{"id":25139,"date":"2025-09-20T04:22:01","date_gmt":"2025-09-20T04:22:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action\/"},"modified":"2026-04-25T23:47:42","modified_gmt":"2026-04-25T23:47:42","slug":"economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action\/","title":{"rendered":"Quels savoirs \u00e9conomiques pour informer l\u2019action internationale pour la biodiversit\u00e9\u2009? Questionnements \u00e9pist\u00e9mologiques \u00e0 partir de l\u2019exemple de la priorisation spatiale"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les populations de vert\u00e9br\u00e9s sauvages ont d\u00e9clin\u00e9 de 73&nbsp;% entre 1970 et 2020<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, et un million d\u2019esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales sont menac\u00e9es d\u2019extinction (IPBES, 2019). Plus de 35&nbsp;% des milieux humides ont disparu depuis 1970, et la destruction des habitats naturels continue de s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer. En accompagnement des initiatives et cadres internationaux pour la restauration de la biodiversit\u00e9<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>, la recherche en \u00e9conomie identifie les co\u00fbts de la d\u00e9gradation des terres et les b\u00e9n\u00e9fices de la restauration \u00e9cologique (Nkonya et al., 2016&nbsp;; Giger et al., 2018&nbsp;; Mirzabaev &amp; Wuepper, 2023&nbsp;; Bodin et al., 2022), visant \u00e0 la fois \u00e0 d\u00e9montrer le bien-fond\u00e9 \u00e9conomique d\u2019une action \u00e9cologique d\u2019ampleur et \u00e0 organiser sa mise en \u0153uvre. L\u2019\u00e9valuation des b\u00e9n\u00e9fices directs \u2014 en valeur mon\u00e9taire ou biophysique \u2014 et des co\u00fbts directs de la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes entend contribuer au cadre d\u00e9cisionnel par l\u2019analyse co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice, l\u2019analyse co\u00fbt-efficacit\u00e9 et l\u2019\u00e9valuation multicrit\u00e8res<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Un nombre croissant de travaux spatialisent ces analyses spatialis\u00e9es afin d\u2019informer sur la r\u00e9partition g\u00e9ographique de l\u2019effort de restauration de la biodiversit\u00e9 (figures&nbsp;1 et 2). Ces analyses produisent des cartes \u00e0 partir des caract\u00e9ristiques \u00e9cologiques et socio-\u00e9conomiques&nbsp;d\u2019espaces g\u00e9ographiques vari\u00e9s pour prioriser efficacement les actions en faveur de l\u2019environnement. La priorisation g\u00e9ographique est obtenue par la maximisation de rendements biophysiques ou de b\u00e9n\u00e9fices socio-\u00e9conomico-\u00e9cologiques<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> et par la minimisation des co\u00fbts. Cette m\u00e9thode repose sur l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une substituabilit\u00e9, ou du moins d\u2019une comparabilit\u00e9, des actions \u00e9cologiques entre les espaces g\u00e9ographiques, \u00e0 une \u00e9chelle nationale, r\u00e9gionale ou mondiale. Par exemple, Mirzabaev et al. publiaient en 2022 un article empirique \u2014<em> Economic Efficiency and Targeting of the African Great Green Wall<\/em> \u2014 identifiant les zones les plus efficientes \u00e9conomiquement pour la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes de la Grande Muraille verte<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> (figure&nbsp;1). D\u2019autres publications ont utilis\u00e9 ces m\u00e9thodes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale (figure&nbsp;2). En 2020, Strassburg et al. publiaient une carte du monde de sites prioritaires \u00e0 restaurer en optimisant trois crit\u00e8res \u2014 le gain de biodiversit\u00e9, l\u2019att\u00e9nuation du changement climatique et les co\u00fbts \u2014 pour l\u2019ensemble des biomes terrestres et selon 1\u2009200&nbsp;sc\u00e9narios (encadr\u00e9&nbsp;1&nbsp;;&nbsp;figure&nbsp;2&nbsp;a). Autre exemple, l\u2019\u00e9conomiste Jonah Busch et al. publiaient en 2024 une priorisation co\u00fbt-efficacit\u00e9 de deux techniques de restauration \u00e9cologique distinctes \u2014 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle et les plantations d\u2019arbres \u2014 en int\u00e9grant l\u2019utilisation de donn\u00e9es spatialis\u00e9es sur le stockage du carbone dans les sols \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale (figure 2&nbsp;b).<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de ces analyses spatialis\u00e9es pr\u00e9sentent comme efficace la priorisation des pays dits du Sud ou des zones consid\u00e9r\u00e9es comme moins d\u00e9velopp\u00e9es \u00e9conomiquement pour la pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9. Les donn\u00e9es disponibles, leurs p\u00e9rim\u00e8tres, ainsi que les hypoth\u00e8ses interm\u00e9diaires des analyses de priorisation spatiale (encadr\u00e9 1) conduisent m\u00e9caniquement \u00e0 d\u00e9finir une restauration co\u00fbt-efficacit\u00e9 du vivant par la n\u00e9gative de la production de valeur \u00e9conomique. En d\u2019autres termes, ces analyses pr\u00e9sentent comme \u00e9conomiquement rationnelle la conduite d\u2019une politique de restauration de la nature dans les r\u00e9gions o\u00f9 les gains \u00e9conomiques des terres sont les plus faibles.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sente contribution entend d\u2019abord questionner la validit\u00e9 de ces donn\u00e9es et hypoth\u00e8ses pour informer la gouvernance des politiques \u00e9cologiques internationales. La complexit\u00e9 \u00e0 la fois des d\u00e9terminants de la perte de biodiversit\u00e9 et des transformations \u00e0 conduire pour une \u00e9conomie plus respectueuse du vivant appelle une autre articulation des savoirs \u00e9conomiques, aux besoins de la d\u00e9cision publique. Notre contribution discute d\u2019abord les hypoth\u00e8ses et implications des analyses spatialis\u00e9es suivant trois points, d\u00e9taill\u00e9s ci-apr\u00e8s. Nous mettons de c\u00f4t\u00e9 les questions de robustesse des donn\u00e9es (Armsworth, 2014), limites majeures \u00e0 l\u2019applicabilit\u00e9 de ces m\u00e9thodes, mais qui nous semblent d\u00e9couler logiquement des limites plus conceptuelles que nous listons.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord les pr\u00e9conisations concernant les zones \u00e0 pr\u00e9server reconduisent les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques entre espaces. Les donn\u00e9es de co\u00fbts mobilis\u00e9es refl\u00e8tent les \u00e9carts salariaux et de production de valeur ajout\u00e9e. La maximisation des gains ou du rendement \u00e9cologique conduit m\u00e9caniquement \u00e0 des r\u00e9sultats privil\u00e9giant la mise en conservation des zones moins int\u00e9gr\u00e9es aux sph\u00e8res \u00e9conomiques et \u00e0 l\u2019\u00e9change.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8mement, la d\u00e9finition de ce qu\u2019est la restauration \u00e9cologique, le cadre m\u00e9thodologique et les donn\u00e9es consid\u00e9r\u00e9es n\u2019int\u00e8grent pas les causes \u2014 notamment les d\u00e9terminants \u00e9conomiques \u2014 de la destruction des habitats naturels. La d\u00e9finition des co\u00fbts et l\u2019approche localis\u00e9e des analyses spatialis\u00e9es \u2014 au pixel \u2014 ne refl\u00e8tent que partiellement les efforts n\u00e9cessaires pour limiter la d\u00e9gradation de la biodiversit\u00e9, et n\u2019int\u00e8grent pas ces efforts dans une transformation plus profonde du tissu \u00e9conomique et des cha\u00eenes de valeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Troisi\u00e8mement, la pr\u00e9tendue positivit\u00e9 de ces m\u00e9thodes refuse la complexit\u00e9 g\u00e9opolitique et ontologique n\u00e9cessaire pour appr\u00e9hender les compromis \u00e0 mettre en \u0153uvre pour pr\u00e9server le vivant non humain. La restauration ou l\u2019usage des milieux naturels a directement trait \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement d\u2019un territoire, pr\u00e9rogative de souverainet\u00e9, enjeu de luttes et espace de d\u00e9finition des relations entre les soci\u00e9t\u00e9s et leur environnement dans leur pluralit\u00e9. L\u2019analyse \u00e9conomique n\u2019a pas imm\u00e9diatement vocation \u00e0 int\u00e9grer directement ces consid\u00e9rations, mais la question de son articulation avec d\u2019autres savoirs pour informer la r\u00e9partition spatiale de l\u2019action \u00e9cologique doit alors \u00eatre explicitement pos\u00e9e. Si l\u2019information produite par la priorisation spatiale peut sembler utile \u00e0 premi\u00e8re vue, en d\u00e9pit de la non-prise en compte des contextes institutionnels et sociaux, nous d\u00e9fendons au contraire que les notions de co\u00fbts comme de gains ne peuvent \u00eatre comprises hors du contexte dans lequel elles se d\u00e9ploient. Elles s\u2019inscrivent dans une r\u00e9flexion int\u00e9gr\u00e9e et multiscalaire sur le devenir des espaces et leur insertion dans l\u2019\u00e9conomie internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de l\u2019exemple des m\u00e9thodes de priorisation spatiale, la pr\u00e9sente contribution entend ouvrir un questionnement \u00e9pist\u00e9mologique sur la place et les limites de l\u2019analyse technico-\u00e9conomique et instrumentale pour informer l\u2019action \u00e9cologique internationale. L\u2019ampleur et la complexit\u00e9 des transformations syst\u00e9miques \u00e0 mener, l\u2019absence de causalit\u00e9 simple appellent \u00e0 explorer d\u2019autres positionnements \u00e9pist\u00e9miques, outils et m\u00e9thodes. Cette contribution s\u2019appuie sur les trois limites \u00e9voqu\u00e9es pour dessiner les contours d\u2019un autre agenda de recherche en \u00e9conomie sur l\u2019action internationale pour la sauvegarde de la biodiversit\u00e9.