{"id":25541,"date":"2025-03-20T10:25:35","date_gmt":"2025-03-20T10:25:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/looking-back-at-an-aporia-the-effectiveness-of-the-legal-system-in-combating-violence-against-women-in-burkina-faso\/"},"modified":"2026-04-28T13:22:06","modified_gmt":"2026-04-28T13:22:06","slug":"looking-back-at-an-aporia-the-effectiveness-of-the-legal-system-in-combating-violence-against-women-in-burkina-faso","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/looking-back-at-an-aporia-the-effectiveness-of-the-legal-system-in-combating-violence-against-women-in-burkina-faso\/","title":{"rendered":"Retour sur une aporie\u00a0: l\u2019efficacit\u00e9 du dispositif juridique de lutte contre les violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes au Burkina Faso"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes (VEF) constituent un ph\u00e9nom\u00e8ne pr\u00e9occupant \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Selon l\u2019Afrobarom\u00e8tre 2021-2023, 24&nbsp;% de femmes d\u00e9clarent que les VEF sont une pratique \u00ab&nbsp;assez\/tr\u00e8s courante&nbsp;\u00bb au Burkina Faso (M\u2019Cormack-Hale et&nbsp;al., 2023, p.&nbsp;3).<\/p>\n\n\n\n<p>Les violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes sont d\u00e9finies comme&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>des actes de violence dirig\u00e9s contre les personnes de sexe f\u00e9minin, et causant ou pouvant causer aux femmes et aux filles un pr\u00e9judice ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques, morales, \u00e9conomiques et culturelles y compris la menace de tels actes, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie priv\u00e9e. (Loi n\u00b0&nbsp;025-2018\/AN, 2018, p.&nbsp;190)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mener une analyse sur les VEF rev\u00eat un enjeu heuristique, celui de contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9tude critique de l\u2019arsenal juridique mise en place pour&nbsp; la lutte contre les VEF au Burkina Faso.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexion sur un tel cadre juridique pose in\u00e9vitablement la question de son effectivit\u00e9. En d\u2019autres termes, le dispositif juridique burkinab\u00e8 actuel de lutte contre les VEF est-il de nature \u00e0 favoriser l\u2019\u00e9radication ou la r\u00e9duction substantielle&nbsp;de cette pratique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>En se fondant sur une approche positiviste et empirique du droit, cela pourrait permettre d\u2019esquisser des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse \u00e0 cette question centrale. Ces \u00e9l\u00e9ments pourront s\u2019articuler, dans un premier temps, autour des r\u00e9sultats contrast\u00e9s que r\u00e9v\u00e8le une \u00e9valuation dudit dispositif. Dans un second temps, il semble n\u00e9cessaire, face aux limites du droit, de sugg\u00e9rer l\u2019id\u00e9e d\u2019une meilleure implication des autorit\u00e9s traditionnelles et religieuses afin d\u2019atteindre la finalit\u00e9 de la r\u00e9duction substantielle des VEF.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un dispositif aux r\u00e9sultats contrast\u00e9s<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse du dispositif juridique burkinab\u00e8 actuel de lutte contre les VEF exige d\u2019\u00e9viter deux extr\u00eames. Le premier consiste \u00e0 soutenir que ce dispositif est efficace. Le deuxi\u00e8me \u00e0 le d\u00e9crire comme compl\u00e8tement inefficace. Le constat, soutenu par des donn\u00e9es empiriques, est que le dispositif juridique de lutte contre les VEF au Burkina Faso a certes permis des progr\u00e8s, mais il comporte certains \u00e9cueils.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Des actions p\u00e9rennis\u00e9es<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Le dispositif juridique de lutte contre les VEF au Burkina Faso a permis des progr\u00e8s tant sur le plan normatif que structurel. Sur le plan normatif, l\u2019adoption ou la ratification de certains textes a permis de constituer une garantie normative solide pour lutter contre les VEF.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Pour venir \u00e0 bout des VEF, les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 ont adopt\u00e9 des textes qui les condamnent, les obligent elles-m\u00eames \u00e0 prendre certaines mesures, pr\u00e9cisent les sanctions pr\u00e9vues contre tout auteur de VEF ainsi que les possibilit\u00e9s pour toute victime d\u2019obtenir r\u00e9paration devant la justice. Ces textes sont de diff\u00e9rentes natures. Tout d\u2019abord, il existe des textes internationaux comme le Pacte international sur les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels de 1966<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, la Convention sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes de 1979, et la D\u00e9claration 48\/104 de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies sur l\u2019\u00e9limination de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes de 1993. L\u2019article&nbsp;4 de cette derni\u00e8re dispose que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les \u00c9tats devraient condamner la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et ne pas invoquer des consid\u00e9rations de coutume, de tradition ou de religion pour se soustraire \u00e0 l\u2019obligation de l\u2019\u00e9liminer. Les \u00c9tats devraient mettre en \u0153uvre sans retard, par tous les moyens appropri\u00e9s, une politique visant \u00e0 \u00e9liminer la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes [\u2026]. (Nations unies, 1993)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><a><\/a>Ensuite, on peut citer des textes r\u00e9gionaux dont la Charte africaine des droits de l\u2019homme et des peuples de 1981<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> (OUA, 1981), qui demeure le texte le plus embl\u00e9matique. Viennent, enfin, les textes nationaux comme la Constitution de 1991, la loi n\u00b0&nbsp;061-2015\/CNT portant pr\u00e9vention, r\u00e9pression et r\u00e9paration des violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des filles et prise en charge des victimes, et la loi n\u00b0&nbsp;025-2018\/AN portant Code p\u00e9nal. Par exemple, les articles 513-2 \u00e0 514-3 du Code p\u00e9nal punissent les diff\u00e9rentes formes de violences exerc\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes par des peines d\u2019emprisonnement et le paiement d\u2019amendes. \u00c0&nbsp;ces textes juridiques, s\u2019ajoutent des politiques comme la Strat\u00e9gie nationale genre 2020-2024, qui fait de la lutte contre les VEF l\u2019un de ses domaines prioritaires. Du reste, la cr\u00e9ation de certaines structures constitue une avanc\u00e9e qu\u2019il convient de souligner. Dans cette perspective, la mise en place et le d\u00e9ploiement de certains organismes ont souvent contribu\u00e9 \u00e0 assurer l\u2019application des textes adopt\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses structures ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es et leurs diverses actions ont contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire la pratique des VEF. En premier lieu, le minist\u00e8re de la Promotion de la femme, de la Solidarit\u00e9 nationale et de la Famille, institu\u00e9 en 1997, a mis en \u0153uvre des projets visant \u00e0 lutter sp\u00e9cifiquement contre les VEF. Par exemple, en mars&nbsp;2021, le minist\u00e8re, en collaboration avec ses partenaires, a mis en place un num\u00e9ro vert d\u00e9di\u00e9 aux alertes et aux d\u00e9nonciations des VEF. L\u2019anonymat et la gratuit\u00e9 du m\u00e9canisme ont permis de traiter de nombreuses affaires et de prendre en charge les victimes. Dans ce sens, les statistiques dudit minist\u00e8re indiquent qu\u2019en 2020, 5&nbsp;224&nbsp;personnes ont \u00e9t\u00e9 victimes de violences bas\u00e9es sur le genre (VBG), y compris les VEF, et ont \u00e9t\u00e9 prises en charge (Zongo, 2021). En second lieu, le Secr\u00e9tariat permanent du Conseil national pour la promotion du genre (SP\/CONAP-Genre), rattach\u00e9 au minist\u00e8re de la Promotion de la femme, a mis en place des actions de formation et sensibilisation, aussi bien dans des villages que dans des villes (Zongo, 2022). \u00c0&nbsp;Ouagadougou et dans des provinces comme Kaya (UNFPA, 2022) et Tenkodogo (Demb\u00e9l\u00e9, 2023), des centres de prise en charge des victimes de VEF ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s, offrant des services m\u00e9dicaux et sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que les statistiques sur les dossiers relatifs aux VEF ne soient pas disponibles en ligne, on sait que les services de gendarmerie et de police travaillent \u00e0 faire respecter les droits des citoyens, notamment des femmes. \u00c0&nbsp;cet \u00e9gard, des r\u00e9seaux de chercheurs comme Afrobarom\u00e8tre ont salu\u00e9 leur d\u00e9vouement (AIB, 2024a). Lorsque des auteurs de VEF sont identifi\u00e9s par ces services, ils peuvent \u00eatre d\u00e9f\u00e9r\u00e9s devant les juridictions \u00e9tatiques comp\u00e9tentes au sein desquelles il existe des chambres \u00ab&nbsp;sp\u00e9ciales&nbsp;\u00bb charg\u00e9es de la r\u00e9pression des VEF. Si les infractions sont effectivement av\u00e9r\u00e9es, les juges n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 sanctionner leurs auteurs par des peines d\u2019emprisonnement et de paiement d\u2019amendes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut le cas, par exemple, dans l\u2019affaire <em>Minist\u00e8re public c. Kinda Jean No\u00ebl<\/em> en 2017 (TGI Kongoussi, 2017). Accus\u00e9 par Marie, mineure de moins de 18&nbsp;ans, d\u2019agression sexuelle et de viol, Jean No\u00ebl, majeur, a reconnu l\u2019ensemble des accusations port\u00e9es contre lui. Il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par le tribunal de grande instance (TGI) de Kongoussi \u00e0 une peine de cinq ans de prison. De m\u00eame, dans l\u2019affaire <em>Minist\u00e8re public c. O. S. M.<\/em> de 2021 (TGI Ouahigouya, 2021), Mohamed a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 de tentative de meurtre et d\u2019insultes obsc\u00e8nes. Il avoua les faits et le TGI de Ouahigouya le d\u00e9clara coupable et le condamna \u00e0 douze ans de prison. Ainsi, le dispositif juridique de lutte contre les VEF au Burkina Faso a permis de p\u00e9renniser des actions. Cependant, ce dispositif comporte des limites qu\u2019il convient de souligner.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Des lacunes persistantes<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Les insuffisances du dispositif juridique de lutte contre les VEF au Burkina Faso peuvent \u00eatre identifi\u00e9es \u00e0 deux niveaux&nbsp;: il subsiste non seulement des limites textuelles, mais \u00e9galement institutionnelles qui emp\u00eachent ledit dispositif d\u2019atteindre pleinement les finalit\u00e9s pour lesquelles il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les textes adopt\u00e9s en vue de lutter contre les VEF au Burkina Faso pr\u00e9sentent des imperfections. Ces derni\u00e8res se traduisent, d\u2019une part, par l\u2019omission de certaines notions dans lesdits textes. La premi\u00e8re est celle de \u00ab&nbsp;violence domestique&nbsp;\u00bb.&nbsp; Selon l\u2019article&nbsp;3.b de la Convention d\u2019Istanbul de 2011,&nbsp;elle d\u00e9signe :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tous les actes de violence physique, sexuelle, psychologique ou \u00e9conomique qui surviennent au sein de la famille ou du foyer ou entre des anciens ou actuels conjoints ou partenaires, ind\u00e9pendamment du fait que l\u2019auteur de l\u2019infraction partage ou a partag\u00e9 le m\u00eame domicile que la victime. (Conseil de l\u2019Europe, 2011, p.&nbsp;3)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le principe de la l\u00e9galit\u00e9 des peines, qui est l\u2019un des principes g\u00e9n\u00e9raux du droit p\u00e9nal, veut que nulle infraction ne puisse \u00eatre punie et nulle peine ne puisse \u00eatre prononc\u00e9e par le juge si elles ne sont pas pr\u00e9vues par la loi. Or, la notion de \u00ab&nbsp;violence domestique&nbsp;\u00bb n\u2019appara\u00eet ni dans la loi n<sup>o&nbsp;<\/sup>025-2018\/AN portant Code p\u00e9nal, ni dans la loi n\u00b0&nbsp;061-2015\/CNT portant pr\u00e9vention, r\u00e9pression et r\u00e9paration des violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des filles et prise en charge des victimes. D\u00e8s lors, il serait difficile pour le juge de sanctionner les auteurs de violences domestiques. Pourtant,&nbsp; selon l\u2019Afrobarom\u00e8tre 2021-2023, les Burkinab\u00e8 reconnaissent l\u2019existence de ce type de violence. De plus, 26&nbsp;% d\u2019entre eux consid\u00e8rent la violence domestique comme une affaire p\u00e9nale dont la r\u00e9solution compl\u00e8te n\u00e9cessite l\u2019implication des forces de l\u2019ordre (M\u2019Cormack-Hale et&nbsp;al., 2023, p.&nbsp;4).<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, la deuxi\u00e8me notion est celle de \u00ab&nbsp;violences bas\u00e9es sur l\u2019honneur \u00bb (VBH). Elles peuvent \u00eatre d\u00e9finies comme des actes de violence exerc\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une femme par un groupe (tribu, clan, ethnie) qui consid\u00e8re que les paroles ou les actes, compromettant sa chastet\u00e9, ont port\u00e9 atteinte \u00e0 l\u2019honneur du groupe. Cette absence pourrait s\u2019expliquer par le fait que de telles violences sont rares dans la soci\u00e9t\u00e9 burkinab\u00e8. Cependant, rien ne garantit que, \u00e0 l\u2019avenir, de telles violences ne prendront pas des proportions inqui\u00e9tantes. Par exemple, le vide juridique relatif aux VBH n\u2019inqui\u00e9tait pas outre mesure le l\u00e9gislateur canadien jusqu\u2019au jour o\u00f9 des drames \u00e9branl\u00e8rent la soci\u00e9t\u00e9 canadienne (Conseil du statut de la femme, 2013).