{"id":25287,"date":"2025-06-20T05:37:00","date_gmt":"2025-06-20T05:37:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/protectives-knowledges-fields-experiences-and-practices-in-the-fight-against-gender-based-violence-gbv-in-africa\/"},"modified":"2026-04-24T21:17:05","modified_gmt":"2026-04-24T21:17:05","slug":"protectives-knowledges-fields-experiences-and-practices-in-the-fight-against-gender-based-violence-gbv-in-africa","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-10\/protectives-knowledges-fields-experiences-and-practices-in-the-fight-against-gender-based-violence-gbv-in-africa\/","title":{"rendered":"Les savoirs protecteurs : terrains, exp\u00e9riences et pratiques dans la lutte contre les violences en Afrique"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les violences sociales (au premier rang desquelles les violences sexistes et sexuelles) s\u2019exacerbent un peu partout en Afrique<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, la n\u00e9cessit\u00e9 de penser les savoirs qui les structurent et en impulsent les dynamiques s\u2019impose. Elle (re)place au c\u0153ur de l\u2019actualit\u00e9 la question des savoirs protecteurs comme une probl\u00e9matique \u00e0 prendre urgemment en charge pour encadrer, enrichir et fertiliser les multiples initiatives et dynamiques de lutte contre les violences bas\u00e9es sur le genre (VBG) et leurs effets sur les soci\u00e9t\u00e9s. Nous appelons savoirs protecteurs les connaissances, les techniques, les usages, les proc\u00e9d\u00e9s, les innovations, les pratiques, entre autres, qui r\u00e9sultent des exp\u00e9riences, des initiatives, des recherches et exp\u00e9rimentations, socio-culturellement ancr\u00e9es et fructueuses d\u2019acteurs et d\u2019actrices engag\u00e9\u00b7e\u00b7s au quotidien dans la lutte contre les VBG. Ces savoirs, souvent issus des interactions entre les acteurs\/actrices locaux\/locales et les travailleurs\/travailleuses sociaux\/sociales<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>, donnent des comp\u00e9tences, des capacit\u00e9s (Sen, 1999) et des aptitudes qui permettent aux communaut\u00e9s et aux individus de pr\u00e9venir l\u2019apparition de violences, une prise en charge r\u00e9paratrice et r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrice lorsqu\u2019elles surviennent et de construire leur r\u00e9silience. Ils repr\u00e9sentent une voie m\u00e9diane entre les approches traditionnelles et les mod\u00e8les import\u00e9s de r\u00e9ponse aux VBG.<\/p>\n\n\n\n<p>Se constituant par hybridation ou par invention, ces savoirs visent \u00e0 r\u00e9pondre de mani\u00e8re plus ancr\u00e9e et plus contextuelle aux enjeux locaux, tout en mobilisant des outils conceptuels et des pratiques potentiellement voyageurs. Ils s\u2019\u00e9paississent en particulier par la complexit\u00e9 et la transformation continue des logiques et des pratiques que recouvrent les violences sociales. Ils sont attentifs aux codes et aux modes diversifi\u00e9s de justification et de l\u00e9gitimation sociale desdites pratiques&nbsp;; ce faisant, ils se projettent avec plus de discernement sur les modalit\u00e9s mat\u00e9rielles et immat\u00e9rielles de lutte contre celles-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les atouts th\u00e9oriques et pratiques des strat\u00e9gies de lutte contre les VBG, leur reconnaissance et leur valorisation restent entrav\u00e9es par des d\u00e9bats \u00e9pist\u00e9mologiques et politiques souvent polaris\u00e9s. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, certains c\u00e9l\u00e8brent avec une ferveur nostalgique les savoirs occidentaux, d\u00e9non\u00e7ant l\u2019\u00e9chec des savoirs exog\u00e8nes, jug\u00e9s inadapt\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s locales. De l\u2019autre, l\u2019on croit toujours en l\u2019universalit\u00e9 des montages \u00e9pist\u00e9miques qui fondent les interventions de d\u00e9veloppement. Les savoirs protecteurs \u00e9mergent comme une sorte de troisi\u00e8me voie de la lutte, hybride, cr\u00e9ative et pragmatique, qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre examin\u00e9e en profondeur pour en th\u00e9matiser le potentiel heuristique ainsi que les pouvoirs op\u00e9ratoires (en mati\u00e8re d\u2019appropriation communautaire et de mise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle dans le cadre de politiques publiques locales ou nationales d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la lutte contre les violences sociales, celles sexistes et sexuelles en priorit\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce num\u00e9ro sp\u00e9cial de <em>Global Africa <\/em>se propose d\u2019explorer ces savoirs protecteurs, non pas comme une simple alternative aux mod\u00e8les dominants, mais plut\u00f4t comme une praxis d\u00e9coloniale (Mignolo &amp; Walsh, 2018) en ce qu&rsquo;ils valorisent et institutionnalisent des exp\u00e9riences de soin et d\u00e9construisent des structures de pouvoir et de violence dont certaines ont des traces coloniales. Il s\u2019agit alors de tenter de comprendre comment ces savoirs protecteurs se construisent, se diffusent et se transforment lors des interactions quotidiennes entre les communaut\u00e9s locales et les acteurs (externes ou non) qui interviennent dans leurs contextes. En somme, il s\u2019agit de prendre au s\u00e9rieux les vertus \u00e9pist\u00e9miques et pragmatiques des dynamiques locales de lutte contre les violences sociales en Afrique (les VBG en particulier), sans tomber dans le pi\u00e8ge du romantisme culturel ou du scientisme na\u00eff incapable de se penser en contexte et de penser ses attaches sociales. Cette prise au s\u00e9rieux des savoirs protecteurs se veut, bien entendu, critique, car m\u00eame si ces savoirs paraissent plus adaptables pour adresser les d\u00e9fis locaux, il ne faut pas perdre de vue qu\u2019ils demeurent des constructions sociales. Sous ce rapport,&nbsp;ils n\u2019\u00e9chappent pas \u00e0 la conflictualit\u00e9 des ar\u00e8nes sociales locales et ne sont pas, pour ainsi dire, \u00ab&nbsp;immunis\u00e9s&nbsp;\u00bb par d\u00e9faut contre les risques de reproduction et de maintien de certaines dynamiques probl\u00e9matiques de pouvoir entre les acteurs locaux eux-m\u00eames et les acteurs externes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les VBG comme l\u2019expression d\u2019un champ \u00e9pist\u00e9mique patriarcal<\/h2>\n\n\n\n<p>Constitutives d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne social pluriel et complexe, les VBG expriment l\u2019activation de rapports sociaux de pouvoir et de domination qui se manifestent et se vivent dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s. En cela, elles peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des quasi-invariants anthropologiques de la vie sociale. Bien que g\u00e9n\u00e9ralement compos\u00e9es de faits empiriques ou symboliques distinguables, les VBG n\u2019en sont pas moins des pratiques sociales (Shove &amp; Pantzar, 2012) historicis\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire des pratiques sociales s\u00e9diment\u00e9es dans les imaginaires, les croyances, les \u00ab&nbsp;v\u00e9rit\u00e9s&nbsp;\u00bb historiques, etc. C\u2019est pourquoi il importe de les voir comme des points de vue sur le monde (Viveiros de Castro, 1998&nbsp;; 2009) et comme des rampes d\u2019actions sur lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les configurations sociales patriarcales, les savoirs d\u00e9rivent fondamentalement d\u2019un champ (Bourdieu, 2022) \u00e9pist\u00e9mique (et donc politique et \u00e9conomique) ob\u00e9issant \u00e0 des modalit\u00e9s particuli\u00e8res d\u2019attachement au monde. En g\u00e9n\u00e9ral, constitu\u00e9es de mani\u00e8res de penser, de mani\u00e8res de (res)sentir, de mani\u00e8res d\u2019agir, etc., ces dites-modalit\u00e9s portent et l\u00e9gitiment les logiques et les dynamiques de production et de reproduction de la domination masculine. Un tel champ repr\u00e9sente un syst\u00e8me de savoirs dans lequel sont engendr\u00e9es puis normalis\u00e9es \u2013&nbsp;voire naturalis\u00e9es&nbsp;\u2013 les valeurs, les normes, les r\u00e8gles, les id\u00e9es, les pratiques, etc., qui fabriquent les in\u00e9galit\u00e9s sociales, en particulier les in\u00e9galit\u00e9s entre les sexes. Le champ \u00e9pist\u00e9mique patriarcal forme ainsi une sorte de matrice de subordination et de soumission des femmes aux hommes, dans leur diversit\u00e9. Il fait donc r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces espaces sociaux mat\u00e9riels et immat\u00e9riels o\u00f9 les savoirs sont produits, valid\u00e9s, prot\u00e9g\u00e9s, transmis et partag\u00e9s en fonction de structures de pouvoir sexuellement asym\u00e9triques et d\u00e9di\u00e9es au service du privil\u00e8ge masculin (McIntosh, 2019&nbsp;; O\u2019Brien, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant plus directement les VBG, cette notion de champ \u00e9pist\u00e9mique patriarcal implique que les pratiques sociales qui les portent sont ench\u00e2ss\u00e9es dans des syst\u00e8mes de savoirs et de croyances qui se vouent au maintien et \u00e0 la reproduction des sch\u00e8mes d\u2019action du continuum patriarcat \u2013&nbsp;hi\u00e9rarchie de genre \u2013&nbsp;domination \u2013&nbsp;oppression \u2013&nbsp;violences \u2013&nbsp;in\u00e9galit\u00e9s de genre. Ce champ, il faut le dire, int\u00e8gre les dynamiques de r\u00e9sistance et de lutte pour l\u2019\u00e9mancipation des femmes et des filles qui \u00e9mergent et mobilisent dans les espaces sociaux mais, en g\u00e9n\u00e9ral, il les phagocyte comme des intrants de sa propre consolidation. Ce qui entrave pour beaucoup le succ\u00e8s de ces dynamiques qui finissent par abandonner leurs ambitions transformationnelles. Le continuum \u00e9voqu\u00e9 se traduit alors par des id\u00e9es sur le monde et des pratiques sociales profond\u00e9ment ancr\u00e9es, avec des cons\u00e9quences souvent d\u00e9sastreuses pour les femmes et pour les filles comme les montrent, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, les actualisations quantitatives et qualitatives de l\u2019\u00e9tat d\u2019avancement de l\u2019objectif de d\u00e9veloppement durable (ODD) num\u00e9ro&nbsp;5, fix\u00e9 la par la communaut\u00e9 internationale et d\u00e9di\u00e9 \u00e0 promouvoir l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Prendre la pleine mesure de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, c\u2019est convenir de la n\u00e9cessit\u00e9 de repenser en profondeur les savoirs (comme matrices cognitives et comme ensembles des connaissances acquises), ainsi que les valeurs, normes et institutions qui les portent et dont ils sont f\u00e9conds, qui contribuent \u00e0 la reproduction des VBG. L\u2019enjeu principal que cela comporte est une transformation \u00e9pist\u00e9mique favorable \u00e0 l\u2019instauration d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 moins violente \u00e0 court et moyen terme mais visant, \u00e0 long terme, le d\u00e9mant\u00e8lement pur et simple des logiques toxiques des violences patriarcales.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Penser les typologies \u00ab\u00a0habituelles\u00a0\u00bb des savoirs<\/h2>\n\n\n\n<p>Consid\u00e9rant, comme \u00e9crit plus haut, que les pratiques sociales (les VGB en particulier ici) sont historicis\u00e9es par les savoirs, il appara\u00eet \u00e9vident que le premier d\u00e9fi auquel doit s\u2019attaquer l\u2019ambition de la transformation \u00e9pist\u00e9mique en question est celui des pr\u00e9suppos\u00e9s et des \u00e9vidences de la typologie classique des savoirs. En effet, aucune typologie n\u2019est neutre du point de vue de ses effets sur les soci\u00e9t\u00e9s et sur les interactions de connaissance et d\u2019action qui y ont cours. Les typologies refl\u00e8tent et charrient toujours des prises de position, des hi\u00e9rarchies implicites, des rapports diversifi\u00e9s de pouvoir, etc. C\u2019est pourquoi il importe de s\u2019en distancier pour les soumettre \u00e0 l\u2019exercice d\u2019une probl\u00e9matisation critique qui \u00e9prouve les cat\u00e9gories \u00e9tablies. Dans cette entreprise, il faut signaler par pr\u00e9caution qu\u2019il est difficile de trouver dans la litt\u00e9rature scientifique en sciences sociales une typologie pr\u00e9cise, stabilis\u00e9e et partag\u00e9e des savoirs. Toutefois, nous pensons qu\u2019il convient, pour une claire vue, d\u2019organiser ce qui ressort de la multitude d\u2019\u00e9crits sur la question en deux approches de typologisation des savoirs&nbsp;: une approche th\u00e9orique \u00e0 tendance universaliste et une approche empirique \u00e0 tendance relativiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de l\u2019approche th\u00e9orique \u00e0 tendance universaliste, on peut consid\u00e9rer que les savoirs sont typologis\u00e9s suivant un mode id\u00e9altypique. Nous proposons de les distinguer en trois grands groupes. D\u2019abord, les <em>savoirs th\u00e9oriques<\/em> qui se constituent par la cumulation, la codification et la fixation relative de connaissances ou d\u2019aptitudes acquises par la formation ou l\u2019exp\u00e9rience dans un ou des domaines d\u2019int\u00e9r\u00eat particuliers. Ces savoirs sont en g\u00e9n\u00e9ral