{"id":25555,"date":"2025-03-20T07:35:59","date_gmt":"2025-03-20T07:35:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/all-quiet-on-the-eastern-front-1-war-extraction-and-silence\/"},"modified":"2026-04-28T15:31:47","modified_gmt":"2026-04-28T15:31:47","slug":"all-quiet-on-the-eastern-front-1-war-extraction-and-silence","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/all-quiet-on-the-eastern-front-1-war-extraction-and-silence\/","title":{"rendered":"\u00c0 l\u2019Est, rien de nouveau[1] : guerre, extraction et silence"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire<\/strong> : Bonjour professeure Nakabanda, merci d\u2019avoir accept\u00e9 cet entretien. Depuis quelques mois, nous avons initi\u00e9 une s\u00e9rie d\u2019entretiens autour de la r\u00e9gion des Grands Lacs, pour essayer d\u2019en comprendre les dynamiques et les enjeux. Dans ce cadre, nous avons d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 une interview avec <a href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/numero-05\/art-05-11-fr\">prof. Toussaint Kafarhire<\/a> et une autre avec<a href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/numero-06\/art-06-07-fr\"> prof Rigobert Minani Bihuzo<\/a>. Mais avant d\u2019entrer dans le vif du sujet, nous aimerions que vous vous pr\u00e9sentiez pour nous rappeler votre parcours d&rsquo;universitaire, mais aussi d&rsquo;activiste de la soci\u00e9t\u00e9 civile.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nathalie Nakabanda<\/strong> : Merci d&rsquo;avoir bien voulu m&rsquo;associer \u00e0 cet exercice qui est pour moi une r\u00e9flexion importante. Je suis Nathalie Vumilia Nakabanda. Je suis n\u00e9e dans le village d\u2019Iraga, dans le groupement de Karhongo \u00e0 Nyangezi, au Sud-Kivu. Mon p\u00e8re \u00e9tait chef de village et mon grand fr\u00e8re lui a succ\u00e9d\u00e9. Mon p\u00e8re \u00e9tait charpentier, ma m\u00e8re cultivatrice, je suis donc issue d\u2019un milieu plut\u00f4t modeste. Mon p\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t, \u00e0 mes 3 ans et ma m\u00e8re quand j\u2019avais 17 ans. J&rsquo;ai fait une partie de mes \u00e9tudes primaires \u00e0 Nyangezi. Je suis all\u00e9e au Burundi en 1984 continuer mes \u00e9tudes pour des raisons familiales, puis je suis \u00e0 nouveau retourn\u00e9e \u00e0 Bukavu pour int\u00e9grer l&rsquo;Universit\u00e9 catholique de Bukavu o\u00f9 j&rsquo;ai \u00e9tudi\u00e9 le droit priv\u00e9 et judiciaire. J\u2019ai ensuite fait une ma\u00eetrise compl\u00e9mentaire en droits de l&rsquo;homme \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie Louvain, ainsi qu\u2019une th\u00e8se portant sur \u00ab La protection de la veuve en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo. Quelle effectivit\u00e9 ? \u00bb. Je suis actuellement professeure titulaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 mon engagement dans l&rsquo;activisme, il me vient principalement de ma m\u00e8re parce qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 pour moi une grande militante. C\u2019est elle qui a motiv\u00e9 ma th\u00e8se sur les droits des veuves. En tant que femme d\u2019un chef de village d\u00e9c\u00e9d\u00e9, ma m\u00e8re a d\u00fb se battre contre vents et mar\u00e9es pour que l&rsquo;on puisse respecter ses droits et ceux de ses enfants, faisant face \u00e0 nos oncles paternels et toute autre personne qui tentait de bafouer nos droits. J&rsquo;ai donc compris tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 travers elle, la n\u00e9cessit\u00e9 de lutter pour avoir justice notamment pour les femmes d\u00e9pourvues de pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me personne qui a motiv\u00e9 mon combat pour la d\u00e9fense des droits est <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Christophe_Munzihirwa\">Monseigneur Munzihirwa<\/a>. Bien que je ne l\u2019aie jamais rencontr\u00e9 personnellement, je l&rsquo;ai connu \u00e0 travers ses paroles et ses \u00e9crits. En 1999, lorsque je suis venue \u00e9tudier \u00e0 Bukavu, il y avait la guerre men\u00e9e par l\u2019Alliance des forces d\u00e9mocratiques pour la lib\u00e9ration du Congo (AFDL). Il appelait la population \u00e0 la r\u00e9sistance pacifique. Il incarnait \u00e0 mes yeux un mod\u00e8le \u00e0 suivre, un homme qui osait s\u2019opposer \u00e0 la violation des droits face \u00e0 des personnes arm\u00e9es au prix de sa propre vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre source d\u2019inspiration pour moi a \u00e9t\u00e9 le cin\u00e9ma. La fiction, quand elle mobilise les r\u00e9pertoires de lutte pacifique pour la justice, la paix, la dignit\u00e9 et le respect de la personne humaine, est un instrument de lib\u00e9ration formidable. Il y avait quelque chose de cet ordre, une id\u00e9e de grandeur d&rsquo;une cause qui vaut la peine de mourir quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 militer dans le Grapes, un groupe de r\u00e9flexion et d&rsquo;analyse politique, \u00e9conomique et sociale, mais aussi de lutte contre les violations des droits humains soutenue par certains p\u00e8res missionnaires xav\u00e9riens. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, mes amis m\u2019ont surnomm\u00e9e \u00ab Sarafina<em> \u00bb. <\/em>En effet,pendant la guerre du Rassemblement congolais pour la d\u00e9mocratie (RCD en 1998), on hissait des drapeaux de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) pendant la nuit. J\u2019\u00e9tais celle qui devait apporter le drapeau. La sanction lorsqu\u2019on se faisait prendre, c\u2019\u00e9tait la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re personne qui m&rsquo;inspire et qui me pousse \u00e0 agir encore et encore est le Christ. J&rsquo;aime lire la Bible, je ne la connais pas beaucoup, mais quand j&rsquo;ai un peu de temps, je m&rsquo;exerce \u00e0 la lire. J\u00e9sus-Christ est un pacifiste, un non-violent actif, un mod\u00e8le \u00e0 suivre. Il y a aussi la Vierge Marie, cette femme qui a dit oui, sachant ce qui l\u2019attendait. Cette femme qui accepte de vivre tout ce qu&rsquo;elle a v\u00e9cu et qui retourne toujours vers le Seigneur pour demander la paix. Voil\u00e0 des mod\u00e8les de personnes, \u00e0 mes yeux, qui m\u2019accompagnent dans mon quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>Et enfin, il y a un ouvrier de l&rsquo;ombre, mon \u00e9poux. Il est tr\u00e8s discret, mais il me soutient, m\u2019aide et m&rsquo;encourage. Je trouve que mes enfants et les membres de ma famille sont \u00e9galement autant de personnes qui me poussent \u00e0 avancer, \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer et \u00e0 m\u2019accrocher \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance que les choses peuvent s\u2019am\u00e9liorer si chacun y met du sien. Voil\u00e0 bri\u00e8vement qui je suis.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire<\/strong> : Pouvez-vous nous aider \u00e0 comprendre un peu mieux ce qui est en train de se passer \u00e0 l\u2019Est de la RDC, en nous rappelant le contexte historique, mais aussi r\u00e9gional, les acteurs et les d\u00e9terminants de ces derniers \u00e9v\u00e9nements ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nathalie Nakabanda : <\/strong>Je ne suis ni historienne ni sp\u00e9cialiste des conflits, je suis juriste, je tiens \u00e0 le rappeler. L\u2019analyse que je propose ici est strictement personnelle. La guerre en RDC est complexe et multidimensionnelle, elle tire son origine lointaine dans les d\u00e9coupages des fronti\u00e8res d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 Berlin en 1885. Ce d\u00e9coupage s\u2019est fait de mani\u00e8re violente et arbitraire sans tenir compte d\u2019aucune r\u00e9alit\u00e9 africaine, mais il nous a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 comme tel.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9opold II avait \u00ab son \u00bb \u00c9tat ind\u00e9pendant du Congo (EIC) qu&rsquo;il a fond\u00e9 sur l&rsquo;exploitation violente et criminelle des peuples et des richesses du Congo jusqu&rsquo;au 15 novembre 1908, p\u00e9riode \u00e0 laquelle le pays devient une colonie belge lorsque le roi L\u00e9opold II vend litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;son&nbsp;\u00bb Congo \u00e0 la Belgique. En 1925, le Congo prend une autre configuration puisque le Ruanda-Urundi (aujourd&rsquo;hui le Rwanda et le Burundi) devient une des provinces du Congo belge (voir <a href=\"https:\/\/www.axl.cefan.ulaval.ca\/afrique\/congo_belge.htm#:~:text=En%201925%2C%20le%20Ruanda%2DUrundi,capitale%20administrative%20du%20Congo%20belge.\">Congo belge<\/a>&nbsp;; <a href=\"https:\/\/www.arch.be\/index.php?l=fr&amp;m=actualites&amp;r=toutes-les-actualites&amp;a=2024-01-15-les-rapports-de-l-administration-coloniale-au-rwanda-et-burundi-sont-ouverts-a-la-recherche\">Les rapports de l\u2019administration coloniale au Rwanda et Burundi sont ouverts \u00e0 la recherche &#8211; Archives de l&rsquo;\u00c9tat en Belgique<\/a>). Les fronti\u00e8res entre ces trois \u00c9tats seront d\u00e9termin\u00e9es par le Protocole de Bruxelles sign\u00e9 le 14 mai 1910 par les gouvernements belge, allemand et britannique au sujet de la fronti\u00e8re du lac Tanganyika au lac Kivu. Les mouvements des populations entre ces trois \u00c9tats sont incessants : les Congolais se retrouvent au Rwanda et au Burundi et inversement. Tel est le cas des Barundi, d\u2019origine burundaise dans la plaine de la Ruzizi, qui se sont install\u00e9s dans la zone pendant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Selon les \u00e9crits, c\u2019est en 1928 que le colonisateur divisa le territoire d\u2019Uvira en trois chefferies, en fonction des grands groupes ethniques : la chefferie des Bavira, celle des Bafuliro et celle des Barundi. (Voir \u00e0 ce sujet <a href=\"https:\/\/www.files.ethz.ch\/isn\/167978\/206-comprendre-les-conflits-dans-lest-du-congo-i-la-plaine-de-la-ruzizi.pdf\">Comprendre les conflits dans l\u2019Est du Congo (I) : la plaine de la Ruzizi<\/a>). De m\u00eame, les Banyamulenge s&rsquo;installent en RDC en tant qu\u2019immigr\u00e9s. Certains en tant que pasteurs tutsi qui menaient leurs troupeaux vers les hauts plateaux d\u2019Itombwe \u00e0 la recherche de meilleures terres ou de meilleurs p\u00e2turages, et d\u2019autres fuyant les exactions li\u00e9es aux arm\u00e9es du mwami Rwabugiri qui tentait de conqu\u00e9rir le Kyniaga au Rwanda (voir aussi <a href=\"https:\/\/shs.cairn.info\/images-memoires-et-savoirs--9782811102081-page-461?lang=fr\">Le pass\u00e9 des Banyamulenge et la m\u00e9moire des autres (1970-2006) | Cairn.info<\/a>&nbsp;; <a href=\"https:\/\/base.afrique-gouvernance.net\/docs\/l_autre_visage_du_conflit_dans_la_crise_des_grands_lacs..pdf\">L&rsquo;autre visage du conflit dans la crise des Grands Lacs ; m\u00e9moire historique sur la crise de la citoyennet\u00e9 au Kivu<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me cause de la crise congolaise r\u00e9side dans la guerre pour le contr\u00f4le de ses ressources naturelles. La RDC est souvent qualifi\u00e9e de \u00ab scandale g\u00e9ologique \u00bb, tant elle regorge de richesses, mini\u00e8res et non mini\u00e8res. Ses sols et sous-sols contiennent les plus grandes richesses mais leur exploitation et r\u00e9partition sont profond\u00e9ment in\u00e9quitables et in\u00e9galitaires. Cette abondance, l\u2019avidit\u00e9 de certains \u00c9tats affam\u00e9s de pouvoir