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, les lacunes des textes se traduisent par le caract\u00e8re non dissuasif de certaines sanctions. Tel est le cas de celles pr\u00e9vues pour les auteurs de violences morales et psychologiques. Le l\u00e9gislateur n\u2019a pas assorti ce type d\u2019infractions de peines d\u2019emprisonnement ; ainsi l\u2019auteur reconnu de ce type de violence sera uniquement condamn\u00e9 \u00e0 payer des amendes comprises entre 250&nbsp;000&nbsp;FCFA et 600&nbsp;000&nbsp;FCFA, selon l\u2019article 513-5 de la loi n<sup>o&nbsp;<\/sup>025-2018\/AN portant Code p\u00e9nal. Les violences morales et psychologiques ont-elles des effets moins n\u00e9fastes que les autres formes de violences pouvant donner lieu \u00e0 des peines privatives de libert\u00e9&nbsp;? Le paiement d\u2019amendes de 600&nbsp;000&nbsp;FCFA par un homme reconnu coupable d\u2019\u00ab&nbsp;abandon moral et mat\u00e9riel du foyer&nbsp;\u00bb depuis des ann\u00e9es peut-il r\u00e9parer de mani\u00e8re juste les pr\u00e9judices&nbsp; subis par la femme et les enfants&nbsp;? On peut en douter. D\u2019ailleurs, les psychologues montrent que les violences morales et psychologiques ont des effets d\u00e9vastateurs sur la victime au sein du couple, mais aussi sur les enfants.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Sur le plan institutionnel, des \u00e9cueils existent \u00e9galement. Les institutions responsables de la lutte contre les VEF ne fonctionnent pas souvent comme il le faudrait. D\u2019abord, les victimes de VEF ne b\u00e9n\u00e9ficient pas toujours des traitements, conseils et services m\u00e9dico-sociaux en raison de l\u2019inexistence de centres de prise en charge dans certaines localit\u00e9s du Burkina Faso. En effet, le Rapport d\u2019analyse de la situation des VBG au Burkina Faso de la p\u00e9riode allant du 1<sup>er<\/sup>&nbsp;janvier au 30&nbsp;juin 2022 r\u00e9v\u00e8le que seules cinq sur treize r\u00e9gions du pays disposent de services sp\u00e9cialis\u00e9s en VBG (m\u00e9dical, psychosocial, s\u00e9curit\u00e9\/s\u00fbret\u00e9, juridique, r\u00e9insertion socio-\u00e9conomique). Il pr\u00e9cise que 85&nbsp;% des survivantes de viol n\u2019ont pas re\u00e7u une prise en charge clinique appropri\u00e9e dans le d\u00e9lai de soixante-douze heures suivant le crime (AoR VBG Burkina Faso, 2022, p.&nbsp;3).<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, le montant des cr\u00e9dits allou\u00e9s aux diff\u00e9rents organismes publics charg\u00e9s de la lutte contre les VEF demeure insuffisant. Par exemple, selon le rapport d\u2019analyse sus-cit\u00e9, sur un budget requis de 25&nbsp;millions, 1,8&nbsp;million a \u00e9t\u00e9 d\u00e9caiss\u00e9 pour les activit\u00e9s du sous-cluster (AoR) VBG du Burkina Faso. Dans le contexte actuel o\u00f9 la lutte contre le terrorisme demeure la priorit\u00e9, l\u2019accroissement des d\u00e9penses militaires (Somda, 2024) a pu entra\u00eener une r\u00e9duction des cr\u00e9dits affect\u00e9s \u00e0 la lutte contre les VEF. Or, selon le rapport semestriel 2022 du sous-groupe sur les VBG, 91&nbsp;% des cas&nbsp; rapport\u00e9s au cours de cette p\u00e9riode concernent&nbsp; des personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays en raison du terrorisme (Cluster Protection Burkina Faso, 2022, p.&nbsp;1).<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Par ailleurs, les victimes des VEF rencontrent souvent des difficult\u00e9s financi\u00e8res pour acc\u00e9der \u00e0 la justice. Pour y rem\u00e9dier, un fonds d\u2019assistance judiciaire aux victimes de violences a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9. Mais, son op\u00e9rationnalisation reste laborieuse et le dispositif souffre d\u2019une grande invisibilit\u00e9 aupr\u00e8s de ses b\u00e9n\u00e9ficiaires (AIB, 2024b). De plus, lorsque les victimes des VEF parviennent, enfin, \u00e0 surmonter ces difficult\u00e9s, elles n\u2019obtiennent pas toujours des r\u00e9parations justes pour les pr\u00e9judices subis.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le cas par exemple dans l\u2019affaire <em>Minist\u00e8re public c. G. S. alias Kakaga<\/em> de 2019 (TGI Ouahigouya, 2019). G. S. alias Kakaga, \u00e2g\u00e9 de plus de 18&nbsp;ans, a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 d\u2019avoir tent\u00e9 de violer une fille mineure. Apr\u00e8s l\u2019avoir tra\u00een\u00e9e dans la brousse et d\u00e9shabill\u00e9e, il fut interrompu par la m\u00e8re de la jeune fille qui confronta l\u2019accus\u00e9 avec un b\u00e2ton. G. S. a reconnu les faits et affirma qu\u2019il avait eu une envie incontr\u00f4lable d\u2019avoir des relations sexuelles avec la victime au moment o\u00f9 celle-ci livra dans sa boutique le repas, qu\u2019il avait command\u00e9 au restaurant de sa m\u00e8re. Apr\u00e8s avoir examin\u00e9 tous les arguments, le TGI de Ouahigouya le d\u00e9clara coupable de tentative de viol et le condamna \u00e0 douze mois de prison avec sursis, plus une amende de 100&nbsp;000&nbsp;FCFA. Quant \u00e0 la victime, le tribunal lui accorda une indemnit\u00e9 d\u2019une valeur de 10&nbsp;000&nbsp;FCFA. Avec une telle sentence, il est l\u00e9gitime de s\u2019interroger sur l\u2019\u00e9quit\u00e9 de la justice envers les victimes de VEF.<\/p>\n\n\n\n<p>Au demeurant, parce que les VEF peuvent avoir un lien avec les coutumes et les croyances religieuses, il semble opportun de trouver des voies et moyens pour impliquer davantage les autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses dans cette lutte.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a><strong>Une meilleure inclusion des autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En Afrique en g\u00e9n\u00e9ral et au Burkina Faso en particulier, les autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses occupent une place importante dans la soci\u00e9t\u00e9. Par l\u2019exercice des pouvoirs religieux et coutumiers dont elles sont d\u00e9positaires, elles participent aux dynamiques soci\u00e9tales. Dans le cadre de la lutte contre les VEF, il existe de nombreux arguments qui militent en faveur d\u2019une meilleure inclusion des autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses. L\u2019am\u00e9lioration de ce processus d\u2019inclusion pourrait s\u2019op\u00e9rer selon diverses modalit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Les raisons de l\u2019inclusion<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p><a><\/a>La n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une meilleure inclusion des autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses dans la lutte contre les VEF repose essentiellement sur trois raisons.