{"id":24820,"date":"2025-09-20T09:55:00","date_gmt":"2025-09-20T09:55:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/"},"modified":"2026-04-26T00:02:09","modified_gmt":"2026-04-26T00:02:09","slug":"diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/","title":{"rendered":"Diamniadio smart city\u00a0: entre concept et r\u00e9alit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019expression \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb ou \u00ab\u2009smart city\u2009\u00bb est d\u00e9sormais un concept largement promu \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, et particuli\u00e8rement en Afrique, par une campagne de marketing orchestr\u00e9e par l\u2019entreprise am\u00e9ricaine IBM. Ce terme, souvent attribu\u00e9 \u00e0 la modernit\u00e9 et \u00e0 l\u2019innovation, a s\u00e9duit de nombreux d\u00e9cideurs africains qui l\u2019ont adopt\u00e9 pour fa\u00e7onner leurs villes. D\u00e8s lors, le concept devient presque une panac\u00e9e pour attirer les touristes et les investisseurs \u00e9trangers, souvent avec des promesses de solutions technologiques avanc\u00e9es et d\u2019un cadre de vie am\u00e9lior\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e de smart city s\u2019est rapidement impos\u00e9e dans les discours politiques et \u00e9conomiques, bien que la d\u00e9finition et la mise en \u0153uvre de ce concept varient d\u2019un endroit \u00e0 un autre. Elle englobe une multitude d\u2019initiatives visant \u00e0 int\u00e9grer des technologies de l\u2019information et de la communication (TIC) pour am\u00e9liorer la gestion urbaine, la mobilit\u00e9, l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et la qualit\u00e9 de vie des citoyens. Cependant, cette vision souvent id\u00e9alis\u00e9e des smart cities se heurte \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 complexe en Afrique o\u00f9 les d\u00e9fis urbains sont nombreux. ll s\u2019agit alors de distinguer la smart city comme horizon politique et discursif, de sa mat\u00e9rialisation op\u00e9rationnelle. De nombreuses recherches soulignent que, dans les pays du Sud, la transposition de mod\u00e8les import\u00e9s doit composer avec des cadres juridiques, des capacit\u00e9s techniques et des cultures de gouvernance tr\u00e8s sp\u00e9cifiques (S\u00f6derstr\u00f6m et al., 2014 ; Odendaal, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>La question n\u2019est donc pas seulement de savoir \u00ab comment \u00bb int\u00e9grer la technologie dans la ville, mais \u00ab pour qui \u00bb, \u00ab \u00e0 quel rythme \u00bb et \u00ab selon quelles priorit\u00e9s \u00bb cette int\u00e9gration doit se faire. Ainsi, comment peut-on r\u00e9ellement comprendre le concept de smart city, et quelles sont ses implications concr\u00e8tes sur le terrain\u2009? L\u2019exemple de Diamniadio, une nouvelle ville en construction \u00e0 30 kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;est de Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal, constitue un terrain d\u2019observation privil\u00e9gi\u00e9 pour traiter cette question. Diamniadio illustre, depuis 2014, une ambition nationale de l\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal de cr\u00e9er une cit\u00e9 moderne int\u00e9grant les derni\u00e8res technologies pour devenir un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement urbain durable. Ce projet, soutenu par des partenariats publics-priv\u00e9s nationaux et internationaux, aspire \u00e0 transformer une zone autrefois rurale en un p\u00f4le urbain de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article commence, apr\u00e8s avoir expliqu\u00e9 la m\u00e9thodologie employ\u00e9e, par une revue de la litt\u00e9rature scientifique et historique pour d\u00e9finir pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu\u2019est une smart city en analysant ses diff\u00e9rentes dimensions et ramifications. Ensuite, il \u00e9tudie comment ce concept se traduit concr\u00e8tement dans le cadre de la cr\u00e9ation de la ville nouvelle de Diamniadio, en exposant les d\u00e9fis, les avanc\u00e9es et les perspectives de ce projet.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>M\u00e9thodologie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Une approche m\u00e9thodologique syst\u00e9matique a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9e, articulant une revue de la litt\u00e9rature et des entretiens pour analyser le projet de smart city \u00e0 Diamniadio. La recherche bibliographique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e via des bases de donn\u00e9es telles que Google Scholar<em>,<\/em> Scopus, en utilisant des termes de recherche comme \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb, \u00ab\u2009smart city\u2009\u00bb, \u00ab\u2009transformation num\u00e9rique urbaine\u2009\u00bb, \u00ab\u2009Diamniadio\u2009\u00bb\u2026 Les crit\u00e8res de s\u00e9lection concernaient des publications acad\u00e9miques r\u00e9centes, des \u00e9tudes de cas africaines et internationales, et des articles traitant des infrastructures de base, des d\u00e9fis de r\u00e9alisation et des impacts socio-\u00e9conomiques des technologies intelligentes. Cette recherche bibliographique a permis d\u2019avoir un ancrage th\u00e9orique autour des principales dimensions constitutives du concept de smart city et les critiques r\u00e9currentes \u00e9mises \u00e0 son sujet, notamment dans les contextes du Sud global.<\/p>\n\n\n\n<p>En compl\u00e9ment de la revue documentaire, nous avons conduit des entretiens semi-directifs entre 2017 et 2020, dans le cadre de nos recherches doctorales, avec des acteurs cl\u00e9s du projet, notamment des responsables de la D\u00e9l\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale des p\u00f4les urbains (DGPU). Ces entretiens visaient \u00e0 recueillir des visions sp\u00e9cifiques sur les d\u00e9fis et les avanc\u00e9es du projet. Les donn\u00e9es collect\u00e9es, crois\u00e9es avec des documents institutionnels ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es qualitativement \u00e0 l\u2019aide de la m\u00e9thode d\u2019analyse de contenu, permettant de confronter les ambitions initiales du projet \u00e0 l\u2019\u00e9tat r\u00e9el de sa mise en \u0153uvre. Cette confrontation a \u00e9galement permis d\u2019identifier des points de convergence et de divergence entre le discours officiel, les observations de terrain et les r\u00e9alit\u00e9s constat\u00e9es dans d\u2019autres villes intelligentes africaines et internationales.