{"id":24618,"date":"2026-03-20T08:10:23","date_gmt":"2026-03-20T08:10:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/series-issues\/governing-science-through-instruments-what-indexes-do-to-african-science\/"},"modified":"2026-04-20T10:23:38","modified_gmt":"2026-04-20T10:23:38","slug":"governing-science-through-instruments-what-indexes-do-to-african-science","status":"publish","type":"series-issues","link":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-13\/governing-science-through-instruments-what-indexes-do-to-african-science\/","title":{"rendered":"Gouverner la science par les instruments : ce que les \u00ab\u2009index\u2009\u00bb font \u00e0 la science africaine"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9bats actuels sur la pr\u00e9dation scientifique tendent \u00e0 enfermer une grande diversit\u00e9 de situations dans une cat\u00e9gorie moralement satur\u00e9e, o\u00f9 l\u2019\u00e9tiquette vaut souvent condamnation (Mills &amp; Inouye, 2021). Ce r\u00e9ductionnisme est particuli\u00e8rement probl\u00e9matique pour de nombreuses revues \u00e9dit\u00e9es dans les Suds, qui peuvent produire des signaux de faible professionnalisation (proc\u00e9dures, transparence, normalisation, archivage, etc.) sans pour autant relever d\u2019une intention frauduleuse. Partir de cette distinction permet de d\u00e9placer l\u2019analyse de la chasse aux \u00ab\u2009mauvais acteurs\u2009\u00bb vers l\u2019\u00e9tude des conditions mat\u00e9rielles, cognitives et institutionnelles qui fabriquent \u2014 ou entravent \u2014 la cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e9ditoriale (Azilan, 2025).<\/p>\n\n\n\n<p>Un sympt\u00f4me, \u00e0 la fois banal et \u00e9clairant, concentre ces tensions&nbsp;: l\u2019affichage sur les sites de revues \u00e9dit\u00e9es en Afrique d\u2019une mosa\u00efque d\u2019\u00ab\u2009index\u2009\u00bb, de badges et de logos h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, parfois prestigieux, parfois obscurs, parfois simplement administratifs, pr\u00e9sent\u00e9s comme gages de reconnaissance internationale. On y voit ResearchGate, Index Copernicus, Academia, HAL ou encore le DOAJ. Ce que ces sites donnent \u00e0 voir est une grammaire de la reconnaissance sous contrainte, o\u00f9 des indicateurs techniques sont r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s comme des marques de valeur scientifique. Ce glissement r\u00e9v\u00e8le un champ \u00e9ditorial profond\u00e9ment in\u00e9galitaire, o\u00f9 la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019un travail de recherche tient moins \u00e0 sa qualit\u00e9 intrins\u00e8que qu\u2019\u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 circuler dans les bons dispositifs et \u00e0 appara\u00eetre dans les bons r\u00e9pertoires. Ce qui se joue ici est plus fondamental qu\u2019un d\u00e9faut de mise en forme. Dans un contexte marqu\u00e9 par la course \u00e0 l\u2019internationalisation et \u00e0 la conformit\u00e9 aux standards dominants, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la visibilit\u00e9 scientifique reste structurellement in\u00e9gal, et les revues du Sud sont particuli\u00e8rement concern\u00e9es par ces asym\u00e9tries infrastructurelles.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se directrice est que nombre de revues africaines francophones se trouvent prises dans une confusion structurante entre trois registres <em>a priori<\/em> distincts&nbsp;: d\u2019abord, l\u2019indexation comme op\u00e9ration technique d\u2019int\u00e9gration \u00e0 une base\u2009; ensuite, le r\u00e9f\u00e9rencement comme pr\u00e9sence rep\u00e9rable dans des moteurs ou catalogues qui trient les revues selon des r\u00e8gles de pertinence \u00e9tablies\u2009; enfin, le signalement comme simple inscription dans un r\u00e9pertoire, sans audit de la revue, ni de ses contenus. Cette confusion n\u2019est pas seulement un d\u00e9ficit d\u2019information. Elle traduit une tension entre l\u2019aspiration \u00e0 l\u2019internationalisation et l\u2019acc\u00e8s in\u00e9gal aux standards qui la conditionnent r\u00e9ellement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me central est un glissement (fr\u00e9quent dans les discours institutionnels et les usages locaux) entre l\u2019indexation comme infrastructure et l\u2019indexation comme label. Autrement dit, un dispositif con\u00e7u pour organiser l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information est progressivement d\u00e9tourn\u00e9 en certificat de qualit\u00e9. Cette conversion red\u00e9finit les strat\u00e9gies \u00e9ditoriales, les pratiques de communication des revues, et, <em>in fine, <\/em>les comportements de publication des auteurs. Pour analyser ce glissement, cet article articule une approche d\u2019\u00e9conomie politique de l\u2019\u00e9valuation \u00e0 un \u00e9clairage d\u00e9colonial sur la production de la reconnaissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Par \u00e9conomie politique de l\u2019\u00e9valuation, on entend ici l\u2019analyse des rapports de pouvoir qui structurent la production, la circulation et la reconnaissance des savoirs, en interrogeant les sources de la fixation des standards, du contr\u00f4le des instruments, et les modalit\u00e9s de distribution de la valeur acad\u00e9mique. Les d\u00e9bats actuels \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale sur la r\u00e9forme de l\u2019\u00e9valuation insistent pr\u00e9cis\u00e9ment sur la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9corr\u00e9ler la valeur de la recherche de proxys de r\u00e9putation adoss\u00e9s aux contenants plut\u00f4t qu\u2019au contenu et \u00e0 la diversit\u00e9 r\u00e9elle des contributions. En Afrique, cette dynamique rejoint une contrainte plus ancienne d\u00e9crite par Paulin Hountondji sous le terme d\u2019\u00ab\u2009extraversion\u2009\u00bb. D\u00e8s lors, l\u2019affichage de logos et d\u2019index peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une r\u00e9ponse parfois maladroite, parfois opportuniste, \u00e0 un r\u00e9gime de visibilit\u00e9 mondial in\u00e9gal, plut\u00f4t que comme une simple strat\u00e9gie de tromperie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article poursuit deux objectifs. Premi\u00e8rement, il vise \u00e0 clarifier la notion d\u2019indexation. Deuxi\u00e8mement, il montre comment la qu\u00eate de publication dans des revues index\u00e9es fonctionne comme un mot d\u2019ordre ali\u00e9nant, qui r\u00e9v\u00e8le les rapports de pouvoir structurant la communication scientifique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale, mais aussi en Afrique francophone subsaharienne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Qu\u2019est-ce qu\u2019un index scientifique\u2009?<\/h2>\n\n\n\n<p>Il est d\u2019abord n\u00e9cessaire de comprendre ce \u00e0 quoi renvoie le terme \u00ab\u2009index\u00e9\u2009\u00bb. Un index scientifique est en effet bien plus qu\u2019une simple liste de publications. Il s\u2019agit d\u2019un syst\u00e8me d\u2019analyse, de r\u00e9pertoriage et de structuration du contenu des articles de recherche au sein d\u2019une base de donn\u00e9es organis\u00e9e (Rostaing, 1996), dont les fondements ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s par Garfield (1955). L\u2019indexation permet de classer les productions acad\u00e9miques en s\u2019appuyant sur un travail d\u2019extraction de contenus afin d\u2019en assurer la diffusion et d\u2019en faciliter la recherche. Sa principale fonction est donc de permettre aux chercheurs de retrouver plus efficacement la litt\u00e9rature pertinente dans un champ donn\u00e9. On peut concevoir l\u2019index scientifique comme une infrastructure d\u2019exploration de la litt\u00e9rature, o\u00f9 chaque article y est localisable par une adresse normalis\u00e9e (titre, auteurs, affiliation, mots-cl\u00e9s, r\u00e9sum\u00e9, DOI, etc.). Les citations constituent quant \u00e0 elles des liens tra\u00e7ables qui permettent de reconstituer les filiations intellectuelles. Autrement dit, \u00eatre index\u00e9, c\u2019est \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans une infrastructure qui organise la litt\u00e9rature savante.