{"id":25202,"date":"2025-09-20T01:57:09","date_gmt":"2025-09-20T01:57:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/editorial\/"},"modified":"2026-04-25T23:36:41","modified_gmt":"2026-04-25T23:36:41","slug":"editorial","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/editorial\/","title":{"rendered":"\u00c9ditorial\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p>Avec ce troisi\u00e8me num\u00e9ro <em>varia<\/em>, <em>Global Africa<\/em> poursuit son engagement \u00e0 offrir un espace de d\u00e9bats et d\u2019analyses, consacr\u00e9 \u00e0 la pluralit\u00e9 des approches et des probl\u00e9matiques qui traversent les disciplines scientifiques sur et depuis l\u2019Afrique. Le premier num\u00e9ro <em>varia<\/em> avait pos\u00e9, en effet, les jalons de cette ouverture\u2009; le deuxi\u00e8me avait mis en avant des formes de lutte contre les violences li\u00e9es au genre, en Afrique ; ce nouveau num\u00e9ro vient confirmer le dynamisme des domaines du savoir, en constante \u00e9volution, marqu\u00e9s par la diversit\u00e9 des objets, des terrains et des m\u00e9thodes. Les contributions, rassembl\u00e9es ici, refl\u00e8tent cette dynamique et leur h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 apparente ne doit pas voiler ce qu\u2019elles ont en commun : chacune, \u00e0 sa mani\u00e8re, interpelle une transformation. Cette id\u00e9e de transformation, le passage d\u2019un \u00e9tat \u00e0 un autre, explore des domaines aussi vari\u00e9s que l\u2019urbanisme, la gouvernance, l\u2019\u00e9conomie, la religion ou la participation politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est dans les domaines de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme que les enjeux de la transformation se cristallisent et notamment avec le concept de \u00ab&nbsp;ville intelligente&nbsp;\u00bb. Cette id\u00e9e cherche \u00e0 modifier l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019individu dans la ville. Architectes et urbanistes, \u00e0 travers le monde, proposent constamment des id\u00e9es innovantes, s\u2019ins\u00e9rant dans des projets de modernisation. Par ailleurs, la question de l\u2019inclusion num\u00e9rique appara\u00eet d\u00e9cisive pour l\u2019avenir \u00e9conomique des nations et celui de l\u2019Afrique en particulier\u2009; que peut-on en attendre comme changement\u2009? Parle-t-on d\u2019une r\u00e9elle inclusion ou s\u2019agit-il, une fois de plus, d\u2019un indicateur r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019incapacit\u00e9 des \u00c9tats \u00e0 transformer le potentiel technologique en v\u00e9ritable levier de durabilit\u00e9\u2009? \u00c0 l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 du spectre, le Somaliland incarne la complexit\u00e9 des trajectoires politiques africaines. Cette r\u00e9publique autoproclam\u00e9e interpelle le regard \u00e9tranger \u00e0 bien des \u00e9gards : la volont\u00e9 d\u2019afficher un r\u00e9el revirement d\u00e9mocratique est pr\u00e9sente malgr\u00e9 l\u2019absence de reconnaissance internationale et la pr\u00e9sence de nombreuses tensions intestines. Pour leur part, les savoirs \u00e9conomiques, appliqu\u00e9s \u00e0 la biodiversit\u00e9, connaissent un essor certain, malgr\u00e9 la difficult\u00e9 d\u2019une mise en \u0153uvre. Le changement est observ\u00e9 notamment \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude des dynamiques religieuses. Ces derni\u00e8res, comme structures spirituelles anciennes, influencent encore les \u00e9quilibres sociopolitiques contemporains. Or, \u00e0 l\u2019\u00e8re de la globalisation, se pose la question de leur adaptation et de leur recomposition\u2009; c\u2019est le cas, \u00e0 titre d\u2019exemple, de la confr\u00e9rie soufie <em>Tij\u00e2niyya. <\/em>Enfin, il y a le changement que nous pouvons observer \u00e0 travers la socialisation politique de la jeunesse. Quel mod\u00e8le offrons-nous \u00e0 nos jeunes, \u00e0 travers le monde, comme mod\u00e8le politique\u2009? Quel r\u00f4le joue, par l\u2019instantan\u00e9it\u00e9, les r\u00e9seaux sociaux dans la conscience politique\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce <em>varia<\/em> ouvre le d\u00e9bat avec l\u2019article de Cheikh Ciss\u00e9 qui propose une analyse critique du projet de Diamniadio, embl\u00e8me s\u00e9n\u00e9galais de la \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb. L\u2019auteur montre que ce concept de \u00ab&nbsp;smart city&nbsp;\u00bb, promu par des entreprises technologiques et adopt\u00e9 par de nombreux d\u00e9cideurs africains, oscille entre horizon politique et r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9rationnelle. Diamniadio incarne une ambition nationale&nbsp;: b\u00e2tir une technopole moderne pour d\u00e9congestionner Dakar et attirer investisseurs et institutions internationales. Pourtant, l\u2019\u00e9tude r\u00e9v\u00e8le un d\u00e9calage persistant entre discours et mise en \u0153uvre&nbsp;: retards dans le d\u00e9ploiement num\u00e9rique, insuffisance des infrastructures de base, faible implication citoyenne. La recherche souligne \u00e9galement la d\u00e9pendance du projet aux financements ext\u00e9rieurs, rendant sa viabilit\u00e9 fragile face aux al\u00e9as politiques et \u00e9conomiques. En situant Diamniadio dans le sillage d\u2019autres initiatives africaines (Konza Technopolis, Eko Atlantic City), l\u2019auteur montre que le mod\u00e8le de smart city, souvent pens\u00e9 comme vitrine internationale, tend \u00e0 privil\u00e9gier une client\u00e8le solvable au d\u00e9triment des populations locales. Le cas de Diamniadio invite ainsi \u00e0 repenser la \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb comme un processus hybride et incr\u00e9mental, capable d\u2019articuler innovations technologiques et r\u00e9alit\u00e9s sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article de Kalewongel Minale qui suit, consacr\u00e9 au Somaliland, propose de consid\u00e9rer l\u2019av\u00e8nement d\u2019une exp\u00e9rience d\u00e9mocratique atypique, dans un espace marqu\u00e9 par l\u2019instabilit\u00e9 r\u00e9gionale. Depuis 1991, cette r\u00e9publique autoproclam\u00e9e, bien qu\u2019ignor\u00e9e par la communaut\u00e9 internationale, a consolid\u00e9 des institutions \u00e9lectives relativement fonctionnelles et a connu des alternances pacifiques. L\u2019analyse met en \u00e9vidence l\u2019hybridation entre structures claniques, l\u00e9gitimit\u00e9s coutumi\u00e8res et m\u00e9canismes \u00e9lectoraux, qui fonde la singularit\u00e9 de ce mod\u00e8le. Toutefois, cette trajectoire demeure fragile&nbsp;: l\u2019absence de reconnaissance diplomatique, la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019aide ext\u00e9rieure et les contestations territoriales r\u00e9currentes constituent des facteurs de vuln\u00e9rabilit\u00e9. Plus largement, le cas du Somaliland invite \u00e0 repenser la d\u00e9mocratie non pas comme un id\u00e9al normatif import\u00e9, mais comme un processus endog\u00e8ne, ancr\u00e9 dans des pratiques sociales et culturelles sp\u00e9cifiques. Il contribue ainsi \u00e0 nourrir une r\u00e9flexion plus g\u00e9n\u00e9rale sur les conditions de faisabilit\u00e9 et de durabilit\u00e9 des exp\u00e9riences d\u00e9mocratiques dans le continent africain.