et de richesses, la complicit\u00e9 d\u2019oligarques congolais corrompus et tra\u00eetres de leur propre nation expliquent la naissance et la multiplication exponentielle de groupes arm\u00e9s d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exploitation ill\u00e9gale de ces ressources. Dans le <a href=\"https:\/\/www.droitcongolais.info\/files\/Exploitations-illegales-des-ressources-de-la-RDC.pdf\">rapport du groupe d&rsquo;experts sur l&rsquo;exploitation ill\u00e9gale des ressources naturelles et autres richesses de la RDC<\/a>, il est d\u00e9montr\u00e9 que des Congolais ont pactis\u00e9 avec des \u00c9tats \u00e9trangers et une diversit\u00e9 d\u2019acteurs, qui les dotent en armes et en mercenaires pour faciliter l&rsquo;exploitation ill\u00e9gale et \u00e0 vil prix de toutes ces richesses, sans que les ressortissants du pays puissent en b\u00e9n\u00e9ficier.<\/p>\n\n\n\n<p>De par l&rsquo;immensit\u00e9 du territoire congolais, la gouvernance de ce quasi sous-continent dont la superficie est de 2 345 000 km\u00b2 pose probl\u00e8me. La capitale est situ\u00e9e \u00e0 2 000 kilom\u00e8tres des villes comme Bukavu et Goma. Ce qui complique le contr\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat sur l\u2019ensemble du pays et soul\u00e8ve la question du mod\u00e8le d&rsquo;\u00c9tat : f\u00e9d\u00e9ration ? \u00c9tat fortement d\u00e9centralis\u00e9 ? Par exemple, le gouverneur au Sud-Kivu a du mal \u00e0 quitter Bukavu et atteindre certains territoires de sa province tels que Shabunda, ou Fizi. Il y a donc un d\u00e9ficit de l&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat \u00e0 certains endroits et cela favorise la situation conflictuelle qu&rsquo;on a aujourd&rsquo;hui en RDC.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me facteur r\u00e9side dans la question identitaire dans la guerre en RDC qui est une construction politicienne. Cette dimension communautaire commence au Sud-Kivu \u00e0 partir du 3 avril 1961 avec Joseph Marandura, de la communaut\u00e9 bafuliru, qui va proclamer apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance que les \u00e9migr\u00e9s burundais install\u00e9s dans la plaine de la Ruzizi, aujourd&rsquo;hui appel\u00e9s Barundi, ne peuvent pas avoir acc\u00e8s au pouvoir coutumier parce qu\u2019ils sont des \u00e9trangers (<a href=\"https:\/\/www.ssrc.org\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Issue-2_ResCongo-Conference-Paper.pdf\">Issue-2_ResCongo-Conference-Paper.pdf<\/a>&nbsp;; <a href=\"http:\/\/jkanya.free.fr\/Texte16\/rebellionkivu171116.pdf\">rebellionkivu171116.pdf<\/a>). Dans la communaut\u00e9 bembe, \u00e0 Fizi, un groupe va se constituer pour contester la reconnaissance des peuples Banyamulenge venus du Rwanda et qui vivent d\u00e9sormais en RDC. Au Nord-Kivu, il va y avoir \u00e9galement la m\u00eame situation de conflits entre les Hutu install\u00e9s en RDC et les Nande dans les territoires de Rutshuru et de Masisi, rendant encore plus complexe la cohabitation pacifique.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ces conflits, par l\u2019article 1<sup>er<\/sup> de la loi n\u00b0 1972-002 du 5 janvier 1972 relative \u00e0 la nationalit\u00e9 za\u00efroise, le l\u00e9gislateur congolais, sous le r\u00e9gime du pr\u00e9sident Mobutu, reconna\u00eet la qualit\u00e9 deza\u00efrois, au terme de l&rsquo;article 5 de la Constitution \u00e0 la date du 30 juin 1960, \u00e0 toutes les personnes dont un des ascendants est ou a \u00e9t\u00e9 membre d&rsquo;une des communaut\u00e9s \u00e9tablies sur le territoire de la R\u00e9publique du Za\u00efre dans ses limites du 15 novembre 1908. Ce qui fait que les Banyamulenge, les Hutu, les Tutsi du Nord-Kivu et les Barundi ont obtenu la nationalit\u00e9 congolaise. Le probl\u00e8me c\u2019est que la population ne s&rsquo;est pas reconnue dans cette loi, la consid\u00e9rant comme contraire au droit traditionnel. La nouvelle loi sur la nationalit\u00e9, loi n\u00b0 04\/024 du 12 novembre 2004 relative \u00e0 la nationalit\u00e9 congolaise, ne va pas tenir compte de cette contestation car son article 6 reconna\u00eet qu\u2019\u00ab&nbsp;est Congolais d&rsquo;origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques et nationalit\u00e9s, dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (pr\u00e9sentement la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo) \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance&nbsp;\u00bb. Et son article 4 consacre que \u00ab&nbsp;tous les groupes ethniques et nationalit\u00e9s dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (pr\u00e9sentement la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo) \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance, doivent b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits et de la protection aux termes de la loi en tant que citoyens&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les flux de r\u00e9fugi\u00e9s ont compliqu\u00e9 davantage la situation comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas \u00e0 la suite de l&rsquo;assassinat en 1993 du premier pr\u00e9sident du Burundi, Melchior Ndadaye, entrainant une guerre civile et un afflux de r\u00e9fugi\u00e9s burundais en RDC (voir <a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/273217\/politique\/burundi-le-jour-ou-le-president-melchior-ndadaye-fut-assassine\/\">Burundi : le jour o\u00f9 le pr\u00e9sident Melchior Ndadaye fut assassin\u00e9 &#8211; Jeune Afrique<\/a>). De m\u00eame, le g\u00e9nocide rwandais a conduit de nombreux Rwandais \u00e0 venir se r\u00e9fugier en RDC. La RDC a \u00e9galement connu des mouvements de populations inverses notamment lors de la \u00ab lib\u00e9ration \u00bb du M23 et de l&rsquo;Alliance