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la posture r\u00e9flexive adopt\u00e9e au cours de la recherche a conduit \u00e0 interroger les conditions m\u00eames de production des donn\u00e9es et les biais possibles li\u00e9s \u00e0 la temporalit\u00e9 des entretiens, r\u00e9alis\u00e9s dans un contexte o\u00f9 le projet Diamniadio connaissait des avanc\u00e9es mais aussi des incertitudes politiques et financi\u00e8res (li\u00e9es au temps des acteurs institutionnels). Cette prudence interpr\u00e9tative vise \u00e0 garantir que les r\u00e9sultats trouv\u00e9s et les conclusions avanc\u00e9es restent contextualis\u00e9s et \u00e9vitent toute g\u00e9n\u00e9ralisation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9finition du concept de \u00ab&nbsp;smart city&nbsp;\u00bb\u2009<\/strong> <strong><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La d\u00e9finition de smart city est complexe et varie selon les contextes. Selon Albino et al. (2015), il existe au moins vingt-trois (23) d\u00e9finitions diff\u00e9rentes de ce concept. Cette pluralit\u00e9 de perception du concept d\u00e9coule de la multidisciplinarit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la smart city englobant divers domaines de recherche (Angelidou, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Initialement, cette notion \u00e9voque une ville \u00ab\u2009connect\u00e9e\u2009\u00bb, en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019acc\u00e8s au num\u00e9rique, \u00e0 la technologie et \u00e0 l\u2019Internet. Dupuy (1992) \u00e9voque m\u00eame \u00ab\u2009l\u2019informatisation de la ville\u2009\u00bb pour d\u00e9crire ce lien entre la ville et la technologie. Cette relation entre les deux semble \u00e9vidente, bien qu\u2019elle puisse englober une multitude d\u2019utilisations et de niveaux d\u2019appropriation (Douay &amp; Henriot, 2016). Ainsi, la smart city v\u00e9hicule un discours normalis\u00e9, une sorte \u00ab\u2009d\u2019imaginaire socio-technique\u2009\u00bb (Jasanoff &amp; Kim, 2015&nbsp;; Datta, 2015) forg\u00e9e par des entreprises technologiques afin d\u2019attirer des acteurs urbains et de conqu\u00e9rir de nouveaux march\u00e9s (Hollands,&nbsp;2015\u2009; Sadowski &amp; Bendor,&nbsp;2019\u2009; Wiig,&nbsp;2015), valorisant la connexion num\u00e9rique, la fluidit\u00e9 des mobilit\u00e9s, l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et la comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9conomique comme crit\u00e8res centraux de modernit\u00e9. Toutefois, cette projection id\u00e9alis\u00e9e tend \u00e0 invisibiliser les contraintes r\u00e9currentes des villes africaines : d\u00e9ficits d\u2019infrastructures de base, in\u00e9galit\u00e9s socio-spatiales, faiblesse de la planification participative (Watson, 2014 ; Robinson &amp; Parnell, 2019). En ce sens, la smart city, en tant que \u00ab label \u00bb (Vanolo, 2014), renvoie au marketing territorial qui ne garantit pas sa traduction effective en b\u00e9n\u00e9fices tangibles pour les populations locales.<\/p>\n\n\n\n<p>La smart city, en r\u00e9ponse \u00e0 divers d\u00e9fis d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques et environnementaux, est d\u00e9sormais per\u00e7ue comme un syst\u00e8me devant \u00eatre optimis\u00e9 pour mieux fonctionner. Pour relever ces d\u00e9fis, les entreprises technologiques se positionnent comme des \u00ab\u2009points de passage oblig\u00e9s\u2009\u00bb (S\u00f6derstr\u00f6m et al., 2014), offrant des solutions technologiques pour relier les syst\u00e8mes urbains \u00e0 travers la collecte, l\u2019usage et l\u2019analyse des donn\u00e9es. Cette vision repose sur l\u2019hypoth\u00e8se que l\u2019augmentation de la quantit\u00e9 et de la qualit\u00e9 des donn\u00e9es disponibles permet syst\u00e9matiquement&nbsp; une am\u00e9lioration de la gouvernance urbaine (Shelton et al., 2015). Or, plusieurs travaux insistent sur le fait que les donn\u00e9es ne sont pas neutres : elles sont produites, s\u00e9lectionn\u00e9es et interpr\u00e9t\u00e9es dans des cadres politiques, \u00e9conomiques et culturels sp\u00e9cifiques (Kitchin, 2014). Dans les contextes africains o\u00f9 la capacit\u00e9 de traitement et de mise \u00e0 jour des donn\u00e9es est souvent limit\u00e9e, le risque est de reproduire des in\u00e9galit\u00e9s ou de privil\u00e9gier des secteurs d\u00e9j\u00e0 bien dot\u00e9s au d\u00e9triment d\u2019autres, moins connect\u00e9s mais tout aussi strat\u00e9giques pour la vie urbaine.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9passe le cadre de la technologie pour englober plusieurs autres \u00e9l\u00e9ments&nbsp;: loisirs, habitat, transports, acc\u00e8s aux services de base comme l\u2019eau, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et plus r\u00e9cemment l\u2019Internet. Les diff\u00e9rentes composantes urbaines sont des \u00e9l\u00e9ments d\u2019un ensemble de syst\u00e8mes qu\u2019il faut consid\u00e9rer pour r\u00e9pondre aux principaux enjeux urbains. L\u2019entreprise IBM est \u00e0 l\u2019origine de la conception de smart city, articul\u00e9e autour de la planification, de la gestion des services, des infrastructures et des aspects humains. Ces piliers constituent des syst\u00e8mes individuels, la ville \u00e9tant un \u00ab\u2009syst\u00e8me de syst\u00e8mes\u2009\u00bb (S\u00f6derstr\u00f6m et al., 2014). Cette id\u00e9e d\u2019IBM est ensuite \u00e9rig\u00e9e en mod\u00e8le, diffus\u00e9e et adopt\u00e9e par des villes du monde entier, servant d\u2019argument politique, jusqu\u2019\u00e0 devenir une image de marque (\u00ab\u2009urban labelling&nbsp;\u00bb pour certains [Albino et al., 2015]). Selon IBM, \u00ab\u2009la ville doit \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e comme le lieu de l\u2019int\u00e9gration, de la collaboration et de la gestion de syst\u00e8mes multiples interd\u00e9pendants\u2026\u2009\u00bb (Gu\u00e9rin-Jabbour &amp; Bauchot, 2016, p. 6) offrant des techniques de gestion des infrastructures urbaines gr\u00e2ce aux donn\u00e9es collect\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, le paradigme syst\u00e9mique rappelle la pens\u00e9e urbaine de la \u00ab\u2009cybern\u00e9tique\u2009\u00bb des ann\u00e9es&nbsp;1950-1970, o\u00f9 la ville \u00e9tait envisag\u00e9e comme un syst\u00e8me d\u2019information. Cette vision se concentre sur l\u2019interconnexion des \u00e9l\u00e9ments urbains \u00e0 travers des boucles de r\u00e9troaction (Townsend, 2013). Dans cette perspective, Giffinger et al. (2007) identifie six dimensions pour d\u00e9finir la smart city&nbsp;: une \u00e9conomie, une administration, un environnement, une mobilit\u00e9 et des habitants intelligents. En d\u2019autres termes, une ville intelligente harmonise plusieurs sous-syst\u00e8mes autour des th\u00e9matiques \u00e9conomique, sociale et environnementale, avec les usages num\u00e9riques comme outils.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"899\" height=\"816\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-2.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-25116\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><a><\/a><strong>Figure 1&nbsp;: Fonctionnement globalisant de la smart city<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>&nbsp;Figure r\u00e9alis\u00e9e par Cheikh Ciss\u00e9, 2022, inspir\u00e9e de Giffinger et al., 2007<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, dans le cadre des pays du Sud, plusieurs auteurs (Watson, 2014 ; Datta, 2015 ; Odendaal, 2016) \u00e9voquent l\u2019importance d\u2019une adaptation contextuelle. Il ne s\u2019agit pas seulement de transposer des technologies \u00ab pr\u00eates \u00e0 l\u2019emploi \u00bb, mais de penser la smart city comme un processus incr\u00e9mental et hybride, capable de combiner infrastructures modernes et pratiques informelles<strong>. <\/strong>La \u00ab smartness \u00bb ne se limite pas aux technologies avanc\u00e9es ; elle repose surtout sur la capacit\u00e9 \u00e0 les adapter aux r\u00e9alit\u00e9s sociales et culturelles locales, de fa\u00e7on \u00e0 \u00eatre r\u00e9ellement utiles aux habitants et \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 des besoins urbains concrets comme l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau, la gestion des d\u00e9chets ou l\u2019organisation du transport artisanal.