{"id":24802,"date":"2025-12-20T08:03:46","date_gmt":"2025-12-20T08:03:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/decolonizing-humanitarian-aid-in-the-city-of-kongoussi-bam-province-burkina-faso-pottery-a-know-how-to-rebuild\/"},"modified":"2026-04-21T21:50:58","modified_gmt":"2026-04-21T21:50:58","slug":"decolonizing-humanitarian-aid-in-the-city-of-kongoussi-bam-province-burkina-faso-pottery-a-know-how-to-rebuild","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-12\/decolonizing-humanitarian-aid-in-the-city-of-kongoussi-bam-province-burkina-faso-pottery-a-know-how-to-rebuild\/","title":{"rendered":"D\u00e9coloniser l\u2019aide humanitaire dans la ville de Kongoussi\u00a0(province du Bam\/Burkina Faso)\u00a0: la poterie,\u00a0un savoir-faire \u00e0 reconstruire"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"viewer-9dio3430\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>En 1960, 17 territoires coloniaux d\u2019Afrique subsaharienne, dont la Haute-Volta devenue Burkina Faso, proclam\u00e8rent ce qu\u2019ils ont appel\u00e9 leur \u00ab&nbsp;ind\u00e9pendance&nbsp;\u00bb. Soixante ans apr\u00e8s, les peuples africains du \u00ab pr\u00e9 carr\u00e9 fran\u00e7ais \u00bb, surtout ceux du Burkina Faso, sont mont\u00e9s sur les barricades de la lutte pour r\u00e9clamer la souverainet\u00e9 et le droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans le concert des nations. Il s\u2019est agi davantage de d\u00e9noncer le colonialisme qui s\u2019est mu\u00e9 en n\u00e9ocolonialisme avec une continuation de l\u2019exploitation des ressources, l\u2019ing\u00e9rence dans la vie politique, \u00e9conomique, sociale, culturelle&#8230; Cette \u00e9bullition a atteint son point culminant au Burkina Faso avec l\u2019insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a secou\u00e9 les bases de l\u2019imp\u00e9rialisme, surtout fran\u00e7ais. Toutefois, le cordon ombilical qui ali\u00e8ne le devenir des peuples sera r\u00e9tabli avec une crise s\u00e9curitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Burkina Faso est secou\u00e9 par une crise s\u00e9curitaire depuis 2015. Cette crise s\u2019est manifest\u00e9e par la recrudescence des attaques terroristes tous azimuts ayant caus\u00e9 de nombreuses pertes civiles et militaires. Cette ins\u00e9curit\u00e9 a occasionn\u00e9 \u00e9galement des d\u00e9placements massifs de populations des zones de conflits vers les zones relativement calmes. Selon les statistiques du Comit\u00e9 national de secours d\u2019urgence et de r\u00e9habilitation (Conasur, 2023)<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, le nombre de personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI) s\u2019\u00e9levait \u00e0 2&nbsp;062&nbsp;534 au 31 mars 2023. Parmi les 2,06 millions de PDI, 494 000 se trouvent dans la r\u00e9gion du Centre-Nord (compos\u00e9e des provinces&nbsp;du Bam, du Namentenga et du Sanmatenga) principalement regroup\u00e9es dans les chefs-lieux de ces trois provinces, selon la m\u00eame source. Cette r\u00e9gion est la plus grande zone d\u2019accueil apr\u00e8s celle du Sahel. Cette crise a affect\u00e9 toutes les couches de la population, qu\u2019elles vivent en milieu urbain ou rural, et a boulevers\u00e9 les fondements, en particulier l\u2019organisation socioculturelle des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>L\u2019\u00e9tude des savoirs des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles montre que leur production rev\u00eat des enjeux d\u2019ordre politique, \u00e9conomique et culturel (Sarr, 2022). Ces savoirs traditionnels sont ancr\u00e9s dans la vie des communaut\u00e9s et impliquent plusieurs domaines, dont la poterie, des objets fabriqu\u00e9s \u00e0 partir d\u2019argile. Comme l\u2019art du tissage chez les femmes berb\u00e8res en Afrique du Nord (Sadiqi, 2022), la poterie est une activit\u00e9 qui rythme le quotidien des femmes de la caste des forgerons de la commune de Kongoussi \u00e0 travers la fabrication d\u2019objets d\u00e9di\u00e9s aux vivants, aux morts et aux dieux. L\u2019\u00e9volution morphologique et fonctionnelle refl\u00e8tent celles des soci\u00e9t\u00e9s auxquelles appartiennent ces poteries. Ainsi, la production du savoir maintient et reproduit un ordre politique, un ordre \u00e9conomique et un ordre social (Sarr, 2022). Ces ordres se trouvent boulevers\u00e9s par la crise s\u00e9curitaire qui a occasionn\u00e9 des d\u00e9placements forc\u00e9s et massifs de populations. Dans les \u00ab&nbsp;bases de vie&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>, qu\u2019elles soient formelles ou non, le quotidien des populations a pratiquement chang\u00e9 en mati\u00e8re de pratiques culturelles, et l\u2019urgence semble \u00eatre la lutte autour des besoins existentiels de base (logements, nourriture, soins de sant\u00e9, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour faire face aux besoins des populations affect\u00e9es, le pays s\u2019appuie sur les organisations humanitaires internationales (OHI), dont les actions font de plus en plus l\u2019objet de critiques, car les modalit\u00e9s d\u2019action sont jug\u00e9es non \u00e9galitaires et teint\u00e9es de colonialisme (Ngouana, 2020). Dans la ville de Kongoussi, les sites de Lioudougou et de Loulouka abritent, depuis leur implantation en 2019, des populations venues d\u2019au moins trois provinces<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. Ces populations pr\u00e9sentent une diversit\u00e9 de pens\u00e9es, de visions du monde, de mani\u00e8res d\u2019\u00eatre, ainsi que des modes distincts d\u2019acquisition et de transmission des connaissances.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sente r\u00e9flexion aborde la poterie comme un r\u00e9ceptacle \u00e0 la fois culturel et \u00e9conomique avant la crise, et explore l\u2019impact de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 sur cet artisanat f\u00e9minin. Dans le grand groupe <em>moaga<\/em>, la langue constitue un trait d\u2019union, mais des individualit\u00e9s se d\u00e9gagent. La&nbsp;poterie, artisanat f\u00e9minin li\u00e9 \u00e0 la cosmologie, y est omnipr\u00e9sente. Qu\u2019ils s\u2019agissent des usages quotidiens ou des cultes saisonniers d\u00e9di\u00e9s aux anc\u00eatres et au monde invisible, la poterie demeure un r\u00e9cipient incontournable dans la vie des habitants de Kongoussi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Terrain de recherche<\/h2>\n\n\n\n<p>Le Burkina Faso est un pays qui regorge de cultures riches et vari\u00e9es se manifestant \u00e0 travers des poteries, t\u00e9moins d\u2019une histoire couvrant les p\u00e9riodes les plus anciennes comme les plus r\u00e9centes (Kot\u00e9, 2000, 2019\u2009; Sawadogo, 2015, 2019). Le patrimoine culturel constitue un ensemble vaste et diversifi\u00e9. Il inclut les biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels h\u00e9rit\u00e9s du pass\u00e9. Selon l\u2019Unesco, le patrimoine culturel d\u00e9signe les&nbsp;artefacts, les monuments, les groupes de b\u00e2timents et les sites, ainsi que les mus\u00e9es,&nbsp;qui se distinguent par leurs valeurs diverses, notamment leurs significations symboliques, historiques, artistiques, esth\u00e9tiques, ethnologiques ou anthropologiques, scientifiques et sociales. Depuis 2015, le pays traverse une crise s\u00e9curitaire marqu\u00e9e par une s\u00e9rie d\u2019attaques terroristes de plus en plus violentes. Parmi les r\u00e9gions du pays les plus touch\u00e9es figure notamment celle du Centre-Nord o\u00f9 se situe la ville de Kongoussi. Cette ville a \u00e9t\u00e9 choisie en raison de sa localisation dans une zone particuli\u00e8rement touch\u00e9e par la crise s\u00e9curitaire apr\u00e8s celle du Sahel (Ocha, 2024). Selon le rapport d\u2019Ocha de janvier 2024, Kongoussi figure parmi les villes h\u00f4tes de nombreuses personnes d\u00e9plac\u00e9es internes venues des villages o\u00f9 la poterie est active (Sawadogo, 2015, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>La ville de Kongoussi est le chef-lieu de la commune du m\u00eame nom (carte n\u00b0&nbsp;1). Elle compte sept secteurs avec une population