<\/p>\n\n\n\n<p>Sign\u00e9 par Titilayo Shakirat Folarori et Temitayo Alice Onifade, le troisi\u00e8me article examine les liens entre inclusion num\u00e9rique et durabilit\u00e9 \u00e9conomique, dans le contexte nig\u00e9rian, o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s aux infrastructures et aux comp\u00e9tences num\u00e9riques demeure fortement in\u00e9gal. En mobilisant une enqu\u00eate empirique aupr\u00e8s d\u2019universitaires, de petites entreprises et de m\u00e9nages ruraux, l\u2019\u00e9tude met en \u00e9vidence le r\u00f4le d\u00e9cisif de trois dimensions&nbsp;: l\u2019entrepreneuriat num\u00e9rique, les services financiers digitaux et l\u2019adoption des technologies. Les r\u00e9sultats montrent que chacune de ces variables exerce un effet significatif sur la capacit\u00e9 du pays \u00e0 construire une \u00e9conomie plus r\u00e9siliente et inclusive. Les auteurs soulignent notamment que le num\u00e9rique favorise la r\u00e9duction des \u00e9carts urbain\u2013rural, en ouvrant des opportunit\u00e9s entrepreneuriales aux populations traditionnellement marginalis\u00e9es. Toutefois, l\u2019analyse rappelle que l\u2019existence d\u2019outils technologiques ne garantit pas leur usage effectif, des obstacles persistants tenant \u00e0 l\u2019accessibilit\u00e9, au co\u00fbt et aux comp\u00e9tences. Ce constat invite \u00e0 d\u00e9passer une approche techniciste de la transformation num\u00e9rique pour int\u00e9grer les enjeux de gouvernance, d\u2019\u00e9ducation et de justice sociale. En ce sens, les auteurs plaident pour une compr\u00e9hension holistique de l\u2019inclusion num\u00e9rique, con\u00e7ue comme levier de durabilit\u00e9 \u00e9conomique mais \u00e9galement de coh\u00e9sion sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Morgane Gonon examine, pour sa part, la mobilisation des savoirs \u00e9conomiques pour orienter l\u2019action internationale en faveur de la biodiversit\u00e9, en prenant pour exemple les m\u00e9thodes de priorisation spatiale. Elle montre que les analyses co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice et co\u00fbt-efficacit\u00e9 favorisent m\u00e9caniquement les zones \u00e9conomiquement moins productives, souvent situ\u00e9es dans les pays du Sud, reproduisant ainsi des in\u00e9galit\u00e9s globales. Ces approches ignorent les d\u00e9terminants \u00e9conomiques de la destruction des habitats naturels et les transformations syst\u00e9miques n\u00e9cessaires pour freiner la perte de biodiversit\u00e9. La restauration y est envisag\u00e9e comme un simple changement d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, valoris\u00e9 par des services \u00e9cosyst\u00e9miques spatialis\u00e9s, au d\u00e9triment de la complexit\u00e9 socio-\u00e9conomique et institutionnelle des territoires. Morgane Gonon soutient que l\u2019\u00e9conomie appliqu\u00e9e \u00e0 la biodiversit\u00e9 devrait int\u00e9grer les dimensions g\u00e9opolitiques, sociales et distributives des politiques environnementales. Elle propose un agenda de recherche centr\u00e9 sur les d\u00e9pendances \u00e9conomiques et les cha\u00eenes de valeur mondiales, afin de soutenir des actions \u00e9cologiques contextualis\u00e9es. Cette approche permettrait de relier efficacit\u00e9 \u00e9conomique et justice environnementale. Elle insiste sur l\u2019importance d\u2019une analyse int\u00e9gr\u00e9e et multiscalaire pour guider l\u2019action. La perspective qu\u2019elle d\u00e9veloppe souligne la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9passer les cadres \u00e9conomiques classiques. L\u2019objectif est de construire des strat\u00e9gies de conservation adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s locales et globales.