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui distingue les index d\u2019autres bases tient donc \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 produire de la valeur m\u00e9thodologique. Ils n\u2019enregistrent pas seulement les articles\u2009; ils tracent aussi les relations de citation, \u00e0 savoir qui cite qui, combien de fois, voire dans quel contexte. Ce r\u00e9seau de liens rend possible le calcul d\u2019indicateurs bibliom\u00e9triques, comme le facteur d\u2019impact ou l\u2019indice h, et permet d\u2019\u00e9valuer l\u2019influence relative d\u2019une recherche au sein de sa discipline.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019oppos\u00e9, le signalement d\u00e9signe l\u2019op\u00e9ration la plus \u00e9l\u00e9mentaire qui consiste \u00e0 mentionner l\u2019existence d\u2019une revue dans un catalogue, un r\u00e9pertoire ou une liste, sans en traiter le contenu article par article. Dans la plupart des cas, les r\u00e9pertoires de signalement ne v\u00e9rifient pas le caract\u00e8re scientifique des revues, qui c\u00f4toient souvent d\u2019autres objets du genre, comme des bulletins, des magazines ou des m\u00e9dias. Des r\u00e9pertoires comme Directory of Open Access scholarly Resources (ROAD), Mir@bel, EZB, Miar ou Ulrichsweb recensent ainsi des milliers de titres en indiquant leurs caract\u00e9ristiques \u00e9ditoriales, mais sans produire d\u2019analyse des liens entre les publications. Le signalement constitue en ce sens une forme de visibilit\u00e9 minimale\u2009; la revue existe aux yeux de la communaut\u00e9, mais son influence demeure encore non mesur\u00e9e. Enfin, le r\u00e9f\u00e9rencement occupe une position interm\u00e9diaire. Une base de r\u00e9f\u00e9rencement, \u00e0 l\u2019instar du Directory of Open Access Journals (DOAJ) ou du Diamond Discovery Hub (DDH), recense les revues selon des crit\u00e8res de qualit\u00e9 d\u00e9finis par une communaut\u00e9 scientifique, un consortium ou une institution, sans n\u00e9cessairement op\u00e9rer un suivi syst\u00e9matique des articles et de leurs citations. Le r\u00e9f\u00e9rencement constitue une forme de validation \u00e9ditoriale et disciplinaire qui montre que la revue est reconnue comme scientifiquement s\u00e9rieuse et pertinente.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Aux origines de l\u2019index de citation<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Pour comprendre pourquoi les index de citation se sont impos\u00e9s, il faut remonter \u00e0 l\u2019apr\u00e8s-guerre. Au milieu des ann\u00e9es&nbsp;1950, le scientifique de l\u2019information Eugene Garfield (1925-2017) affronte un probl\u00e8me concret et urgent&nbsp;: l\u2019explosion documentaire et le d\u00e9cloisonnement des disciplines qui rendent de plus en plus difficile le rep\u00e9rage manuel des sources pertinentes. \u00c0 cette \u00e9poque, les syst\u00e8mes d\u2019indexation traditionnels reposaient sur des indexeurs humains qui devaient manuellement assigner des descripteurs et des mots&#8211;cl\u00e9s \u00e0 chaque article. Ce syst\u00e8me pr\u00e9sentait trois d\u00e9fauts&nbsp;: il accusait souvent un retard de plusieurs mois, voire d\u2019ann\u00e9es, sur la litt\u00e9rature publi\u00e9e\u2009; son co\u00fbt restait \u00e9lev\u00e9\u2009; et ses r\u00e9sultats d\u00e9pendaient largement de l\u2019indexeur. Deux indexeurs travaillant sur le m\u00eame article assignaient rarement les m\u00eames descripteurs (Garfield, 1984\u2009; Gu\u00e9don &amp; Loute, 2017\u2009; Wouters, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Garfield con\u00e7oit alors une innovation. Plut\u00f4t que de laisser des humains d\u00e9cider de ce qui est pertinent, pourquoi ne pas laisser les scientifiques eux-m\u00eames l\u2019indiquer \u00e0 travers leurs citations\u2009? Dans cette logique, une citation est bien plus qu\u2019une r\u00e9f\u00e9rence. Elle constitue, dans l\u2019hypoth\u00e8se de Garfield, un signal que l\u2019auteur juge l\u2019article cit\u00e9 pertinent pour sa propre recherche, hypoth\u00e8se dont la sociologie des sciences a ult\u00e9rieurement montr\u00e9 les limites et les usages strat\u00e9giques, puisque les citations peuvent \u00eatre rituelles, obligatoires, strat\u00e9giques, n\u00e9gatives ou erron\u00e9es. En 1955, Garfield publie son manifeste \u00ab\u2009Citation Indexes for Science: A New Dimension in Documentation through Association of Ideas\u2009\u00bb, o\u00f9 il explique qu\u2019en capturant automatiquement toutes les citations publi\u00e9es dans les revues, on cr\u00e9e une topologie du savoir qui \u00e9merge des pratiques scientifiques elles-m\u00eames, sans n\u00e9cessiter de jugement humain <em>a priori<\/em>. En 1964, l\u2019Institut pour l\u2019information scientifique (ISI) produit le <em>Science citation index<\/em> (SCI). Pour la premi\u00e8re fois, on peut tracer syst\u00e9matiquement le nombre de citations, et \u00e9valuer ce qu\u2019on appelle d\u00e9sormais \u00ab\u2009l\u2019impact\u2009\u00bb d\u2019une revue. Celui-ci est calcul\u00e9 sur une ann\u00e9e (a) en divisant le nombre de citations re\u00e7ues par les articles publi\u00e9s dans la revue au cours des deux ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019ann\u00e9e (a), par le nombre total d\u2019articles publi\u00e9s par la revue pendant la m\u00eame p\u00e9riode.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Web of Science et Scopus comme outils de consolidation de la l\u00e9gitimit\u00e9<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Deux acteurs majeurs dominent et l\u00e9gitiment ce syst\u00e8me d\u2019\u00e9valuation de la pertinence des revues. Web of Science (WoS), g\u00e9r\u00e9 par Clarivate Analytics (anciennement Thomson Reuters), et Scopus, lanc\u00e9 en 2004 par la soci\u00e9t\u00e9 Elsevier, sont les deux g\u00e9ants de l\u2019indexation scientifique internationale. Leur autorit\u00e9 repose sur plusieurs piliers. D\u2019abord, un processus de s\u00e9lection pr\u00e9sent\u00e9 comme rigoureux, mais dont les effets se r\u00e9v\u00e8lent structurellement discriminatoires. Les index n\u2019acceptent pas automatiquement toutes les revues. Garfield a progressivement impos\u00e9 un principe de s\u00e9lectivit\u00e9 reposant sur les <em>core journals<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire un corpus restreint de revues jug\u00e9es particuli\u00e8rement influentes dans leur domaine selon des crit\u00e8res bibliom\u00e9triques (Gu\u00e9don &amp; Loute, 2017).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Clarivate par exemple, se base actuellement sur 28&nbsp;crit\u00e8res formels \u2014 24&nbsp;crit\u00e8res de qualit\u00e9 \u00e9ditoriale et 4&nbsp;crit\u00e8res d\u2019impact bibliom\u00e9trique \u2014 mais se r\u00e9serve une clause de d\u00e9cision sur l\u2019inclusion, le maintien comme le retrait des revues. Plusieurs dimensions de l\u2019\u00e9valuation demeurent cependant non explicites, \u00e0 savoir les seuils de citation exig\u00e9s pour le passage de l\u2019ESCI vers les index principaux ou l\u2019appr\u00e9ciation qualitative de l\u2019alignement entre le p\u00e9rim\u00e8tre d\u00e9clar\u00e9 et le contenu publi\u00e9 par la revue.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, s\u2019est op\u00e9r\u00e9e dans l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me une reconnaissance institutionnelle globale. Les universit\u00e9s, les organismes de financement de la recherche et les gouvernements ont progressivement adopt\u00e9 les m\u00e9triques produites par ces bases dans leurs politiques \u2014 le facteur d\u2019impact pour WoS et le CiteScore pour Scopus \u2014 afin d\u2019\u00e9valuer les chercheurs, d\u2019attribuer des financements et de classer les institutions. Cette adoption syst\u00e9matique cr\u00e9e une boucle de l\u00e9gitimit\u00e9&nbsp;: plus les institutions utilisent ces m\u00e9triques, plus elles apparaissent objectives et incontournables\u2009; plus elles apparaissent incontournables, plus les institutions les utilisent (Bernard, 2017\u2009; Gingras, 2018b\u2009; S.&nbsp;Piron, 2008).