estim\u00e9e \u00e0 plus de 53\u2009627&nbsp;habitants, selon les donn\u00e9es du cinqui\u00e8me Recensement g\u00e9n\u00e9ral de la population et de l\u2019habitat de 2019 (INSD<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, 2023, p. 38). C\u2019est une ville durement \u00e9prouv\u00e9e par la crise, \u00e0 travers l\u2019accueil de dizaines de milliers de PDI en provenance d\u2019au moins quatre communes. Depuis 2019, Kongoussi est consid\u00e9r\u00e9e comme une ville h\u00f4te du fait de cet afflux de populations fuyant les violences des groupes arm\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>En ce qui concerne les groupes linguistiques, il existe deux grandes communaut\u00e9s&nbsp;: les Moose et les Peuls(PCD<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>, 2018). Au sein de ces deux ensembles, plusieurs sous-groupes se distinguent par leurs pratiques socioculturelles. Ces populations exercent principalement des activit\u00e9s de subsistance, telles que l\u2019agriculture vivri\u00e8re et l\u2019\u00e9levage extensif, tous deux largement tributaires des al\u00e9as climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"965\" height=\"680\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-24803\" style=\"aspect-ratio:1.4191474028493818;width:538px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image.jpg 965w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image-300x211.jpg 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image-768x541.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 965px) 100vw, 965px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Carte\u00a0n\u00b0\u00a01\u00a0: Localisation de la ville de Kongoussi<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Source : IGB\/BNDT 2012\u00a0; OSM<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9thodologie de recherche<\/h2>\n\n\n\n<p><a><\/a>Dans le cadre de l\u2019analyse de la question de la protection du patrimoine dans la dynamique de d\u00e9ploiement de l\u2019action humanitaire, une approche ethnographique compl\u00e9t\u00e9e par une recherche documentaire a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9e. L\u2019\u00e9tude adopte une d\u00e9marche qualitative, prenant en compte plusieurs variables&nbsp;: le sexe, l\u2019\u00e2ge, la profession et l\u2019origine des participants. La taille de l\u2019\u00e9chantillon a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e par la saturation des donn\u00e9es. Au total, une centaine de personnes ont \u00e9t\u00e9 concern\u00e9es par la collecte des donn\u00e9es. Les entretiens ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s individuellement et en groupe de discussion. Ce mode particulier de production des donn\u00e9es repose pour l\u2019essentiel sur des interactions prolong\u00e9es entre le chercheur en personne et le \u00ab milieu \u00bb qu\u2019il \u00e9tudie (Olivier de Sardan, 1995). Les entretiens ont concern\u00e9, d\u2019une part, les responsables des services d\u00e9concentr\u00e9s de l\u2019action humanitaire, de la municipalit\u00e9, de la culture et des OHI intervenant dans la ville sur les m\u00e9canismes de d\u00e9ploiement<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> de l\u2019aide. D\u2019autre part, des poti\u00e8res, des responsables coutumiers, des personnes ressources et des consommateurs ont \u00e9t\u00e9 concern\u00e9s. Les uns sur les m\u00e9canismes endog\u00e8nes de solidarit\u00e9 et les autres sur leur r\u00f4le administratif dans la prise en compte de ces m\u00e9canismes dans le d\u00e9ploiement de l\u2019aide. Les informateurs ont \u00e9t\u00e9 anonymis\u00e9s<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> en raison de la crise s\u00e9curitaire et des enjeux li\u00e9s \u00e0 l\u2019aide humanitaire pour les populations dans ce contexte. Deux quartiers, Lioudougou (secteur n\u00b0 5) et Loulouka (secteur n\u00b0 1), ont \u00e9t\u00e9 concern\u00e9s par la collecte. Ces deux secteurs ont \u00e9t\u00e9 choisis du fait de leur position p\u00e9riph\u00e9rique et de leur anciennet\u00e9 dans l\u2019accueil des PDI. L\u2019analyse des donn\u00e9es collect\u00e9es a permis de comprendre les modalit\u00e9s de d\u00e9ploiement de l\u2019action humanitaire, les m\u00e9canismes endog\u00e8nes de gestion de la solidarit\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9coloniser l\u2019aide en tenant compte des besoins r\u00e9els des populations impact\u00e9es. La poterie a \u00e9t\u00e9 un marqueur socio-\u00e9conomique et culturel avant la crise s\u00e9curitaire. Elle a ainsi jou\u00e9 plusieurs r\u00f4les dans la vie des populations de Kongoussi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La poterie dans le quotidien des hommes<\/h2>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le Burkina Faso regorge d\u2019un patrimoine culturel (biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels) riche et vari\u00e9 couvrant les p\u00e9riodes anciennes et r\u00e9centes (Simpor\u00e9, 2005&nbsp;; Kot\u00e9, 2019). La poterie est pr\u00e9sente dans le quotidien de l\u2019Homme depuis la p\u00e9riode pr\u00e9historique. Elle est un r\u00e9ceptacle d\u2019informations. Son \u00e9volution refl\u00e8te celle des soci\u00e9t\u00e9s. Les humains s\u2019en sont servis et s\u2019en servent encore dans leur quotidien. La naissance et l\u2019histoire des artisans sp\u00e9cialis\u00e9s dans cet artisanat sont souvent m\u00eal\u00e9es \u00e0 des r\u00e9cits mythiques et l\u00e9gendaires dans beaucoup de soci\u00e9t\u00e9s contemporaines. C\u2019est pourquoi elle joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la compr\u00e9hension du v\u00e9cu humain.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la province du Bam, en g\u00e9n\u00e9ral, le travail de l\u2019argile a un visage f\u00e9minin, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il est d\u00e9volu aux femmes de la caste des forgerons, soumises \u00e0 un r\u00e9gime matrimonial endogame (Sawadogo, 2015, 2019). La poterie demeure un attribut plus qu\u2019un m\u00e9tier pour ces femmes forgeronnes. La production est de type artisanal avec beaucoup d\u2019ustensiles de cuisine utilis\u00e9s surtout en milieu rural et m\u00eame par certaines personnes de la ville. Avant la crise s\u00e9curitaire, dans le quotidien des populations de Kongoussi, la poterie \u00e9tait omnipr\u00e9sente en tant qu\u2019activit\u00e9 rev\u00eatant un caract\u00e8re culturel et \u00e9conomique (Sawadogo, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Du point de vue culturel, la poterie est d\u2019abord un artisanat \u00e0 caract\u00e8re utilitaire. La production locale correspond aux cat\u00e9gories fonctionnelles destin\u00e9es \u00e0 l\u2019usage quotidien. Dans la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 pratiques ancestrales et modernit\u00e9 se c\u00f4toient, la poterie demeure pr\u00e9sente dans le quotidien des femmes et des hommes. Les r\u00e9cipients sont utilis\u00e9s comme ustensiles de cuisine pour la cuisson et le service des repas, le stockage des c\u00e9r\u00e9ales, le transport des liquides, etc. Ensuite, la pr\u00e9sence de la poterie dans le quotidien des populations montre de mani\u00e8re significative l\u2019importance du changement d\u2019\u00e9tat de la mati\u00e8re en parall\u00e9lisme avec le corps humain dans la cosmologie des \u00ab&nbsp;groupes cast\u00e9s<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;non cast\u00e9s<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb de Kongoussi. Dans la cosmologie des m\u00e9tallurgistes dont font partie les poti\u00e8res, le changement de l\u2019\u00e9tat de la mati\u00e8re au cours de la cha\u00eene op\u00e9ratoire de la poterie est li\u00e9 \u00e0 celui du corps humain. De fa\u00e7on m\u00e9taphorique, Gosselain (1999) d\u00e9crit ces changements de la mati\u00e8re, en humide\/sec, mou\/dur, chaud\/froid, sourd\/aigu, en relation avec ceux du corps humain (menstruation, grossesse, apparition des dents chez les nouveau-n\u00e9s, circoncision). Des transformations s\u2019op\u00e8rent donc au sein d\u2019un m\u00eame corps \u00e0 chaque \u00e9tape de la vie de l\u2019\u00eatre humain. Un patriarche (Z. R. S.