fix\u00e9s (plus ou moins relativement) et codifi\u00e9s en vue de leur reproductibilit\u00e9 et de leur transmission, notamment par l\u2019enseignement formalis\u00e9 ou non. Ensuite, les <em>savoirs proc\u00e9duraux<\/em> qui se composent des connaissances acquises par l\u2019exp\u00e9rience d\u2019application de prescriptions pour la r\u00e9alisation de t\u00e2ches d\u00e9finies (apprentissages et pratiques donc). Ces savoirs sont des r\u00e9pertoires de comp\u00e9tences acquises par enseignement ou entra\u00eenement&nbsp;: ils permettent d\u2019appliquer des techniques, des m\u00e9thodes, etc., dans le cadre de proc\u00e9dures devant aboutir \u00e0 des r\u00e9sultats pragmatiques. Comme les premiers cit\u00e9s, les savoirs proc\u00e9duraux sont g\u00e9n\u00e9ralement objet de codifications (souvent rigides d\u2019ailleurs) qui permettent leur transmission. Enfin, les <em>savoir-faire sociaux<\/em> qui sont principalement repr\u00e9sent\u00e9s par ce que l\u2019on appelle commun\u00e9ment le \u00ab&nbsp;savoir-\u00eatre&nbsp;\u00bb. Ils regroupent les expressions diverses des attitudes socialement attendues des sujets sociaux dans leurs contextes d\u2019interaction. Les savoir-faire sociaux sont complexes et s\u2019incorporent dans des codes, des normes, des valeurs, des repr\u00e9sentations, des croyances, des mythes, etc. Situationnels et relationnels, ils sont codifi\u00e9s mais demeurent adaptables (donc sont sujets aux influences et aux transformations) et sont transmis par les sch\u00e8mes dynamiques d\u2019enculturation.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019approche empirique \u00e0 tendance relativiste, pour sa part, peut \u00eatre illustr\u00e9e \u00e0 travers une analyse des savoirs qui se r\u00e9v\u00e8le dans le monde des acteurs du d\u00e9veloppement, en Afrique subsaharienne en particulier. En effet, les terrains du d\u00e9veloppement voient souvent \u00eatre oppos\u00e9s les <em>savoirs endog\u00e8nes<\/em>, per\u00e7us comme traditionnels et locaux, et les <em>savoirs exog\u00e8nes<\/em>, associ\u00e9s aux mod\u00e8les import\u00e9s par les organisations non gouvernementales (ONG) et les institutions internationales. Quoique vieille, cette vision dualiste et fonci\u00e8rement ancr\u00e9e dans les id\u00e9ologies \u00e9volutionnistes du progr\u00e8s n\u2019en demeure pas moins op\u00e9ratoire lorsque l\u2019on consid\u00e8re ses influences sur les pratiques concr\u00e8tes et locales des \u00ab&nbsp;d\u00e9veloppeurs&nbsp;\u00bb, dans les contextes \u00ab&nbsp;\u00e0 d\u00e9velopper&nbsp;\u00bb. En effet, elle y d\u00e9termine et y l\u00e9gitime des logiques soit d\u2019adaptation desdits savoirs exog\u00e8nes aux r\u00e9alit\u00e9s locales, soit d\u2019int\u00e9gration desdits savoirs endog\u00e8nes aux activit\u00e9s de d\u00e9veloppement initi\u00e9es. C\u2019est ce que r\u00e9v\u00e8lent, par exemple, les d\u00e9bats et les controverses autour des <em>Traditional Ecological Knowledge <\/em>(TEK)<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> et de leurs suppos\u00e9s effets sur une sorte de protection rituelle des contextes \u00e9cosyst\u00e9miques qui les environnent (Barri\u00e8re &amp; Barri\u00e8re, 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>Si elles sont commodes, les deux approches de typologisation pr\u00e9sentent des insuffisances significatives. La premi\u00e8re approche est fragilis\u00e9e par son caract\u00e8re id\u00e9altypique qui proc\u00e8de, d\u2019une part, par stylisation et, d\u2019autre part, par d\u00e9couplage entre les savoirs et les pratiques sociales qui les portent et dont ils sont f\u00e9conds. Le biais \u00e9pist\u00e9mologique est l\u00e0 flagrant&nbsp;: les savoirs sont d\u00e9sincarn\u00e9s, parfois positivis\u00e9s, alors m\u00eame qu\u2019ils sont fonci\u00e8rement en dedans et en dehors des interactions sociales et des processus cognitifs dont ils sont cens\u00e9s rendre compte. La rigidit\u00e9 classificatoire de la deuxi\u00e8me approche est polarisante. Sans compter sur le fait que cette typologie est g\u00e9n\u00e9ralement port\u00e9e soit par un radicalisme militant, soit par un raisonnement en silo.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, on voit d\u2019un c\u00f4t\u00e9 une d\u00e9marche militante qui c\u00e9l\u00e8bre les savoirs endog\u00e8nes comme une voie de r\u00e9demption pour les autochtones opprim\u00e9s par la machine d\u00e9veloppementaliste. Selon cette perspective, les savoirs locaux, longtemps marginalis\u00e9s par les mod\u00e8les occidentaux, doivent \u00eatre r\u00e9habilit\u00e9s pour permettre \u00e0 l\u2019Afrique, en particulier, de retrouver son autonomie culturelle et politique. Dans le contexte actuel de la mont\u00e9e en popularit\u00e9 des n\u00e9o-souverainismes, port\u00e9s notamment par les r\u00e9seaux et les mouvements sociaux, certains auteurs c\u00e9l\u00e8brent avec enthousiasme les savoirs endog\u00e8nes africains, les pr\u00e9sentant comme des recours pr\u00e9sum\u00e9s efficaces, mais torpill\u00e9s par l\u2019entreprise coloniale et l\u2019indolence des politiques publiques africaines. Cette fa\u00e7on de voir, bien que s\u00e9duisante, est ob\u00e9r\u00e9e par les \u00e9cueils du romantisme culturel, id\u00e9alisant les pratiques traditionnelles sans en questionner les aspects probl\u00e9matiques.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les plus sceptiques d\u00e9noncent les \u00e9checs des savoirs exog\u00e8nes, jug\u00e9s inadapt\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s locales (Olivier de Sardan, 2021). Cette perspective critique les mod\u00e8les import\u00e9s par les ONG, qui seraient plaqu\u00e9s sur des \u00ab&nbsp;terrains africains&nbsp;\u00bb sans comprendre les contextes locaux. Les savoirs exog\u00e8nes, suppos\u00e9s \u00eatre port\u00e9s par des acteurs \u00e9trangers, \u00e9choueraient \u00e0 s\u2019enraciner dans les communaut\u00e9s, faute de prendre en compte les r\u00e9sistances locales et les dynamiques sociales sp\u00e9cifiques. Cette vision omet malheureusement la circularit\u00e9 \u00ab&nbsp;glocale&nbsp;\u00bb des pr\u00e9tendues dynamiques communautaires. Elle sous-estime ainsi clairement la capacit\u00e9 des acteurs locaux \u00e0 s\u2019approprier et \u00e0 transformer des savoirs qui leur viendraient d\u2019acteurs exog\u00e8nes \u00e0 leurs milieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans tous les cas, la seconde approche (empirique), m\u00eame si elle contextualise plus clairement les interactions sociales autour des savoirs, essentialise les savoirs endog\u00e8nes, les r\u00e9duisant \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s