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">S\u00e9lectivit\u00e9 g\u00e9ographique et linguistique<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019origine con\u00e7ue comme une infrastructure de rep\u00e9rage et de cartographie des connaissances, l\u2019indexation dans des bases s\u00e9lectives (et les indicateurs qu\u2019elles produisent) est progressivement devenue un instrument d\u2019\u00e9valuation des chercheurs et de leurs institutions de tutelle. Dans beaucoup de contextes, l\u2019indexation dans WoS ou Scopus a gliss\u00e9 de la visibilit\u00e9 et de la trouvabilit\u00e9 de la revue vers un proxy de qualit\u00e9, au point de parfois supplanter l\u2019examen qualitatif. Une transformation induite par cette logique est que la m\u00e9trication incite \u00e0 optimiser ce qui est mesurable, plut\u00f4t que ce qui compte scientifiquement. Elle renforce les strat\u00e9gies de publication des auteurs, lesquelles sont dict\u00e9es par les crit\u00e8res des grandes bases plut\u00f4t que par les besoins des communaut\u00e9s de recherche (Gingras, 2018a).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re cette fa\u00e7ade de l\u00e9gitimit\u00e9 globale existe un biais structurel bien document\u00e9. Les critiques acad\u00e9miques, en l\u2019occurrence les travaux d\u2019Asubiaro et al. (2024), Gingras et Khelfaoui (2025), Larivi\u00e8re (2019), Maddi et al. (2024), ou encore Mongeon et Paul-Hus (2016) montrent que Web of Science et Scopus n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 v\u00e9ritablement globaux. Ils sont, au contraire, profond\u00e9ment s\u00e9lectifs en faveur de la science anglo-saxonne du Nord global, aux d\u00e9pens d\u2019autres r\u00e9gions de la p\u00e9riph\u00e9rie largement invisibilis\u00e9es. Les revues publi\u00e9es en Europe sont 30-40&nbsp;% plus susceptibles d\u2019\u00eatre index\u00e9es dans Web of Science et Scopus, tandis que les revues d\u2019autres r\u00e9gions, notamment l\u2019Afrique subsaharienne, sont 50-60&nbsp;% moins susceptibles d\u2019\u00eatre incluses selon Asubiaro et al., (2024).<\/p>\n\n\n\n<p>Les crit\u00e8res d\u2019indexation sont discriminatoires envers les jeunes revues ou celles ancr\u00e9es dans des communaut\u00e9s scientifiques locales. Pour maintenir l\u2019indexation dans Scopus, une revue doit respecter des crit\u00e8res exigeants sans lesquels un examen du conseil de s\u00e9lection est d\u00e9clench\u00e9 et peut aboutir \u00e0 la d\u00e9sindexation. Des exigences difficiles \u00e0 tenir pour les revues jeunes ou centr\u00e9es sur des sujets que le c\u0153ur du syst\u00e8me-monde de la recherche (Demeter, 2019) juge peu pertinents, ce qui est le cas de la grande majorit\u00e9 des revues africaines \u00e9dit\u00e9es par les chercheurs.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude EIFL (2024) sur les revues africaines en acc\u00e8s libre sans frais fournit un \u00e9clairage sur les principaux obstacles rencontr\u00e9s par ces revues lors des processus d\u2019indexation. Cette documentation permet de comprendre comment elles se retrouvent dans un cercle vicieux. Leur faible visibilit\u00e9 limite leurs citations dans les bases de donn\u00e9es internationales, ce qui justifie \u00e0 son tour leur exclusion continue. Ce m\u00e9canisme discriminatoire d\u00e9favorise les recherches \u00e0 caract\u00e8re local, pourtant essentielles pour comprendre et r\u00e9soudre les probl\u00e9matiques sp\u00e9cifiques aux contextes africains. Les revues sont ainsi pi\u00e9g\u00e9es dans un paradoxe o\u00f9 leur marginalisation les contraint \u00e0 une endogamie non choisie, mais qui leur est reproch\u00e9e, alimentant un cercle vicieux qui perp\u00e9tue leur invisibilit\u00e9 scientifique. \u00ab\u2009<em>One can\u2019t get indexed without international authors, but authors are disinclined to publish in a journal that isn\u2019t indexed\u2026 it is a chicken and egg kind of thing\u2026 you see the loop; nobody can break it\u2009<\/em>\u00bb, confiait un \u00e9diteur nig\u00e9rian dans l\u2019article de Mills et Branford (2022). Asubiaro et al. (2024) ont montr\u00e9 que les revues publi\u00e9es en Europe sont de 30 \u00e0 40&nbsp;% plus susceptibles d\u2019\u00eatre index\u00e9es dans Web of Science et Scopus, tandis que celles provenant d\u2019Asie centrale, d\u2019Asie de l\u2019Est, ainsi que d\u2019Afrique subsaharienne sont de 50 \u00e0 60&nbsp;% moins susceptibles d\u2019\u00eatre incluses.<\/p>\n\n\n\n<p>Carte&nbsp;1&nbsp;: Cartogramme des revues index\u00e9es dans Scopus (2025)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"941\" height=\"583\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Awuve-Issue-13-FR-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-24630\" srcset=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Awuve-Issue-13-FR-1.png 941w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Awuve-Issue-13-FR-1-300x186.png 300w, https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/Awuve-Issue-13-FR-1-768x476.png 768w\" sizes=\"(max-width: 941px) 100vw, 941px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>source : SCImago Journal Rank<\/p>\n\n\n\n<p>Face aux biais de couverture de ces bases de donn\u00e9es, plusieurs r\u00e9gions ont d\u00e9velopp\u00e9 des dispositifs d\u2019indexation propres afin de rendre visibles des revues de qualit\u00e9 et les productions qui restent marginalis\u00e9es. En Am\u00e9rique latine, Latindex (r\u00e9seau lanc\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es&nbsp;1990) a pr\u00e9cis\u00e9ment pour objectif de recenser et de diffuser l\u2019information sur les revues scientifiques d\u2019Am\u00e9rique latine, des Cara\u00efbes, d\u2019Espagne et du Portugal, via une approche coop\u00e9rative et r\u00e9gionale. Dans l\u2019espace arabophone, l\u2019Arabic Citation Index (ARCI) a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en 2020 sur la plateforme Web of Science, avec l\u2019ambition explicite de mieux cartographier la production scientifique en langue arabe et d\u2019am\u00e9liorer sa d\u00e9couvrabilit\u00e9 et son usage dans l\u2019\u00e9valuation de la recherche. Dans la m\u00eame logique de d\u00e9ploiement d\u2019infrastructures alternatives, on peut aussi citer SciELO\/Redalyc en Am\u00e9rique latine comme des r\u00e9ponses structurelles \u00e0 une visibilit\u00e9 internationale trop conditionn\u00e9e par les index dominants.<\/p>\n\n\n\n<p>Des initiatives plus r\u00e9centes offrent des voies de sortie. OpenAlex, lanc\u00e9e en 2022, fournit un acc\u00e8s d\u00e9mocratis\u00e9 aux m\u00e9tadonn\u00e9es bibliom\u00e9triques, r\u00e9duisant ainsi le monopole d\u2019Elsevier et de Clarivate (Priem et al., 2022). Cependant, pour que les chercheurs africains reprennent le contr\u00f4le de leur propre visibilit\u00e9 informationnelle, il faudrait construire une base de donn\u00e9es de citations africaine, avec ses propres crit\u00e8res de s\u00e9lection et sa propre l\u00e9gitimit\u00e9 institutionnelle. Ce qui est en jeu n\u2019est pas simplement l\u2019indexation, mais la souverainet\u00e9 intellectuelle et la capacit\u00e9 des communaut\u00e9s africaines. C\u2019est cette logique qu\u2019a d\u00e9fendue Nwagwu (2007, 2008), qui a longtemps plaid\u00e9 pour un African Citation Index. Il d\u00e9crit sa proposition comme une infrastructure de citations afrocentr\u00e9e visant \u00e0 corriger une invisibilisation persistante. Faute de financement stable et d\u2019adh\u00e9sion des institutions locales, qui souffrent elles-m\u00eames de probl\u00e8mes de financement, le projet a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9. Des r\u00e9cits convergents indiquent \u00e9galement que la recherche de soutiens ext\u00e9rieurs et certaines propositions d\u2019int\u00e9gration dans des bases commerciales sont entr\u00e9es en tension avec l\u2019esprit m\u00eame du projet, rendant sa trajectoire politiquement et strat\u00e9giquement difficile (Mills &amp; Asubiaro, 2024).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, cette structure persiste. Toutefois, comme l\u2019explique Le Roux (2006), une revue, \u00e0 ses d\u00e9buts, fait face \u00e0 un premier d\u00e9fi majeur&nbsp;: recruter des auteurs de qualit\u00e9 et constituer un lectorat. Pass\u00e9e cette phase de lancement, d\u2019autres enjeux \u00e9mergent, tout aussi importants pour sa trajectoire de croissance. Ces d\u00e9fis secondaires reposent principalement sur deux piliers&nbsp;: la&nbsp;visibilit\u00e9 de la revue, c\u2019est-\u00e0-dire sa reconnaissance au sein de sa discipline et de son contexte g\u00e9ographique, et sa&nbsp;cr\u00e9dibilit\u00e9&nbsp;aupr\u00e8s de la communaut\u00e9 scientifique. Ce second d\u00e9fi passe souvent par l\u2019indexation ou le r\u00e9f\u00e9rencement de la revue. Dans ce contexte, des \u00e9diteurs sont amen\u00e9s \u00e0 acqu\u00e9rir des preuves d\u2019indexation, parfois aupr\u00e8s d\u2019acteurs pr\u00e9dateurs, pour r\u00e9pondre aux attentes des auteurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les bases de donn\u00e9es&nbsp;: l\u2019angle mort de la pr\u00e9dation scientifique\u2009?