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs \u00c9tats africains, dans une course effr\u00e9n\u00e9e \u00e0 la cr\u00e9ation de villes nouvelles en p\u00e9riph\u00e9rie de leurs grandes villes capitales, cherchent \u00e0 s\u2019inscrire dans une dynamique internationale d\u2019innovation, de technologie, de modernit\u00e9 et de durabilit\u00e9. L\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique est au c\u0153ur de leurs strat\u00e9gies avec un accent sur les villes intelligentes. Des exemples tels que Konza Technology City, Smart City Kwame Nkrumah, dans les p\u00e9riph\u00e9ries respectives de Nairobi et d\u2019Accra, Eko Atlantic City, dans le Grand Lagos, ou encore l\u2019initiative de l\u2019Alliance Smart Africa, sous pr\u00e9sid\u00e9e par le pr\u00e9sident rwandais Paul Kagam\u00e9 en 2014, et le New Deal Technologique lanc\u00e9 par le S\u00e9n\u00e9gal en 2025 dans tous les secteurs urbains, illustrent cette tendance. Si la progression de l\u2019acc\u00e8s au num\u00e9rique et \u00e0 l\u2019Internet est consid\u00e9r\u00e9e comme un atout, voire un argument, par les politiques pour communiquer sur la smart city, la fracture num\u00e9rique et l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 aux services de base, comme l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, persistent en Afrique et posent des d\u00e9fis pour la concr\u00e9tisation des villes intelligentes. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019Afrique est l\u2019un des continents les moins raccord\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, avec un taux d\u2019\u00e9lectrification de 43&nbsp;% en 2016. Or, on ne peut pas penser \u00e0 une smart city, telle que d\u00e9finie commun\u00e9ment, sans un acc\u00e8s suffisant \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Chenal (2020) souligne que l\u2019\u00e9lectrification demeure le principal d\u00e9fi pour les villes connect\u00e9es, puisqu\u2019une meilleure connexion Internet est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la croissance \u00e9conomique (Tchounand, 2020).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mod\u00e9lisation de \u00ab&nbsp;Diamniadio smart city\u2009\u00bb<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la ville nouvelle de Diamniadio, le premier des quatre arrondissements pr\u00e9vus est sp\u00e9cifiquement r\u00e9serv\u00e9 au p\u00f4le num\u00e9rique (le parc num\u00e9rique) pour instaurer une gestion \u00ab\u2009intelligente\u2009\u00bb de la ville. Diamniadio a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9e, en 2016, comme \u00ab\u2009ville affili\u00e9e\u2009\u00bb dans le cadre du concours dit&nbsp;\u00ab I3E \u00bb<em>,<\/em> qui vise \u00e0 soutenir la cr\u00e9ation de villes intelligentes ax\u00e9es sur les usages num\u00e9riques, surpassant ainsi Casablanca, Tunis et Buenos Aires<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le parc num\u00e9rique de Diamniadio, con\u00e7u comme une oasis s\u2019\u00e9tendant sur 25&nbsp;hectares, a vu le jour en 2016. Cette course \u00e0 l\u2019innovation a conduit \u00e0 l\u2019installation d\u2019infrastructures orient\u00e9es vers les technologies de l\u2019information et de la communication au sein de la nouvelle ville. L\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal, avec l\u2019ambition de positionner Diamniadio en tant que premi\u00e8re technopole du pays, voire de toute l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, similaire \u00e0 d\u2019autres nations ayant d\u00e9j\u00e0 pris une avance dans ce domaine comme le Nig\u00e9ria, l\u2019Afrique du Sud ou le Maroc, a pr\u00e9vu des infrastructures num\u00e9riques de pointe. Celles-ci concernent, d\u2019apr\u00e8s la responsable de la smart&nbsp;city de la ville nouvelle, \u00ab&nbsp;le haut d\u00e9bit et le tr\u00e8s haut d\u00e9bit Internet, des \u201cdatacenters\u201d destin\u00e9s au stockage de donn\u00e9es num\u00e9riques, ainsi que des efforts visant \u00e0 optimiser les flux \u00e9nerg\u00e9tiques au niveau des b\u00e2timents pour r\u00e9duire la consommation d\u2019\u00e9nergie et r\u00e9pondre aux besoins contemporains des habitants&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de nos recherches, le projet de la smart city de Diamniadio, en plus d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e \u00ab\u2009ville affili\u00e9e\u2009\u00bb, b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un financement partiel de la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD) \u00e0 hauteur de 71&nbsp;millions d\u2019euros. D\u2019abord simple concept, la smart city de Diamniadio devient une pr\u00e9occupation des autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises, pilot\u00e9e par l\u2019organisme d\u2019am\u00e9nagement, la D\u00e9l\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la promotion des p\u00f4les urbains (DGPU). La responsable de la gestion du projet et de la smart city nous a pr\u00e9cis\u00e9, lors de notre entretien en 2019, que celui-ci reposait sur trois grands axes : \u00ab&nbsp;une performance \u00e9nerg\u00e9tique avec des techniques d\u2019isolation thermique efficaces, la construction de b\u00e2timents intelligents avec des capteurs et l\u2019introduction de diverses solutions num\u00e9riques&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"928\" height=\"915\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-25117\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-1.jpeg 928w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-1-300x296.jpeg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-1-768x757.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 928px) 100vw, 928px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Figure 2&nbsp;: Projet de datacenter \u00e0 Diamniadio<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Source&nbsp;: Magazine <em>Nouvel Horizon<\/em>, sp\u00e9cial Diamniadio, nouvelle ville hors-s\u00e9rie n\u00b0&nbsp;8 coupl\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9dition n\u00b0&nbsp;1021 du 5 au 11&nbsp;janvier 2017.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les orientations, le num\u00e9rique occupe une place pr\u00e9pond\u00e9rante, en tant que levier d\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie locales. Au moment de nos enqu\u00eates, le p\u00f4le num\u00e9rique commen\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 attirer des entreprises et des start-up sp\u00e9cialis\u00e9es dans l\u2019innovation technologique, avec la pr\u00e9sence d\u2019op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9communications tels qu\u2019Orange, Tigo, Expresso, de grands groupes informatiques comme Atos, ainsi que d\u2019agences du secteur \u00e9nerg\u00e9tique telles que l\u2019Ademe.