{"id":25283,"date":"2025-06-20T06:04:00","date_gmt":"2025-06-20T06:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/victim-perpetrator-collaborative-service-provider-intervention-model-a-collaborative-intervention-strategy-for-intimate-partner-violence\/"},"modified":"2026-04-24T19:30:19","modified_gmt":"2026-04-24T19:30:19","slug":"victim-perpetrator-collaborative-service-provider-intervention-model-a-collaborative-intervention-strategy-for-intimate-partner-violence","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-10\/victim-perpetrator-collaborative-service-provider-intervention-model-a-collaborative-intervention-strategy-for-intimate-partner-violence\/","title":{"rendered":"Victime, auteur de l&rsquo;infraction et prestataire de service : une strat\u00e9gie d\u2019intervention collaborative pour lutter contre la violence entre partenaires intime."},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Contexte&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>On estime qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, 27&nbsp;% des femmes et des filles \u00e2g\u00e9es de 15&nbsp;ans et plus ont \u00e9t\u00e9 victimes de diff\u00e9rentes formes de violence entre partenaires intimes (VPI), l\u2019Afrique du Sud \u00e9tant l\u2019un des pays o\u00f9 la pr\u00e9valence est la plus \u00e9lev\u00e9e (Brits, 2022). Les effets n\u00e9gatifs de la VPI sur les victimes sont bien document\u00e9s (Follingstad et&nbsp;al., 2012). Londt (2006) d\u00e9finit la VPI comme \u00e9tant une violence qui survient au sein de relations intimes o\u00f9 les victimes et les auteurs sont en couple, ou l\u2019ont \u00e9t\u00e9 par le pass\u00e9. La loi&nbsp;116 sur la violence domestique de 1998 ajoute que la VPI comprend la violence physique, la violence sexuelle, la violence \u00e9motionnelle et verbale, les violences \u00e9conomiques, l\u2019intimidation, le harc\u00e8lement, la surveillance, la d\u00e9t\u00e9rioration de biens et tous comportements de contr\u00f4le ou abusifs (Domestic Violence Act&nbsp;116, 1998).<\/p>\n\n\n\n<p>En Afrique du Sud, la VPI est courante, une femme sur quatre la subit actuellement ou l\u2019a d\u00e9j\u00e0 subie (Brits, 2022). Zungu et&nbsp;al. (2024) montrent que 33,1&nbsp;% des femmes subissent de la violence physique, tandis que 9,8&nbsp;% ont d\u00e9clar\u00e9 avoir subi de la violence sexuelle, et 35,5&nbsp;% ont rapport\u00e9 avoir subi de la violence physique ou sexuelle de la part de leurs partenaires. Le gouvernement de l\u2019Afrique du Sud (2020) a fait de la VPI une priorit\u00e9, il a mis en \u0153uvre diff\u00e9rentes strat\u00e9gies pour y faire face, ainsi que pour prendre en charge les auteurs de ces violences (Londt, 2006). Le premier programme d\u2019intervention, lanc\u00e9 en 1990 par la Family and Marriage Association of South Africa (Famsa), concernait les hommes auteurs de violences (Rothman et&nbsp;al., 2003). Les interventions portaient principalement sur l\u2019offre de conseils aux familles, aux couples et aux individus confront\u00e9s \u00e0 des probl\u00e8mes relationnels. Le gouvernement sud-africain a ensuite mis en place divers programmes et mod\u00e8les d\u2019intervention visant \u00e0 r\u00e9duire la VPI et en briser le cycle. En 2008, le gouvernement a cr\u00e9\u00e9 le Programme d\u2019autonomisation des victimes (Victim Empowerment Programme \u2013&nbsp;VEP) pour faire face aux taux \u00e9lev\u00e9s d\u2019infractions criminelles en Afrique du Sud, en portant une attention particuli\u00e8re aux femmes et aux enfants. L\u2019objectif principal du VEP est de faciliter la mise en place et l\u2019int\u00e9gration de programmes interd\u00e9partementaux ou intersectoriels et de politiques qui soutiennent, autonomisent et prot\u00e8gent les victimes de la criminalit\u00e9 et de la violence. Plus globalement, son objectif est de s\u2019assurer que la s\u00e9curit\u00e9 et la paix r\u00e8gnent au sein des communaut\u00e9s en promouvant la culture des droits humains et en veillant \u00e0 une prise en charge coordonn\u00e9e, efficace et multisectorielle des victimes (Gouvernement de l\u2019Afrique du Sud, 2020). Cependant, l\u2019une des limites du VEP est le manque de coop\u00e9ration entre les d\u00e9partements et l\u2019absence de clart\u00e9 sur leurs r\u00f4les pour atteindre les objectifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019importance de la collaboration entre les prestataires de services ou entre les agences, lorsqu\u2019une VPI survient, les diff\u00e9rentes parties prenantes restent souvent enferm\u00e9es dans leurs cadres disciplinaires et perspectives. Cela signifie qu\u2019elles travaillent souvent s\u00e9par\u00e9ment les unes des autres et collaborent uniquement lorsqu\u2019elles estiment que cela est n\u00e9cessaire. De plus, des probl\u00e8mes de communication peuvent survenir lors de la coop\u00e9ration lorsque les secteurs ou prestataires de services ont des points de vue et perspectives diff\u00e9rents sur la VPI, ou lorsqu\u2019ils se sentent exclus des informations importantes, ce qui nuit \u00e0 la compr\u00e9hension de leur r\u00f4le et de celui des autres. Il n\u2019existe bien souvent aucun cadre normalis\u00e9 sur la mani\u00e8re dont une collaboration doit \u00eatre mise en \u0153uvre&nbsp;; cela est laiss\u00e9 \u00e0 la responsabilit\u00e9 des individus en premi\u00e8re ligne, qui doivent trouver des solutions et \u00e9laborer des plans efficaces pour les auteurs et les victimes de VPI. La r\u00e9ticence de certains auteurs \u00e0 s\u2019impliquer ou \u00e0 participer constitue un d\u00e9fi majeur pour les parties prenantes lors du suivi de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019intervention.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cemment, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 une augmentation des recherches sur les interventions, les mod\u00e8les et les programmes visant \u00e0 r\u00e9duire les VPI (Hossain et&nbsp;al., 2014). Les chercheurs ont constat\u00e9 que de nombreux facteurs contribuent aux actes de VPI, notamment des facteurs individuels tels que les caract\u00e9ristiques psychologiques, l\u2019usage abusif de drogues et d\u2019alcool, et un pass\u00e9 marqu\u00e9 par le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin ou victime de violence au sein de sa famille. Ainsi, Boonzaier (2008) indique que certaines interactions peuvent aussi parfois augmenter le risque de comportements violents entre les partenaires, celles-ci sont appel\u00e9es \u00ab&nbsp;facteurs relationnels&nbsp;\u00bb. Par ailleurs, des sociologues ont \u00e9tudi\u00e9 les liens entre la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des variables telles que l\u2019\u00e9ducation et le statut \u00e9conomique. Ils ont d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il existe une forte corr\u00e9lation entre le statut socio-\u00e9conomique des femmes et la violence subie (Dabaghi et&nbsp;al., 2023&nbsp;; Kiss et&nbsp;al., 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Certains de ces mod\u00e8les reposent sur des interventions individuelles de nature th\u00e9rapeutique, telles que l\u2019approche de th\u00e9rapie cognitivo-comportementale (TCC) per\u00e7ue comme l\u2019une des approches les plus courantes pour traiter les hommes violents. Celle-ci est centr\u00e9e sur l\u2019individu et vise \u00e0 corriger les distorsions cognitives, ainsi que l\u2019aspect comportemental de la violence (Nesset et&nbsp;al., 2019). Avec ce mod\u00e8le, on enseigne aux hommes des techniques de ma\u00eetrise de leur col\u00e8re et de gestion des situations conflictuelles. Rocha et Valen\u00e7a (2023) ont men\u00e9 une \u00e9tude sur l\u2019efficacit\u00e9 de la TCC chez les d\u00e9linquants sexuels et leurs r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les b\u00e9n\u00e9ficiaires montrent un plus grand potentiel de r\u00e9duction de la violence sexuelle, d\u2019am\u00e9lioration de la ma\u00eetrise de soi et de la gestion des \u00e9motions, ainsi que le d\u00e9veloppement de comp\u00e9tences sociales intra- et interpersonnelles. Saxena et Sahai (2024), qui ont men\u00e9 une \u00e9tude sur l\u2019efficacit\u00e9 de la TCC chez les d\u00e9linquants, ont trouv\u00e9 des r\u00e9sultats similaires, \u00e0 savoir qu\u2019elle a le potentiel de r\u00e9duire les taux de r\u00e9cidive chez les jeunes et les adultes, et d\u2019aider les auteurs \u00e0 acqu\u00e9rir les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour r\u00e9int\u00e9grer avec succ\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019approche th\u00e9rapeutique pour les couples confront\u00e9s aux agressions physiques (Pacta) est une extension du programme de pr\u00e9vention des conflits familiaux (DCCP) qui vise \u00e0 r\u00e9duire la violence physique et psychologique. Le DCCP repose sur l\u2019id\u00e9e que les deux partenaires peuvent contribuer \u00e0 l\u2019escalade de la violence, il propose ainsi des outils pour la gestion des conflits et de la col\u00e8re. Les \u00e9tudes r\u00e9v\u00e8lent que certains couples souffrant de violence situationnelle peuvent b\u00e9n\u00e9ficier de la th\u00e9rapie de couple, mais les professionnels sont prudents face au risque de repr\u00e9sailles violentes entre les partenaires (Karakurt et&nbsp;al., 2016). Certaines \u00e9tudes soulignent que la th\u00e9rapie de couple n\u2019est pas recommand\u00e9e, surtout si les couples sont confront\u00e9s \u00e0 un terrorisme intime (Keilholtz &amp; Spencer, 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux mod\u00e8les d\u2019intervention socioculturels, ils sont bas\u00e9s sur l\u2019id\u00e9e que l\u2019id\u00e9ologie patriarcale est le fondement de la violence des hommes envers les femmes (Boonzaier, 2008&nbsp;; Padayachee &amp; Morar, 1997). Ils soutiennent que l\u2019agression est exclusivement exerc\u00e9e par les hommes pour maintenir le contr\u00f4le et le pouvoir au sein de la relation. Ces mod\u00e8les reposent sur une perspective f\u00e9ministe selon laquelle les hommes devraient \u00eatre les cibles de l\u2019intervention pour mettre fin \u00e0 la violence contre les femmes, ils ne mettent pas l\u2019accent sur la compr\u00e9hension du comportement violent des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tudes montrent une faible participation des auteurs de violence \u00e0 ces programmes d\u2019intervention (Eckhardt et al., 2006), bien que l\u2019expansion des services de d\u00e9fense et de soutien aux victimes soit essentielle. Or, si les auteurs ne sont pas inclus dans les nombreuses interventions visant \u00e0 r\u00e9duire la VPI, ils risquent de continuer \u00e0 faire d\u2019autres victimes, et les interventions destin\u00e9es \u00e0 ces derni\u00e8res ne peuvent pas \u00eatre enti\u00e8rement efficaces si on occulte les auteurs. La participation volontaire des auteurs aux programmes d\u2019intervention peut poser probl\u00e8me, mais certaines \u00e9tudes ont montr\u00e9 que la menace d\u2019incarc\u00e9ration repr\u00e9sente un facteur de motivation pour que les auteurs se conforment aux programmes d\u2019intervention et maintiennent leur assiduit\u00e9 (Ventura &amp; Davis, 2005).<\/p>\n\n\n\n<p>Lutter contre la VPI n\u00e9cessite des interventions int\u00e9gr\u00e9es et holistiques qui prennent en compte les contextes culturels, sociaux et juridiques. Plusieurs pays ont adopt\u00e9 des mod\u00e8les efficaces visant \u00e0 la r\u00e9duire, \u00e0 am\u00e9liorer le soutien aux victimes et \u00e0 promouvoir des strat\u00e9gies de pr\u00e9vention. Voici des exemples d\u2019interventions efficaces provenant de diff\u00e9rents pays. Ces mod\u00e8les montrent que les interventions efficaces impliquent souvent une approche multisectorielle qui combine pr\u00e9vention, soutien, responsabilisation et engagement communautaire.