<\/h2>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9dation scientifique a suscit\u00e9, ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, une litt\u00e9rature acad\u00e9mique foisonnante. Des travaux pionniers de Jeffrey Beall aux \u00e9tudes empiriques sur les motivations des auteurs pi\u00e9g\u00e9s, en passant par les analyses des mod\u00e8les \u00e9conomiques frauduleux, la communaut\u00e9 scientifique a progressivement cartographi\u00e9 les m\u00e9canismes par lesquels certaines revues exploitent la pression \u00e0 publier (Berger &amp; Cirasella, 2017\u2009; Boukacem-Zeghmouri et al., 2021\u2009; Demir, 2018\u2009; Eriksson &amp; Helgesson, 2018\u2009; Mills &amp; Inouye, 2021).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame registre, une partie de la litt\u00e9rature s\u2019est pench\u00e9e sur les m\u00e9triques trompeuses (<em>misleading metrics<\/em>). Elles d\u00e9signent l\u2019usage strat\u00e9gique d\u2019indicateurs bibliom\u00e9triques trompeurs pour donner une apparence de qualit\u00e9. Les travaux d\u00e9crivent un \u00e9cosyst\u00e8me de soci\u00e9t\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es dans la production de faux facteurs d\u2019impact et d\u2019appellations qui imitent les m\u00e9triques reconnues par la communaut\u00e9 scientifique, \u00e0 l\u2019instar du facteur d\u2019impact, du CiteScore ou du SJR, pour exploiter la pression \u00e0 publier et les \u00e9valuations bas\u00e9es sur des indicateurs. Dans la pratique, les acteurs promeuvent des indices alternatifs, comme l\u2019Index Copernicus, le Global Impact Factor ou d\u2019autres m\u00e9triques obsol\u00e8tes ou inexistantes (Universal Impact Factor, Arab Impact Factor, Advanced Science Index, etc.). Plus de 50&nbsp;fausses m\u00e9triques ont \u00e9t\u00e9 inventori\u00e9es \u00e0 ce jour (Dadkhah et al., 2022\u2009; Ko\u00e7ak, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>La croissance des revues pr\u00e9datrices a consid\u00e9rablement amplifi\u00e9 le ph\u00e9nom\u00e8ne. Aujourd\u2019hui, c\u2019est un sous-\u00e9cosyst\u00e8me qui g\u00e9n\u00e8re une \u00e9conomie grise o\u00f9 des \u00e9diteurs facturent des frais de publication en \u00e9change d\u2019une visibilit\u00e9 fictive et d\u2019une rapidit\u00e9 de traitement scientifiquement intenable. La litt\u00e9rature relie ces m\u00e9triques trompeuses \u00e0 d\u2019autres fraudes \u00e9ditoriales, comme les revues d\u00e9tourn\u00e9es (<em>hijacked journals) <\/em>oule<em> phishing<\/em> \u00e9ditorial, o\u00f9 la cr\u00e9dibilit\u00e9 se construit par imitation (Dadkhah et al., 2016). Face \u00e0 ce d\u00e9fi, la communaut\u00e9 acad\u00e9mique s\u2019appuie sur des outils comme Beall\u2019s List (d\u00e9sormais r\u00e9tract\u00e9e, mais actualis\u00e9e par des collectifs anonymes), PubPeer, DOAJ, ainsi que des protocoles de v\u00e9rification comme Compass to Publish ou encore \u00ab\u2009Think. Check. Submit.\u2009\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9cosyst\u00e8me pr\u00e9dateur&nbsp;: une infrastructure de l\u00e9gitimation<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour comprendre la place qu\u2019occupent les index pr\u00e9dateurs dans l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me de la communication scientifique, il faut d\u2019abord partir du constat selon lequel la pr\u00e9dation ne fonctionne pas comme un ph\u00e9nom\u00e8ne isol\u00e9, mais comme un syst\u00e8me. Ce syst\u00e8me repose sur une cha\u00eene de l\u00e9gitimation o\u00f9 chaque \u00e9l\u00e9ment renforce les autres. Une revue pr\u00e9datrice peut certes publier n\u2019importe quel article moyennant paiement, mais son efficacit\u00e9 d\u00e9pend de sa capacit\u00e9 \u00e0 simuler les attributs d\u2019une revue l\u00e9gitime&nbsp;: un comit\u00e9 \u00e9ditorial (souvent fictif), un processus d\u2019\u00e9valuation (souvent inexistant ou inefficace) et, surtout, une pseudo-indexation dans des bases de donn\u00e9es qui lui conf\u00e8rent une apparence de reconnaissance institutionnelle (Azilan, 2025). C\u2019est l\u00e0 qu\u2019entrent en jeu les index pr\u00e9dateurs. Ils offrent aux revues frauduleuses un vernis de cr\u00e9dibilit\u00e9. En affichant des indexations, ces revues passent du statut de pr\u00e9dateur \u00e9vident \u00e0 celui d\u2019acteur apparemment l\u00e9gitime. Pour un chercheur peu familier des standards internationaux, ce simulacre peut suffire \u00e0 dissiper les doutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les effets sont au moins de deux ordres. D\u2019abord, les index pr\u00e9dateurs brouillent les rep\u00e8res. Dans un environnement o\u00f9 la l\u00e9gitimit\u00e9 scientifique repose encore largement sur des indicateurs quantifiables, la multiplication de fausses m\u00e9triques cr\u00e9e une confusion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Ensuite, un march\u00e9 se forme, o\u00f9 la rapidit\u00e9 et le co\u00fbt tendent \u00e0 supplanter la qualit\u00e9 comme crit\u00e8res de d\u00e9cision. Lorsqu\u2019un \u00e9diteur d\u00e9couvre qu\u2019une indexation instantan\u00e9e s\u2019ach\u00e8te pour quelques dizaines de dollars, ou qu\u2019il est possible d\u2019afficher un facteur d\u2019impact sans satisfaire aux exigences \u00e9ditoriales et techniques r\u00e9elles, la tentation d\u2019emprunter la voie frauduleuse peut \u00eatre forte. La pr\u00e9dation ne se contente donc pas d\u2019exploiter les failles du syst\u00e8me acad\u00e9mique&nbsp;: elle les creuse, les institutionnalise et les transforme en normes de fait. Cependant, il convient de noter que les index pr\u00e9dateurs ne ciblent pas uniquement les revues et \u00e9diteurs intrins\u00e8quement pr\u00e9dateurs. En qu\u00eate de l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 tout prix, nombre de revues pourtant bien intentionn\u00e9es peuvent \u00eatre touch\u00e9es par des index pr\u00e9dateurs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Portrait d\u2019un acteur ambigu&nbsp;: Index Copernicus<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Index Copernicus illustre une zone grise o\u00f9 un dispositif de visibilit\u00e9 et de notation param\u00e9trique peut \u00eatre mobilis\u00e9 comme substitut d\u2019\u00e9valuation scientifique, avec des effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res sur les revues des Suds. Le probl\u00e8me central n\u2019est pas l\u2019existence d\u2019un indicateur alternatif en soi, mais la mani\u00e8re dont il est socialement r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 comme un label de qualit\u00e9, puis incorpor\u00e9 dans des \u00e9conomies locales de reconnaissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur de l\u2019offre d\u2019Index Copernicus figure l\u2019Index Copernicus Value (ICV), pr\u00e9sent\u00e9 comme un r\u00e9sultat d\u2019\u00e9valuation fond\u00e9 sur 41&nbsp;crit\u00e8res regroup\u00e9s en deux composantes&nbsp;: \u00ab\u2009quality of the journal\u2009\u00bb et \u00ab\u2009journal\u2019s impact\u2009\u00bb. Dans sa pr\u00e9sentation officielle, la composante <em>quality<\/em> de l\u2019ICV s\u2019articule autour de crit\u00e8res comme les \u00ab\u2009standards, stability, digitalization and internationalization\u2009\u00bb, de quoi ancrer l\u2019outil dans une logique de conformit\u00e9 fonctionnelle. Index Copernicus pr\u00e9cise que l\u2019ICV repose sur des donn\u00e9es param\u00e9triques d\u00e9clar\u00e9es par les \u00e9diteurs via des questionnaires, et non sur un calcul de citations.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9valuer la stabilit\u00e9 ou la structuration \u00e9ditoriale d\u2019une revue peut aider les revues en qu\u00eate de maturit\u00e9. Le glissement probl\u00e9matique intervient quand cette param\u00e9trisation est pr\u00e9sent\u00e9e, ou simplement per\u00e7ue, comme une mesure de qualit\u00e9 scientifique, c\u2019est-\u00e0-dire comme une garantie de rigueur m\u00e9thodologique, de robustesse du processus d\u2019\u00e9valuation par les pairs, voire d\u2019int\u00e9grit\u00e9 \u00e9ditoriale. Cette confusion est d\u2019autant plus risqu\u00e9e qu\u2019elle rend commensurables des revues h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes sur la base de crit\u00e8res dont la fonction premi\u00e8re est organisationnelle, et non \u00e9pist\u00e9mique (Watson &amp; Zhang, 2025).