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce positionnements\u2019inscrit dans un contexte politique domin\u00e9 par le plan S\u00e9n\u00e9gal \u00e9mergent(PSE), adopt\u00e9 en 2014 sous la pr\u00e9sidence de Macky Sall, qui faisait de la cr\u00e9ation de p\u00f4les urbains (Diamniadio, lac Rose, etc.) un outil de d\u00e9congestion de Dakar et de stimulation de l\u2019investissement priv\u00e9. Dans cette logique, Diamniadio n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue uniquement comme une zone r\u00e9sidentielle, mais comme un hub multifonctionnel regroupant des espaces administratifs, des centres de conf\u00e9rence, des zones commerciales et des industries l\u00e9g\u00e8res. L\u2019objectif affich\u00e9 est d\u2019attirer non seulement de nouveaux habitants, mais aussi des entreprises et des institutions internationales.<\/p>\n\n\n\n<p>La conception de Diamniadioemprunte beaucoup aux logiques \u00ab greenfield cities \u00bb analys\u00e9es par Watson (2014), c\u2019est-\u00e0-dire des projets urbains am\u00e9nag\u00e9s <em>ex nihilo<\/em> sur de vastes terrains vierges afin d\u2019incarner une vision urbaine futuriste. Cependant, ces initiatives sont r\u00e9guli\u00e8rement critiqu\u00e9es pour leur orientation vers une client\u00e8le solvable, excluant de fait les populations modestes. Cette s\u00e9lectivit\u00e9 socio-spatiale alimente le caract\u00e8re impopulaire et \u00e9litiste de la d\u00e9marche (Moser, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Concr\u00e8tement, la planification de Diamniadio repose sur trois \u00e9tapes successives : la phase d\u2019\u00e9mergence(2014\u20132019), la phase de d\u00e9veloppement (2020\u20132025) et la phase de finition (2025\u20132035). Si les services num\u00e9riques (notamment les r\u00e9seaux de t\u00e9l\u00e9communications) figurent bien dans le plan directeur de planification de Diamniadio, leur d\u00e9ploiement n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une priorit\u00e9, lors des premi\u00e8res phases de la ville nouvelle. Le lancement du d\u00e9ploiement num\u00e9rique \u00e9tait ainsi attendu seulement \u00e0 partir de la deuxi\u00e8me phase. Lors de notre entretien, men\u00e9 en juillet 2019, le charg\u00e9 du d\u00e9ploiement du p\u00f4le num\u00e9rique de la DGPU d\u00e9clarait que \u00ab le num\u00e9rique est encore per\u00e7u comme un bonus, pas une n\u00e9cessit\u00e9. Aucun d\u00e9lai pr\u00e9cis n\u2019a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 pour son d\u00e9ploiement d\u00e9finitif \u00bb, le projet se trouvant alors encore en phase diagnostique.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, en 2025, le phasage de la planification de la ville nouvelle n\u2019est pas scrupuleusement respect\u00e9 : certaines t\u00e2ches relevant des premi\u00e8res \u00e9tapes, telles que l\u2019assainissement, restent inachev\u00e9es. Ce d\u00e9calage s\u2019explique en partie par l\u2019alternance politique de 2024, qui a conduit \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau pr\u00e9sident&nbsp;: Bassirou Diomaye Faye. Ses priorit\u00e9s urbaines ne co\u00efncident pas n\u00e9cessairement avec celles de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Macky Sall, principal initiateur du projet Diamniadio selon son programme politico-\u00e9conomique d\u2019alors.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, la d\u00e9pendance aux financements ext\u00e9rieurs rend le projet vuln\u00e9rable aux fluctuations de l\u2019aide internationale et aux conditions fix\u00e9es par les bailleurs. Si la BAD soutient une partie du projet, d\u2019autres composantes reposent sur des partenariats public-priv\u00e9 dont les n\u00e9gociations se r\u00e9v\u00e8lent longues et complexes. L\u2019exp\u00e9rience d\u2019Eko Atlantic City, au Nig\u00e9ria, illustre bien les risques li\u00e9s \u00e0 ce type de montage : le projet y a permis la r\u00e9alisation d\u2019infrastructures de tr\u00e8s haut standing, mais sans v\u00e9ritable int\u00e9gration au tissu urbain existant (Grant, 2015). Diamniadio, encore en construction, conserve donc une marge de man\u0153uvre pour \u00e9viter un tel \u00e9cueil.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Discussion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse de la smart city de Diamniadio montre un \u00e9cart entre les ambitions technologiques et les r\u00e9alit\u00e9s pratiques. Les discours qui ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9s par l\u2019\u00c9tat \u00e0 son lancement peinent \u00e0 se concr\u00e9tiser sur le terrain, comme l\u2019illustrent le retard du d\u00e9ploiement num\u00e9rique et la faible implication des populations locales. En r\u00e9alit\u00e9, la ville nouvelle attend toujours ses habitants ; elle n\u2019est pas encore suffisamment habit\u00e9e. Le projet, bien qu\u2019ambitieux, est frein\u00e9 par des d\u00e9fis logistiques et financiers ainsi que par l\u2019inad\u00e9quation des infrastructures de base, notamment l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Ces contraintes soulignent la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une approche progressive et r\u00e9aliste, prenant en compte les conditions locales pour assurer un arrimage entre vision et pratique.<\/p>\n\n\n\n<p>La situation observ\u00e9e \u00e0 Diamniadio n\u2019est pas isol\u00e9e ; elle s\u2019inscrit dans une tendance plus large concernant les projets de smart cities en Afrique. Ainsi, Konza Technopolis au Kenya, annonc\u00e9 en 2008 comme la \u00ab Silicon Savannah \u00bb, conna\u00eet encore aujourd\u2019hui de nombreux retards. Ces difficult\u00e9s s\u2019expliquent par des probl\u00e8mes de gouvernance, la complexit\u00e9 de la mobilisation des financements, un manque de clart\u00e9 quant aux besoins r\u00e9els des usagers, mais aussi par une incoh\u00e9rence spatiale li\u00e9e \u00e0 sa proximit\u00e9 avec Kibera, le plus grand bidonville d\u2019Afrique. De m\u00eame, Eko Atlantic City au Nig\u00e9ria, bien qu\u2019avanc\u00e9e sur le plan immobilier, fait l\u2019objet de critiques en raison de son caract\u00e8re \u00e9litiste et de son absence d\u2019int\u00e9gration aux r\u00e9alit\u00e9s socio-\u00e9conomiques de Lagos, o\u00f9 persiste le bidonville de Makoko. Ces exemples soulignent qu\u2019un projet de smart city qui ne s\u2019ancre pas dans le contexte local risque de se r\u00e9duire \u00e0 un projet vitrine, sans r\u00e9elle capacit\u00e9 de transformation urbaine int\u00e9gr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9ussir une transition vers une v\u00e9ritable smart city, le d\u00e9veloppement technologique doit s\u2019accompagner d\u2019une am\u00e9lioration des infrastructures de base. L\u2019implication des entreprises technologiques locales et le recours \u00e0 une approche participative int\u00e9grant les habitants et leurs aspirations quotidiennes apparaissent comme des conditions n\u00e9cessaires pour stimuler l\u2019innovation et garantir l\u2019acceptabilit\u00e9 sociale des solutions propos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre enjeu r\u00e9side dans la fracture num\u00e9rique. Comme le rappellent S\u00f6derstr\u00f6m et al. (2014), une ville ne peut \u00eatre qualifi\u00e9e d\u2019\u00ab intelligente \u00bb si une partie importante de sa population est exclue de l\u2019acc\u00e8s aux infrastructures num\u00e9riques. Dans le cas du S\u00e9n\u00e9gal, o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 Internet reste marqu\u00e9 par de fortes disparit\u00e9s r\u00e9gionales et sociales, la priorit\u00e9 devrait s\u2019orienter vers l\u2019\u00e9largissement de l\u2019offre de services num\u00e9riques abordables avant de d\u00e9ployer des technologies de pointe, concentr\u00e9es dans un espace restreint comme Diamniadio.