<\/p>\n\n\n\n<p>En guise d\u2019exemple, le Minnesota, aux \u00c9tats-Unis, a d\u00e9velopp\u00e9 le mod\u00e8le Duluth, ax\u00e9 sur l\u2019approche communautaire pour lutter contre et faire face \u00e0 la violence domestique (Pence &amp; Paymar, 1993). Il repose sur la s\u00e9curit\u00e9 des victimes ainsi que sur la coordination communautaire, et exige que les programmes destin\u00e9s aux auteurs de violences rendent compte aux victimes et \u00e0 leurs d\u00e9fenseurs. Le mod\u00e8le met en exergue la n\u00e9cessit\u00e9 de confronter le d\u00e9ni du comportement violent, de d\u00e9noncer les manifestations de pouvoir et de contr\u00f4le, de proposer des alternatives \u00e0 la domination, et d\u2019encourager les changements de comportement. Le mod\u00e8le Duluth propose quatre grands principes strat\u00e9giques d\u2019intervention interagences&nbsp;: 1)&nbsp;un changement est n\u00e9cessaire au niveau des infrastructures de base des multiples agences impliqu\u00e9es dans le traitement des cas&nbsp;; 2)&nbsp;la strat\u00e9gie globale doit \u00eatre centr\u00e9e sur la s\u00e9curit\u00e9 des victimes&nbsp;; 3)&nbsp;les agences doivent participer dans une approche collaborative&nbsp;; et 4)&nbsp;les agresseurs doivent \u00eatre syst\u00e9matiquement tenus responsables de leur recours \u00e0 la violence. L\u2019efficacit\u00e9 du mod\u00e8le Duluth fait l\u2019objet d\u2019un d\u00e9bat continu chez les chercheurs sp\u00e9cialis\u00e9s dans la violence domestique et familiale (VDF), en partie parce que les \u00e9valuations de cette approche montrent des r\u00e9sultats divergents. Lorsque l\u2019\u00e9valuation de l\u2019efficacit\u00e9 du mod\u00e8le Duluth est r\u00e9alis\u00e9e par des chercheurs centr\u00e9s sur une approche f\u00e9ministe, les programmes sont g\u00e9n\u00e9ralement jug\u00e9s tr\u00e8s efficaces et r\u00e9ussis (Voith et&nbsp;al., 2018). En revanche, lorsqu\u2019elle est analys\u00e9e par des chercheurs sensibles \u00e0 l\u2019inclusion des genres, l\u2019efficacit\u00e9 est jug\u00e9e faible.<\/p>\n\n\n\n<p>Appliqu\u00e9 au contexte sud-africain, ce mod\u00e8le permettra de mieux comprendre et de lutter contre la VPI du point de vue des femmes, car la majorit\u00e9 des victimes en Afrique du Sud sont des femmes (Forsdike &amp; Fullagar, 2021). En outre, les principaux auteurs de la VPI en Afrique du Sud sont des hommes&nbsp;; ce mod\u00e8le leur offre donc l\u2019opportunit\u00e9 de changer leur comportement criminel. Il les rend \u00e9galement responsables de leurs actes et leur propose un programme de r\u00e9habilitation (Hasisi et&nbsp;al., 2016). De m\u00eame, ce mod\u00e8le prend au s\u00e9rieux les notions de patriarcat, de masculinit\u00e9 et d\u2019in\u00e9galit\u00e9s de genres, afin de cr\u00e9er des environnements et des relations plus s\u00fbres pour les femmes et leurs enfants (Forsdike &amp; Fullagar, 2021&nbsp;; Voith et&nbsp;al., 2018). En Afrique du Sud, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de genres joue \u00e9galement un r\u00f4le dans les actes de VPI.<\/p>\n\n\n\n<p>La strat\u00e9gie de pr\u00e9vention de la violence familiale de la Nouvelle-Z\u00e9lande a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par le groupe de discussion sur la violence familiale. Il s\u2019agit d\u2019une approche holistique autour du bien-\u00eatre, plut\u00f4t que d\u2019une approche individualiste. Elle se concentre sur la pr\u00e9vention de la violence au sein des familles ou sur l\u2019identification de la violence et l\u2019intervention pr\u00e9coce, ce qui pourrait entra\u00eener des \u00e9conomies consid\u00e9rables et r\u00e9duire les effets n\u00e9gatifs de la violence familiale. La strat\u00e9gie \u00e9tablit \u00e9galement un ensemble de principes qui guident le processus de mise en \u0153uvre et toute approche future de pr\u00e9vention de la violence familiale. Cette strat\u00e9gie a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la collaboration du gouvernement et de diff\u00e9rentes organisations non gouvernementales, ce qui montre que la lutte contre la VPI n\u00e9cessite une approche multisectorielle. Cette strat\u00e9gie permet de reconna\u00eetre la dimension communautaire du probl\u00e8me et de ses solutions. L\u2019autonomisation consiste \u00e9galement \u00e0 offrir aux membres de la communaut\u00e9 les connaissances et la formation n\u00e9cessaires pour accomplir ce travail. Cela implique notamment l\u2019\u00e9ducation des personnes aux lois pertinentes de la Nouvelle-Z\u00e9lande, ce qui constitue la violence familiale, et son impact sur les enfants et leur avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>SASA! a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u par l\u2019organisation Raising Voices et est mis en \u0153uvre \u00e0 Kampala par le Centre for Domestic Violence Prevention (Cedovip), deux ONG bas\u00e9es en Ouganda (Kyegombe et&nbsp;al., 2014). Raising Voices est une organisation qui \u0153uvre pour influencer les dynamiques de pouvoir qui fa\u00e7onnent les relations, en particulier entre les femmes et les hommes, les filles et les gar\u00e7ons, ainsi qu\u2019entre les adultes et les enfants. Il s\u2019agit d\u2019une intervention de mobilisation communautaire qui vise \u00e0 changer les attitudes, les normes et les comportements de la communaut\u00e9 entra\u00eenant des in\u00e9galit\u00e9s entre les genres, la violence et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes (Abramsky et&nbsp;al., 2012). SASA! reconna\u00eet que la VPI r\u00e9sulte de l\u2019interaction complexe de facteurs qui op\u00e8rent aux niveaux individuel, relationnel, communautaire et soci\u00e9tal, et que pour qu\u2019un changement efficace soit r\u00e9alis\u00e9, il est important que les interventions travaillent syst\u00e9matiquement avec un large \u00e9ventail d\u2019acteurs au sein de la communaut\u00e9. Ainsi, SASA! travaille avec tous les niveaux de la communaut\u00e9 pour cr\u00e9er une masse critique en faveur du changement. Dans l\u2019intervention SASA!, le personnel du Cedovip a collabor\u00e9 avec quatre groupes d\u2019acteurs&nbsp;: des militants associatifs (AC) s\u00e9lectionn\u00e9s parmi les hommes et les femmes les plus progressistes enracin\u00e9s dans la communaut\u00e9&nbsp;; des leaders communautaires locaux, y compris les <em>Ssengas<\/em> (conseillers traditionnels en mariage), des leaders religieux, culturels et gouvernementaux&nbsp;; des professionnels tels que des prestataires de soins et des policiers, ainsi que des leaders institutionnels qui ont le pouvoir de mettre en \u0153uvre des changements de politique au sein de leurs institutions (Abramsky et&nbsp;al., 2014). Ils ont men\u00e9 une \u00e9tude \u00e9valuant le potentiel d\u2019une intervention de mobilisation communautaire pour pr\u00e9venir la VPI afin de r\u00e9duire sa pr\u00e9valence globale, ainsi que l\u2019apparition de nouveaux cas de violence (pr\u00e9vention primaire). Ils ont constat\u00e9 que la mobilisation communautaire est un moyen efficace pour les pr\u00e9ventions primaire et secondaire de la VPI. Cela signifie que pour la r\u00e9duire, les communaut\u00e9s doivent \u00eatre impliqu\u00e9es, car elles sont des acteurs importants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Th\u00e9orie du f\u00e9minisme radical<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Wendt et&nbsp;al. (2013) d\u00e9finissent le patriarcat comme un syst\u00e8me de structures et de pratiques sociales dans lequel les hommes contr\u00f4lent, oppriment et exploitent les femmes. Par cons\u00e9quent, pour comprendre la VPI dans ce contexte, les f\u00e9ministes radicales soutiennent que la violence masculine est la base du contr\u00f4le des femmes par les hommes. Dans la plupart des cas, les hommes commettent des actes de violence car ils savent qu\u2019ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme les chefs de famille, ils croient avoir le droit de maltraiter leurs partenaires\/\u00e9pouses. La plupart des foyers sont financi\u00e8rement d\u00e9pendants des hommes en tant que p\u00e8res, ce qui m\u00e8ne \u00e0 la violence, car les hommes savent que traditionnellement ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme sup\u00e9rieurs aux femmes. Les chercheurs estiment que les soci\u00e9t\u00e9s ont la responsabilit\u00e9 d\u2019autonomiser \u00e0 la fois les hommes et les femmes afin d\u2019\u00e9liminer ces croyances. Cela n\u00e9cessite un mod\u00e8le holistique et interdisciplinaire qui traitera la VPI et inclura \u00e0 la fois les auteurs de violence entre partenaires intimes (principalement les hommes) et les victimes (les femmes).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Th\u00e9orie de l\u2019intersectionnalit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Crenshaw (1989) a d\u00e9velopp\u00e9 la th\u00e9orie de l\u2019intersectionnalit\u00e9 afin de mieux comprendre les exp\u00e9riences des femmes noires, en se focalisant sur les facteurs qui contribuent \u00e0 l\u2019in\u00e9galit\u00e9 comme celui de l\u2019intersectionnalit\u00e9. Cette approche met l\u2019accent sur le fait que les identit\u00e9s des individus, y compris la classe, la race et le genre, interagissent avec les syst\u00e8mes d\u2019oppression pour cr\u00e9er des exp\u00e9riences uniques (Collins, 1998). Sokoloff et Dupont (2005) ont analys\u00e9 comment ces facteurs influencent les exp\u00e9riences de la VPI chez des personnes issues de milieux divers. McCall (2005) d\u00e9crit trois approches&nbsp;: intercat\u00e9gorielle, intracat\u00e9gorielle et anticat\u00e9gorielle. L\u2019approche intercat\u00e9gorielle se concentre sur l\u2019analyse comparative des groupes sociaux, elle vise \u00e0 explorer les exp\u00e9riences des diff\u00e9rents groupes sociaux avec les structures d\u2019oppression (Flicker et&nbsp;al., 2011). L\u2019approche intracat\u00e9gorielle fait r\u00e9f\u00e9rence aux diff\u00e9rences au sein d\u2019une cat\u00e9gorie, elle vise \u00e0 analyser la diversit\u00e9 au sein des cat\u00e9gories sociales. Enfin, l\u2019approche anticat\u00e9gorielle montre comment la construction sociale des groupes cr\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s. Pour conceptualiser cette \u00e9tude, nous avons utilis\u00e9 la th\u00e9orie de l\u2019intersectionnalit\u00e9 de Crenshaw et l\u2019approche intersectionnelle intercat\u00e9gorielle de McCall. Cette approche met en \u00e9vidence la mani\u00e8re dont les positions sociales des individus sont produites et fa\u00e7onn\u00e9es par des structures sociales et des processus qui interagissent et se constituent mutuellement, tels que l\u2019\u00e2gisme, le classisme, le sexisme et le racisme, exer\u00e7ant un pouvoir sur les individus (Chavis &amp; Hills, 2008&nbsp;; Collins, 2000&nbsp;; Hankivsky et&nbsp;al., 2012). Elle a enrichi notre compr\u00e9hension des exp\u00e9riences uniques de la VPI chez divers individus et a donn\u00e9 une orientation pour promouvoir des pratiques fond\u00e9es sur des donn\u00e9es probantes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00c9tudes critiques sur la masculinit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Selon Connell (1995), la masculinit\u00e9 comprend diff\u00e9rentes cat\u00e9gories&nbsp;: h\u00e9g\u00e9monique, subordonn\u00e9e, complice, marginalis\u00e9e