{"id":25262,"date":"2025-06-20T10:15:41","date_gmt":"2025-06-20T10:15:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/the-adversarial-principle-before-the-constitutional-court-a-case-study-of-cote-divoire-and-senegal\/"},"modified":"2026-04-24T18:09:45","modified_gmt":"2026-04-24T18:09:45","slug":"the-adversarial-principle-before-the-constitutional-court-a-case-study-of-cote-divoire-and-senegal","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-10\/the-adversarial-principle-before-the-constitutional-court-a-case-study-of-cote-divoire-and-senegal\/","title":{"rendered":"Le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel\u00a0: \u00e9tude des cas de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et du S\u00e9n\u00e9gal"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les formalit\u00e9s de la justice sont n\u00e9cessaires \u00e0 la libert\u00e9 \u00bb, \u00e9crivait Montesquieu (1961, p.&nbsp;125). Les r\u00e8gles de proc\u00e9dure apparaissent, en effet, comme des garanties indispensables \u00e0 la pr\u00e9servation de l\u2019ordre juridique. Si tout droit requiert l\u2019existence de juges pour en assurer la protection, toute justice, quant \u00e0 elle, exige une proc\u00e9dure (Caterina, 2002). En ce sens, la maxime latine <em>audi alteram partem<\/em><a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, \u00e9galement \u00e9nonc\u00e9e sous une forme normative par \u00ab nulle partie ne peut \u00eatre jug\u00e9e sans avoir \u00e9t\u00e9 entendue ou appel\u00e9e<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> \u00bb, s\u2019impose comme un principe fondamental du droit processuel<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. Il traverse diff\u00e9rents champs disciplinaires<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, dont le contentieux constitutionnel, mobilisant ainsi une partie de la doctrine juridique. Dans un article publi\u00e9 en 1931, Hans Kelsen mettait d\u00e9j\u00e0 en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019organiser le contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 sous la forme d\u2019un \u00ab conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats\u00bb, soulignant que tout proc\u00e8s constitutionnel implique, par essence, une confrontation entre des positions juridiques oppos\u00e9es (Kelsen, 2006). Cette proposition du ma\u00eetre de l\u2019\u00c9cole de Vienne a trouv\u00e9 un \u00e9cho favorable en Afrique de l\u2019Ouest o\u00f9 le contentieux constitutionnel tend \u00e0 int\u00e9grer les principes directeurs du proc\u00e8s \u00e9quitable, \u00e0 la faveur de la juridictionnalisation progressive de l\u2019office du juge constitutionnel. Consid\u00e9r\u00e9es comme une innovation majeure du constitutionnalisme des ann\u00e9es mille neuf cent quatre-vingt-dix (1990)<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> en Afrique, les juridictions constitutionnelles sont devenues, comme le rappelle le professeur Th\u00e9odore Holo, \u00ab&nbsp;la cl\u00e9 de vo\u00fbte de l\u2019\u00e9difice institutionnel dont le socle demeure la juridicisation de la vie politique en vue de restaurer la d\u00e9mocratie et l\u2019\u00c9tat de droit&nbsp;\u00bb (2025). Les constituants ont fait de ces institutions les garants de la supr\u00e9matie de la Constitution, les arbitres du contentieux \u00e9lectoral<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> et de \u00ab&nbsp;v\u00e9ritables r\u00e9gulateurs de l\u2019\u00c9tat&nbsp;\u00bb (Cabanis, 2017). Cette dynamique d\u2019\u00e9mergence progressive de la justice constitutionnelle (voir Holo, 2009) a permis \u00e0 la doctrine de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 leurs activit\u00e9s (voir Mborantsuo, 2007&nbsp;; Narey, 2015), \u00e0 leur composition (A\u00efvo, 2019), \u00e0 leurs statuts (voir Soma, 2014), ainsi qu\u2019\u00e0 leurs r\u00f4les de r\u00e9gulation (Kante, 2008), ou simplement \u00e0 \u00e9valuer leurs actions<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>. Ces int\u00e9r\u00eats constants et renouvel\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019activit\u00e9 des juridictions constitutionnelles ont montr\u00e9 que ces institutions \u00abd\u00e9veloppent une jurisprudence d\u00e9montrant \u00e0 la fois leur capacit\u00e9 d&rsquo;imagination et leur ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit marquant ainsi le passage du formalisme \u00e0 l&rsquo;effectivit\u00e9 d&rsquo;un constitutionnalisme orient\u00e9 vers la d\u00e9mocratie pluraliste et l&rsquo;\u00c9tat de droit&nbsp;\u00bb<em> (<\/em>Mede, 2008)<em>. <\/em>Cette tendance confirme quela justice constitutionnelle (Massina, 2015) est consubstantielle au constitutionnalisme (voir Holo, 2009, p. 129). Sous ce rapport, le nouvel environnement politique et social, marqu\u00e9 par l\u2019invocation et l\u2019\u00e9vocation fr\u00e9quentes de la Constitution par de nombreux acteurs, fait du pr\u00e9toire du juge constitutionnel un lieu de productionde normes, de r\u00e9gulation des activit\u00e9s des pouvoirs publics et d\u2019arbitrage des conflits et tensions n\u00e9s des \u00e9lections ou des crises politiques. Le juge constitutionnel semble prendre en compte ces mutations dans ses diff\u00e9rentes fonctions, notamment contentieuses. Dans l\u2019exercice de celle-ci, il renforce son pouvoir d\u2019instruction et tente de faire du proc\u00e8s constitutionnel un v\u00e9ritable proc\u00e8s juridique. Ces consid\u00e9rations ont sans doute pouss\u00e9 nombre d\u2019auteurs \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser de pr\u00e8s au proc\u00e8s constitutionnel (Akerekoro, 2013), aux parties au proc\u00e8s constitutionnel (Djogb\u00e9nou, 2020) et m\u00eame les modes de production de la preuve devant le juge constitutionnel (Sanogo, 2024). Ces d\u00e9veloppements font, cependant, l\u2019impasse sur le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel surtout dans sa dimension compar\u00e9e. D\u00e8s lors, une analyse de ce principe s\u2019impose dans un contexte o\u00f9 l\u2019actualisation des r\u00e8gles encadrant le proc\u00e8s \u00e9quitable est attendue, afin d\u2019\u00e9clairer cette \u00ab bo\u00eete noire \u00bb (Carcassonne, 1994)<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>et d\u2019ouvrir les \u00ab portes \u00e9troites \u00bb, pour reprendre l\u2019expression du doyen Vedel (1991) du proc\u00e8s constitutionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexion sur le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel en C\u00f4te d\u2019Ivoire et au S\u00e9n\u00e9gal semble donc se justifier. L\u2019\u00e9tude n\u2019a pas pour ambition d\u2019esquisser les contours de ce principe fondamental de proc\u00e9dure, mais plut\u00f4t de mettre en exergue sa r\u00e9ception par le juge constitutionnel africain. Elle se veut une contribution sur les \u00e9volutions du contentieux constitutionnel en mettant l\u2019accent sur le d\u00e9roulement du proc\u00e8s et pr\u00e9cis\u00e9ment sur le recours au contradictoire dans le pr\u00e9toire constitutionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, si l\u2019id\u00e9e de proc\u00e8s et de parties au proc\u00e8s est difficilement concevable en contentieux constitutionnel, il serait encore plus difficile d\u2019admettre le recours au principe du contradictoire (Nonnou, 2020) devant le juge constitutionnel dans les pays concern\u00e9s. Il est d\u2019autant plus complexe au S\u00e9n\u00e9gal o\u00f9 l\u2019on a reproch\u00e9 au juge constitutionnel de d\u00e9velopper une jurisprudence de \u00ab&nbsp;l\u2019incomp\u00e9tence et de l\u2019irrecevabilit\u00e9&nbsp;\u00bb (Ndiaye, 2014, p.&nbsp;49), de faire \u00ab&nbsp;une lecture minimaliste de sa comp\u00e9tence&nbsp;\u00bb (Fall, 2008, p. 13) ou de montrer une \u00ab frilosit\u00e9 habituelle&nbsp;\u00bb (Diakhat\u00e9, 2021, p. 206).<\/p>\n\n\n\n<p>Des reproches similaires sont faits \u00e0 son homologue ivoirien qui semble faire \u00ab&nbsp;une interpr\u00e9tation restreinte de ses attributions et produit une jurisprudence peu audacieuse et orient\u00e9e vers la l\u00e9gitimation du pouvoir ex\u00e9cutif et de sa gouvernance\u00bb (Kpri, 2018). \u00c0 partir de ces consid\u00e9rations sur les juges constitutionnels, il peut sembler comme une sorte d\u2019arl\u00e9sienne de parler du principe du contradictoire devant les juridictions cibl\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, dans la r\u00e9alit\u00e9, les juridictions constitutionnelles appliquent le contradictoire, d\u2019une mani\u00e8re \u00e9volutionnaire<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>, en C\u00f4te d\u2019Ivoire, et de fa\u00e7on tout \u00e0 fait subreptice<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>, au S\u00e9n\u00e9gal, parce que la proc\u00e9dure y est, en principe, non contradictoire. Il n\u2019est, d\u00e8s lors, pas inutile de rappeler le contenu du principe et surtout de pr\u00e9senter les principales caract\u00e9ristiques de la justice constitutionnelle qui semble avoir une attitude diff\u00e9renci\u00e9e vis-\u00e0-vis de la r\u00e8gle du contradictoire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le contradictoire, faut-il le rappeler, est un principe universel et transversal dans la conscience juridique. Il s\u2019entend comme un \u00ab m\u00e9canisme de d\u00e9couverte de v\u00e9rit\u00e9\u00bb (Motulsky, 1961, p. 175) et par cons\u00e9quent consubstantiel \u00e0 toute proc\u00e9dure.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Inh\u00e9rent au proc\u00e8s civil, le contradictoire est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab&nbsp;un principe fondamental de proc\u00e9dure aussi d\u00e9nomm\u00e9 principe de la contradiction, en vertu duquel les parties doivent avoir la possibilit\u00e9 de discuter dans le cadre d\u2019un d\u00e9bat loyal les pr\u00e9tentions et les moyens d\u00e9velopp\u00e9s par les autres parties ou envisag\u00e9s par le juge&nbsp;\u00bb (Cabrillac, 2022, p. 152).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un point de vue normatif, le principe du contradictoire est largement consacr\u00e9 par les textes relatifs aux droits de l\u2019homme. La D\u00e9claration universelle des droits de l\u2019homme en son article 10<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>, la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, en son article 6<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>, et la Charte africaine des droits de l\u2019homme et des peuples<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>, en son article 7(1), font de la contradiction une condition essentielle pour un proc\u00e8s \u00e9quitable. La Cour africaine des droits de l\u2019homme et des peuples en propose m\u00eame une d\u00e9finition extensive lorsqu\u2019elle affirme que chaque partie \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable doit avoir la possibilit\u00e9 de conna\u00eetre, de discuter et de r\u00e9pondre aux arguments et preuves pr\u00e9sent\u00e9s par l\u2019autre partie, dans des conditions d\u2019\u00e9galit\u00e9, tant lors des phases \u00e9crites qu\u2019&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; orales de la proc\u00e9dure (voir sur cette question Khiessie, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un point de vue doctrinal, le principe du contradictoire, \u00e9galement appel\u00e9 la contradiction<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>, est d\u2019abord \u00ab&nbsp;de pouvoir discuter de tout ce qu\u2019avance en fait et en droit l\u2019adversaire et de tout ce qu\u2019il produit, pi\u00e8ces et documents. C\u2019est ensuite de pouvoir discuter avec le juge, dans une mesure variable selon les contentieux \u00bb (Lecucq, 2010, p. 62). Le contradictoire est \u00e9galement un instrument d\u2019\u00e9laboration du jugement, de renforcement du caract\u00e8re juridictionnel du contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 des lois, dans ce sens, sa valeur juridique est reconnue.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le Conseil d\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> l\u2019a \u00e9rig\u00e9 en principe g\u00e9n\u00e9ral de droit&nbsp;par la censure d\u2019un d\u00e9cret qui lui paraissait m\u00e9conna\u00eetre ce principe <em>\u00ab&nbsp;<\/em>alors qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas encore exprim\u00e9 dans un texte l\u00e9gislatif&nbsp;\u00bb (Gourdou et al., 2010, p. 17). Dans le prolongement de cette cons\u00e9cration, le Conseil constitutionnel fait de la contradiction un corollaire des principes du droit de la d\u00e9fense dans une d\u00e9cision relative \u00e0 la loi des finances<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>. Ces acceptions vari\u00e9es r\u00e9v\u00e8lent la dimension th\u00e9orique et fonctionnelle du principe du contradictoire qui se justifie par l\u2019existence d\u2019une juridiction et de parties au proc\u00e8s. Ce qui explique sans doute le lien \u00e9troit entre la contradiction \u00e9rig\u00e9e en principe et le proc\u00e8s lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Par juge constitutionnel, il convient d\u2019entendre l\u2019organe charg\u00e9 de rendre la justice constitutionnelle. Comme l\u2019a \u00e9crit Louis Favoreu, \u00ab&nbsp;la juridiction cr\u00e9e pour conna\u00eetre sp\u00e9cialement et exclusivement du contentieux constitutionnel, situ\u00e9 hors de l\u2019appareil juridictionnel ordinaire et ind\u00e9pendante de celui-ci comme des pouvoirs publics. \u00bb (Favoreu, 1986, p. 3) Dans le constitutionnalisme moderne, le juge constitutionnel ne se limite plus \u00e0 la seule application et interpr\u00e9tation de la Constitution (Soma, 2014, p. 452) ; il incarne l\u2019organe \u2013 qu\u2019il soit d\u00e9sign\u00e9 sous la d\u00e9nomination de \u00ab Cour&nbsp;\u00bb ou de \u00ab Conseil&nbsp;\u00bb \u2013 investi du service public (Duhamel &amp; M\u00e9ny, 1992, p. 547) de la justice constitutionnelle, en ce que \u00ab rel\u00e8vent de la justice constitutionnelle toutes les proc\u00e9dures juridictionnelles portant sur la mati\u00e8re constitutionnelle \u00bb. Consid\u00e9r\u00e9es, selon la formule de Hans Kelsen, comme \u00ab&nbsp;la garantie juridictionnelle de la Constitution&nbsp;\u00bb, (Kelsen, 1928)&nbsp;ces institutions sont les plus hautes juridictions de l\u2019\u00c9tat en mati\u00e8re constitutionnelle<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019instar des autres pays d\u2019Afrique noire francophone et dans la dynamique de renforcer l\u2019\u00c9tat de droit, le S\u00e9n\u00e9gal et la C\u00f4te d\u2019Ivoire cibl\u00e9s ne font pas exception \u00e0 cette tendance. En effet, le Conseil c&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; onstitutionnel de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, comme rappel\u00e9 par le professeur Francis Wodi\u00e9, n\u2019est pas une juridiction comme les autres. La Constitution lui consacre un titre particulier afin qu\u2019il assume pleinement les r\u00f4les (Wodi\u00e9, 2013, p. 140) qui lui sont assign\u00e9s. En vertu de la Constitution, il est l&rsquo;organe r\u00e9gulateur du fonctionnement des pouvoirs publics, juge de la conformit\u00e9 de la loi au bloc de constitutionnalit\u00e9 et juge du contr\u00f4le de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle et des \u00e9lections parlementaires<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant au Conseil constitutionnel du S\u00e9n\u00e9gal, il est consid\u00e9r\u00e9 comme un juge sp\u00e9cial \u00ab&nbsp;d\u2019abord en raison de ses attributions : r\u00e9gulateur du fonctionnement des pouvoirs publics, contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9, juge du contentieux \u00e9lectoral ; toutes ces attributions sont non seulement exorbitantes, mais constituent aussi des situations \u00e0 enjeux fondamentaux&nbsp;\u00bb (Ndiaye, 2014, p. 49). Ces deux juridictions ainsi pr\u00e9sent\u00e9es sont saisies suivant des proc\u00e9dures qui laissent une place aux principes directeurs essentiels dans un proc\u00e8s constitutionnel (Jean, 2010, p. 240).