u00e9 d\u2019adaptation. Ces d\u00e9fis sont exacerb\u00e9s par les coutumes strictes et les valeurs traditionnelles (13,1&nbsp;%) des Mbororo qui emp\u00eachent les femmes de participer \u00e0 la prise de d\u00e9cision dans la gestion des ressources naturelles (11,2&nbsp;%). Ces d\u00e9fis ont rendu les femmes tr\u00e8s vuln\u00e9rables aux chocs climatiques. Outre la discrimination dont elles font l\u2019objet de la part des autres communaut\u00e9s en raison de leurs statuts, les enjeux les plus complexes se situent au sein m\u00eame de la communaut\u00e9 mbororo, comme l\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une femme de l\u2019\u00e9lite mbororo&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les femmes mbororo sont confront\u00e9es \u00e0 des difficult\u00e9s dues \u00e0 leurs propres normes culturelles, telles que le \u00ab&nbsp;<em>Polaako&nbsp;<\/em>\u00bb, qui entravent leur d\u00e9veloppement et leur \u00e9ducation. Ces normes maintiennent les femmes mbororo \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan et les emp\u00eachent d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9ducation formelle, ce qui entra\u00eene leur sous-repr\u00e9sentation dans la prise de d\u00e9cision<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le l\u00e9gislateur camerounais pr\u00e9voit pourtant un acc\u00e8s \u00e9quitable aux ressources naturelles et aux actifs productifs. Le pays a \u00e9galement adopt\u00e9 la d\u00e9claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones en 2007, mais les femmes autochtones ne connaissent pas leurs droits et obligations.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Discussions<\/h2>\n\n\n\n<p>Le changement climatique et les facteurs de stress environnementaux qui y sont li\u00e9s compromettent les sources de revenus en Afrique subsaharienne, mais les effets sont ressentis diff\u00e9remment selon les secteurs, les communaut\u00e9s et les groupes sociaux. Les Mbororo de la r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun sont des pasteurs aux coutumes et valeurs traditionnelles rigoureuses qui tendent \u00e0 discriminer les femmes en termes d\u2019acc\u00e8s aux ressources et au d\u00e9veloppement dans son ensemble. Ils sont donc tr\u00e8s vuln\u00e9rables aux al\u00e9as climatiques, ce qui entra\u00eene des cons\u00e9quences socio\u00e9conomiques n\u00e9gatives (Nellemann et&nbsp;al, 2011&nbsp;; Amhair,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; , 2021&nbsp;; Moye et&nbsp;al, 2021&nbsp;; Awiti, 2022). Pour comprendre le r\u00f4le des femmes autochtones, il faut proc\u00e9der \u00e0 une analyse approfondie de leurs vuln\u00e9rabilit\u00e9s, afin de d\u00e9couvrir leurs syst\u00e8mes de savoirs et leurs capacit\u00e9s \u00e0 faire face aux chocs climatiques. L\u2019approche \u00e9cof\u00e9ministe a permis d\u2019identifier les syst\u00e8mes de connaissances existants, les m\u00e9thodes de transmission et l\u2019\u00e9volution des pratiques agropastorales mises en valeur par les femmes. Toutefois, la mise en pratique de ces savoirs se heurte \u00e0 des obstacles. Cela corrobore le point de vue des f\u00e9ministes qui attribuent les difficult\u00e9s des femmes \u00e0 un syst\u00e8me de valeurs domin\u00e9 par les hommes, qui r\u00e9git les r\u00e9alit\u00e9s sociales quotidiennes ainsi qu\u2019aux in\u00e9galit\u00e9s g\u00e9n\u00e9r\u00e9es et perp\u00e9tu\u00e9es par la culture (Carvarjal Escobar et al., 2008, p.&nbsp;279&nbsp;; McGaughey, 2021, p.&nbsp;14).<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Cependant, le r\u00f4le des femmes en Afrique dans l\u2019adaptation va au-del\u00e0 des normes de genre d\u00e9velopp\u00e9es par les \u00e9cof\u00e9ministes occidentales. Bien que la dimension capitaliste d\u00e9forme la notion de connaissance scientifique, comme l\u2019ont soulign\u00e9 Wane et Chandler (2002, p.&nbsp;88), ce travail met en \u00e9vidence l\u2019importance des syst\u00e8mes de savoirs traditionnels dans l\u2019adaptation. Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 que les femmes mbororo ont mis en place une diversit\u00e9 de pratiques durables telles que la culture de p\u00e2turages et la collecte de fourrage, l\u2019\u00e9levage de petits ruminants, la production laiti\u00e8re et la traite des vaches, ainsi que la diversification des moyens de subsistance. Ces techniques, g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9es pendant les p\u00e9riodes de stress climatique, ont am\u00e9lior\u00e9 leur r\u00e9sistance face aux effets du changement climatique. Les efforts des femmes se sont av\u00e9r\u00e9s tr\u00e8s utiles pendant les p\u00e9riodes de transhumance, lorsque les hommes se d\u00e9placent avec leurs troupeaux \u00e0 la recherche de p\u00e2turages et d\u2019eau. Les travaux universitaires existants ont suffisamment d\u00e9montr\u00e9 les contributions des femmes autochtones \u00e0 l\u2019adaptation au changement climatique en Afrique de l\u2019Est et en Asie. Au Kenya, par exemple, les Maasa\u00ef et les Turkana sont des communaut\u00e9s pastorales indig\u00e8nes qui vivent dans des zones arides et semi-arides expos\u00e9es