<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>) de la caste des forgerons nous confie que, pour un adolescent par exemple, c\u2019est apr\u00e8s le rite de circoncision qu\u2019il est consid\u00e9r\u00e9 comme un homme. En outre, lors des naissances, une poterie est utilis\u00e9e pour enterrer le <em>naaba<\/em> ou z<em>\u00e3nre<\/em> (placenta). Cet acte relie le nouveau-n\u00e9 \u00e0 la terre d\u2019o\u00f9 il serait issu, selon S.&nbsp;R.&nbsp;R.<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>. Aussi, les soins traditionnels prodigu\u00e9s au b\u00e9b\u00e9 pour le prot\u00e9ger de la mauvaise langue, du mauvais \u0153il et des maladies ne sont efficaces que si les tisanes sont pr\u00e9par\u00e9es dans une poterie, indique K.&nbsp;M.&nbsp;T.<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. Elle ajoute que,&nbsp;dans les croyances populaires, le fer ou l\u2019aluminium sont des mat\u00e9riaux qui chauffent vite et peuvent alt\u00e9rer la d\u00e9coction et rendre le b\u00e9b\u00e9 malade, c\u2019est pourquoi il faut \u00e0 tout prix utiliser une poterie pour \u00e9viter les maladies au nouveau-n\u00e9<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame pour ceux qui disposent de moyens pour acqu\u00e9rir des r\u00e9cipients \u00e0 base d\u2019autres mat\u00e9riaux, la poterie reste un marqueur culturel. Dans les cas de naissances de jumeaux, des poteries g\u00e9mellaires (accol\u00e9es et de m\u00eames dimensions) sont sp\u00e9cialement fa\u00e7onn\u00e9es pour les nouveau-n\u00e9s, consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00eatres surnaturels dot\u00e9s de pouvoirs (Damou\u00e9, 2020). L\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement envers les jumeaux est un rituel justifi\u00e9 par la volont\u00e9 de pr\u00e9server cette \u00e9galit\u00e9 intrins\u00e8que (Ou\u00e9draogo, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>Le mariage marque un nouveau d\u00e9part dans la vie d\u2019un jeune homme ou d\u2019une jeune femme au cours duquel la poterie est pr\u00e9sente \u00e9galement, nous indique K.&nbsp;N.<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>. En effet, une nouvelle poterie (jarre qui sert \u00e0 stocker l\u2019eau dans la chambre nuptiale) qui symbolise ce nouveau d\u00e9part est une pratique humaine historiquement reconnue dans la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle <em>moaga<\/em> dans son ensemble sans distinction de groupes socioprofessionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Kongoussi, selon les informations recueillies, c\u2019est au sein de la caste des forgerons que la poterie est plus visible lors des c\u00e9r\u00e9monies fun\u00e8bres, m\u00eame si les autres groupes en font \u00e9galement usage. Les pratiques des religions r\u00e9v\u00e9l\u00e9es ne sont pas prises en compte dans cette \u00e9tude. Toutefois, la fronti\u00e8re entre les diff\u00e9rentes pratiques est souvent t\u00e9nue, dans la mesure o\u00f9 les m\u00eames populations sont \u00e0 la crois\u00e9e de plusieurs religions. Le syncr\u00e9tisme religieux est une r\u00e9alit\u00e9 pour ces populations. Les choix sont op\u00e9r\u00e9s en fonction des enjeux. La douche mortuaire, le d\u00e9p\u00f4t des offrandes et l\u2019inhumation sont autant d\u2019\u00e9tapes au cours desquelles la poterie est omnipr\u00e9sente. Pour l\u2019inhumation des patriarches des clans, des poteries sont utilis\u00e9es&nbsp;: on distingue notamment une jarre-cercueil, destin\u00e9e \u00e0 contenir un corps entier, et les poteries servant \u00e0 recevoir les offrandes. Lorsqu\u2019une poti\u00e8re d\u00e9c\u00e8de, une terrine est utilis\u00e9e comme st\u00e8le fun\u00e9raire pour mat\u00e9rialiser sa tombe.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon plusieurs recherches arch\u00e9ologiques, la poterie accompagne les morts depuis plusieurs mill\u00e9naires au Burkina Faso (Andah, 1973\u2009; Kieth\u00e9ga et al., 1993\u2009; Lingan\u00e9, 1995\u2009; Kot\u00e9, 2000). Kongoussi fait partie des zones o\u00f9 ces recherches ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es. Pour les nouveau-n\u00e9s, les tombes sont identifi\u00e9es par un pot dont le fond est perfor\u00e9. La poterie rev\u00eat \u00e9galement un caract\u00e8re cultuel. En effet, lors des rites saisonniers d\u00e9di\u00e9s aux anc\u00eatres et aux divinit\u00e9s, les r\u00e9cipients utilis\u00e9s sont exclusivement en terre cuite. La poterie constitue \u00e0 ce titre une expression de la dynamique historique et culturelle des soci\u00e9t\u00e9s pass\u00e9es et actuelles de Kongoussi. Les relations entre l\u2019homme et l\u2019argile sont si \u00e9troites que la Bible rapporte que Dieu cr\u00e9a l\u2019homme \u00e0 partir de cette mati\u00e8re (Manga, 2013). Mais au-del\u00e0 de ses fonctions cultuelle et culturelle, la poterie joue \u00e9galement un r\u00f4le \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Kongoussi, la poterie est une activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de revenus pour les poti\u00e8res (Sawadogo, 2019). Les revenus issus de la vente des r\u00e9cipients leur assurent une certaine autonomie financi\u00e8re et permettent, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de subvenir aux besoins les plus pressants de la famille (Sawadogo, 2015). Ces revenus contribuent surtout \u00e0 l\u2019acquisition de certaines denr\u00e9es de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 (ma\u00efs, mil, riz, huile, savon\u2026), des v\u00eatements, des chaussures ou des parures. Ils contribuent \u00e9galement \u00e0 la satisfaction d\u2019autres besoins sociaux de base, tels que la sant\u00e9 et l\u2019\u00e9ducation, notamment pour les enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, la poterie est une activit\u00e9 multifonctionnelle dans la ville de Kongoussi. Ses fonctions sont, \u00e0 la fois, d\u2019ordre \u00e9conomique, culturel et cultuel. C\u2019est pourquoi elle est transmise au fil des g\u00e9n\u00e9rations. Malheureusement, la crise s\u00e9curitaire la met \u00e0 rude \u00e9preuve. Entre l\u2019arriv\u00e9e massive de r\u00e9cipients en plastique, en fer, en acier inoxydable ou en aluminium distribu\u00e9s par les OHI aux PDI, et l\u2019impossibilit\u00e9 de travailler l\u2019argile, les poti\u00e8res voient leur industrie \u2014 source de revenus et marqueur identitaire \u2014 dispara\u00eetre peu \u00e0 peu, entra\u00eenant avec elle l\u2019effacement progressif de leur savoir-faire. Les humanitaires sont nombreux dans la ville de Kongoussi et leurs actions couvrent plusieurs domaines.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le dispositif humanitaire dans la ville de Kongoussi<\/h2>\n\n\n\n<p>Les organisations qui interviennent dans la ville de Kongoussi comprennent notamment les structures administratives nationales et locales, les organismes des Nations unies ainsi que les organisations non gouvernementales (ONG) locales, nationales, et internationales. Les OHI r\u00e9pondent ainsi aux appels \u00e0 la solidarit\u00e9 en apportant leur contribution \u00e0 la gestion des populations dans le contexte de crise s\u00e9curitaire (Djohy, 2020). Elles entreprennent des initiatives d\u2019urgence ou de r\u00e9silience, en lien avec leurs domaines d\u2019intervention que sont le Cash (transferts mon\u00e9taires), le Wash (eau, hygi\u00e8ne et assainissement), l\u2019approvisionnement en vivres (s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et nutritionnelle) et en non-vivres (abris temporaires ou durables, mat\u00e9riaux de construction divers), la prise en charge sanitaire et psychologique, l\u2019\u00e9ducation et la protection de la m\u00e8re et de l\u2019enfant (Djohy, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Le syst\u00e8me des Nations unies joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la gestion des crises humanitaires en contexte de guerre ou de crise s\u00e9curitaire. \u00c0 travers plusieurs de ses structures, il apporte un appui technique et financier, et contribue, par des appuis sp\u00e9cifiques, \u00e0 la mise en \u0153uvre de divers projets et activit\u00e9s en faveur des sinistr\u00e9s et des groupes vuln\u00e9rables (Djohy, 2020, p.