{"version":"1.0","provider_name":"Global Africa","provider_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/","author_name":"Mame-Penda Ba","author_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/author\/prmamependaba-2\/","title":"L'\u00e9conomie num\u00e9rique en Afrique | Global Africa","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"0dkm7ztE97\"><a href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-8\/leconomie-numerique-en-afrique\/\">L&rsquo;\u00e9conomie num\u00e9rique en Afrique<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-8\/leconomie-numerique-en-afrique\/embed\/#?secret=0dkm7ztE97\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9conomie num\u00e9rique en Afrique\u00a0\u00bb &#8212; Global Africa\" data-secret=\"0dkm7ztE97\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script>\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Emergence-de-nouvelles-formes.png","thumbnail_width":597,"thumbnail_height":843,"description":"En f\u00e9vrier 2024, les Chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement de l\u2019Union africaine ont adopt\u00e9 le Protocole d\u2019accord portant cr\u00e9ation d\u2019une zone de libre-\u00e9change continentale africaine sur le commerce num\u00e9rique dont l\u2019ambition est \u00ab&nbsp;d\u2019exploiter les technologies num\u00e9riques et l\u2019innovation pour stimuler le commerce et l\u2019investissement intra-africains, approfondir l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique de l\u2019Afrique, transformer les soci\u00e9t\u00e9s et les \u00e9conomies africaines, g\u00e9n\u00e9rer une croissance \u00e9conomique durable et inclusive, stimuler la cr\u00e9ation d\u2019emplois, r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s et \u00e9radiquer la pauvret\u00e9 en vue de la r\u00e9alisation du d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique du continent[1]&nbsp;\u00bb.&nbsp;Les annexes suivantes pourraient faire l\u2019objet d\u2019examen et d\u2019adoption en 2025 : celles relatives aux r\u00e8gles d\u2019origine, aux \u2060identit\u00e9s num\u00e9riques, aux \u2060paiements num\u00e9riques transfrontaliers, aux \u2060transferts transfrontaliers des donn\u00e9es, aux \u2060Codes source, celles relatives \u00e0 la \u2060s\u00fbret\u00e9 et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 en ligne ; aux technologies \u00e9mergentes et avanc\u00e9es ainsi qu&rsquo;aux \u2060technologies financi\u00e8res. Pour un continent qui ne repr\u00e9sentait en 2022 que 0.9 % des exportations mondiales de services fournis par voie num\u00e9rique[2], un tel instrument juridique pourrait permettre aux \u00c9tats africains de tirer un meilleur parti de la num\u00e9risation des activit\u00e9s \u00e9conomiques pour stimuler le commerce intra-africain des marchandises et faire circuler sans restriction les biens et services entre \u00c9tats africains. Il est vrai que la transformation num\u00e9rique des transactions et des activit\u00e9s \u00e9conomiques pourrait ouvrir en Afrique de nouvelles perspectives dans l\u2019entreprenariat, la cr\u00e9ation d\u2019emplois, la cr\u00e9ativit\u00e9 et l\u2019innovation. D\u2019un point de vue d\u00e9mocratique, ce serait aussi une avanc\u00e9e consid\u00e9rable parce que l\u2019on passerait d\u2019un d\u00e9ploiement intensif de technologies num\u00e9riques dans les services r\u00e9galiens de l\u2019\u00c9tat, tels que les services financiers et s\u00e9curitaires, \u00e0 un \u00e9largissement de cette dynamique aux secteurs d\u00e9livrant des prestations aux citoyens[3]. Il est heureux, \u00e0 un moment o\u00f9 la num\u00e9risation est devenue l\u2019un des axes majeurs du