aux effets n\u00e9fastes du changement climatique. Malgr\u00e9 leur vuln\u00e9rabilit\u00e9, leurs femmes ont \u00e9t\u00e9 activement impliqu\u00e9es dans la mobilit\u00e9, les options alternatives d\u2019alimentation du b\u00e9tail, la culture de fourrage et la diversification des moyens de subsistance pour r\u00e9duire les chocs li\u00e9s au climat (Banque mondiale, 2012). La relation entre le genre et le climat en Afrique de l\u2019Est et en Asie a fait l\u2019objet d\u2019une attention consid\u00e9rable (Carvarjal Escobar et al., 2008&nbsp;; Zoia et&nbsp;al., 2021&nbsp;; Deininger et&nbsp;al., 2023), mais les capacit\u00e9s d\u2019adaptation des femmes mbororo au Cameroun n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 pleinement explor\u00e9es. Les politiques et la recherche se sont concentr\u00e9es sur les Pygm\u00e9es des zones foresti\u00e8res, en raison de la richesse des ressources foresti\u00e8res qui sont sous-exploit\u00e9es. Il faut dire que les \u00e9leveurs occupent des terres marginales et des pentes abruptes qui sont souvent consid\u00e9r\u00e9es comme improductives. Il \u00e9tait donc important d\u2019examiner la capacit\u00e9 des femmes mbororo \u00e0 renforcer les pratiques durables en d\u00e9pit de leurs contraintes sp\u00e9cifiques. Cette \u00e9tude comble donc ce manque de connaissances et appelle \u00e0 une perspective \u00e9cof\u00e9ministe qui ne consid\u00e8re pas seulement les femmes comme des victimes, mais cherche \u00e0 mettre en valeur leurs syst\u00e8mes de connaissances.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion et perspectives<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce travail sur le r\u00f4le des femmes mbororo dans l\u2019adaptation au changement climatique dans la r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun avait pour objectif d\u2019examiner les contributions des femmes et leurs contraintes face \u00e0 l\u2019augmentation des chocs climatiques et des facteurs de stress associ\u00e9s. En utilisant une approche qualitative, les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es et examin\u00e9es sous l\u2019angle de la th\u00e9orie \u00e9cof\u00e9ministe. Les r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le changement climatique a entra\u00een\u00e9 une r\u00e9duction des ressources agropastorales, avec des cons\u00e9quences n\u00e9gatives sur les moyens de subsistance des communaut\u00e9s mbororo. Les diff\u00e9rences de genre r\u00e9sultant de la discrimination, des in\u00e9galit\u00e9s, de la faible participation \u00e0 la prise de d\u00e9cision et de l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 \u00e0 la terre et aux autres ressources naturelles ont exacerb\u00e9 le niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes. Cependant, ce travail a montr\u00e9 que les femmes mbororo disposent d\u2019un riche syst\u00e8me de savoirs qui mitige les impacts du changement climatique. Leurs syst\u00e8mes de connaissances \u00e9cologiques leur permettent de pr\u00e9voir l\u2019\u00e9volution des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques tels que l\u2019apparition de p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse. Les \u00ab&nbsp;voyants climatiques&nbsp;\u00bb par exemple lisent les changements lunaires et les comportements des plantes et des animaux pour pr\u00e9voir les changements climatiques. Cela s\u2019est av\u00e9r\u00e9 tr\u00e8s utile pour la planification des activit\u00e9s agropastorales. De m\u00eame, l\u2019implication des femmes dans l\u2019\u00e9levage et la diversification des moyens de subsistance sont des pratiques qui ont accru leur r\u00e9silience. Par cons\u00e9quent, les adaptations appropri\u00e9es dans les communaut\u00e9s mbororo n\u00e9cessitent une approche sensible au genre qui prenne en compte les points de vue et pratiques de la population locale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Amhair, L. (2021). A gender approach to climate change resilience. <em>Arribat<\/em>.<em> International Journal of Human Rights<\/em>,<em> 1<\/em>(2), 8.<\/p>\n\n\n\n<p>Arshad, Z., Akhtar, K., Khan, L. A., &amp; Ullah, A. (2021). Women\u2019s participation and their constraints in livestock management activities: A case study of district Bahawalpur in Punjab, Pakistan. <em>International Journal of Veterinary Science &amp; Research<\/em>, <em>7<\/em>(2), 83-87.<a href=\"https:\/\/dx.doi.org\/10.17352\/ijvsr.000085\"> <\/a><a href=\"https:\/\/dx.doi.org\/10.17352\/ijvsr.000085\">https:\/\/dx.doi.org\/10.17352\/ijvsr.000085<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Awiti, A. (2022). Climate change and gender in Africa: A review of impact and gender-responsive solutions. <em>Frontiers in Climate, Security &amp; Climate Services<\/em>, 14.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fclim.2022.895950\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fclim.2022.895950\">https:\/\/doi.org\/10.3389\/fclim.2022.895950<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Babugura, A. (2010). <em>Gender and climate change: South Africa case study.<\/em> Heinrich B\u00f6ll Foundation Southern Africa.