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>La premi\u00e8re tient au fait que la persistance des VEF semble en partie li\u00e9e \u00e0 des sch\u00e9mas et mod\u00e8les de comportements sociaux et culturels commun\u00e9ment v\u00e9hicul\u00e9s par des coutumes et des religions. En effet, ces derni\u00e8res diffusent souvent des st\u00e9r\u00e9otypes, des id\u00e9es et des valeurs qui ont contribu\u00e9 \u00e0 instaurer des rapports de forces in\u00e9gaux entre les hommes et les femmes, encourageant ainsi la domination des premiers sur les secondes et par ricochet, l\u2019exercice des VEF. L\u2019ONU reconna\u00eet implicitement le r\u00f4le de certaines coutumes et religions dans la p\u00e9rennisation des VEF lorsqu\u2019elle engage les \u00c9tats parties \u00e0 condamner la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et \u00e0 ne pas invoquer des consid\u00e9rations de coutume, de tradition ou de religion pour se soustraire \u00e0 l\u2019obligation de l\u2019\u00e9liminer<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. Du reste, les autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses \u2013&nbsp;et c\u2019est la seconde raison&nbsp;\u2013 disposent d\u2019un pouvoir incr\u00e9mental r\u00e9el (Perrot &amp; Fauvelle-Aymar, 2003&nbsp;; Bayart, 2018). En effet, ce pouvoir rev\u00eat diverses formes. Il s\u2019agit, d\u2019une part, d\u2019un pouvoir normatif et herm\u00e9neutique, par lequel ces autorit\u00e9s peuvent participer \u00e0 la fabrique et \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des normes coutumi\u00e8res et religieuses. D\u2019autre part, elles disposent d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 et d\u2019un pouvoir politique leur permettant de jouer encore aujourd\u2019hui&nbsp; un r\u00f4le crucial progressiste dans le domaine social, politique et culturel. \u00c0&nbsp;titre illustratif, elles exercent une&nbsp; fonction essentielle de pr\u00e9vention et de r\u00e8glement des conflits familiaux, communautaires et politiques. En t\u00e9moigne la m\u00e9diation des autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses lors de la situation conflictuelle en 2022 entre le capitaine Ibrahim Traor\u00e9 et le lieutenant-colonel Henri Damiba. L\u2019implication de ces autorit\u00e9s a eu, ind\u00e9niablement, un effet transformationnel&nbsp;: la situation, qui aurait pu finir en chaos et en bain de sang, a abouti \u00e0 un d\u00e9nouement&nbsp; \u00ab&nbsp;apais\u00e9&nbsp;\u00bb avec la d\u00e9mission du lieutenant-colonel Henri Damiba (Le faso.net, 2022). La troisi\u00e8me raison, qui justifie l\u2019id\u00e9e d\u2019une meilleure inclusion des autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses dans la lutte contre les VEF, est inh\u00e9rente \u00e0 la pr\u00e9\u00e9minence <em>de facto<\/em> des droits coutumiers et religieux sur le droit \u00e9tatique (Sow Sidib\u00e9, 1991). Par exemple, la loi portant Code des personnes et de la famille (CPF) du Burkina Faso interdit la dot<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. Toutefois, la plupart des futurs mari\u00e9s observent les normes coutumi\u00e8res qui prescrivent la dot. De m\u00eame, les mariages coutumiers et religieux ne sont pas explicitement reconnus dans le CPF. En d\u00e9pit de cette non-reconnaissance, des citoyens ne manquent pas de c\u00e9l\u00e9brer leurs mariages de mani\u00e8re religieuse ou coutumi\u00e8re au d\u00e9triment du mariage civil devant l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil. Cette r\u00e9f\u00e9rence pr\u00e9\u00e9minente aux mariages coutumiers et religieux constitue l\u2019une des raisons pour lesquelles le gouvernement a adopt\u00e9 le 10&nbsp;juillet 2024 un avant-projet de loi portant CPF dans lequel il consacre la reconnaissance des mariages coutumiers et religieux \u00e0 travers leurs transcriptions sur le registre d\u2019\u00e9tat civil sous certaines conditions (Queen Mafa, 2024).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Les modalit\u00e9s de l\u2019inclusion<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p><a><\/a>Une piste qui peut \u00eatre explor\u00e9e est celle de l\u2019institutionnalisation d\u2019un espace de dialogue tripartite, regroupant les repr\u00e9sentants des autorit\u00e9s \u00e9tatiques (membres du gouvernement et du parlement), les repr\u00e9sentants des organisations de d\u00e9fense des droits des femmes et ceux des autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses. Cependant, l\u2019inclusion de ces derniers constitue un exercice d\u00e9licat qui pourrait se solder par un \u00e9chec si un biais psychologique n\u2019est pas pris en compte&nbsp;: il s\u2019agit, pour les divers acteurs, d\u2019\u00e9viter toute attitude ou comportement m\u00e9prisant \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses tendant \u00e0 les assimiler \u00e0 des forces r\u00e9trogrades. Une fois ce biais surmont\u00e9, cet espace de dialogue pourrait se pr\u00e9senter comme un lieu de plaidoyer o\u00f9 les repr\u00e9sentants des autorit\u00e9s \u00e9tatiques et des organisations de d\u00e9fense des droits des femmes pourraient orienter leurs strat\u00e9gies, fond\u00e9es sur le \u00ab&nbsp;nudge&nbsp;\u00bb pour atteindre deux objectifs.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le premier objectif serait d\u2019encourager les autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses \u00e0 faire \u00e9voluer certaines normes coutumi\u00e8res et \u00e0 donner une interpr\u00e9tation des textes religieux dans un sens favorable \u00e0 la r\u00e9duction des VEF. En effet, si le pouvoir normatif et herm\u00e9neutique de ces autorit\u00e9s est mis au service de la protection des femmes, il pourrait contribuer \u00e0&nbsp; r\u00e9duire consid\u00e9rablement les VEF. Prenons, par exemple, l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 toutes les autorit\u00e9s coutumi\u00e8res viendraient \u00e0 adopter des \u00ab&nbsp;d\u00e9crets&nbsp;\u00bb coutumiers interdisant explicitement l\u2019excision ou les violences physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes dans le ressort de leurs juridictions. Ce pouvoir normatif n\u2019aurait-il pas des effets b\u00e9n\u00e9fiques sur la lutte contre les VEF&nbsp;? Il convient de r\u00e9pondre par l\u2019affirmative.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me objectif serait d\u2019inciter les autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses \u00e0 user de leur l\u00e9gitimit\u00e9, en tant que leaders d\u2019opinion, pour donner de la voix dans les divers m\u00e9dias et sensibiliser sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019abandonner les actes de VEF. Leur l\u00e9gitimit\u00e9 leur conf\u00e8re l\u2019avantage de voir leurs messages \u00eatre \u00e9cout\u00e9s et mis en pratique par les populations. Cette approche m\u00e9rite d\u2019\u00eatre explor\u00e9e, d\u2019autant plus qu\u2019elle semble avoir fait les preuves de son efficacit\u00e9 \u00e0 propos d\u2019autres ph\u00e9nom\u00e8nes, comme les discours de haine tenus par des pr\u00e9dicateurs. Face \u00e0 leur propagation dans les m\u00e9dias, les autorit\u00e9s religieuses ont pris le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 bras-le-corps \u00e0 travers des interventions m\u00e9diatiques (spots publicitaires, interviews, communiqu\u00e9s, etc.). Il peut sembler pr\u00e9matur\u00e9 de dresser le bilan d\u2019une telle initiative, mais des r\u00e9sultats tangibles sont d\u00e9j\u00e0 visibles, avec de moins en moins de