sociales authentiques, pas ou peu sujettes aux variations, tandis que les savoirs exog\u00e8nes sont d\u00e9peints comme des impositions \u00e9trang\u00e8res, d\u00e9connect\u00e9es des histoires et des exp\u00e9riences sociales locales. On per\u00e7oit ici une insistante tendance \u00e0 homog\u00e9n\u00e9iser des \u00e9l\u00e9ments disparates et articul\u00e9s. Cette approche implique une typologie qui ignore les hybridations et les r\u00e9appropriations qui se produisent constamment sur les terrains sociaux o\u00f9 les savoirs circulent, s\u2019influencent, se teintent mutuellement et s\u2019interf\u00e9condent. Elle tend \u00e0 enfermer les d\u00e9bats dans des oppositions, o\u00f9 les savoirs endog\u00e8nes sont soit c\u00e9l\u00e9br\u00e9s comme des pistes lumineuses d\u2019intelligence du social ou des leviers magiques pour l\u2019op\u00e9ratoirisation des initiatives de d\u00e9veloppement, soit rejet\u00e9s comme des obstacles au progr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les savoirs protecteurs\u00a0: une cat\u00e9gorie d\u00e9coloniale de savoirs robustes pour agir contre les VBG<\/h2>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on admet que les pratiques sociales de violence historicisent les savoirs autour des VBG dans les contextes sociaux, on ne peut alors pas se satisfaire de l\u2019impuissance heuristique et pratique de la typologisation des savoirs d\u00e9crite. En effet, les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories typologiques vues emp\u00eachent de saisir en profondeur la complexit\u00e9 des dynamiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour constituer les savoirs pluriels autour des VBG en g\u00e9n\u00e9ral, et en particulier les savoirs permettant de mener des actions efficaces de lutte contre de telles violences et leurs dramatiques effets sur la vie des personnes concern\u00e9es. C\u2019est pourquoi une approche novatrice, situ\u00e9e et engag\u00e9e sur les savoirs, s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire pour faire percoler au travers des pratiques sociales de soin dont les soci\u00e9t\u00e9s entourent les victimes de VBG, les savoirs qui les portent et dont elles sont f\u00e9condes. Cette approche invite \u00e0 d\u00e9passer les dichotomies r\u00e9ductrices (m\u00eame celles qui se veulent bienveillantes) pour explorer les dynamiques complexes qui sous-tendent la production et la diffusion des savoirs sur lesdites pratiques sociales de soin en Afrique&nbsp;: les <em>savoirs protecteurs<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>En prenant au s\u00e9rieux les interactions entre les parties prenantes des VBG (tous les acteurs concern\u00e9s) et les communaut\u00e9s locales plurielles, comme ses cadres sociaux de sens, l\u2019approche par les savoirs protecteurs offre des possibilit\u00e9s de compr\u00e9hension et de d\u00e9veloppement d\u2019outils mat\u00e9riels et symboliques, pertinents selon les contextes, pour la lutte contre les VBG et pour la transformation des conditions socio-symboliques qui les produisent. Elle ouvre la voie \u00e0 une \u00e9pist\u00e9mologie d\u00e9cloisonn\u00e9e, inclusive et d\u00e9coloniale (Mignolo &amp; Walsh, 2018), qui reconna\u00eet la valeur des savoirs locaux sans les essentialiser, et qui valorise les hybridations et les r\u00e9appropriations vues comme \u00e9tant des sources d\u2019innovations et de changements f\u00e9conds.<\/p>\n\n\n\n<p>Les savoirs protecteurs sont constitutifs d\u2019un dispositif pluriel, dynamique et socialement op\u00e9ratoire qui, non seulement, donne sens aux pratiques sociales de violences, mais aussi et surtout s\u2019instille dans les pratiques diversifi\u00e9es qui permettent leur prise en charge globale au sein des communaut\u00e9s o\u00f9 \u00e9mergent les VBG. En tant qu\u2019ensembles articul\u00e9s de connaissances et de pratiques qui actualisent concr\u00e8tement les enjeux intersectionnels (Crenshaw, 2023) des pratiques sociales de violence, ils constituent des propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mergentes des interactions entre les acteurs &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;qui \u0153uvrent sur les terrains de la prise en charge des violences sociales et parmi lesquels on peut retenir les populations, les travailleurs\/relais communautaires, les leaders religieux, les autorit\u00e9s coutumi\u00e8res, les personnels de soin, les ONG, les chercheurs, les universitaires, les activistes, les acteurs du syst\u00e8me judiciaire, les acteurs des organisations communautaires de base (OCB), etc.Ils &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;constituent des sources et des ressources d\u2019innovation et d\u2019action pouvant sensiblement contribuer \u00e0 renforcer la pr\u00e9vention des violences, la prise en charge des victimes\/survivantes et leur accompagnement vers le r\u00e9tablissement et la r\u00e9silience&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; .<\/p>\n\n\n\n<p>De ce point de vue, les savoirs protecteurs ne s\u2019appr\u00e9hendent v\u00e9ritablement que par induction \u00e0 partir de le\u00e7ons empiriques ancr\u00e9es. Ils ne sont ni endog\u00e8nes ni exog\u00e8nes, mais se forment comme le produit d\u2019un continuel processus en tension d\u2019hybridation et de r\u00e9appropriation des pratiques et des savoirs des acteurs (des milieux locaux ou non) concern\u00e9s par la prise en charge des VBG. C\u2019est cette caract\u00e9ristique principale qui fonde leur robustesse, leur pragmatisme, leur dynamisme et leur adaptabilit\u00e9&nbsp;; les rendant ainsi plus aptes \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins sp\u00e9cifiques de soin des communaut\u00e9s en exploitant \u00ab&nbsp;ce qui leur est propre&nbsp;\u00bb en articulation avec \u00ab&nbsp;ce qui leur vient d\u2019ailleurs&nbsp;\u00bb. Pour illustration, les centres d\u2019accueil des victimes de VBG qui combinent des approches m\u00e9dicales et psychosociales inspir\u00e9es des mod\u00e8les internationaux avec des pratiques locales, comme l\u2019implication dans les soins des leaders communautaires et des relais communautaires (notamment les <em>bajenu gox<\/em><a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a><em> <\/em>au S\u00e9n\u00e9gal) g\u00e9n\u00e8rent &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;des savoirs protecteurs&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; . \u00c0&nbsp;l\u2019\u00e9vidence, les savoirs protecteurs transcendent les dichotomies homog\u00e9n\u00e9isantes habituelles. Ils ne se laissent saisir que de mani\u00e8re moniste&nbsp;; perspective au travers de laquelle il appert clairement que les savoirs sont dans les pratiques&nbsp;; lesquelles sont, \u00e0 leur tour, dans les savoirs. Autrement dit, savoirs et pratiques font partie d\u2019un syst\u00e8me social complexe dans lequel les \u00e9l\u00e9ments indissociables sont ench\u00e2ss\u00e9s tant sur le plan mat\u00e9riel que sur les plans repr\u00e9sentationnel et symbolique.