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accent sera mis sur l\u2019utilisation de la contradiction aussi bien dans le contentieux normatif que dans le contentieux \u00e9lectoral<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>. Ce choix s\u2019explique d\u2019une part par la centralit\u00e9 de ces contentieux dans l\u2019office du juge constitutionnel et d\u2019autre part par l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019utiliser la contradiction pour renforcer la sup\u00e9riorit\u00e9 et la stabilit\u00e9 de la norme constitutionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, en cherchant \u00e0 appr\u00e9cier la place du principe du contradictoire dans le proc\u00e8s constitutionnel, on peut, suivant une perspective compar\u00e9e, se demander : \u00abQu\u2019est ce quicaract\u00e9rise le principe du contradictoire dans le proc\u00e8s constitutionnel dans les pays cibl\u00e9s&nbsp;?&nbsp;\u00bb En d\u2019autres termes, questionner la r\u00e9ception du principe du contradictoire&nbsp;par les juges constitutionnels s\u00e9n\u00e9galais et ivoirien.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette question centrale soul\u00e8ve des enjeux majeurs quant \u00e0 la compr\u00e9hension et la pratique du contentieux constitutionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan th\u00e9orique, le contradictoire devant le juge constitutionnel met en lumi\u00e8re la relativit\u00e9 de la <em>summa divisio<\/em> entre droit public et droit priv\u00e9, dans la mesure o\u00f9 les r\u00e8gles de droit processuel jadis pratiqu\u00e9es dans la sph\u00e8re des disciplines de droit priv\u00e9 sont utilis\u00e9es dans le champ des pouvoirs publics (Baud, 2021, p. 70). Ainsi, elle contribue \u00e0 la th\u00e9orisation constitutionnelle du principe du contradictoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan pratique, l\u2019int\u00e9r\u00eat de la r\u00e9flexion montre \u00e0 suffisance que \u00ab&nbsp;l\u2019acc\u00e8s au pr\u00e9toire du juge constitutionnel et les r\u00e8gles qui encadrent les diff\u00e9rentes phases du proc\u00e8s constitutionnel sont plus que jamais utiles pour faire jouer au Conseil constitutionnel son v\u00e9ritable r\u00f4le&nbsp;\u00bb (Kante, 2008, p. 12) afin de rapprocher la justice constitutionnelle du justiciable. Actuellement, cette r\u00e9flexion sur le contradictoire devant le juge constitutionnel montre l\u2019importance de l\u2019approche comparative dans la compr\u00e9hension du constitutionnalisme africain et la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019emprunt de ce principe en droit constitutionnel. On peut \u00e9galement ajouter que, dans un pays comme le S\u00e9n\u00e9gal, les r\u00e9formes institutionnelles annonc\u00e9es transformeront&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;le Conseil en une Cour<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a><sub>,<\/sub> avec un \u00e9largissement des comp\u00e9tences de la juridiction. Ce changement aura certainement des implications sur l\u2019avenir du contradictoire dans ce pays.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexion s\u2019inscrit \u00e9galement dans le d\u00e9bat doctrinal en cours sur \u00ab&nbsp;la judiciarisation du droit constitutionnel qui est ins\u00e9parable de l\u2019essor du juge constitutionnel \u00bb (A\u00efvo, 2012, p. 145) et celui de la processualisation du contentieux constitutionnel. Ces deux dynamiques indispensables \u00e0 une justice constitutionnelle de son temps impliquent le respect du contradictoire comme garantie du proc\u00e8s \u00e9quitable.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un point de vue m\u00e9thodologique, la d\u00e9marche consiste \u00e0 analyser les textes fondamentaux, les lois organiques et les r\u00e8glements int\u00e9rieurs des juridictions constitutionnelles, \u00e0 visiter la doctrine juridique et surtout \u00e0 d\u00e9pouiller la jurisprudence. Cet exercice a permis d\u2019appr\u00e9cier la pratique du contradictoire dans le contentieux des normes et des \u00e9lections au S\u00e9n\u00e9gal et en C\u00f4te d\u2019Ivoire et de constater des \u00e9volutions dans ces espaces juridiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le choix de ces pays s\u2019explique d\u2019abord par le fait qu\u2019ils pr\u00e9sentent des similitudes dans leurs architectures institutionnelles<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>et dans la \u00ab convergence des mod\u00e8les constitutionnels\u00bb (Bald\u00e9, 2011) m\u00eame si leurs histoires politiques sont diff\u00e9rentes \u00e0 bien des \u00e9gards<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>. Ensuite ils partagent la m\u00eame source d\u2019inspiration : le syst\u00e8me juridique fran\u00e7ais. L\u2019analyse dynamique et compar\u00e9e du fonctionnement de ces deux juridictions constitutionnelles montre que le principe du contradictoire est re\u00e7u et appliqu\u00e9 diff\u00e9remment m\u00eame s\u2019il reste un principe directeur du proc\u00e8s constitutionnel. Il fait l\u2019objet d\u2019une cons\u00e9cration variable, tout en \u00e9tant, parall\u00e8lement, appliqu\u00e9 de fa\u00e7on mitig\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une cons\u00e9cration vari\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p>Il n\u2019existe pas un,&nbsp;mais&nbsp;des&nbsp;contradictoires, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment, des degr\u00e9s de contradictoire. Cette r\u00e9alit\u00e9 se manifeste notamment au sein des juridictions constitutionnelles du S\u00e9n\u00e9gal et de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, o\u00f9 le principe du contradictoire fait l\u2019objet d\u2019une cons\u00e9cration variable. Son encadrement repose sur des fondements textuels distincts et s\u2019inscrit dans une variation processuelle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>\u00a0La variation substantielle<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Les l\u00e9gislateurs s\u00e9n\u00e9galais et ivoirien re\u00e7oivent le principe du contradictoire selon des modalit\u00e9s distinctes. En C\u00f4te d\u2019Ivoire, le contradictoire pr\u00e9vu par la loi organique et le r\u00e8glement int\u00e9rieur<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>du Conseil constitutionnel est explicitement consacr\u00e9. Au S\u00e9n\u00e9gal, la proc\u00e9dure n\u2019est pas contradictoire <a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a> mais le principe y est timidement accept\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Une reconnaissance explicite en droit ivoirien<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le caract\u00e8re contradictoire de la proc\u00e9dure est consacr\u00e9 de mani\u00e8re expresse par des dispositions l\u00e9gales ou r\u00e9glementaires relatives \u00e0 l\u2019organisation et au fonctionnement de plusieurs juridictions constitutionnelles. C\u2019est le cas au Mali<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>, au B\u00e9nin<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> et en C\u00f4te d\u2019Ivoire o\u00f9 la proc\u00e9dure devant la juridiction constitutionnelle est pr\u00e9vue par le r\u00e8glement int\u00e9rieur du Conseil constitutionnel qui compl\u00e8te la loi organique<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>. Les dispositions de l\u2019article 38 de ladite loi pr\u00e9cisent que \u00ab&nbsp;la proc\u00e9dure devant le Conseil constitutionnel est gratuite, \u00e9crite et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, contradictoire \u00bb<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>. L\u2019alin\u00e9a premier accorde m\u00eame une marge d\u2019appr\u00e9ciation au Conseil constitutionnel, qui peut d\u00e9cider d\u2019appliquer le contradictoire uniquement lorsque cela lui semble opportun. Ce pouvoir discr\u00e9tionnaire dans l\u2019application du principe peut laisser une place \u00e0 des d\u00e9cisions rendues sans d\u00e9bat contradictoire pr\u00e9alable.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Si le premier alin\u00e9a pr\u00e9cit\u00e9 peut porter \u00e0 \u00e9quivoque quant au caract\u00e8re r\u00e9ellement contradictoire de la proc\u00e9dure, le deuxi\u00e8me alin\u00e9a apporte des pr\u00e9cisions sur les modalit\u00e9s de sa mise en \u0153uvre. Elles peuvent consister \u00e0 l\u2019\u00e9change d\u2019\u00e9criture et de pi\u00e8ces entre les parties et \u00e9ventuellement des d\u00e9bats \u00e0 l\u2019audience<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>. Cette pr\u00e9cision montre la d\u00e9termination du l\u00e9gislateur ivoirien \u00e0 faire application du contradictoire comme une garantie et un imp\u00e9ratif d\u2019un proc\u00e8s constitutionnel \u00e9quitable.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Ces dispositions confirment l\u2019affirmation selon laquelle \u00ab&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la contradiction \u00e9l\u00e8ve le contentieux en proc\u00e8s&nbsp;\u00bb (Djogb\u00e9nou, 2020, p. 197) et renforce la juridictionnalisation de la proc\u00e9dure. De ce fait, l\u2019\u00e9vocation de \u00ab&nbsp;pi\u00e8ces&nbsp;\u00bb, la reconnaissance de <em>\u00ab&nbsp;<\/em>parties&nbsp;\u00bb et l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 de \u00ab&nbsp;d\u00e9bats \u00e0 l\u2019audience&nbsp;\u00bb, \u00e0 l\u2019\u00e9crit comme \u00e0 l\u2019oral, sont des \u00e9vidences que la contradiction est au c\u0153ur du proc\u00e8s constitutionnel.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le l\u00e9gislateur ivoirien, par ces pr\u00e9cisions, \u00e9rige la proc\u00e9dure contradictoire devant le Conseil constitutionnel, si l\u2019on consid\u00e8re, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, que la contradiction est \u00ab&nbsp;l\u2019ensemble des op\u00e9rations tendant \u00e0 ce que tous les int\u00e9ress\u00e9s aient \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 m\u00eame de participer aux recours port\u00e9s devant les juridictions constitutionnelles&nbsp;\u00bb (ACCLF, 2018, p. 15). La cons\u00e9cration explicite du caract\u00e8re contradictoire de la proc\u00e9dure s\u2019est \u00e9galement traduite par l\u2019exigence faite au requ\u00e9rant \u00ab&nbsp;d\u2019exposer les faits et moyens invoqu\u00e9s&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mesure de pr\u00e9cision, en plus de renforcer la contradiction, poursuit deux finalit\u00e9s&nbsp;: permettre au rapporteur d\u00e9sign\u00e9 de pr\u00e9senter ses conclusions et de r\u00e9pliquer aux arguments des requ\u00e9rants. Dans cet \u00e9lan de r\u00e9ception explicite du contradictoire, le Conseil constitutionnel dans une proc\u00e9dure de contr\u00f4le par la voie d\u2019exception<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>, a \u00e9voqu\u00e9 l\u2019acte introductif d\u2019instance et l\u2019expos\u00e9 oral du conseil de la partie requ\u00e9rante en ces termes :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><a><\/a>Qu\u2019au soutien de leur requ\u00eate, amplifi\u00e9e par l\u2019expos\u00e9 oral de leur conseil, ils exposent que dans le cadre d\u2019un litige les opposant \u00e0 la Banque Internationale pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest en C\u00f4te d\u2019Ivoire dite BIAO-CI, qu\u2019ils avaient assign\u00e9e en restitution de sommes d\u2019argent et en paiement de dommages et int\u00e9r\u00eats devant le Tribunal de Commerce d\u2019Abidjan<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><a><\/a>De la sorte, le Conseil donne sens au principe du contradictoire par la r\u00e9ception des arguments du requ\u00e9rant conform\u00e9ment \u00e0 la loi organique m\u00eame s\u2019il finit par rejeter la demande. Dans le cadre du contr\u00f4le par voie d\u2019action consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab&nbsp;le proc\u00e9d\u00e9 pr\u00e9\u00e9minent ou pr\u00e9pond\u00e9rant du contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 des lois dans les \u00c9tats d\u2019Afrique francophone&nbsp;\u00bb (Lath, 2015, p. 171), le juge ivoirien respecte les r\u00e8gles de proc\u00e9dure, re\u00e7oit la norme soulev\u00e9e dans une perspective de l\u2019aligner \u00e0 la Constitution.