et de protestation. Il explique que les masculinit\u00e9s ne sont pas des identit\u00e9s fixes, mais plut\u00f4t des configurations de pratiques influenc\u00e9es par les changements continus dans la signification sociale du genre et des relations (Connell &amp; Messerschmidt, 2005). Il d\u00e9finit la masculinit\u00e9 h\u00e9g\u00e9monique comme un ensemble de pratiques qui maintiennent la sup\u00e9riorit\u00e9 des hommes et leur position dominante au sein de la soci\u00e9t\u00e9 (Haywood &amp; Mac an Ghaill, 2003). Par cons\u00e9quent, ce cadre a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour comprendre comment la sup\u00e9riorit\u00e9 et le pouvoir des hommes contribuent \u00e0 leurs actes de VPI \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes. Il pr\u00e9cise \u00e9galement que la masculinit\u00e9 h\u00e9g\u00e9monique est la l\u00e9gitimation institutionnelle de la domination des hommes dans les statuts sociaux et met les femmes sous subordination et marginalisation. Connell souligne en outre que, selon certaines cultures, la masculinit\u00e9 ou le fait d\u2019\u00eatre un vrai homme est associ\u00e9 \u00e0 la capacit\u00e9 de subvenir aux besoins de la famille, \u00e0 la duret\u00e9, au contr\u00f4le, \u00e0 la violence et \u00e0 l\u2019agressivit\u00e9. Ainsi, tous les hommes sont culturellement cens\u00e9s montrer et suivre les \u00e9l\u00e9ments h\u00e9g\u00e9moniques et maintenir des r\u00f4les sociaux dominants \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes lorsqu\u2019ils sont en couple. En pratiquant tous les \u00e9l\u00e9ments de la masculinit\u00e9 h\u00e9g\u00e9monique, ils finissent par dominer et contr\u00f4ler les femmes, notamment par des abus physiques et \u00e9motionnels.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>M\u00e9thodes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Cet article est extrait d\u2019une \u00e9tude plus large men\u00e9e de 2017 \u00e0 2019 dans la municipalit\u00e9 m\u00e9tropolitaine de Buffalo City de la province du Cap-Oriental, en Afrique du Sud. Celle-ci affichait le deuxi\u00e8me taux de criminalit\u00e9 le plus \u00e9lev\u00e9 dans la province du Cap-Oriental en 2017 et 2018. Cette \u00e9tude qualitative, men\u00e9e \u00e0 partir des exp\u00e9riences des travailleurs sociaux et des victimes de VPI, visait \u00e0 recommander un mod\u00e8le multidisciplinaire impliquant une collaboration multipartite afin d\u2019autonomiser et soutenir les victimes de VPI, et r\u00e9habiliter les auteurs de violence.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019approche qualitative a \u00e9t\u00e9 choisie car elle permettait aux chercheurs de recueillir des donn\u00e9es sur les exp\u00e9riences v\u00e9cues par des victimes de VPI. Elle a \u00e9galement permis aux chercheurs d\u2019interagir avec les travailleurs sociaux lors de conversations ouvertes sur leurs points de vue dans le traitement des cas de VPI, ainsi que sur leurs interventions. Les travailleurs sociaux, en tant que prestataires de services sociaux pour les familles et communaut\u00e9s vuln\u00e9rables, ont \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement choisis afin de donner leur avis sur l\u2019ampleur et les facteurs contribuant \u00e0 la VPI. L\u2019utilisation de cette approche a \u00e9t\u00e9 avantageuse car elle a permis d\u2019obtenir une image d\u00e9taill\u00e9e du ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tudi\u00e9, elle a \u00e9galement permis d\u2019encourager les participants \u00e0 approfondir davantage leurs r\u00e9ponses, ouvrant ainsi la voie \u00e0 de nouveaux sujets qui n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 pris en compte initialement. Dix (10) travailleurs sociaux ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s en utilisant un \u00e9chantillonnage raisonn\u00e9, et 10 victimes de VPI ont \u00e9t\u00e9 choisies par \u00e9chantillonnage de commodit\u00e9. Selon Andrade (2021), l\u2019\u00e9chantillonnage de commodit\u00e9 est tir\u00e9 d\u2019une source facilement accessible pour le chercheur. Les chercheurs ont fait appel aux travailleurs sociaux comme interm\u00e9diaires pour entrer en contact avec les victimes, car ce sont eux qui interviennent aupr\u00e8s des victimes. Les travailleurs sociaux participants provenaient du d\u00e9partement du D\u00e9veloppement social (DDS) et du Christelike Maatskaplike Raad (CMR), et les deux groupes de participants ont \u00e9t\u00e9 interview\u00e9s individuellement \u00e0 l\u2019aide de guides semi-structur\u00e9s dans leurs bureaux de la municipalit\u00e9 m\u00e9tropolitaine de Buffalo City. Les interviews semi-structur\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9es, car elles permettaient une approche ouverte, large et flexible allant de questions g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 des questions plus sp\u00e9cifiques. Les interviews ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es et r\u00e9dig\u00e9es en anglais pour les travailleurs sociaux tandis que pour les victimes de la VPI, les questions ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es en isiXhosa, une langue bantoue parl\u00e9e en Afrique du Sud et l\u2019une des langues officielles du pays. Chaque entretien a dur\u00e9 entre quarante-cinq minutes et une heure. Dans cette \u00e9tude, nous avons cherch\u00e9 \u00e0 explorer les causes et les cons\u00e9quences de la VPI, ainsi que sa pr\u00e9valence. Certaines des questions pos\u00e9es aux participants portaient sur la nature et l\u2019\u00e9tendue de la VPI dans la municipalit\u00e9 m\u00e9tropolitaine de Buffalo City. Nous avons \u00e9galement abord\u00e9 des questions sur les formes de VPI qu\u2019ont subies les victimes, et sur les m\u00e9thodes d\u2019intervention utilis\u00e9es par les travailleurs sociaux pour y faire face. Cette \u00e9tude a permis d\u2019examiner les interventions propos\u00e9es par les travailleurs sociaux et d\u2019identifier des lacunes dans ces pratiques, ainsi que dans celles observ\u00e9es par d\u2019autres chercheurs dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour analyser les donn\u00e9es collect\u00e9es, cette \u00e9tude s\u2019est bas\u00e9e sur l\u2019analyse th\u00e9matique r\u00e9flexive (Byrne, 2022). Selon Terry et Hayfield (2020), c\u2019est une m\u00e9thode d\u2019analyse des donn\u00e9es qualitatives qui consiste \u00e0 explorer un corpus de donn\u00e9es afin d\u2019identifier, d\u2019analyser et de rapporter des motifs r\u00e9currents. Ce processus comprend \u00e9galement le codage et la cat\u00e9gorisation des informations. Les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement retranscrites et cod\u00e9es pour v\u00e9rifier les interpr\u00e9tations par rapport aux donn\u00e9es et \u00e9valuer la \u00ab&nbsp;fiabilit\u00e9 inter-codeur&nbsp;\u00bb (ICR). Un manuel de codage, d\u00e9crivant chaque code avec une d\u00e9finition concr\u00e8te et un exemple de citation issue des donn\u00e9es, a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 par les chercheurs. Ils ont cod\u00e9 ind\u00e9pendamment les m\u00eames transcriptions, puis ont discut\u00e9 et modifi\u00e9 le manuel de codage. De plus, ils ont d\u00e9velopp\u00e9 une structure th\u00e9matique pour d\u00e9crire les r\u00e9sultats de mani\u00e8re concise. Le taux de concordance des codages entre les deux codeurs \u00e9tait \u00e9lev\u00e9, puisqu\u2019ils ont cod\u00e9 presque toutes les sources de mani\u00e8re identique, en utilisant les m\u00eames codes et th\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes les informations brutes ont \u00e9t\u00e9 converties en texte, les interviews enregistr\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 retranscrites int\u00e9gralement (Creswell &amp; Creswell-Baez, 2021). Les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es suivant six \u00e9tapes&nbsp;: 1)&nbsp;se familiariser avec les donn\u00e9es&nbsp;; 2)&nbsp;g\u00e9n\u00e9rer des codes&nbsp;; 3)&nbsp;g\u00e9n\u00e9rer des th\u00e8mes&nbsp;; 4)&nbsp;r\u00e9viser les th\u00e8mes&nbsp;; 5)&nbsp;d\u00e9finir et nommer les th\u00e8mes&nbsp;; et 6)&nbsp;situer des exemples (Braun et Clarke, 2006). L\u2019analyse th\u00e9matique r\u00e9flexive a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e appropri\u00e9e, car elle a permis aux chercheurs d\u2019identifier les th\u00e8mes ou motifs \u00e0 partir des r\u00e9ponses fournies par les participants. Ces motifs ou th\u00e8mes sont bas\u00e9s sur les similitudes, les diff\u00e9rences et les contradictions des donn\u00e9es. Les chercheurs ont fourni des \u00ab&nbsp;descriptions d\u00e9taill\u00e9es&nbsp;\u00bb des caract\u00e9ristiques, des processus, des transactions et des contextes qui constituent les facteurs contribuant \u00e0 la pr\u00e9valence de la VPI, ses causes, ainsi que les mod\u00e8les d\u2019interventions utilis\u00e9s par les travailleurs sociaux (Creswell &amp; Creswell-Baez, 2021). Pour assurer et respecter la confidentialit\u00e9, des codes ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s (Saunders et&nbsp;al., 2015). Les travailleurs sociaux participants sont identifi\u00e9s comme TSP, de TSP1 \u00e0 TSP10. De m\u00eame, les victimes sont identifi\u00e9es comme SVPI, SVPI1 \u00e0 SVPI10. Cette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e par le Comit\u00e9 d\u2019\u00e9thique de la recherche de l\u2019universit\u00e9 de Fort Hare, avec un num\u00e9ro d\u2019approbation \u00e9thique, TAN111SNTS01.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des travailleurs sociaux participant \u00e0 cette \u00e9tude \u00e9taient des femmes. Selon le South African Council for Social Service Professions (SACSSP), la raison de ce d\u00e9s\u00e9quilibre est que cette profession a longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme une profession f\u00e9minine, car associ\u00e9e aux m\u00e9tiers du soin. En g\u00e9n\u00e9ral, les femmes ont toujours \u00e9t\u00e9 plus nombreuses que les hommes dans ces m\u00e9tiers&nbsp;: travail social, soins infirmiers et \u00e9ducation, m\u00eame si de plus en plus d\u2019hommes int\u00e8grent ces professions. Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude sont compatibles avec ceux du SACSSP, qui ont montr\u00e9 qu\u2019il y avait plus de travailleuses sociales inscrites au conseil que de travailleurs sociaux. La plupart d\u2019entre elles \u00e9taient juniors, et quelques-unes seniors (les superviseuses). Les donn\u00e9es recueillies montrent qu\u2019aucun des participants n\u2019avait moins d\u2019un an d\u2019exp\u00e9rience. Sur les dix (10) participants, la plupart avaient entre cinq et quatorze ans d\u2019exp\u00e9rience, alors que quelques-uns ont d\u00e9clar\u00e9 avoir moins de cinq ans d\u2019exp\u00e9rience dans le domaine au moment de la collecte des donn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes les victimes de VPI \u00e9taient des femmes. La plupart d\u2019entre elles ne travaillaient pas et d\u00e9pendaient financi\u00e8rement de leurs partenaires, les autres d\u2019allocations de soutien familial. Toutes ont subi au moins trois formes de violence de la part de leurs partenaires&nbsp;: des abus sexuels, physiques et \u00e9motionnels, incluant des violences verbales et psychologiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9sultats<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Th\u00e8me\u00a01\u00a0: Forte pr\u00e9valence de la VPI<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Les travailleurs sociaux ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 avoir re\u00e7u de nombreux cas de multiples types de VPI provenant de diff\u00e9rentes zones, notamment des cas de viol, en croissance continue. Ils ont aussi r\u00e9v\u00e9l\u00e9 avoir trait\u00e9 des cas de viol et d\u2019abus physiques subis par leurs patientes de la part de leurs partenaires. Ils ont \u00e9galement identifi\u00e9 des zones avec des taux \u00e9lev\u00e9s de VPI et d\u2019autres avec des taux moindres. La structure familiale a un impact sur sa forte pr\u00e9valence, la VPI est plus fr\u00e9quente dans les familles bris\u00e9es. Ils ont \u00e9galement mentionn\u00e9 que certaines victimes meurent dans le silence parce qu\u2019elles ne veulent pas d\u00e9noncer leurs agresseurs, car ce sont leurs partenaires et parfois le soutien financier du m\u00e9nage&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne peux m\u00eame pas estimer le nombre de cas de violence entre partenaires intimes que nous recevons. C\u2019est extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9. La plupart des cas concernent des enfants et des femmes victimes de violence. (TSP5)<\/p>\n\n\n\n<p>TSP8 a confirm\u00e9 que le taux de VPI est extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9 et a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>La semaine derni\u00e8re, j\u2019ai eu le cas d\u2019une femme qui a d\u00e9cid\u00e9 de quitter ses enfants parce que son partenaire \u00e9tait violent envers elle et elle ne pouvait plus le supporter. Elle a laiss\u00e9 ses deux enfants seuls dans une baraque. L\u2019a\u00een\u00e9 a 9&nbsp;ans et le second 6&nbsp;ans. Ils ont pass\u00e9 toute la nuit seuls&nbsp;; un voisin m\u2019a alert\u00e9 car la situation \u00e9tait terrible pour eux. La fille a\u00een\u00e9e ne pouvait pas aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole parce qu\u2019elle devait s\u2019occuper de son fr\u00e8re cadet, donc ce que je veux dire c\u2019est que la violence entre partenaires intimes est \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre travailleur social a soulign\u00e9 que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Le conseil que je donne g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 mes clientes est de partir tant qu\u2019elles respirent encore, mais la plupart d\u2019entre elles disent qu\u2019elles ne peuvent pas le faire \u00e0 cause de leurs enfants. La semaine derni\u00e8re, j\u2019ai re\u00e7u une femme que le mari menace de tuer si elle le quitte. Cet homme la maltraite \u00e9motionnellement, la traite de tous les noms surtout lorsqu\u2019il est ivre. (TSP 6)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Th\u00e8me 2\u00a0: Facteurs contribuant \u00e0 la VPI<\/em><\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sous-th\u00e8me 1\u00a0: Ch\u00f4mage<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les r\u00e9sultats, le ch\u00f4mage est l\u2019une des principales causes de VPI, comme l\u2019ont rapport\u00e9 de nombreux participants. Les travailleurs sociaux ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que la plupart des hommes deviennent violents lorsqu\u2019ils ne travaillent pas, car ils sont frustr\u00e9s de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de la famille. Les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude ont mis en \u00e9vidence qu\u2019un taux \u00e9lev\u00e9 de ch\u00f4mage pourrait constituer le point de d\u00e9clenchement de situations domestiques violentes, parce que les hommes deviennent frustr\u00e9s et manquent de confiance en eux, ce qui les pousse \u00e0 maltraiter leurs partenaires. Presque tous les participants pensent qu\u2019il existe une forte corr\u00e9lation entre ch\u00f4mage et VPI. Une hypoth\u00e8se pourrait \u00eatre que les femmes sont plus susceptibles de rester dans des relations abusives si elles estiment que les co\u00fbts de cette violence sont inf\u00e9rieurs aux co\u00fbts associ\u00e9s \u00e0 la fin de la relation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Certains cas que j\u2019ai re\u00e7us concernant la violence entre partenaires intimes impliquent de l\u2019argent. Un homme, par exemple, voulait une allocation de soutien pour enfant parce qu\u2019il pr\u00e9tendait \u00eatre le p\u00e8re des enfants, donc la m\u00e8re des enfants devait lui donner de l\u2019argent provenant de l\u2019allocation. (TSP3)<\/p>\n\n\n\n<p>Les gens sont frustr\u00e9s l\u00e0 dehors et ils d\u00e9versent leur frustration sur les mauvaises personnes. Nous savons tous que le ch\u00f4mage est stressant, mais je ne comprends pas pourquoi les hommes ont tendance \u00e0 maltraiter leurs \u00e9pouses lorsqu\u2019ils sont frustr\u00e9s. L\u2019une de mes clientes m\u2019a dit qu\u2019elle a demand\u00e9 de l\u2019argent \u00e0 son petit ami pour subvenir aux besoins de leur b\u00e9b\u00e9, et il lui a dit qu\u2019elle devait aller se prostituer. Il la harcelait \u00e9motionnellement. C\u2019est une insulte. Ils cohabitent dans l\u2019un des quartiers ici. (TSP7)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sous-th\u00e8me 2\u00a0: Abus de drogues et d\u2019alcool<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Tout au long des interviews, une grande majorit\u00e9 des participants ont soutenu que l\u2019abus de drogues et d\u2019alcool d\u00e9clenche un comportement violent chez les individus. Les participants ont expliqu\u00e9 que tout le monde a un c\u00f4t\u00e9 violent qui est r\u00e9cessif, donc lorsqu\u2019une personne devient ivre, la violence peut rapidement d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en une situation dangereuse et difficile \u00e0 \u00e9viter. Les participants ont ajout\u00e9 que lorsqu\u2019une personne est en \u00e9tat d\u2019ivresse due \u00e0 l\u2019usage de drogues ou d\u2019alcool, elle ne peut pas contr\u00f4ler ses inhibitions. \u00catre sous l\u2019influence de toute substance augmente consid\u00e9rablement la probabilit\u00e9 d\u2019un comportement abusif. Les personnes sous l\u2019emprise de drogues ou d\u2019alcool peuvent devenir agressives, crier et hurler sur tout le monde sans raison. Parfois, ces hommes abusent physiquement de leurs partenaires et les menacent sans raison.<\/p>\n\n\n\n<p>Un TSP a soulign\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019une personne est intoxiqu\u00e9e, il est facile pour elle de commettre un crime, et il est facile pour elle d\u2019\u00eatre violente envers n\u2019importe qui parce qu\u2019elle se sent puissante, et elle n\u2019a peur de rien, c\u2019est pourquoi nous avons encore de nombreux cas de violence. Notre syst\u00e8me juridique rel\u00e2che des personnes qui repr\u00e9sentent une menace pour leurs communaut\u00e9s et leurs familles, je peux dire que l\u2019alcool n\u2019est qu\u2019une excuse pour le crime et les abus. (TSP8)<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre travailleur social a mentionn\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai une fois trait\u00e9 le cas d\u2019une femme qui \u00e9tait maltrait\u00e9e par son partenaire. Ce dernier buvait beaucoup, et chaque fois qu\u2019il revenait du bar vers minuit, il exigeait tout, comme de la nourriture, bien qu\u2019il ne subvienne pas \u00e0 ses besoins, et cela a entra\u00een\u00e9 des violences physiques. (TSP9)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sous-th\u00e8me 3\u00a0: In\u00e9galit\u00e9 des genres<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les travailleurs sociaux ont indiqu\u00e9 que les hommes \u00e9taient auteurs de la plupart de cas de VPI. Ils ont aussi pr\u00e9cis\u00e9 que ces actes de violence sont consid\u00e9r\u00e9s comme une manifestation des relations de pouvoir traditionnellement in\u00e9gales entre les hommes et les femmes, qui placent les femmes dans une position subordonn\u00e9e, ce qui les rend socialement et financi\u00e8rement d\u00e9pendantes des hommes. Les barri\u00e8res culturelles renforcent la marginalisation des femmes, et une telle in\u00e9galit\u00e9 de pouvoir accro\u00eet les risques et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes face \u00e0 la VPI. Culturellement, les hommes sont consid\u00e9r\u00e9s comme les chefs de famille, ce qui signifie que les femmes doivent \u00eatre soumises \u00e0 tout ce qu\u2019ils d\u00e9cident. Pour les travailleurs sociaux, le patriarcat est la principale cause de VPI facilit\u00e9e par l\u2019asym\u00e9trie du pouvoir et de la force physique, qui permet d\u2019abuser de celles qui sont moins puissantes et sans d\u00e9fense.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai re\u00e7u un homme qui maltraitait physiquement sa femme. Selon la femme, les abus avaient commenc\u00e9 bien avant leur mariage. Le mari a m\u00eame poignard\u00e9 la femme au ventre, elle a d\u00fb accoucher pr\u00e9matur\u00e9ment par c\u00e9sarienne. (TSP1)<\/p>\n\n\n\n<p>Si je me souviens bien, la plupart des cas qui m\u2019ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s impliquent des abus physiques commis par des hommes sur des femmes et des enfants, par le mari ou le petit ami. (TSP8)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Manque de connaissance et de prise de conscience concernant la VPI<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Certains participants ont soulign\u00e9 un manque d\u2019\u00e9ducation et de sensibilisation \u00e0 la VPI. Ils estiment que les personnes qui commettent des actes de VPI ne sont pas conscientes des cons\u00e9quences \u00e0 long terme sur elles-m\u00eames et sur leurs victimes. En outre, les participants ont d\u00e9clar\u00e9 que les auteurs ne savent pas toujours que leurs actions constituent des abus, des d\u00e9lits et des crimes, soit parce qu\u2019ils sont arrogants soit parce qu\u2019ils sont ignorants. Les participants ont \u00e9galement rapport\u00e9 que, parfois, les victimes ne sont pas conscientes qu\u2019elles subissent des violences&nbsp;; elles ont tendance \u00e0 normaliser les abus, en particulier les femmes qui sont d\u00e9pendantes d\u2019hommes violents.