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"891\" height=\"482\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-25152\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image.jpg 891w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-300x162.jpg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-768x415.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 891px) 100vw, 891px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure&nbsp;1<\/strong>&nbsp;: Ratio co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice de la restauration des terres sur les onze pays de la Grande Muraille verte.<\/p>\n\n\n\n<p>Note de lecture&nbsp;: La carte pr\u00e9sente les ratios co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice projet\u00e9s des activit\u00e9s futures de restauration des terres d\u00e9grad\u00e9es dans le Sahel entre 2001 et 2018 avec un taux d\u2019actualisation de 10&nbsp;%.<\/p>\n\n\n\n<p>Source&nbsp;: Mirzabaev et al., 2022.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"907\" height=\"512\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-25153\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-1.jpg 907w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-1-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-1-768x434.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 907px) 100vw, 907px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure&nbsp;2<\/strong>&nbsp;: Exemples d\u2019analyses co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice et co\u00fbt-efficacit\u00e9 avec multicrit\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Source : figure&nbsp;2 a: Busch et al., 2024 ; figure 2&nbsp;b : Strassburg et al., 2020.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Efficacit\u00e9 de la restauration \u00e9cologique et \u00e9carts de richesse : quel monde est prot\u00e9g\u00e9\u00a0?<\/h2>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats des analyses spatialis\u00e9es en co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice et co\u00fbt-efficacit\u00e9 priorisent syst\u00e9matiquement les politiques de restauration et de conservation dans les pays dits du Sud quand elles sont conduites \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale (figure&nbsp;2), ou dans les zones les plus pauvres quand les \u00e9chelles sont plus grandes (figure&nbsp;1). Quatre facteurs produisent m\u00e9caniquement ces r\u00e9sultats.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, les co\u00fbts comptables, c\u2019est-\u00e0-dire les d\u00e9penses r\u00e9elles engag\u00e9es, sont significativement moins \u00e9lev\u00e9s dans les pays dits en d\u00e9veloppement que dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s (Bayraktarov, 2016), du fait notamment du diff\u00e9rentiel de co\u00fbt du travail, composante importante des co\u00fbts de mise en \u0153uvre des projets de biodiversit\u00e9 (Giger et al., 2018; Su et al., 2021). Ces co\u00fbts comptables ne sont rien d\u2019autre que les co\u00fbts de production de la restauration \u00e9cologique, avec un \u00e9cart salarial important entre les nations.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, les co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 suivent m\u00e9caniquement la production de richesse. En refl\u00e9tant la perte \u00e9conomique li\u00e9e \u00e0 la mise en \u0153uvre d\u2019une action \u00e9cologique (encadr\u00e9&nbsp;1), ils sont d\u2019autant plus \u00e9lev\u00e9s que l\u2019activit\u00e9 est r\u00e9mun\u00e9ratrice. En d\u2019autres termes, dans le cas de la priorisation spatiale de la restauration \u00e9cologique, les diff\u00e9rentiels de co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 traduisent des \u00e9carts de productivit\u00e9, et de productivit\u00e9 de la terre dans le cas des espaces agricoles (McAfee, 2012). \u00c0 une \u00e9chelle r\u00e9gionale ou mondiale, les gains \u00e9conomiques estim\u00e9s des terres et du travail \u00e9tant plus \u00e9lev\u00e9s dans les pays consid\u00e9r\u00e9s comme plus d\u00e9velopp\u00e9s, les co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 y sont plus \u00e9lev\u00e9s \u00e9galement. La notion de co\u00fbt d\u2019opportunit\u00e9 est int\u00e9ressante en ce qu\u2019elle illustre le fait qu\u2019une protection de la biodiversit\u00e9 passe par le renoncement \u00e0 une forme d\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique\u2009; toutefois, la validit\u00e9 de la comparaison de ces co\u00fbts entre des espaces g\u00e9ographiques diff\u00e9rents soul\u00e8ve d\u2019autres questions.<\/p>\n\n\n\n<p>Troisi\u00e8mement, lorsque la restauration \u00e9cologique est interpr\u00e9t\u00e9e par les \u00e9conomistes comme visant l\u2019augmentation de services \u00e9cosyst\u00e9miques (encadr\u00e9&nbsp;1), les b\u00e9n\u00e9fices socio-\u00e9conomiques sont d\u2019autant plus \u00e9lev\u00e9s que la d\u00e9pendance aux services \u00e9cosyst\u00e9miques des populations est importante<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Or cette d\u00e9pendance \u00e9valu\u00e9e est en moyenne plus importante dans les zones consid\u00e9r\u00e9es comme moins d\u00e9velopp\u00e9es<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> (Whitehorn et al., 2019), du fait du moindre \u00e9quipement en infrastructures, du r\u00f4le imm\u00e9diat jou\u00e9 par les \u00e9cosyst\u00e8mes pour garantir les conditions de survivance, des principaux types d\u2019emplois \u2014 notamment agricoles ou sylvicoles \u2014 dans les zones consid\u00e9r\u00e9es<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les gains \u00e9cologiques potentiels sont plus \u00e9lev\u00e9s, ou au moins plus certains, dans des \u00e9cosyst\u00e8mes moins d\u00e9grad\u00e9s ou int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 des trames de connectivit\u00e9 \u00e9cologique<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. Or les \u00e9cosyst\u00e8mes encore \u00ab\u2009int\u00e8gres\u2009\u00bb se situent principalement dans les espaces consid\u00e9r\u00e9s comme moins d\u00e9velopp\u00e9s \u00e9conomiquement. L\u2019approximation de la restauration par un changement d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me (encadr\u00e9&nbsp;1) et sa valorisation par des services \u00e9cosyst\u00e9miques spatialis\u00e9s ou la capacit\u00e9 de stockage du carbone sont structurellement \u00e0 l\u2019avantage de la restauration en zones foresti\u00e8res. Les zones agricoles ou urbaines, pourtant soumises \u00e0 \u00e9rosion et g\u00e9n\u00e9ratrices de pressions, affichent un co\u00fbt plus important pour un gain \u00e9cologique plus incertain.