&nbsp;101). Ainsi, les PDI affect\u00e9es par la crise s\u00e9curitaire dans la ville de Kongoussi b\u00e9n\u00e9ficient de multiples appuis dans diff\u00e9rents domaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Fonds des Nations unies pour l\u2019enfance (Unicef, 2023) s\u2019occupe particuli\u00e8rement des enfants, en privil\u00e9giant la prise en charge sanitaire, psychosociale et \u00e9ducationnelle. Quant au Programme alimentaire mondial (PAM), il se focalise souvent sur le volet alimentaire et joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans la mobilisation et la distribution de vivres et la prise en charge nutritionnelle lorsqu\u2019il juge pertinente l\u2019intervention. En ce qui concerne le Haut-Commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (HCR), il est connu dans la zone pour sa r\u00e9ponse humanitaire en mati\u00e8re d\u2019acc\u00e8s aux abris d\u2019urgence.<\/p>\n\n\n\n<p>Hormis le syst\u00e8me des Nations Unies, d\u2019autres structures humanitaires internationales interviennent dans les domaines mentionn\u00e9s ci-dessus, dans le cadre de la crise s\u00e9curitaire dans la ville de Kongoussi. Il s\u2019agit de Norwegian Refugee Council (NRC), Save the Children, Welt Hunger Hilfe, M\u00e9decins sans fronti\u00e8res (MSF), Solidarit\u00e9s international (SI), M\u00e9decins du monde (MdM), Adventist Development and Relief Agency (Adra), Plan Burkina, Catholic Relief Services (CRS), etc. Ces organisations ont chacune leur repr\u00e9sentation locale qui travaille selon un plan d\u2019intervention sp\u00e9cifique. Mais elles interagissent \u00e9galement lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019apporter des solutions transversales. L\u2019ensemble des activit\u00e9s organis\u00e9es s\u2019inscrit dans une perspective de survie ou de r\u00e9silience pour les PDI et des populations h\u00f4tes. Les interventions habituelles se r\u00e9sument pour l\u2019essentiel \u00e0 la distribution de vivres ou de \u00ab&nbsp;kits de dignit\u00e9<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb pour l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des b\u00e9n\u00e9ficiaires. En revanche, des ONG telles que Welt Hunger Hilfe (WHH) se d\u00e9marquent en menant des activit\u00e9s entrant dans le cadre de la coh\u00e9sion sociale, du vivre ensemble entre les diff\u00e9rentes communaut\u00e9s dans les zones d\u2019accueil. M. K., l\u2019un des responsables de cette ONG, mentionne que la journ\u00e9e des communaut\u00e9s est organis\u00e9e en collaboration avec la direction provinciale de la Culture, des Arts et du Tourisme, des services de l\u2019Action humanitaire et des autorit\u00e9s administratives et coutumi\u00e8res de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette journ\u00e9e est une initiative qui se tient chaque ann\u00e9e dans la ville de Kongoussi pour promouvoir la coh\u00e9sion sociale, le vivre-ensemble et la r\u00e9silience des communaut\u00e9s (PDI et populations h\u00f4tes) dans un contexte de crise s\u00e9curitaire. Selon K. M., \u00ab&nbsp;cette initiative a pour objectif de permettre aux diff\u00e9rents groupes sociaux de se c\u00f4toyer et de pr\u00e9senter leur richesse culturelle&nbsp;: les savoirs et les savoir-faire tels que les arts vestimentaires et culinaires&nbsp;\u00bb<em>.<\/em> C\u2019est pourquoi, de nombreux acteurs de la communaut\u00e9 humanitaire internationale s\u2019accordent aujourd\u2019hui \u00e0 dire que les r\u00e9ponses humanitaires doivent \u00eatre construites \u00e0 partir des valeurs et des institutions des populations touch\u00e9es par les d\u00e9sastres (Unesco, 2011). Dans tous les cas, le moins que l\u2019on puisse dire est que cette solidarit\u00e9 dite internationale ne tient pas compte du contexte culturel dans lequel elle se d\u00e9ploie. Elle s\u2019y heurte d\u2019ailleurs parfois. On sait que les OHI ont des principes d\u2019intervention et des codes de conduite. Malheureusement, ces principes et ces codes sont con\u00e7us loin des r\u00e9alit\u00e9s locales, ce qui explique la difficult\u00e9 pour ces humanitaires de les comprendre et de les int\u00e9grer. Le peuvent-ils et le souhaitent-ils d\u2019ailleurs&nbsp;? Nul n\u2019a encore apport\u00e9 de r\u00e9ponse \u00e0 cette question. Pourtant, la conception que les populations se font de la solidarit\u00e9 n\u2019est pas la m\u00eame partout et ne saurait prendre la m\u00eame forme.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019aide existe \u00e9galement dans le contexte traditionnel \u00e0 Kongoussi. Elle est appel\u00e9e <em>s\u00f5ngre<\/em><a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>en languemoor\u00e9,dans la province du Bam au Burkina Faso. Le <em>s\u00f5ngre<\/em> au sens large, renvoie aux m\u00e9canismes endog\u00e8nes de solidarit\u00e9, de droits humains, de prise en charge psychosociale, de transmission des savoirs et des savoir-faire culturels, etc. Ces formes de solidarit\u00e9 et ces pratiques culturelles sont le produit de l\u2019expression de l\u2019histoire, de la politique et des transformations \u00e9conomiques de l\u2019Afrique (Aina &amp; Moyo, 2013). Cette diversit\u00e9 culturelle, \u00e9cologique, \u00e9conomique et politique refl\u00e8te des entit\u00e9s sociales dynamiques, en constante \u00e9volution au fil du temps (Aina &amp; Moyo, 2013). Aina et Moyo expliquent&nbsp;\u00e9galement que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>La philanthropie, quelle que soit sa d\u00e9finition et quelle que soit sa forme, ne fonctionne pas dans le vide. Elle existe et s\u2019exprime dans un contexte social et historique. L\u2019histoire, la politique, la culture et l\u2019\u00e9conomie d\u00e9finissent tous, \u00e0 plus ou moins grande \u00e9chelle, les vari\u00e9t\u00e9s d\u2019exp\u00e9riences philanthropiques trouv\u00e9es dans n\u2019importe quelle soci\u00e9t\u00e9 ou groupe(s) de soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les pratiques humanitaires pens\u00e9es et appliqu\u00e9es par les OHI et leurs relais locaux peuvent ne pas \u00eatre en phase avec les sp\u00e9cificit\u00e9s des diff\u00e9rentes communaut\u00e9s. Les pratiques actuelles observ\u00e9es dans la ville de Kongoussi semblent corroborer ces aspects, notamment en mati\u00e8re d\u2019estimation des besoins humanitaires des PDI et des populations h\u00f4tes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Discussion<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019aide est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 plusieurs millions de dollars (Ocha, 2024) et orient\u00e9e, pour l\u2019essentiel, vers les services sociaux de base. D\u2019o\u00f9 la pertinence de s\u2019interroger sur les raisons de la complexit\u00e9 des interventions humanitaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, les structures humanitaires consid\u00e8rent la survie de mani\u00e8re classique comme \u00e9tant compos\u00e9e uniquement de besoins mat\u00e9riels et psychologiques. Ensuite, les sources de financement de l\u2019action humanitaire&nbsp;\u2014 qu\u2019il s\u2019agisse de dons provenant de personnes physiques ou morales \u2014&nbsp;v\u00e9hiculent et sous-tendent des principes id\u00e9ologiques et politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Les besoins en situation d\u2019urgence sont \u00e9galement d\u00e9finis par des standards humanitaires inspir\u00e9s par la vision du monde de ceux qui donnent.