<\/p>\n\n\n\n<p>Index Copernicus figure d\u2019ailleurs explicitement parmi les index trompeurs recens\u00e9s sur des sites de revues pr\u00e9datrices (Mondal &amp; Mondal, 2019). Pour les revues du Sud, l\u2019effet est particuli\u00e8rement nocif. La qu\u00eate de reconnaissance internationale bute d\u00e9j\u00e0 sur des asym\u00e9tries de ressources, et la tentation est forte de convertir cette raret\u00e9 en strat\u00e9gie d\u2019affichage. Dans un tel contexte, une m\u00e9trique param\u00e9trique facilement mobilisable peut alors orienter les investissements vers l\u2019apparat au d\u00e9triment de chantiers plus fondamentaux, mais \u00e9galement plus gourmands en ressources, tels que la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9valuation par les pairs, la production de m\u00e9tadonn\u00e9es riches, les politiques \u00e9thiques, d\u2019archivage, etc. Cette dynamique alimente une \u00e9conomie de l\u2019apparence qui fragilise les revues s\u00e9rieuses, mais peu outill\u00e9es et offre un abri symbolique aux acteurs opportunistes. Concr\u00e8tement, cela peut enfermer des revues en consolidation dans une d\u00e9pendance \u00e0 des labels p\u00e9riph\u00e9riques qui n\u2019am\u00e9liorent ni leur int\u00e9gration dans les circuits de lecture, ni leur cr\u00e9dibilit\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019instances exigeantes. Le r\u00e9sultat est une double peine, dans le sens o\u00f9 ces revues d\u00e9pensent \u00e9nergie et ressources pour des signes de reconnaissance contest\u00e9s, pendant que la m\u00e9fiance associ\u00e9e aux m\u00e9triques trompeuses rejaillit sur le paysage \u00e9ditorial africain.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le Cames, catalyseur involontaire\u2009?<\/h2>\n\n\n\n<p>Officiellement, la r\u00e9forme du dispositif d\u2019\u00e9valuation du Conseil africain et malgache pour l\u2019enseignement sup\u00e9rieur (Cames) pour la p\u00e9riode&nbsp;2024\u20132028 s\u2019inscrit dans l\u2019objectif de garantir la qualit\u00e9 des recherches gr\u00e2ce \u00e0 une \u00ab\u2009\u00e9valuation objective par les pairs\u2009\u00bb, adoss\u00e9e \u00e0 un \u00ab\u2009r\u00e9f\u00e9rentiel valid\u00e9 aux normes internationales\u2009\u00bb (p.&nbsp;6). Le guide d\u2019\u00e9valuation stipule que l\u2019indexation permet de s\u2019assurer que la revue respecte des standards \u00e9lev\u00e9s, parmi lesquels l\u2019existence et la constitution d\u2019un comit\u00e9 de lecture, l\u2019\u00e9valuation par les pairs, la rigueur de la bibliographie, la r\u00e9gularit\u00e9 dans les parutions, la citation des articles, le facteur d\u2019impact et la visibilit\u00e9 globale de la revue (p.&nbsp;55). La note pr\u00e9cise que les bases d\u2019indexation fournissent des r\u00e9sum\u00e9s et des indicateurs bibliom\u00e9triques qui permettent d\u2019avoir une \u00ab\u2009appr\u00e9ciation qualitative des revues\u2009\u00bb, des textes publi\u00e9s, ainsi que des auteurs et chercheurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9forme est donc un geste politique d\u2019alignement sur les normes internationales de la science, une adh\u00e9sion aux standards acad\u00e9miques dominants pour renforcer la l\u00e9gitimit\u00e9 mondiale de l&rsquo;institution. Elle peut tout aussi bien \u00eatre analys\u00e9e comme un cas d\u2019isomorphisme institutionnel, au sens o\u00f9 le Cames reproduit des mod\u00e8les d\u2019\u00e9valuation en vigueur au centre du syst\u00e8me-monde de la recherche, sans en avoir n\u00e9cessairement \u00e9prouv\u00e9 la pertinence \u00e9pist\u00e9mique pour le contexte local. Enfin, on peut aussi y lire une d\u00e9cision technocratique, port\u00e9e par des experts internes convaincus de la sup\u00e9riorit\u00e9 des indicateurs bibliom\u00e9triques comme outils de mesure de la qualit\u00e9 scientifique, ind\u00e9pendamment de tout calcul politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, en \u00e9rigeant l\u2019indexation dans les bases de donn\u00e9es payantes \u2014 auxquelles les chercheurs africains n\u2019ont souvent pas acc\u00e8s \u2014 en crit\u00e8re prioritaire, l\u2019institution endosse explicitement une strat\u00e9gie de mont\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 vers le global. La d\u00e9cision est pens\u00e9e comme une rationalisation de l\u2019excellence et de la visibilit\u00e9 internationale\u2009; elle peut \u00e9galement \u00eatre vue comme un moyen d\u2019\u00e9viter que les revues ne s\u2019orientent vers les index douteux. Toutefois, elle doit \u00eatre interrog\u00e9e comme une op\u00e9ration de traduction d\u2019objectifs acad\u00e9miques en dispositifs marchands. Ce d\u00e9placement red\u00e9finit ce qui compte comme science valable pour la communaut\u00e9 concern\u00e9e, en l\u2019occurrence l\u2019Afrique subsaharienne francophone.<\/p>\n\n\n\n<p>Le paradoxe est d\u2019autant plus frappant que, dans plusieurs espaces centraux du syst\u00e8me scientifique mondial, les institutions commencent pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 d\u00e9construire les d\u00e9pendances aux industries de l\u2019indexation qui se sont forg\u00e9es depuis les ann\u00e9es&nbsp;1960. On observe, \u00e0 des degr\u00e9s divers, une prise de distance vis-\u00e0-vis des m\u00e9triques propri\u00e9taires et des classements au profit d\u2019initiatives de r\u00e9forme plus qualitatives de l\u2019\u00e9valuation de la recherche (Dora, Leiden Manifesto, CoARA). Cet investissement privil\u00e9gie d\u00e9sormais les infrastructures ouvertes (donn\u00e9es bibliographiques et citations ouvertes, entrep\u00f4ts, logiciels communautaires, etc.). En France, le CNRS, par exemple, a fortement structur\u00e9 sa politique de science ouverte autour d\u2019outils qui visent \u00e0 r\u00e9duire l\u2019h\u00e9g\u00e9monie des bases commerciales dans l\u2019observation et la description de l\u2019activit\u00e9 scientifique, \u00e0 r\u00e9inscrire une partie des fonctions de l\u2019\u00e9valuation dans des communs informationnels et \u00e0 rompre avec une \u00e9valuation trop quantitative de la recherche. L\u2019annonce motiv\u00e9e par ces raisons, \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e&nbsp;2025, du d\u00e9sabonnement au WoS de cette institution de recherche, une des plus grandes au monde, est un \u00e9v\u00e8nement particuli\u00e8rement marquant de cette d\u00e9marche.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, la trajectoire du Cames peut \u00eatre lue comme un rattrapage par les instruments traditionnel de la communication savante, au moment m\u00eame o\u00f9 ces instruments sont remis en question l\u00e0 o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s. La question n\u2019est donc pas seulement de savoir comment rendre la recherche africaine visible. Elle se pose davantage en termes en termes de grammaires de valeur de la visibilit\u00e9, en en interrogeant les b\u00e9n\u00e9ficiaires et les cons\u00e9quences sur les priorit\u00e9s et les orientations de la recherche. En faisant de WoS\/Scopus des passages oblig\u00e9s pour les chercheurs, le Cames r\u00e9active une \u00e9conomie politique de la visibilit\u00e9 fond\u00e9e sur la raret\u00e9, la concurrence et la rente, plut\u00f4t que sur la circulation et la mutualisation propres \u00e0 une logique de communs, \u00e0 laquelle l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me de la production des savoirs en Afrique est souvent plus proche.