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, en l\u2019\u00e9tat, la restauration co\u00fbt-efficace du vivant est d\u00e9finie par la n\u00e9gative de la production de valeur \u00e9conomique, notamment par l\u2019interm\u00e9diaire du co\u00fbt d\u2019opportunit\u00e9. M\u00e9caniquement, il est co\u00fbt-efficace de sauvegarder ce qui n\u2019a pas d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit, dans des zones peu anthropis\u00e9es, en maintenant en parall\u00e8le, ou en intensifiant les zones d\u00e9j\u00e0 productives \u00e9conomiquement. Cela traduit \u00e9galement la difficult\u00e9 de la discipline \u00e9conomique \u00e0 saisir les formes int\u00e9gr\u00e9es et multiples d\u2019usage des terres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pr\u00e9conisations politiques que l\u2019on peut d\u00e9duire de ces r\u00e9sultats rejoignent celles de l\u2019approche conservationniste de la biodiversit\u00e9, \u00e9galement appel\u00e9e <em>half-earth<\/em> (Kok, 2022) ou <em>spared land <\/em>(Kremen, 2015), \u00ab\u2009terres s\u00e9par\u00e9es\u2009\u00bb&nbsp;:&nbsp;la promotion de la stricte s\u00e9paration des usages des terres<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>. La minimisation des co\u00fbts am\u00e8ne \u00e0 prioriser l\u2019intensification des zones productives et la mise en conservation ou restauration des agricultures vivri\u00e8res ou familiales (McAfee, 2012). Ces r\u00e9sultats sont devenus recommandations dans certaines publications d\u2019\u00e9conomistes (Bateman &amp; Balmford, 2023). Cette r\u00e9partition efficace reproduit, ou plut\u00f4t se construit en miroir de l\u2019organisation spatiale de la production de valeur ajout\u00e9e. Sa logique propre renforce l\u2019accumulation financi\u00e8re et ent\u00e9rine les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques existantes entre espaces ou entre nations. Les co\u00fbts de mise en \u0153uvre et d\u2019opportunit\u00e9 d\u00e9coulent en r\u00e9alit\u00e9 des prix de march\u00e9 de la terre, du travail et des commodit\u00e9s, et particuli\u00e8rement des commodit\u00e9s destin\u00e9es \u00e0 l\u2019exportation\u2009; ils refl\u00e8tent non seulement les pr\u00e9f\u00e9rences, mais aussi les diff\u00e9rentiels de pouvoir d\u2019achat, les pouvoirs de n\u00e9gociation et la d\u00e9pendance entre les parties (Kvangraven, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Faire advenir cette r\u00e9partition efficace ou optimale encourage une r\u00e9tribution de l\u2019effort de pr\u00e9servation par des zones \u00e9conomiquement plus riches, par exemple via des march\u00e9s de compensation, des garanties ou des paiements pour services \u00e9cosyst\u00e9miques. La logique de s\u00e9paration des espaces productifs et conserv\u00e9s pousse, dans sa mise en \u0153uvre, \u00e0 une mise en d\u00e9pendance des espaces \u00ab\u2009rest\u00e9s\u2009\u00bb naturels, au versement de <em>rente contre le d\u00e9veloppement<\/em> (Karsenty, 2004). Le carbone ou la biodiversit\u00e9 peuvent alors \u00eatre envisag\u00e9s comme des commodit\u00e9s, virtuellement export\u00e9es<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> pour compenser \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire permettre et entretenir \u2014 un processus de production dans les zones d\u00e9j\u00e0 industrialis\u00e9es<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. Les co\u00fbts de production plus faibles d\u2019une unit\u00e9 de biodiversit\u00e9 restaur\u00e9e donnent lieu \u00e0 une forme de plus-value \u00e9cologique capt\u00e9e dans les pays \u00e0 bas salaires. Dans le cas d\u2019un march\u00e9 de compensation, elle est transf\u00e9r\u00e9e via l\u2019\u00e9change international vers les pays davantage industrialis\u00e9s. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, le refus d\u2019une escalade dans la destruction des biotopes conduit \u00e0 figer l\u2019existant, \u00e0 figer une structure hi\u00e9rarchique du d\u00e9veloppement \u00e9conomique en \u00e9change de garanties, nous permettant de faire l\u2019analogie avec la rationalit\u00e9 de la non-prolif\u00e9ration<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>. Ce mod\u00e8le de r\u00e9partition mondiale de l\u2019action \u00e9cologique soul\u00e8ve des interrogations, \u00e0 l\u2019image de Guillaume Blanc (2022) se demandant : \u00ab\u2009Quel monde est prot\u00e9g\u00e9\u2009?\u2009\u00bb par ces pr\u00e9conisations.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les invisibles d\u00e9terminants \u00e9conomiques de la perte de biodiversit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>La sous-repr\u00e9sentation des facteurs de destruction des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels dans les analyses de priorisation spatiale constitue un obstacle \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 informer les politiques \u00e9cologiques. Les estimations de co\u00fbts n\u2019int\u00e8grent pas les d\u00e9terminants de la d\u00e9gradation \u00e9cologique des habitats naturels (Spangenberg, 2007). Le co\u00fbt d\u2019opportunit\u00e9 \u2014 d\u00e9fini par la cessation d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique sur la parcelle consid\u00e9r\u00e9e (encadr\u00e9 1) \u2014 n\u2019est pas suffisant pour rendre compte des changements transformateurs \u00e0 conduire pour enrayer la perte de biodiversit\u00e9, et ce, pour deux raisons&nbsp;: la concentration des analyses et des donn\u00e9es \u00e0 un niveau tr\u00e8s local et l\u2019absence de lien entre le besoin de restauration \u00e9cologique et le syst\u00e8me productif. Cette limite fait \u00e9cho \u00e0 l\u2019approche conservationniste sous-jacente \u2014 la vision terre s\u00e9par\u00e9e ou&nbsp;<em>half-earth<\/em> mentionn\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment \u2014 dont la mise en \u0153uvre ne n\u00e9cessite pas, th\u00e9oriquement, une transformation des syst\u00e8mes productifs ou de consommation au-del\u00e0 de l\u2019intensification<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le calcul des co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 est micro-\u00e9conomique, il v\u00e9hicule l\u2019id\u00e9e que la d\u00e9gradation a lieu \u00ab\u2009\u00e0 la parcelle\u2009\u00bb, localement, et r\u00e9sulte d\u2019un arbitrage entre exploitation et protection de la terre en fonction du b\u00e9n\u00e9fice per\u00e7u. Il s\u2019agirait de renoncer \u00e0 la rente de terre sur la parcelle restaur\u00e9e pour am\u00e9liorer l\u2019\u00e9tat de la biodiversit\u00e9. Les analyses spatialis\u00e9es, en traitant pratiquement<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> ind\u00e9pendamment chaque pixel \u2014 le d\u00e9crivant par un \u00e9cosyst\u00e8me, un type de commodit\u00e9 ou une technique de gestion des ressources, un co\u00fbt associ\u00e9 pr\u00e9d\u00e9fini (encadr\u00e9&nbsp;1) \u2014 ne peuvent fournir une vision dynamique ou transformative plus syst\u00e9matique. Les couches cartographiques r\u00e9alis\u00e9es ne peuvent pas tenir compte de la structure du syst\u00e8me agricole, de sa r\u00e9silience et de sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins domestiques ou \u00e0 l\u2019export. Quelles structures d\u2019emplois, quels r\u00e9gimes alimentaires\u2009? Quelle inflation et quelle d\u00e9pendance&nbsp;en cas de r\u00e9duction de l\u2019agriculture vivri\u00e8re\u2009? Les co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 sont une indication statique, hors de toute trajectoire de d\u00e9veloppement, sans mise en lien avec les besoins nationaux ou les vuln\u00e9rabilit\u00e9s socio-\u00e9conomiques des espaces consid\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs travaux ont pourtant d\u00e9montr\u00e9 la complexit\u00e9 des d\u00e9terminants socio-\u00e9conomiques de l\u2019usage des terres (Lambin &amp; Meyfroidt, 2010&nbsp;; Meyfroidt et al., 2018) et de la perte de biodiversit\u00e9 (Spangenberg, 2007). Des analyses empiriques mettent par exemple en \u00e9vidence les liens entre destruction des \u00e9cosyst\u00e8mes et cha\u00eenes de valeur mondiales et des exportations<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> (Arto et al., 2022&nbsp;; Hoang &amp; Kanemoto, 2021&nbsp;; Mittempergher et al., 2023&nbsp;; Moran &amp; Kanemoto, 2017&nbsp;; Pendrill et al., 2019), et distinguent les pays exportateurs nets ou importateurs nets de biodiversit\u00e9 (Lenzen et al., 2012). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019adossement de la r\u00e9ussite des programmes de conservation aux modalit\u00e9s d\u2019insertion dans le commerce international&nbsp;a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9, par exemple pour le Costa Rica (Jadin et al., 2016). Dans le cas des \u00e9conomies ouvertes et soumises \u00e0 une contrainte forte sur leur balance des paiements&nbsp;\u2014 le cas de la plupart des pays dits en d\u00e9veloppement \u2014 les tendances des march\u00e9s internationaux influencent la production de commodit\u00e9s \u2014 donc l\u2019usage des terres et la biodiversit\u00e9 (Althouse &amp; Svartzman, 2022). Comme pour la transition bas-carbone, enrayer la perte de biodiversit\u00e9 passe par une transformation profonde des cha\u00eenes de valeur, des mod\u00e8les de production et de consommation (Kok, 2022), et des institutions politiques, \u00e9conomiques et financi\u00e8res qui les structurent (Olk, 2024). La profondeur des transformations socio-\u00e9conomiques et institutionnelles \u00e0 conduire, les conflictualit\u00e9s associ\u00e9es, semblent difficilement r\u00e9ductibles \u00e0 une donn\u00e9e de co\u00fbt, m\u00eame un co\u00fbt \u00e9conomique \u00e9tendu dans le cadre de l\u2019\u00e9conomie du bien-\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Complexit\u00e9 ontologique et g\u00e9opolitique de la responsabilit\u00e9 \u00e9cologique<\/h2>\n\n\n\n<p>Coordonner l\u2019action internationale pour la biodiversit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du globe implique des consid\u00e9rations \u00ab\u2009supra-\u00e9conomiques\u2009\u00bb, parmi d\u2019autres, ontologiques et g\u00e9opolitiques. Les analyses \u00e9conomiques sur la priorisation efficace des zones de sauvegarde de la biodiversit\u00e9 reposent sur l\u2019hypoth\u00e8se que ces consid\u00e9rations sont de second ordre. L\u2019efficacit\u00e9 est objectiv\u00e9e, elle d\u00e9termine la meilleure r\u00e9partition possible, qui sera ensuite entach\u00e9e et r\u00e9vis\u00e9e du fait de compromis politiques. Nous d\u00e9fendons qu\u2019une autre articulation des savoirs \u00e9conomiques avec les autres savoirs, ainsi qu\u2019avec un cadre normatif et \u00e9thique pour la protection du vivant, soit possible et souhaitable pour informer ces enjeux de gouvernance complexes.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9finition m\u00eame des co\u00fbts et des gains est subordonn\u00e9e \u00e0 un contexte socio-\u00e9conomique. Leur estimation requiert une compr\u00e9hension fine des liens entre les soci\u00e9t\u00e9s et leur environnement, puis dans une r\u00e9flexion int\u00e9gr\u00e9e, dynamique et multiscalaire sur le devenir des espaces. Des analyses co\u00fbt-efficacit\u00e9, sous des formes plus int\u00e9gr\u00e9es au contexte, au croisement entre analyse institutionnaliste et d\u00e9veloppement d\u2019outils de planification, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de territoires circonscrits peuvent \u00eatre des outils d\u2019aide \u00e0 la n\u00e9gociation (Claron et al., 2022). Mais une d\u00e9termination technico-\u00e9conomique des co\u00fbts et des gains, priv\u00e9e de contenu politique, social et institutionnel par r\u00e9duction de l\u2019information et abstraction des contextes, ne peut informer l\u2019action \u00e9cologique, encore moins \u00e0 une \u00e9chelle internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9partition mondiale de l\u2019action \u00e9cologique et des compromis qui l\u2019accompagnent touche aux diff\u00e9rentes mani\u00e8res d\u2019habiter la terre, \u00e0 la pluralit\u00e9 des liens entre les soci\u00e9t\u00e9s humaines et leurs territoires, et aux interactions entre ces modes d\u2019existence, bien au-del\u00e0 de l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9conomique et \u00e9cologique. Mat\u00e9rialiser, faire advenir la pr\u00e9servation du vivant non humain \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du globe demande de consid\u00e9rer la pluralit\u00e9 des modes de vie, d\u2019organisation et de rapport au vivant. \u00ab\u2009On ne saurait r\u00e9duire la Terre \u00e0 un seul<em> o\u00efkos <\/em>global\u2009\u00bb(Ferdinand, 2022), et donc sa gestion \u00e0 une seule <em>oikonomia, <\/em>un seul r\u00e9gime de r\u00e8gles, \u00e0 une seule conception de l\u2019efficacit\u00e9. Dans cet exemple encore, c\u2019est la capacit\u00e9 du savoir \u00e9conomique \u00e0 la pluralit\u00e9 des contextes<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> qui est en jeu (Alves &amp; Dutt, 2024).<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9partition entre des \u00c9tats ou des entit\u00e9s politiques d\u2019une responsabilit\u00e9 d\u2019action \u00e9cologique est une question g\u00e9opolitique. La protection de la biodiversit\u00e9 a directement trait \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement du territoire, attribut d\u2019une souverainet\u00e9 politique<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> qu\u2019une efficacit\u00e9 \u00e9cologico-\u00e9conomique globalis\u00e9e invisibilise. Les enjeux g\u00e9opolitiques de la protection du vivant incluent des questionnements par nature \u00e9conomiques, comme les enjeux distributifs li\u00e9s \u00e0 l\u2019acc\u00e8s au d\u00e9veloppement, \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 et aux ressources naturelles (Charbonnier, 2024). Concr\u00e8tement, le renoncement \u00e0 une forme de d\u00e9veloppement \u00e9conomique \u2014&nbsp;qu\u2019induirait pour une entit\u00e9 politique, la mise en conservation ou restauration \u00e9cologique de son territoire \u2014&nbsp;peut \u00eatre synonyme de perte actuelle et future d\u2019ind\u00e9pendance et de capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9finir les termes de l\u2019\u00e9change. Le contexte de fragmentation de l\u2019ordre international n\u2019encourage pas \u00e0 d\u00e9l\u00e9guer sa subsistance \u00e9conomique \u00e0 la volont\u00e9 de payer pour l\u2019environnement de puissances occidentales. Cette r\u00e9partition g\u00e9ographique de la responsabilit\u00e9 de l\u2019action \u00e9cologique est, selon nous, un exemple de ce qu\u2019Amartya Sen nomme \u00e0 la fin d\u2019<em>\u00c9thique et \u00e9conomie<\/em>&nbsp;\u00ab\u2009un&nbsp;probl\u00e8me \u00e9thique comportant des aspects m\u00e9caniques et faisant appel \u00e0 des relations \u00e9conomiques\u2009\u00bb (Sen, 2012, p. 83). Par la m\u00eame, ces questionnements dessinent les contours d\u2019un autre r\u00f4le pour la discipline, au service de la d\u00e9finition de cadres multilat\u00e9raux, dont la priorisation des zones \u00e0 pr\u00e9server, au nom d\u2019une r\u00e9partition co\u00fbt-efficacit\u00e9 globale, ne saurait constituer l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 du programme de travail. Face \u00e0 l\u2019ampleur et la complexit\u00e9 des transformations syst\u00e9miques \u00e0 mener, l\u2019absence de causalit\u00e9 simple am\u00e8ne \u00e0 explorer d\u2019autres positionnements, outils et m\u00e9thodes. Si la discipline \u00e9conomique peut accompagner la mise en \u0153uvre de cet agenda international, c\u2019est \u00e0 condition de d\u00e9passer l\u2019optimisation d\u2019un budget \u00e9cologique global et d\u2019informer la dimension distributive des politiques \u00e9cologiques<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> (Myrdal, 1973). Dans une perspective davantage gestionnaire, elle se voit assign\u00e9e \u00e0 un r\u00f4le d\u2019ordre technique, explorant les savoirs et savoir-faire li\u00e9s \u00e0 l\u2019allocation des ressources et \u00e0 la production de biens \u00e9conomiques (Sarr, 2016).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Construire une \u00e9conomie internationale \u00e9cologique dans un monde pluriel\u00a0et fragment\u00e9<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Un autre agenda de recherche en \u00e9conomie pour informer l\u2019action internationale pour la biodiversit\u00e9 pourrait \u00eatre d\u00e9fini ainsi&nbsp;: accepter comme point de d\u00e9part le lien entre insertion dans les cha\u00eenes de valeur mondiales, capacit\u00e9 de subvenir aux besoins, et destruction des milieux naturels, et s\u2019attacher \u00e0 dresser la carte des int\u00e9r\u00eats, concevoir les cons\u00e9quences g\u00e9opolitiques et g\u00e9o-\u00e9conomiques des transformations des syst\u00e8mes de production et de consommation pour les anticiper, et proposer des instruments ou r\u00e9gulations permettant de les amortir, de les distribuer<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>. En d\u2019autres termes, il s\u2019agit de travailler \u00e0 proposer une insertion diff\u00e9rente dans l\u2019\u00e9conomie-monde des diff\u00e9rents espaces \u00e9conomiques, une insertion qui permet et engage une action \u00e9cologique adapt\u00e9e \u00e0 leur contexte, \u00e0 leurs socio-\u00e9cosyst\u00e8mes, et aux vuln\u00e9rabilit\u00e9s socio-\u00e9conomiques auxquelles ils font face. Cet agenda de recherche part du constat du lien \u00e9troit entre les d\u00e9pendances \u00e9conomiques et les conditions de l\u2019action \u00e9cologique&nbsp;: le contr\u00f4le des termes de l\u2019\u00e9change est un pr\u00e9alable, n\u00e9cessaire, bien que non suffisant, \u00e0 la capacit\u00e9 de prendre soin de son propre sol et territoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme exemple de litt\u00e9rature \u2014 en partie empirique \u2014 qui entend informer cette insertion diff\u00e9rente \u00e0 l\u2019\u00e9conomie monde, nous citons les travaux existants sur la transformation de l\u2019architecture financi\u00e8re internationale au nom de la capacit\u00e9 d\u2019action \u00e9cologique des pays, en termes de vuln\u00e9rabilit\u00e9s (Althouse et al., 2025), d\u2019investissement (Gallagher et al., 2023, 2024), et de solvabilit\u00e9 (Volz et al., 2020&nbsp;; Zucker-Marques et al., 2025). La mise en \u00e9vidence des interd\u00e9pendances et des cha\u00eenes de valeur par les analyses entr\u00e9e-sortie, multir\u00e9gion (Oppon et al., 2018), voire multi-\u00e9chelle et multir\u00e9gion (Bachmann et al., 2015) servent \u00e9galement \u00e0 dessiner cette cartographie. D\u2019un point de vue plus normatif, un lien peut \u00eatre tiss\u00e9 avec les travaux sur l\u2019\u00e9conomie des r\u00e9parations (Sylla et al., 2024).