<a href=\"https:\/\/www.boell.org.za\/\"> <\/a><a href=\"https:\/\/www.boell.org.za\/\">https:\/\/www.boell.org.za<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Banque mondiale (2012). <em>Indigenous peoples and climate change in Africa: Traditional knowledge and adaptation strategies<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Brody, A., Demetriades, J., &amp; Esplen, E. (2008). <em>Gender and climate change: Mapping the linkages, a scoping study on knowledge and gaps.<\/em> Institute of Development Studies (IDS).<a href=\"http:\/\/www.bridge.ids.ac.uk\/\"> <\/a><a href=\"http:\/\/www.bridge.ids.ac.uk\/\">http:\/\/www.bridge.ids.ac.uk\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Carvajal-Escobar, Y., Quintero-Angel, M., &amp; Vargas, G. (2008). Women\u2019s role in adapting to climate change and variability. <em>Advances in Geosciences<\/em>, <em>14<\/em>, 277-280.<\/p>\n\n\n\n<p>Chingarande, D., Huyer, S., Lanzarini, S., Makokha, J., Masiko, W., Mungai, C., Njuki, J., Adera, E. O., &amp; Omolo, N. W. G. (2020). <em>Mainstreaming gender into national adaptation planning and implementation in Sub-Saharan Africa.<\/em> CCAFS Working Paper n<sup>o<\/sup>&nbsp;323. CGIAR Research Program on Climate Change, Agriculture and Food Security (CCAFS).<a href=\"https:\/\/hdl.handle.net\/10568\/110699\"> <\/a><a href=\"https:\/\/hdl.handle.net\/10568\/110699\">https:\/\/hdl.handle.net\/10568\/110699<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Deininger, F., Woodhouse, A., Kuriakose, A., Gren, A., &amp; Liaqat, S. (2023). <em>Placing gender equality at the center of climate action.<\/em> World Bank Group Gender Thematic Policy Notes Series. World Bank.<a href=\"http:\/\/hdl.handle.net\/10986\/39436\"> <\/a><a href=\"http:\/\/hdl.handle.net\/10986\/39436\">http:\/\/hdl.handle.net\/10986\/39436<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Fon, R., &amp; Ndamba, M. (2008). <em>Mboscuda\u2019s access to justice and promotion of land rights for the Mbororos of the North West of Cameroon<\/em>. Mboscuda North West Province, Bamenda-Cameroon.<\/p>\n\n\n\n<p>Forbang, E., Lengha, T. N., &amp; Amungwa, A. (2020). The impact of livestock extension on the livelihood of Mbororo Fulani women in the North West Region of Cameroon. <em>Journal of Agricultural Studies<\/em>, <em>8<\/em>(2), 666-677.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.5296\/jas.v8i2.17076\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.5296\/jas.v8i2.17076\">https:\/\/doi.org\/10.5296\/jas.v8i2.17076<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Gaard, G. (2015). Ecofeminism and climate change. <em>Women\u2019s Studies International Forum<\/em>, <em>49<\/em>, 20-33.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.wsif.2015.02.004\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.wsif.2015.02.004\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.wsif.2015.02.004<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) (2014). <em>Changements climatiques 2014 : Rapport de synth\u00e8se. Contribution des Groupes de travail I, II et III au cinqui\u00e8me Rapport d\u2019\u00e9valuation du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat [Sous la direction de l\u2019\u00e9quipe de r\u00e9daction principale, R.K. Pachauri et L.A. Meyer]. GIEC, Gen\u00e8ve, Suisse, 161 p.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ginbo, T., &amp; Hansson, H. (2023). Intra-household risk perceptions and climate change adaptation in sub-Saharan Africa. <em>European Review of Agricultural Economics<\/em>,<em> 50<\/em>(3), 1039-1063.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/erae\/jbad0\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/erae\/jbad0\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/erae\/jbad0<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Harris-Coble, L., Balehegn, M., Adesogan, A., &amp; Colverson, K. (2021). Gender and livestock feed research in developing countries: A review. <em>Agronomy Journal<\/em>, 259-276.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/agj2.20875\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1002\/agj2.20875\">https:\/\/doi.org\/10.1002\/agj2.20875<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Jabiru, A. (2006). From nomads to nationals, from nationals to undesirable elements: The case of the Mbororo\/Fulani in North West Cameroon 1916-2008, a historical investigation. <em>International Journal of Latest Engineering and Management Research (IJLEMR)<\/em>, 10-19.<\/p>\n\n\n\n<p>Jabiru, A. (2017). The Mbororo problem in North West Cameroon: A historical investigation. <em>American Scientific Research Journal for Engineering, Technology, and Sciences (ASRJETS)<\/em>, 37-48.<a href=\"http:\/\/asrjetsjournal.org\/\"> <\/a><a href=\"http:\/\/asrjetsjournal.org\/\">http:\/\/asrjetsjournal.org\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Johnson, O. (2022). A woman\u2019s place is in the resistance: An ecofeminist response to climate change. <em>Student Theses<\/em>, 71.