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, les pratiques empiriques observ\u00e9es sur les terrains locaux en Afrique de l\u2019Ouest, en Afrique centrale (Cameroun notamment), comme dans la r\u00e9gion des Grands Lacs, montrent que les savoirs protecteurs ne sont pas uniquement des dispositifs d\u2019action contre les VBG. Ils sont aussi de v\u00e9ritables leviers de transformation sociale, capables de remettre en question les l\u00e9gitimit\u00e9s sociales et les rapports de pouvoir asym\u00e9triques entre les genres et entre les cat\u00e9gories sociales<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Mais \u00e9galement, et peut-\u00eatre plus fondamentalement, les savoirs protecteurs indexent les h\u00e9g\u00e9monies \u00e9pist\u00e9miques qui structurent les positions scientifiques, politiques et pratiques sur les savoirs&nbsp;; en particulier dans le monde des acteurs du d\u00e9veloppement. Les savoirs protecteurs rompent radicalement avec le dualisme naturaliste qui fonde les logiques typologiques des savoirs de m\u00eame que les initiatives (engag\u00e9es au nom desdites logiques), pour agir sur les soci\u00e9t\u00e9s. En cela ils sont attach\u00e9s aux enjeux et aux urgentes exigences de d\u00e9colonialit\u00e9 qui sont aujourd\u2019hui au c\u0153ur de l\u2019actualit\u00e9 des transformations politiques et socio\u00e9conomiques en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme outil d\u2019importance pour pen(an)ser de mani\u00e8re d\u00e9coloniale les VBG et leurs effets dans les soci\u00e9t\u00e9s africaines, les savoirs protecteurs vont au-del\u00e0 de la critique des id\u00e9ologies d\u2019universalit\u00e9 et d\u2019universalisation des perspectives dominantes sur les savoirs. Ils sont pleinement des modalit\u00e9s d\u2019op\u00e9rationnalisation et d\u2019op\u00e9ratoirisation des pratiques sociales efficaces contre les violences sociales et d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les contextes. Une telle piste de d\u00e9tricotage des colonialit\u00e9s invite \u00e0 reconsid\u00e9rer les mani\u00e8res dont les savoirs sont produits et valid\u00e9s sur les \u00ab&nbsp;terrains \u00e0 d\u00e9velopper&nbsp;\u00bb. Elle met en lumi\u00e8re les dynamiques de pouvoir qui structurent les relations entre les acteurs locaux et les travailleurs sociaux, tout en reconnaissant la capacit\u00e9 des communaut\u00e9s \u00e0 s\u2019approprier et \u00e0 transformer les savoirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce num\u00e9ro sp\u00e9cial de <em>Global Africa<\/em> propose une r\u00e9flexion novatrice sur les violences sociales (les VBG en particulier) \u00e0 partir de la probl\u00e9matisation des savoirs protecteurs, qui sont envisag\u00e9s comme une troisi\u00e8me voie (de connaissances et d\u2019actions) d\u00e9colonis\u00e9e et qui adresse, mieux que les autres, les m\u00e9faits du r\u00e9ductionnisme, les simplifications de l\u2019homog\u00e9n\u00e9isation et les mirages de la b\u00e9ate essentialisation. Les contributions qui le composent sont chacune remarquable dans la fa\u00e7on de situer les savoirs protecteurs comme le produit de processus complexes et souvent contradictoires, o\u00f9 se m\u00ealent r\u00e9appropriations, rejets et transformations. C\u2019est ce que montrent les lignes qui suivent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019article intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Mod\u00e8le d\u2019intervention entre la victime, l\u2019auteur de l\u2019infraction et le prestataire de services : une strat\u00e9gie d\u2019intervention collaborative pour lutter contre la violence entre partenaires intimes \u00bb Zintle Ntshongwana, Pius Tanga et Thobeka Nkomo explorent la question des violences conjugales et leurs effets en ce qui concerne les exp\u00e9riences de vie des femmes marginalis\u00e9es en Afrique du Sud. Ils d\u00e9montrent l\u2019ampleur et la complexit\u00e9 de ce ph\u00e9nom\u00e8ne aux cons\u00e9quences dramatiques et ouvrent leurs r\u00e9flexions sur la possibilit\u00e9 de construire un mod\u00e8le de prise en charge holistique des violences, bas\u00e9 sur des recherches, une comparaison internationale et un effort continu pour offrir les r\u00e9ponses les plus adapt\u00e9es aux victimes comme aux auteurs&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; .<\/p>\n\n\n\n<p>Georges Rouamba, dans son article titr\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00c9valuation de l\u2019implantation d\u2019une intervention communautaire de prise en charge globale des personnes accus\u00e9es de sorcellerie. Cas des pensionnaires du centre Delwend\u00e9 au Burkina Faso&nbsp;\u00bb, se d\u00e9die \u00e0 l\u2019analyse du mod\u00e8le d\u2019intervention dudit centre. Il montre en quoi cette structure de soins &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;est un espace de survie et de reconstruction (physique, psychologique et sociale) pour des personnes (en majorit\u00e9 des femmes \u00e2g\u00e9es) victimes de stigmatisation sociale, amplifi\u00e9e par l\u2019exposition aux in\u00e9galit\u00e9s patriarcales. L\u2019auteur d\u00e9montre en quoi la mobilisation des savoirs locaux et des financements domestiques est cruciale pour p\u00e9renniser les interventions du centre \u00e9tudi\u00e9, dans un contexte burkinab\u00e9 o\u00f9 il semble urgent de repenser les politiques publiques de lutte contre les in\u00e9galit\u00e9s sociales afin de favoriser une meilleure inclusion sociale.