<\/p>\n\n\n\n<p>Cet agenda de recherche ne demande pas prioritairement de rendre visibles ou d\u2019int\u00e9grer les dynamiques du vivant non humain, piste g\u00e9n\u00e9ralement envisag\u00e9e pour une refonte ontologique de la discipline face \u00e0 la perte de biodiversit\u00e9. Autrement dit, l\u2019horizon qu\u2019il dessine porte davantage sur les objets classiques de l\u2019\u00e9conomie&nbsp;\u2014 la distribution de la valeur produite et l\u2019acc\u00e8s au d\u00e9veloppement \u2014 en int\u00e9grant les contraintes d\u2019usage des ressources naturelles et d\u2019impact environnemental, que sur l\u2019av\u00e8nement d\u2019une science bio\u00e9conomique (Jean &amp; Mouysset, 2022). Il ne s\u2019agit pas d\u2019inverser l\u2019ordre \u00e9thique et l\u2019ordre \u00e9conomique et de demander \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, comme discipline, d\u2019interpr\u00e9ter les besoins des entit\u00e9s non humaines, m\u00eame si l\u2019\u00e9thique sous-jacente les reconna\u00eet. Cela ne signifie pas pour autant que les transformations \u00e9pist\u00e9mologiques \u00e0 op\u00e9rer, pour r\u00e9articuler la production de savoirs \u00e9conomiques \u00e0 un cadre \u00e9thique et normatif \u00e9cologique, soient moins ambitieuses.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Encadr\u00e9 n\u00b0&nbsp;1&nbsp;: <strong>D\u00e9terminer l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9conomique de la restauration \u00e9cologique des \u00e9cosyst\u00e8mes<\/strong> Le calcul d\u2019une efficacit\u00e9 \u00e9conomique diff\u00e9renci\u00e9e de la restauration d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes entre des espaces g\u00e9ographiques suit sch\u00e9matiquement trois \u00e9tapes&nbsp;: (1) la mesure des co\u00fbts de la restauration&nbsp;; (2) la d\u00e9finition des crit\u00e8res d\u2019efficacit\u00e9 et l\u2019estimation des b\u00e9n\u00e9fices&nbsp;; (3) la valeur actualis\u00e9e nette de la restauration. Cet encadr\u00e9 d\u00e9taille ces \u00e9tapes, sans pr\u00e9tendre couvrir exhaustivement les m\u00e9thodes pr\u00e9sentes dans la litt\u00e9rature. Il est important de comprendre que, dans le cas des analyses spatialis\u00e9es sur lesquelles nous nous concentrons, chaque pixel est g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9 \u00e0 un type d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes que ces \u00e9tapes permettent successivement de caract\u00e9riser par un co\u00fbt, un potentiel \u00e9cologique ou un b\u00e9n\u00e9fice. <strong>\u00c9tape&nbsp;1&nbsp;: Estimation des co\u00fbts de restauration<\/strong> Selon les \u00e9tudes, les co\u00fbts de restauration peuvent int\u00e9grer tout ou partie des co\u00fbts suivants&nbsp;: acquisition, \u00e9tablissement, maintenance, co\u00fbts de transaction et co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 (Iftekhar et al., 2017&nbsp;; Mirzabaev &amp; Wuepper, 2023). Ces co\u00fbts recouvrent \u00e0 la fois des co\u00fbts comptables et \u00e9conomiques ou socio-\u00e9conomiques. Le co\u00fbt comptable correspond \u00e0 l\u2019ensemble des d\u00e9penses r\u00e9elles engag\u00e9es. Le co\u00fbt \u00e9conomique int\u00e8gre les co\u00fbts comptables mais y ajoute des co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 et les co\u00fbts implicites, jusqu\u2019\u00e0 la perte de bien-\u00eatre. Le co\u00fbt \u00e9conomique traduit une vision prospective visant la gestion optimale. Le p\u00e9rim\u00e8tre des co\u00fbts consid\u00e9r\u00e9s traduit des r\u00e9alit\u00e9s diff\u00e9rentes et varie entre les publications. Les co\u00fbts comptables comprennentles co\u00fbts d\u2019acquisition, d\u2019\u00e9tablissement et de maintenance. Les co\u00fbts d\u2019acquisition correspondent aux d\u00e9penses engag\u00e9es pour acqu\u00e9rir des terres en vue de leur conservation ou de leur restauration. Les co\u00fbts d\u2019\u00e9tablissement sont ceux n\u00e9cessaires \u00e0 la mise en \u0153uvre des pratiques et technologies de restauration \u00e9cologique (pr\u00e9paration du site, semis ou plantation). Les co\u00fbts de maintenance d\u00e9signent les d\u00e9penses r\u00e9currentes engag\u00e9es par la suite pour entretenir ces plantations. Entre les co\u00fbts comptables et les co\u00fbts \u00e9conomiques, il y a les co\u00fbts de transaction, qui, en fonction de l\u2019approche th\u00e9orique, peuvent \u00eatre ou non comptabilis\u00e9s (Coggan et al., 2010&nbsp;; Falconer &amp; Saunders, 2002&nbsp;; McCann, 2013&nbsp;; Gonon et al., 2025). Les co\u00fbts de transaction au sens comptable englobent les d\u00e9penses associ\u00e9es \u00e0 l\u2019identification de sites adapt\u00e9s \u00e0 la restauration, \u00e0 la planification, \u00e0 la n\u00e9gociation, \u00e0 l\u2019organisation des programmes. Les co\u00fbts de transaction au sens \u00e9conomique, suivant davantage les travaux de Ronald Coase, concernent les risques inh\u00e9rents \u00e0 la transaction, g\u00eanant ou ralentissant les \u00e9changes sur un march\u00e9. Les co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 correspondent \u00e0 la perte des b\u00e9n\u00e9fices li\u00e9s \u00e0 l\u2019usage ant\u00e9rieur des terres restaur\u00e9es. Par exemple, si un programme de reforestation est mis en \u0153uvre sur des terres agricoles, les revenus agricoles ant\u00e9rieurement g\u00e9n\u00e9r\u00e9s doivent \u00eatre comptabilis\u00e9s comme des co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 dans l\u2019analyse \u00e9conomique. Les co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 peuvent compter jusqu\u2019\u00e0 87&nbsp;% des co\u00fbts totaux dans ces analyses (Strassburg et al., 2020). Les co\u00fbts consid\u00e9r\u00e9s pour la restauration \u00e9cologique varient entre les publications. Certaines analyses comprennent uniquement les co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 (Jakovac et al., 2020), d\u2019autres ne les consid\u00e8rent pas (Bayraktarov et al., 2016). Certains font varier les co\u00fbts en fonction des \u00e9cosyst\u00e8mes ou biomes (Mirzabaev et al., 2022), d\u2019autres selon la m\u00e9thode de restauration (r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration passive, plantation) quels que soient le biome ou l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me concern\u00e9 (Brancalion et al., 2016). Les co\u00fbts associ\u00e9s au travail, au salariat ou \u00e9quivalent sont une part cons\u00e9quente des co\u00fbts d\u2019\u00e9tablissement et de maintenance, mise en \u00e9vidence dans plusieurs m\u00e9ta-analyses (Su et al., 2021&nbsp;; van&nbsp;Kooten et al., 2004). La spatialisation de ces co\u00fbts demande de construire des couches cartographiques \u00e0 partir des donn\u00e9es sur la productivit\u00e9 et les caract\u00e9ristiques \u00e9cologiques. Strassburg et al. (2020) (figure&nbsp;2) mentionnent par exemple dans les annexes de leur \u00e9tude : \u00ab\u2009Nous avons utilis\u00e9 chaque valeur actualis\u00e9e nette [le profit agricole] pour convertir les cartes de la productivit\u00e9 actuelle de chaque culture dans chaque cellule de la grille, de la quantit\u00e9 produite par zone \u00e0 la valeur de production par zone. [\u2026] Nous avons ajout\u00e9 les cartes r\u00e9sultantes pour obtenir la couche des co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 pour l\u2019agriculture<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>.