<a href=\"https:\/\/research.library.fordham.edu\/environ_2015\/128\"> <\/a><a href=\"https:\/\/research.library.fordham.edu\/environ_2015\/128\">https:\/\/research.library.fordham.edu\/environ_2015\/128<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Mekuyie, M., Jordaan, A., &amp; Melka, Y. (2018). Understanding resilience of pastoralists to climate change and variability in the Southern Afar Region, Ethiopia. <em>Climate Risk Management<\/em>, <em>20<\/em>, 1-10.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.crm.2018.02.004\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.crm.2018.02.004\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.crm.2018.02.004<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>McGaughey, C. (2021). Girls\u2019 education and climate resilience in Sub-Saharan Africa\u2019s agricultural sector. <em>International Human Rights Internship Program Working Paper Series<\/em>, <em>10<\/em>(1), 46.<\/p>\n\n\n\n<p>Molua, E. (2007). The economic impact of climate change on agriculture in Cameroon. <em>World Bank Policy Research Working Paper Series<\/em>, <em>4.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Molua, E. (2011). Farm income, gender differentials, and climate risk in Cameroon: Typology of male and female adaptation options across agroecologies. <em>Sustainability Science<\/em>,<em> 6<\/em>(1), 21-35.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/s11625-010-0123-z\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/s11625-010-0123-z\">https:\/\/doi.org\/10.1007\/s11625-010-0123-z<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Moye, E., Hassan, U., &amp; Nfor, J. T. (2021). Implications of climatic stressors on agro-pastoral resources among Mbororo communities along the slopes of Kilum-Ijim Mountain, North West Region, Cameroon. <em>Frontiers in Sustainable Food Systems, Land, Livelihoods and Food Security.<\/em><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fsufs.2021.685071\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fsufs.2021.685071\">https:\/\/doi.org\/10.3389\/fsufs.2021.685071<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Nellemann, C., Verma, R., &amp; Hislop, L. (eds.) (2011). <em>Women at the frontline of climate change: Gender risks and hopes.<\/em> United Nations Environment Programme, GRID-Arendal.<\/p>\n\n\n\n<p>Ngalim, A. (2015). Cattle rearing systems in the North West Region of Cameroon: Historical trends on changing techniques and strategies. <em>Journal of Educational Policy and Entrepreneurial Research (JEPER)<\/em>, <em>2<\/em>(10), 175-189.<\/p>\n\n\n\n<p>Njieassam, E. (2019). Gender inequality and land rights: The situation of indigenous women in Cameroon. <em>Pioneer in Peer-Reviewed, Open Access Online Law Publications<\/em>, 33.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.17159\/1727-3781\/2019\/v22i0a4907\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.17159\/1727-3781\/2019\/v22i0a4907\">https:\/\/doi.org\/10.17159\/1727-3781\/2019\/v22i0a4907<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Ogbeide-Osaretin, N., &amp; Efe, O. (2022). Climate change mitigation and gender inequality nexus: Evidence from Sub-Saharan Africa. <em>Journal of Economics and Allied Research<\/em>,<em> 7<\/em>(1), 12.<\/p>\n\n\n\n<p>Okali, C., &amp; Naess, L. O. (2013). <em>Making sense of gender, climate change and agriculture in sub-Saharan Africa: Creating gender responsive climate adaptation policy<\/em> (Working Paper n<sup>o<\/sup>&nbsp;057). Future Agricultures. http:\/\/www.future-agricultures.org<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>ONU (2015, 12 d\u00e9cembre). L\u2019Accord de Paris relatif \u00e0 la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>ONU (2020). <em>Gender equality in climate change: Analysis report on gender in climate change policies, programs and NDC processes<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>ONU Femmes (2009). <em>Women, gender equality and climate change<\/em>. The UN Internet Gateway on Gender Equality and Empowerment of Women.<a href=\"http:\/\/www.un.org\/womenwatch\"> <\/a><a href=\"http:\/\/www.un.org\/womenwatch\">www.un.org\/womenwatch<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Oyosi, S. (2016). <em>Gender resilience to climate change adaptation in Africa: A case study of women in Eastern Kenya<\/em> (Master\u2019s thesis). University of Nairobi.<\/p>\n\n\n\n<p>Santino, O. A. (2020). <em>Climate change and women\u2019s rights in Sub-Saharan Africa: A literature review<\/em> (Master\u2019s thesis). Diaconia University of Applied Sciences.<\/p>\n\n\n\n<p>Senja, O. (2021). Gender and climate change: Challenges and opportunities. <em>HAPSc Policy Briefs Series<\/em>, <em>2<\/em>(2), 85-93.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.12681\/hapscpbs.29494\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.12681\/hapscpbs.29494\">https:\/\/doi.org\/10.12681\/hapscpbs.29494<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Shafiq, M. (2008). Analysis of the role of women in livestock production in Balochistan, Pakistan. <em>Journal of Agriculture &amp; Social Sciences<\/em>, <em>4<\/em>(1), 18-22.