<\/p>\n\n\n\n<p>Fadel Soubiane Bah&nbsp;explore la <em>Tij\u00e2niyya<\/em>, une confr\u00e9rie soufie pr\u00e9sente au Cameroun depuis le XIX\u1d49&nbsp;si\u00e8cle, et qui illustre comment une institution religieuse peut influencer le d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique local. \u00c0 travers ses r\u00e9seaux communautaires, elle organise la redistribution des ressources, soutient l\u2019\u00e9ducation et favorise l\u2019entrepreneuriat collectif. Son \u00e9thique du travail et sa solidarit\u00e9 interne permettent d\u2019allier spiritualit\u00e9 et initiatives \u00e9conomiques, offrant une alternative aux mod\u00e8les purement \u00e9tatiques ou marchands. L\u2019exp\u00e9rience camerounaise met en lumi\u00e8re le r\u00f4le des pratiques religieuses dans la structuration sociale et la promotion du bien-\u00eatre collectif, tout en posant la question de l\u2019\u00e9quilibre entre int\u00e9r\u00eats individuels et projets communautaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Mouhammad Dieng, Mamadou Aliou Diallo et Mame-Penda Ba proposent une revue de port\u00e9e sur les politiques d\u2019emploi des jeunes au S\u00e9n\u00e9gal entre 1999 et 2024. Leur analyse met en \u00e9vidence trois avanc\u00e9es notables : la cr\u00e9ation d\u2019emplois, l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019employabilit\u00e9 et l\u2019accompagnement des porteurs de projets. Cependant, ils soulignent six limites structurelles majeures : un d\u00e9ficit de communication et de transparence, la faiblesse du suivi-\u00e9valuation, le manque de coordination, des perceptions n\u00e9gatives, la pr\u00e9dominance de mesures conjoncturelles et l\u2019insuffisance de donn\u00e9es fiables ainsi que de ressources. Les auteurs insistent sur le paradoxe d\u2019une croissance \u00e9conomique soutenue mais faiblement cr\u00e9atrice d\u2019emplois durables, et sur l\u2019\u00e9cart entre les ambitions affich\u00e9es et les r\u00e9sultats obtenus. Ils appellent \u00e0 une gouvernance publique repens\u00e9e, fond\u00e9e sur une planification strat\u00e9gique de long terme, une culture de l\u2019\u00e9valuation et une meilleure prise en compte de l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des jeunesses s\u00e9n\u00e9galaises. Une telle refondation permettrait de d\u00e9passer les r\u00e9ponses fragment\u00e9es et conjoncturelles, pour construire des politiques structurelles capables de relier efficacit\u00e9 \u00e9conomique et justice sociale dans la lutte contre le ch\u00f4mage des jeunes.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le dernier article de ce <em>varia<\/em>, des auteurs Prisca H\u00e9l\u00e8ne Assiene Bissossoli et Alain-Patrick Loumou Mondoleba, revient sur la peur et la prudence qui structurent l\u2019engagement politique des jeunes au Cameroun. L\u2019auteur explique que les jeunes se socialisent \u00e0 la peur \u00e0 travers assassinats, arrestations arbitraires et r\u00e9pressions de manifestations. La famille joue un r\u00f4le central, entre soutien et dissuasion, tandis que la socialisation autoritaire et la pr\u00e9carit\u00e9 juridique de l\u2019opposition limitent la participation. Certains surmontent cette peur gr\u00e2ce \u00e0 la solidarit\u00e9 et \u00e0 la d\u00e9termination, rejoignant des id\u00e9aux de justice et de d\u00e9mocratie. Cette formule incarne ainsi d\u00e9sillusion, prudence et engagement militant, r\u00e9v\u00e9lant la complexit\u00e9 de la socialisation politique des jeunes et les effets paradoxaux de la violence sur leurs trajectoires.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9finitive, ce nouveau num\u00e9ro <em>varia<\/em> confirme l\u2019engagement de&nbsp;<em>Global Africa<\/em>&nbsp;\u00e0 explorer les transformations africaines. Les contributions montrent que le changement traverse les dimensions sociale, politique, \u00e9conomique et culturelle. De Diamniadio, la ville intelligente, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience d\u00e9mocratique du Somaliland, les initiatives illustrent la diversit\u00e9 des trajectoires. L\u2019inclusion num\u00e9rique et la gestion de la biodiversit\u00e9 r\u00e9v\u00e8lent l\u2019interaction entre innovation et r\u00e9alit\u00e9s locales. La transformation appara\u00eet comme un processus hybride, combinant adaptation, compromis et recomposition, tel que le montre le cas de la confr\u00e9rie Tij\u00e2niyya. Cette transformation invite \u00e0 d\u00e9passer les mod\u00e8les import\u00e9s pour penser des solutions endog\u00e8nes et progressives. Les \u00e9tudes soulignent l\u2019importance de relier les changements technologiques et \u00e9conomiques \u00e0 la participation citoyenne et \u00e0 la justice sociale.