\u00bb <strong>\u00c9tape&nbsp;2 : D\u00e9finition et estimation des b\u00e9n\u00e9fices ou de l\u2019efficacit\u00e9<\/strong> Les b\u00e9n\u00e9fices et co\u00fbts de la d\u00e9gradation<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> sont estim\u00e9s par la somme des variations de la valeur \u00e9conomique totale (VET) qui repr\u00e9sente la somme des services \u00e9cosyst\u00e9miques pris en compte dans l\u2019analyse, sur un intervalle de temps tel que&nbsp;: <img decoding=\"async\" width=\"229\" height=\"56\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/df899411-9ebe-4c5d-8c12-b4b690f36c9f\"> Avec&nbsp;: <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"478\" height=\"20\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/7140735e-ca9d-486e-82c0-920c69cc6d19\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"429\" height=\"20\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/afc692d9-bf27-475f-a549-bad550e2357a\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"182\" height=\"20\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/4add22a8-b101-49e3-858d-f916d369eaf5\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"182\" height=\"20\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/f6778443-73fb-4677-8a50-e400e6fea514\"> &nbsp; Cette \u00e9tape demande donc que chaque unit\u00e9 statistique g\u00e9ographique (pixel) soit identifi\u00e9e par un \u00e9cosyst\u00e8me, et chaque type d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me \u00e0 une VET. Si <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"55\" height=\"20\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/70d20c5d-9fd3-4af7-8449-d850e1cbe271\">&nbsp;alors, il y a eu d\u00e9gradation et le co\u00fbt \u00e9quivaut au diff\u00e9rentiel de VET. \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019augmentation de la VET traduit le gain estim\u00e9 de la restauration. Cela sous-entend que la restauration \u00e9quivaut \u00e0 un changement d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, par exemple l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me&nbsp;1 est une \u00ab\u2009savane arbor\u00e9e\u2009\u00bb et l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me&nbsp;2 une \u00ab\u2009for\u00eat\u2009\u00bb. Le diff\u00e9rentiel de VET est ensuite int\u00e9gr\u00e9 au calcul de b\u00e9n\u00e9fice (\u00e9tape&nbsp;3). La mesure de l\u2019efficacit\u00e9 de la restauration \u00e9cologique fonctionne sur une logique similaire, mais utilise d\u2019autres crit\u00e8res et m\u00e9triques, permettant une information moins agr\u00e9g\u00e9e ou s\u2019interdisant certaines mises en \u00e9quivalence<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>. La restauration \u00e9cologique est r\u00e9guli\u00e8rement associ\u00e9e aux b\u00e9n\u00e9fices en termes de s\u00e9questration de carbone et d\u2019un indice de biodiversit\u00e9 comme, par exemple, le risque d\u2019extinction (UICN). Pour le carbone, une m\u00e9thode classique revient \u00e0 \u00e9chantillonner les cartes des stocks de carbone actuels afin d\u2019obtenir les valeurs moyennes des stocks de carbone de la v\u00e9g\u00e9tation indig\u00e8ne restante, puis d\u2019extrapoler ces valeurs aux zones restaurables de la m\u00eame zone g\u00e9ographique sur la base d\u2019une typologie d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes. Ces estimations de gains sont donc approxim\u00e9es par la typologie (d\u2019un type d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me \u00e0 un autre), non par la dynamique \u00e9cologique des \u00e9cosyst\u00e8mes consid\u00e9r\u00e9s. En d\u2019autres termes, \u00e0 chaque type d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me correspond un potentiel de s\u00e9questration, et la restauration \u00e9quivaut \u00e0 un changement de type d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me. Les indicateurs de gains de biodiversit\u00e9 sont multiples. Par exemple, dans Strassburg et al. (2020), les donn\u00e9es de la liste rouge de l\u2019UICN sur les plages d\u2019altitude et les pr\u00e9f\u00e9rences d\u2019habitat de chaque esp\u00e8ce menac\u00e9e d\u2019extinction sont reclass\u00e9es pour correspondre \u00e0 une typologie simplifi\u00e9e d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes (qui d\u00e9termine \u00e9galement les gains en carbone et les co\u00fbts). Pour estimer les b\u00e9n\u00e9fices potentiels de la restauration pour la biodiversit\u00e9, la r\u00e9duction du risque d\u2019extinction de chaque esp\u00e8ce est quantifi\u00e9e par l\u2019augmentation de sa surface d\u2019habitat, c\u2019est-\u00e0-dire une augmentation du nombre de pixels associ\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me concern\u00e9. <strong>\u00c9tape 3 : \u00c9valuation de l<\/strong>\u2019<strong>efficacit\u00e9 de la restauration par sc\u00e9nario<\/strong> Le b\u00e9n\u00e9fice de la restauration s\u2019obtient par la valeur actualis\u00e9e nette (\u03c0\u1d62\u209c) de la restauration des terres \u00e0 l\u2019ann\u00e9e t sur l\u2019horizon de planification T de l\u2019utilisateur des terres. <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"250\" height=\"55\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/c629393a-59d5-45d5-b0c6-18a3437c45d4\"> Avec <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"25\" height=\"20\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/7a632f01-3cbe-4b6b-bcd1-429a9198eebe\">&nbsp;1 + r , r \u00e9tant le taux d\u2019actualisation de l\u2019utilisateur des terres\u2009; Y\u1d62\u209c la production de services \u00e9cosyst\u00e9miques d\u2019usage direct apr\u00e8s restauration des terres (nourriture, fourrage, bois, produits forestiers non ligneux, etc.), ces services \u00e9cosyst\u00e9miques peuvent inclure des dimensions culturelles ou patrimoniales en fonction des analyses\u2009; P le prix unitaire de Y\u1d62\u209c\u2009; IV\u1d62\u209c la valeur des services \u00e9cosyst\u00e9miques d\u2019usage indirect (par exemple, la s\u00e9questration du carbone)\u2009; lm\u1d62\u209c les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 la restauration des terres\u2009; c\u1d62\u209c les co\u00fbts directs de production. L\u2019exposant i renvoie au biome restaur\u00e9. Des sc\u00e9narios permettent de faire varier le taux d\u2019actualisation et les horizons temporels pour correspondre aux choix et priorit\u00e9s des d\u00e9cideurs. La diff\u00e9rence par rapport \u00e0 <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"17\" height=\"21\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/64f786ac-54ae-41e5-9743-a333f0513249\">&nbsp;sans restauration donne le b\u00e9n\u00e9fice net de l\u2019action de restauration. L\u2019optimisation multicrit\u00e8res peut se faire de plusieurs mani\u00e8res. Dans Strassburg et al. (2020) la proportion d\u2019un type d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me \u00e0 restaurer dans chaque unit\u00e9 de planification (i) est d\u00e9termin\u00e9e afin de maximiser les b\u00e9n\u00e9fices (en mati\u00e8re de biodiversit\u00e9 ou d\u2019att\u00e9nuation du changement climatique) ou de minimiser les co\u00fbts (co\u00fbts d\u2019opportunit\u00e9 et de restauration). <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"253\" height=\"56\" src=\"blob:https:\/\/www.globalafricasciences.org\/bd335c5a-a1b1-4228-8080-b727197f4e0e\"> avec&nbsp;: &nbsp;x\u1d62 \u2208 [0, u\u1d62]&nbsp;: proportion de l\u2019unit\u00e9 i \u00e0 restaurer &nbsp;b\u1d62&nbsp;: b\u00e9n\u00e9fice en biodiversit\u00e9 (par $\/km\u00b2) &nbsp;s\u1d62&nbsp;: b\u00e9n\u00e9fice en carbone (tonnes par $\/km\u00b2) &nbsp;c\u1d62&nbsp;: co\u00fbt total (opportunit\u00e9 + restauration) pour l\u2019unit\u00e9 i (en $\/km\u00b2) &nbsp;w<sub>b<\/sub>, w<sub>s<\/sub>&nbsp;: poids attribu\u00e9s \u00e0 la biodiversit\u00e9 et au climat &nbsp;np&nbsp;: nombre total d\u2019unit\u00e9s de planification La fonction objective est contrainte par une surface maximale \u00e0 restaurer et par une contrainte de restaurabilit\u00e9 par unit\u00e9&nbsp;0 \u2264 x\u1d62 \u2264 u\u1d62 \u2200 i, avec u\u1d62 la proportion maximale de l\u2019unit\u00e9 i pouvant \u00eatre restaur\u00e9e (par exemple en cas de zone urbaine).<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Remerciements\u00a0<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019auteure remercie Felwine Sarr et l\u2019\u00e9quipe de <em>Global Africa<\/em>, ainsi que Pierre Charbonnier, Hugo Mosneron Dupin, Harold Levrel, Yann Kervinio et Antoine Godin pour leurs commentaires. Le manuscrit est de la responsabilit\u00e9 de l\u2019auteure.