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>En mati\u00e8re \u00e9lectorale et r\u00e9f\u00e9rendaire, la loi pr\u00e9voit l\u2019invocation de moyens et la production de pi\u00e8ces<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>. Ces exigences militent en faveur de l\u2019application du contradictoire. En somme, la lecture combin\u00e9e de la loi organique et du r\u00e8glement int\u00e9rieur de la juridiction constitutionnelle montre que le contradictoire est largement consacr\u00e9. Cette ouverture s\u2019est faite progressivement sous l\u2019influence des exigences de l\u00e9gislation supranationale ces derni\u00e8res ann\u00e9es<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\"><sup>[34]<\/sup><\/a>. Cette dynamique de renforcer le caract\u00e8re contradictoire est aussi observ\u00e9e au B\u00e9nin o\u00f9 la Cour a rendu ses audiences accessibles au public<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> avant de proc\u00e9der \u00e0 une modification de la loi organique<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\"><sup>[36]<\/sup><\/a>. Si la contradiction est explicitement consacr\u00e9e en C\u00f4te d\u2019Ivoire, elle est encore mitig\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Une n\u00e9gation relative en droit s\u00e9n\u00e9galais<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><a><\/a>L\u2019analyse de la cons\u00e9cration du contradictoire dans les syst\u00e8mes constitutionnels en Afrique noire francophone a permis de d\u00e9gager deux tendances majeures. D\u2019une part, les \u00c9tats qui ont express\u00e9ment consacr\u00e9 le principe et d\u2019autre part, les pays qui ont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment pos\u00e9 le caract\u00e8re non contradictoire devant la juridiction constitutionnelle. Le S\u00e9n\u00e9gal fait partie de la deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie de pays o\u00f9 la proc\u00e9dure \u00ab&nbsp;est assez conformiste et pour certaines situations \u00e9loign\u00e9es des grands principes du droit processuel notamment la garantie d\u2019un proc\u00e8s \u00e9quitable&nbsp;\u00bb (Ndiaye, 2021a, p. 187). L\u2019alin\u00e9a premier de l\u2019article 14 de loi organique consacre l\u2019absence de contradictoire en ces termes&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;La proc\u00e9dure devant le Conseil constitutionnel n\u2019est pas contradictoire\u00bb<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\"><sup>[37]<\/sup><\/a>. Posant ainsi, l\u2019absence de phase orale et l\u2019ouverture du proc\u00e8s au public<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\"><sup>[38]<\/sup><\/a> entre autres \u00e9l\u00e9ments de la contradiction.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Cependant, la suite de l\u2019article introduit une relativit\u00e9 dans la n\u00e9gation du contradictoire. En effet, le l\u00e9gislateur pose une att\u00e9nuation d\u00e8s le d\u00e9but du deuxi\u00e8me alin\u00e9a marquant ainsi une possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9changes dans la phase d\u2019instruction. Le texte pr\u00e9cise&nbsp;que :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><a><\/a>Toutefois, le Conseil Constitutionnel saisi conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 74<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\"><sup>[39]<\/sup><\/a>de la Constitution et en cas d\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 transmet pour information les recours au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, et au Premier ministre, au Pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Ces derniers peuvent produire par un m\u00e9moire \u00e9crit, leurs observations devant le Conseil constitutionnel.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La lecture de cette disposition appelle deux observations majeures. D\u2019abord, il ressort une faiblesse du principe du contradictoire devant le Conseil constitutionnel, en ce qu\u2019il se voit habilit\u00e9 \u00e0 recevoir les \u00e9critures des parties et \u00e0 requ\u00e9rir, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des documents \u00e9manant des organes ex\u00e9cutifs, l\u00e9gislatifs ou judiciaires. Ensuite, la notification des requ\u00eates introduites par des parties non institutionnelles est adress\u00e9e au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ainsi qu\u2019au Pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, lesquels disposent de la facult\u00e9 de produire des m\u00e9moires \u00e0 titre d\u2019information&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; . Il r\u00e9sulte de ces dispositions qu\u2019il n\u2019y a pas une v\u00e9ritable contradiction puisque la seule fen\u00eatre laiss\u00e9e aux \u00e9changes est la production de m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>En revanche, en mati\u00e8re \u00e9lectorale, le texte donne une place au contradictoire. Il pr\u00e9cise que : \u00ab&nbsp;Tout recours ayant pour objet de contester la r\u00e9gularit\u00e9 des op\u00e9rations est, selon le cas, communiqu\u00e9, par le greffier en chef, aux autres candidats o\u00f9 \u00e0 l\u2019autre courant qui ont quarante- huit heures pour d\u00e9poser leur m\u00e9moire en r\u00e9ponse \u00bb<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\"><sup>[40]<\/sup><\/a>. Le l\u00e9gislateur organique a fait le choix de garder la proc\u00e9dure non contradictoire avec une l\u00e9g\u00e8re att\u00e9nuation alors qu\u2019il avait la possibilit\u00e9 de renforcer le processus de juridictionnalisation du Conseil. Cette \u00e9tape passe n\u00e9cessairement par l\u2019instauration d\u2019un proc\u00e8s constitutionnel et des innovations jurisprudentielles.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une analyse consacr\u00e9e au principe du contradictoire, l\u2019ancien Pr\u00e9sident du Conseil constitutionnel Papa Oumar Sakho avait \u00e9voqu\u00e9 les possibilit\u00e9s d\u2019int\u00e9gration des r\u00e8gles processuelles en ces termes&nbsp;: \u00ab au regard de l\u2019\u00e9volution de sa jurisprudence, le Conseil va progressivement rompre avec cette image d\u2019un juge rendant sa d\u00e9cision sans respect des principes qui fondent le proc\u00e8s \u00e9quitable&nbsp;\u00bb (Sakho, 2018, p. 65). Peut-on s\u2019attendre \u00e0 une d\u00e9cision retentissante&nbsp;pour renforcer la juridictionnalisation du Conseil constitutionnel&nbsp;? Une d\u00e9marche bien possible \u00e0 l\u2019image de la d\u00e9cision <em>Libert\u00e9 d\u2019association<a href=\"#_ftn41\" id=\"_ftnref41\"><sup><strong><sup>[41]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em>rendue par le Conseil constitutionnel fran\u00e7ais. Cette d\u00e9cision historique a amorc\u00e9 la logique de juridictionnalisation du contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9&nbsp;avec red\u00e9finition de ses attributions.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard<a href=\"#_ftn42\" id=\"_ftnref42\"><sup>[42]<\/sup><\/a>, la proc\u00e9dure devant le Conseil constitutionnel s\u2019est enrichie avec l\u2019adoption de la question prioritaire de constitutionnalit\u00e9 (QPC)<a href=\"#_ftn43\" id=\"_ftnref43\"><sup>[43]<\/sup><\/a>. Cet exemple pourrait donc inspirer le juge constitutionnel s\u00e9n\u00e9galais, appel\u00e9 \u00e0 diversifier ses m\u00e9thodes et \u00e0 am\u00e9nager ses proc\u00e9dures dans un contexte o\u00f9 des r\u00e9formes majeures sont annonc\u00e9es, visant \u00e0 transformer le Conseil en une Cour constitutionnelle<a href=\"#_ftn44\" id=\"_ftnref44\"><sup>[44]<\/sup><\/a>. Cette \u00e9tape se fera n\u00e9cessairement avec des mutations du droit processuel incluant la proc\u00e9dure du contradictoire. En v\u00e9rit\u00e9, la finalit\u00e9 du contradictoire peut \u00eatre atteinte sans qu\u2019une proc\u00e9dure contradictoire formelle ne soit instaur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La fen\u00eatre r\u00e9serv\u00e9e au contr\u00f4le a posteriori etau contr\u00f4le des op\u00e9rations \u00e9lectoralesn\u2019est pas totalement ferm\u00e9e. Elle peut influencer une adaptation de la contradiction. Bien que la proc\u00e9dure soit non contradictoire, la possibilit\u00e9 de d\u00e9poser des \u00e9crits ou de recevoir des m\u00e9moires des saisissants institutionnels sont des moyens d\u2019investigations, m\u00eame s\u2019il faut admettre que ces \u00e9crits ne lient pas n\u00e9cessairement le juge.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, il ressort des dispositions de l\u2019article 14 pr\u00e9cit\u00e9 que le contradictoire implicitement admis s\u2019organise diff\u00e9remment selon l\u2019objet de la saisine ainsi que la nature du contr\u00f4le exerc\u00e9. L\u2019att\u00e9nuation du caract\u00e8re non contradictoire est plus large dans le contentieux \u00e9lectoral et dans la proc\u00e9dure de l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 qui est un litige concret o\u00f9 \u00ab&nbsp;un moyen d\u00e9velopp\u00e9 au soutien de la cause en instance&nbsp;\u00bb (Renoux, 1990, p. 653).<\/p>\n\n\n\n<p>De ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il ressort que le principe du contradictoire est diversement consacr\u00e9. Sa r\u00e9ception n\u2019est pas uniforme, mais plurielle dans les pays \u00e9tudi\u00e9s. Le principe du contradictoire est \u00e9galement organis\u00e9 suivant des proc\u00e9dures portant sur la saisine, la qualit\u00e9 des requ\u00e9rants et l\u2019instruction.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>La variation processuelle<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse des proc\u00e9dures devant les juridictions constitutionnelles montre qu\u2019il y a des diff\u00e9rences partielles quant aux modalit\u00e9s de saisineet desconvergences au niveau des d\u00e9lais impartis.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Une saisine relativement diff\u00e9rente<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019application du principe du contradictoire repose sur un ensemble de r\u00e8gles proc\u00e9durales qui couvrent la saisine des juridictions constitutionnelles et la qualit\u00e9 des requ\u00e9rants. \u00c9voquer ces r\u00e8gles revient \u00e0 s\u2019interroger sur leurs incidences au regard du caract\u00e8re contradictoire de la proc\u00e9dure devant la juridiction constitutionnelle. La qualit\u00e9 d\u2019agir est d\u00e9terminante dans l\u2019application du principe du contradictoire. En effet, plus le pr\u00e9toire du juge est ouvert, plus les possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9changes entre les parties sont garanties, ce qui permet une r\u00e9ception large du principe du contradictoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le point de d\u00e9part ou le d\u00e9clenchement de toute proc\u00e9dure est la saisine qui est \u00ab&nbsp;l\u2019action de porter devant un organe une question sur laquelle celui-ci est appel\u00e9 \u00e0 statuer&nbsp;\u00bb (Cornu, 2014, p. 938). La saisine du juge constitutionnel a connu des \u00e9volutions et s\u2019est progressivement \u00e9rig\u00e9e en r\u00e8gle&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;dans la protection de la Constitution et des droits et des libert\u00e9s (Narey, 2022, p. 735). Ainsi, elle porte d\u2019une part sur la protection de la supr\u00e9matie de la Constitution, et d\u2019autre part sur la protection des droits fondamentaux. La saisine devant la juridiction constitutionnelle est effectu\u00e9e sous forme de requ\u00eate g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9crite.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce caract\u00e8re \u00e9crit de l\u2019acte introductif d\u2019instance est similaire dans les pays sous \u00e9tude. En C\u00f4te d\u2019Ivoire la proc\u00e9dure devant le Conseil constitutionnel<a href=\"#_ftn45\" id=\"_ftnref45\"><sup>[45]<\/sup><\/a> demeure avant tout \u00e9crite et inquisitoire<a href=\"#_ftn46\" id=\"_ftnref46\"><sup>[46]<\/sup><\/a>.Les saisissants n\u2019ont que cette possibilit\u00e9 pour saisir la juridiction. La proc\u00e9dure orale \u00e9tant totalement exclue du contentieux port\u00e9 devant le juge constitutionnel. La saisine \u00e9crite est aussi en vigueur au S\u00e9n\u00e9gal, o\u00f9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;l\u2019acc\u00e8s au pr\u00e9toire du Conseil constitutionnel est principalement \u00e9crit<a href=\"#_ftn47\" id=\"_ftnref47\"><sup>[47]<\/sup><\/a>. Les recours sont pr\u00e9sent\u00e9s sous forme de requ\u00eate d\u00e9pos\u00e9e au greffe qui re\u00e7oit toutes les pi\u00e8ces relatives \u00e0 l\u2019exercice des activit\u00e9s de la juridiction<a href=\"#_ftn48\" id=\"_ftnref48\"><sup>[48]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En mati\u00e8re constitutionnelle, le l\u00e9gislateur d\u00e9signe les saisissants qui varient selon les types de contr\u00f4le. Mais, le monopole de la saisine est accord\u00e9 aux pouvoirs politiques, notamment les institutionnels dans le contr\u00f4le <em>a priori<\/em> o\u00f9 l\u2019effet recherch\u00e9 est la s\u00e9curisation de l\u2019ordre juridique afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019une norme l\u00e9gislative soit en conflit avec la Constitution (Diakhat\u00e9, 2021, p. 198). De ce fait, la saisine est laiss\u00e9e \u00e0 une liste ouverte ou restreinte \u00e0 des institutions, organisations ou citoyens selon les pays.