du fleuve Congo (AFC), pendant laquelle des Congolais sont all\u00e9s se r\u00e9fugier au Rwanda. Cependant, lors du d\u00e9placement des Rwandais en RDC \u00e0 la suite du g\u00e9nocide des Tutsi, il y a eu \u00e9galement toute une arm\u00e9e hutu qui s&rsquo;est d\u00e9port\u00e9e en RDC avec son armement. Ces soldats se sont organis\u00e9s en force de lib\u00e9ration du Rwanda sous le nom de Forces d\u00e9mocratiques de lib\u00e9ration du Rwanda (FDLR), la pr\u00e9sence de cette milice sert aujourd\u2019hui d&rsquo;argument au Rwanda pour justifier ses interventions militaires sur le sol congolais. Le gouvernement rwandais affirme ne pas vouloir renverser ou d\u00e9stabiliser les institutions en RDC, mais plut\u00f4t traquer les FDLR qui veulent renverser le r\u00e9gime au Rwanda. Un discours similaire a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 par d\u2019autres pays voisins, tels que le Burundi et l\u2019Ouganda, qui disent venir traquer les rebelles \u00e0 leurs r\u00e9gimes qui se sont r\u00e9fugi\u00e9s en RDC (<a href=\"https:\/\/www.bbc.com\/afrique\/articles\/cly98zx721po\">Conflit dans l&rsquo;est de la RD Congo : Quels r\u00f4les jouent le Rwanda, le Burundi et l&rsquo;Ouganda ? &#8211; BBC News Afrique<\/a>). Ces groupes arm\u00e9s \u00e9trangers qui se retrouvent sur le sol congolais, sous l\u2019argument de leur propre s\u00e9curit\u00e9 nationale, vont constituer \u00e9galement une source de r\u00e9gionalisation de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous ces \u00e9l\u00e9ments historiques, \u00e9conomiques, sociologiques et g\u00e9opolitiques r\u00e9unis et imbriqu\u00e9s vont \u00eatre \u00e0 la base des conflits en RDC. Voici la situation, si je peux la peindre de mani\u00e8re assez br\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire<\/strong> : On voit bien l&rsquo;intrication des causes et surtout la dimension r\u00e9gionale du conflit. Est-ce que vous pouvez maintenant nous expliquer la g\u00e9opolitique internationale et le r\u00f4le que joue la communaut\u00e9 internationale ? Que font et que disent l&rsquo;Union africaine, l&rsquo;Union europ\u00e9enne, la Communaut\u00e9 de d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique australe (SADC), la Communaut\u00e9 de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est&nbsp;(CAE) ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nathalie Nakabanda :<\/strong> Pour moi, si la communaut\u00e9 internationale c\u2019est l\u2019ONU, l&rsquo;Union europ\u00e9enne, l\u2019Union africaine ou encore la SADC ou la CAE alors elle est de l\u2019ordre du spectre parce qu&rsquo;une communaut\u00e9 ne peut pas se limiter uniquement \u00e0 des d\u00e9clarations qui ne servent \u00e0 rien. En ce qui concerne la RDC, cette communaut\u00e9 n\u2019existe que pour satisfaire les int\u00e9r\u00eats de certaines de ses composantes. Certains acteurs de la communaut\u00e9 internationale ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que cette guerre dure le plus longtemps possible, qu\u2019elle se p\u00e9rennise. Les images des groupes arm\u00e9s r\u00e9v\u00e8lent une r\u00e9alit\u00e9 frappante. Les rebelles sont mieux habill\u00e9s, mieux arm\u00e9s et mieux pay\u00e9s que l&rsquo;arm\u00e9e nationale. Mais d\u2019o\u00f9 provient cet approvisionnement ? Des ressources naturelles congolaises, \u00ab les min\u00e9raux de sang \u00bb, des butins de guerre ou des appuis des mains noires&nbsp;? L\u2019avenir nous donnera la r\u00e9ponse. Il est vrai qu\u2019ils sont appuy\u00e9s sur tous les aspects. La complicit\u00e9 est l\u00e0 quoi qu\u2019on puisse dire, il y a un appui, interne et externe, non n\u00e9gligeable.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019appartiens \u00e0 un groupe de femmes m\u00e9diatrices et notre position de principe par rapport \u00e0 cette m\u00eame communaut\u00e9 internationale, c\u2019est qu\u2019elle doit avoir l&rsquo;audace d&rsquo;identifier en son sein ces \u00c9tats et multinationales qui profitent de la guerre et qui sont connus, et de les sanctionner. Pas de simples d\u00e9clarations mais de v\u00e9ritables sanctions, exiger que l\u2019on ferme les usines de production d\u2019armes, suspendre le financement de certains pays. Nous voulons que la communaut\u00e9 internationale reconnaisse certains agissements des groupes arm\u00e9s, appuy\u00e9s par le Rwanda et l&rsquo;Ouganda, comme \u00e9tant des crimes de guerre, des crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9, des crimes de g\u00e9nocide. Qu&rsquo;on le dise clairement et qu\u2019on prenne toutes les mesures y aff\u00e9rentes. Le mouvement de AFC\/M23 a tu\u00e9 des enfants qui ont ramass\u00e9 des armes dans les camps abandonn\u00e9s par des militaires loyalistes, des enfants \u00e2g\u00e9s de moins de 15 ans. Au lieu de les d\u00e9sarmer, ils ont tir\u00e9 sur eux \u00e0 bout portant. Il faut qualifier clairement ces actes pour ce qu\u2019ils sont, c\u2019est-\u00e0-dire des crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9, des crimes de guerre, parce que ces crimes auront l&rsquo;avantage de l&rsquo;imprescriptibilit\u00e9. Ils peuvent \u00eatre poursuivis \u00e0 tout moment et \u00e0 toute p\u00e9riode.