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un travailleur social a soulign\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Les gens dans les communaut\u00e9s croient que si quelqu\u2019un vous fait du tort, pour r\u00e9parer les choses, il faut \u00eatre violent. Donc, pour moi, je crois que la violence entre partenaires intimes est caus\u00e9e par un manque de connaissance de notre part. Ils ne sont pas conscients qu\u2019en criant sur quelqu\u2019un, en le battant, ou en prenant son argent sans son consentement, ils sont d\u00e9j\u00e0 en train d\u2019abuser de cette personne. (TSP10)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Th\u00e8me 3\u00a0: Les formes de VPI<\/em><\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sous-th\u00e8me 1\u00a0: Abus physiques<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les participants ont indiqu\u00e9 avoir subi des violences physiques. Les travailleurs sociaux ont mentionn\u00e9 avoir trait\u00e9 des cas de patientes qui avaient \u00e9t\u00e9 abus\u00e9es physiquement par leurs partenaires, et dans certains cas, cela \u00e9tait visible&nbsp;: elles avaient des ecchymoses sur le visage. Une victime a soulign\u00e9 que son partenaire lui avait cass\u00e9 le bras lors d\u2019une bagarre. Une autre a mentionn\u00e9 qu\u2019elle ne se battait pas au d\u00e9but, mais qu\u2019\u00e0 force d\u2019abus, elle avait fini par se d\u00e9fendre. Elle a ajout\u00e9 qu\u2019elle \u00e9tait habitu\u00e9e aux violences, mais ce qui la d\u00e9truisait int\u00e9rieurement, c\u2019\u00e9tait le fait que ses enfants en \u00e9taient t\u00e9moins. Tous les travailleurs sociaux ont soulign\u00e9 avoir conseill\u00e9 aux victimes de porter plainte contre leurs partenaires. Certaines l\u2019ont fait, tandis que d\u2019autres n\u2019ont pas pu le faire car elles \u00e9taient (financi\u00e8rement) d\u00e9pendantes de leurs agresseurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous voyez les marques sur mon visage, je me battais avec mon mari. Ce jour-l\u00e0, j\u2019ai cru que j\u2019allais mourir car je ne sentais plus mon visage, il \u00e9tait engourdi. Cet homme me bat presque tous les jours et je me dis parfois que je vais partir, mais il est le seul \u00e0 subvenir \u00e0 nos besoins (moi et mes enfants). (SVPI3)<\/p>\n\n\n\n<p>Mon mari est trop jaloux, d\u00e8s qu\u2019il me voit avec un homme, m\u00eame si c\u2019est quelqu\u2019un que nous connaissons tous les deux, il me bat. Je me souviens que l\u2019autre jour, je revenais de l\u2019\u00e9cole pour d\u00e9poser mon enfant et j\u2019ai rencontr\u00e9 notre voisin, alors nous avons march\u00e9 ensemble, et il nous a vus. Il est arriv\u00e9 en courant et a commenc\u00e9 \u00e0 nous insulter, \u00e0 se battre avec notre voisin et \u00e0 me traiter de tous les noms. Alors que j\u2019essayais de lui expliquer, il m\u2019a gifl\u00e9 au visage, j\u2019ai perdu la vue pendant quelques minutes et je suis tomb\u00e9e par terre. Il s\u2019est battu avec notre voisin, j\u2019ai cri\u00e9 \u00e0 l\u2019aide et des gens sont venus (en sanglots). (SVPI7)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sous-th\u00e8me 2\u00a0: Abus sexuels<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Certaines participantes ont indiqu\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 victimes de violences sexuelles de la part de leur partenaire. Elles ont soulign\u00e9 que leurs partenaires avaient des rapports sexuels forc\u00e9s avec elles, en particulier lorsqu\u2019ils \u00e9taient en \u00e9tat d\u2019ivresse. L\u2019une des participantes a d\u00e9clar\u00e9 que son mari avait essay\u00e9 de la forcer \u00e0 avoir des rapports sexuels alors qu\u2019elle avait ses r\u00e8gles, mais qu\u2019ils avaient fini par se battre physiquement et qu\u2019elle l\u2019avait ma\u00eetris\u00e9. Cet abus l\u2019a traumatis\u00e9e. Une autre participante a soulign\u00e9 que lorsque son mari veut coucher avec elle, il lui rappelle qu\u2019il a pay\u00e9 le <em>lobola<\/em><a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> pour elle et qu\u2019elle doit satisfaire ses besoins, quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis tellement traumatis\u00e9e par ce que mon mari a fait (en sanglots), il m\u2019a forc\u00e9e \u00e0 coucher avec lui, et m\u00eame quand je lui dis que je ne me sens pas bien, il s\u2019en moque. Je suis convaincue qu\u2019il ne m\u2019aime pas, mais je n\u2019ai nulle part o\u00f9 aller, et mes enfants sont encore trop jeunes. Mes parents sont morts et je ne peux pas rentrer chez moi, qui nous soutiendrait&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre participante a mentionn\u00e9 ce qui suit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Mon assistante sociale et mes s\u0153urs m\u2019ont conseill\u00e9 d\u2019ouvrir un dossier contre lui, mais je n\u2019ai pas pu. Il m\u2019a suppli\u00e9e et pleurait en disant qu\u2019il perdrait son emploi et que sa r\u00e9putation au travail et dans la communaut\u00e9 serait mauvaise. Il a menac\u00e9 de se suicider si je continuais, je me suis sentie tr\u00e8s mal et j\u2019ai fini par ne pas aller au poste de police. (SVPI4)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sous-th\u00e8me 3\u00a0: Abus \u00e9motionnels<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Une autre forme de VPI que la plupart des victimes ont subie est la violence \u00e9motionnelle ou psychologique. Elles ont indiqu\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 contr\u00f4l\u00e9es et isol\u00e9es de leurs amis et de leur famille par leurs partenaires. Beaucoup ont indiqu\u00e9 que les agresseurs ont une mani\u00e8re efficace de les \u00e9loigner de leurs soutiens. Au d\u00e9but, ils pr\u00e9tendent les aimer, se soucier d\u2019elles et vouloir les prot\u00e9ger, et elles finissent par y croire. Une fois isol\u00e9es, ils les intimident et les manipulent jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles croient d\u00e9pendre d\u2019eux, puis les maltraitent. La violence \u00e9motionnelle comprend la jalousie excessive, les menaces, les insultes et la surveillance constante du partenaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Une victime a soulign\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme m\u2019a bless\u00e9e \u00e9motionnellement et psychologiquement. \u00c0&nbsp;un moment donn\u00e9, j\u2019ai voulu me suicider, mais j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 mes enfants. Il me dit toujours que je suis une fille facile et que je couche \u00e0 droite et \u00e0 gauche. \u00c0&nbsp;un moment donn\u00e9, il a dit que je couchais avec son fr\u00e8re et ils se sont battus. Cela m\u2019a beaucoup affect\u00e9e, j\u2019ai en quelque sorte accept\u00e9 le fait que je suis inutile et j\u2019ai suivi des s\u00e9ances de th\u00e9rapie. Je veux partir mais je ne travaille pas, comment vais-je faire vivre mes enfants (en sanglots)&nbsp;? (SVPI9)<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre victime a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Avez-vous d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mari\u00e9e \u00e0 quelqu\u2019un qui vous d\u00e9teste&nbsp;? Quelqu\u2019un qui ne voit pas de valeur en vous. C\u2019est mon cas, l\u2019homme \u00e0 qui j\u2019ai confi\u00e9 ma vie est maintenant mon ennemi. Je l\u2019ai \u00e9pous\u00e9 lorsque je n\u2019avais que 19&nbsp;ans, et il avait promis \u00e0 ma famille de m\u2019emmener \u00e0 l\u2019\u00e9cole, il me frappe d\u00e8s que je le lui rappelle. Chaque fois que les travailleurs sociaux l\u2019appellent, il refuse d\u2019y aller et d\u00e8s qu\u2019il est ivre, il me crie dessus et m\u2019insulte jusqu\u2019au lendemain matin. (SVPI8)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Th\u00e8me 4\u00a0: Interventions des travailleurs sociaux pour les victimes de VPI<\/em><\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sous-th\u00e8me 1\u00a0: Conseil et th\u00e9rapie<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le conseil est le premier service que les travailleurs sociaux offrent \u00e0 toute personne ayant v\u00e9cu un \u00e9v\u00e9nement traumatique tel que la VPI. Ils ont indiqu\u00e9 que le conseil et le soutien aident les victimes \u00e0 g\u00e9rer et \u00e0 surmonter les effets de cette violence. Ils ont \u00e9galement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le conseil aide les victimes \u00e0 am\u00e9liorer leur vie. Ils pensent que le service de conseil offre une plateforme pour que chacun puisse exprimer ses pens\u00e9es, ce qui aide \u00e0 catharsiser leurs \u00e9motions.<\/p>\n\n\n\n<p>Les travailleurs sociaux organisent aussi des s\u00e9ances de th\u00e9rapie avec les victimes afin de les aider \u00e0 adopter une approche positive pour faire face \u00e0 leur situation. Ces s\u00e9ances contribuent au d\u00e9veloppement de pens\u00e9es positives et renforcent leurs capacit\u00e9s d\u2019adaptation, elles permettent aux victimes de s\u2019ouvrir \u00e0 leur exp\u00e9rience traumatique et les pr\u00e9parent \u00e0 \u00e9tablir des liens de confiance avec les autres. Elles aident les personnes \u00e0 surmonter leurs difficult\u00e9s en d\u00e9veloppant des strat\u00e9gies sur le long terme et \u00e0 se lib\u00e9rer d\u2019anciennes blessures qui entravent leur \u00e9panouissement. Elles leur apportent des comp\u00e9tences et des techniques pour la prise de conscience de soi et la r\u00e9ussite.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense que nos services sont efficaces dans une certaine mesure en raison des d\u00e9fis auxquels nous faisons face, tels que le manque de ressources. (TSP2)<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous concentrons principalement sur le bien-\u00eatre de la victime. Une fois que nous recevons un cas de violence, nous impliquons g\u00e9n\u00e9ralement la police pour traiter le cas de l\u2019agresseur, puis nous offrons nos services aux victimes pour nous assurer qu\u2019elles puissent surmonter les cons\u00e9quences de la violence entre partenaires intimes. (TSP4)<\/p>\n\n\n\n<p>En tant que travailleurs sociaux, nous faisons de notre mieux pour aider les victimes de violence entre partenaires intimes \u00e0 faire face et \u00e0 surmonter les cons\u00e9quences de la violence. Si une personne, souvent une femme, a \u00e9t\u00e9 victime de violence, nous avons des s\u00e9ances avec elle afin qu\u2019elle puisse s\u2019ouvrir sur la violence. La th\u00e9rapie les aide \u00e0 catharsiser leurs \u00e9motions afin qu\u2019elles puissent avancer dans leur vie. (TSP 1)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sous-th\u00e8me 2\u00a0: Orientation\u00a0<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Presque tous les travailleurs sociaux ont soulign\u00e9 qu\u2019ils orientaient les victimes vers d\u2019autres sp\u00e9cialistes. Ils offrent d\u2019abord un soutien th\u00e9rapeutique, mais si le probl\u00e8me n\u00e9cessite un sp\u00e9cialiste, ils r\u00e9digent un rapport sur le bien-\u00eatre de la victime et la raison de l\u2019orientation. Si cette derni\u00e8re a besoin d\u2019une \u00e9valuation psychologique, ils l\u2019orientent vers un psychologue. Si elle a une d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019alcool ou aux drogues, ils l\u2019orientent vers le South African National Council On Alcoholism And Drug Dependence (Sanca). Les travailleurs sociaux ont \u00e9galement pr\u00e9cis\u00e9 que, parfois, ils orientent leurs patientes vers la Famsa.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un travailleur social a dit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019oriente normalement mes clientes qui ont besoin d\u2019une \u00e9valuation psychologique vers l\u2019h\u00f4pital de Bisho. Nous avons \u00e9galement une section VEP, dans ce d\u00e9partement, mais c\u2019est une section qui s\u2019occupe principalement des victimes et des survivants de crimes et de violences. (TSP2)<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai eu une cliente qui a \u00e9t\u00e9 maltrait\u00e9e par son partenaire et, \u00e0 travers des investigations, j\u2019ai d\u00e9couvert que le partenaire faisait un usage abusif de substances. J\u2019ai d\u00fb l\u2019orienter vers Sanca. (TSP4)<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sous-th\u00e8me 3\u00a0: \u00c9valuations psychosociales<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Tous les travailleurs sociaux ont d\u00e9clar\u00e9 avoir effectu\u00e9 des \u00e9valuations psychosociales apr\u00e8s avoir re\u00e7u des cas de VPI, en particulier pour les couples mari\u00e9s. Ils ont pr\u00e9cis\u00e9 que ces \u00e9valuations sont leur outil principal. Ils effectuent des visites \u00e0 domicile pour \u00e9valuer les victimes, mesurer le bien-\u00eatre psychologique, social et physique de la personne, ainsi que la situation dans laquelle elle se trouve. Ils ont \u00e9galement indiqu\u00e9 qu\u2019au cours de l\u2019\u00e9valuation, ils analysent la mani\u00e8re dont les familles r\u00e9pondent \u00e0 leurs besoins fondamentaux pour assurer leur survie&nbsp;; ils prennent aussi en compte les interactions et relations entre les membres de la famille.