<\/p>\n\n\n\n<p>La C\u00f4te d\u2019Ivoire a opt\u00e9 pour une saisine plus ou moins ouverte. En plus des saisissants institutionnels, notamment le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, le Pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale et le Pr\u00e9sident du S\u00e9nat, les associations des droits de l\u2019Homme l\u00e9galement constitu\u00e9es ont la possibilit\u00e9 de saisir le juge constitutionnel sur les lois relatives aux libert\u00e9s publiques<a href=\"#_ftn49\" id=\"_ftnref49\"><sup>[49]<\/sup><\/a>. Cette ouverture, bien que salutaire, est tr\u00e8s encadr\u00e9e puisque ces associations ne peuvent d\u00e9f\u00e9rer au Conseil constitutionnel que les lois relatives aux libert\u00e9s publiques. Cette voie est \u00e9galement peu utilis\u00e9e pour diff\u00e9rentes raisons (Wodi\u00e9, 2013, p. 143) dont celle de la violation des conditions de recevabilit\u00e9. Le Conseil a souvent manqu\u00e9 des occasions pour rendre effective l\u2019action des d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019homme. Ce qui semble se d\u00e9gager dans la d\u00e9cision relative au report du vote en s\u00e9ance pl\u00e9ni\u00e8re de l\u2019Assembl\u00e9e nationale du projet de loi portant r\u00e9gime juridique de la presse en C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Saisi par des associations de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme regroup\u00e9es sous l\u2019appellation \u00ab&nbsp;Organisations de la Soci\u00e9t\u00e9 civile ivoirienne engag\u00e9es dans la promotion et la d\u00e9fense des droits de l\u2019Homme&nbsp;\u00bb, le Conseil a d\u00e9clar\u00e9 la requ\u00eate irrecevable en ce que le texte d\u00e9f\u00e9r\u00e9 n\u2019est pas encore promulgu\u00e9<a href=\"#_ftn50\" id=\"_ftnref50\"><sup>[50]<\/sup><\/a>. \u00c0 la diff\u00e9rence de ce syst\u00e8me plus ou moins ouvert, le l\u00e9gislateur s\u00e9n\u00e9galais a adopt\u00e9 la saisine restreinte. En effet, la saisine est encore r\u00e9serv\u00e9e aux seules autorit\u00e9s politiques<a href=\"#_ftn51\" id=\"_ftnref51\"><sup>[51]<\/sup><\/a>notamment au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, et \u00e0 un dixi\u00e8me au moins des d\u00e9put\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9toire du juge constitutionnel s\u00e9n\u00e9galais est encore ferm\u00e9 aux citoyens et aux p\u00e9titions dans ce contr\u00f4le pr\u00e9cis. Relativement \u00e0 l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9, le syst\u00e8me s\u00e9n\u00e9galais institu\u00e9<a href=\"#_ftn52\" id=\"_ftnref52\"><sup>[52]<\/sup><\/a> et consolid\u00e9<a href=\"#_ftn53\" id=\"_ftnref53\"><sup>[53]<\/sup><\/a>donne au juge le pouvoir d\u2019appr\u00e9cier la constitutionnalit\u00e9 des lois d\u00e9j\u00e0 promulgu\u00e9es \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un proc\u00e8s. La saisine du Conseil constitutionnel est laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation de la juridiction saisie au principal, notamment la cour d\u2019appel ou la Cour supr\u00eame. D\u00e8s lors, le justiciable se trouve \u00e0 la foi devant le juge de fond et devant le juge aupr\u00e8s duquel le renvoi est op\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce double mouvement est une particularit\u00e9 bien s\u00e9n\u00e9galaise (Diop, 2020) de l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 qui reste une voie \u00e9troite et le lieu o\u00f9 l\u2019on peut s\u2019en pr\u00e9valoir trop \u00e9lev\u00e9 (Fall, 2017, p. 155). D\u00e8s lors, l\u2019on peut admettre que la liste des saisissants du Conseil constitutionnel semblait s\u2019\u00e9largir avec cette possibilit\u00e9, mais elle reste encore \u00e9troite, sachant que cette voie est peu utilis\u00e9e. Ce qui explique sans doute le faible volume de d\u00e9cisions rendues en mati\u00e8re d\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal<a href=\"#_ftn54\" id=\"_ftnref54\"><sup>[54]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En droit ivoirien, l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 se pr\u00e9sente autrement. Elle peut \u00eatre soulev\u00e9e par tout plaideur devant toute juridiction<a href=\"#_ftn55\" id=\"_ftnref55\"><sup>[55]<\/sup><\/a>. Cette disposition consacre l\u2019ouverture de l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 \u00e0 tous les citoyens et devant tous les ordres de juridiction, contrairement au S\u00e9n\u00e9gal o\u00f9 cette proc\u00e9dure est soulev\u00e9e au niveau des tribunaux du deuxi\u00e8me degr\u00e9. Le l\u00e9gislateur ivoirien pr\u00e9voit \u00e9galement que la juridiction devant laquelle l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 est soulev\u00e9e sursoie \u00e0 statuer. Le saisissant n\u2019est pas la juridiction, mais le plaideur ou le citoyen auteur de l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9. Il a la possibilit\u00e9 de saisir directement le Conseil constitutionnel ou par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un avocat par voie de requ\u00eate. Cependant, il doit respecter certaines conditions, notamment prouver sa qualit\u00e9 de plaideur, montrer que l\u2019inconstitutionnalit\u00e9 de la loi ou d\u2019une de ses dispositions est soulev\u00e9e devant la juridiction saisie, et qu\u2019il a respect\u00e9 les d\u00e9lais impartis<a href=\"#_ftn56\" id=\"_ftnref56\"><sup>[56]<\/sup><\/a>. Cette saisine directe par le citoyen contribue \u00e0 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice constitutionnelle et renforce les principes directeurs du proc\u00e8s, notamment celui du proc\u00e8s \u00e9quitable.<\/p>\n\n\n\n<p>En mati\u00e8re \u00e9lectorale et r\u00e9f\u00e9rendaire, la saisine est ouverte dans les pays \u00e9tudi\u00e9s. Au S\u00e9n\u00e9gal, le Conseil constitutionnel est essentiellement saisi par les acteurs du processus \u00e9lectoral. Pour l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, il est saisi par les candidats ; pour les \u00e9lections l\u00e9gislatives, il est saisi par les mandataires des listes dans le cadre du contentieux pr\u00e9\u00e9lectoral ou les candidats en cas de contestation des op\u00e9rations \u00e9lectorales ; pour le r\u00e9f\u00e9rendum, il est saisi par les repr\u00e9sentants des courants<a href=\"#_ftn57\" id=\"_ftnref57\"><sup>[57]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En droit ivoirien, la saisine est aussi ouverte aux particuliers, notamment aux diff\u00e9rents candidats<a href=\"#_ftn58\" id=\"_ftnref58\"><sup>[58]<\/sup><\/a>aux \u00e9lections et aux citoyens ayant qualit\u00e9 \u00e0 agir sur la r\u00e9gularit\u00e9 du scrutin. Le juge a aussi la possibilit\u00e9 de s\u2019autosaisir sur les questions d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9<a href=\"#_ftn59\" id=\"_ftnref59\"><sup>[59]<\/sup><\/a>. L\u2019examen de ces diff\u00e9rentes modalit\u00e9s de saisine r\u00e9v\u00e8le une hi\u00e9rarchisation du principe du contradictoire o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s au juge constitutionnel est plus ouvert en C\u00f4te d\u2019Ivoire qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal. Toutefois, des marges de progression existent dans les deux pays pour renforcer l\u2019\u00e9quit\u00e9 et la transparence du contentieux constitutionnel. \u00c0 la suite de la forme de saisine et de la nature de la requ\u00eate, la question des d\u00e9lais m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulev\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Une convergence dans la restriction des d\u00e9lais impartis<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La justice constitutionnelle entretient une relation complexe avec le temps. Cette complexit\u00e9 r\u00e9side dans le fait que le temps est \u00e0 la fois une contrainte et une ressource (Kamal, 2018). La contrainte est li\u00e9e \u00e0 l\u2019obligation faite au juge constitutionnel de rendre une d\u00e9cision dans des d\u00e9lais tr\u00e8s courts, que ce soit dans le contentieux <em>a priori<\/em> ou dans le contr\u00f4le <em>a posteriori<\/em>. Or le facteur temps dans la saisine du juge constitutionnel est consid\u00e9r\u00e9 comme une garantie de s\u00e9curit\u00e9 juridique et de stabilit\u00e9 normative (Narey, 2022, p. 742).<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps dans le proc\u00e8s constitutionnel est d\u2019autant plus important dans la perspective du contradictoire qu\u2019il peut influencer les \u00e9changes possibles entre les parties. Il peut \u00e9galement constituer une limite importante \u00e0 la marge de man\u0153uvre r\u00e9serv\u00e9e au personnel de saisine. Ce dernier dispose de d\u00e9lais serr\u00e9s, pour non seulement saisir la juridiction, mais aussi pour produire leur m\u00e9moire \u00e9crit en l\u2019absence de contradictoire ou pour pr\u00e9senter leurs d\u00e9fenses en cas de contradictoire. Ce temps relativement court peut remettre en cause les vertus du proc\u00e8s \u00e9quitable.<\/p>\n\n\n\n<p>Les justiciables sont contraints de r\u00e9agir dans l\u2019urgence, tandis que le juge, tenu par des d\u00e9lais imp\u00e9ratifs, est oblig\u00e9 de statuer dans un temps d\u00e9termin\u00e9. D\u00e8s lors, les contraintes temporelles apparaissent, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, comme peu favorables \u00e0 l\u2019exercice effectif du principe du contradictoire (Fare, 2020, p. 205). Cette restriction des d\u00e9lais de jugement est une r\u00e9alit\u00e9 dans les pays \u00e9tudi\u00e9s. En effet, l\u2019analyse du temps de traitement des requ\u00eates soumises aux juridictions constitutionnelles montre une convergence dans la restriction des d\u00e9lais et une variation selon le type de contentieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9lais varient selon qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un contr\u00f4le <em>a priori<\/em> ou <em>a<\/em> <em>posteriori<\/em>, les textes distinguant entre d\u00e9lais indicatifs et d\u00e9lais de rigueur. Dans le contr\u00f4le <em>a priori<\/em>, le juge ivoirien<a href=\"#_ftn60\" id=\"_ftnref60\"><sup>[60]<\/sup><\/a> dispose d\u2019un d\u00e9lai de quinze jours pour les lois ordinaires et les engagements internationaux. Ce d\u00e9lai peut \u00eatre ramen\u00e9 \u00e0 huit jours en cas d\u2019urgence. Son homologue s\u00e9n\u00e9galais<a href=\"#_ftn61\" id=\"_ftnref61\"><sup>[61]<\/sup><\/a>pr\u00e9voit deux jours de moins, pr\u00e9cis\u00e9ment six jours, dans cette voie d\u2019action.<\/p>\n\n\n\n<p>La variation selon les types de contr\u00f4le montre un d\u00e9lai plus long dans le contentieux de l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9. En droit ivoirien, le juge dispose d\u2019un d\u00e9lai de trente jours \u00e0 compter de la date de saisine<a href=\"#_ftn62\" id=\"_ftnref62\"><sup>[62]<\/sup><\/a>. Le l\u00e9gislateur s\u00e9n\u00e9galais a retenu des d\u00e9lais identiques, notamment un mois, mais sans pr\u00e9cision sur le nombre de jours<a href=\"#_ftn63\" id=\"_ftnref63\"><sup>[63]<\/sup><\/a>. Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les r\u00e9gimes des diff\u00e9rents contentieux sont compris entre quinze et trente jours dans les diff\u00e9rentes formes de contr\u00f4le. Cette variation peut s\u2019expliquer par la relation entre les d\u00e9lais et la pratique du contradictoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps long laisse une possibilit\u00e9 aux parties de produire les m\u00e9moires et au juge de renforcer le caract\u00e8re inquisitoire de la proc\u00e9dure alors que les d\u00e9lais serr\u00e9s ne militent pas en faveur d\u2019une communication \u00e9tablie entre les parties. Il y a donc une sorte d\u2019incompatibilit\u00e9 entre l\u2019instauration de la contradiction et les d\u00e9lais impartis au juge (Schoettl, 2008). Cet intervalle de temps assez court soul\u00e8ve des contraintes possibles \u00e0 la mise en \u0153uvre de la contradiction.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude des pi\u00e8ces, des m\u00e9moires et des dossiers externes et l\u2019audition des parties supposent un temps proc\u00e9dural assez raisonnable. Or, le juge ne dispose pas d\u2019assez de temps pour faire le tour de la question surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question \u00e9lectorale ou d\u2019une exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9. Or, le contentieux relevant de la comp\u00e9tence du Conseil constitutionnel s\u2019accommode mal des lenteurs qui caract\u00e9risent la proc\u00e9dure judiciaire classique&nbsp;(Sakho,&nbsp;2018, p. 65).Cette rapidit\u00e9 dans le traitement des requ\u00eates s\u2019explique par l\u2019acuit\u00e9 des questions souvent urgentes soumises \u00e0 son appr\u00e9ciation. D\u00e8s lors, un r\u00e8glement \u00ab&nbsp;sans retard excessif&nbsp;\u00bb (Sakho, 2018, p. 67) est attendu des juridictions constitutionnelles qui rendent leurs d\u00e9cisions sous une contrainte constante de temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Au S\u00e9n\u00e9gal, comme la contradiction n&rsquo;est pas exig\u00e9e, cela pourrait expliquer les d\u00e9lais assez courts de saisine et de r\u00e9ponse. Comment les juridictions constitutionnelles arrivent \u00e0 rendre de bonnes d\u00e9cisions malgr\u00e9 les contraintes de temps&nbsp;? Une question dont la r\u00e9ponse pourrait \u00eatre l\u2019anticipation. La technique de l\u2019anticipation des saisines consiste \u00e0 d\u00e9j\u00e0 commencer le travail de contr\u00f4le avant l\u2019adoption de la loi. Cette pratique fut soulev\u00e9e en France par le doyen Vedel. Il opinait que le Pr\u00e9sident et les conseillers pouvaient suivre les d\u00e9bats parlementaires dans une logique anticipatrice des saisines du Conseil constitutionnel. L\u2019anticipation est consid\u00e9r\u00e9e comme un gain de temps mais qui ne doit pas permettre au juge d\u2019\u00e9luder les v\u00e9ritables pi\u00e8ces du dossier de proc\u00e9dure (Vedel, 1994, p. 59, cit\u00e9 dans Fare, 2020). Cette pratique pourrait aider \u00e0 contourner les contraintes de d\u00e9lais dans les pays cibl\u00e9s o\u00f9 le juge sanctionne la violation des d\u00e9lais de saisine et les saisissants sont contraints \u00e0 r\u00e9agir dans l\u2019intervalle de temps d\u00e9fini par le l\u00e9gislateur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une application mitig\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p><a><\/a>L\u2019appr\u00e9ciation de la pratique de la contradiction r\u00e9v\u00e8le une diff\u00e9rence selon les types de contr\u00f4le. L\u2019application du principe du contradictoire est accentu\u00e9e dans le contentieux \u00e9lectoral alors qu\u2019elle est timide dans le contentieux des normes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Une pratique accentu\u00e9e du principe du contradictoire dans le contentieux \u00e9lectoral<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Le principe du contradictoire dans le contentieux \u00e9lectoral se manifeste par un pouvoir d\u2019instruction du juge et des r\u00e8gles de communication entre les parties.