<\/p>\n\n\n\n<p>La gouvernancedu projet r\u00e9v\u00e8le par ailleurs un paradoxe : bien que la smart city Diamniadio soit pr\u00e9sent\u00e9e comme un projet novateur et tourn\u00e9 vers l\u2019avenir, son processus d\u00e9cisionnel reste largement top-down<strong>,<\/strong> pilot\u00e9 par l\u2019\u00c9tat, via un am\u00e9nageur, la DGPU, et ses partenaires internationaux, sans v\u00e9ritable m\u00e9canisme de participation citoyenne. Cette absence de consultation formalis\u00e9e limite les possibilit\u00e9s d\u2019appropriation sociale des infrastructures et peut nourrir des r\u00e9sistances implicites. Or, des exp\u00e9riences men\u00e9es \u00e0 Kigali(Kigali Innovation City) ou au Cap d\u00e9montrent que l\u2019int\u00e9gration de dispositifs participatifs comme des ateliers communautaires, des enqu\u00eates locales et des plateformes de cocr\u00e9ation, contribue \u00e0 renforcer la pertinence et la durabilit\u00e9 des solutions urbaines (Odendaal, 2016 ; Robinson &amp; Parnell, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, l\u2019articulation de Diamniadio avec le reste de la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Dakar est une vraie pr\u00e9occupation. Si le projet \u00e9volue comme un \u00eelot high-tech isol\u00e9, il risque de renforcer les contrastes spatiaux et \u00e9conomiques avec les villes p\u00e9riph\u00e9riques d\u00e9j\u00e0 existantes, accentuant ainsi les in\u00e9galit\u00e9s. \u00c0 l\u2019inverse, une int\u00e9gration fonctionnelle via des r\u00e9seaux de transport efficaces, des compl\u00e9mentarit\u00e9s \u00e9conomiques et des \u00e9changes de services pourrait transformer Diamniadio en un moteur de d\u00e9veloppement au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019ensemble de la m\u00e9tropole dakaroise.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019ambition de faire de Diamniadio une \u00ab ville intelligente \u00bb traduit une volont\u00e9 d\u2019innovation, int\u00e9grant des avanc\u00e9es technologiques dans le projet de ville nouvelle. Toutefois, l\u2019adaptation de ces dispositifs aux besoins locaux demeure un d\u00e9fi constant. L\u2019\u00e9cart entre la conceptualisation id\u00e9ale et la concr\u00e9tisation invite \u00e0 adopter une approche plus r\u00e9aliste, attentive \u00e0 la complexit\u00e9 des pratiques et des r\u00e9alit\u00e9s locales.<\/p>\n\n\n\n<p>La trajectoire actuelle du projet montre qu\u2019une smart city ne se r\u00e9duit ni \u00e0 des infrastructures num\u00e9riques ni \u00e0 des b\u00e2timents connect\u00e9s. Elle doit s\u2019inscrire dans une vision syst\u00e9mique qui articule imp\u00e9ratifs sociaux, \u00e9conomiques et environnementaux, en veillant \u00e0 ce que les innovations technologiques r\u00e9pondent \u00e0 des besoins concrets plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 des objectifs symboliques ou promotionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9quilibre entre vision et contraintes pratiques suppose d\u2019orienter le projet vers une forme urbaine r\u00e9alisable, tenant compte de l\u2019hybridit\u00e9 des pratiques formelles et informelles. Concr\u00e8tement, la transition vers une smart city exige une int\u00e9gration harmonieuse des technologies avec les modes de vie, les besoins et les sp\u00e9cificit\u00e9s culturelles des habitants, et repose d\u2019abord sur le renforcement de l\u2019acc\u00e8s universel \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et aux infrastructures de base, condition pr\u00e9alable \u00e0 tout d\u00e9ploiement num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan op\u00e9rationnel, cela consiste \u00e0 mettre en place des m\u00e9canismes institutionnelsde participation citoyenne \u00e0 toutes les \u00e9tapes du projet ; d\u2019impliquer les start-up et PME locales dans la conception, l\u2019exploitation et la maintenance des services num\u00e9riques afin de renforcer le tissu \u00e9conomique national ; de planifier l\u2019int\u00e9gration fonctionnelle de Diamniadio dans la m\u00e9tropole dakaroise par des liaisons de transport performantes et accessibles ; et d\u2019adopter une d\u00e9marche progressive, avec des \u00e9valuations r\u00e9guli\u00e8res de la coh\u00e9rence entre objectifs initiaux et r\u00e9alisations effectives.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 plus long terme, une \u00e9valuation comparative avec d\u2019autres villes nouvelles africaines et asiatiques permettra d\u2019identifier les conditions de r\u00e9ussite d\u2019une smart city dans le Sud global, en soulignant le r\u00f4le des politiques publiques, des partenariats strat\u00e9giques et d\u2019une gouvernance multiniveaux.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":25032,"template":"","meta":[],"series-categories":[1144],"cat-articles":[1015],"keywords":[1211,1207,1209,1205,1210,1204,1206,1208],"ppma_author":[470],"class_list":["post-24820","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-11","cat-articles-analyses-critiques","keywords-developpement-durable","keywords-diamniadio","keywords-innovation-urbaine","keywords-smart-city","keywords-technologie","keywords-technology","keywords-urban-innovation","keywords-ville-intelligente","author-cheikh-cisse-fr"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Diamniadio smart city\u00a0: entre concept et r\u00e9alit\u00e9 | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Diamniadio smart city\u00a0: entre concept et r\u00e9alit\u00e9 | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction L\u2019expression \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb ou \u00ab\u2009smart city\u2009\u00bb est d\u00e9sormais un concept largement promu \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, et particuli\u00e8rement en Afrique, par une campagne de marketing orchestr\u00e9e par l\u2019entreprise am\u00e9ricaine IBM. Ce terme, souvent attribu\u00e9 \u00e0 la modernit\u00e9 et \u00e0 l\u2019innovation, a s\u00e9duit de nombreux d\u00e9cideurs africains qui l\u2019ont adopt\u00e9 pour fa\u00e7onner leurs villes. D\u00e8s lors, le concept devient presque une panac\u00e9e pour attirer les touristes et les investisseurs \u00e9trangers, souvent avec des promesses de solutions technologiques avanc\u00e9es et d\u2019un cadre de vie am\u00e9lior\u00e9. L\u2019id\u00e9e de smart city s\u2019est rapidement impos\u00e9e dans les discours politiques et \u00e9conomiques, bien que la d\u00e9finition et la mise en \u0153uvre de ce concept varient d\u2019un endroit \u00e0 un autre. Elle