<\/p>\n\n\n\n<p>TSP9 a confirm\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a plusieurs causes de la violence entre partenaires intimes&nbsp;; les \u00e9valuations psychosociales nous aident \u00e0 d\u00e9couvrir ces causes pour savoir comment nous pouvons aider. Parfois, on se rend compte que le stress m\u00e8ne \u00e0 la violence et, une fois que nous constatons cela, nous essayons d\u2019aider la victime. (TSP9)<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre travailleur social a pr\u00e9cis\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Nous effectuons des \u00e9valuations pour conna\u00eetre le bien-\u00eatre de tous les membres de la famille, car notre r\u00f4le est d\u2019aller au-del\u00e0 du probl\u00e8me pr\u00e9sent\u00e9 et de creuser davantage. Pour r\u00e9ussir cela, nous devons inclure tous les membres du syst\u00e8me familial. (TSP4)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Discussion des r\u00e9sultats<\/h2>\n\n\n\n<p>Les travailleurs sociaux ont rapport\u00e9 avoir trait\u00e9 de nombreux cas de VPI et, dans la majorit\u00e9 des cas, l\u2019agresseur est sous l\u2019influence de l\u2019alcool ou de la drogue lorsqu\u2019il commet l\u2019abus. De mani\u00e8re similaire, Gordon (2016) a d\u00e9couvert que plus de 40&nbsp;% des hommes sud-africains ont avou\u00e9 \u00eatre auteurs de violences physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs partenaires, et les femmes qui ont t\u00e9moign\u00e9 \u00eatre victimes de telles violences repr\u00e9sentaient entre 40 et 50&nbsp;%. Lopes (2016) a constat\u00e9 que les femmes endurent g\u00e9n\u00e9ralement la douleur dans leurs relations abusives pendant de nombreuses ann\u00e9es, et que les soci\u00e9t\u00e9s ont tendance \u00e0 les juger quand elles d\u00e9noncent leurs agresseurs. George et&nbsp;al. (2016) ont \u00e9galement constat\u00e9 que 56,7&nbsp;% des 310&nbsp;participants \u00e0 leur \u00e9tude ont rapport\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 victimes de VPI, dont 51,3&nbsp;% ont signal\u00e9 des violences \u00e9motionnelles, 40&nbsp;% des violences physiques et 13,5&nbsp;% des abus sexuels. Selon le f\u00e9minisme radical, la violence est un moyen pour les hommes de contr\u00f4ler, dominer et maintenir la soumission des femmes. En violant le corps d\u2019une femme, on lui rappelle son statut subordonn\u00e9 (Cottais, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le ch\u00f4mage est \u00e0 l\u2019origine de la pauvret\u00e9, et qu\u2019une personne au ch\u00f4mage, incapable de subvenir aux besoins de sa famille, est plus susceptible d\u2019\u00eatre stress\u00e9e et de devenir violente envers les autres. Par ailleurs, les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 que les femmes restent dans des relations abusives parce qu\u2019elles n\u2019ont pas les moyens de subvenir \u00e0 leurs besoins et \u00e0 ceux de leurs enfants. Ces r\u00e9sultats contrastent avec ceux de Tur-Prats (2017), qui a constat\u00e9 qu\u2019une diminution du taux de ch\u00f4mage des femmes par rapport au taux de ch\u00f4mage des hommes est li\u00e9e \u00e0 une augmentation de la VPI, uniquement dans les provinces o\u00f9 les r\u00f4les des genres sont les plus distinguables (celles ayant la plus forte pr\u00e9valence de familles nucl\u00e9aires dans le pass\u00e9). Par ailleurs, les hommes ayant une masculinit\u00e9 plus prononc\u00e9e per\u00e7oivent l\u2019emploi des femmes comme une insulte qui remet en question leur masculinit\u00e9, ils abusent donc de leurs partenaires pour apaiser ces sentiments. Certaines femmes, lorsqu\u2019elles quittent des relations abusives, doivent trouver des moyens de survivre physiquement, psychologiquement et \u00e9motionnellement, car il semble y avoir un lien \u00e9troit entre la pauvret\u00e9 et les abus (Slabbert, 2010). Pour les victimes, une source de revenus stable et accessible est essentielle pour qu\u2019elles puissent mener une vie sans abus. Les premi\u00e8res recherches ont prouv\u00e9 que la VPI est li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9pendance financi\u00e8re des femmes vis-\u00e0-vis de leurs partenaires abusifs, ce qui les emp\u00eache de quitter des relations toxiques (Showalter, 2016). Cependant, Torrubiano-Dom\u00ednguez et&nbsp;al. (2015) ont trouv\u00e9 que l\u2019analyse multiniveaux s\u2019oppose \u00e0 l\u2019existence d\u2019un lien significatif entre l\u2019augmentation du taux de ch\u00f4mage chez les hommes et les femmes et la diminution de la VPI. Anderberg et&nbsp;al. (2016) ont constat\u00e9 des effets allant dans des sens oppos\u00e9s&nbsp;: une augmentation relative du taux de ch\u00f4mage chez les hommes diminue l\u2019incidence de la VPI, tandis qu\u2019une augmentation relative du taux de ch\u00f4mage chez les femmes augmente la VPI.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les r\u00e9sultats de notre \u00e9tude, il existe une forte relation entre l\u2019usage excessif de drogues et d\u2019alcool et la VPI. Les r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que lorsqu\u2019une personne est sous l\u2019effet de l\u2019alcool ou de la drogue, elle est plus susceptible de commettre des actes de violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son partenaire. De Paula Gebara et&nbsp;al. (2015) soutiennent que bien que de nombreuses \u00e9tudes lient le comportement violent \u00e0 la consommation d\u2019alcool, il n\u2019est pas possible de trouver une relation simple et unidirectionnelle entre les deux en raison de la complexit\u00e9 de cette relation. Cependant, une \u00e9tude men\u00e9e aupr\u00e8s de la population br\u00e9silienne sur la violence domestique li\u00e9e \u00e0 l\u2019alcool a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les agresseurs \u00e9taient toujours sous l\u2019influence de l\u2019alcool lorsqu\u2019ils commettaient des incidents abusifs. Les \u00e9tudes sur les alcooliques indiquent constamment des taux \u00e9lev\u00e9s de VPI (Engstrom et&nbsp;al., 2012&nbsp;; Stuart et&nbsp;al., 2013). Par ailleurs, certaines \u00e9tudes ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les femmes ayant \u00e9t\u00e9 victimes d\u2019abus pendant une longue p\u00e9riode ont tendance \u00e0 devenir toxicomanes, compar\u00e9es \u00e0 celles qui n\u2019ont jamais v\u00e9cu d\u2019abus (Black et&nbsp;al., 2011&nbsp;; Breiding et&nbsp;al., 2014&nbsp;; Engstrom et&nbsp;al., 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats indiquent \u00e9galement que l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des genres joue un r\u00f4le significatif dans les actes de VPI. Les femmes sont les principales victimes, tandis que les hommes sont les agresseurs. Ils ont \u00e9galement montr\u00e9 que le syst\u00e8me patriarcal rend les femmes vuln\u00e9rables \u00e0 toute forme de violence. La violence physique est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00e9tape indispensable pour \u00ab&nbsp;discipliner&nbsp;\u00bb les femmes et d\u00e9montrer l\u2019amour des hommes envers elles. De la m\u00eame mani\u00e8re, si les femmes enfreignent les r\u00f4les traditionnels de genre, cela est g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9solu par la violence physique, et cette violence est jug\u00e9e acceptable (Gillum, 2019). La plupart des cultures africaines sont fond\u00e9es sur un discours patriarcal dans lequel les femmes sont per\u00e7ues et trait\u00e9es comme des biens appartenant aux hommes. Une telle possession culturelle ainsi que le contr\u00f4le des femmes, de leurs comportements et de leurs corps les soumettent \u00e0 la violence. Dans ce contexte, la th\u00e9orie f\u00e9ministe radicale signale que toutes les femmes sont opprim\u00e9es, et cette oppression concerne toutes les races, les classes sociales, ainsi que les ethnies (Renzetti, 2010). Cette th\u00e9orie montre \u00e9galement comment les politiques sud-africaines \u00e9chouent \u00e0 faire face \u00e0 l\u2019oppression des femmes dans la violence bas\u00e9e sur le genre. Les approches intersectionnelles de la VPI \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes soulignent que toutes les oppressions existent simultan\u00e9ment, et que les cat\u00e9gories d\u2019oppression se construisent mutuellement pour cr\u00e9er des exp\u00e9riences uniques de violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes (Imkaan, 2019). Selon les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude, les victimes \u00e9taient vuln\u00e9rables face \u00e0 la VPI parce qu\u2019elles \u00e9taient des femmes (impuissantes), et la plupart d\u2019entre elles ne travaillaient pas, ce qui les rendait financi\u00e8rement d\u00e9pendantes de leurs agresseurs, qui subvenaient aux besoins de la famille. Certaines d\u2019entre elles ont d\u00e9clar\u00e9 avoir perdu leurs parents et n\u2019avaient donc personne vers qui se tourner. Tous ces facteurs contribuaient \u00e0 leur vuln\u00e9rabilit\u00e9, et leurs agresseurs en ont profit\u00e9 pour abuser d\u2019elles. La masculinit\u00e9 h\u00e9g\u00e9monique a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e pour expliquer le pouvoir des hommes sur les femmes \u00e0 travers la soumission et le recours \u00e0 la violence. Certaines caract\u00e9ristiques de la masculinit\u00e9 h\u00e9g\u00e9monique incluent des attitudes, des interactions, des pratiques et des id\u00e9aux chez les hommes qui maintiennent l\u2019in\u00e9galit\u00e9, la domination, le patriarcat et le pouvoir sur les femmes (Morrell et&nbsp;al., 2012&nbsp;; Jewkes et&nbsp;al., 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Certains agresseurs ne sont pas toujours conscients des abus qu\u2019ils infligent, et certaines victimes ne sont pas toujours conscientes qu\u2019elles sont abus\u00e9es. Pour d\u2019autres, la violence a \u00e9t\u00e9 normalis\u00e9e. Ces r\u00e9sultats sont similaires \u00e0 ceux d\u2019Abdullah et John (2019), qui ont men\u00e9 une \u00e9tude intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Shutting Our Eyes to an Open Secret&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;fermer les yeux sur un secret connu de tous&nbsp;\u00bb) et ont constat\u00e9 que les r\u00e9pondants avaient un niveau de connaissance insuffisant sur la VPI. En outre, Ok-Hee et&nbsp;al. (2015) ont d\u00e9couvert qu\u2019environ 60&nbsp;% des participants \u00e0 leur \u00e9tude ont subi des violences, mais que le taux de d\u00e9nonciation \u00e9tait faible.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, les travailleurs sociaux offrent des services aux victimes, le premier \u00e9tant la th\u00e9rapie. De mani\u00e8re similaire, selon l\u2019\u00e9tude men\u00e9e par MacPherson et&nbsp;al. (2013) sur l\u2019acupuncture et la th\u00e9rapie contre la d\u00e9pression en soins primaires, 755&nbsp;patients d\u00e9pressifs ont \u00e9t\u00e9 inscrits dans 27&nbsp;cabinets de soins primaires pour participer \u00e0 un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9&nbsp;; 302&nbsp;patients ont suivi \u00e0 la fois l\u2019acupuncture et le conseil. Les r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les deux interventions r\u00e9duisaient consid\u00e9rablement la d\u00e9pression. Cependant, il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la th\u00e9rapie est efficace lorsque 6 \u00e0 10&nbsp;s\u00e9ances sont propos\u00e9es (Sanders &amp; Hill, 2014). Goldman et&nbsp;al. (2016) partagent cette opinion, ayant men\u00e9 une \u00e9tude sur l\u2019efficacit\u00e9 de la th\u00e9rapie contre la d\u00e9pression, centr\u00e9e sur la perspective du patient. Ils ont s\u00e9lectionn\u00e9 12&nbsp;patientes qui suivaient le programme de conseil\/th\u00e9rapie pour la d\u00e9pression (CfD). Tous les participants \u00e0 l\u2019\u00e9tude ont confirm\u00e9 que la th\u00e9rapie les avait aid\u00e9s \u00e0 mieux se conna\u00eetre, \u00e0 reconstruire leur vie et \u00e0 se sentir plus forts qu\u2019auparavant.