<\/p>\n\n\n\n<p>Souvent, la distribution de certains articles et vivres n\u2019atteint pas les effets escompt\u00e9s. Cependant, la situation d\u2019urgence contraint les b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00e0 s\u2019en accommoder. D\u00e8s lors, la philanthropie, quelle qu\u2019en soit la d\u00e9finition ou la forme, ne fonctionne pas dans le vide. Elle existe et s\u2019exprime dans un contexte social et historique (Aina &amp; Moyo, 2013). L\u2019histoire, la politique, la culture et l\u2019\u00e9conomie d\u00e9finissent, \u00e0 plus ou moins grande \u00e9chelle, les vari\u00e9t\u00e9s d\u2019exp\u00e9riences philanthropiques observ\u00e9es dans n\u2019importe quelle soci\u00e9t\u00e9 ou groupe de soci\u00e9t\u00e9s, expliquent Aina et Moyo. Cela s\u2019explique par le fait que donner, que ce soit pour aider ou transformer, constitue une expression des relations politiques et \u00e9conomiques. Les formes et les pratiques du don sont socialement construites et modifi\u00e9es (Aina &amp; Moyo, 2013). Selon Aina et Moyo, les dons sont souvent exprim\u00e9s et d\u00e9finis par la mani\u00e8re dont l\u2019histoire a fa\u00e7onn\u00e9 les relations entre groupes et individus, et, par cons\u00e9quent, leurs positions sociales, leur acc\u00e8s et leurs opportunit\u00e9s de richesse, leurs biens mat\u00e9riels et culturels, ainsi que les rapports de pouvoir et de privil\u00e8ge. Les formes et les pratiques institutionnalis\u00e9es du don et les relations sociales qu\u2019elles v\u00e9hiculent ne sont ni innocentes ni neutres (Aina &amp; Moyo, 2013).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, au-del\u00e0 des conflits arm\u00e9s, des guerres d\u2019agression et des luttes d\u2019annexion territoriale motiv\u00e9es par des consid\u00e9rations \u00e9conomiques ou g\u00e9ostrat\u00e9giques, la question de l\u2019acculturation des peuples \u00e9conomiquement vuln\u00e9rables demeure pos\u00e9e. C\u2019est dans ce sens que l\u2019humanitaire peut \u00eatre per\u00e7u comme un outil de colonisation. Ce n\u00e9ocolonialisme s\u2019exprime \u00e0 travers les modes de d\u00e9ploiement de l\u2019aide humanitaire. L\u2019aide, au-del\u00e0 de la question de la survie qu\u2019elle traite, impose souvent des habitudes nouvelles et exog\u00e8nes, ainsi que des formes de d\u00e9pendance chez les b\u00e9n\u00e9ficiaires. Pour revenir au cas sp\u00e9cifique de la poterie, le constat est que les sites de PDI ainsi que les concessions des populations h\u00f4tes sont d\u00e9sormais envahis par des r\u00e9cipients en plastique, en fer ou en aluminium. Les poti\u00e8res, qui n\u2019ont plus acc\u00e8s \u00e0 l\u2019argile, perdent \u00e0 la fois leurs biens, leurs savoirs et leur savoir-faire. Dans les c\u00e9r\u00e9monies cultuelles et culturelles, les communaut\u00e9s remplacent le pot d\u2019argile par le pot en plastique distribu\u00e9 par les acteurs humanitaires. Certaines pratiques culturelles ne sont simplement plus perp\u00e9tu\u00e9es. La cha\u00eene de transmission se trouve alors interrompue.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, il devient pertinent de parler de la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9coloniser l\u2019aide humanitaire. Il doit bien \u00eatre possible de concevoir une action humanitaire en prenant en compte le contexte, de promouvoir la solidarit\u00e9 dans le respect des cultures locales et d\u2019intervenir sans rompre la cha\u00eene des savoirs dans les communaut\u00e9s. La crise s\u00e9curitaire a renforc\u00e9 le tissu humanitaire dans les zones les plus affect\u00e9es, comme la province du Bam, et ce, dans plusieurs domaines, comme l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, le Wash, le Cash, la nutrition, entre autres. Au-del\u00e0 de ces secteurs, en contexte de crise s\u00e9curitaire, la culture est \u00e9galement un levier essentiel dont la prise en charge permettrait une meilleure organisation de la vie communautaire, tant dans les sites d\u2019accueil (bases de vie) qu\u2019au sein des populations locales.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, le patrimoine mat\u00e9riel et immat\u00e9riel constitue une expression vivante des savoirs et des savoir-faire, des h\u00e9ritages culturels \u00e0 transmettre, y compris en temps de crise. C\u2019est pourquoi les actions humanitaires ne devraient plus se limiter \u00e0 la distribution de vivres, d\u2019articles divers ou \u00e0 la promotion de la coh\u00e9sion sociale, mais elles gagneraient \u00e0 int\u00e9grer \u00e9galement des processus de transmission, de valorisation et de protection des savoirs et savoir-faire afin de pr\u00e9server la m\u00e9moire collective. Il est pertinent de montrer que l\u2019\u00e9tude des liens entre culture et paix permet, dans les situations d\u2019urgence, de mieux comprendre les dynamiques d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et de proposer des sc\u00e9narios d\u2019intervention adapt\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s culturelles (comportements humains). Lesb\u00e9n\u00e9ficiaires se contentent souvent de ce qui leur est propos\u00e9 sur le plan mat\u00e9riel. Or, l\u2019acte constitutif de l\u2019Unesco (2002, 2011, 2016) repose sur l\u2019id\u00e9e fondamentale que la culture, en favorisant la compr\u00e9hension et l\u2019entente mutuelles entre les peuples, joue un r\u00f4le essentiel afin que la suspicion et la m\u00e9fiance entre les nations ne conduisent plus, comme dans le pass\u00e9, \u00e0 la guerre, car, affirme-t-elle, \u00ab\u2009les guerres prenant naissance dans l\u2019esprit des hommes, c\u2019est dans l\u2019esprit des hommes que doivent \u00eatre \u00e9lev\u00e9es les d\u00e9fenses de la paix\u2009\u00bb (Unesco, 2005). Toutefois, la culture, cens\u00e9e contribuer \u00e0 un monde plus pacifique, se trouve elle-m\u00eame menac\u00e9e par la guerre, \u00e0 travers la destruction des biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels qui en constituent le t\u00e9moignage. Ainsi, la guerre a toujours constitu\u00e9 un danger pour l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des pratiques culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a>Dans une perspective synchronique, l\u2019action humanitaire, dans son format actuel, est d\u2019une grande port\u00e9e pour l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie et d\u2019existence des populations affect\u00e9es par les contextes critiques de conflit. Cependant, ses modalit\u00e9s varient selon qu\u2019il s\u2019agit d\u2019interventions d\u2019urgence, destin\u00e9es \u00e0 la survie imm\u00e9diate des populations affect\u00e9es, ou d\u2019interventions \u00e0 plus long terme, visant \u00e0 permettre aux communaut\u00e9s vuln\u00e9rables d\u2019assumer de mani\u00e8re autonome la satisfaction de leurs besoins fondamentaux (Djohy, 2020, p.&nbsp;89).<\/p>\n\n\n\n<p>Or, pour la construction d\u2019une identit\u00e9 culturelle, les populations h\u00f4tes et les PDI mettent du temps pour int\u00e9grer les bouleversements et la reconstruction. Lynch (2022) inscrit la r\u00e9silience en termes de durabilit\u00e9, de partenariat comme nouveaux termes. La valeur du patrimoine culturel ne r\u00e9side pas uniquement dans la manifestation culturelle elle-m\u00eame, mais dans la richesse des connaissances et des savoir-faire qu\u2019il transmet d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette transmission a une valeur sociale et \u00e9conomique pertinente, tant pour les PDI que pour les populations h\u00f4tes. La protection du patrimoine culturel est donc d\u2019une importance cruciale pour la promotion de la diversit\u00e9 culturelle, de la coh\u00e9sion sociale et de la r\u00e9conciliation, notamment en cas de conflit arm\u00e9 (Unesco, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Les expressions \u2014 qu\u2019elles proviennent d\u2019un village voisin, d\u2019une communaut\u00e9 \u00e9loign\u00e9e ou qu\u2019elles aient \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9es par des groupes nouvellement install\u00e9s dans une r\u00e9gion donn\u00e9e \u2014 font toutes partie du patrimoine culturel immat\u00e9riel, en ce sens qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, qu\u2019elles ont \u00e9volu\u00e9 en r\u00e9action \u00e0 leur environnement et qu\u2019elles contribuent \u00e0 procurer un sentiment d\u2019identit\u00e9 et de continuit\u00e9, \u00e9tablissant un lien entre notre pass\u00e9 et, \u00e0 travers le pr\u00e9sent, notre futur (Unesco, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>Le patrimoine culturel ne soul\u00e8ve pas la question de la sp\u00e9cificit\u00e9 ou de la non-sp\u00e9cificit\u00e9 de certaines pratiques par rapport \u00e0 une culture. Il contribue \u00e0 la coh\u00e9sion sociale, stimulant un sentiment d\u2019identit\u00e9 et de responsabilit\u00e9 qui aide les individus \u00e0 se reconna\u00eetre comme membres d\u2019une ou de plusieurs communaut\u00e9s, mais aussi de la soci\u00e9t\u00e9 au sens large.