englobe une multitude d\u2019initiatives visant \u00e0 int\u00e9grer des technologies de l\u2019information et de la communication (TIC) pour am\u00e9liorer la gestion urbaine, la mobilit\u00e9, l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et la qualit\u00e9 de vie des citoyens. Cependant, cette vision souvent id\u00e9alis\u00e9e des smart cities se heurte \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 complexe en Afrique o\u00f9 les d\u00e9fis urbains sont nombreux. ll s\u2019agit alors de distinguer la smart city comme horizon politique et discursif, de sa mat\u00e9rialisation op\u00e9rationnelle. De nombreuses recherches soulignent que, dans les pays du Sud, la transposition de mod\u00e8les import\u00e9s doit composer avec des cadres juridiques, des capacit\u00e9s techniques et des cultures de gouvernance tr\u00e8s sp\u00e9cifiques (S\u00f6derstr\u00f6m et al., 2014 ; Odendaal, 2016). La question n\u2019est donc pas seulement de savoir \u00ab comment \u00bb int\u00e9grer la technologie dans la ville, mais \u00ab pour qui \u00bb, \u00ab \u00e0 quel rythme \u00bb et \u00ab selon quelles priorit\u00e9s \u00bb cette int\u00e9gration doit se faire. Ainsi, comment peut-on r\u00e9ellement comprendre le concept de smart city, et quelles sont ses implications concr\u00e8tes sur le terrain\u2009? L\u2019exemple de Diamniadio, une nouvelle ville en construction \u00e0 30 kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;est de Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal, constitue un terrain d\u2019observation privil\u00e9gi\u00e9 pour traiter cette question. Diamniadio illustre, depuis 2014, une ambition nationale de l\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal de cr\u00e9er une cit\u00e9 moderne int\u00e9grant les derni\u00e8res technologies pour devenir un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement urbain durable. Ce projet, soutenu par des partenariats publics-priv\u00e9s nationaux et internationaux, aspire \u00e0 transformer une zone autrefois rurale en un p\u00f4le urbain de r\u00e9f\u00e9rence. L\u2019article commence, apr\u00e8s avoir expliqu\u00e9 la m\u00e9thodologie employ\u00e9e, par une revue de la litt\u00e9rature scientifique et historique pour d\u00e9finir pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu\u2019est une smart city en analysant ses diff\u00e9rentes dimensions et ramifications. Ensuite, il \u00e9tudie comment ce concept se traduit concr\u00e8tement dans le cadre de la cr\u00e9ation de la ville nouvelle de Diamniadio, en exposant les d\u00e9fis, les avanc\u00e9es et les perspectives de ce projet. M\u00e9thodologie Une approche m\u00e9thodologique syst\u00e9matique a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9e, articulant une revue de la litt\u00e9rature et des entretiens pour analyser le projet de smart city \u00e0 Diamniadio. La recherche bibliographique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e via des bases de donn\u00e9es telles que Google Scholar, Scopus, en utilisant des termes de recherche comme \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb, \u00ab\u2009smart city\u2009\u00bb, \u00ab\u2009transformation num\u00e9rique urbaine\u2009\u00bb, \u00ab\u2009Diamniadio\u2009\u00bb\u2026 Les crit\u00e8res de s\u00e9lection concernaient des publications acad\u00e9miques r\u00e9centes, des \u00e9tudes de cas africaines et internationales, et des articles traitant des infrastructures de base, des d\u00e9fis de r\u00e9alisation et des impacts socio-\u00e9conomiques des technologies intelligentes. Cette recherche bibliographique a permis d\u2019avoir un ancrage th\u00e9orique autour des principales dimensions constitutives du concept de smart city et les critiques r\u00e9currentes \u00e9mises \u00e0 son sujet, notamment dans les contextes du Sud global. En compl\u00e9ment de la revue documentaire, nous avons conduit des entretiens semi-directifs entre 2017 et 2020, dans le cadre de nos recherches doctorales, avec des acteurs cl\u00e9s du projet, notamment des responsables de la D\u00e9l\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale des p\u00f4les urbains (DGPU). Ces entretiens visaient \u00e0 recueillir des visions sp\u00e9cifiques sur les d\u00e9fis et les avanc\u00e9es du projet. Les donn\u00e9es collect\u00e9es, crois\u00e9es avec des documents institutionnels ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es qualitativement \u00e0 l\u2019aide de la m\u00e9thode d\u2019analyse de contenu, permettant de confronter les ambitions initiales du projet \u00e0 l\u2019\u00e9tat r\u00e9el de sa mise en \u0153uvre. Cette confrontation a \u00e9galement permis d\u2019identifier des points de convergence et de divergence entre le discours officiel, les observations de terrain et les r\u00e9alit\u00e9s constat\u00e9es dans d\u2019autres villes intelligentes africaines et internationales. Enfin, la posture r\u00e9flexive adopt\u00e9e au cours de la recherche a conduit \u00e0 interroger les conditions m\u00eames de production des donn\u00e9es et les biais possibles li\u00e9s \u00e0 la temporalit\u00e9 des entretiens, r\u00e9alis\u00e9s dans un contexte o\u00f9 le projet Diamniadio connaissait des avanc\u00e9es mais aussi des incertitudes politiques et financi\u00e8res (li\u00e9es au temps des acteurs institutionnels). Cette prudence interpr\u00e9tative vise \u00e0 garantir que les r\u00e9sultats trouv\u00e9s et les conclusions avanc\u00e9es restent contextualis\u00e9s et \u00e9vitent toute g\u00e9n\u00e9ralisation. D\u00e9finition du concept de \u00ab&nbsp;smart city&nbsp;\u00bb\u2009 La d\u00e9finition de smart city est complexe et varie selon les contextes. Selon Albino et al. (2015), il existe au moins vingt-trois (23) d\u00e9finitions diff\u00e9rentes de ce concept. Cette pluralit\u00e9 de perception du concept d\u00e9coule de la multidisciplinarit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la smart city englobant divers domaines de recherche (Angelidou, 2015). Initialement, cette notion \u00e9voque une ville \u00ab\u2009connect\u00e9e\u2009\u00bb, en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019acc\u00e8s au num\u00e9rique, \u00e0 la technologie et \u00e0 l\u2019Internet. Dupuy (1992) \u00e9voque m\u00eame \u00ab\u2009l\u2019informatisation de la ville\u2009\u00bb pour d\u00e9crire ce lien entre la ville et la technologie. Cette relation entre les deux semble \u00e9vidente, bien qu\u2019elle puisse englober une multitude d\u2019utilisations et de niveaux d\u2019appropriation (Douay &amp; Henriot, 2016). Ainsi, la smart city v\u00e9hicule un discours normalis\u00e9, une sorte \u00ab\u2009d\u2019imaginaire socio-technique\u2009\u00bb (Jasanoff &amp; Kim, 2015&nbsp;; Datta, 2015) forg\u00e9e par des entreprises technologiques afin d\u2019attirer des acteurs urbains et de conqu\u00e9rir de nouveaux march\u00e9s (Hollands,&nbsp;2015\u2009; Sadowski &amp; Bendor,&nbsp;2019\u2009; Wiig,&nbsp;2015), valorisant la connexion num\u00e9rique, la fluidit\u00e9 des mobilit\u00e9s, l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et la comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9conomique comme crit\u00e8res centraux de