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce choix produit m\u00e9caniquement un effet de seuil&nbsp;selon lequel la survie et l\u2019int\u00e9r\u00eat des revues locales d\u00e9pendent de leur capacit\u00e9 \u00e0 entrer dans le club ferm\u00e9 de WoS\/Scopus. La cons\u00e9quence la plus pr\u00e9occupante n\u2019est pas uniquement l\u2019exclusion, mais la vuln\u00e9rabilisation de tout un \u00e9cosyst\u00e8me d\u00e9j\u00e0 d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9. Quand la reconnaissance institutionnelle est convertie en acc\u00e8s \u00e0 une base s\u00e9lective, se met en place une \u00e9conomie de l\u2019interm\u00e9diation dans laquelle s\u2019activent consultants, courtiers de r\u00e9putation, promesses d\u2019indexation, optimisation opportuniste et inflation d\u2019insignes de l\u00e9gitimit\u00e9. Ainsi, le <em>badge collecting<\/em> observ\u00e9 chez les revues locales est l\u2019expression d\u2019une contrainte \u00e0 la production de signes de conformit\u00e9 dans un environnement o\u00f9 celle-ci conditionne cette survie. Mais cette prolif\u00e9ration s\u00e8me la confusion entre enregistrement, r\u00e9f\u00e9rencement et certification, puis cr\u00e9e un march\u00e9 de l\u2019apparence fertile \u00e0 l\u2019\u00e9closion de la pr\u00e9dation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 que la probl\u00e9matisation d\u00e9coloniale devient d\u00e9cisive. La r\u00e9forme peut se lire comme une forme de gouvernement par l\u2019extraversion dans laquelle pour exister, il faut \u00eatre valid\u00e9 ailleurs, par des dispositifs dont les crit\u00e8res et les \u00e9conomies ont \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9s hors du continent. La notion d\u2019\u00ab\u2009extraversion\u2009\u00bb chez Hountondji (1990, 1995), c\u2019est-\u00e0-dire une orientation externe de la production de savoirs vers les attentes, les grilles de lecture et les besoins (th\u00e9oriques et pratiques) des centres dominants, au d\u00e9triment de la constitution de d\u00e9bats horizontaux et d\u2019agendas endog\u00e8nes, permet d\u2019\u00e9clairer la tension. La recherche se trouve somm\u00e9e de parler la langue des ar\u00e8nes dominantes, de choisir des objets et des sujets exportables, et d\u2019adopter les formats valoris\u00e9s par les circuits globaux, au risque de traiter la pertinence locale comme une sp\u00e9cialisation p\u00e9riph\u00e9rique, moins comptable, donc moins rentable symboliquement. Cette extraversion est avant tout \u00e9pist\u00e9mique, en plus d\u2019\u00eatre \u00e9ditoriale et linguistique. Les <em>Epistemologies of the South<\/em> (Santos, 2015) offrent ici un cadre pour penser la violence symbolique des hi\u00e9rarchies de connaissance, ce que Santos nomme l\u2019injustice cognitive et, \u00e0 terme, l\u2019\u00e9pist\u00e9micide que subit tout savoir non align\u00e9 sur les standards dominants (Nkoudou, 2016\u2009; Piron, 2018). Du c\u00f4t\u00e9 des sciences sociales, la proposition de Bhambra (2014) autour des \u00ab\u2009<em>connected sociologies\u2009<\/em>\u00bb invite \u00e0 reconstituer les savoirs et leurs canons en repla\u00e7ant au centre l\u2019histoire coloniale-globale qui a constitu\u00e9 les disciplines et leurs normes, au lieu de traiter l\u2019eurocentrisme comme un biais p\u00e9riph\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Cames se situe ainsi \u00e0 un carrefour ambigu vis-\u00e0-vis des luttes d\u00e9coloniales. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019argument de la visibilit\u00e9 internationale peut appara\u00eetre comme un refus de l\u2019assignation \u00e0 la marginalit\u00e9 des revues locales. De l\u2019autre, la modalit\u00e9 choisie tend \u00e0 reconduire les m\u00eames m\u00e9canismes que les critiques d\u00e9coloniales identifient comme producteurs d\u2019in\u00e9galit\u00e9s \u00e9pist\u00e9miques. La tension v\u00e9cue par les chercheurs est qu\u2019ils doivent \u00e0 la fois r\u00e9pondre \u00e0 des probl\u00e9matiques locales et se rendre lisibles dans des espaces o\u00f9 la reconnaissance passe par des conventions externalis\u00e9es. Cette double contrainte risque d\u2019installer une d\u00e9pendance durable aux infrastructures acad\u00e9miques du Nord qui r\u00e9pondent parfois \u00e0 des logiques commerciales. Plus que jamais, les Communs offrent une autre orientation possible pour l\u2019\u00e9conomie politique de la communication scientifique. La principale question n\u2019est donc pas de savoir si le Cames fait bien de viser l\u2019international, mais comment il choisit de l\u2019atteindre&nbsp;: par la consolidation de standards propri\u00e9taires ou par une strat\u00e9gie de visibilit\u00e9 fond\u00e9e sur des communs, des bases de donn\u00e9es ouvertes et une pluralisation des crit\u00e8res de qualit\u00e9 adapt\u00e9s aux \u00e9cologies de revues africaines\u2009? En l\u2019\u00e9tat, l\u2019alignement sur WoS\/Scopus agit comme un catalyseur involontaire qui offre aux acteurs commerciaux un march\u00e9 qui leur a souvent r\u00e9sist\u00e9. Cela renforce donc leur pouvoir et les hi\u00e9rarchies Nord-Sud qui caract\u00e9risent d\u00e9j\u00e0 le syst\u00e8me-monde de la recherche, et ouvre un espace de pr\u00e9dation o\u00f9 la simulation de l\u00e9gitimit\u00e9 risque de devenir une r\u00e9ponse rationnelle \u00e0 l\u2019injonction d\u2019\u00eatre visible, y compris lorsque cette visibilit\u00e9 ne sert ni les communaut\u00e9s scientifiques locales, ni globales, encore moins les projets de d\u00e9colonisation des savoirs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>La distinction entre indexation, r\u00e9f\u00e9rencement et signalement \u2014 o\u00f9 l\u2019indexation d\u00e9signe l\u2019int\u00e9gration d\u2019une revue dans une base de donn\u00e9es avec extraction et traitement automatis\u00e9s des m\u00e9tadonn\u00e9es, le r\u00e9f\u00e9rencement renvoie \u00e0 une simple mention ou inscription dans un r\u00e9pertoire sans traitement syst\u00e9matique, et le signalement correspond \u00e0 une visibilit\u00e9 minimale, ponctuelle et non normalis\u00e9e \u2014, propos\u00e9e ici comme outillage conceptuel, n\u2019est pas qu\u2019une clarification terminologique. Elle r\u00e9v\u00e8le que cette confusion est le produit de conditions structurelles in\u00e9gales dans lesquelles s\u2019inscrivent les revues africaines. Cette clarification permet de comprendre comment un instrument d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la litt\u00e9rature est converti en proxy de l\u00e9gitimation, puis incorpor\u00e9 dans des r\u00e9gimes locaux de reconnaissance, au point de reconfigurer les pratiques \u00e9ditoriales et les comportements de publication des chercheurs. L\u2019analyse a surtout mis en \u00e9vidence que lorsque la reconnaissance institutionnelle repose sur des instruments, l\u2019angoisse d\u2019invisibilit\u00e9 et la raret\u00e9 d\u2019acc\u00e8s ouvrent un espace \u00e0 l\u2019interm\u00e9diation et \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de l\u2019apparence qui favorisent les pratiques ill\u00e9gitimes. Dans ce cadre, les index trompeurs participent \u00e0 la normalisation d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 moindre co\u00fbt, fond\u00e9e sur des instruments. Enfin, replacer ces dynamiques dans une lecture d\u00e9coloniale conduit \u00e0 repenser l\u2019enjeu. Il ne s\u2019agit pas seulement de rendre visible la science africaine, mais de choisir les m\u00e9canismes de visibilit\u00e9 qui la gouvernent. Le texte sugg\u00e8re ainsi une voie de sortie coh\u00e9rente avec les principes de r\u00e9forme de l\u2019\u00e9valuation promus notamment par la D\u00e9claration de San Francisco (Dora, 2012) et la Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA, 2022), qui visent pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 d\u00e9solidariser l\u2019\u00e9valuation des seuls labels de revue au profit d\u2019une appr\u00e9ciation plus directe des contributions scientifiques. Ainsi, la visibilit\u00e9 ne doit plus \u00eatre le produit d\u2019une conformit\u00e9 \u00e0 des standards externes, mais le r\u00e9sultat d\u2019une gouvernance scientifique ma\u00eetris\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":24617,"template":"","meta":[],"series-categories":[1007],"cat-articles":[1015],"keywords":[1038,1034,1025,1035,1033,1036,1037],"ppma_author":[1032],"class_list":["post-24618","series-issues","type-series-issues","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","series-categories-numero-13","cat-articles-analyses-critiques","keywords-cames","keywords-extraversion-scientifique","keywords-indexation-scientifique","keywords-predation","keywords-revues-africaines","keywords-scopus","keywords-web-of-science","author-awuve-innocent-azilan"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Gouverner