<a href=\"http:\/\/www.fspublishers.org\/\"> <\/a><a href=\"http:\/\/www.fspublishers.org\/\">http:\/\/www.fspublishers.org<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sutz, P., Beauchamp, E., &amp; Bolin, A. (2021). <em>Routes to change: Rural women\u2019s voices in land, climate, and market governance in sub-Saharan Africa.<\/em> International Institute for Environment and Development (IIED).<a href=\"https:\/\/www.iied.org\/20331iied\"> <\/a><a href=\"https:\/\/www.iied.org\/20331iied\">https:\/\/www.iied.org\/20331iied<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Tantoh, H. B., McKay, T., Donkor, F. E., &amp; Simatele, M. D. (2021). Gender roles, implications for water, land, and food security in a changing climate: A systematic review. <em>Frontiers in Sustainable Food Systems, Land, Livelihoods and Food Security.<\/em><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fsufs.2021.707835\"> <\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fsufs.2021.707835\">https:\/\/doi.org\/10.3389\/fsufs.2021.707835<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Tantoh, H., Ebhuoma, E., &amp; Leonard, L. (2022). Indigenous women\u2019s vulnerability to climate change and adaptation strategies in Central Africa: A systematic review. Dans Ebhuoma, E.&nbsp;E., Leonard, L. (eds), <em>Indigenous knowledge and climate governance<\/em> (pp. 42\u201356), Springer.<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1007\/978-3-030-99411-2_5\"> https:\/\/doi.org\/10.1007\/978-3-030-99411-2_5<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Wane, M., &amp; Chandler, D. (2002). African women, cultural knowledge, and environmental education with a focus on Kenya\u2019s Indigenous women. <em>Canadian Journal of Environmental Education<\/em>, <em>7<\/em>(1), 86-98.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Le probl\u00e8me mbororo se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 ceux de la marginalisation, de la sous-repr\u00e9sentation ou de la non-repr\u00e9sentation, de la s\u00e9dentarisation, de la libre circulation, de la libre interaction avec les premiers habitants, de la stigmatisation par les non-Mbororo. Les Mbororo (en raison de leur mode de vie nomade, pastoral et s\u00e9dentaire) dans la r\u00e9gion Nord-Ouest ont \u00e9t\u00e9 victimes d\u2019exploitation, d\u2019oppression, de harc\u00e8lement et d\u2019humiliation de la part de leurs voisins agriculteurs, de l\u2019administration et de certaines \u00e9lites mbororo riches et assoiff\u00e9es de pouvoir. Ce probl\u00e8me peut \u00e9galement \u00eatre d\u00fb au mode de vie des Mbororo, \u00e0 l&rsquo;illettrisme et au manque de conseils et de coop\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Entretien avec une \u00e9lite mbororo sur les pentes de la colline de Sabga, r\u00e9alis\u00e9 en mars&nbsp;2023.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Entretien avec un \u00e9leveur de b\u00e9tail sur les pentes de Sabga en 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Entretien avec une cheffe de groupe de femmes mbororo et membre de Mboscuda \u00e0 Mezam, Bamenda.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> Programme Acefa&nbsp;: am\u00e9lioration de la comp\u00e9titivit\u00e9 des exploitations familiales agropastorales.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Minist\u00e8re de l\u2019\u00c9levage, des P\u00eaches et des Industries animales.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> Entretien avec une cheffe de groupe de femmes mbororo et membre de Mboscuda \u00e0 Mezam, Bamenda.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> Interview d\u2019une femme mbororo participant \u00e0 la traite des vaches \u00e0 Funding en 2023.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> Entretien avec une femme de l\u2019\u00e9lite mbororo et militante des droits de l\u2019homme en 2023.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":11119,"template":"","meta":[],"series-categories":[1348],"cat-articles":[1355],"keywords":[1400,1404,1406,1405,1402,1367,1403],"ppma_author":[427],"class_list":["post-25576","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-9","cat-articles-jeunes-chercheurs","keywords-adaptation","keywords-changement-climatique","keywords-ecofeminisme","keywords-feminisme","keywords-femmes-mbororo","keywords-genre","keywords-savoirs-endogenes-des-pasteurs","author-moye-eric-kongnso-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>L\u2019adaptation des femmes mbororo au changement climatique : Exp\u00e9riences d\u2019une communaut\u00e9 pastorale dans la r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/women-in-climate-change-adaptation-insights-from-an-indigenous-pastoralist-community-in-the-north-west-region-cameroon\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L\u2019adaptation des femmes mbororo au changement climatique : Exp\u00e9riences d\u2019une communaut\u00e9 pastorale dans la r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Contexte et justification La variabilit\u00e9 et le changement climatiques constituent l\u2019un des enjeux globaux les plus difficiles \u00e0 r\u00e9soudre aujourd\u2019hui. Aborder efficacement les questions d\u2019adaptation et d\u2019att\u00e9nuation est devenu une priorit\u00e9 mondiale. Les impacts du changement climatique ont partie li\u00e9e avec le genre car les hommes et les femmes sont confront\u00e9s \u00e0 des vuln\u00e9rabilit\u00e9s diff\u00e9rentes en raison d\u2019in\u00e9galit\u00e9s telles que l\u2019acc\u00e8s aux ressources et la participation \u00e0 la prise de d\u00e9cision. Ces in\u00e9galit\u00e9s et discriminations r\u00e9duisent la capacit\u00e9 des femmes \u00e0 s\u2019adapter et \u00e0 att\u00e9nuer les effets du changement climatique (Carvarjal Escobar et al., 2008, p.