modernit\u00e9. Toutefois, cette projection id\u00e9alis\u00e9e tend \u00e0 invisibiliser les contraintes r\u00e9currentes des villes africaines : d\u00e9ficits d\u2019infrastructures de base, in\u00e9galit\u00e9s socio-spatiales, faiblesse de la planification participative (Watson, 2014 ; Robinson &amp; Parnell, 2019). En ce sens, la smart city, en tant que \u00ab label \u00bb (Vanolo, 2014), renvoie au marketing territorial qui ne garantit pas sa traduction effective en b\u00e9n\u00e9fices tangibles pour les populations locales. La smart city, en r\u00e9ponse \u00e0 divers d\u00e9fis d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques et environnementaux, est\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Global Africa\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-04-26T00:02:09+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/festi-asque-2025-84_54697862366_o-Grande.jpeg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1280\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"989\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"17 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\\\/\",\"name\":\"Diamniadio smart city\u00a0: entre concept et r\u00e9alit\u00e9 | Global Africa\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/04\\\/festi-asque-2025-84_54697862366_o-Grande.jpeg\",\"datePublished\":\"2025-09-20T09:55:00+00:00\",\"dateModified\":\"2026-04-26T00:02:09+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/04\\\/festi-asque-2025-84_54697862366_o-Grande.jpeg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/04\\\/festi-asque-2025-84_54697862366_o-Grande.jpeg\",\"width\":1280,\"height\":989},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/issues\\\/numero-11\\\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/accueil\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Series issues\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/series-issues\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Diamniadio smart city\u00a0: entre concept et r\u00e9alit\u00e9\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/\",\"name\":\"Global Africa\",\"description\":\"Pan-African Scientific Journal\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/#organization\",\"name\":\"Global Africa\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2024\\\/12\\\/Globalafrica.png\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2024\\\/12\\\/Globalafrica.png\",\"width\":1680,\"height\":750,\"caption\":\"Global Africa\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.globalafricasciences.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.facebook.com\\\/globalafricasciences\"]}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Diamniadio smart city\u00a0: entre concept et r\u00e9alit\u00e9 | Global Africa","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Diamniadio smart city\u00a0: entre concept et r\u00e9alit\u00e9 | Global Africa","og_description":"Introduction L\u2019expression \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb ou \u00ab\u2009smart city\u2009\u00bb est d\u00e9sormais un concept largement promu \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, et particuli\u00e8rement en Afrique, par une campagne de marketing orchestr\u00e9e par l\u2019entreprise am\u00e9ricaine IBM. Ce terme, souvent attribu\u00e9 \u00e0 la modernit\u00e9 et \u00e0 l\u2019innovation, a s\u00e9duit de nombreux d\u00e9cideurs africains qui l\u2019ont adopt\u00e9 pour fa\u00e7onner leurs villes. D\u00e8s lors, le concept devient presque une panac\u00e9e pour attirer les touristes et les investisseurs \u00e9trangers, souvent avec des promesses de solutions technologiques avanc\u00e9es et d\u2019un cadre de vie am\u00e9lior\u00e9. L\u2019id\u00e9e de smart city s\u2019est rapidement impos\u00e9e dans les discours politiques et \u00e9conomiques, bien que la d\u00e9finition et la mise en \u0153uvre de ce concept varient d\u2019un endroit \u00e0 un autre. Elle englobe une multitude d\u2019initiatives visant \u00e0 int\u00e9grer des technologies de l\u2019information et de la communication (TIC) pour am\u00e9liorer la gestion urbaine, la mobilit\u00e9, l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et la qualit\u00e9 de vie des citoyens. Cependant, cette vision souvent id\u00e9alis\u00e9e des smart cities se heurte \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 complexe en Afrique o\u00f9 les d\u00e9fis urbains sont nombreux. ll s\u2019agit alors de distinguer la smart city comme horizon politique et discursif, de sa mat\u00e9rialisation op\u00e9rationnelle. De nombreuses recherches soulignent que, dans les pays du Sud, la transposition de mod\u00e8les import\u00e9s doit composer avec des cadres juridiques, des capacit\u00e9s techniques et des cultures de gouvernance tr\u00e8s sp\u00e9cifiques (S\u00f6derstr\u00f6m et al., 2014 ; Odendaal, 2016). La question n\u2019est donc pas seulement de savoir \u00ab comment \u00bb int\u00e9grer la technologie dans la ville, mais \u00ab pour qui \u00bb, \u00ab \u00e0 quel rythme \u00bb et \u00ab selon quelles priorit\u00e9s \u00bb cette int\u00e9gration doit se faire. Ainsi, comment peut-on r\u00e9ellement comprendre le concept de smart city, et quelles sont ses implications concr\u00e8tes sur le terrain\u2009? L\u2019exemple de Diamniadio, une nouvelle ville en construction \u00e0 30 kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;est de Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal, constitue un terrain d\u2019observation privil\u00e9gi\u00e9 pour traiter cette question. Diamniadio illustre, depuis 2014, une ambition nationale de l\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal de cr\u00e9er une cit\u00e9 moderne int\u00e9grant les derni\u00e8res technologies pour devenir un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement urbain durable. Ce projet, soutenu par des partenariats publics-priv\u00e9s nationaux et internationaux, aspire \u00e0 transformer une zone autrefois rurale en un p\u00f4le urbain de r\u00e9f\u00e9rence. L\u2019article commence, apr\u00e8s avoir expliqu\u00e9 la m\u00e9thodologie employ\u00e9e, par une revue de la litt\u00e9rature scientifique et historique pour d\u00e9finir pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu\u2019est une smart city en analysant ses diff\u00e9rentes dimensions et ramifications. Ensuite, il \u00e9tudie comment ce concept se traduit concr\u00e8tement dans le cadre de la cr\u00e9ation de la ville nouvelle de Diamniadio, en exposant les d\u00e9fis, les avanc\u00e9es et les perspectives de ce projet. M\u00e9thodologie Une approche m\u00e9thodologique syst\u00e9matique a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9e, articulant une revue de la litt\u00e9rature et des entretiens pour analyser le projet de smart city \u00e0 Diamniadio. La recherche bibliographique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e via des bases de donn\u00e9es telles que Google Scholar, Scopus, en utilisant des termes de recherche comme \u00ab\u2009ville intelligente\u2009\u00bb, \u00ab\u2009smart city\u2009\u00bb, \u00ab\u2009transformation num\u00e9rique urbaine\u2009\u00bb, \u00ab\u2009Diamniadio\u2009\u00bb\u2026 