la science par les instruments : ce que les \u00ab\u2009index\u2009\u00bb font \u00e0 la science africaine | Global Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-13\/governing-science-through-instruments-what-indexes-do-to-african-science\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Gouverner la science par les instruments : ce que les \u00ab\u2009index\u2009\u00bb font \u00e0 la science africaine | Global Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Les d\u00e9bats actuels sur la pr\u00e9dation scientifique tendent \u00e0 enfermer une grande diversit\u00e9 de situations dans une cat\u00e9gorie moralement satur\u00e9e, o\u00f9 l\u2019\u00e9tiquette vaut souvent condamnation (Mills &amp; Inouye, 2021). Ce r\u00e9ductionnisme est particuli\u00e8rement probl\u00e9matique pour de nombreuses revues \u00e9dit\u00e9es dans les Suds, qui peuvent produire des signaux de faible professionnalisation (proc\u00e9dures, transparence, normalisation, archivage, etc.) sans pour autant relever d\u2019une intention frauduleuse. Partir de cette distinction permet de d\u00e9placer l\u2019analyse de la chasse aux \u00ab\u2009mauvais acteurs\u2009\u00bb vers l\u2019\u00e9tude des conditions mat\u00e9rielles, cognitives et institutionnelles qui fabriquent \u2014 ou entravent \u2014 la cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e9ditoriale (Azilan, 2025). Un sympt\u00f4me, \u00e0 la fois banal et \u00e9clairant, concentre ces tensions&nbsp;: l\u2019affichage sur les sites de revues \u00e9dit\u00e9es en Afrique d\u2019une mosa\u00efque d\u2019\u00ab\u2009index\u2009\u00bb, de badges et de logos h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, parfois prestigieux, parfois obscurs, parfois simplement administratifs, pr\u00e9sent\u00e9s comme gages de reconnaissance internationale. On y voit ResearchGate, Index Copernicus, Academia, HAL ou encore le DOAJ. Ce que ces sites donnent \u00e0 voir est une grammaire de la reconnaissance sous contrainte, o\u00f9 des indicateurs techniques sont r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s comme des marques de valeur scientifique. Ce glissement r\u00e9v\u00e8le un champ \u00e9ditorial profond\u00e9ment in\u00e9galitaire, o\u00f9 la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019un travail de recherche tient moins \u00e0 sa qualit\u00e9 intrins\u00e8que qu\u2019\u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 circuler dans les bons dispositifs et \u00e0 appara\u00eetre dans les bons r\u00e9pertoires. Ce qui se joue ici est plus fondamental qu\u2019un d\u00e9faut de mise en forme. Dans un contexte marqu\u00e9 par la course \u00e0 l\u2019internationalisation et \u00e0 la conformit\u00e9 aux standards dominants, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la visibilit\u00e9 scientifique reste structurellement in\u00e9gal, et les revues du Sud sont particuli\u00e8rement concern\u00e9es par ces asym\u00e9tries infrastructurelles. L\u2019hypoth\u00e8se directrice est que nombre de revues africaines francophones se trouvent prises dans une confusion structurante entre trois registres a priori distincts&nbsp;: d\u2019abord, l\u2019indexation comme op\u00e9ration technique d\u2019int\u00e9gration \u00e0 une base\u2009; ensuite, le r\u00e9f\u00e9rencement comme pr\u00e9sence rep\u00e9rable dans des moteurs ou catalogues qui trient les revues selon des r\u00e8gles de pertinence \u00e9tablies\u2009; enfin, le signalement comme simple inscription dans un r\u00e9pertoire, sans audit de la revue, ni de ses contenus. Cette confusion n\u2019est pas seulement un d\u00e9ficit d\u2019information. Elle traduit une tension entre l\u2019aspiration \u00e0 l\u2019internationalisation et l\u2019acc\u00e8s in\u00e9gal aux standards qui la conditionnent r\u00e9ellement.&nbsp; Le probl\u00e8me central est un glissement (fr\u00e9quent dans les discours institutionnels et les usages locaux) entre l\u2019indexation comme infrastructure et l\u2019indexation comme label. Autrement dit, un dispositif con\u00e7u pour organiser l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information est progressivement d\u00e9tourn\u00e9 en certificat de qualit\u00e9. Cette conversion red\u00e9finit les strat\u00e9gies \u00e9ditoriales, les pratiques de communication des revues, et, in fine, les comportements de publication des auteurs. Pour analyser ce glissement, cet article articule une approche d\u2019\u00e9conomie politique de l\u2019\u00e9valuation \u00e0 un \u00e9clairage d\u00e9colonial sur la production de la reconnaissance. Par \u00e9conomie politique de l\u2019\u00e9valuation, on entend ici l\u2019analyse des rapports de pouvoir qui structurent la production, la circulation et la reconnaissance des savoirs, en interrogeant les sources de la fixation des standards, du contr\u00f4le des instruments, et les modalit\u00e9s de distribution de la valeur acad\u00e9mique. Les d\u00e9bats actuels \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale sur la r\u00e9forme de l\u2019\u00e9valuation insistent pr\u00e9cis\u00e9ment sur la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9corr\u00e9ler la valeur de la recherche de proxys de r\u00e9putation adoss\u00e9s aux contenants plut\u00f4t qu\u2019au contenu et \u00e0 la diversit\u00e9 r\u00e9elle des contributions. En Afrique, cette dynamique rejoint une contrainte plus ancienne d\u00e9crite par Paulin Hountondji sous le terme d\u2019\u00ab\u2009extraversion\u2009\u00bb. D\u00e8s lors, l\u2019affichage de logos et d\u2019index peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une r\u00e9ponse parfois maladroite, parfois opportuniste, \u00e0 un r\u00e9gime de visibilit\u00e9 mondial in\u00e9gal, plut\u00f4t que comme une simple strat\u00e9gie de tromperie. L\u2019article poursuit deux objectifs. Premi\u00e8rement, il vise \u00e0 clarifier la notion d\u2019indexation. Deuxi\u00e8mement, il montre comment la qu\u00eate de publication dans des revues index\u00e9es fonctionne comme un mot d\u2019ordre ali\u00e9nant, qui r\u00e9v\u00e8le les rapports de pouvoir structurant la communication scientifique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale, mais aussi en Afrique francophone subsaharienne. Qu\u2019est-ce qu\u2019un index scientifique\u2009? Il est d\u2019abord n\u00e9cessaire de comprendre ce \u00e0 quoi renvoie le terme \u00ab\u2009index\u00e9\u2009\u00bb. Un index scientifique est en effet bien plus qu\u2019une simple liste de publications. Il s\u2019agit d\u2019un syst\u00e8me d\u2019analyse, de r\u00e9pertoriage et de structuration du contenu des articles de recherche au sein d\u2019une base de donn\u00e9es organis\u00e9e (Rostaing, 1996), dont les fondements ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s par Garfield (1955). L\u2019indexation permet de classer les productions acad\u00e9miques en s\u2019appuyant sur un travail d\u2019extraction de contenus afin d\u2019en assurer la diffusion et d\u2019en faciliter la recherche. Sa principale fonction est donc de permettre aux chercheurs de retrouver plus efficacement la litt\u00e9rature pertinente dans un champ donn\u00e9. On peut concevoir l\u2019index scientifique comme une infrastructure d\u2019exploration de la litt\u00e9rature, o\u00f9 chaque article y est localisable par une adresse normalis\u00e9e (titre, auteurs, affiliation, mots-cl\u00e9s, r\u00e9sum\u00e9, DOI, etc.). Les citations constituent quant \u00e0 elles des liens tra\u00e7ables qui permettent de reconstituer les filiations intellectuelles. Autrement dit, \u00eatre index\u00e9, c\u2019est \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans une infrastructure qui organise la litt\u00e9rature savante. Ce qui distingue les index d\u2019autres bases tient donc \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 produire de la valeur m\u00e9thodologique. Ils n\u2019enregistrent pas seulement les articles\u2009; ils tracent aussi les relations de citation, \u00e0 savoir qui cite qui, combien de fois, voire dans quel contexte. Ce r\u00e9seau de liens rend possible le calcul d\u2019indicateurs bibliom\u00e9triques, comme le facteur d\u2019impact ou l\u2019indice h, et permet d\u2019\u00e9valuer l\u2019influence relative d\u2019une recherche au sein de sa discipline.