discours haineux \u00e9manant de pr\u00e9dicateurs dans l\u2019espace m\u00e9diatique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse du dispositif juridique de lutte contre les VEF au Burkina Faso pr\u00e9sente l\u2019image d\u2019un iceberg. Sur sa partie \u00e9merg\u00e9e, on observe de nombreux progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s. Cependant, il existe une grande partie immerg\u00e9e, constitu\u00e9e de divers \u00e9cueils qui r\u00e9duisent la performance de ce dispositif. Du reste, cette r\u00e9flexion a permis de rappeler que le droit n\u2019est qu\u2019un vecteur du changement social. Il est illusoire de faire du droit la panac\u00e9e, car :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>il reste au droit et aux juristes \u00e0 reconna\u00eetre, plut\u00f4t que de se livrer \u00e0 une course poursuite avec les faits, vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec, qu\u2019ils rencontrent des bornes, que tout ne saurait se r\u00e9gler en pure logique du droit et sur son seul terrain, et qu\u2019il est des \u00e9pisodes, souvent les plus dramatiques, de la vie politique [et sociale] qui leur \u00e9chappent. (Du Bois de Gaudusson, 2003, p.&nbsp;149)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 du droit, il existe d\u2019autres acteurs du changement social tels que les autorit\u00e9s coutumi\u00e8res et religieuses. En raison de leur potentiel incr\u00e9mental, elles peuvent davantage \u00eatre mobilis\u00e9es afin de r\u00e9duire substantiellement les violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes au Burkina Faso, actuellement en proie \u00e0 une crise multidimensionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>AIB (2024a, 7 f\u00e9vrier). <em>Burkina&nbsp;: La police nationale occupe la premi\u00e8re place pour son respect des droits des citoyens, sur 39 pays africains<\/em>. Agence d\u2019information du Burkina. Consult\u00e9 le 11\/10\/2024 sur <a href=\"https:\/\/www.aib.media\/burkina-la-police-nationale-occupe-la-premiere-place-pour-son-respect-des-droits-des-citoyens-sur-39-pays-africains\/\">https:\/\/www.aib.media\/burkina-la-police-nationale-occupe-la-premiere-place-pour-son-respect-des-droits-des-citoyens-sur-39-pays-africains\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>AIB (2024b, 18 juin). <em>Fonds d\u2019assistance judiciaire&nbsp;: des \u00e9changes pour renforcer l\u2019efficience du m\u00e9canisme<\/em>. Agence d\u2019information du Burkina. Consult\u00e9 le 18\/10\/2024 sur <a href=\"https:\/\/www.aib.media\/fonds-dassistance-judiciaire-des-echanges-pour-renforcer-lefficience-du-mecanisme\/\">https:\/\/www.aib.media\/fonds-dassistance-judiciaire-des-echanges-pour-renforcer-lefficience-du-mecanisme\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>AoR VBG Burkina Faso (2022). <em>Rapport d\u2019analyse de la situation de la violence bas\u00e9e sur le genre au Burkina Faso (semestre&nbsp;1).<\/em> <a href=\"https:\/\/gbvaor.net\/sites\/default\/files\/2022-09\/Analyse_AoR_VBG_Burkina%20_S1__2022.Final-AK.BA_.OC_.pdf\">https:\/\/gbvaor.net\/sites\/default\/files\/2022-09\/Analyse_AoR_VBG_Burkina%20_S1__2022.Final-AK.BA_.OC_.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Bayart, J.-F. (2018). <em>\u00c9tat et religion en Afrique<\/em>. Karthala.<\/p>\n\n\n\n<p>Constitution du Burkina Faso (1991)<\/p>\n\n\n\n<p>Conseil de l\u2019Europe (2011). <em>Convention du Conseil de l\u2019Europe sur la pr\u00e9vention et la lutte contre la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et la violence domestique<\/em> ou Convention d\u2019Istanbul. STCE n\u00b0&nbsp;210.<\/p>\n\n\n\n<p>Conseil du statut de la femme (2013). <em>Les crimes d\u2019honneur&nbsp;: de l\u2019indignation \u00e0 l\u2019action<\/em>. Qu\u00e9bec. Consult\u00e9 le 21\/01\/2025 sur <a href=\"https:\/\/csf.gouv.qc.ca\/article\/2013\/10\/30\/les-crimes-dhonneur-de-lindignation-a-laction\/\">https:\/\/csf.gouv.qc.ca\/article\/2013\/10\/30\/les-crimes-dhonneur-de-lindignation-a-laction\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Cluster Protection Burkina Faso. (2022). <a href=\"https:\/\/gbvaor.net\/sites\/default\/files\/2022-12\/2022%20GBV%20Secondary%20Data%20Review%20Burkina%20Faso%20_final_WCAR-UNFPA-REGA_0.pdf\">https:\/\/gbvaor.net\/sites\/default\/files\/2022-12\/2022%20GBV%20Secondary%20Data%20Review%20Burkina%20Faso%20_final_WCAR-UNFPA-REGA_0.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Demb\u00e9l\u00e9, B. (2023, 8 ao\u00fbt). <em>Centre M\u00e8re-enfants de Tenkodogo&nbsp;: l\u2019assurance d\u2019une prise en charge des cas de violences bas\u00e9es sur le genre<\/em>. Studio Yafa. Consult\u00e9 le 09\/10\/2024 sur <a href=\"https:\/\/www.studioyafa.org\/14010-centre-mere-enfants-de-tenkodogo-lassurance-dune-prise-en-charge-complete-des-cas-de-violences-basees-sur-le-genre\">https:\/\/www.studioyafa.org\/14010-centre-mere-enfants-de-tenkodogo-lassurance-dune-prise-en-charge-complete-des-cas-de-violences-basees-sur-le-genre<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Du Bois de Gaudusson, J. (2003). L\u2019accord de Marcoussis, entre droit et politique. <em>Afrique contemporaine<\/em>, <em>206<\/em>(2), 149.<\/p>\n\n\n\n<p>Ke\u00efta, H. (2024, 27 octobre). <em>FAIB&nbsp;: la communaut\u00e9 invit\u00e9e \u00e0 promouvoir des discours, exempts de violence, de haine et de sectarisme<\/em>. Matin libre. Consult\u00e9 le 22\/01\/2025 sur <a href=\"https:\/\/matinlibre.bf\/faib-la-communaute-invitee-a-promouvoir-des-discours-exempts-de-violence-de-haine-et-de-sectarisme\/\">https:\/\/matinlibre.bf\/faib-la-communaute-invitee-a-promouvoir-des-discours-exempts-de-violence-de-haine-et-de-sectarisme\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le faso.net (2022, 2 octobre). <em>Burkina&nbsp;: Damiba a pos\u00e9 sept conditions avant de rendre sa d\u00e9mission, selon les autorit\u00e9s religieuses et coutumi\u00e8res<\/em>. Le faso.net. Consult\u00e9 le 22\/01\/2025 sur <a href=\"https:\/\/lefaso.net\/spip.php?article116401\">https:\/\/lefaso.net\/spip.php?article116401<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Loi burkinab\u00e8 n\u00b0025-2018\/AN portant Code p\u00e9nal. (2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Loi burkinab\u00e8 n\u00b0061-2015\/CNT portant pr\u00e9vention, r\u00e9pression et r\u00e9paration des violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des filles et prise en charge des victimes. (2015).<\/p>\n\n\n\n<p>M\u2019Cormack-Hale, F., Patel, J., &amp; Ndiaye Diouf, N. (2023). La lutte contre la violence bas\u00e9e sur le genre figure en t\u00eate de l\u2019agenda des droits des femmes en Afrique. <em>Afro Barometer<\/em>, 736.<\/p>\n\n\n\n<p>Nations unies (1966). <em>Pacte international sur les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Nations unies (1979). <em>Convention sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Nations unies (1993). <em>D\u00e9claration 48\/104 de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies sur l\u2019\u00e9limination de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>OUA (1981). <em>Charte africaine des droits de l\u2019homme et des peuples<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Perrot, C.