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce point de vue, les OHI peuvent contribuer \u00e0 pr\u00e9server une identit\u00e9 culturelle en accompagnant les poti\u00e8res \u00e0 renouer avec le travail de l\u2019argile. La poterie est une activit\u00e9 qui consomme beaucoup d\u2019eau, d\u2019\u00e9nergie (combustible pour la cuisson des pots), n\u00e9cessite une bonne condition physique et surtout une solidarit\u00e9 sur l\u2019ensemble de la cha\u00eene op\u00e9ratoire. C\u2019est pourquoi les poti\u00e8res qui sont des PDI pourraient \u00eatre organis\u00e9es, dans un premier temps, en coop\u00e9ratives. Ce regroupement leur permettrait de mutualiser leurs efforts, de partager leurs connaissances techniques (puisqu\u2019elles viennent d\u2019horizons divers), d\u2019optimiser l\u2019utilisation des intrants (argile, eau et combustible) et de r\u00e9duire les risques d\u2019accident li\u00e9s \u00e0 cette activit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, dans une perspective de coh\u00e9sion sociale, les poti\u00e8res ainsi r\u00e9unies apprendront \u00e0 se d\u00e9couvrir et \u00e0 s\u2019accepter mutuellement. Ces cadres collectifs pourraient \u00e9galement servir \u00e0 d\u00e9velopper d\u2019autres activit\u00e9s destin\u00e9es \u00e0 am\u00e9liorer leurs conditions de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un second temps, des consid\u00e9rations \u00e9cologiques entrent aussi en jeu dans la poterie. En effet, l\u2019afflux de PDI \u00e0 Kongoussi augmente la pression et une surexploitation des ressources naturelles. C\u2019est pourquoi des \u00e9quipements modernis\u00e9s, comme les fours de cuisson, peuvent constituer une r\u00e9ponse \u00e0 la rar\u00e9faction du combustible. Enfin, l\u2019innovation repr\u00e9sente un facteur essentiel pour assurer la p\u00e9rennit\u00e9 de la poterie. Il s\u2019agit de rendre les productions plus attrayantes sur les plans morphologique et d\u00e9coratif. L\u2019objectif n\u2019est plus seulement de fabriquer des objets utilitaires, mais aussi d\u2019introduire des cr\u00e9ations \u00e0 vocation esth\u00e9tique, afin d\u2019inciter la population \u00e0 percevoir la poterie sous un nouveau jour. La poterie incarne des valeurs de coh\u00e9sion, d\u2019\u00e9cologie, d\u2019\u00e9ducation, de sant\u00e9 et de solidarit\u00e9. D\u00e8s lors, il appara\u00eet \u00e9vident que certaines OHI y reconna\u00eetront les principes et les id\u00e9aux qu\u2019elles promeuvent. Avant de conclure, une question m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pos\u00e9e, d\u2019autant qu\u2019elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 v\u00e9ritablement tranch\u00e9e&nbsp;: qu\u2019est-ce que le \u00ab&nbsp;d\u00e9colonial&nbsp;\u00bb lui-m\u00eame&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le terme \u00ab&nbsp;d\u00e9colonial&nbsp;\u00bb est relativement nouveau dans les d\u00e9bats publics et scientifiques. \u00c0 ce titre, il requiert une clarification de ses contours s\u00e9mantiques et de son contenu conceptuel. S\u2019agit-il d\u2019un nouveau panafricanisme, ou encore d\u2019une nouvelle version de la n\u00e9gritude ? Ou s\u2019assimile-t-il \u00e0 ce qui est connu sous l\u2019appellation de lutte anti-imp\u00e9rialiste<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> \u00e0 savoir la r\u00e9sistance des peuples contre l\u2019ordre capitaliste international&nbsp;? En tout \u00e9tat de cause, l\u2019introduction du \u00ab&nbsp;d\u00e9colonial&nbsp;\u00bb dans le domaine de la coop\u00e9ration avec les ONG et celui de l\u2019humanitaire est tr\u00e8s r\u00e9cente. La premi\u00e8re \u00e9tude que nous avons pu consulter \u00e0 ce sujet date de 2024 et a pour titre <em>\u00c9tude pour une impl\u00e9mentation du d\u00e9colonial dans le secteur de la solidarit\u00e9 internationale, Burkina Faso<\/em>.Ce rapport des ONG comme Broederlijk Delen (BD), RCN Justice et D\u00e9mocratie (RCN J&amp;D) et l\u2019Institut de m\u00e9decine tropicale d\u2019Anvers (IMT) d\u00e9crit les relations de d\u00e9veloppement entre les pays du Nord et du Sud. Il analyse les acteurs de la solidarit\u00e9, les structures, les strat\u00e9gies et les modes de pens\u00e9e existants\/dominants dans le secteur du d\u00e9veloppement dans un contexte o\u00f9 l\u2019Afrique a atteint l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9veil de conscience, avec en prime les mutations politiques et sociales tr\u00e8s profondes. Cependant, ce rapport pr\u00e9sente la m\u00eame lacune que celle que nous soulevons ici. Il ne d\u00e9finit nullement ce qu\u2019est le \u00ab&nbsp;d\u00e9colonial&nbsp;\u00bb. Or, l\u2019usage scientifique d\u2019un concept suppose sa d\u00e9finition rigoureuse. Il conviendrait donc d\u2019y r\u00e9fl\u00e9chir s\u00e9rieusement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>La crise s\u00e9curitaire a entra\u00een\u00e9 des d\u00e9placements massifs de populations, affectant directement ou indirectement la perp\u00e9tuation de la production c\u00e9ramique en tant que savoir culturel et activit\u00e9 \u00e9conomique pour les poti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dispositif humanitaire s\u2019est renforc\u00e9 avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019organisations humanitaires internationales qui accompagnent l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 dans la prise en charge des populations touch\u00e9es par la crise s\u00e9curitaire, notamment \u00e0 travers la distribution de vivres et d\u2019autres biens essentiels \u00e0 la survie. Parmi les principes qui r\u00e9gissent le d\u00e9ploiement de l\u2019action humanitaire, la protection du patrimoine culturel n\u2019est pas mentionn\u00e9e comme une priorit\u00e9, en contexte d\u2019urgence pour les populations affect\u00e9es, qu\u2019il s\u2019agisse des PDI ou des populations h\u00f4tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dispositif humanitaire, centr\u00e9 essentiellement sur la survie et la r\u00e9silience, ne r\u00e9pond donc pas \u00e0 tous les besoins des populations. Les m\u00e9canismes endog\u00e8nes de gestion de crise esquiss\u00e9s par certaines ONG sont davantage orient\u00e9s vers la coh\u00e9sion sociale ou le vivre ensemble, \u00e0 travers le rapprochement, la r\u00e9conciliation et la conciliation des positions. Toutefois, cette dynamique de coh\u00e9sion pr\u00f4n\u00e9e ne semble pas r\u00e9soudre les probl\u00e8mes fondamentaux li\u00e9s aux causes profondes des crises, mais les retarde par une accalmie pr\u00e9caire.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":24801,"template":"","meta":[],"series-categories":[1023],"cat-articles":[1015],"keywords":[1122,1117,1120,1119,1123,1118,1121,1116],"ppma_author":[1113,1114,1115],"class_list":["post-24802","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-12","cat-articles-analyses-critiques","keywords-action-humanitaire","keywords-cultural","keywords-culturel","keywords-decolonial","keywords-decolonial-2","keywords-humanitarian-action","keywords-poterie","keywords-pottery","author-jacqueline-sawadogo","author-pon-jean-baptiste-coulibaly","author-lassina-kote"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>D\u00e9coloniser l\u2019aide humanitaire dans la ville de Kongoussi\u00a0(province du Bam\/Burkina Faso)\u00a0: la poterie,\u00a0un savoir-faire \u00e0 reconstruire | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-12\/decolonizing-humanitarian-aid-in-the-city-of-kongoussi-bam-province-burkina-faso-pottery-a-know-how-to-rebuild\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"D\u00e9coloniser l\u2019aide humanitaire dans la ville de Kongoussi\u00a0(province du Bam\/Burkina Faso)\u00a0: la poterie,\u00a0un savoir-faire \u00e0 reconstruire | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction En 1960, 17 territoires coloniaux