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":25201,"template":"","meta":[],"series-categories":[1144],"cat-articles":[1064],"keywords":[],"ppma_author":[1286],"class_list":["post-25202","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-11","cat-articles-editorial","author-sara-mejdoubi"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>\u00c9ditorial\u00a0 | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/editorial\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"\u00c9ditorial\u00a0 | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Avec ce troisi\u00e8me num\u00e9ro varia, Global Africa poursuit son engagement \u00e0 offrir un espace de d\u00e9bats et d\u2019analyses, consacr\u00e9 \u00e0 la pluralit\u00e9 des approches et des probl\u00e9matiques qui traversent les disciplines scientifiques sur et depuis l\u2019Afrique. Le premier num\u00e9ro varia avait pos\u00e9, en effet, les jalons de cette ouverture\u2009; le deuxi\u00e8me avait mis en avant des formes de lutte contre les violences li\u00e9es au genre, en Afrique ; ce nouveau num\u00e9ro vient confirmer le dynamisme des domaines du savoir, en constante \u00e9volution, marqu\u00e9s par la diversit\u00e9 des objets, des terrains et des m\u00e9thodes. Les contributions, rassembl\u00e9es ici, refl\u00e8tent cette dynamique et leur h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 apparente ne doit pas voiler ce qu\u2019elles ont en commun : chacune, \u00e0 sa mani\u00e8re, interpelle une transformation. Cette id\u00e9e de transformation, le passage d\u2019un \u00e9tat \u00e0 un autre, explore des domaines aussi vari\u00e9s que l\u2019urbanisme, la gouvernance, l\u2019\u00e9conomie, la religion ou la participation politique. Et c\u2019est dans les domaines de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme que les enjeux de la transformation se cristallisent et notamment avec le concept de \u00ab&nbsp;ville intelligente&nbsp;\u00bb. Cette id\u00e9e cherche \u00e0 modifier l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019individu dans la ville. Architectes et urbanistes, \u00e0 travers le monde, proposent constamment des id\u00e9es innovantes, s\u2019ins\u00e9rant dans des projets de modernisation. Par ailleurs, la question de l\u2019inclusion num\u00e9rique appara\u00eet d\u00e9cisive pour l\u2019avenir \u00e9conomique des nations et celui de l\u2019Afrique en particulier\u2009; que peut-on en attendre comme changement\u2009? Parle-t-on d\u2019une r\u00e9elle inclusion ou s\u2019agit-il, une fois de plus, d\u2019un indicateur r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019incapacit\u00e9 des \u00c9tats \u00e0 transformer le potentiel technologique en v\u00e9ritable levier de durabilit\u00e9\u2009? \u00c0 l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 du spectre, le Somaliland incarne la complexit\u00e9 des trajectoires politiques africaines. Cette r\u00e9publique autoproclam\u00e9e interpelle le regard \u00e9tranger \u00e0 bien des \u00e9gards : la volont\u00e9 d\u2019afficher un r\u00e9el revirement d\u00e9mocratique est pr\u00e9sente malgr\u00e9 l\u2019absence de reconnaissance internationale et la pr\u00e9sence de nombreuses tensions intestines. Pour leur part, les savoirs \u00e9conomiques, appliqu\u00e9s \u00e0 la biodiversit\u00e9, connaissent un essor certain, malgr\u00e9 la difficult\u00e9 