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":25138,"template":"","meta":[],"series-categories":[1144],"cat-articles":[1015],"keywords":[1266,1265,1263,1268,1269,1267,1264],"ppma_author":[1259],"class_list":["post-25139","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-11","cat-articles-analyses-critiques","keywords-analyse-spatiale","keywords-biodiversite","keywords-biodiversity","keywords-cout-benefice","keywords-cout-efficacite","keywords-economie-internationale","keywords-international-governance","author-morgane-gonon"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Quels savoirs \u00e9conomiques pour informer l\u2019action internationale pour la biodiversit\u00e9\u2009? Questionnements \u00e9pist\u00e9mologiques \u00e0 partir de l\u2019exemple de la priorisation spatiale | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Quels savoirs \u00e9conomiques pour informer l\u2019action internationale pour la biodiversit\u00e9\u2009? Questionnements \u00e9pist\u00e9mologiques \u00e0 partir de l\u2019exemple de la priorisation spatiale | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Les populations de vert\u00e9br\u00e9s sauvages ont d\u00e9clin\u00e9 de 73&nbsp;% entre 1970 et 2020[1], et un million d\u2019esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales sont menac\u00e9es d\u2019extinction (IPBES, 2019). Plus de 35&nbsp;% des milieux humides ont disparu depuis 1970, et la destruction des habitats naturels continue de s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer. En accompagnement des initiatives et cadres internationaux pour la restauration de la biodiversit\u00e9[2], la recherche en \u00e9conomie identifie les co\u00fbts de la d\u00e9gradation des terres et les b\u00e9n\u00e9fices de la restauration \u00e9cologique (Nkonya et al., 2016&nbsp;; Giger et al., 2018&nbsp;; Mirzabaev &amp; Wuepper, 2023&nbsp;; Bodin et al., 2022), visant \u00e0 la fois \u00e0 d\u00e9montrer le bien-fond\u00e9 \u00e9conomique d\u2019une action \u00e9cologique d\u2019ampleur et \u00e0 organiser sa mise en \u0153uvre. L\u2019\u00e9valuation des b\u00e9n\u00e9fices directs \u2014 en valeur mon\u00e9taire ou biophysique \u2014 et des co\u00fbts directs de la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes entend contribuer au cadre d\u00e9cisionnel par l\u2019analyse co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice, l\u2019analyse co\u00fbt-efficacit\u00e9 et l\u2019\u00e9valuation multicrit\u00e8res[3]. Un nombre croissant de travaux spatialisent ces analyses spatialis\u00e9es afin d\u2019informer sur la r\u00e9partition g\u00e9ographique de l\u2019effort de restauration de la biodiversit\u00e9 (figures&nbsp;1 et 2). Ces analyses produisent des cartes \u00e0 partir des caract\u00e9ristiques \u00e9cologiques et socio-\u00e9conomiques&nbsp;d\u2019espaces g\u00e9ographiques vari\u00e9s pour prioriser efficacement les actions en faveur de l\u2019environnement. La priorisation g\u00e9ographique est obtenue par la maximisation de rendements biophysiques ou de b\u00e9n\u00e9fices socio-\u00e9conomico-\u00e9cologiques[4] et par la minimisation des co\u00fbts. Cette m\u00e9thode repose sur l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une substituabilit\u00e9, ou du moins d\u2019une comparabilit\u00e9, des actions \u00e9cologiques entre les espaces g\u00e9ographiques, \u00e0 une \u00e9chelle nationale, r\u00e9gionale ou mondiale. Par exemple, Mirzabaev et al. publiaient en 2022 un article empirique \u2014 Economic Efficiency and Targeting of the African Great Green Wall \u2014 identifiant les zones les plus efficientes \u00e9conomiquement pour la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes de la Grande Muraille verte[5] (figure&nbsp;1). D\u2019autres publications ont utilis\u00e9 ces m\u00e9thodes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale (figure&nbsp;2). En 2020, Strassburg et al. publiaient une carte du monde de sites prioritaires \u00e0 restaurer en optimisant trois crit\u00e8res \u2014 le gain de biodiversit\u00e9, l\u2019att\u00e9nuation du changement climatique et les co\u00fbts \u2014 pour l\u2019ensemble des biomes terrestres et selon 1\u2009200&nbsp;sc\u00e9narios (encadr\u00e9&nbsp;1&nbsp;;&nbsp;figure&nbsp;2&nbsp;a). Autre exemple, l\u2019\u00e9conomiste Jonah Busch et al. publiaient en 2024 une priorisation co\u00fbt-efficacit\u00e9 de deux techniques de restauration \u00e9cologique distinctes \u2014 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle et les plantations d\u2019arbres \u2014 en int\u00e9grant l\u2019utilisation de donn\u00e9es spatialis\u00e9es sur le stockage du carbone dans les sols \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale (figure 2&nbsp;b). Les r\u00e9sultats de ces analyses spatialis\u00e9es pr\u00e9sentent comme efficace la priorisation des pays dits du Sud ou des zones consid\u00e9r\u00e9es comme moins d\u00e9velopp\u00e9es \u00e9conomiquement pour la pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9. Les donn\u00e9es disponibles, leurs p\u00e9rim\u00e8tres, ainsi que les hypoth\u00e8ses interm\u00e9diaires des analyses de priorisation spatiale (encadr\u00e9 1) conduisent m\u00e9caniquement \u00e0 d\u00e9finir une restauration co\u00fbt-efficacit\u00e9 du vivant par la n\u00e9gative de la production de valeur \u00e9conomique. En d\u2019autres termes, ces analyses pr\u00e9sentent comme \u00e9conomiquement rationnelle la conduite d\u2019une politique de restauration de la nature dans les r\u00e9gions o\u00f9 les gains \u00e9conomiques des terres sont les plus faibles. La pr\u00e9sente contribution entend d\u2019abord questionner la validit\u00e9 de ces donn\u00e9es et hypoth\u00e8ses pour informer la gouvernance des politiques \u00e9cologiques internationales. La complexit\u00e9 \u00e0 la fois des d\u00e9terminants de la perte de biodiversit\u00e9 et des transformations \u00e0 conduire pour une \u00e9conomie plus respectueuse du vivant appelle une autre articulation des savoirs \u00e9conomiques, aux besoins de la d\u00e9cision publique. Notre contribution discute d\u2019abord les hypoth\u00e8ses et implications des analyses spatialis\u00e9es suivant trois points, d\u00e9taill\u00e9s ci-apr\u00e8s. Nous mettons de c\u00f4t\u00e9 les questions de robustesse des donn\u00e9es (Armsworth, 2014), limites majeures \u00e0 l\u2019applicabilit\u00e9 de ces m\u00e9thodes, mais qui nous semblent d\u00e9couler logiquement des limites plus conceptuelles que nous listons. D\u2019abord les pr\u00e9conisations concernant les zones \u00e0 pr\u00e9server reconduisent les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques entre espaces. Les donn\u00e9es de co\u00fbts mobilis\u00e9es refl\u00e8tent les \u00e9carts salariaux et de production de valeur ajout\u00e9e. La maximisation des gains ou du rendement \u00e9cologique conduit m\u00e9caniquement \u00e0 des r\u00e9sultats privil\u00e9giant la mise en conservation des zones moins int\u00e9gr\u00e9es aux sph\u00e8res \u00e9conomiques et \u00e0 l\u2019\u00e9change. Deuxi\u00e8mement, la d\u00e9finition de ce qu\u2019est la restauration \u00e9cologique, le cadre m\u00e9thodologique et les donn\u00e9es consid\u00e9r\u00e9es n\u2019int\u00e8grent pas les causes \u2014 notamment les d\u00e9terminants \u00e9conomiques \u2014 de la destruction des habitats naturels. La d\u00e9finition des co\u00fbts et l\u2019approche localis\u00e9e des analyses spatialis\u00e9es \u2014 au pixel \u2014 ne refl\u00e8tent que partiellement les efforts n\u00e9cessaires pour limiter la d\u00e9gradation de la biodiversit\u00e9, et n\u2019int\u00e8grent pas ces efforts dans une transformation plus profonde du tissu \u00e9conomique et des cha\u00eenes de valeur. Troisi\u00e8mement, la pr\u00e9tendue positivit\u00e9 de ces m\u00e9thodes refuse la complexit\u00e9 g\u00e9opolitique et ontologique n\u00e9cessaire pour appr\u00e9hender les compromis \u00e0 mettre en \u0153uvre pour pr\u00e9server le vivant non humain. La restauration ou l\u2019usage des milieux naturels a directement trait \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement d\u2019un territoire, pr\u00e9rogative de souverainet\u00e9, enjeu de luttes et espace de d\u00e9finition des relations entre les soci\u00e9t\u00e9s et leur environnement dans leur pluralit\u00e9. L\u2019analyse \u00e9conomique n\u2019a pas imm\u00e9diatement vocation \u00e0 int\u00e9grer directement ces consid\u00e9rations, mais la question de son articulation avec d\u2019autres savoirs pour informer la r\u00e9partition spatiale de l\u2019action \u00e9cologique doit alors \u00eatre explicitement pos\u00e9e. Si l\u2019information produite par la priorisation spatiale peut sembler utile \u00e0 premi\u00e8re vue, en d\u00e9pit de la non-prise en compte des contextes institutionnels et sociaux, nous d\u00e9fendons au contraire que les notions de co\u00fbts comme de gains ne peuvent \u00eatre comprises hors du contexte dans lequel elles se d\u00e9ploient. Elles s\u2019inscrivent dans une r\u00e9flexion int\u00e9gr\u00e9e et multiscalaire sur le devenir des espaces et leur insertion dans l\u2019\u00e9conomie internationale. \u00c0 partir de l\u2019exemple des