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies doit prendre en compte les revendications l\u00e9gitimes de la RDC ; que les acteurs, notamment le Rwanda et l&rsquo;Ouganda, leurs complices, les groupes arm\u00e9s soient traduits devant la Cour p\u00e9nale internationale. Ici je parle des pr\u00e9sidents <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Paul_Kagame\">Paul Kagame<\/a> et <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Yoweri_Museveni\">Yoweri Museveni<\/a>, qu\u2019ils soient, avec leurs complices congolais et membres des groupes arm\u00e9s, traduits devant la Cour p\u00e9nale internationale pour crime de guerre, crime de g\u00e9nocide et crime contre l&rsquo;humanit\u00e9. L\u2019Union europ\u00e9enne doit arr\u00eater d&rsquo;appuyer le Rwanda et l&rsquo;Ouganda, surtout dans les secteurs militaires et financiers. Cette demande a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment formul\u00e9e par le professeur <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Denis_Mukwege\">Denis Mukwege<\/a>, prix Nobel de la paix. Il faut geler les avoirs des officiels rwandais, ougandais et congolais et les r\u00e9affecter aux \u00c9tats et pour la r\u00e9paration des victimes. Que les \u00c9tats-Unis, en tant que puissance mondiale, prennent des sanctions exemplaires contre le Rwanda, contre l&rsquo;Ouganda et contre toutes ces multinationales qui continuent d&rsquo;acheter les min\u00e9raux exploit\u00e9s sur le sang des Congolais, et de s&rsquo;engager vraiment en toute honn\u00eatet\u00e9 aupr\u00e8s de l&rsquo;\u00c9tat congolais pour l&rsquo;instauration d&rsquo;un \u00c9tat de droit conform\u00e9ment \u00e0 sa Constitution.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e9galement important de mettre en place des couloirs humanitaires pour permettre aux d\u00e9plac\u00e9s de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une assistance, cr\u00e9er et accompagner un cadre de dialogue entre les Congolais. C&rsquo;est important que les Congolais puissent s&rsquo;asseoir autour d&rsquo;une table, analyser les vraies causes de ces conflits et en trouver des solutions durables et d\u00e9finitives. Je pense que l&rsquo;Union africaine a un document fondamental, la Charte africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples. En lisant cette charte, on se rend compte que nous, en tant qu\u2019Africains, devons respecter notre citoyennet\u00e9 et notre identit\u00e9. Cela veut dire \u00e9galement que l&rsquo;Union africaine doit arr\u00eater d&rsquo;\u00eatre financ\u00e9e par l&rsquo;Union europ\u00e9enne, parce que dans la d\u00e9pendance il est difficile de prendre des d\u00e9cisions souveraines. Il faut que l&rsquo;Union africaine exige des \u00c9tats le respect de l\u2019intangibilit\u00e9 des fronti\u00e8res et des m\u00e9canismes africains de r\u00e9solution des conflits, notamment la <a href=\"https:\/\/issafrica.org\/fr\/iss-today\/relance-du-processus-de-luanda-vers-la-paix-dans-l-est-de-la-rdc\">r\u00e9solution de Luanda en Angola<\/a>, le processus de Nairobi. J\u2019ai particip\u00e9 au processus de Nairobi 3 qui visait \u00e0 instaurer un cessez-le-feu. Il est urgent de cesser la guerre. Il est crucial de cr\u00e9er un fonds de soutien aux victimes de conflits g\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;Union africaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant la Communaut\u00e9 de d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique australe (CDAA), il faut poursuivre pour l&rsquo;instant la collaboration militaire et diplomatique avec la RDC en l\u2019absence de cessez-le-feu. La RDC a besoin de soutien et je salue l\u2019engagement du Burundi qui vient nous appuyer militairement. Cependant, c\u2019est avec une grande douleur que je le dis, parce que la guerre continue de tuer et de d\u00e9truire tous les investissements. La CEA doit suspendre le Rwanda, m\u00eame si je ne suis pas s\u00fbre que cela ait un impact.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire<\/strong> : Vous indiquiez qu&rsquo;il faudrait que la Cour p\u00e9nale internationale prenne ses responsabilit\u00e9s en sanctionnant des chefs d&rsquo;\u00c9tat, notamment du Rwanda et de l&rsquo;Ouganda. Comment est-ce qu\u2019il est possible de faire cela ? Le r\u00f4le de l\u2019Afrique du Sud par exemple a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant dans la d\u00e9nonciation internationale de la guerre \u00e0 Gaza. De mani\u00e8re tr\u00e8s concr\u00e8te, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il faudrait faire ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nathalie Nakabanda :<\/strong> En tant qu\u2019avocate au Barreau du Sud-Kivu, j&rsquo;ai constat\u00e9 qu\u2019un appel \u00e0 t\u00e9moins a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 par la Mission d&rsquo;\u00e9tablissement des faits du Haut-Commissariat des Nations Unies en rapport avec les faits constat\u00e9s par le Haut-Commissariat aux droits de l&rsquo;homme (HCDH) sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu de la RDC. (<a href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/fr\/hr-bodies\/hrc\/ffm-drc\/call-for-submissions\">Appel \u00e0 contributions &#8211; Mission d\u2019\u00e9tablissement des faits du HCDH sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu de la RDC | OHCHR<\/a>). Bien que ces juridictions aient le pouvoir de condamner, la r\u00e9paration des victimes demeure un enjeu crucial. Toutefois, l&rsquo;obtention d&rsquo;une condamnation constitue d\u00e9j\u00e0 une victoire. Pour nous, d\u00e9fenseurs des droits humains, chaque condamnation repr\u00e9sente un pas en avant.