d\u2019une mise en \u0153uvre. Le changement est observ\u00e9 notamment \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude des dynamiques religieuses. Ces derni\u00e8res, comme structures spirituelles anciennes, influencent encore les \u00e9quilibres sociopolitiques contemporains. Or, \u00e0 l\u2019\u00e8re de la globalisation, se pose la question de leur adaptation et de leur recomposition\u2009; c\u2019est le cas, \u00e0 titre d\u2019exemple, de la confr\u00e9rie soufie Tij\u00e2niyya. Enfin, il y a le changement que nous pouvons observer \u00e0 travers la socialisation politique de la jeunesse. Quel mod\u00e8le offrons-nous \u00e0 nos jeunes, \u00e0 travers le monde, comme mod\u00e8le politique\u2009? Quel r\u00f4le joue, par l\u2019instantan\u00e9it\u00e9, les r\u00e9seaux sociaux dans la conscience politique\u2009? Ce varia ouvre le d\u00e9bat avec l\u2019article de Cheikh Ciss\u00e9 qui propose une analyse critique du projet de Diamniadio, embl\u00e8me s\u00e9n\u00e9galais de la \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb. L\u2019auteur montre que ce concept de \u00ab&nbsp;smart city&nbsp;\u00bb, promu par des entreprises technologiques et adopt\u00e9 par de nombreux d\u00e9cideurs africains, oscille entre horizon politique et r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9rationnelle. Diamniadio incarne une ambition nationale&nbsp;: b\u00e2tir une technopole moderne pour d\u00e9congestionner Dakar et attirer investisseurs et institutions internationales. Pourtant, l\u2019\u00e9tude r\u00e9v\u00e8le un d\u00e9calage persistant entre discours et mise en \u0153uvre&nbsp;: retards dans le d\u00e9ploiement num\u00e9rique, insuffisance des infrastructures de base, faible implication citoyenne. La recherche souligne \u00e9galement la d\u00e9pendance du projet aux financements ext\u00e9rieurs, rendant sa viabilit\u00e9 fragile face aux al\u00e9as politiques et \u00e9conomiques. En situant Diamniadio dans le sillage d\u2019autres initiatives africaines (Konza Technopolis, Eko Atlantic City), l\u2019auteur montre que le mod\u00e8le de smart city, souvent pens\u00e9 comme vitrine internationale, tend \u00e0 privil\u00e9gier une client\u00e8le solvable au d\u00e9triment des populations locales. Le cas de Diamniadio invite ainsi \u00e0 repenser la \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb comme un processus hybride et incr\u00e9mental, capable d\u2019articuler innovations technologiques et r\u00e9alit\u00e9s sociales. L\u2019article de Kalewongel Minale qui suit, consacr\u00e9 au Somaliland, propose de consid\u00e9rer l\u2019av\u00e8nement d\u2019une exp\u00e9rience d\u00e9mocratique atypique, dans un espace marqu\u00e9 par l\u2019instabilit\u00e9 r\u00e9gionale. 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Les r\u00e9sultats montrent que chacune de ces variables exerce un effet significatif sur la capacit\u00e9 du pays \u00e0 construire une \u00e9conomie plus r\u00e9siliente et inclusive. Les auteurs soulignent notamment que le num\u00e9rique favorise la r\u00e9duction des \u00e9carts urbain\u2013rural, en ouvrant des opportunit\u00e9s entrepreneuriales aux populations traditionnellement marginalis\u00e9es. Toutefois, l\u2019analyse rappelle que l\u2019existence d\u2019outils technologiques ne garantit pas leur usage effectif, des obstacles persistants tenant \u00e0 l\u2019accessibilit\u00e9, au co\u00fbt et aux comp\u00e9tences. Ce constat invite \u00e0 d\u00e9passer une approche techniciste de la transformation num\u00e9rique pour int\u00e9grer les enjeux de gouvernance, d\u2019\u00e9ducation et de justice sociale. En ce sens, les auteurs plaident pour une compr\u00e9hension holistique de l\u2019inclusion num\u00e9rique, con\u00e7ue comme levier de durabilit\u00e9 \u00e9conomique mais \u00e9galement de coh\u00e9sion sociale. Morgane Gonon examine, pour sa part, la mobilisation des savoirs \u00e9conomiques pour orienter l\u2019action internationale en faveur de la biodiversit\u00e9, en prenant pour exemple les m\u00e9thodes de priorisation spatiale. Elle montre que les analyses co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice et co\u00fbt-efficacit\u00e9 favorisent m\u00e9caniquement les zones \u00e9conomiquement moins productives, souvent situ\u00e9es dans les pays du Sud, reproduisant ainsi des in\u00e9galit\u00e9s globales. 