Les crit\u00e8res de s\u00e9lection concernaient des publications acad\u00e9miques r\u00e9centes, des \u00e9tudes de cas africaines et internationales, et des articles traitant des infrastructures de base, des d\u00e9fis de r\u00e9alisation et des impacts socio-\u00e9conomiques des technologies intelligentes. Cette recherche bibliographique a permis d\u2019avoir un ancrage th\u00e9orique autour des principales dimensions constitutives du concept de smart city et les critiques r\u00e9currentes \u00e9mises \u00e0 son sujet, notamment dans les contextes du Sud global. En compl\u00e9ment de la revue documentaire, nous avons conduit des entretiens semi-directifs entre 2017 et 2020, dans le cadre de nos recherches doctorales, avec des acteurs cl\u00e9s du projet, notamment des responsables de la D\u00e9l\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale des p\u00f4les urbains (DGPU). Ces entretiens visaient \u00e0 recueillir des visions sp\u00e9cifiques sur les d\u00e9fis et les avanc\u00e9es du projet. Les donn\u00e9es collect\u00e9es, crois\u00e9es avec des documents institutionnels ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es qualitativement \u00e0 l\u2019aide de la m\u00e9thode d\u2019analyse de contenu, permettant de confronter les ambitions initiales du projet \u00e0 l\u2019\u00e9tat r\u00e9el de sa mise en \u0153uvre. Cette confrontation a \u00e9galement permis d\u2019identifier des points de convergence et de divergence entre le discours officiel, les observations de terrain et les r\u00e9alit\u00e9s constat\u00e9es dans d\u2019autres villes intelligentes africaines et internationales. Enfin, la posture r\u00e9flexive adopt\u00e9e au cours de la recherche a conduit \u00e0 interroger les conditions m\u00eames de production des donn\u00e9es et les biais possibles li\u00e9s \u00e0 la temporalit\u00e9 des entretiens, r\u00e9alis\u00e9s dans un contexte o\u00f9 le projet Diamniadio connaissait des avanc\u00e9es mais aussi des incertitudes politiques et financi\u00e8res (li\u00e9es au temps des acteurs institutionnels). Cette prudence interpr\u00e9tative vise \u00e0 garantir que les r\u00e9sultats trouv\u00e9s et les conclusions avanc\u00e9es restent contextualis\u00e9s et \u00e9vitent toute g\u00e9n\u00e9ralisation. D\u00e9finition du concept de \u00ab&nbsp;smart city&nbsp;\u00bb\u2009 La d\u00e9finition de smart city est complexe et varie selon les contextes. Selon Albino et al. (2015), il existe au moins vingt-trois (23) d\u00e9finitions diff\u00e9rentes de ce concept. Cette pluralit\u00e9 de perception du concept d\u00e9coule de la multidisciplinarit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la smart city englobant divers domaines de recherche (Angelidou, 2015). Initialement, cette notion \u00e9voque une ville \u00ab\u2009connect\u00e9e\u2009\u00bb, en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019acc\u00e8s au num\u00e9rique, \u00e0 la technologie et \u00e0 l\u2019Internet. Dupuy (1992) \u00e9voque m\u00eame \u00ab\u2009l\u2019informatisation de la ville\u2009\u00bb pour d\u00e9crire ce lien entre la ville et la technologie. Cette relation entre les deux semble \u00e9vidente, bien qu\u2019elle puisse englober une multitude d\u2019utilisations et de niveaux d\u2019appropriation (Douay &amp; Henriot, 2016). Ainsi, la smart city v\u00e9hicule un discours normalis\u00e9, une sorte \u00ab\u2009d\u2019imaginaire socio-technique\u2009\u00bb (Jasanoff &amp; Kim, 2015&nbsp;; Datta, 2015) forg\u00e9e par des entreprises technologiques afin d\u2019attirer des acteurs urbains et de conqu\u00e9rir de nouveaux march\u00e9s (Hollands,&nbsp;2015\u2009; Sadowski &amp; Bendor,&nbsp;2019\u2009; Wiig,&nbsp;2015), valorisant la connexion num\u00e9rique, la fluidit\u00e9 des mobilit\u00e9s, l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et la comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9conomique comme crit\u00e8res centraux de modernit\u00e9. Toutefois, cette projection id\u00e9alis\u00e9e tend \u00e0 invisibiliser les contraintes r\u00e9currentes des villes africaines : d\u00e9ficits d\u2019infrastructures de base, in\u00e9galit\u00e9s socio-spatiales, faiblesse de la planification participative (Watson, 2014 ; Robinson &amp; Parnell, 2019). En ce sens, la smart city, en tant que \u00ab label \u00bb (Vanolo, 2014), renvoie au marketing territorial qui ne garantit pas sa traduction effective en b\u00e9n\u00e9fices tangibles pour les populations locales. La smart city, en r\u00e9ponse \u00e0 divers d\u00e9fis d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques et environnementaux, est","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-04-26T00:02:09+00:00","og_image":[{"width":1280,"height":989,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/festi-asque-2025-84_54697862366_o-Grande.jpeg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"17 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/","name":"Diamniadio smart city\u00a0: entre concept et r\u00e9alit\u00e9 | Global Africa","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/festi-asque-2025-84_54697862366_o-Grande.jpeg","datePublished":"2025-09-20T09:55:00+00:00","dateModified":"2026-04-26T00:02:09+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/festi-asque-2025-84_54697862366_o-Grande.jpeg","contentUrl":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/festi-asque-2025-84_54697862366_o-Grande.jpeg","width":1280,"height":989},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-11\/diamniadio-smart-city-between-concept-and-reality\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/accueil\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Series issues","item":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/series-issues\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Diamniadio smart city\u00a0: entre concept et r\u00e9alit\u00e9"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/","name":"Global Africa","description":"Pan-African Scientific Journal","publisher":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/#organization","name":"Global Africa","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Globalafrica.png","contentUrl":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Globalafrica.png","width":1680,"height":750,"caption":"Global Africa"},"image":{"@id":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences"]}]}},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series-issues\/24820","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series-issues"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/series-issues"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25032"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24820"}],"wp:term":[{"taxonomy":"series-categories","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/series-categories?post=24820"},{"taxonomy":"cat-articles","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/cat-articles?post=24820"},{"taxonomy":"keywords","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/keywords?post=24820"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=24820"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}