-H., &amp; Fauvelle-Aymar, F.-X. (2003). <em>Le retour des rois&nbsp;: les autorit\u00e9s traditionnelles et l\u2019\u00c9tat en Afrique contemporaine<\/em>. Karthala.<\/p>\n\n\n\n<p>Queen Mafa (2024). <em>Code des personnes et de la famille&nbsp;: voici les innovations majeures propos\u00e9es par le gouvernement<\/em>. Queen Mafa. Consult\u00e9 le 22\/01\/2025 sur <a href=\"https:\/\/www.queenmafa.net\/2024\/07\/10\/code-des-personnes-et-de-la-famille-voici-les-innovations-majeures-proposees-par-le-gouvernement\/\">https:\/\/www.queenmafa.net\/2024\/07\/10\/code-des-personnes-et-de-la-famille-voici-les-innovations-majeures-proposees-par-le-gouvernement\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Somda, A. C. (2024, 2 janvier). <em>Reconqu\u00eate du territoire national&nbsp;: pr\u00e8s de 30&nbsp;% du budget \u00e0 la d\u00e9fense-s\u00e9curit\u00e9<\/em>. L\u2019\u00e9conomiste du Faso. Consult\u00e9 le 16\/10\/2024 sur <a href=\"https:\/\/www.leconomistedufaso.com\/2024\/01\/02\/reconquete-du-territoire-national-pres-de-30-du-budget-a-la-defense-securite\/\">https:\/\/www.leconomistedufaso.com\/2024\/01\/02\/reconquete-du-territoire-national-pres-de-30-du-budget-a-la-defense-securite\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sow Sidib\u00e9, A. (1991). <em>Le pluralisme juridique en Afrique, l\u2019exemple du droit successoral s\u00e9n\u00e9galais<\/em>. LGDJ.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>TGI Kongoussi (2017, 26 avril). <em>Minist\u00e8re public c. Kinda Jean No\u00ebl<\/em>. <a href=\"https:\/\/sgbv-ihrda.uwazi.io\/fr\/entity\/yf5u7lw2i2l\/metadata?page=1\">https:\/\/sgbv-ihrda.uwazi.io\/fr\/entity\/yf5u7lw2i2l\/metadata?page=1<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>TGI Ouahigouya (2021, 17 juin). <em>Minist\u00e8re public c. O.S.M<\/em>. <a href=\"https:\/\/sgbv-ihrda.uwazi.io\/fr\/entity\/cgbj3bkdwdk?searchTerm=TGI%2C%20Ouahigouya%2C%2017%20juin%202021%2C%20Minist%C3%A8re%20Public%20c.%20O.S.M&amp;page=2\">https:\/\/sgbv-ihrda.uwazi.io\/fr\/entity\/cgbj3bkdwdk?searchTerm=TGI%2C%20Ouahigouya%2C%2017%20juin%202021%2C%20Minist\u00e8re%20Public%20c.%20O.S.M&amp;page=2<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>TGI Ouahigouya (2019, 30 octobre). <em>Minist\u00e8re public c. G.S alias Kakaga<\/em>. <a href=\"https:\/\/sgbv-ihrda.uwazi.io\/fr\/entity\/1wgtb5nzrg1?page=1\">https:\/\/sgbv-ihrda.uwazi.io\/fr\/entity\/1wgtb5nzrg1?page=1<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>UNFPA (2022, 8 d\u00e9cembre). <em>Prise en charge des violences bas\u00e9es sur le genre&nbsp;: Des services complets, s\u00fbrs et confidentiels d\u00e9sormais disponibles \u00e0 Kaya, dans le Centre-Nord du Burkina Faso<\/em>. UNFPA. Consult\u00e9 le 07\/10\/2024 sur <a href=\"https:\/\/burkinafaso.unfpa.org\/fr\/news\/prise-en-charge-des-violences-bas%C3%A9es-sur-le-genre-des-services-complets-s%C3%BBrs-et-confidentiels\">https:\/\/burkinafaso.unfpa.org\/fr\/news\/prise-en-charge-des-violences-bas%C3%A9es-sur-le-genre-des-services-complets-s%C3%BBrs-et-confidentiels<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Zongo, Y. (2021, 2 mars). <em>Violences bas\u00e9es sur le genre au Burkina&nbsp;: Le 80 00 12 87 pour d\u00e9noncer les cas<\/em>. Le faso.net. Consult\u00e9 le 15\/10\/2024 sur <a href=\"https:\/\/lefaso.net\/spip.php?article103049\">https:\/\/lefaso.net\/spip.php?article103049<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Zongo, Y. (2022, 23 mai). <em>Burkina Faso&nbsp;: Les membres de la cellule genre et les acteurs de la planification et du suivi-\u00e9valuation des programmes form\u00e9s sur la budg\u00e9tisation sensible au genre et aux droits de l\u2019enfant<\/em>. Le faso.net. Consult\u00e9 le 05\/10\/2024 sur <a href=\"https:\/\/lefaso.net\/spip.php?article113490\">https:\/\/lefaso.net\/spip.php?article113490<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":25540,"template":"","meta":[],"series-categories":[1348],"cat-articles":[1355],"keywords":[1369,1368,1367,1366,1357],"ppma_author":[421],"class_list":["post-25541","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-9","cat-articles-jeunes-chercheurs","keywords-changement-social","keywords-droit","keywords-genre","keywords-inegalites","keywords-vef","author-paliguewinde-martin-sawadogo-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Retour sur une aporie\u00a0: l\u2019efficacit\u00e9 du dispositif juridique de lutte contre les violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes au Burkina Faso | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/looking-back-at-an-aporia-the-effectiveness-of-the-legal-system-in-combating-violence-against-women-in-burkina-faso\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Retour sur une aporie\u00a0: l\u2019efficacit\u00e9 du dispositif juridique de lutte contre les violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes au Burkina Faso | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Les violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes (VEF) constituent un ph\u00e9nom\u00e8ne pr\u00e9occupant \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Selon l\u2019Afrobarom\u00e8tre 2021-2023, 24&nbsp;% de femmes d\u00e9clarent que les VEF sont une pratique \u00ab&nbsp;assez\/tr\u00e8s courante&nbsp;\u00bb au Burkina Faso (M\u2019Cormack-Hale et&nbsp;al., 2023, p.&nbsp;3). Les violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes sont d\u00e9finies comme&nbsp;: des actes de violence dirig\u00e9s contre les personnes de sexe f\u00e9minin, et causant ou pouvant causer aux femmes et aux filles un pr\u00e9judice ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques, morales, \u00e9conomiques et culturelles y compris la menace de tels actes, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie priv\u00e9e. (Loi n\u00b0&nbsp;025-2018\/AN, 2018, p.