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les travailleurs sociaux ne travaillent pas seuls. Ils collaborent avec d\u2019autres professionnels, et, lorsque le probl\u00e8me de la patiente d\u00e9passe leur domaine d\u2019expertise, ils l\u2019orientent vers un sp\u00e9cialiste. Ils connaissent les services disponibles localement ainsi que les proc\u00e9dures d\u2019orientation, ce qui leur permet de diriger les patientes vers des sp\u00e9cialistes pour les aider \u00e0 progresser et faire face \u00e0 leurs exp\u00e9riences traumatiques (Kirst-Ashman &amp; Hull, 2016). Parfois, avant d\u2019orienter celles-ci vers un autre sp\u00e9cialiste, les travailleurs sociaux proc\u00e8dent \u00e0 une \u00e9valuation des familles. Les \u00e9tudes ont indiqu\u00e9 que les \u00e9valuations psychosociales sont efficaces car elles r\u00e9duisent les sympt\u00f4mes d\u2019abus chez les adultes. Lors des s\u00e9ances psychosociales, des comp\u00e9tences cognitives sont transmises aux patientes pour leur permettre d\u2019envisager leur avenir de mani\u00e8re positive. Des interventions comportementales sont \u00e9galement propos\u00e9es pour am\u00e9liorer le bien-\u00eatre des patientes et r\u00e9duire les sympt\u00f4mes caus\u00e9s par une exp\u00e9rience n\u00e9gative (Cooper et&nbsp;al., 2015&nbsp;; Felice et&nbsp;al., 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats d\u2019une \u00e9tude men\u00e9e par Forsman et&nbsp;al. (2011) sur les interventions psychosociales pour la promotion de la sant\u00e9 mentale et celle de la d\u00e9pression chez les adultes plus \u00e2g\u00e9s ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un impact positif sur la qualit\u00e9 de vie et la sant\u00e9 mentale. Derakhshanpour et&nbsp;al. (2017) ont \u00e9tudi\u00e9 l\u2019efficacit\u00e9 des interventions psychosociales dans les familles victimes d\u2019abus, impliquant 68&nbsp;participants. Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des interventions psychosociales, des changements ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s dans la sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale des m\u00e8res et dans les comportements des enfants, notamment l\u2019hyperactivit\u00e9 et les probl\u00e8mes sociaux. En outre, les r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les abus physiques et \u00e9motionnels avaient diminu\u00e9 de mani\u00e8re significative.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mod\u00e8le d\u2019intervention collaboratif entre la victime, l\u2019auteur et le prestataire de services (VPCSP-IM)<\/h2>\n\n\n\n<p>Sur la base des r\u00e9sultats de notre \u00e9tude et des mod\u00e8les d\u00e9velopp\u00e9s par diff\u00e9rents pays pour lutter contre la VPI (voir supra), les chercheurs proposent un mod\u00e8le centr\u00e9 sur l\u2019auteur et la victime, mettant l\u2019accent sur l\u2019autonomisation des victimes ainsi que sur la responsabilit\u00e9 et la r\u00e9habilitation des auteurs. Il est connu sous le nom de \u00ab&nbsp;mod\u00e8le d\u2019intervention collaboratif entre la victime, l\u2019auteur et le prestataire de services&nbsp;\u00bb. Ce mod\u00e8le autonomisera et soutiendra les victimes et s\u2019assurera que les auteurs de violences rendent des comptes et acqui\u00e8rent des connaissances et des comp\u00e9tences sur les relations et la violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier volet du mod\u00e8le se concentrera sur l\u2019inclusion de diff\u00e9rentes organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile telles que les ONG, les organisations \u00e0 but non lucratif et les organisations gouvernementales telles que le d\u00e9partement du D\u00e9veloppement social. Ces organisations \u0153uvreront \u00e0 renforcer et autonomiser les victimes afin de lutter contre les probl\u00e8mes qui affectent leur vie, parce que l\u2019autonomisation est li\u00e9e aux principes de d\u00e9fense des victimes. Les organisations remettront \u00e9galement en cause les normes sociales qui justifient l\u2019usage de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes. Elles offriront \u00e9galement des s\u00e9ances de th\u00e9rapie individuelle et collective aux victimes.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre volet sera consacr\u00e9 aux groupes de soutien qui permettront aux victimes de comprendre qu\u2019elles ne sont pas seules. Elles b\u00e9n\u00e9ficieront de 12&nbsp;s\u00e9ances avec l\u2019animateur et d\u2019ateliers tels que le renforcement des comp\u00e9tences pour am\u00e9liorer leur capacit\u00e9 \u00e0 reconna\u00eetre les comportements abusifs, d\u00e9finir des limites, et d\u00e9velopper des comp\u00e9tences en r\u00e9solution de probl\u00e8mes qui leur permettront de rompre le cycle de la violence. Ces s\u00e9ances collectives offriront non seulement un soutien, des informations et des comp\u00e9tences pour faire face \u00e0 la VPI, mais contribueront \u00e9galement \u00e0 la r\u00e9habilitation et \u00e0 l\u2019autonomisation des victimes.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le troisi\u00e8me volet du mod\u00e8le comprendra dix semaines de travail psycho\u00e9ducatif avec les auteurs dont la violence est d\u00e9clench\u00e9e par la consommation d\u2019alcool et de substances. Ces groupes seront con\u00e7us pour les aider \u00e0 comprendre l\u2019usage de substances et ses cons\u00e9quences. L\u2019animateur du groupe fournira des informations directement applicables afin de stimuler la prise de conscience, proposer des options pour le renforcement et le changement, et identifier les ressources communautaires disponibles pour les aider \u00e0 g\u00e9rer leur consommation et leur col\u00e8re. L\u2019objectif principal de ces groupes sera de sensibiliser sur les cons\u00e9quences m\u00e9dicales, comportementales et psychologiques de la consommation de substances. Ces groupes permettront aux auteurs d\u2019acqu\u00e9rir des connaissances qui les aideront \u00e0 maintenir l\u2019abstinence et \u00e0 faire des choix plus positifs. Ces s\u00e9ances cr\u00e9eront un espace s\u00fbr pour que les hommes se r\u00e9habilitent, prennent la responsabilit\u00e9 de leurs actes, et adoptent des m\u00e9thodes alternatives pour g\u00e9rer les conflits et la col\u00e8re. Ils auront acc\u00e8s \u00e0 divers services, dont la th\u00e9rapie et des groupes de soutien, incluant un soutien individuel et la th\u00e9rapie de couple. Une formation \u00e0 la sensibilit\u00e9 au genre pour les hommes sera \u00e9galement incluse pour comprendre les r\u00f4les et st\u00e9r\u00e9otypes de genre, l\u2019impact de la VPI, les relations saines et promouvoir une masculinit\u00e9 positive qui habilitera les hommes violents \u00e0 devenir des d\u00e9fenseurs de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genres et de la pr\u00e9vention de la VPI.<\/p>\n\n\n\n<p>En comparant ce mod\u00e8le aux approches traditionnelles de lutte contre la VPI, comme la th\u00e9rapie cognitivo-comportementale (TCC) ou des interventions telles que l\u2019autonomisation des femmes et des programmes de microfinance qui se concentraient uniquement sur les femmes et excluaient les hommes en tant qu\u2019auteurs de violence (Kim et&nbsp;al., 2007), il appara\u00eet important d\u2019inclure \u00e9galement les hommes, en tant qu\u2019auteurs de violence, dans les interventions afin de garantir une approche holistique de la lutte contre la VPI. Ce mod\u00e8le consid\u00e8re la VPI comme un probl\u00e8me social qui n\u00e9cessite une approche multisectorielle, impliquant plusieurs secteurs et parties prenantes pour y faire face. Ce mod\u00e8le inclut \u00e0 la fois les hommes et les femmes de tous \u00e2ges, ainsi que les victimes et les auteurs de diff\u00e9rentes formes de VPI. Ce mod\u00e8le vient aussi compl\u00e9ter la recherche existante pour renforcer davantage les bases de donn\u00e9es probantes concernant les interventions contre la VPI.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"author":162,"featured_media":25282,"template":"","meta":[],"series-categories":[1292],"cat-articles":[1015],"keywords":[1328,1324,1326,1327,1325,1323],"ppma_author":[586,583,584],"class_list":["post-25283","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-10","cat-articles-analyses-critiques","keywords-auteurs-de-violence","keywords-interventions","keywords-parties-prenantes","keywords-travailleurs-sociaux","keywords-victimes","keywords-violence-entre-partenaires-intimes-vpi","author-pius-tanga","author-zintle-ntshongwana-1","author-thobeka-nkomo"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Victime, auteur de l&#039;infraction et prestataire de service : une strat\u00e9gie d\u2019intervention collaborative pour lutter contre la violence entre partenaires intime. | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-10\/victim-perpetrator-collaborative-service-provider-intervention-model-a-collaborative-intervention-strategy-for-intimate-partner-violence\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Victime, auteur de l&#039;infraction et prestataire de service : une strat\u00e9gie d\u2019intervention collaborative pour lutter contre la violence entre partenaires intime. | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Contexte&nbsp; On estime qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, 27&nbsp;% des femmes et des filles \u00e2g\u00e9es de 15&nbsp;ans et plus ont \u00e9t\u00e9 victimes de diff\u00e9rentes formes de violence entre partenaires intimes (VPI), l\u2019Afrique du Sud \u00e9tant l\u2019un des pays o\u00f9 la pr\u00e9valence est la plus \u00e9lev\u00e9e (Brits, 2022). Les effets n\u00e9gatifs de la VPI sur les victimes sont bien document\u00e9s (Follingstad et&nbsp;al., 2012). Londt (2006) d\u00e9finit la VPI comme \u00e9tant une violence qui survient au sein de relations intimes o\u00f9 les victimes et les auteurs sont en couple, ou l\u2019ont \u00e9t\u00e9 par le pass\u00e9. La loi&nbsp;116 sur la violence domestique de 1998 ajoute que la VPI comprend la violence physique, la violence sexuelle, la violence \u00e9motionnelle et verbale, les violences \u00e9conomiques, l\u2019intimidation, le harc\u00e8lement, la surveillance, la d\u00e9t\u00e9rioration de biens et tous comportements de contr\u00f4le ou abusifs (Domestic Violence Act&nbsp;116, 1998). En Afrique du Sud, la VPI est courante, une femme sur quatre la subit actuellement ou l\u2019a d\u00e9j\u00e0 subie (Brits, 2022). Zungu et&nbsp;al. (2024) montrent que 33,1&nbsp;% des femmes subissent de la violence physique, tandis que 9,8&nbsp;% ont d\u00e9clar\u00e9 avoir subi de la violence sexuelle, et 35,5&nbsp;% ont rapport\u00e9 avoir subi de la violence physique ou sexuelle de la part de leurs partenaires. Le gouvernement de l\u2019Afrique du Sud (2020) a fait de la VPI une priorit\u00e9, il a mis en \u0153uvre diff\u00e9rentes strat\u00e9gies pour y faire face, ainsi que pour prendre en charge les auteurs de ces violences (Londt, 2006). Le premier programme d\u2019intervention, lanc\u00e9 en 1990 par la Family and Marriage Association of South Africa (Famsa), concernait les hommes auteurs de violences (Rothman