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le pouvoir d\u2019instruction du juge<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le contentieux \u00e9lectoral, au sens large, englobe le contentieux des op\u00e9rations pr\u00e9paratoires, celui de la liste \u00e9lectorale, celui des candidatures, celui des op\u00e9rations \u00e9lectorales et le contentieux r\u00e9pressif destin\u00e9 \u00e0 sanctionner les actes de fraude, constitutifs d\u2019infractions, commis dans le cadre du processus \u00e9lectoral (Mascelet, 2001, p. 251). Dans une r\u00e9flexion sur le contentieux \u00e9lectoral en Afrique, Djedjro Francisco Meledje faisait remarquer que \u00ab&nbsp;le contentieux appara\u00eet comme la technique qui assure, autant que possible, l\u2019\u00e9quit\u00e9 et la r\u00e9gularit\u00e9 de la repr\u00e9sentation dans la d\u00e9mocratie \u00e9lectorale. Or il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9lection sans contentieux&nbsp;\u00bb (2009, p. 140). Le traitement juridictionnel du contentieux \u00e9lectoral constitue un gage de transparence dans la conduite du processus de d\u00e9signation du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et des d\u00e9put\u00e9s. \u00c0 chaque \u00e9lection, le juge constitutionnel passe une \u00ab&nbsp;\u00e9preuve&nbsp;redoutable&nbsp;\u00bb&nbsp;(Ndiaye, 2025, p. 17). Son intervention est souvent pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e ou suivie de violence<a href=\"#_ftn64\" id=\"_ftnref64\"><sup>[64]<\/sup><\/a>, ce qui atteste de son caract\u00e8re v\u00e9ritablement contentieux.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Ces consid\u00e9rations soul\u00e8vent la centralit\u00e9 du juge constitutionnel qui veille au triomphe et \u00e0 l\u2019effectivit\u00e9 de la loi \u00e9lectorale \u00e0 travers un contr\u00f4le du processus. Cette op\u00e9ration se fait souvent en deux temps. Le contr\u00f4le des lois avant le scrutin et le contr\u00f4le des op\u00e9rations \u00e9lectorales pendant et apr\u00e8s le scrutin. \u00c9voquer le principe du contradictoire dans le contr\u00f4le des lois \u00e9lectorales revient tout simplement \u00e0 rappeler que c\u2019est souvent un contr\u00f4le <em>a priori<\/em> autrement dit un contr\u00f4le pr\u00e9ventif effectu\u00e9 avant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi. Sera donc consid\u00e9r\u00e9 dans l\u2019analyse du principe du contradictoire, celle des op\u00e9rations \u00e9lectorales<a href=\"#_ftn65\" id=\"_ftnref65\"><sup>[65]<\/sup><\/a> qui suscite souvent des heurts et tensions surtout dans le cadre de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle qui est la &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;plus disput\u00e9e en Afrique noire francophone (Kokoroko, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Dans plusieurs pays de cet espace g\u00e9ographique, le juge constitutionnel dispose d\u2019un pouvoir d\u2019instruction. Ce pouvoir est inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019exercice de la fonction juridictionnelle. Il est \u00e0 la fois g\u00e9n\u00e9ral et sp\u00e9cial (Tall, 2025, p. 324) et permet au juge de lier l\u2019incidence des faits au proc\u00e8s. L\u2019instruction est entendue comme la phase du proc\u00e8s qui commence de l\u2019enregistrement de la saisine et s\u2019ach\u00e8ve avant la d\u00e9lib\u00e9ration. L\u2019instruction est confi\u00e9e \u00e0 un rapporteur d\u00e9sign\u00e9 par le pr\u00e9sident de la juridiction qui assure une fonction de \u00ab&nbsp;gestionnaire des proc\u00e9dures&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;certificateurs des actes&nbsp;\u00bb (A\u00efvo, 2019, p. 796).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tape de d\u00e9signation du rapporteur est importante dans la proc\u00e9dure puisque les conseillers ont souvent des profils et des exp\u00e9riences diff\u00e9rents. Ainsi, le rapporteur d\u00e9sign\u00e9 est charg\u00e9 d\u2019instruire l\u2019affaire et d\u2019\u00e9tablir un rapport et un projet d\u2019avis ou de d\u00e9cision. Ces missions assign\u00e9es au rapporteur sont pr\u00e9cis\u00e9es par le l\u00e9gislateur. Au S\u00e9n\u00e9gal, l\u2019article 25 du r\u00e8glement int\u00e9rieur prescrit au rapporteur de r\u00e9diger une note qui r\u00e9sume les faits, la proc\u00e9dure et d\u2019examiner les questions de forme et de fond<a href=\"#_ftn66\" id=\"_ftnref66\"><sup>[66]<\/sup><\/a>. Relativement au pouvoir du rapporteur, des similitudes sont not\u00e9es en C\u00f4te d\u2019I&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; voire, o\u00f9 il est aussi d\u00e9sign\u00e9 par le pr\u00e9sident de la juridiction. Mais son pouvoir d\u2019instruction semble plus large que celui de son homologue s\u00e9n\u00e9galais. Le rapporteur est charg\u00e9 d\u2019analyser les arguments pr\u00e9sent\u00e9s et de proposer une orientation juridique avant la d\u00e9lib\u00e9ration du Conseil.<\/p>\n\n\n\n<p>La particularit\u00e9 devant le juge ivoirien r\u00e9side dans le fait que le rapporteur peut proc\u00e9der \u00e0 toute mesure d\u2019instruction<a href=\"#_ftn67\" id=\"_ftnref67\"><sup>[67]<\/sup><\/a>. En pratique, le conseiller rapporteur ordonne une enqu\u00eate et se fait communiquer tous documents s\u2019il estime que les \u00e9l\u00e9ments en sa possession sont insuffisants. Il peut donc demander la soumission de tout document n\u00e9cessaire pour le traitement du contentieux, ce qui lui permet d\u2019entendre toutes personnes et\/ou institutions pouvant fournir des renseignements en lien avec l\u2019objet de la saisine. En outre, la loi autorise la juridiction \u00e0 d\u00e9signer des rapporteurs adjoints<a href=\"#_ftn68\" id=\"_ftnref68\"><sup>[68]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, le rapporteur examine la comp\u00e9tence du Conseil, la recevabilit\u00e9 de la requ\u00eate et analyse les pr\u00e9tentions des parties avant de faire une proposition d\u2019avis ou de d\u00e9cision<a href=\"#_ftn69\" id=\"_ftnref69\"><sup>[69]<\/sup><\/a>. Ces diff\u00e9rentes attributions permettent d\u2019assurer une certaine transparence dans le processus d\u00e9cisionnel et de pr\u00e9server la c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 des proc\u00e9dures. En mati\u00e8re \u00e9lectorale, le juge contr\u00f4le les incidents susceptibles d\u2019affecter l\u2019\u00e9lection, l\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 des candidats et la r\u00e9gularit\u00e9 de l\u2019\u00e9lection. De ce fait, il dispose d\u2019un pouvoir de trancher les litiges dirig\u00e9s contre les r\u00e9sultats des \u00e9lections. Les pays \u00e9tudi\u00e9s n\u2019\u00e9chappent pas \u00e0 cette tendance qui permet au juge de prendre des mesures d\u2019instruction fortes favorisant l\u2019organisation du contradictoire<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En droit ivoirien, les dispositions de l\u2019article 47 de la loi organique relative au Conseil constitutionnel pr\u00e9cise que : \u00ab le Conseil constitutionnel peut, le cas \u00e9ch\u00e9ant, ordonner une enqu\u00eate, se faire communiquer tous documents et rapports relatifs \u00e0 l\u2019\u00e9lection. Le rapporteur est commis pour recevoir les d\u00e9clarations des t\u00e9moins \u00bb<a href=\"#_ftn70\" id=\"_ftnref70\"><sup>[70]<\/sup><\/a>. Il peut en outre entendre les parties et leurs t\u00e9moins<a href=\"#_ftn71\" id=\"_ftnref71\"><sup>[71]<\/sup><\/a>. Le l\u00e9gislateur aborde ici la question des mesures d\u2019instruction que le juge constitutionnel peut prendre. Il peut \u00e9galement communiquer aux int\u00e9ress\u00e9s les proc\u00e8s-verbaux pour d\u00e9poser leurs observations \u00e9crites dans le d\u00e9lai de 48 heures<a href=\"#_ftn72\" id=\"_ftnref72\"><sup>[72]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En syst\u00e9matisant, on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019enqu\u00eate, de la demande de documents, du t\u00e9moignage mais aussi de la possibilit\u00e9 pour les parties de d\u00e9poser leurs r\u00e9ponses. Par ces diff\u00e9rents m\u00e9canismes, l\u2019application du principe du contradictoire qui au sens strict suppose des pr\u00e9tentions souvent oppos\u00e9es devant un juge, est pr\u00e9vue et organis\u00e9e. Le juge constitutionnel ivoirien fait souvent r\u00e9f\u00e9rence aux m\u00e9moires et moyens soulev\u00e9s par les parties. Il en est ainsi dans la d\u00e9cision n\u00b0 CI-2022-EL-006\/14-09\/CC\/SG du 14 septembre 2022 relative \u00e0 la requ\u00eate de Monsieur N\u2019Goran Mamadou tendant \u00e0 l\u2019annulation de l\u2019\u00e9lection de Monsieur N\u2019Dri Yao. La Haute Juridiction a \u00e9voqu\u00e9 l\u2019existence de contradiction en ces termes : \u00ab&nbsp;consid\u00e9rant que dans son m\u00e9moire en d\u00e9fense du 12 septembre 2022, la Commission \u00e9lectorale ind\u00e9pendante (CEI) a \u00e9galement conclu au mal fond\u00e9 des contestations \u00e9lev\u00e9es par le candidat N\u2019GORAN Mamadou&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn73\" id=\"_ftnref73\"><sup>[73]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le juge fait \u00e9galement appel \u00e0 son pouvoir d\u2019instruction qui lui permet de demander des documents aux parties. Ces derni\u00e8res peuvent dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la recherche de v\u00e9rit\u00e9 produire des r\u00e9ponses ou s\u2019abstenir de le faire. Ce fut le cas dans l\u2019affaire BLE Sailly Felix contre Kouassi. Il rappelle que \u00ab&nbsp;Monsieur Kouassi Kouadio, r\u00e9guli\u00e8rement inform\u00e9 de la proc\u00e9dure et invit\u00e9 \u00e0 produire ses observations, n\u2019a pas r\u00e9agi&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn74\" id=\"_ftnref74\"><sup>[74]<\/sup><\/a>. Par cette consid\u00e9ration, l\u2019on peut comprendre que les conditions d\u2019application de la contradiction sont r\u00e9unies, puisque les parties sont amen\u00e9es \u00e0 conna\u00eetre et \u00e0 r\u00e9pondre les moyens soulev\u00e9s. Cependant, l\u2019abstention d\u2019une partie peut fragiliser l\u2019application de la contradiction. En r\u00e9alit\u00e9, le principe du contradictoire n\u2019a de sens que lorsque deux ou plusieurs parties font valoir des pr\u00e9tentions oppos\u00e9es devant le juge (Kamto&nbsp;&amp;&nbsp;Matringe, 2024, p. 919). En l\u2019esp\u00e8ce, on assiste au silence de la d\u00e9fense, ce qui sans doute remet en question l\u2019application de la contradiction.<\/p>\n\n\n\n<p>En droit s\u00e9n\u00e9galais, le Conseil constitutionnel est pour rappel \u00ab&nbsp;juge de la r\u00e9gularit\u00e9 des \u00e9lections nationales et des consultations r\u00e9f\u00e9rendaires et en proclame les r\u00e9sultats\u00bb<a href=\"#_ftn75\" id=\"_ftnref75\"><sup>[75]<\/sup><\/a>. \u00c0 cet effet, il dispose de larges pouvoirs en mati\u00e8re \u00e9lectorale. Il a le pouvoir de mener une instruction pouss\u00e9e dans ce domaine pr\u00e9cis. La loi pr\u00e9cise que \u00ab&nbsp;le Conseil constitutionnel prescrit toutes les mesures d\u2019instruction qui lui paraissent utile et fixe les d\u00e9lais dans lesquels ces mesures devront \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9es&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn76\" id=\"_ftnref76\"><sup>[76]<\/sup><\/a>. En application de ce texte, la Haute Juridiction invit\u00e9e \u00e0 se prononcer sur les all\u00e9gations mettant en cause la r\u00e9gularit\u00e9 de la transmission des proc\u00e8s-verbaux<a href=\"#_ftn77\" id=\"_ftnref77\"><sup>[77]<\/sup><\/a> a us\u00e9 de son pouvoir d\u2019instruction par la collecte des informations au niveau des instances habilit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Saisi pour le contr\u00f4le des listes des \u00e9lections l\u00e9gislatives de f\u00e9vrier 2024 relativement au respect de la parit\u00e9 absolue homme-femme qui est une obligation constitutionnelle et l\u00e9gislative, le Conseil a rappel\u00e9 \u00ab&nbsp;qu\u2019il ressort de l\u2019instruction du dossier, notamment de la pi\u00e8ce transmise que la personne investie est de sexe f\u00e9minin (\u2026)&nbsp;; qu\u2019il s\u2019en-suit que la parit\u00e9 homme femme pr\u00e9vue par l\u2019article L.149 est respect\u00e9e&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn78\" id=\"_ftnref78\"><sup>[78]<\/sup><\/a>. Le juge s\u00e9n\u00e9galais assume de plus en plus sa fonction de r\u00e9gulation \u00e9lectorale. Ce qui explique sans doute l\u2019absence de contestation des r\u00e9sultats. Le pouvoir d\u2019instruction est compl\u00e9t\u00e9 par l\u2019existence de r\u00e8gles de communication des parties.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Les r\u00e8gles de communication des parties<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les r\u00e8gles processuelles pr\u00e9voient la pr\u00e9sence et les \u00e9changes entre les parties pour donner un sens au d\u00e9bat et contribuer \u00e0 la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 constitutionnelle. Le juge constitutionnel applique le principe du contradictoire aux parties \u00e0 l\u2019instance en mati\u00e8re \u00e9lectorale. La communication des arguments encore appel\u00e9e \u00e9changes entre les parties constitue un aspect essentiel du principe du contradictoire et favorise l\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes. En d\u2019autres termes, chaque partie peut pr\u00e9senter sa cause dans des conditions ne la pla\u00e7ant pas en d\u00e9savantage par rapport \u00e0 la partie adverse.