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Dans l\u2019article \u00ab&nbsp;It Takes a Village! (R\u00e9)inventer la mise \u00e0 l\u2019abri des survivantes de violences sexuelles au S\u00e9n\u00e9gal. Pistes \u00e0 partir de l\u2019exp\u00e9rience du centre Kullimaaroo de Ziguinchor&nbsp;\u00bb, Cheikh Sadibou Sakho et Nd\u00e8ye La\u00efty Ndiayeabordent les probl\u00e9matiques de la mise \u00e0 l\u2019abri des survivantes de violences sexuelles (en particulier les adolescentes) au S\u00e9n\u00e9gal. En s\u2019appuyant sur l\u2019exp\u00e9rience du centre Kullimaaroo et sur les exp\u00e9riences et les points de vue des survivantes qu\u2019il accueille, les auteur\u00b7trice\u00b7s analysent les sp\u00e9cificit\u00e9s du \u00ab&nbsp;mod\u00e8le&nbsp;\u00bb de prise en charge qui y est mis en \u0153uvre. Le texte montre comment dans un contexte national de d\u00e9ficit, voire d\u2019absence de structures publiques de prise en charge holistiques (pouvant offrir des services effectifs et adapt\u00e9s de mise \u00e0 l\u2019abri) des survivantes de violences sexuelles, Kullimaaroo s\u2019illustre comme une r\u00e9ponse endog\u00e8ne et ancr\u00e9e face aux d\u00e9fis multiples. L\u2019article d\u00e9montre que son succ\u00e8s r\u00e9side dans l\u2019articulation des savoirs professionnels et des savoirs et savoir-faire communautaires<strong>,<\/strong> la valorisation des survivantes et de leurs exp\u00e9riences, l\u2019implication d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me complexe d\u2019acteurs, entre autres. Ces facteurs sont ainsi analys\u00e9s comme des pistes pour engendrer des r\u00e9ponses socio-institutionnelles transformationnelles en mati\u00e8re d\u2019accompagnement des survivantes de violences sexuelles au S\u00e9n\u00e9gal<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019entretien avec le professeur Masengesho Kamuzinzi de l\u2019universit\u00e9 du Rwanda, il revient sur son expertise et son engagement dans l\u2019accompagnement des communaut\u00e9s de la r\u00e9gion des Grands Lacs, marqu\u00e9es par des conflits et des traumatismes multiformes. Le th\u00e8me transversal de cette discussion est son int\u00e9r\u00eat pour les savoirs protecteurs ancr\u00e9s dans le patrimoine culturel africain et leur application, notamment \u00e0 travers l\u2019approche psychosociale communautaire \u00ab&nbsp;<em>We Heal Together<\/em>&nbsp;\u00bb, visant \u00e0 la gu\u00e9rison des blessures individuelles, relationnelles et sociales cons\u00e9cutives aux violences et aux conflits. La discussion aborde \u00e9galement son analyse approfondie des multiples niveaux de conflictualit\u00e9 dans la r\u00e9gion et les limites des mod\u00e8les import\u00e9s pour y apporter des solutions durables.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de donner \u00e0 penser \u00ab&nbsp;une certaine th\u00e9orie&nbsp;\u00bb des savoirs protecteurs, ces contributions renseignent, implicitement et explicitement, sur les modes diff\u00e9renci\u00e9s et contextuels de production de ces savoirs&nbsp;; de m\u00eame qu\u2019elles probl\u00e9matisent ouvertement ou non les enjeux et les d\u00e9fis de leurs pertinence, cr\u00e9dibilit\u00e9 et l\u00e9gitimit\u00e9 sociales, particuli\u00e8rement en ce qui concerne la prise en charge des violences (sociales, \u00e9cologiques, institutionnelles, etc.,) affectant prioritairement les femmes. Ces contributions montrent, de mani\u00e8re assez remarquable, que les savoirs protecteurs sont fluctuants et reposent sur la multitude, la diversit\u00e9 et l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des acteurs et des interactions qui les interconnectent autour des pratiques sociales de soin par lesquelles les communaut\u00e9s gouvernent les violences qu\u2019elles g\u00e9n\u00e8rent et avec lesquelles elles se font. Cette qualit\u00e9 les dispose \u00e0 \u00e9chapper aux risques de l\u2019immobilisme, aux rat\u00e9s de l\u2019inadaptation et aux illusions de l\u2019authenticit\u00e9, mais elle les met \u00e9galement face aux s\u00e9rieux d\u00e9fis de la fragmentation des connaissances et de la r\u00e9duction de la complexit\u00e9. C\u2019est, entre autres, pour cette raison qu\u2019il est important de les pister empiriquement et m\u00e9thodiquement pour les th\u00e9oriser avec rigueur et sans aucun complexe \u00e9pist\u00e9mique afin qu\u2019ils contribuent de mani\u00e8re critique \u00e0 \u00e9clairer, \u00e0 faire \u00e9clore et \u00e0 encadrer des pratiques inclusives, socialement ancr\u00e9es et non h\u00e9g\u00e9moniques de lutte contre les violences diverses en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":25286,"template":"","meta":[],"series-categories":[1292],"cat-articles":[1329],"keywords":[],"ppma_author":[431,430],"class_list":["post-25287","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-10","cat-articles-introduction","author-cheikh-sadibou-sakho-fr","author-firmin-mbala-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Les savoirs protecteurs : terrains, exp\u00e9riences et pratiques dans la lutte contre les violences en Afrique | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-10\/protectives-knowledges-fields-experiences-and-practices-in-the-fight-against-gender-based-violence-gbv-in-africa\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Les savoirs protecteurs : terrains, exp\u00e9riences et pratiques dans la lutte contre les violences en Afrique | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les violences sociales (au premier rang desquelles les violences sexistes et sexuelles) s\u2019exacerbent un peu partout en Afrique[1], la n\u00e9cessit\u00e9 de penser les savoirs qui les structurent et en impulsent les dynamiques s\u2019impose. Elle (re)place au c\u0153ur de l\u2019actualit\u00e9 la question des savoirs protecteurs comme une probl\u00e9matique \u00e0 prendre urgemment en charge pour encadrer, enrichir et fertiliser les multiples initiatives et dynamiques de lutte contre les violences bas\u00e9es sur le genre (VBG) et leurs effets sur les soci\u00e9t\u00e9s. Nous appelons savoirs protecteurs les connaissances, les techniques, les usages, les proc\u00e9d\u00e9s, les innovations, les pratiques, entre autres, qui r\u00e9sultent des exp\u00e9riences, des initiatives, des recherches et exp\u00e9rimentations, socio-culturellement ancr\u00e9es et fructueuses d\u2019acteurs et d\u2019actrices engag\u00e9\u00b7e\u00b7s au quotidien dans la lutte contre les VBG. Ces savoirs, souvent issus des interactions entre les acteurs\/actrices locaux\/locales et les travailleurs\/travailleuses sociaux\/sociales[2], donnent des comp\u00e9tences, des capacit\u00e9s (Sen, 1999) et des aptitudes qui permettent aux communaut\u00e9s et aux individus de pr\u00e9venir l\u2019apparition de violences, une prise en charge r\u00e9paratrice et r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrice lorsqu\u2019elles surviennent et de construire leur r\u00e9silience. Ils repr\u00e9sentent une voie m\u00e9diane entre les approches traditionnelles et les mod\u00e8les import\u00e9s de r\u00e9ponse aux VBG. Se constituant par hybridation ou par invention, ces savoirs visent \u00e0 r\u00e9pondre de mani\u00e8re plus ancr\u00e9e et plus contextuelle aux enjeux locaux, tout en mobilisant des outils conceptuels et des pratiques potentiellement voyageurs. Ils s\u2019\u00e9paississent en particulier par la complexit\u00e9 et la transformation continue des logiques et des pratiques que recouvrent les violences sociales. Ils sont attentifs aux codes et aux modes diversifi\u00e9s de justification et de l\u00e9gitimation sociale desdites pratiques&nbsp;; ce faisant, ils se projettent avec plus de discernement sur les modalit\u00e9s mat\u00e9rielles et immat\u00e9rielles de lutte contre celles-ci. Malgr\u00e9 les atouts th\u00e9oriques et pratiques des strat\u00e9gies de lutte contre les VBG, leur reconnaissance et leur valorisation restent entrav\u00e9es par des d\u00e9bats \u00e9pist\u00e9mologiques et politiques souvent polaris\u00e9s. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, certains c\u00e9l\u00e8brent avec une ferveur nostalgique les savoirs occidentaux, d\u00e9non\u00e7ant l\u2019\u00e9chec des savoirs exog\u00e8nes, jug\u00e9s inadapt\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s locales. De l\u2019autre, l\u2019on croit toujours en l\u2019universalit\u00e9 des montages \u00e9pist\u00e9miques qui fondent les interventions de d\u00e9veloppement. Les savoirs protecteurs \u00e9mergent comme une sorte de troisi\u00e8me voie de la lutte, hybride, cr\u00e9ative et pragmatique, qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre examin\u00e9e en profondeur pour en th\u00e9matiser le potentiel heuristique ainsi que les pouvoirs op\u00e9ratoires (en mati\u00e8re d\u2019appropriation communautaire et de mise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle dans le cadre de politiques publiques locales ou nationales d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la lutte contre les violences sociales, celles sexistes et sexuelles en priorit\u00e9). Ce num\u00e9ro sp\u00e9cial de Global Africa se propose d\u2019explorer ces savoirs protecteurs, non pas comme une simple alternative aux mod\u00e8les dominants, mais plut\u00f4t comme une praxis d\u00e9coloniale (Mignolo &amp; Walsh, 2018) en ce qu&rsquo;ils valorisent et institutionnalisent des exp\u00e9riences de soin et d\u00e9construisent des structures de pouvoir et de violence dont certaines ont des traces coloniales. Il s\u2019agit alors de tenter de comprendre comment ces savoirs protecteurs se construisent, se diffusent et se transforment lors des interactions quotidiennes entre les communaut\u00e9s locales et les acteurs (externes ou non) qui interviennent dans leurs contextes. En somme, il s\u2019agit de prendre au s\u00e9rieux les vertus \u00e9pist\u00e9miques et pragmatiques des dynamiques locales de lutte contre les violences sociales en Afrique (les VBG en particulier), sans tomber dans le pi\u00e8ge du romantisme culturel ou du scientisme na\u00eff incapable de se penser en contexte et de penser ses attaches sociales. Cette prise au s\u00e9rieux des savoirs protecteurs se veut, bien entendu, critique, car m\u00eame si ces savoirs paraissent plus adaptables pour adresser les d\u00e9fis locaux, il ne faut pas perdre de vue qu\u2019ils demeurent des constructions sociales. Sous ce rapport,&nbsp;ils n\u2019\u00e9chappent pas \u00e0 la conflictualit\u00e9 des ar\u00e8nes sociales locales et ne sont pas, pour ainsi dire, \u00ab&nbsp;immunis\u00e9s&nbsp;\u00bb par d\u00e9faut contre les risques de reproduction et de maintien de certaines dynamiques probl\u00e9matiques de pouvoir entre les acteurs locaux eux-m\u00eames et les acteurs externes. Les VBG comme l\u2019expression d\u2019un champ \u00e9pist\u00e9mique patriarcal Constitutives d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne social pluriel et complexe, les VBG expriment l\u2019activation de rapports sociaux de pouvoir et de domination qui se manifestent et se vivent dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s. En cela, elles peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des quasi-invariants anthropologiques de la vie sociale. Bien que g\u00e9n\u00e9ralement compos\u00e9es de faits empiriques ou symboliques distinguables, les VBG n\u2019en sont pas moins des pratiques sociales (Shove &amp; Pantzar, 2012) historicis\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire des pratiques sociales s\u00e9diment\u00e9es dans les imaginaires, les croyances, les \u00ab&nbsp;v\u00e9rit\u00e9s&nbsp;\u00bb historiques, etc. C\u2019est pourquoi il importe de les voir comme des points de vue sur le monde (Viveiros de Castro, 1998&nbsp;; 2009) et comme des rampes d\u2019actions sur lui. Dans les configurations sociales patriarcales, les savoirs d\u00e9rivent fondamentalement d\u2019un champ (Bourdieu, 2022) \u00e9pist\u00e9mique (et donc politique et \u00e9conomique) ob\u00e9issant \u00e0 des modalit\u00e9s particuli\u00e8res d\u2019attachement au monde. En g\u00e9n\u00e9ral, constitu\u00e9es de mani\u00e8res de penser, de mani\u00e8res de (res)sentir, de mani\u00e8res d\u2019agir, etc., ces dites-modalit\u00e9s portent et l\u00e9gitiment les logiques et les dynamiques de production et de reproduction de la domination masculine. Un tel champ repr\u00e9sente un syst\u00e8me de savoirs dans lequel sont engendr\u00e9es puis normalis\u00e9es \u2013&nbsp;voire naturalis\u00e9es&nbsp;\u2013 les valeurs, les normes, les r\u00e8gles, les id\u00e9es, les pratiques, etc., qui fabriquent les in\u00e9galit\u00e9s sociales, en particulier les in\u00e9galit\u00e9s entre les sexes. Le champ \u00e9pist\u00e9mique patriarcal forme ainsi une sorte de matrice de subordination et de soumission des femmes aux hommes, dans leur diversit\u00e9. Il fait donc r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces espaces sociaux mat\u00e9riels et immat\u00e9riels o\u00f9 les savoirs sont produits, valid\u00e9s, prot\u00e9g\u00e9s, transmis et partag\u00e9s en fonction de structures de pouvoir sexuellement asym\u00e9triques et d\u00e9di\u00e9es au service du privil\u00e8ge masculin (McIntosh, 2019&nbsp;; O\u2019Brien, 2009). Concernant plus directement les VBG, cette notion de champ \u00e9pist\u00e9mique patriarcal implique que les pratiques sociales qui les portent sont ench\u00e2ss\u00e9es dans des syst\u00e8mes de savoirs et de croyances qui se vouent au maintien et \u00e0 la reproduction des sch\u00e8mes d\u2019action du continuum patriarcat \u2013&nbsp;hi\u00e9rarchie de genre \u2013&nbsp;domination \u2013&nbsp;oppression \u2013&nbsp;violences \u2013&nbsp;in\u00e9galit\u00e9s de genre. 