&nbsp;190) Mener une analyse sur les VEF rev\u00eat un enjeu heuristique, celui de contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9tude critique de l\u2019arsenal juridique mise en place pour&nbsp; la lutte contre les VEF au Burkina Faso. La r\u00e9flexion sur un tel cadre juridique pose in\u00e9vitablement la question de son effectivit\u00e9. En d\u2019autres termes, le dispositif juridique burkinab\u00e8 actuel de lutte contre les VEF est-il de nature \u00e0 favoriser l\u2019\u00e9radication ou la r\u00e9duction substantielle&nbsp;de cette pratique&nbsp;? En se fondant sur une approche positiviste et empirique du droit, cela pourrait permettre d\u2019esquisser des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse \u00e0 cette question centrale. Ces \u00e9l\u00e9ments pourront s\u2019articuler, dans un premier temps, autour des r\u00e9sultats contrast\u00e9s que r\u00e9v\u00e8le une \u00e9valuation dudit dispositif. Dans un second temps, il semble n\u00e9cessaire, face aux limites du droit, de sugg\u00e9rer l\u2019id\u00e9e d\u2019une meilleure implication des autorit\u00e9s traditionnelles et religieuses afin d\u2019atteindre la finalit\u00e9 de la r\u00e9duction substantielle des VEF. Un dispositif aux r\u00e9sultats contrast\u00e9s L\u2019analyse du dispositif juridique burkinab\u00e8 actuel de lutte contre les VEF exige d\u2019\u00e9viter deux extr\u00eames. Le premier consiste \u00e0 soutenir que ce dispositif est efficace. Le deuxi\u00e8me \u00e0 le d\u00e9crire comme compl\u00e8tement inefficace. Le constat, soutenu par des donn\u00e9es empiriques, est que le dispositif juridique de lutte contre les VEF au Burkina Faso a certes permis des progr\u00e8s, mais il comporte certains \u00e9cueils. Des actions p\u00e9rennis\u00e9es Le dispositif juridique de lutte contre les VEF au Burkina Faso a permis des progr\u00e8s tant sur le plan normatif que structurel. Sur le plan normatif, l\u2019adoption ou la ratification de certains textes a permis de constituer une garantie normative solide pour lutter contre les VEF.&nbsp; Pour venir \u00e0 bout des VEF, les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 ont adopt\u00e9 des textes qui les condamnent, les obligent elles-m\u00eames \u00e0 prendre certaines mesures, pr\u00e9cisent les sanctions pr\u00e9vues contre tout auteur de VEF ainsi que les possibilit\u00e9s pour toute victime d\u2019obtenir r\u00e9paration devant la justice. Ces textes sont de diff\u00e9rentes natures. Tout d\u2019abord, il existe des textes internationaux comme le Pacte international sur les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels de 1966[1], la Convention sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes de 1979, et la D\u00e9claration 48\/104 de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies sur l\u2019\u00e9limination de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes de 1993. L\u2019article&nbsp;4 de cette derni\u00e8re dispose que&nbsp;: Les \u00c9tats devraient condamner la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et ne pas invoquer des consid\u00e9rations de coutume, de tradition ou de religion pour se soustraire \u00e0 l\u2019obligation de l\u2019\u00e9liminer. Les \u00c9tats devraient mettre en \u0153uvre sans retard, par tous les moyens appropri\u00e9s, une politique visant \u00e0 \u00e9liminer la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes [\u2026]. (Nations unies, 1993) Ensuite, on peut citer des textes r\u00e9gionaux dont la Charte africaine des droits de l\u2019homme et des peuples de 1981[2] (OUA, 1981), qui demeure le texte le plus embl\u00e9matique. Viennent, enfin, les textes nationaux comme la Constitution de 1991, la loi n\u00b0&nbsp;061-2015\/CNT portant pr\u00e9vention, r\u00e9pression et r\u00e9paration des violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des filles et prise en charge des victimes, et la loi n\u00b0&nbsp;025-2018\/AN portant Code p\u00e9nal. Par exemple, les articles 513-2 \u00e0 514-3 du Code p\u00e9nal punissent les diff\u00e9rentes formes de violences exerc\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes par des peines d\u2019emprisonnement et le paiement d\u2019amendes. \u00c0&nbsp;ces textes juridiques, s\u2019ajoutent des politiques comme la Strat\u00e9gie nationale genre 2020-2024, qui fait de la lutte contre les VEF l\u2019un de ses domaines prioritaires. Du reste, la cr\u00e9ation de certaines structures constitue une avanc\u00e9e qu\u2019il convient de souligner. Dans cette perspective, la mise en place et le d\u00e9ploiement de certains organismes ont souvent contribu\u00e9 \u00e0 assurer l\u2019application des textes adopt\u00e9s. De nombreuses structures ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es et leurs diverses actions ont contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire la pratique des VEF. En premier lieu, le minist\u00e8re de la Promotion de la femme, de la Solidarit\u00e9 nationale et de la Famille, institu\u00e9 en 1997, a mis en \u0153uvre des projets visant \u00e0 lutter sp\u00e9cifiquement contre les VEF. Par exemple, en mars&nbsp;2021, le minist\u00e8re, en collaboration avec ses partenaires, a mis en place un num\u00e9ro vert d\u00e9di\u00e9 aux alertes et aux d\u00e9nonciations des VEF. L\u2019anonymat et la gratuit\u00e9 du m\u00e9canisme ont permis de traiter de nombreuses affaires et de prendre en charge les victimes. Dans ce sens, les statistiques dudit minist\u00e8re indiquent qu\u2019en 2020, 5&nbsp;224&nbsp;personnes ont \u00e9t\u00e9 victimes de violences bas\u00e9es sur le genre (VBG), y compris les VEF, et ont \u00e9t\u00e9 prises en charge (Zongo, 2021). En second lieu, le Secr\u00e9tariat permanent du Conseil national pour la promotion du genre (SP\/CONAP-Genre), rattach\u00e9 au minist\u00e8re de la Promotion de la femme, a mis en place des actions de formation et sensibilisation, aussi bien dans des villages que dans des villes (Zongo, 2022). \u00c0&nbsp;Ouagadougou et dans des provinces comme Kaya (UNFPA, 2022) et Tenkodogo (Demb\u00e9l\u00e9, 2023), des centres de prise en charge des victimes de VEF ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s, offrant des services m\u00e9dicaux et sociaux. Bien que les statistiques sur les dossiers relatifs aux VEF ne soient pas disponibles en ligne, on sait que les services de gendarmerie et de police travaillent \u00e0 faire respecter les droits des citoyens, notamment des femmes. \u00c0&nbsp;cet \u00e9gard, des r\u00e9seaux de chercheurs comme Afrobarom\u00e8tre ont salu\u00e9 leur d\u00e9vouement (AIB, 2024a). Lorsque des auteurs de VEF sont identifi\u00e9s par ces services, ils peuvent \u00eatre d\u00e9f\u00e9r\u00e9s devant les juridictions \u00e9tatiques comp\u00e9tentes au sein desquelles il existe des chambres \u00ab&nbsp;sp\u00e9ciales&nbsp;\u00bb charg\u00e9es de la r\u00e9pression des VEF. 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Selon l\u2019Afrobarom\u00e8tre 2021-2023, 24&nbsp;% de femmes d\u00e9clarent que les VEF sont une pratique \u00ab&nbsp;assez\/tr\u00e8s courante&nbsp;\u00bb au Burkina Faso (M\u2019Cormack-Hale et&nbsp;al., 2023, p.&nbsp;3). Les violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes sont d\u00e9finies comme&nbsp;: des actes de violence dirig\u00e9s contre les personnes de sexe f\u00e9minin, et causant ou pouvant causer aux femmes et aux filles un pr\u00e9judice ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques, morales, \u00e9conomiques et culturelles y compris la menace de tels actes, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie priv\u00e9e. (Loi n\u00b0&nbsp;025-2018\/AN, 2018, p.