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une \u00e9tude compar\u00e9e sur le principe du contradictoire men\u00e9e par l\u2019Association des Cours constitutionnelles ayant en commun la langue fran\u00e7aise (ACCCLF), il ressort que la communication entre les parties peut se faire \u00e0 l\u2019\u00e9crit si la proc\u00e9dure n\u2019est pas contradictoire ou \u00e0 l\u2019oral si la proc\u00e9dure est contradictoire (ACCCLF, 2018). Il y a \u00e9galement une possibilit\u00e9 de combiner les deux approches. Le principe du contradictoire ne signifie donc pas forc\u00e9ment le d\u00e9bat oral. L\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes permet donc aux parties non seulement de faire valoir leur cause respective devant le juge mais \u00e9galement de le faire selon des proc\u00e9dures garantissant une quasi-\u00e9galit\u00e9 de moyens entre les parties. Toutefois, son application reste soumise \u00e0 des variations notables selon les pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Au S\u00e9n\u00e9gal, la communication des arguments est plus restreinte. Le Conseil constitutionnel statue souvent sur la base d\u2019une proc\u00e9dure essentiellement \u00e9crite et limit\u00e9e en termes d\u2019\u00e9changes contradictoires. En mati\u00e8re \u00e9lectorale et r\u00e9f\u00e9rendaire, la loi donne une possibilit\u00e9 dans le cadre de la contestation des r\u00e9sultats de d\u00e9poser des m\u00e9moires en r\u00e9ponse<a href=\"#_ftn79\" id=\"_ftnref79\"><sup>[79]<\/sup><\/a>. La relativit\u00e9 de la n\u00e9gation du principe du contradictoire se limite \u00e0 poser le principe de production des m\u00e9moires aux institutions sans garantir aux int\u00e9ress\u00e9s un droit d\u2019acc\u00e8s et de r\u00e9ponse. Peut-on avoir un proc\u00e8s constitutionnel \u00e9quitable si les r\u00e8gles fondamentales ne sont pas assur\u00e9es. Comme le rappelle Dominique Rousseau dans une analyse sur le proc\u00e8s constitutionnel et l\u2019application de la question prioritaire de constitutionnalit\u00e9 en France, le proc\u00e8s \u00e9quitable ob\u00e9it \u00e0 trois r\u00e8gles fondamentales : le contradictoire, la publicit\u00e9, l\u2019oralit\u00e9 et le secret des d\u00e9lib\u00e9rations (Rousseau, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e9vident que l\u2019oralit\u00e9 et la publicit\u00e9 ne sont pas appliqu\u00e9es au pr\u00e9toire du juge constitutionnel s\u00e9n\u00e9galais o\u00f9 les audiences ordinaires<a href=\"#_ftn80\" id=\"_ftnref80\"><sup>[80]<\/sup><\/a> sont \u00e0 huis clos et les plaidoiries ne sont pas encore re\u00e7ues. L\u2019\u00e9change des parties n\u2019est que partiellement assur\u00e9 dans le contentieux \u00e9lectoral.<\/p>\n\n\n\n<p>En C\u00f4te d\u2019Ivoire, la communication entre les parties est largement consacr\u00e9e et appliqu\u00e9e. Sur le fondement de l\u2019alin\u00e9a 2 l\u2019article 38 du r\u00e8glement int\u00e9rieur, les r\u00e8gles de communication entre les parties sont institu\u00e9es. Selon cet article, \u00ab&nbsp;le contradictoire consiste en l\u2019\u00e9change d\u2019\u00e9criture et des pi\u00e8ces entre les parties et \u00e9ventuellement lors des d\u00e9bats d\u2019audience&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn81\" id=\"_ftnref81\"><sup>[81]<\/sup><\/a>. Il en r\u00e9sulte qu\u2019une clarification du principe du contradictoire, ainsi que des modalit\u00e9s concr\u00e8tes de sa mise en \u0153uvre \u2013 notamment en ce qui concerne la communication entre les parties \u2013 s\u2019impose. Ces \u00e9changes peuvent rev\u00eatir tant une forme \u00e9crite qu\u2019orale.<\/p>\n\n\n\n<p>La participation aux audiences ordinaires<a href=\"#_ftn82\" id=\"_ftnref82\"><sup>[82]<\/sup><\/a>est garantie aux parties ou leurs repr\u00e9sentants, aux experts et aux avocats qui peuvent participer. Cependant, la participation aux d\u00e9bats est encadr\u00e9e puisque r\u00e9serv\u00e9e aux seuls \u00ab&nbsp;avocats des parties qui peuvent pr\u00e9senter de br\u00e8ves observations orales&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn83\" id=\"_ftnref83\"><sup>[83]<\/sup><\/a> sur autorisation du pr\u00e9sident. La communication entre les parties, telle que pr\u00e9vue par la loi et pratiqu\u00e9e devant le Conseil, constitue une occasion d\u2019exposer clairement les points soulev\u00e9s. Il ressort de cela que les avocats participent, comme dans les autres ordres juridiques, au respect des r\u00e8gles de communication par la production des pi\u00e8ces du dossier.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le droit d&rsquo;acc\u00e8s aux m\u00e9moires et pi\u00e8ces de proc\u00e9dure accord\u00e9 au requ\u00e9rant renforce la transparence du proc\u00e8s. Dans le contentieux \u00e9lectoral, notamment dans la contestation des r\u00e9sultats, le candidat d\u00e9clar\u00e9 perdant de l\u2019\u00e9lection adresse un m\u00e9moire contenant ses moyens et les \u00e9l\u00e9ments de preuve qui les accompagnent. Ensuite, le candidat d\u00e9clar\u00e9 vainqueur est autoris\u00e9 \u00e0 prendre connaissance de ce m\u00e9moire. Il pourra r\u00e9pondre par un m\u00e9moire en d\u00e9fense. Le Conseil met toujours le candidat d\u00e9clar\u00e9 vainqueur en mesure de r\u00e9pondre aux griefs articul\u00e9s par son adversaire (Sanogo, 2024, p. 319). Cette d\u00e9marche favorise l\u2019application de la contradiction. En plus des \u00e9changes d\u2019\u00e9crits, les parties peuvent aussi apporter la preuve de leurs all\u00e9gations conform\u00e9ment \u00e0 la r\u00e8gle de la charge de la preuve qui incombe au demandeur. Si la contradiction est effective dans le contentieux \u00e9lectoral, elle est pratiqu\u00e9e timidement dans le contentieux des normes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Une application timide du principe du contradictoire dans le contentieux des normes<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>La pratique du principe du contradictoire dans le contr\u00f4ledes normesest timide en raison de la nature des contr\u00f4les effectu\u00e9s. Cette faiblesse est relativis\u00e9e par son application dans le contr\u00f4le <em>a posteriori<\/em> et par la pr\u00e9sence discut\u00e9e du principe du contradictoire dans le contr\u00f4le <em>a priori<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Une pr\u00e9sence de la contradiction dans le contr\u00f4le <em>a post\u00e9riori<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><a><\/a>La finalit\u00e9 du contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 des lois est de prot\u00e9ger l\u2019ordre constitutionnel contre toutes normes non conformes au texte fondamental. Cette op\u00e9ration n\u2019est possible que dans le cadre d\u2019un proc\u00e8s en tant que cadre o\u00f9 se d\u00e9roulent l\u2019initiative et l&rsquo;activit\u00e9 des parties (Jean, 2010, p. 70). Dans le contentieux des normes, les raisons pour lesquelles la proc\u00e9dure ne peut \u00eatre v\u00e9ritablement contradictoire sont nombreuses, mais il existe des moyens par lesquels la proc\u00e9dure peut rev\u00eatir certains aspects de la contradiction (Kamto&nbsp;&amp;&nbsp;Matringe, 2024, p. 918).<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>En droit s\u00e9n\u00e9galais, la proc\u00e9dure de l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 permet une certaine application de la contradiction. En raison du caract\u00e8re concret de ce contr\u00f4le, il est possible pour la partie ayant soulev\u00e9 l\u2019exception de produire ses moyens de d\u00e9fense devant le juge de fond qui peuvent \u00eatre pris en compte par le juge constitutionnel. Le juge s\u00e9n\u00e9galais l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 dans l\u2019affaire relative \u00e0 l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 de l\u2019article 344 du Code des douanes transmises par le procureur g\u00e9n\u00e9ral de la Cour supr\u00eame<a href=\"#_ftn84\" id=\"_ftnref84\"><sup>[84]<\/sup><\/a>. En effet, le juge, suite \u00e0 l\u2019examen du dossier, a rappel\u00e9 \u00e0 la cour d\u2019appel \u00ab l\u2019obligation de transmettre au Conseil constitutionnel l\u2019exception soulev\u00e9e qui rel\u00e8ve de sa comp\u00e9tence exclusive \u00bb<a href=\"#_ftn85\" id=\"_ftnref85\"><sup>[85]<\/sup><\/a>. En r\u00e9alit\u00e9, dans l\u2019analyse des faits et de la proc\u00e9dure, le juge a d\u00e9cel\u00e9 les violations de comp\u00e9tence. En effet, il se pose souvent le respect du principe de transmission obligatoire des questions pr\u00e9judicielles par le juge de fond. Le Conseil a toujours rappel\u00e9 sa comp\u00e9tence exclusive en mati\u00e8re de contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 des lois face \u00e0 un \u00ab&nbsp;pouvoir auto proclam\u00e9e&nbsp;d\u2019appr\u00e9ciation de la pertinence de la question de constitutionnalit\u00e9 par les autres ordres juridictionnels<em> \u00bb <\/em>(Diop, 2020, p. 84)<a href=\"#_ftn86\" id=\"_ftnref86\"><sup>[86]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En droit ivoirien, le principe du contradictoire est appliqu\u00e9 dans l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9. En effet, dans plusieurs d\u00e9cisions, il est mentionn\u00e9 l\u2019implication des avocats dans les actes introductifs d\u2019instances et la production des pi\u00e8ces. \u00c0 titre illustratif, dans le cadre d\u2019une exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 soulev\u00e9e, la juridiction a rappel\u00e9 l\u2019implication de l\u2019avocat en ces termes&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Consid\u00e9rant que l\u2019examen du dossier r\u00e9v\u00e8le que l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e au cours de l\u2019audience du 14 avril 2023 qui s\u2019est tenue devant le tribunal criminel de Man, qui, ayant re\u00e7u la demande, a ordonn\u00e9 le sursis \u00e0 statuer et impartit un d\u00e9lai de 15 jours au requ\u00e9rant pour saisir le Conseil constitutionnel en renvoyant la proc\u00e9dure au 02 mai 2023 pour la production par l\u2019avocat, de la preuve de la saisine du Conseil constitutionnel, ainsi que cela r\u00e9sulte de l\u2019attestation du plumitif d\u2019audience produit au dossier<a href=\"#_ftn87\" id=\"_ftnref87\"><sup>[87]<\/sup><\/a><em>.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le juge l\u2019a confirm\u00e9 dans sa d\u00e9cision du 11 mai 2023 relative \u00e0 la requ\u00eate de Monsieur Doua Jean-Luc aux fins de d\u00e9claration d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 de l\u2019article 354 de l\u2019ancien Code p\u00e9nal et de l\u2019article 182 de la loi n\u00b0 2018-975 du 27 d\u00e9cembre 2018 portant Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale. Il expose les lin\u00e9aments du dossier en ces termes&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Consid\u00e9rant, cependant, que l\u2019\u00e9quitabilit\u00e9 du proc\u00e8s n\u2019est nullement rompue par le droit pour le minist\u00e8re public, partie au proc\u00e8s p\u00e9nal, de prendre des r\u00e9quisitions ; Qu\u2019au contraire, il ressort des \u00e9l\u00e9ments de cette cause que l&rsquo;accus\u00e9 a comparu publiquement, assist\u00e9 de son conseil, devant un tribunal r\u00e9guli\u00e8rement compos\u00e9, ou le principe du contradictoire et les r\u00e8gles de proc\u00e9dure sont respect\u00e9s, d\u2019o\u00f9 la pr\u00e9sente saisine<a href=\"#_ftn88\" id=\"_ftnref88\"><sup>[88]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Par cette posture, le juge rappelle l\u2019int\u00e9r\u00eat du principe du contradictoire qui donne aux requ\u00e9rants la possibilit\u00e9 de prendre connaissance des arguments pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l\u2019encontre de leur demande et ainsi de produire des observations en r\u00e9ponse avec l\u2019appui de conseils et d\u2019experts. Il incombe donc \u00e0 la juridiction d\u2019organiser le d\u00e9roulement des diff\u00e9rentes phases du proc\u00e8s. La violation de cette r\u00e8gle est sanctionn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En droit compar\u00e9, la Cour europ\u00e9enne des droits de l&rsquo;homme dans l\u2019arr\u00eat KRCMAR c\/R\u00e9publique tch\u00e8que du 3 mars 2000 a condamn\u00e9 la R\u00e9publique tch\u00e8que pour violation du principe d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des armes, faute d&rsquo;un \u00e9change contradictoire et pour ne pas avoir transmis au requ\u00e9rant des pi\u00e8ces produites au cours de l\u2019instruction sur la question pr\u00e9judicielle examin\u00e9e par la Cour constitutionnelle<a href=\"#_ftn89\" id=\"_ftnref89\"><sup>[89]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette position de la juridiction communautaire europ\u00e9enne n\u2019est pas loin de celle prise par la Cour africaine des droits de l\u2019homme et des peuples (CADHP) dans sa d\u00e9cision APDH c\/ C\u00f4te d\u2019Ivoire en date du 28 septembre 2017 relative \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019article 7 de la Charte africaine des droits de l\u2019homme. La juridiction a conclu que les recours constitutionnels ne sont pas des recours au sens de l\u2019article 7 de la Charte africaine car ne pr\u00e9sentant pas les caract\u00e9ristiques d\u2019un proc\u00e8s \u00e9quitable<a href=\"#_ftn90\" id=\"_ftnref90\"><sup>[90]<\/sup><\/a>. En outre, la communication proc\u00e9durale \u00e9tablie devant le Conseil constitutionnel ivoirien favorise un d\u00e9bat \u00e9quilibr\u00e9 avant la prise de d\u00e9cision.<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, le lien entre l\u2019existence du principe du contradictoire et la qualit\u00e9 des d\u00e9cisions m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulev\u00e9. La pr\u00e9sence du contradictoire peut-elle garantir une qualit\u00e9 des d\u00e9cisions&nbsp;? Une interrogation fondamentale qui met en avant la valeur ajout\u00e9e de la contradiction dans la d\u00e9marche et dans les d\u00e9cisions du juge. M\u00eame s\u2019il faut admettre qu\u2019il n\u2019est pas le seul gage de bonnes d\u00e9cisions. En plus de ce principe, la motivation est essentielle \u00e0 l\u2019\u0153uvre du juge<a href=\"#_ftn91\" id=\"_ftnref91\"><sup>[91]<\/sup><\/a>. Les juridictions constitutionnelles des pays cibl\u00e9s appliquent de fa\u00e7on diff\u00e9renci\u00e9e le principe du contradictoire dans le contr\u00f4le <em>a posteriori<\/em>. Le juge ivoirien semble \u00eatre en avance puisque ses pouvoirs sont fond\u00e9s \u00e0 la fois sur la loi organique et le r\u00e8glement int\u00e9rieur qui lui laissent une marge de progression dans la prise en compte des pr\u00e9tentions des parties, notamment le plaideur. Toutefois, la pratique du principe du contradictoire demeure presque inexistante dans le contr\u00f4le <em>a priori<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Une absence de la contradiction dans le contr\u00f4le <em>a priori<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><a><\/a>La pratique du principe du contradictoire dans le contr\u00f4le pr\u00e9ventif est complexe et souvent m\u00eame inexistante en fonction des pays et des juridictions. Dans une analyse sur <em>Les singularit\u00e9s de la proc\u00e9dure devant le Conseil constitutionnel<\/em> (1996, p. 537), le doyen Vedel mettait en avant les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l\u2019application de la contradiction dans le contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 <em>a priori <\/em>des lois. La difficult\u00e9 majeure soulev\u00e9e est la nature de ce contentieux qui ne milite pas en faveur d\u2019une formalisation de la contradiction. En effet, le contr\u00f4le <em>a priori<\/em> est pr\u00e9ventif<a href=\"#_ftn92\" id=\"_ftnref92\"><sup>[92]<\/sup><\/a>, objectif<a href=\"#_ftn93\" id=\"_ftnref93\"><sup>[93]<\/sup><\/a>et abstrait<a href=\"#_ftn94\" id=\"_ftnref94\"><sup>[94]<\/sup><\/a>. Il en r\u00e9sulte que le contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 des lois effectu\u00e9 par le juge constitutionnel dans cette modalit\u00e9 est un contentieux objectif<a href=\"#_ftn95\" id=\"_ftnref95\"><sup>[95]<\/sup><\/a>o\u00f9 le proc\u00e8s est fait, non \u00e0 une personne, mais \u00e0 la loi.