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Elle (re)place au c\u0153ur de l\u2019actualit\u00e9 la question des savoirs protecteurs comme une probl\u00e9matique \u00e0 prendre urgemment en charge pour encadrer, enrichir et fertiliser les multiples initiatives et dynamiques de lutte contre les violences bas\u00e9es sur le genre (VBG) et leurs effets sur les soci\u00e9t\u00e9s. Nous appelons savoirs protecteurs les connaissances, les techniques, les usages, les proc\u00e9d\u00e9s, les innovations, les pratiques, entre autres, qui r\u00e9sultent des exp\u00e9riences, des initiatives, des recherches et exp\u00e9rimentations, socio-culturellement ancr\u00e9es et fructueuses d\u2019acteurs et d\u2019actrices engag\u00e9\u00b7e\u00b7s au quotidien dans la lutte contre les VBG. Ces savoirs, souvent issus des interactions entre les acteurs\/actrices locaux\/locales et les travailleurs\/travailleuses sociaux\/sociales[2], donnent des comp\u00e9tences, des capacit\u00e9s (Sen, 1999) et des aptitudes qui permettent aux communaut\u00e9s et aux individus de pr\u00e9venir l\u2019apparition de violences, une prise en charge r\u00e9paratrice et r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrice lorsqu\u2019elles surviennent et de construire leur r\u00e9silience. Ils repr\u00e9sentent une voie m\u00e9diane entre les approches traditionnelles et les mod\u00e8les import\u00e9s de r\u00e9ponse aux VBG. Se constituant par hybridation ou par invention, ces savoirs visent \u00e0 r\u00e9pondre de mani\u00e8re plus ancr\u00e9e et plus contextuelle aux enjeux locaux, tout en mobilisant des outils conceptuels et des pratiques potentiellement voyageurs. Ils s\u2019\u00e9paississent en particulier par la complexit\u00e9 et la transformation continue des logiques et des pratiques que recouvrent les violences sociales. Ils sont attentifs aux codes et aux modes diversifi\u00e9s de justification et de l\u00e9gitimation sociale desdites pratiques&nbsp;; ce faisant, ils se projettent avec plus de discernement sur les modalit\u00e9s mat\u00e9rielles et immat\u00e9rielles de lutte contre celles-ci. Malgr\u00e9 les atouts th\u00e9oriques et pratiques des strat\u00e9gies de lutte contre les VBG, leur reconnaissance et leur valorisation restent entrav\u00e9es par des d\u00e9bats \u00e9pist\u00e9mologiques et politiques souvent polaris\u00e9s. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, certains c\u00e9l\u00e8brent avec une ferveur nostalgique les savoirs occidentaux, d\u00e9non\u00e7ant l\u2019\u00e9chec des savoirs exog\u00e8nes, jug\u00e9s inadapt\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s locales. De l\u2019autre, l\u2019on croit toujours en l\u2019universalit\u00e9 des montages \u00e9pist\u00e9miques qui fondent les interventions de d\u00e9veloppement. Les savoirs protecteurs \u00e9mergent comme une sorte de troisi\u00e8me voie de la lutte, hybride, cr\u00e9ative et pragmatique, qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre examin\u00e9e en profondeur pour en th\u00e9matiser le potentiel heuristique ainsi que les pouvoirs op\u00e9ratoires (en mati\u00e8re d\u2019appropriation communautaire et de mise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle dans le cadre de politiques publiques locales ou nationales d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la lutte contre les violences sociales, celles sexistes et sexuelles en priorit\u00e9). Ce num\u00e9ro sp\u00e9cial de Global Africa se propose d\u2019explorer ces savoirs protecteurs, non pas comme une simple alternative aux mod\u00e8les dominants, mais plut\u00f4t comme une praxis d\u00e9coloniale (Mignolo &amp; Walsh, 2018) en ce qu&rsquo;ils valorisent et institutionnalisent des exp\u00e9riences de soin et d\u00e9construisent des structures de pouvoir et de violence dont certaines ont des traces coloniales. Il s\u2019agit alors de tenter de comprendre comment ces savoirs protecteurs se construisent, se diffusent et se transforment lors des interactions quotidiennes entre les communaut\u00e9s locales et les acteurs (externes ou non) qui interviennent dans leurs contextes. En somme, il s\u2019agit de prendre au s\u00e9rieux les vertus \u00e9pist\u00e9miques et pragmatiques des dynamiques locales de lutte contre les violences sociales en Afrique (les VBG en particulier), sans tomber dans le pi\u00e8ge du romantisme culturel ou du scientisme na\u00eff incapable de se penser en contexte et de penser ses attaches sociales. Cette prise au s\u00e9rieux des savoirs protecteurs se veut, bien entendu, critique, car m\u00eame si ces savoirs paraissent plus adaptables pour adresser les d\u00e9fis locaux, il ne faut pas perdre de vue qu\u2019ils demeurent des constructions sociales. Sous ce rapport,&nbsp;ils n\u2019\u00e9chappent pas \u00e0 la conflictualit\u00e9 des ar\u00e8nes sociales locales et ne sont pas, pour ainsi dire, \u00ab&nbsp;immunis\u00e9s&nbsp;\u00bb par d\u00e9faut contre les risques de reproduction et de maintien de certaines dynamiques probl\u00e9matiques de pouvoir entre les acteurs locaux eux-m\u00eames et les acteurs externes. Les VBG comme l\u2019expression d\u2019un champ \u00e9pist\u00e9mique patriarcal Constitutives d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne social pluriel et complexe, les VBG expriment l\u2019activation de rapports sociaux de pouvoir et de domination qui se manifestent et se vivent dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s. En cela, elles peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des quasi-invariants anthropologiques de la vie sociale. Bien que g\u00e9n\u00e9ralement compos\u00e9es de faits empiriques ou symboliques distinguables, les VBG n\u2019en sont pas moins des pratiques sociales (Shove &amp; Pantzar, 2012) historicis\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire des pratiques sociales s\u00e9diment\u00e9es dans les imaginaires, les croyances, les \u00ab&nbsp;v\u00e9rit\u00e9s&nbsp;\u00bb historiques, etc. C\u2019est pourquoi il importe de les voir comme des points de vue sur le monde (Viveiros de Castro, 1998&nbsp;; 2009) et comme des rampes d\u2019actions sur lui. Dans les configurations sociales patriarcales, les savoirs d\u00e9rivent fondamentalement d\u2019un champ (Bourdieu, 2022) \u00e9pist\u00e9mique (et donc politique et \u00e9conomique) ob\u00e9issant \u00e0 des modalit\u00e9s particuli\u00e8res d\u2019attachement au monde. En g\u00e9n\u00e9ral, constitu\u00e9es de mani\u00e8res de penser, de mani\u00e8res de (res)sentir, de mani\u00e8res d\u2019agir, etc., ces dites-modalit\u00e9s portent et l\u00e9gitiment les logiques et les dynamiques de production et de reproduction de la domination masculine. Un tel champ repr\u00e9sente un syst\u00e8me de savoirs dans lequel sont engendr\u00e9es puis normalis\u00e9es \u2013&nbsp;voire naturalis\u00e9es&nbsp;\u2013 les valeurs, les normes, les r\u00e8gles, les id\u00e9es, les pratiques, etc., qui fabriquent les in\u00e9galit\u00e9s sociales, en particulier les in\u00e9galit\u00e9s entre les sexes. 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