&nbsp;190) Mener une analyse sur les VEF rev\u00eat un enjeu heuristique, celui de contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9tude critique de l\u2019arsenal juridique mise en place pour&nbsp; la lutte contre les VEF au Burkina Faso. La r\u00e9flexion sur un tel cadre juridique pose in\u00e9vitablement la question de son effectivit\u00e9. En d\u2019autres termes, le dispositif juridique burkinab\u00e8 actuel de lutte contre les VEF est-il de nature \u00e0 favoriser l\u2019\u00e9radication ou la r\u00e9duction substantielle&nbsp;de cette pratique&nbsp;? En se fondant sur une approche positiviste et empirique du droit, cela pourrait permettre d\u2019esquisser des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse \u00e0 cette question centrale. Ces \u00e9l\u00e9ments pourront s\u2019articuler, dans un premier temps, autour des r\u00e9sultats contrast\u00e9s que r\u00e9v\u00e8le une \u00e9valuation dudit dispositif. Dans un second temps, il semble n\u00e9cessaire, face aux limites du droit, de sugg\u00e9rer l\u2019id\u00e9e d\u2019une meilleure implication des autorit\u00e9s traditionnelles et religieuses afin d\u2019atteindre la finalit\u00e9 de la r\u00e9duction substantielle des VEF. Un dispositif aux r\u00e9sultats contrast\u00e9s L\u2019analyse du dispositif juridique burkinab\u00e8 actuel de lutte contre les VEF exige d\u2019\u00e9viter deux extr\u00eames. Le premier consiste \u00e0 soutenir que ce dispositif est efficace. Le deuxi\u00e8me \u00e0 le d\u00e9crire comme compl\u00e8tement inefficace. Le constat, soutenu par des donn\u00e9es empiriques, est que le dispositif juridique de lutte contre les VEF au Burkina Faso a certes permis des progr\u00e8s, mais il comporte certains \u00e9cueils. Des actions p\u00e9rennis\u00e9es Le dispositif juridique de lutte contre les VEF au Burkina Faso a permis des progr\u00e8s tant sur le plan normatif que structurel. Sur le plan normatif, l\u2019adoption ou la ratification de certains textes a permis de constituer une garantie normative solide pour lutter contre les VEF.&nbsp; Pour venir \u00e0 bout des VEF, les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 ont adopt\u00e9 des textes qui les condamnent, les obligent elles-m\u00eames \u00e0 prendre certaines mesures, pr\u00e9cisent les sanctions pr\u00e9vues contre tout auteur de VEF ainsi que les possibilit\u00e9s pour toute victime d\u2019obtenir r\u00e9paration devant la justice. Ces textes sont de diff\u00e9rentes natures. Tout d\u2019abord, il existe des textes internationaux comme le Pacte international sur les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels de 1966[1], la Convention sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes de 1979, et la D\u00e9claration 48\/104 de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies sur l\u2019\u00e9limination de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes de 1993. L\u2019article&nbsp;4 de cette derni\u00e8re dispose que&nbsp;: Les \u00c9tats devraient condamner la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et ne pas invoquer des consid\u00e9rations de coutume, de tradition ou de religion pour se soustraire \u00e0 l\u2019obligation de l\u2019\u00e9liminer. Les \u00c9tats devraient mettre en \u0153uvre sans retard, par tous les moyens appropri\u00e9s, une politique visant \u00e0 \u00e9liminer la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes [\u2026]. (Nations unies, 1993) Ensuite, on peut citer des textes r\u00e9gionaux dont la Charte africaine des droits de l\u2019homme et des peuples de 1981[2] (OUA, 1981), qui demeure le texte le plus embl\u00e9matique. Viennent, enfin, les textes nationaux comme la Constitution de 1991, la loi n\u00b0&nbsp;061-2015\/CNT portant pr\u00e9vention, r\u00e9pression et r\u00e9paration des violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des filles et prise en charge des victimes, et la loi n\u00b0&nbsp;025-2018\/AN portant Code p\u00e9nal. Par exemple, les articles 513-2 \u00e0 514-3 du Code p\u00e9nal punissent les diff\u00e9rentes formes de violences exerc\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes par des peines d\u2019emprisonnement et le paiement d\u2019amendes. \u00c0&nbsp;ces textes juridiques, s\u2019ajoutent des politiques comme la Strat\u00e9gie nationale genre 2020-2024, qui fait de la lutte contre les VEF l\u2019un de ses domaines prioritaires. Du reste, la cr\u00e9ation de certaines structures constitue une avanc\u00e9e qu\u2019il convient de souligner. Dans cette perspective, la mise en place et le d\u00e9ploiement de certains organismes ont souvent contribu\u00e9 \u00e0 assurer l\u2019application des textes adopt\u00e9s. De nombreuses structures ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es et leurs diverses actions ont contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire la pratique des VEF. En premier lieu, le minist\u00e8re de la Promotion de la femme, de la Solidarit\u00e9 nationale et de la Famille, institu\u00e9 en 1997, a mis en \u0153uvre des projets visant \u00e0 lutter sp\u00e9cifiquement contre les VEF. Par exemple, en mars&nbsp;2021, le minist\u00e8re, en collaboration avec ses partenaires, a mis en place un num\u00e9ro vert d\u00e9di\u00e9 aux alertes et aux d\u00e9nonciations des VEF. L\u2019anonymat et la gratuit\u00e9 du m\u00e9canisme ont permis de traiter de nombreuses affaires et de prendre en charge les victimes. Dans ce sens, les statistiques dudit minist\u00e8re indiquent qu\u2019en 2020, 5&nbsp;224&nbsp;personnes ont \u00e9t\u00e9 victimes de violences bas\u00e9es sur le genre (VBG), y compris les VEF, et ont \u00e9t\u00e9 prises en charge (Zongo, 2021). En second lieu, le Secr\u00e9tariat permanent du Conseil national pour la promotion du genre (SP\/CONAP-Genre), rattach\u00e9 au minist\u00e8re de la Promotion de la femme, a mis en place des actions de formation et sensibilisation, aussi bien dans des villages que dans des villes (Zongo, 2022). \u00c0&nbsp;Ouagadougou et dans des provinces comme Kaya (UNFPA, 2022) et Tenkodogo (Demb\u00e9l\u00e9, 2023), des centres de prise en charge des victimes de VEF ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s, offrant des services m\u00e9dicaux et sociaux. Bien que les statistiques sur les dossiers relatifs aux VEF ne soient pas disponibles en ligne, on sait que les services de gendarmerie et de police travaillent \u00e0 faire respecter les droits des citoyens, notamment des femmes. \u00c0&nbsp;cet \u00e9gard, des r\u00e9seaux de chercheurs comme Afrobarom\u00e8tre ont salu\u00e9 leur d\u00e9vouement (AIB, 2024a). Lorsque des auteurs de VEF sont identifi\u00e9s par ces services, ils peuvent \u00eatre d\u00e9f\u00e9r\u00e9s devant les juridictions \u00e9tatiques comp\u00e9tentes au sein desquelles il existe des chambres \u00ab&nbsp;sp\u00e9ciales&nbsp;\u00bb charg\u00e9es de la r\u00e9pression des VEF. Si les infractions sont effectivement av\u00e9r\u00e9es, les juges n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 sanctionner leurs","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-9\/looking-back-at-an-aporia-the-effectiveness-of-the-legal-system-in-combating-violence-against-women-in-burkina-faso\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-04-28T13:22:06+00:00","og_image":[{"width":640,"height":425,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/ENFER-PARADISIAQUE-04-Moyenne.jpeg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"20 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