&nbsp; \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, le signalement d\u00e9signe l\u2019op\u00e9ration la plus \u00e9l\u00e9mentaire qui consiste \u00e0 mentionner l\u2019existence d\u2019une revue dans un catalogue, un r\u00e9pertoire ou une liste, sans en traiter le contenu article par article. Dans la plupart des cas, les r\u00e9pertoires de signalement ne v\u00e9rifient pas le caract\u00e8re scientifique des revues, qui c\u00f4toient souvent d\u2019autres objets du genre, comme des bulletins, des magazines ou des m\u00e9dias. Des r\u00e9pertoires comme Directory of Open Access scholarly Resources (ROAD), Mir@bel, EZB, Miar ou Ulrichsweb recensent ainsi des milliers de titres en indiquant leurs caract\u00e9ristiques \u00e9ditoriales, mais sans produire d\u2019analyse des liens entre les publications. Le signalement constitue en ce sens une forme de visibilit\u00e9 minimale\u2009; la revue existe aux yeux de la communaut\u00e9, mais son influence demeure encore non mesur\u00e9e. 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Ce r\u00e9ductionnisme est particuli\u00e8rement probl\u00e9matique pour de nombreuses revues \u00e9dit\u00e9es dans les Suds, qui peuvent produire des signaux de faible professionnalisation (proc\u00e9dures, transparence, normalisation, archivage, etc.) sans pour autant relever d\u2019une intention frauduleuse. Partir de cette distinction permet de d\u00e9placer l\u2019analyse de la chasse aux \u00ab\u2009mauvais acteurs\u2009\u00bb vers l\u2019\u00e9tude des conditions mat\u00e9rielles, cognitives et institutionnelles qui fabriquent \u2014 ou entravent \u2014 la cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e9ditoriale (Azilan, 2025). Un sympt\u00f4me, \u00e0 la fois banal et \u00e9clairant, concentre ces tensions&nbsp;: l\u2019affichage sur les sites de revues \u00e9dit\u00e9es en Afrique d\u2019une mosa\u00efque d\u2019\u00ab\u2009index\u2009\u00bb, de badges et de logos h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, parfois prestigieux, parfois obscurs, parfois simplement administratifs, pr\u00e9sent\u00e9s comme gages de reconnaissance internationale. On y voit ResearchGate, Index Copernicus, Academia, HAL ou encore le DOAJ. Ce que ces sites donnent \u00e0 voir est une grammaire de la reconnaissance sous contrainte, o\u00f9 des indicateurs techniques sont r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s comme des marques de valeur scientifique. Ce glissement r\u00e9v\u00e8le un champ \u00e9ditorial profond\u00e9ment in\u00e9galitaire, o\u00f9 la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019un travail de recherche tient moins \u00e0 sa qualit\u00e9 intrins\u00e8que qu\u2019\u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 circuler dans les bons dispositifs et \u00e0 appara\u00eetre dans les bons r\u00e9pertoires. Ce qui se joue ici est plus fondamental qu\u2019un d\u00e9faut de mise en forme. Dans un contexte marqu\u00e9 par la course \u00e0 l\u2019internationalisation et \u00e0 la conformit\u00e9 aux standards dominants, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la visibilit\u00e9 scientifique reste structurellement in\u00e9gal, et les revues du Sud sont particuli\u00e8rement concern\u00e9es par ces asym\u00e9tries infrastructurelles. L\u2019hypoth\u00e8se directrice est que nombre de revues africaines francophones se trouvent prises dans une confusion structurante entre trois registres a priori distincts&nbsp;: d\u2019abord, l\u2019indexation comme op\u00e9ration technique d\u2019int\u00e9gration \u00e0 une base\u2009; ensuite, le r\u00e9f\u00e9rencement comme pr\u00e9sence rep\u00e9rable dans des moteurs ou catalogues qui trient les revues selon des r\u00e8gles de pertinence \u00e9tablies\u2009; enfin, le signalement comme simple inscription dans un r\u00e9pertoire, sans audit de la revue, ni de ses contenus. Cette confusion n\u2019est pas seulement un d\u00e9ficit d\u2019information. Elle traduit une tension entre l\u2019aspiration \u00e0 l\u2019internationalisation et l\u2019acc\u00e8s in\u00e9gal aux standards qui la conditionnent r\u00e9ellement.&nbsp; Le probl\u00e8me central est un glissement (fr\u00e9quent dans les discours institutionnels et les usages locaux) entre l\u2019indexation comme infrastructure et l\u2019indexation comme label. Autrement dit, un dispositif con\u00e7u pour organiser l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information est progressivement d\u00e9tourn\u00e9 en certificat de qualit\u00e9. Cette conversion red\u00e9finit les strat\u00e9gies \u00e9ditoriales, les pratiques de communication des revues, et, in fine, les comportements de publication des auteurs. Pour analyser ce glissement, cet article articule une approche d\u2019\u00e9conomie politique de l\u2019\u00e9valuation \u00e0 un \u00e9clairage d\u00e9colonial sur la production de la reconnaissance. Par \u00e9conomie politique de l\u2019\u00e9valuation, on entend ici l\u2019analyse des rapports de pouvoir qui structurent la production, la circulation et la reconnaissance des savoirs, en interrogeant les sources de la fixation des standards, du contr\u00f4le des instruments, et les modalit\u00e9s de distribution de la valeur acad\u00e9mique. Les d\u00e9bats actuels \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale sur la r\u00e9forme de l\u2019\u00e9valuation insistent pr\u00e9cis\u00e9ment sur la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9corr\u00e9ler la valeur de la recherche de proxys de r\u00e9putation adoss\u00e9s aux contenants plut\u00f4t qu\u2019au contenu et \u00e0 la diversit\u00e9 r\u00e9elle des contributions. En Afrique, cette dynamique rejoint une contrainte plus ancienne d\u00e9crite par Paulin Hountondji sous le terme d\u2019\u00ab\u2009extraversion\u2009\u00bb. D\u00e8s lors, l\u2019affichage de logos et d\u2019index peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une r\u00e9ponse parfois maladroite, parfois opportuniste, \u00e0 un r\u00e9gime de visibilit\u00e9 mondial in\u00e9gal, plut\u00f4t que comme une simple strat\u00e9gie de tromperie. L\u2019article poursuit deux objectifs. Premi\u00e8rement, il vise \u00e0 clarifier la notion d\u2019indexation. Deuxi\u00e8mement, il montre comment la qu\u00eate de publication dans des revues index\u00e9es fonctionne comme un mot d\u2019ordre ali\u00e9nant, qui r\u00e9v\u00e8le les rapports de pouvoir structurant la communication scientifique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale, mais aussi en Afrique francophone subsaharienne. Qu\u2019est-ce qu\u2019un index scientifique\u2009? Il est d\u2019abord n\u00e9cessaire de comprendre ce \u00e0 quoi renvoie le terme \u00ab\u2009index\u00e9\u2009\u00bb. Un index scientifique est en effet bien plus qu\u2019une simple liste de publications. Il s\u2019agit d\u2019un syst\u00e8me d\u2019analyse, de r\u00e9pertoriage et de structuration du contenu des articles de recherche au sein d\u2019une base de donn\u00e9es organis\u00e9e (Rostaing, 1996), dont les fondements ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s par Garfield (1955). L\u2019indexation permet de classer les productions acad\u00e9miques en s\u2019appuyant sur un travail d\u2019extraction de contenus afin d\u2019en assurer la diffusion et d\u2019en faciliter la recherche. Sa principale fonction est donc de permettre aux chercheurs de retrouver plus efficacement la litt\u00e9rature pertinente dans un champ donn\u00e9. On peut concevoir l\u2019index scientifique comme une infrastructure d\u2019exploration de la litt\u00e9rature, o\u00f9 chaque article y est localisable par une adresse normalis\u00e9e (titre, auteurs, affiliation, mots-cl\u00e9s, r\u00e9sum\u00e9, DOI, etc.). Les citations constituent quant \u00e0 elles des liens tra\u00e7ables qui permettent de reconstituer les filiations intellectuelles. Autrement dit, \u00eatre index\u00e9, c\u2019est \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans une infrastructure qui organise la litt\u00e9rature savante. Ce qui distingue les index d\u2019autres bases tient donc \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 produire de la valeur m\u00e9thodologique. Ils n\u2019enregistrent pas seulement les articles\u2009; ils tracent aussi les relations de citation, \u00e0 savoir qui cite qui, combien de fois, voire dans quel contexte. 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