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que nous pouvons faire, c&rsquo;est continuer les efforts de plaidoyers, qui doivent \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s par un travail de monitoring des violations. Les organisations de d\u00e9fense des droits humains devront initier la cartographie des violences perp\u00e9tr\u00e9es sur les personnes et leurs biens. Ce qui permettrait de documenter les violations commises, les victimes, les auteurs pr\u00e9sum\u00e9s, \u00e9tudier les garanties de protection des victimes pour constituer un dossier \u00e0 soumettre \u00e0 l\u2019\u00c9tat congolais, qui va introduire une plainte contre les responsables pr\u00e9sum\u00e9s aux fins de lutter contre l\u2019impunit\u00e9 par le m\u00e9canisme judiciaire. Pour l\u2019instant, c\u2019est difficile dans le contexte actuel d\u2019occupation. Il est pratiquement impossible de mener une enqu\u00eate sur les crimes contre l\u2019humanit\u00e9 commis par les groupes arm\u00e9s comme le M23 ou les troupes de l\u2019Alliance du fleuve Congo sans mettre en danger la vie des investigateurs. La question essentielle est donc de savoir comment mener efficacement ce travail de surveillance et d\u2019\u00e9tablissement des faits&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai \u00e9galement que les juridictions congolaises sanctionnent les crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9, les crimes de g\u00e9nocide, etc. Toutefois, lorsque les auteurs pr\u00e9sum\u00e9s sont des personnalit\u00e9s politiques de haut rang, il est pr\u00e9f\u00e9rable que ce soit l&rsquo;\u00c9tat qui engage une action pour exiger, par exemple, que le Parlement rwandais l\u00e8ve l&rsquo;immunit\u00e9 du pr\u00e9sident Paul Kagame ou que le Parlement ougandais fasse de m\u00eame pour son chef d&rsquo;\u00c9tat. En l&rsquo;absence d&rsquo;une telle proc\u00e9dure, toute action judiciaire resterait lettre morte tant que ces dirigeants demeurent en fonction.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il y a d&rsquo;autres acteurs qui peuvent \u00eatre poursuivis. Les m\u00e9canismes p\u00e9naux vont fonctionner concomitamment avec d&rsquo;autres m\u00e9canismes, notamment ceux diplomatiques qui vont \u00e9ventuellement produire les cessez-le-feu. Mais si la guerre continue, le processus p\u00e9nal va rester lettre morte. Il faut absolument qu&rsquo;il y ait cette paix pour que la justice p\u00e9nale puisse agir, autrement \u00e7a ne sera pas possible.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire<\/strong> : En tant que juriste, quel regard portez-vous sur le syst\u00e8me judiciaire congolais ? Quels sont les obstacles et comment la justice peut-elle aider \u00e0 construire ou reconstruire la souverainet\u00e9 et la paix ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nathalie Nakabanda : <\/strong><em>Ubi societas, ubi ius ; ubi ius, ibi societas<\/em> signifie \u00ab L\u00e0 o\u00f9 il y a une soci\u00e9t\u00e9, il y a du droit ; l\u00e0 o\u00f9 il y a du droit, il y a une soci\u00e9t\u00e9. \u00bb La justice peut encore jouer son r\u00f4le. Le cadre juridique congolais est solide et tr\u00e8s riche. La justice que j\u2019appelle de mes v\u0153ux est une justice restauratrice et transitionnelle, capable de r\u00e9guler les relations sociales, d\u2019\u00e9tablir un cadre l\u00e9gitime et accept\u00e9 par tous, et de reconstruire un tissu social harmonieux. L&rsquo;Afrique du Sud, \u00e0 la sortie de l&rsquo;apartheid, a mis sur pied une justice transitionnelle qui a relativement bien fonctionn\u00e9. Le Rwanda, apr\u00e8s le g\u00e9nocide, a adopt\u00e9 un processus similaire. Les commissions de v\u00e9rit\u00e9 et de r\u00e9conciliation permettent non seulement de restaurer la relation entre les parties concern\u00e9es, mais aussi d\u2019assurer la r\u00e9paration des victimes. Il serait d\u2019ailleurs pertinent d\u2019int\u00e9grer les principes de collaboration qui fonctionnent dans la justice am\u00e9ricaine et anglo-saxonne. Lorsqu&rsquo;un pr\u00e9venu collabore, il peut b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une att\u00e9nuation de sa peine. Le r\u00f4le de la communaut\u00e9 internationale et des autres organisations r\u00e9gionales doit \u00eatre d&rsquo;accompagner l\u2019application effective du droit et ce genre de processus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire<\/strong> : En tant qu\u2019universitaire travaillant sur les questions de violences et de violences sexuelles, face aux massacres de civils et au viol massif, quelle est la situation actuelle ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nathalie Nakabanda :<\/strong> Des massacres ont \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9s \u00e0 Goma, Bukavu, Kalehe, Nyabibwe, Uvira, Kamanyola, Luvungi et continuent dans bien d&rsquo;autres localit\u00e9s. \u00c0 Goma, par exemple, la prise de la ville a provoqu\u00e9 la fuite des gardiens de prison, laissant ainsi les d\u00e9tenus livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames. Certains d\u2019entre eux ont alors profit\u00e9 de cette situation pour agresser sexuellement des femmes, avant de mettre le feu \u00e0 la prison, entra\u00eenant la mort de nombreuses victimes, dont des enfants accompagnant leurs m\u00e8res en d\u00e9tention. Il y a non seulement des tueries, mais \u00e9galement des coups et blessures sur des personnes pour des motifs absurdes : une h\u00e9sitation \u00e0 r\u00e9pondre, un regard mal interpr\u00e9t\u00e9\u2026 Nous n\u2019avons plus le droit de circuler librement. La libert\u00e9 d&rsquo;aller et de venir est limit\u00e9e. Nous revenons \u00e0 la p\u00e9riode coloniale et un r\u00e9gime de guerre s&rsquo;instaure progressivement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire<\/strong> : Sur la question des violences sexuelles, nous souhaitons identifier avec vous des savoirs locaux, des m\u00e9canismes endog\u00e8nes, des innovations locales que les communaut\u00e9s ou la soci\u00e9t\u00e9 civile mettent en place pour att\u00e9nuer ces violences et commencer \u00e0 y r\u00e9pondre. Vous avez \u00e9voqu\u00e9 les femmes m\u00e9diatrices. J&rsquo;imagine que c&rsquo;est peut-\u00eatre en r\u00e9ponse \u00e0 la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9solution_1325_du_Conseil_de_s%C3%A9curit%C3%A9_des_Nations_unies#:~:text=La%20r%C3%A9solution%201325%20(2000)%20est,la%20paix%20et%20la%20s%C3%A9curit%C3%A9.