d\u2019Afrique subsaharienne, dont la Haute-Volta devenue Burkina Faso, proclam\u00e8rent ce qu\u2019ils ont appel\u00e9 leur \u00ab&nbsp;ind\u00e9pendance&nbsp;\u00bb. Soixante ans apr\u00e8s, les peuples africains du \u00ab pr\u00e9 carr\u00e9 fran\u00e7ais \u00bb, surtout ceux du Burkina Faso, sont mont\u00e9s sur les barricades de la lutte pour r\u00e9clamer la souverainet\u00e9 et le droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans le concert des nations. Il s\u2019est agi davantage de d\u00e9noncer le colonialisme qui s\u2019est mu\u00e9 en n\u00e9ocolonialisme avec une continuation de l\u2019exploitation des ressources, l\u2019ing\u00e9rence dans la vie politique, \u00e9conomique, sociale, culturelle&#8230; Cette \u00e9bullition a atteint son point culminant au Burkina Faso avec l\u2019insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a secou\u00e9 les bases de l\u2019imp\u00e9rialisme, surtout fran\u00e7ais. Toutefois, le cordon ombilical qui ali\u00e8ne le devenir des peuples sera r\u00e9tabli avec une crise s\u00e9curitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent. Le Burkina Faso est secou\u00e9 par une crise s\u00e9curitaire depuis 2015. Cette crise s\u2019est manifest\u00e9e par la recrudescence des attaques terroristes tous azimuts ayant caus\u00e9 de nombreuses pertes civiles et militaires. Cette ins\u00e9curit\u00e9 a occasionn\u00e9 \u00e9galement des d\u00e9placements massifs de populations des zones de conflits vers les zones relativement calmes. Selon les statistiques du Comit\u00e9 national de secours d\u2019urgence et de r\u00e9habilitation (Conasur, 2023)[1], le nombre de personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI) s\u2019\u00e9levait \u00e0 2&nbsp;062&nbsp;534 au 31 mars 2023. Parmi les 2,06 millions de PDI, 494 000 se trouvent dans la r\u00e9gion du Centre-Nord (compos\u00e9e des provinces&nbsp;du Bam, du Namentenga et du Sanmatenga) principalement regroup\u00e9es dans les chefs-lieux de ces trois provinces, selon la m\u00eame source. Cette r\u00e9gion est la plus grande zone d\u2019accueil apr\u00e8s celle du Sahel. Cette crise a affect\u00e9 toutes les couches de la population, qu\u2019elles vivent en milieu urbain ou rural, et a boulevers\u00e9 les fondements, en particulier l\u2019organisation socioculturelle des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles. L\u2019\u00e9tude des savoirs des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles montre que leur production rev\u00eat des enjeux d\u2019ordre politique, \u00e9conomique et culturel (Sarr, 2022). Ces savoirs traditionnels sont ancr\u00e9s dans la vie des communaut\u00e9s et impliquent plusieurs domaines, dont la poterie, des objets fabriqu\u00e9s \u00e0 partir d\u2019argile. Comme l\u2019art du tissage chez les femmes berb\u00e8res en Afrique du Nord (Sadiqi, 2022), la poterie est une activit\u00e9 qui rythme le quotidien des femmes de la caste des forgerons de la commune de Kongoussi \u00e0 travers la fabrication d\u2019objets d\u00e9di\u00e9s aux vivants, aux morts et aux dieux. L\u2019\u00e9volution morphologique et fonctionnelle refl\u00e8tent celles des soci\u00e9t\u00e9s auxquelles appartiennent ces poteries. Ainsi, la production du savoir maintient et reproduit un ordre politique, un ordre \u00e9conomique et un ordre social (Sarr, 2022). Ces ordres se trouvent boulevers\u00e9s par la crise s\u00e9curitaire qui a occasionn\u00e9 des d\u00e9placements forc\u00e9s et massifs de populations. Dans les \u00ab&nbsp;bases de vie&nbsp;\u00bb[2], qu\u2019elles soient formelles ou non, le quotidien des populations a pratiquement chang\u00e9 en mati\u00e8re de pratiques culturelles, et l\u2019urgence semble \u00eatre la lutte autour des besoins existentiels de base (logements, nourriture, soins de sant\u00e9, etc.). Pour faire face aux besoins des populations affect\u00e9es, le pays s\u2019appuie sur les organisations humanitaires internationales (OHI), dont les actions font de plus en plus l\u2019objet de critiques, car les modalit\u00e9s d\u2019action sont jug\u00e9es non \u00e9galitaires et teint\u00e9es de colonialisme (Ngouana, 2020). Dans la ville de Kongoussi, les sites de Lioudougou et de Loulouka abritent, depuis leur implantation en 2019, des populations venues d\u2019au moins trois provinces[3]. Ces populations pr\u00e9sentent une diversit\u00e9 de pens\u00e9es, de visions du monde, de mani\u00e8res d\u2019\u00eatre, ainsi que des modes distincts d\u2019acquisition et de transmission des connaissances. La pr\u00e9sente r\u00e9flexion aborde la poterie comme un r\u00e9ceptacle \u00e0 la fois culturel et \u00e9conomique avant la crise, et explore l\u2019impact de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 sur cet artisanat f\u00e9minin. Dans le grand groupe moaga, la langue constitue un trait d\u2019union, mais des individualit\u00e9s se d\u00e9gagent. La&nbsp;poterie, artisanat f\u00e9minin li\u00e9 \u00e0 la cosmologie, y est omnipr\u00e9sente. Qu\u2019ils s\u2019agissent des usages quotidiens ou des cultes saisonniers d\u00e9di\u00e9s aux anc\u00eatres et au monde invisible, la poterie demeure un r\u00e9cipient incontournable dans la vie des habitants de Kongoussi. Terrain de recherche Le Burkina Faso est un pays qui regorge de cultures riches et vari\u00e9es se manifestant \u00e0 travers des poteries, t\u00e9moins d\u2019une histoire couvrant les p\u00e9riodes les plus anciennes comme les plus r\u00e9centes (Kot\u00e9, 2000, 2019\u2009; Sawadogo, 2015, 2019). Le patrimoine culturel constitue un ensemble vaste et diversifi\u00e9. Il inclut les biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels h\u00e9rit\u00e9s du pass\u00e9. Selon l\u2019Unesco, le patrimoine culturel d\u00e9signe les&nbsp;artefacts, les monuments, les groupes de b\u00e2timents et les sites, ainsi que les mus\u00e9es,&nbsp;qui se distinguent par leurs valeurs diverses, notamment leurs significations symboliques, historiques, artistiques, esth\u00e9tiques, ethnologiques ou anthropologiques, scientifiques et sociales. Depuis 2015, le pays traverse une crise s\u00e9curitaire marqu\u00e9e par une s\u00e9rie d\u2019attaques terroristes de plus en plus violentes. Parmi les r\u00e9gions du pays les plus touch\u00e9es figure notamment celle du Centre-Nord o\u00f9 se situe la ville de Kongoussi. Cette ville a \u00e9t\u00e9 choisie en raison de sa localisation dans une zone particuli\u00e8rement touch\u00e9e par la crise s\u00e9curitaire apr\u00e8s celle du Sahel (Ocha, 2024). Selon le rapport d\u2019Ocha de janvier 2024, Kongoussi figure parmi les villes h\u00f4tes de nombreuses personnes d\u00e9plac\u00e9es internes venues des villages o\u00f9 la poterie est active (Sawadogo, 2015, 2019). La ville de Kongoussi est le chef-lieu de la commune du m\u00eame nom (carte n\u00b0&nbsp;1). Elle compte sept secteurs avec une population estim\u00e9e \u00e0 plus de 53\u2009627&nbsp;habitants, selon les donn\u00e9es du cinqui\u00e8me Recensement g\u00e9n\u00e9ral de la population et de l\u2019habitat de 2019 (INSD[4], 2023, p. 38). C\u2019est une ville durement \u00e9prouv\u00e9e par la crise, \u00e0 travers l\u2019accueil de dizaines de milliers de PDI en provenance d\u2019au moins quatre communes. Depuis 2019, Kongoussi est consid\u00e9r\u00e9e comme une ville h\u00f4te du fait de cet afflux de populations fuyant les violences des groupes arm\u00e9s. En ce qui concerne les groupes linguistiques, il existe deux grandes communaut\u00e9s&nbsp;: les Moose et les Peuls(PCD[5], 2018). Au sein de ces deux ensembles, plusieurs sous-groupes se distinguent par leurs pratiques socioculturelles. Ces populations exercent principalement des activit\u00e9s de subsistance, telles que l\u2019agriculture vivri\u00e8re et l\u2019\u00e9levage extensif, tous deux largement tributaires des al\u00e9as climatiques. 