&nbsp;278&nbsp;; Chingarande et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;34&nbsp;; Nwamaka et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;4). Des \u00e9tudes ont \u00e9galement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les femmes autochtones sont tr\u00e8s expos\u00e9es aux al\u00e9as climatiques en raison de leur lien inextricable avec la nature et de leurs strat\u00e9gies d\u2019adaptation limit\u00e9es (Tantoh et&nbsp;al., 2022). Selon le GIEC (2014, p.&nbsp;5), les segments les plus pauvres de la soci\u00e9t\u00e9 sont les plus vuln\u00e9rables au changement climatique, la pauvret\u00e9 \u00e9tant un d\u00e9terminant cl\u00e9 de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 pour plusieurs raisons. D\u2019une part elle restreint l\u2019acc\u00e8s aux ressources permettant de faire face aux \u00e9v\u00e9nements climatiques extr\u00eames et d\u2019autre part elle favorise la marginalisation dans la prise de d\u00e9cision et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la protection sociale. En Afrique subsaharienne, les in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9, d\u2019acc\u00e8s et de contr\u00f4le des ressources naturelles ont expos\u00e9 les femmes aux chocs climatiques (ONU Femmes, 2009&nbsp;; Awiti, 2022, p.&nbsp;9). D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale les femmes y sont confront\u00e9es \u00e0 une discrimination fond\u00e9e sur le genre en ce qui concerne le contr\u00f4le et la propri\u00e9t\u00e9 des terres (Njieassam, 2019, p.&nbsp;8), mais les femmes autochtones connaissent une triple discrimination fond\u00e9e sur leur sexe leur appartenance ethnique et leur classe \u00e9conomique. Les femmes fournissent plus de 80&nbsp;% de la main-d\u2019\u0153uvre agricole et domestique en Afrique, mais elles contr\u00f4lent moins de terres que les hommes&nbsp;; en outre, les terres qu\u2019elles contr\u00f4lent ont tendance \u00e0 \u00eatre moins fertiles, et le r\u00e9gime foncier des femmes n\u2019est pas s\u00e9curis\u00e9 (Njieassam, 2019, p.&nbsp;15). Toutefois, en d\u00e9pit de leurs positions critiques, les femmes disposent de connaissances, de comp\u00e9tences et d\u2019agentivit\u00e9 remarquables dans la gestion des ressources naturelles et sont souvent en premi\u00e8re ligne dans l\u2019adaptation au changement climatique notamment en situation de forte \u00e9migration masculine (Nellemann et&nbsp;al., 2011). Les politiques climatiques sensibles au genre doivent donc \u00eatre renforc\u00e9es dans toutes les dimensions relatives \u00e0 l\u2019adaptation, l\u2019att\u00e9nuation, dans les moyens de la mise en \u0153uvre (financement, d\u00e9veloppement,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;transfert de technologies, et renforcement des capacit\u00e9s) ainsi que dans la prise de d\u00e9cision (Chingarande et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;19). Au Cameroun, l\u2019agriculture est l\u2019\u00e9pine dorsale de l\u2019\u00e9conomie, employant pr\u00e8s de 70&nbsp;% de la population et contribuant \u00e0 environ 35&nbsp;% du produit national brut du pays (Molua, 2011, p.&nbsp;21). Les productrices camerounaises constituent un groupe important, impliqu\u00e9 principalement dans la production de cultures vivri\u00e8res, mais de plus en plus, l\u2019\u00e9levage de petits animaux et de ruminants est en train de devenir une activit\u00e9 secondaire (Molua, 2011, p.&nbsp;29). Avec diff\u00e9rentes zones \u00e9cologiques, la r\u00e9gion Nord-Ouest du Cameroun pr\u00e9sente une agro\u00e9cologie qui favorise les cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res et l\u2019\u00e9levage. Dans un contexte essentiellement traditionnel, les femmes sont principalement impliqu\u00e9es dans une agriculture sensible aux moindres changements m\u00e9t\u00e9orologiques et la plupart des agriculteurs ont du mal \u00e0 faire face \u00e0 ces changements. La r\u00e9gion compte plus de 8&nbsp;000&nbsp;\u00e9leveurs, dont plus des deux tiers sont des femmes et des enfants (Jabiru, 2017, p.&nbsp;38). Ces pasteurs sont arriv\u00e9s du Nig\u00e9ria voisin vers 1905 en tant que nomades. Ils ont rencontr\u00e9 des communaut\u00e9s d\u00e9j\u00e0 install\u00e9es qui les ont consid\u00e9r\u00e9es comme des \u00e9trangers sans droits l\u00e9gitimes de poss\u00e9der des terres et des ressources fonci\u00e8res (Jabiru, 2006, p.&nbsp;11). Dans cette configuration faite de marginalisation et de sous-repr\u00e9sentation, que Jibaru (2017, p.