\">r\u00e9solution 1325<\/a> des Nations unies. Que recouvre ce dispositif ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nathalie Nakabanda : <\/strong>Il est essentiel d\u2019abord de noter que la communaut\u00e9 est d\u00e9pourvue de moyens de r\u00e9ponse pour faire face \u00e0 l&rsquo;ampleur des violences actuelles. Toutefois, elle d\u00e9veloppe des strat\u00e9gies \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9ducation et la sensibilisation de ses membres pour ne pas tomber dans l&rsquo;erreur de perp\u00e9tuer les m\u00eames violences. Deuxi\u00e8mement, la communaut\u00e9 privil\u00e9gie la conciliation, qui est un m\u00e9canisme traditionnel, \u00e0 travers des arrangements \u00e0 l&rsquo;amiable. Par exemple, lorsque le bourreau est connu, on essaie de trouver des m\u00e9canismes de compensation. La communaut\u00e9 d\u00e9veloppe \u00e9galement progressivement des m\u00e9canismes d&rsquo;acceptation de la victime, ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas le cas il y a encore quelques ann\u00e9es. Auparavant, la victime d&rsquo;un viol \u00e9tait rejet\u00e9e par toute la communaut\u00e9. Aujourd&rsquo;hui, celle-ci reconna\u00eet l&rsquo;innocence de la victime dans l&rsquo;acte qu&rsquo;elle a subi et, \u00e0 ce titre, essaie de la prot\u00e9ger, de l&rsquo;int\u00e9grer, d&rsquo;\u00e9viter que celle-ci ne soit index\u00e9e par les autres membres de la communaut\u00e9. Cette \u00e9volution s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019aux enfants qui naissent des viols, progressivement, certaines communaut\u00e9s, pas toutes, les accueillent et les acceptent.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux femmes m\u00e9diatrices, il s\u2019agit d\u2019un groupe de femmes de la soci\u00e9t\u00e9 civile et de la soci\u00e9t\u00e9 politique qui se sont engag\u00e9es \u00e0 militer pour la paix. Nous menons des rencontres aupr\u00e8s des dirigeants et des d\u00e9cideurs pour faire des plaidoyers sur les questions li\u00e9es \u00e0 la paix. Nous collaborons par ailleurs avec les femmes ouest-africaines, notamment les femmes maliennes, pour renforcer cette dynamique et nous soutenir mutuellement dans le combat pour la paix. Une lettre des femmes m\u00e9diatrices sortira bient\u00f4t. Elle est r\u00e9dig\u00e9e par les femmes congolaises, enrichie par les femmes maliennes, les femmes centrafricaines. Elle est donc port\u00e9e par tout un continent de femmes qui portent ces cris d&rsquo;alarme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire<\/strong> : Dans la r\u00e9gion des Grands Lacs, les populations se c\u00f4toient, entretiennent des relations d&rsquo;\u00e9changes commerciaux, familiaux et amicaux, qui sont au-del\u00e0 de toutes ces guerres et ces crises que nous connaissons depuis tr\u00e8s longtemps. Si vous aviez un message \u00e0 passer \u00e0 cette population, quel serait-il ? En tant qu&rsquo;actrice locale et acad\u00e9mique dans l&rsquo;engrenage de cette crise, de cette guerre, qu&rsquo;est-ce que vous attendez de coll\u00e8gues professeurs \u00e0 travers le continent africain notamment ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nathalie Nakabanda :<\/strong> Lorsque je suis \u00e0 Bukavu, mes produits alimentaires proviennent de divers pays voisins : mes tomates du Rwanda, les fretins du Burundi, le th\u00e9 et le caf\u00e9 de ces m\u00eames pays. Ces \u00e9changes illustrent les liens \u00e9troits qui existent entre nos populations. Chaque matin, \u00e0 la fronti\u00e8re burundaise, nous observons des files de Burundais se rendant en RDC et de Congolais allant au Burundi. Il en va de m\u00eame au Rwanda, o\u00f9 des citoyens des deux pays traversent la fronti\u00e8re pour assurer leur subsistance. Cela signifie que les politiciens doivent absolument arr\u00eater avec leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9go\u00efstes et mettre sur le premier plan l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Les populations doivent rester solidaires et se regarder non pas comme des Burundais, des Congolais, des Ougandais, des Rwandais, mais comme des \u00eatres humains. Tout simplement, des \u00eatres humains. Cela veut dire que nous allons non seulement reconna\u00eetre que nous avons tous \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s par Dieu, mais aussi que nous avons tous la m\u00eame dignit\u00e9, les m\u00eames droits, et notamment le droit \u00e0 la vie. Tous, sans exception et sans discrimination. Pour ce qui est de mes confr\u00e8res, mes coll\u00e8gues chercheurs, universitaires, je lance un appel \u00e0 la responsabilit\u00e9 collective.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> En triste \u00e9cho au chef-d&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Erich Maria Remarque sur la Premi\u00e8re Guerre mondiale, <em>\u00c0 l\u2019Ouest, rien de nouveau<\/em> : Remarque, E. M. (1929). <em>\u00c0 l\u2019Ouest, rien de nouveau<\/em>. Albin Michel.