et&nbsp;al., 2003). Les interventions portaient principalement sur l\u2019offre de conseils aux familles, aux couples et aux individus confront\u00e9s \u00e0 des probl\u00e8mes relationnels. Le gouvernement sud-africain a ensuite mis en place divers programmes et mod\u00e8les d\u2019intervention visant \u00e0 r\u00e9duire la VPI et en briser le cycle. En 2008, le gouvernement a cr\u00e9\u00e9 le Programme d\u2019autonomisation des victimes (Victim Empowerment Programme \u2013&nbsp;VEP) pour faire face aux taux \u00e9lev\u00e9s d\u2019infractions criminelles en Afrique du Sud, en portant une attention particuli\u00e8re aux femmes et aux enfants. L\u2019objectif principal du VEP est de faciliter la mise en place et l\u2019int\u00e9gration de programmes interd\u00e9partementaux ou intersectoriels et de politiques qui soutiennent, autonomisent et prot\u00e8gent les victimes de la criminalit\u00e9 et de la violence. Plus globalement, son objectif est de s\u2019assurer que la s\u00e9curit\u00e9 et la paix r\u00e8gnent au sein des communaut\u00e9s en promouvant la culture des droits humains et en veillant \u00e0 une prise en charge coordonn\u00e9e, efficace et multisectorielle des victimes (Gouvernement de l\u2019Afrique du Sud, 2020). Cependant, l\u2019une des limites du VEP est le manque de coop\u00e9ration entre les d\u00e9partements et l\u2019absence de clart\u00e9 sur leurs r\u00f4les pour atteindre les objectifs. Malgr\u00e9 l\u2019importance de la collaboration entre les prestataires de services ou entre les agences, lorsqu\u2019une VPI survient, les diff\u00e9rentes parties prenantes restent souvent enferm\u00e9es dans leurs cadres disciplinaires et perspectives. Cela signifie qu\u2019elles travaillent souvent s\u00e9par\u00e9ment les unes des autres et collaborent uniquement lorsqu\u2019elles estiment que cela est n\u00e9cessaire. De plus, des probl\u00e8mes de communication peuvent survenir lors de la coop\u00e9ration lorsque les secteurs ou prestataires de services ont des points de vue et perspectives diff\u00e9rents sur la VPI, ou lorsqu\u2019ils se sentent exclus des informations importantes, ce qui nuit \u00e0 la compr\u00e9hension de leur r\u00f4le et de celui des autres. Il n\u2019existe bien souvent aucun cadre normalis\u00e9 sur la mani\u00e8re dont une collaboration doit \u00eatre mise en \u0153uvre&nbsp;; cela est laiss\u00e9 \u00e0 la responsabilit\u00e9 des individus en premi\u00e8re ligne, qui doivent trouver des solutions et \u00e9laborer des plans efficaces pour les auteurs et les victimes de VPI. La r\u00e9ticence de certains auteurs \u00e0 s\u2019impliquer ou \u00e0 participer constitue un d\u00e9fi majeur pour les parties prenantes lors du suivi de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019intervention. R\u00e9cemment, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 une augmentation des recherches sur les interventions, les mod\u00e8les et les programmes visant \u00e0 r\u00e9duire les VPI (Hossain et&nbsp;al., 2014). Les chercheurs ont constat\u00e9 que de nombreux facteurs contribuent aux actes de VPI, notamment des facteurs individuels tels que les caract\u00e9ristiques psychologiques, l\u2019usage abusif de drogues et d\u2019alcool, et un pass\u00e9 marqu\u00e9 par le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin ou victime de violence au sein de sa famille. Ainsi, Boonzaier (2008) indique que certaines interactions peuvent aussi parfois augmenter le risque de comportements violents entre les partenaires, celles-ci sont appel\u00e9es \u00ab&nbsp;facteurs relationnels&nbsp;\u00bb. Par ailleurs, des sociologues ont \u00e9tudi\u00e9 les liens entre la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des variables telles que l\u2019\u00e9ducation et le statut \u00e9conomique. Ils ont d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il existe une forte corr\u00e9lation entre le statut socio-\u00e9conomique des femmes et la violence subie (Dabaghi et&nbsp;al., 2023&nbsp;; Kiss et&nbsp;al., 2012). Certains de ces mod\u00e8les reposent sur des interventions individuelles de nature th\u00e9rapeutique, telles que l\u2019approche de th\u00e9rapie cognitivo-comportementale (TCC) per\u00e7ue comme l\u2019une des approches les plus courantes pour traiter les hommes violents. Celle-ci est centr\u00e9e sur l\u2019individu et vise \u00e0 corriger les distorsions cognitives, ainsi que l\u2019aspect comportemental de la violence (Nesset et&nbsp;al., 2019). Avec ce mod\u00e8le, on enseigne aux hommes des techniques de ma\u00eetrise de leur col\u00e8re et de gestion des situations conflictuelles. Rocha et Valen\u00e7a (2023) ont men\u00e9 une \u00e9tude sur l\u2019efficacit\u00e9 de la TCC chez les d\u00e9linquants sexuels et leurs r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les b\u00e9n\u00e9ficiaires montrent un plus grand potentiel de r\u00e9duction de la violence sexuelle, d\u2019am\u00e9lioration de la ma\u00eetrise de soi et de la gestion des \u00e9motions, ainsi que le d\u00e9veloppement de comp\u00e9tences sociales intra- et interpersonnelles. Saxena et Sahai (2024), qui ont men\u00e9 une \u00e9tude sur l\u2019efficacit\u00e9 de la TCC chez les d\u00e9linquants, ont trouv\u00e9 des r\u00e9sultats similaires, \u00e0 savoir qu\u2019elle a le potentiel de r\u00e9duire les taux de r\u00e9cidive chez les jeunes et les adultes, et d\u2019aider les auteurs \u00e0 acqu\u00e9rir les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour r\u00e9int\u00e9grer avec succ\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019approche th\u00e9rapeutique pour les couples confront\u00e9s aux agressions physiques (Pacta) est une extension du programme de pr\u00e9vention des conflits familiaux (DCCP) qui vise \u00e0 r\u00e9duire la violence physique et psychologique. 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(Brits, 2022). Les effets n\u00e9gatifs de la VPI sur les victimes sont bien document\u00e9s (Follingstad et&nbsp;al., 2012). Londt (2006) d\u00e9finit la VPI comme \u00e9tant une violence qui survient au sein de relations intimes o\u00f9 les victimes et les auteurs sont en couple, ou l\u2019ont \u00e9t\u00e9 par le pass\u00e9. La loi&nbsp;116 sur la violence domestique de 1998 ajoute que la VPI comprend la violence physique, la violence sexuelle, la violence \u00e9motionnelle et verbale, les violences \u00e9conomiques, l\u2019intimidation, le harc\u00e8lement, la surveillance, la d\u00e9t\u00e9rioration de biens et tous comportements de contr\u00f4le ou abusifs (Domestic Violence Act&nbsp;116, 1998). En Afrique du Sud, la VPI est courante, une femme sur quatre la subit actuellement ou l\u2019a d\u00e9j\u00e0 subie (Brits, 2022). Zungu et&nbsp;al. (2024) montrent que 33,1&nbsp;% des femmes subissent de la violence physique, tandis que 9,8&nbsp;% ont d\u00e9clar\u00e9 avoir subi de la violence sexuelle, et 35,5&nbsp;% ont rapport\u00e9 avoir subi de la violence physique ou sexuelle de la part de leurs partenaires. Le gouvernement de l\u2019Afrique du Sud (2020) a fait de la VPI une priorit\u00e9, il a mis en \u0153uvre diff\u00e9rentes strat\u00e9gies pour y faire face, ainsi que pour prendre en charge les auteurs de ces violences (Londt, 2006). Le premier programme d\u2019intervention, lanc\u00e9 en 1990 par la Family and Marriage Association of South Africa (Famsa), concernait les hommes auteurs de violences (Rothman et&nbsp;al., 2003). Les interventions portaient principalement sur l\u2019offre de conseils aux familles, aux couples et aux individus confront\u00e9s \u00e0 des probl\u00e8mes relationnels. 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Plus globalement, son objectif est de s\u2019assurer que la s\u00e9curit\u00e9 et la paix r\u00e8gnent au sein des communaut\u00e9s en promouvant la culture des droits humains et en veillant \u00e0 une prise en charge coordonn\u00e9e, efficace et multisectorielle des victimes (Gouvernement de l\u2019Afrique du Sud, 2020). Cependant, l\u2019une des limites du VEP est le manque de coop\u00e9ration entre les d\u00e9partements et l\u2019absence de clart\u00e9 sur leurs r\u00f4les pour atteindre les objectifs. Malgr\u00e9 l\u2019importance de la collaboration entre les prestataires de services ou entre les agences, lorsqu\u2019une VPI survient, les diff\u00e9rentes parties prenantes restent souvent enferm\u00e9es dans leurs cadres disciplinaires et perspectives. Cela signifie qu\u2019elles travaillent souvent s\u00e9par\u00e9ment les unes des autres et collaborent uniquement lorsqu\u2019elles estiment que cela est n\u00e9cessaire. De plus, des probl\u00e8mes de communication peuvent survenir lors de la coop\u00e9ration lorsque les secteurs ou prestataires de services ont des points de vue et perspectives diff\u00e9rents sur la VPI, ou lorsqu\u2019ils se sentent exclus des informations importantes, ce qui nuit \u00e0 la compr\u00e9hension de leur r\u00f4le et de celui des autres. Il n\u2019existe bien souvent aucun cadre normalis\u00e9 sur la mani\u00e8re dont une collaboration doit \u00eatre mise en \u0153uvre&nbsp;; cela est laiss\u00e9 \u00e0 la responsabilit\u00e9 des individus en premi\u00e8re ligne, qui doivent trouver des solutions et \u00e9laborer des plans efficaces pour les auteurs et les victimes de VPI. La r\u00e9ticence de certains auteurs \u00e0 s\u2019impliquer ou \u00e0 participer constitue un d\u00e9fi majeur pour les parties prenantes lors du suivi de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019intervention. R\u00e9cemment, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 une augmentation des recherches sur les interventions, les mod\u00e8les et les programmes visant \u00e0 r\u00e9duire les VPI (Hossain et&nbsp;al., 2014). Les chercheurs ont constat\u00e9 que de nombreux facteurs contribuent aux actes de VPI, notamment des facteurs individuels tels que les caract\u00e9ristiques psychologiques, l\u2019usage abusif de drogues et d\u2019alcool, et un pass\u00e9 marqu\u00e9 par le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin ou victime de violence au sein de sa famille. Ainsi, Boonzaier (2008) indique que certaines interactions peuvent aussi parfois augmenter le risque de comportements violents entre les partenaires, celles-ci sont appel\u00e9es \u00ab&nbsp;facteurs relationnels&nbsp;\u00bb. Par ailleurs, des sociologues ont \u00e9tudi\u00e9 les liens entre la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes et des variables telles que l\u2019\u00e9ducation et le statut \u00e9conomique. 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Rocha et Valen\u00e7a (2023) ont men\u00e9 une \u00e9tude sur l\u2019efficacit\u00e9 de la TCC chez les d\u00e9linquants sexuels et leurs r\u00e9sultats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les b\u00e9n\u00e9ficiaires montrent un plus grand potentiel de r\u00e9duction de la violence sexuelle, d\u2019am\u00e9lioration de la ma\u00eetrise de soi et de la gestion des \u00e9motions, ainsi que le d\u00e9veloppement de comp\u00e9tences sociales intra- et interpersonnelles. Saxena et Sahai (2024), qui ont men\u00e9 une \u00e9tude sur l\u2019efficacit\u00e9 de la TCC chez les d\u00e9linquants, ont trouv\u00e9 des r\u00e9sultats similaires, \u00e0 savoir qu\u2019elle a le potentiel de r\u00e9duire les taux de r\u00e9cidive chez les jeunes et les adultes, et d\u2019aider les auteurs \u00e0 acqu\u00e9rir les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour r\u00e9int\u00e9grer avec succ\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9. 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