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Soixante ans apr\u00e8s, les peuples africains du \u00ab pr\u00e9 carr\u00e9 fran\u00e7ais \u00bb, surtout ceux du Burkina Faso, sont mont\u00e9s sur les barricades de la lutte pour r\u00e9clamer la souverainet\u00e9 et le droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans le concert des nations. Il s\u2019est agi davantage de d\u00e9noncer le colonialisme qui s\u2019est mu\u00e9 en n\u00e9ocolonialisme avec une continuation de l\u2019exploitation des ressources, l\u2019ing\u00e9rence dans la vie politique, \u00e9conomique, sociale, culturelle&#8230; Cette \u00e9bullition a atteint son point culminant au Burkina Faso avec l\u2019insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a secou\u00e9 les bases de l\u2019imp\u00e9rialisme, surtout fran\u00e7ais. Toutefois, le cordon ombilical qui ali\u00e8ne le devenir des peuples sera r\u00e9tabli avec une crise s\u00e9curitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent. Le Burkina Faso est secou\u00e9 par une crise s\u00e9curitaire depuis 2015. Cette crise s\u2019est manifest\u00e9e par la recrudescence des attaques terroristes tous azimuts ayant caus\u00e9 de nombreuses pertes civiles et militaires. Cette ins\u00e9curit\u00e9 a occasionn\u00e9 \u00e9galement des d\u00e9placements massifs de populations des zones de conflits vers les zones relativement calmes. Selon les statistiques du Comit\u00e9 national de secours d\u2019urgence et de r\u00e9habilitation (Conasur, 2023)[1], le nombre de personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI) s\u2019\u00e9levait \u00e0 2&nbsp;062&nbsp;534 au 31 mars 2023. Parmi les 2,06 millions de PDI, 494 000 se trouvent dans la r\u00e9gion du Centre-Nord (compos\u00e9e des provinces&nbsp;du Bam, du Namentenga et du Sanmatenga) principalement regroup\u00e9es dans les chefs-lieux de ces trois provinces, selon la m\u00eame source. Cette r\u00e9gion est la plus grande zone d\u2019accueil apr\u00e8s celle du Sahel. Cette crise a affect\u00e9 toutes les couches de la population, qu\u2019elles vivent en milieu urbain ou rural, et a boulevers\u00e9 les fondements, en particulier l\u2019organisation socioculturelle des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles. L\u2019\u00e9tude des savoirs des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles montre que leur production rev\u00eat des enjeux d\u2019ordre politique, \u00e9conomique et culturel (Sarr, 2022). Ces savoirs traditionnels sont ancr\u00e9s dans la vie des communaut\u00e9s et impliquent plusieurs domaines, dont la poterie, des objets fabriqu\u00e9s \u00e0 partir d\u2019argile. Comme l\u2019art du tissage chez les femmes berb\u00e8res en Afrique du Nord (Sadiqi, 2022), la poterie est une activit\u00e9 qui rythme le quotidien des femmes de la caste des forgerons de la commune de Kongoussi \u00e0 travers la fabrication d\u2019objets d\u00e9di\u00e9s aux vivants, aux morts et aux dieux. L\u2019\u00e9volution morphologique et fonctionnelle refl\u00e8tent celles des soci\u00e9t\u00e9s auxquelles appartiennent ces poteries. Ainsi, la production du savoir maintient et reproduit un ordre politique, un ordre \u00e9conomique et un ordre social (Sarr, 2022). Ces ordres se trouvent boulevers\u00e9s par la crise s\u00e9curitaire qui a occasionn\u00e9 des d\u00e9placements forc\u00e9s et massifs de populations. Dans les \u00ab&nbsp;bases de vie&nbsp;\u00bb[2], qu\u2019elles soient formelles ou non, le quotidien des populations a pratiquement chang\u00e9 en mati\u00e8re de pratiques culturelles, et l\u2019urgence semble \u00eatre la lutte autour des besoins existentiels de base (logements, nourriture, soins de sant\u00e9, etc.). Pour faire face aux besoins des populations affect\u00e9es, le pays s\u2019appuie sur les organisations humanitaires internationales (OHI), dont les actions font de plus en plus l\u2019objet de critiques, car les modalit\u00e9s d\u2019action sont jug\u00e9es non \u00e9galitaires et teint\u00e9es de colonialisme (Ngouana, 2020). Dans la ville de Kongoussi, les sites de Lioudougou et de Loulouka abritent, depuis leur implantation en 2019, des populations venues d\u2019au moins trois provinces[3]. Ces populations pr\u00e9sentent une diversit\u00e9 de pens\u00e9es, de visions du monde, de mani\u00e8res d\u2019\u00eatre, ainsi que des modes distincts d\u2019acquisition et de transmission des connaissances. La pr\u00e9sente r\u00e9flexion aborde la poterie comme un r\u00e9ceptacle \u00e0 la fois culturel et \u00e9conomique avant la crise, et explore l\u2019impact de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 sur cet artisanat f\u00e9minin. Dans le grand groupe moaga, la langue constitue un trait d\u2019union, mais des individualit\u00e9s se d\u00e9gagent. La&nbsp;poterie, artisanat f\u00e9minin li\u00e9 \u00e0 la cosmologie, y est omnipr\u00e9sente. Qu\u2019ils s\u2019agissent des usages quotidiens ou des cultes saisonniers d\u00e9di\u00e9s aux anc\u00eatres et au monde invisible, la poterie demeure un r\u00e9cipient incontournable dans la vie des habitants de Kongoussi. Terrain de recherche Le Burkina Faso est un pays qui regorge de cultures riches et vari\u00e9es se manifestant \u00e0 travers des poteries, t\u00e9moins d\u2019une histoire couvrant les p\u00e9riodes les plus anciennes comme les plus r\u00e9centes (Kot\u00e9, 2000, 2019\u2009; Sawadogo, 2015, 2019). Le patrimoine culturel constitue un ensemble vaste et diversifi\u00e9. Il inclut les biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels h\u00e9rit\u00e9s du pass\u00e9. Selon l\u2019Unesco, le patrimoine culturel d\u00e9signe les&nbsp;artefacts, les monuments, les groupes de b\u00e2timents et les sites, ainsi que les mus\u00e9es,&nbsp;qui se distinguent par leurs valeurs diverses, notamment leurs significations symboliques, historiques, artistiques, esth\u00e9tiques, ethnologiques ou anthropologiques, scientifiques et sociales. Depuis 2015, le pays traverse une crise s\u00e9curitaire marqu\u00e9e par une s\u00e9rie d\u2019attaques terroristes de plus en plus violentes. Parmi les r\u00e9gions du pays les plus touch\u00e9es figure notamment celle du Centre-Nord o\u00f9 se situe la ville de Kongoussi. Cette ville a \u00e9t\u00e9 choisie en raison de sa localisation dans une zone particuli\u00e8rement touch\u00e9e par la crise s\u00e9curitaire apr\u00e8s celle du Sahel (Ocha, 2024). Selon le rapport d\u2019Ocha de janvier 2024, Kongoussi figure parmi les villes h\u00f4tes de nombreuses personnes d\u00e9plac\u00e9es internes venues des villages o\u00f9 la poterie est active (Sawadogo, 2015, 2019). La ville de Kongoussi est le chef-lieu de la commune du m\u00eame nom (carte n\u00b0&nbsp;1). Elle compte sept secteurs avec une population estim\u00e9e \u00e0 plus de 53\u2009627&nbsp;habitants, selon les donn\u00e9es du cinqui\u00e8me Recensement g\u00e9n\u00e9ral de la population et de l\u2019habitat de 2019 (INSD[4], 2023, p. 38). C\u2019est une ville durement \u00e9prouv\u00e9e par la crise, \u00e0 travers l\u2019accueil de dizaines de milliers de PDI en provenance d\u2019au moins quatre communes. Depuis 2019, Kongoussi est consid\u00e9r\u00e9e comme une ville h\u00f4te du fait de cet afflux de populations fuyant les violences des groupes arm\u00e9s. En ce qui concerne les groupes linguistiques, il existe deux grandes communaut\u00e9s&nbsp;: les Moose et les Peuls(PCD[5], 2018). Au sein de ces deux ensembles, plusieurs sous-groupes se distinguent par leurs pratiques socioculturelles. Ces populations exercent principalement des activit\u00e9s de subsistance, telles que l\u2019agriculture vivri\u00e8re et l\u2019\u00e9levage extensif, tous deux largement tributaires des al\u00e9as climatiques. Source : IGB\/BNDT 2012\u00a0; OSM M\u00e9thodologie de recherche Dans le cadre de l\u2019analyse de la question","og_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-12\/decolonizing-humanitarian-aid-in-the-city-of-kongoussi-bam-province-burkina-faso-pottery-a-know-how-to-rebuild\/","og_site_name":"Global Africa","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/globalafricasciences","article_modified_time":"2026-04-21T21:50:58+00:00","og_image":[{"width":1280,"height":868,"url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/DSCF0173-RAF_DxO_HQ_2024-01-26_20-27-52-DeNoiseAI-standard-Grande.jpeg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"24 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