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":25554,"template":"","meta":[],"series-categories":[1348],"cat-articles":[1381],"keywords":[],"ppma_author":[424],"class_list":["post-25555","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-9","cat-articles-reverse-shot","author-nathalie-nakabanda-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>\u00c0 l\u2019Est, rien de nouveau[1] : guerre, extraction et silence | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/all-quiet-on-the-eastern-front-1-war-extraction-and-silence\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"\u00c0 l\u2019Est, rien de nouveau[1] : guerre, extraction et silence | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire : Bonjour professeure Nakabanda, merci d\u2019avoir accept\u00e9 cet entretien. Depuis quelques mois, nous avons initi\u00e9 une s\u00e9rie d\u2019entretiens autour de la r\u00e9gion des Grands Lacs, pour essayer d\u2019en comprendre les dynamiques et les enjeux. Dans ce cadre, nous avons d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 une interview avec prof. Toussaint Kafarhire et une autre avec prof Rigobert Minani Bihuzo. Mais avant d\u2019entrer dans le vif du sujet, nous aimerions que vous vous pr\u00e9sentiez pour nous rappeler votre parcours d&rsquo;universitaire, mais aussi d&rsquo;activiste de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Nathalie Nakabanda : Merci d&rsquo;avoir bien voulu m&rsquo;associer \u00e0 cet exercice qui est pour moi une r\u00e9flexion importante. Je suis Nathalie Vumilia Nakabanda. Je suis n\u00e9e dans le village d\u2019Iraga, dans le groupement de Karhongo \u00e0 Nyangezi, au Sud-Kivu. Mon p\u00e8re \u00e9tait chef de village et mon grand fr\u00e8re lui a succ\u00e9d\u00e9. 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J&rsquo;aime lire la Bible, je ne la connais pas beaucoup, mais quand j&rsquo;ai un peu de temps, je m&rsquo;exerce \u00e0 la lire. J\u00e9sus-Christ est un pacifiste, un non-violent actif, un mod\u00e8le \u00e0 suivre. Il y a aussi la Vierge Marie, cette femme qui a dit oui, sachant ce qui l\u2019attendait. Cette femme qui accepte de vivre tout ce qu&rsquo;elle a v\u00e9cu et qui retourne toujours vers le Seigneur pour demander la paix. Voil\u00e0 des mod\u00e8les de personnes, \u00e0 mes yeux, qui m\u2019accompagnent dans mon quotidien. Et enfin, il y a un ouvrier de l&rsquo;ombre, mon \u00e9poux. Il est tr\u00e8s discret, mais il me soutient, m\u2019aide et m&rsquo;encourage. Je trouve que mes enfants et les membres de ma famille sont \u00e9galement autant de personnes qui me poussent \u00e0 avancer, \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer et \u00e0 m\u2019accrocher \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance que les choses peuvent s\u2019am\u00e9liorer si chacun y met du sien. Voil\u00e0 bri\u00e8vement qui je suis. Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire : Pouvez-vous nous aider \u00e0 comprendre un peu mieux ce qui est en train de se passer \u00e0 l\u2019Est de la RDC, en nous rappelant le contexte historique, mais aussi r\u00e9gional, les acteurs et les d\u00e9terminants de ces derniers \u00e9v\u00e9nements ? Nathalie Nakabanda : Je ne suis ni historienne ni sp\u00e9cialiste des conflits, je suis juriste, je tiens \u00e0 le rappeler. L\u2019analyse que je propose ici est strictement personnelle. La guerre en RDC est complexe et multidimensionnelle, elle tire son origine lointaine dans les d\u00e9coupages des fronti\u00e8res d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 Berlin en 1885. Ce d\u00e9coupage s\u2019est fait de mani\u00e8re violente et arbitraire sans tenir compte d\u2019aucune r\u00e9alit\u00e9 africaine, mais il nous a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 comme tel. 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Voil\u00e0 bri\u00e8vement qui je suis. Mame-Penda Ba et Toussaint Murhula Kafarhire : Pouvez-vous nous aider \u00e0 comprendre un peu mieux ce qui est en train de se passer \u00e0 l\u2019Est de la RDC, en nous rappelant le contexte historique, mais aussi r\u00e9gional, les acteurs et les d\u00e9terminants de ces derniers \u00e9v\u00e9nements ? Nathalie Nakabanda : Je ne suis ni historienne ni sp\u00e9cialiste des conflits, je suis juriste, je tiens \u00e0 le rappeler. L\u2019analyse que je propose ici est strictement personnelle. La guerre en RDC est complexe et multidimensionnelle, elle tire son origine lointaine dans les d\u00e9coupages des fronti\u00e8res d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 Berlin en 1885. Ce d\u00e9coupage s\u2019est fait de mani\u00e8re violente et arbitraire sans tenir compte d\u2019aucune r\u00e9alit\u00e9 africaine, mais il nous a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 comme tel. L\u00e9opold II avait \u00ab son \u00bb \u00c9tat ind\u00e9pendant du Congo (EIC) qu&rsquo;il a fond\u00e9 sur l&rsquo;exploitation violente et criminelle des peuples et des richesses du Congo jusqu&rsquo;au 15 novembre 1908, p\u00e9riode \u00e0 laquelle le pays devient une colonie belge lorsque le roi L\u00e9opold II vend litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;son&nbsp;\u00bb Congo \u00e0 la Belgique. En 1925, le Congo prend une autre configuration puisque le Ruanda-Urundi (aujourd&rsquo;hui le Rwanda et le Burundi) devient une des provinces du Congo belge (voir Congo belge&nbsp;; Les rapports de l\u2019administration coloniale au Rwanda et Burundi sont ouverts \u00e0 la recherche &#8211; Archives de l&rsquo;\u00c9tat en Belgique). Les fronti\u00e8res entre ces trois \u00c9tats seront d\u00e9termin\u00e9es par","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/all-quiet-on-the-eastern-front-1-war-extraction-and-silence\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-04-28T15:31:47+00:00","og_image":[{"width":465,"height":640,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/DOUBLE-I-01-Moyenne.jpeg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"24 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/all-quiet-on-the-eastern-front-1-war-extraction-and-silence\/","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/all-quiet-on-the-eastern-front-1-war-extraction-and-silence\/","name":"\u00c0 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