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Il ne s\u2019agit donc pas pour le Conseil de trancher un conflit entre des parties mais plu&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; t\u00f4t de trancher un d\u00e9bat entre la loi et la Constitution ou un d\u00e9bat entre le l\u00e9gislateur et l&rsquo;institution charg\u00e9e du contr\u00f4le de la constitutionnalit\u00e9 (Abadie, 2000, p.&nbsp;673). Le proc\u00e8s constitutionnel, en raison de sa nature, n\u2019est pas con\u00e7u comme une proc\u00e9dure juridictionnelle mais plut\u00f4t l\u00e9gislative. La saisine n\u2019ouvre pas \u00e0 un contentieux elle d\u00e9clenche une proc\u00e9dure qui s\u2019inscrit dans le processus d\u2019\u00e9laboration d\u2019une loi (Vedel, 1996, pp. 59\u201360, cit\u00e9 par Fare, 2020) dans une perspective de r\u00e9duire la p\u00e9riode d\u2019incertitudes des lois adopt\u00e9es par le l\u00e9gislateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment appliquer la contradiction dans un tel proc\u00e8s ? Le principe du contradictoire au sens strict suppose des pr\u00e9tentions souvent oppos\u00e9es devant un juge. En effet, les constituants et les l\u00e9gislateurs organiques en raison de la particularit\u00e9 de ce contr\u00f4le ne laissent souvent pas de place \u00e0 la contradiction. La liste des lois soumises \u00e0 ce contr\u00f4le des personnes habilit\u00e9es \u00e0 effectuer la saisine montre d\u00e8s le d\u00e9part que l\u2019enjeu&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;vis\u00e9 est la protection de la supr\u00e9matie de la Constitution (Diakhat\u00e9, 2021, p. 197).<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>En C\u00f4te d\u2019I&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; voire, la notion de partie est reconnue par les textes dans le cadre du proc\u00e8s constitutionnel o\u00f9 ils ont la possibilit\u00e9 de participer aux d\u00e9bats<a href=\"#_ftn96\" id=\"_ftnref96\"><sup>[96]<\/sup><\/a>. La loi ne donne aucune pr\u00e9cision sur l\u2019occasion de d\u00e9poser des m\u00e9moires dans ce contr\u00f4le pr\u00e9cis. Au S\u00e9n\u00e9gal, la notion de parties est absente des textes. Le l\u00e9gislateur n\u2019\u00e9voque pas les parties mais plut\u00f4t les autorit\u00e9s constitutionnellement habilit\u00e9es \u00e0 intervenir dans le cadre de cette proc\u00e9dure. L\u2019on pourrait peut-\u00eatre assimiler ces saisissants comme des parties \u00ab&nbsp;passives&nbsp;\u00bb au proc\u00e8s, puisque le contr\u00f4le <em>a priori<\/em> s\u2019effectue suivant une d\u00e9marche non contradictoire, donc sans apport consid\u00e9rable des acteurs dans le processus de d\u00e9cision.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>En raison de la nature du contr\u00f4le <em>a priori<\/em> qui est pr\u00e9ventif et objectif, o\u00f9 il \u00ab&nbsp;n&rsquo;y a ni droits subjectifs en cause ni parties&nbsp;\u00bb (Fare, 2020, p. 267) au sens demandeur-d\u00e9fendeur mais plut\u00f4t le couple constituant-l\u00e9gislateur. L\u2019absence et\/ou le silence des parties sont d\u00e9favorables \u00e0 toute id\u00e9e de contradictoire dans le proc\u00e8s constitutionnel. Si les parties sont accept\u00e9es dans le contr\u00f4le <em>a<\/em> <em>posteriori,<\/em> leur pr\u00e9sence est remise en cause dans le contr\u00f4le <em>a priori<\/em>. L\u2019occasion s\u2019y pr\u00eate pour rappeler un d\u00e9bat doctrinal sur l\u2019existence de parties dans le proc\u00e8s constitutionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e8se de l\u2019absence de parties au proc\u00e8s constitutionnel est soutenue par le doyen Vedel. Pour d\u00e9fendre sa position, il opine que \u00ab&nbsp;le gouvernement n\u2019est pas une partie ou intervenant&nbsp;\u00bb et que \u00ab&nbsp;le terme qui rendrait mieux justice \u00e0 sa fonction est celui d\u2019interlocuteur&nbsp;\u00bb (Vedel, 1996, p. 272, cit\u00e9 par Fare, 2020). Il avait r\u00e9fut\u00e9 l\u2019id\u00e9e de \u00ab&nbsp;partie&nbsp;\u00bb devant le Conseil constitutionnel en retenant que le gouvernement ne saurait constituer une partie. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, d\u2019autres auteurs (Schrameck, 1995&nbsp;; 2008), avaient refus\u00e9 de reconna\u00eetre la qualit\u00e9 de partie aux acteurs institutionnels qui interviennent dans le cadre de la proc\u00e9dure. Cette position, bien que justifi\u00e9e, est discut\u00e9e en droit processuel o\u00f9 appara\u00eet une trilogie&nbsp;: litige-juge-partie (Rousseau, 2008, p. 51).<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, le contradictoire entendu comme la possibilit\u00e9 de discuter ses arguments n\u2019est pas op\u00e9rant dans ce contr\u00f4le pr\u00e9cis. Cependant, l\u2019on peut atteindre la finalit\u00e9 de cet exercice \u00e0 travers des techniques am\u00e9nag\u00e9es dans la proc\u00e9dure l\u00e9gislative. Si l\u2019on sait que pour beaucoup de constituants l\u2019initiative de la loi est partag\u00e9e entre l\u2019ex\u00e9cutif et le l\u00e9gislatif. Il serait heureux \u00e0 d\u00e9faut de contradictoire propre d\u2019instituer dans le cadre des \u00e9changes entre le parlement et l\u2019ex\u00e9cutif pour assurer un contr\u00f4le pr\u00e9ventif efficace.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le droit constitutionnel a connu des mutations profondes en th\u00e9orie constitutionnelle et en contentieux constitutionnel. L\u2019on arrive progressivement \u00e0 \u00ab&nbsp;une processualisation du contentieux constitutionnel&nbsp;\u00bb (Djogb\u00e9nou, 2020, p. 195) qui a pour corollaire la mise en place de r\u00e8gles proc\u00e9durales pour garantir un proc\u00e8s \u00e9quitable. Au regard des analyses qui pr\u00e9c\u00e8dent, il ressort que le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel, jadis consid\u00e9r\u00e9 comme une sorte d\u2019abus de langage ou d\u2019arl\u00e9sienne, est une \u00e9volution dans le contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 des lois.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Les l\u00e9gislations des pays \u00e9tudi\u00e9s l\u2019ont organis\u00e9es diff\u00e9remment. En C\u00f4te d\u2019Ivoire, le caract\u00e8re contradictoire de la proc\u00e9dure devant le juge fait l\u2019objet d\u2019une cons\u00e9cration normative diversifi\u00e9e. Le l\u00e9gislateur ivoirien organise le contradictoire selon la nature du contr\u00f4le exerc\u00e9. Au S\u00e9n\u00e9gal, la proc\u00e9dure est encore non contradictoire avec une faible att\u00e9nuation dans le cadre de l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9. Mais ces pays pr\u00e9sentent des similitudes au niveau des r\u00e8gles proc\u00e9durales qui encadrent la mise en \u0153uvre du contradictoire notamment la saisine et les d\u00e9lais.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ception de ce principe fondamental de droit processuel bien que variable ne fait aucun doute. En pratique, il est plus pr\u00e9sent dans le contentieux \u00e9lectoral o\u00f9 des droits subjectifs sont discut\u00e9s. Le contradictoire est \u00e9galement pr\u00e9sent dans le contr\u00f4le de l\u2019exception d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 o\u00f9 le juge semble mener une instruction pouss\u00e9e et re\u00e7oit les observations des parties. Dans le contr\u00f4le <em>a priori<\/em>, la contradiction est obstru\u00e9e d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9adapter ou de r\u00e9am\u00e9nager ce principe \u00e0 ce contr\u00f4le pr\u00e9cis.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>&nbsp;Il ressort \u00e9galement que l\u2019application du principe du contradictoire au proc\u00e8s constitutionnel est perfectible. Les r\u00e8gles processuelles sont des garanties de jurisprudences qualitatives. Tout comme l\u2019existence de jurisprudences qualitatives et quantitatives peut mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve le principe du contradictoire. En plus, l\u2019utilisation du principe du contradictoire favorise non seulement une \u00e9quit\u00e9 dans le proc\u00e8s mais un moyen puissant de l\u00e9gitimation des d\u00e9cisions du juge. D\u00e8s lors, l\u2019\u0153uvre des juges constitutionnels doit s\u2019inscrire dans la perspective de consolider l\u2019apport du contradictoire, de d\u00e9finir son contour dans la pratique, de lui donner une vivacit\u00e9 afin de r\u00e9pondre aux d\u00e9fis li\u00e9s \u00e0 l\u2019exigence d\u2019une justice constitutionnelle contributive \u00e0 la consolidation de l\u2019\u00c9tat de droit.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Cette dynamique ne sera possible que dans une d\u00e9marche collaborative du l\u00e9gislateur et des juges de tous les ordres juridiques. Ce renforcement de la juridictionnalisation fera certainement du principe du contradictoire un imp\u00e9ratif proc\u00e9dural. Le nouveau souffle de la justice constitutionnelle en Afrique de l\u2019Ouest devra se faire avec les r\u00e8gles processuelles clairement \u00e9tablies et suffisamment ancr\u00e9es dans les pratiques des juridictions pour asseoir un droit au juge, le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable dans une logique salvatrice de l\u2019ordre constitutionnel largement \u00e9prouv\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":25261,"template":"","meta":[],"series-categories":[1292],"cat-articles":[1015],"keywords":[1301,1306,1307,1310,1305,1309,1308,1229,1246],"ppma_author":[1300],"class_list":["post-25262","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-10","cat-articles-analyses-critiques","keywords-constitution","keywords-constitutionality-review","keywords-contradictoire","keywords-controle-de-constitutionnalite","keywords-cote-divoire","keywords-juge-constitutionnel","keywords-proces","keywords-senegal","keywords-senegal-2","author-zeinaba-kane"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel\u00a0: \u00e9tude des cas de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et du S\u00e9n\u00e9gal | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-10\/the-adversarial-principle-before-the-constitutional-court-a-case-study-of-cote-divoire-and-senegal\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel\u00a0: \u00e9tude des cas de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et du S\u00e9n\u00e9gal | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction \u00ab&nbsp;Les formalit\u00e9s de la justice sont n\u00e9cessaires \u00e0 la libert\u00e9 \u00bb, \u00e9crivait Montesquieu (1961, p.&nbsp;125). Les r\u00e8gles de proc\u00e9dure apparaissent, en effet, comme des garanties indispensables \u00e0 la pr\u00e9servation de l\u2019ordre juridique. Si tout droit requiert l\u2019existence de juges pour en assurer la protection, toute justice, quant \u00e0 elle, exige une proc\u00e9dure (Caterina, 2002). En ce sens, la maxime latine audi alteram partem[1], \u00e9galement \u00e9nonc\u00e9e sous une forme normative par \u00ab nulle partie ne peut \u00eatre jug\u00e9e sans avoir \u00e9t\u00e9 entendue ou appel\u00e9e[2] \u00bb, s\u2019impose comme un principe fondamental du droit processuel[3]. Il traverse diff\u00e9rents champs disciplinaires[4], dont le contentieux constitutionnel, mobilisant ainsi une partie de la doctrine juridique. Dans un article publi\u00e9 en 1931, Hans Kelsen mettait d\u00e9j\u00e0 en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019organiser le contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 sous la forme d\u2019un \u00ab conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats\u00bb, soulignant que tout proc\u00e8s constitutionnel implique, par essence, une confrontation entre des positions juridiques oppos\u00e9es (Kelsen, 2006). Cette proposition du ma\u00eetre de l\u2019\u00c9cole de Vienne a trouv\u00e9 un \u00e9cho favorable en Afrique de l\u2019Ouest o\u00f9 le contentieux constitutionnel tend \u00e0 int\u00e9grer les principes directeurs du proc\u00e8s \u00e9quitable, \u00e0 la faveur de la juridictionnalisation progressive de l\u2019office du juge constitutionnel. Consid\u00e9r\u00e9es comme une innovation majeure du constitutionnalisme des ann\u00e9es mille neuf cent quatre-vingt-dix (1990)[5] en Afrique, les juridictions constitutionnelles sont devenues, comme le rappelle le professeur Th\u00e9odore Holo, \u00ab&nbsp;la cl\u00e9 de vo\u00fbte de l\u2019\u00e9difice institutionnel dont le socle demeure la juridicisation de la vie politique en vue de restaurer la d\u00e9mocratie et l\u2019\u00c9tat de droit&nbsp;\u00bb (2025). Les constituants ont fait de ces institutions les garants de la supr\u00e9matie de la Constitution, les arbitres du contentieux \u00e9lectoral[6] et de \u00ab&nbsp;v\u00e9ritables r\u00e9gulateurs de l\u2019\u00c9tat&nbsp;\u00bb (Cabanis, 2017). Cette dynamique d\u2019\u00e9mergence progressive de la justice constitutionnelle (voir Holo, 2009) a permis \u00e0 la doctrine de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 leurs activit\u00e9s (voir Mborantsuo, 2007&nbsp;; Narey, 2015), \u00e0 leur composition (A\u00efvo, 2019), \u00e0 leurs statuts (voir Soma, 2014), ainsi qu\u2019\u00e0 leurs r\u00f4les de r\u00e9gulation (Kante, 2008), ou simplement \u00e0 \u00e9valuer leurs actions[7]. Ces int\u00e9r\u00eats constants et renouvel\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019activit\u00e9 des juridictions constitutionnelles ont montr\u00e9 que ces institutions \u00abd\u00e9veloppent une jurisprudence d\u00e9montrant \u00e0 la fois leur capacit\u00e9 d&rsquo;imagination et leur ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit marquant ainsi le passage du formalisme \u00e0 l&rsquo;effectivit\u00e9 d&rsquo;un constitutionnalisme orient\u00e9 vers la d\u00e9mocratie pluraliste et l&rsquo;\u00c9tat de droit&nbsp;\u00bb (Mede, 2008). Cette tendance confirme quela justice constitutionnelle (Massina, 2015) est consubstantielle au constitutionnalisme (voir Holo, 2009, p. 129). Sous ce rapport, le nouvel environnement politique et social, marqu\u00e9 par l\u2019invocation et l\u2019\u00e9vocation fr\u00e9quentes de la Constitution par de nombreux acteurs, fait du pr\u00e9toire du juge constitutionnel un lieu de productionde normes, de r\u00e9gulation des activit\u00e9s des pouvoirs publics et d\u2019arbitrage des conflits et tensions n\u00e9s des \u00e9lections ou des crises politiques. Le juge constitutionnel semble prendre en compte ces mutations dans ses diff\u00e9rentes fonctions, notamment contentieuses. Dans l\u2019exercice de celle-ci, il renforce son pouvoir d\u2019instruction et tente de faire du proc\u00e8s constitutionnel un v\u00e9ritable proc\u00e8s juridique. Ces consid\u00e9rations ont sans doute pouss\u00e9 nombre d\u2019auteurs \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser de pr\u00e8s au proc\u00e8s constitutionnel (Akerekoro, 2013), aux parties au proc\u00e8s constitutionnel (Djogb\u00e9nou, 2020) et m\u00eame les modes de production de la preuve devant le juge constitutionnel (Sanogo, 2024). Ces d\u00e9veloppements font, cependant, l\u2019impasse sur le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel surtout dans sa dimension compar\u00e9e. D\u00e8s lors, une analyse de ce principe s\u2019impose dans un contexte o\u00f9 l\u2019actualisation des r\u00e8gles encadrant le proc\u00e8s \u00e9quitable est attendue, afin d\u2019\u00e9clairer cette \u00ab bo\u00eete noire \u00bb (Carcassonne, 1994)[8]et d\u2019ouvrir les \u00ab portes \u00e9troites \u00bb, pour reprendre l\u2019expression du doyen Vedel (1991) du proc\u00e8s constitutionnel. La r\u00e9flexion sur le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel en C\u00f4te d\u2019Ivoire et au S\u00e9n\u00e9gal semble donc se justifier. L\u2019\u00e9tude n\u2019a pas pour ambition d\u2019esquisser les contours de ce principe fondamental de proc\u00e9dure, mais plut\u00f4t de mettre en exergue sa r\u00e9ception par le juge constitutionnel africain. Elle se veut une contribution sur les \u00e9volutions du contentieux constitutionnel en mettant l\u2019accent sur le d\u00e9roulement du proc\u00e8s et pr\u00e9cis\u00e9ment sur le recours au contradictoire dans le pr\u00e9toire constitutionnel. Ainsi, si l\u2019id\u00e9e de proc\u00e8s et de parties au proc\u00e8s est difficilement concevable en contentieux constitutionnel, il serait encore plus difficile d\u2019admettre le recours au principe du contradictoire (Nonnou, 2020) devant le juge constitutionnel dans les pays concern\u00e9s. Il est d\u2019autant plus complexe au S\u00e9n\u00e9gal o\u00f9 l\u2019on a reproch\u00e9 au juge constitutionnel de d\u00e9velopper une jurisprudence de \u00ab&nbsp;l\u2019incomp\u00e9tence et de l\u2019irrecevabilit\u00e9&nbsp;\u00bb (Ndiaye, 2014, p.&nbsp;49), de faire \u00ab&nbsp;une lecture minimaliste de sa comp\u00e9tence&nbsp;\u00bb (Fall, 2008, p. 13) ou de montrer une \u00ab frilosit\u00e9 habituelle&nbsp;\u00bb (Diakhat\u00e9, 2021, p. 206). Des reproches similaires sont faits \u00e0 son homologue ivoirien qui semble faire \u00ab&nbsp;une interpr\u00e9tation restreinte de ses attributions et produit une jurisprudence peu audacieuse et orient\u00e9e vers la l\u00e9gitimation du pouvoir ex\u00e9cutif et de sa gouvernance\u00bb (Kpri, 2018). \u00c0 partir de ces consid\u00e9rations sur les juges constitutionnels, il peut sembler comme une sorte d\u2019arl\u00e9sienne de parler du principe du contradictoire devant les juridictions cibl\u00e9es. Pourtant, dans la r\u00e9alit\u00e9, les juridictions constitutionnelles appliquent le contradictoire, d\u2019une mani\u00e8re \u00e9volutionnaire[9], en C\u00f4te d\u2019Ivoire, et de fa\u00e7on tout \u00e0 fait subreptice[10], au S\u00e9n\u00e9gal, parce que la proc\u00e9dure y est, en principe, non contradictoire. Il n\u2019est, d\u00e8s lors, pas inutile de rappeler le contenu du principe et surtout de pr\u00e9senter les principales caract\u00e9ristiques de la justice constitutionnelle qui semble avoir une attitude diff\u00e9renci\u00e9e vis-\u00e0-vis de la r\u00e8gle du contradictoire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le contradictoire, faut-il le rappeler, est un principe universel et transversal dans la conscience juridique. Il s\u2019entend comme un \u00ab m\u00e9canisme de d\u00e9couverte de v\u00e9rit\u00e9\u00bb (Motulsky, 1961, p. 175) et par cons\u00e9quent consubstantiel \u00e0 toute proc\u00e9dure. Inh\u00e9rent au proc\u00e8s civil, le contradictoire est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab&nbsp;un principe fondamental de proc\u00e9dure aussi d\u00e9nomm\u00e9 principe de la contradiction, en vertu duquel les parties doivent avoir la possibilit\u00e9 de discuter dans le cadre d\u2019un d\u00e9bat loyal les pr\u00e9tentions et les moyens d\u00e9velopp\u00e9s par les autres parties ou envisag\u00e9s par le juge&nbsp;\u00bb (Cabrillac, 2022, p. 152). D\u2019un point de vue normatif, le principe du contradictoire est largement consacr\u00e9 par les textes relatifs aux\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-10\/the-adversarial-principle-before-the-constitutional-court-a-case-study-of-cote-divoire-and-senegal\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Global Africa\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-04-24T18:09:45+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/koyo-kouoh-curator-of-the-venice-biennale-of-art-has-died.webp\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1280\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"720\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/webp\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" 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Dans un article publi\u00e9 en 1931, Hans Kelsen mettait d\u00e9j\u00e0 en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019organiser le contr\u00f4le de constitutionnalit\u00e9 sous la forme d\u2019un \u00ab conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats\u00bb, soulignant que tout proc\u00e8s constitutionnel implique, par essence, une confrontation entre des positions juridiques oppos\u00e9es (Kelsen, 2006). Cette proposition du ma\u00eetre de l\u2019\u00c9cole de Vienne a trouv\u00e9 un \u00e9cho favorable en Afrique de l\u2019Ouest o\u00f9 le contentieux constitutionnel tend \u00e0 int\u00e9grer les principes directeurs du proc\u00e8s \u00e9quitable, \u00e0 la faveur de la juridictionnalisation progressive de l\u2019office du juge constitutionnel. Consid\u00e9r\u00e9es comme une innovation majeure du constitutionnalisme des ann\u00e9es mille neuf cent quatre-vingt-dix (1990)[5] en Afrique, les juridictions constitutionnelles sont devenues, comme le rappelle le professeur Th\u00e9odore Holo, \u00ab&nbsp;la cl\u00e9 de vo\u00fbte de l\u2019\u00e9difice institutionnel dont le socle demeure la juridicisation de la vie politique en vue de restaurer la d\u00e9mocratie et l\u2019\u00c9tat de droit&nbsp;\u00bb (2025). Les constituants ont fait de ces institutions les garants de la supr\u00e9matie de la Constitution, les arbitres du contentieux \u00e9lectoral[6] et de \u00ab&nbsp;v\u00e9ritables r\u00e9gulateurs de l\u2019\u00c9tat&nbsp;\u00bb (Cabanis, 2017). Cette dynamique d\u2019\u00e9mergence progressive de la justice constitutionnelle (voir Holo, 2009) a permis \u00e0 la doctrine de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 leurs activit\u00e9s (voir Mborantsuo, 2007&nbsp;; Narey, 2015), \u00e0 leur composition (A\u00efvo, 2019), \u00e0 leurs statuts (voir Soma, 2014), ainsi qu\u2019\u00e0 leurs r\u00f4les de r\u00e9gulation (Kante, 2008), ou simplement \u00e0 \u00e9valuer leurs actions[7]. Ces int\u00e9r\u00eats constants et renouvel\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019activit\u00e9 des juridictions constitutionnelles ont montr\u00e9 que ces institutions \u00abd\u00e9veloppent une jurisprudence d\u00e9montrant \u00e0 la fois leur capacit\u00e9 d&rsquo;imagination et leur ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit marquant ainsi le passage du formalisme \u00e0 l&rsquo;effectivit\u00e9 d&rsquo;un constitutionnalisme orient\u00e9 vers la d\u00e9mocratie pluraliste et l&rsquo;\u00c9tat de droit&nbsp;\u00bb (Mede, 2008). Cette tendance confirme quela justice constitutionnelle (Massina, 2015) est consubstantielle au constitutionnalisme (voir Holo, 2009, p. 129). Sous ce rapport, le nouvel environnement politique et social, marqu\u00e9 par l\u2019invocation et l\u2019\u00e9vocation fr\u00e9quentes de la Constitution par de nombreux acteurs, fait du pr\u00e9toire du juge constitutionnel un lieu de productionde normes, de r\u00e9gulation des activit\u00e9s des pouvoirs publics et d\u2019arbitrage des conflits et tensions n\u00e9s des \u00e9lections ou des crises politiques. Le juge constitutionnel semble prendre en compte ces mutations dans ses diff\u00e9rentes fonctions, notamment contentieuses. Dans l\u2019exercice de celle-ci, il renforce son pouvoir d\u2019instruction et tente de faire du proc\u00e8s constitutionnel un v\u00e9ritable proc\u00e8s juridique. Ces consid\u00e9rations ont sans doute pouss\u00e9 nombre d\u2019auteurs \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser de pr\u00e8s au proc\u00e8s constitutionnel (Akerekoro, 2013), aux parties au proc\u00e8s constitutionnel (Djogb\u00e9nou, 2020) et m\u00eame les modes de production de la preuve devant le juge constitutionnel (Sanogo, 2024). Ces d\u00e9veloppements font, cependant, l\u2019impasse sur le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel surtout dans sa dimension compar\u00e9e. D\u00e8s lors, une analyse de ce principe s\u2019impose dans un contexte o\u00f9 l\u2019actualisation des r\u00e8gles encadrant le proc\u00e8s \u00e9quitable est attendue, afin d\u2019\u00e9clairer cette \u00ab bo\u00eete noire \u00bb (Carcassonne, 1994)[8]et d\u2019ouvrir les \u00ab portes \u00e9troites \u00bb, pour reprendre l\u2019expression du doyen Vedel (1991) du proc\u00e8s constitutionnel. La r\u00e9flexion sur le principe du contradictoire devant le juge constitutionnel en C\u00f4te d\u2019Ivoire et au S\u00e9n\u00e9gal semble donc se justifier. L\u2019\u00e9tude n\u2019a pas pour ambition d\u2019esquisser les contours de ce principe fondamental de proc\u00e9dure, mais plut\u00f4t de mettre en exergue sa r\u00e9ception par le juge constitutionnel africain. Elle se veut une contribution sur les \u00e9volutions du contentieux constitutionnel en mettant l\u2019accent sur le d\u00e9roulement du proc\u00e8s et pr\u00e9cis\u00e9ment sur le recours au contradictoire dans le pr\u00e9toire constitutionnel. Ainsi, si l\u2019id\u00e9e de proc\u00e8s et de parties au proc\u00e8s est difficilement concevable en contentieux constitutionnel, il serait encore plus difficile d\u2019admettre le recours au principe du contradictoire (Nonnou, 2020) devant le juge constitutionnel dans les pays concern\u00e9s. Il est d\u2019autant plus complexe au S\u00e9n\u00e9gal o\u00f9 l\u2019on a reproch\u00e9 au juge constitutionnel de d\u00e9velopper une jurisprudence de \u00ab&nbsp;l\u2019incomp\u00e9tence et de l\u2019irrecevabilit\u00e9&nbsp;\u00bb (Ndiaye, 2014, p.&nbsp;49), de faire \u00ab&nbsp;une lecture minimaliste de sa comp\u00e9tence&nbsp;\u00bb (Fall, 2008, p. 13) ou de montrer une \u00ab frilosit\u00e9 habituelle&nbsp;\u00bb (Diakhat\u00e9, 2021, p. 206). Des reproches similaires sont faits \u00e0 son homologue ivoirien qui semble faire \u00ab&nbsp;une interpr\u00e9tation restreinte de ses attributions et produit une jurisprudence peu audacieuse et orient\u00e9e vers la l\u00e9gitimation du pouvoir ex\u00e9cutif et de sa gouvernance\u00bb (Kpri, 2018). \u00c0 partir de ces consid\u00e9rations sur les juges constitutionnels, il peut sembler comme une sorte d\u2019arl\u00e9sienne de parler du principe du contradictoire devant les juridictions cibl\u00e9es. Pourtant, dans la r\u00e9alit\u00e9, les juridictions constitutionnelles appliquent le contradictoire, d\u2019une mani\u00e8re \u00e9volutionnaire[9], en C\u00f4te d\u2019Ivoire, et de fa\u00e7on tout \u00e0 fait subreptice[10], au S\u00e9n\u00e9gal, parce que la proc\u00e9dure y est, en principe, non contradictoire. Il n\u2019est, d\u00e8s lors, pas inutile de rappeler le contenu du principe et surtout de pr\u00e9senter les principales caract\u00e9ristiques de la justice constitutionnelle qui semble avoir une attitude diff\u00e9renci\u00e9e vis-\u00e0-vis de la r\u00e8gle du contradictoire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le contradictoire, faut-il le rappeler, est un principe universel et transversal dans la conscience juridique. Il s\u2019entend comme un \u00ab m\u00e9canisme de d\u00e9couverte de v\u00e9rit\u00e9\u00bb (Motulsky, 1961, p. 175) et par cons\u00e9quent consubstantiel \u00e0 toute proc\u00e9dure. Inh\u00e9rent au proc\u00e8s civil, le contradictoire est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab&nbsp;un principe fondamental de proc\u00e9dure aussi d\u00e9nomm\u00e9 principe de la contradiction, en vertu duquel les parties doivent avoir la possibilit\u00e9 de discuter dans le cadre d\u2019un d\u00e9bat loyal les pr\u00e9tentions et les moyens d\u00e9velopp\u00e9s par les autres parties ou envisag\u00e9s par le juge&nbsp;\u00bb (Cabrillac, 2022, p. 152). D\u2019un point de vue normatif, le principe du contradictoire est largement consacr\u00e9 par les textes relatifs aux","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-10\/the-adversarial-principle-before-the-constitutional-court-a-case-study-of-cote-divoire-and-senegal\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-04-24T18:09:45+00:00","og_image":[{"width":1280,"height":720,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/koyo-kouoh-curator-of-the-venice-biennale-of-art-has-died.webp","type":"image\/webp"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"51 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