m\u00e9thodes de priorisation spatiale, la pr\u00e9sente contribution entend ouvrir un questionnement \u00e9pist\u00e9mologique sur la place et les limites de l\u2019analyse technico-\u00e9conomique et instrumentale pour informer l\u2019action \u00e9cologique internationale. L\u2019ampleur et la complexit\u00e9 des transformations syst\u00e9miques \u00e0 mener, l\u2019absence de causalit\u00e9 simple appellent \u00e0 explorer d\u2019autres positionnements \u00e9pist\u00e9miques, outils et m\u00e9thodes. Cette contribution s\u2019appuie sur les trois limites \u00e9voqu\u00e9es pour dessiner les contours d\u2019un autre agenda de recherche en \u00e9conomie sur l\u2019action internationale pour la sauvegarde de la biodiversit\u00e9. Figure&nbsp;1&nbsp;: Ratio co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice de la restauration des terres sur les onze pays de la Grande Muraille verte. Note de lecture&nbsp;: La carte pr\u00e9sente les ratios co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice projet\u00e9s des activit\u00e9s futures de restauration des terres\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Global Africa\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-04-25T23:47:42+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/festi-asque-2025-19_54697849781_o-Grande.jpeg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1280\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"853\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"25 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action\\\/\",\"name\":\"Quels savoirs \u00e9conomiques pour informer l\u2019action internationale pour la biodiversit\u00e9\u2009? 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En accompagnement des initiatives et cadres internationaux pour la restauration de la biodiversit\u00e9[2], la recherche en \u00e9conomie identifie les co\u00fbts de la d\u00e9gradation des terres et les b\u00e9n\u00e9fices de la restauration \u00e9cologique (Nkonya et al., 2016&nbsp;; Giger et al., 2018&nbsp;; Mirzabaev &amp; Wuepper, 2023&nbsp;; Bodin et al., 2022), visant \u00e0 la fois \u00e0 d\u00e9montrer le bien-fond\u00e9 \u00e9conomique d\u2019une action \u00e9cologique d\u2019ampleur et \u00e0 organiser sa mise en \u0153uvre. L\u2019\u00e9valuation des b\u00e9n\u00e9fices directs \u2014 en valeur mon\u00e9taire ou biophysique \u2014 et des co\u00fbts directs de la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes entend contribuer au cadre d\u00e9cisionnel par l\u2019analyse co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice, l\u2019analyse co\u00fbt-efficacit\u00e9 et l\u2019\u00e9valuation multicrit\u00e8res[3]. 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Les donn\u00e9es disponibles, leurs p\u00e9rim\u00e8tres, ainsi que les hypoth\u00e8ses interm\u00e9diaires des analyses de priorisation spatiale (encadr\u00e9 1) conduisent m\u00e9caniquement \u00e0 d\u00e9finir une restauration co\u00fbt-efficacit\u00e9 du vivant par la n\u00e9gative de la production de valeur \u00e9conomique. En d\u2019autres termes, ces analyses pr\u00e9sentent comme \u00e9conomiquement rationnelle la conduite d\u2019une politique de restauration de la nature dans les r\u00e9gions o\u00f9 les gains \u00e9conomiques des terres sont les plus faibles. La pr\u00e9sente contribution entend d\u2019abord questionner la validit\u00e9 de ces donn\u00e9es et hypoth\u00e8ses pour informer la gouvernance des politiques \u00e9cologiques internationales. La complexit\u00e9 \u00e0 la fois des d\u00e9terminants de la perte de biodiversit\u00e9 et des transformations \u00e0 conduire pour une \u00e9conomie plus respectueuse du vivant appelle une autre articulation des savoirs \u00e9conomiques, aux besoins de la d\u00e9cision publique. Notre contribution discute d\u2019abord les hypoth\u00e8ses et implications des analyses spatialis\u00e9es suivant trois points, d\u00e9taill\u00e9s ci-apr\u00e8s. Nous mettons de c\u00f4t\u00e9 les questions de robustesse des donn\u00e9es (Armsworth, 2014), limites majeures \u00e0 l\u2019applicabilit\u00e9 de ces m\u00e9thodes, mais qui nous semblent d\u00e9couler logiquement des limites plus conceptuelles que nous listons. D\u2019abord les pr\u00e9conisations concernant les zones \u00e0 pr\u00e9server reconduisent les in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques entre espaces. Les donn\u00e9es de co\u00fbts mobilis\u00e9es refl\u00e8tent les \u00e9carts salariaux et de production de valeur ajout\u00e9e. La maximisation des gains ou du rendement \u00e9cologique conduit m\u00e9caniquement \u00e0 des r\u00e9sultats privil\u00e9giant la mise en conservation des zones moins int\u00e9gr\u00e9es aux sph\u00e8res \u00e9conomiques et \u00e0 l\u2019\u00e9change. Deuxi\u00e8mement, la d\u00e9finition de ce qu\u2019est la restauration \u00e9cologique, le cadre m\u00e9thodologique et les donn\u00e9es consid\u00e9r\u00e9es n\u2019int\u00e8grent pas les causes \u2014 notamment les d\u00e9terminants \u00e9conomiques \u2014 de la destruction des habitats naturels. La d\u00e9finition des co\u00fbts et l\u2019approche localis\u00e9e des analyses spatialis\u00e9es \u2014 au pixel \u2014 ne refl\u00e8tent que partiellement les efforts n\u00e9cessaires pour limiter la d\u00e9gradation de la biodiversit\u00e9, et n\u2019int\u00e8grent pas ces efforts dans une transformation plus profonde du tissu \u00e9conomique et des cha\u00eenes de valeur. Troisi\u00e8mement, la pr\u00e9tendue positivit\u00e9 de ces m\u00e9thodes refuse la complexit\u00e9 g\u00e9opolitique et ontologique n\u00e9cessaire pour appr\u00e9hender les compromis \u00e0 mettre en \u0153uvre pour pr\u00e9server le vivant non humain. La restauration ou l\u2019usage des milieux naturels a directement trait \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement d\u2019un territoire, pr\u00e9rogative de souverainet\u00e9, enjeu de luttes et espace de d\u00e9finition des relations entre les soci\u00e9t\u00e9s et leur environnement dans leur pluralit\u00e9. L\u2019analyse \u00e9conomique n\u2019a pas imm\u00e9diatement vocation \u00e0 int\u00e9grer directement ces consid\u00e9rations, mais la question de son articulation avec d\u2019autres savoirs pour informer la r\u00e9partition spatiale de l\u2019action \u00e9cologique doit alors \u00eatre explicitement pos\u00e9e. Si l\u2019information produite par la priorisation spatiale peut sembler utile \u00e0 premi\u00e8re vue, en d\u00e9pit de la non-prise en compte des contextes institutionnels et sociaux, nous d\u00e9fendons au contraire que les notions de co\u00fbts comme de gains ne peuvent \u00eatre comprises hors du contexte dans lequel elles se d\u00e9ploient. Elles s\u2019inscrivent dans une r\u00e9flexion int\u00e9gr\u00e9e et multiscalaire sur le devenir des espaces et leur insertion dans l\u2019\u00e9conomie internationale. \u00c0 partir de l\u2019exemple des m\u00e9thodes de priorisation spatiale, la pr\u00e9sente contribution entend ouvrir un questionnement \u00e9pist\u00e9mologique sur la place et les limites de l\u2019analyse technico-\u00e9conomique et instrumentale pour informer l\u2019action \u00e9cologique internationale. L\u2019ampleur et la complexit\u00e9 des transformations syst\u00e9miques \u00e0 mener, l\u2019absence de causalit\u00e9 simple appellent \u00e0 explorer d\u2019autres positionnements \u00e9pist\u00e9miques, outils et m\u00e9thodes. Cette contribution s\u2019appuie sur les trois limites \u00e9voqu\u00e9es pour dessiner les contours d\u2019un autre agenda de recherche en \u00e9conomie sur l\u2019action internationale pour la sauvegarde de la biodiversit\u00e9. Figure&nbsp;1&nbsp;: Ratio co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice de la restauration des terres sur les onze pays de la Grande Muraille verte. Note de lecture&nbsp;: La carte pr\u00e9sente les ratios co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice projet\u00e9s des activit\u00e9s futures de restauration des terres","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-04-25T23:47:42+00:00","og_image":[{"width":1280,"height":853,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/festi-asque-2025-19_54697849781_o-Grande.jpeg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"25 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action\/","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/economic-knowledge-for-nature-preservation-an-epistemic-inquiry-into-spatial-prioritisation-and-international-action\/","name":"Quels savoirs \u00e9conomiques pour informer l\u2019action internationale pour la biodiversit\u00e9\u2009? 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