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Le premier num\u00e9ro varia avait pos\u00e9, en effet, les jalons de cette ouverture\u2009; le deuxi\u00e8me avait mis en avant des formes de lutte contre les violences li\u00e9es au genre, en Afrique ; ce nouveau num\u00e9ro vient confirmer le dynamisme des domaines du savoir, en constante \u00e9volution, marqu\u00e9s par la diversit\u00e9 des objets, des terrains et des m\u00e9thodes. Les contributions, rassembl\u00e9es ici, refl\u00e8tent cette dynamique et leur h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 apparente ne doit pas voiler ce qu\u2019elles ont en commun : chacune, \u00e0 sa mani\u00e8re, interpelle une transformation. Cette id\u00e9e de transformation, le passage d\u2019un \u00e9tat \u00e0 un autre, explore des domaines aussi vari\u00e9s que l\u2019urbanisme, la gouvernance, l\u2019\u00e9conomie, la religion ou la participation politique. Et c\u2019est dans les domaines de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme que les enjeux de la transformation se cristallisent et notamment avec le concept de \u00ab&nbsp;ville intelligente&nbsp;\u00bb. Cette id\u00e9e cherche \u00e0 modifier l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019individu dans la ville. Architectes et urbanistes, \u00e0 travers le monde, proposent constamment des id\u00e9es innovantes, s\u2019ins\u00e9rant dans des projets de modernisation. Par ailleurs, la question de l\u2019inclusion num\u00e9rique appara\u00eet d\u00e9cisive pour l\u2019avenir \u00e9conomique des nations et celui de l\u2019Afrique en particulier\u2009; que peut-on en attendre comme changement\u2009? Parle-t-on d\u2019une r\u00e9elle inclusion ou s\u2019agit-il, une fois de plus, d\u2019un indicateur r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019incapacit\u00e9 des \u00c9tats \u00e0 transformer le potentiel technologique en v\u00e9ritable levier de durabilit\u00e9\u2009? \u00c0 l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 du spectre, le Somaliland incarne la complexit\u00e9 des trajectoires politiques africaines. Cette r\u00e9publique autoproclam\u00e9e interpelle le regard \u00e9tranger \u00e0 bien des \u00e9gards : la volont\u00e9 d\u2019afficher un r\u00e9el revirement d\u00e9mocratique est pr\u00e9sente malgr\u00e9 l\u2019absence de reconnaissance internationale et la pr\u00e9sence de nombreuses tensions intestines. Pour leur part, les savoirs \u00e9conomiques, appliqu\u00e9s \u00e0 la biodiversit\u00e9, connaissent un essor certain, malgr\u00e9 la difficult\u00e9 d\u2019une mise en \u0153uvre. Le changement est observ\u00e9 notamment \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude des dynamiques religieuses. Ces derni\u00e8res, comme structures spirituelles anciennes, influencent encore les \u00e9quilibres sociopolitiques contemporains. Or, \u00e0 l\u2019\u00e8re de la globalisation, se pose la question de leur adaptation et de leur recomposition\u2009; c\u2019est le cas, \u00e0 titre d\u2019exemple, de la confr\u00e9rie soufie Tij\u00e2niyya. Enfin, il y a le changement que nous pouvons observer \u00e0 travers la socialisation politique de la jeunesse. Quel mod\u00e8le offrons-nous \u00e0 nos jeunes, \u00e0 travers le monde, comme mod\u00e8le