&nbsp;38) a appel\u00e9 le \u00ab&nbsp;probl\u00e8me mbororo[1]&nbsp;\u00bb, les pasteurs mbororo de la r\u00e9gion Nord-Ouest ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 de s\u00e9rieux d\u00e9fis pour disposer de moyens de subsistance durables et leurs vuln\u00e9rabilit\u00e9s aux al\u00e9as climatiques ont \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9es par des in\u00e9galit\u00e9s et des discriminations de genre. En Inde, au N\u00e9pal, au Bangladesh, au Kenya et en Tanzanie, le r\u00f4le des femmes autochtones dans l\u2019adaptation au changement climatique a \u00e9t\u00e9 largement explor\u00e9. Au Cameroun en revanche, les connaissances sur le r\u00f4le des femmes mbororo dans l\u2019adaptation au changement climatique et les politiques connexes sont encore rares. Pour combler cette lacune, ce travail cherche \u00e0 d\u00e9montrer que, malgr\u00e9 leur vuln\u00e9rabilit\u00e9, les femmes mbororo disposent de syst\u00e8mes de savoirs traditionnels qui sont particuli\u00e8rement utiles pour r\u00e9duire les chocs li\u00e9s au climat et assurer la durabilit\u00e9 des moyens de subsistance. Cadre th\u00e9orique&nbsp;: La perspective \u00e9cof\u00e9ministe dans l\u2019adaptation au changement climatique L\u2019\u00e9cof\u00e9minisme est un cadre th\u00e9orique interdisciplinaire introduit par Fran\u00e7oise d\u2019Eaubonne, une f\u00e9ministe fran\u00e7aise, en 1974. Cette approche relie le changement climatique et le genre, ainsi que d\u2019autres facteurs connexes tels que la d\u00e9forestation, la conservation, le capitalisme et les in\u00e9galit\u00e9s (Johnson, 2022, p.&nbsp;18). Les th\u00e9ories f\u00e9ministes soutiennent que les d\u00e9fis auxquels les femmes sont confront\u00e9es aujourd\u2019hui sont le r\u00e9sultat de syst\u00e8mes de valeurs domin\u00e9s par les hommes qui r\u00e9gissent les r\u00e9alit\u00e9s sociales quotidiennes et elles con\u00e7oivent le genre comme \u00e9tant socialement g\u00e9n\u00e9r\u00e9 et perp\u00e9tu\u00e9 par la culture (Gaard, 2015, p.&nbsp;23&nbsp;; Oyosi, 2016, p.&nbsp;12). Les in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9, d\u2019acc\u00e8s et de contr\u00f4le des ressources naturelles, ainsi que les dynamiques par lesquelles les in\u00e9galit\u00e9s de genre fa\u00e7onnent et sont fa\u00e7onn\u00e9es par les priorit\u00e9s, les exp\u00e9riences et la capacit\u00e9 d\u2019adaptation \u00e0 la suite de chocs syst\u00e9miques, sont d\u2019une importance capitale pour renforcer l\u2019adaptation (Awiti, 2022, p.&nbsp;9). En 2015, lors de l\u2019Accord de Paris des Nations unies, les parties ont reconnu que les mesures d\u2019adaptation devraient suivre une approche pilot\u00e9e par le pays, sensible au genre, participative et totalement transparente, en prenant en consid\u00e9ration les groupes, les communaut\u00e9s et les \u00e9cosyst\u00e8mes vuln\u00e9rables, et qu\u2019elles devraient \u00eatre fond\u00e9es et guid\u00e9es par les plus robustes connaissances scientifiques disponibles et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, les connaissances traditionnelles, les savoirs des populations autochtones et les syst\u00e8mes de savoirs locaux, afin d\u2019int\u00e9grer l\u2019adaptation dans les politiques et actions socio-\u00e9conomiques et environnementales pertinentes (ONU, 2015, p.&nbsp;11). 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Aborder efficacement les questions d\u2019adaptation et d\u2019att\u00e9nuation est devenu une priorit\u00e9 mondiale. Les impacts du changement climatique ont partie li\u00e9e avec le genre car les hommes et les femmes sont confront\u00e9s \u00e0 des vuln\u00e9rabilit\u00e9s diff\u00e9rentes en raison d\u2019in\u00e9galit\u00e9s telles que l\u2019acc\u00e8s aux ressources et la participation \u00e0 la prise de d\u00e9cision. Ces in\u00e9galit\u00e9s et discriminations r\u00e9duisent la capacit\u00e9 des femmes \u00e0 s\u2019adapter et \u00e0 att\u00e9nuer les effets du changement climatique (Carvarjal Escobar et al., 2008, p.&nbsp;278&nbsp;; Chingarande et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;34&nbsp;; Nwamaka et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;4). Des \u00e9tudes ont \u00e9galement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les femmes autochtones sont tr\u00e8s expos\u00e9es aux al\u00e9as climatiques en raison de leur lien inextricable avec la nature et de leurs strat\u00e9gies d\u2019adaptation limit\u00e9es (Tantoh et&nbsp;al., 2022). Selon le GIEC (2014, p.&nbsp;5), les segments les plus pauvres de la soci\u00e9t\u00e9 sont les plus vuln\u00e9rables au changement climatique, la pauvret\u00e9 \u00e9tant un d\u00e9terminant cl\u00e9 de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 pour plusieurs raisons. D\u2019une part elle restreint l\u2019acc\u00e8s aux ressources permettant de faire face aux \u00e9v\u00e9nements climatiques extr\u00eames et d\u2019autre part elle favorise la marginalisation dans la prise de d\u00e9cision et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la protection sociale. En Afrique subsaharienne, les in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9, d\u2019acc\u00e8s et de contr\u00f4le des ressources naturelles ont expos\u00e9 les femmes aux chocs climatiques (ONU Femmes, 2009&nbsp;; Awiti, 2022, p.