politique\u2009? Quel r\u00f4le joue, par l\u2019instantan\u00e9it\u00e9, les r\u00e9seaux sociaux dans la conscience politique\u2009? Ce varia ouvre le d\u00e9bat avec l\u2019article de Cheikh Ciss\u00e9 qui propose une analyse critique du projet de Diamniadio, embl\u00e8me s\u00e9n\u00e9galais de la \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb. L\u2019auteur montre que ce concept de \u00ab&nbsp;smart city&nbsp;\u00bb, promu par des entreprises technologiques et adopt\u00e9 par de nombreux d\u00e9cideurs africains, oscille entre horizon politique et r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9rationnelle. Diamniadio incarne une ambition nationale&nbsp;: b\u00e2tir une technopole moderne pour d\u00e9congestionner Dakar et attirer investisseurs et institutions internationales. Pourtant, l\u2019\u00e9tude r\u00e9v\u00e8le un d\u00e9calage persistant entre discours et mise en \u0153uvre&nbsp;: retards dans le d\u00e9ploiement num\u00e9rique, insuffisance des infrastructures de base, faible implication citoyenne. La recherche souligne \u00e9galement la d\u00e9pendance du projet aux financements ext\u00e9rieurs, rendant sa viabilit\u00e9 fragile face aux al\u00e9as politiques et \u00e9conomiques. En situant Diamniadio dans le sillage d\u2019autres initiatives africaines (Konza Technopolis, Eko Atlantic City), l\u2019auteur montre que le mod\u00e8le de smart city, souvent pens\u00e9 comme vitrine internationale, tend \u00e0 privil\u00e9gier une client\u00e8le solvable au d\u00e9triment des populations locales. Le cas de Diamniadio invite ainsi \u00e0 repenser la \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb comme un processus hybride et incr\u00e9mental, capable d\u2019articuler innovations technologiques et r\u00e9alit\u00e9s sociales. L\u2019article de Kalewongel Minale qui suit, consacr\u00e9 au Somaliland, propose de consid\u00e9rer l\u2019av\u00e8nement d\u2019une exp\u00e9rience d\u00e9mocratique atypique, dans un espace marqu\u00e9 par l\u2019instabilit\u00e9 r\u00e9gionale. 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Il contribue ainsi \u00e0 nourrir une r\u00e9flexion plus g\u00e9n\u00e9rale sur les conditions de faisabilit\u00e9 et de durabilit\u00e9 des exp\u00e9riences d\u00e9mocratiques dans le continent africain. Sign\u00e9 par Titilayo Shakirat Folarori et Temitayo Alice Onifade, le troisi\u00e8me article examine les liens entre inclusion num\u00e9rique et durabilit\u00e9 \u00e9conomique, dans le contexte nig\u00e9rian, o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s aux infrastructures et aux comp\u00e9tences num\u00e9riques demeure fortement in\u00e9gal. En mobilisant une enqu\u00eate empirique aupr\u00e8s d\u2019universitaires, de petites entreprises et de m\u00e9nages ruraux, l\u2019\u00e9tude met en \u00e9vidence le r\u00f4le d\u00e9cisif de trois dimensions&nbsp;: l\u2019entrepreneuriat num\u00e9rique, les services financiers digitaux et l\u2019adoption des technologies. 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En ce sens, les auteurs plaident pour une compr\u00e9hension holistique de l\u2019inclusion num\u00e9rique, con\u00e7ue comme levier de durabilit\u00e9 \u00e9conomique mais \u00e9galement de coh\u00e9sion sociale. Morgane Gonon examine, pour sa part, la mobilisation des savoirs \u00e9conomiques pour orienter l\u2019action internationale en faveur de la biodiversit\u00e9, en prenant pour exemple les m\u00e9thodes de priorisation spatiale. Elle montre que les analyses co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice et co\u00fbt-efficacit\u00e9 favorisent m\u00e9caniquement les zones \u00e9conomiquement moins productives, souvent situ\u00e9es dans les pays du Sud, reproduisant ainsi des in\u00e9galit\u00e9s globales. 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