&nbsp;9). D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale les femmes y sont confront\u00e9es \u00e0 une discrimination fond\u00e9e sur le genre en ce qui concerne le contr\u00f4le et la propri\u00e9t\u00e9 des terres (Njieassam, 2019, p.&nbsp;8), mais les femmes autochtones connaissent une triple discrimination fond\u00e9e sur leur sexe leur appartenance ethnique et leur classe \u00e9conomique. 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Les politiques climatiques sensibles au genre doivent donc \u00eatre renforc\u00e9es dans toutes les dimensions relatives \u00e0 l\u2019adaptation, l\u2019att\u00e9nuation, dans les moyens de la mise en \u0153uvre (financement, d\u00e9veloppement,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;transfert de technologies, et renforcement des capacit\u00e9s) ainsi que dans la prise de d\u00e9cision (Chingarande et&nbsp;al., 2020, p.&nbsp;19). Au Cameroun, l\u2019agriculture est l\u2019\u00e9pine dorsale de l\u2019\u00e9conomie, employant pr\u00e8s de 70&nbsp;% de la population et contribuant \u00e0 environ 35&nbsp;% du produit national brut du pays (Molua, 2011, p.&nbsp;21). Les productrices camerounaises constituent un groupe important, impliqu\u00e9 principalement dans la production de cultures vivri\u00e8res, mais de plus en plus, l\u2019\u00e9levage de petits animaux et de ruminants est en train de devenir une activit\u00e9 secondaire (Molua, 2011, p.&nbsp;29). 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Dans cette configuration faite de marginalisation et de sous-repr\u00e9sentation, que Jibaru (2017, p.&nbsp;38) a appel\u00e9 le \u00ab&nbsp;probl\u00e8me mbororo[1]&nbsp;\u00bb, les pasteurs mbororo de la r\u00e9gion Nord-Ouest ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 de s\u00e9rieux d\u00e9fis pour disposer de moyens de subsistance durables et leurs vuln\u00e9rabilit\u00e9s aux al\u00e9as climatiques ont \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9es par des in\u00e9galit\u00e9s et des discriminations de genre. En Inde, au N\u00e9pal, au Bangladesh, au Kenya et en Tanzanie, le r\u00f4le des femmes autochtones dans l\u2019adaptation au changement climatique a \u00e9t\u00e9 largement explor\u00e9. Au Cameroun en revanche, les connaissances sur le r\u00f4le des femmes mbororo dans l\u2019adaptation au changement climatique et les politiques connexes sont encore rares. Pour combler cette lacune, ce travail cherche \u00e0 d\u00e9montrer que, malgr\u00e9 leur vuln\u00e9rabilit\u00e9, les femmes mbororo disposent de syst\u00e8mes de savoirs traditionnels qui sont particuli\u00e8rement utiles pour r\u00e9duire les chocs li\u00e9s au climat et assurer la durabilit\u00e9 des moyens de subsistance. Cadre th\u00e9orique&nbsp;: La perspective \u00e9cof\u00e9ministe dans l\u2019adaptation au changement climatique L\u2019\u00e9cof\u00e9minisme est un cadre th\u00e9orique interdisciplinaire introduit par Fran\u00e7oise d\u2019Eaubonne, une f\u00e9ministe fran\u00e7aise, en 1974. Cette approche relie le changement climatique et le genre, ainsi que d\u2019autres facteurs connexes tels que la d\u00e9forestation, la conservation, le capitalisme et les in\u00e9galit\u00e9s (Johnson, 2022, p.&nbsp;18). Les th\u00e9ories f\u00e9ministes soutiennent que les d\u00e9fis auxquels les femmes sont confront\u00e9es aujourd\u2019hui sont le r\u00e9sultat de syst\u00e8mes de valeurs domin\u00e9s par les hommes qui r\u00e9gissent les r\u00e9alit\u00e9s sociales quotidiennes et elles con\u00e7oivent le genre comme \u00e9tant socialement g\u00e9n\u00e9r\u00e9 et perp\u00e9tu\u00e9 par la culture (Gaard, 2015, p.&nbsp;23&nbsp;; Oyosi, 2016, p.&nbsp;12). Les in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9, d\u2019acc\u00e8s et de contr\u00f4le des ressources naturelles, ainsi que les dynamiques par lesquelles les in\u00e9galit\u00e9s de genre fa\u00e7onnent et sont fa\u00e7onn\u00e9es par les priorit\u00e9s, les exp\u00e9riences et la capacit\u00e9 d\u2019adaptation \u00e0 la suite de chocs syst\u00e9miques, sont d\u2019une importance capitale pour renforcer l\u2019adaptation (Awiti, 2022, p.&nbsp;9). En 2015, lors de l\u2019Accord de Paris des Nations unies, les parties ont reconnu que les mesures d\u2019adaptation devraient suivre une approche pilot\u00e9e par le pays, sensible au genre, participative et totalement transparente, en prenant en consid\u00e9ration les groupes, les communaut\u00e9s et les \u00e9cosyst\u00e8mes vuln\u00e9rables, et qu\u2019elles devraient \u00eatre fond\u00e9es et guid\u00e9es par les plus robustes connaissances scientifiques disponibles et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, les connaissances traditionnelles, les savoirs des populations autochtones et les syst\u00e8mes de savoirs locaux, afin d\u2019int\u00e9grer l\u2019adaptation dans les politiques et actions socio-\u00e9conomiques et environnementales pertinentes (ONU, 2015, p.&nbsp;11). 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