d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social du continent, que Global Africa convie des universitaires, des d\u00e9cideurs nationaux et internationaux, et des repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e0 un approfondissement multidisciplinaire de notre compr\u00e9hension des implications de cette transformation majeure du fonctionnement du syst\u00e8me \u00e9conomique de nos pays. Pour des pays mal pr\u00e9par\u00e9s aux plans intellectuel, infrastructurel et r\u00e9glementaire pour tirer parti des possibilit\u00e9s nouvelles qui r\u00e9sultent de la num\u00e9risation, appeler \u00e0 la r\u00e9flexion sur les valeurs que celle-ci va imposer, \u00e9tudier les dimensions internationales du commerce \u00e9lectronique, les conditions, proc\u00e9dures juridiques ou ressources pouvant lui permettre de prosp\u00e9rer, permet d\u2019en \u00e9valuer les effets possibles mais aussi de donner des outils aux d\u00e9cideurs politiques et aux entrepreneurs leur permettant de limiter les d\u00e9g\u00e2ts qu\u2019une telle \u00ab&nbsp;r\u00e9volution&nbsp;\u00bb pourrait causer aux fragiles \u00e9conomies et soci\u00e9t\u00e9s africaines. Pour le dire autrement, comment la pens\u00e9e africaine contribue-t-elle \u00e0 la discussion mondiale autour de l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique et plus largement de la transformation digitale en cours ? Pour d\u00e9nouer cette interrogation qui constitue le fil rouge de ce num\u00e9ro, nous avons pris le parti d\u2019approcher notre objet \u2013 \u00e0 la fois complexe et compliqu\u00e9 \u2013 \u00e0 partir de trois directions. Tout d\u2019abord, il s\u2019agissait de d\u00e9crypter les enjeux ontologiques, \u00e9pist\u00e9mologiques et axiologiques que pose cette transformation num\u00e9rique ainsi que les innovations technologiques qui la sous-tendent. Ensuite, nous souhaitions prendre la juste mesure des d\u00e9fis juridiques, institutionnels, de gouvernance et de r\u00e9gulation qui se posent \u00e0 l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique en Afrique notamment dans un contexte de mise en \u0153uvre de la Zone de libre-\u00e9change \u00e9conomique africaine (ZLECAf), le plus grand march\u00e9 commun mondial en termes de pays participants. Enfin, nous \u00e9tions attentifs \u00e0 la mani\u00e8re dont les \u00e9conomies africaines re\u00e7oivent, s\u2019adaptent et innovent face \u00e0 l\u2019\u00e9mergence des technologies num\u00e9riques sur le continent. La th\u00e9matique sur les enjeux ontologiques, \u00e9thiques et \u00e9pist\u00e9mologiques li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique pose le d\u00e9bat sur le processus historique, les valeurs, les orientations id\u00e9ologiques, les risques sociaux et culturels de la \u00ab&nbsp;r\u00e9volution num\u00e9rique&nbsp;\u00bb. Et si cette r\u00e9volution d\u00e9j\u00e0 en marche sur le continent africain \u00e9tait porteuse de \u00ab&nbsp;ruptures&nbsp;\u00bb qui bouleverseraient \u00e0 un tel point l\u2019infrastructure de nos soci\u00e9t\u00e9s que les probl\u00e9matiques nouvelles qu\u2019elle introduirait ne pourraient m\u00eame pas \u00eatre d\u00e9chiffr\u00e9es par la culture ambiante, s\u2019interroge le philosophe Bado Ndoye dans \u00ab&nbsp;R\u00e9volution num\u00e9rique et \u00e9conomie de l\u2019attention&nbsp;: un nouvel \u00e2ge du capitalisme ?&nbsp;\u00bb Sans \u00eatre cat\u00e9gorique dans sa r\u00e9ponse, il dit voir se dessiner, dans ses grandes lignes \u00ab&nbsp;une \u00e9conomie nouvelle articul\u00e9e autour de la d\u00e9couverte d\u2019une raret\u00e9 nouvelle \u2013 l\u2019attention \u2013 [qui] est en train de reconfigurer nos modes de production, d&rsquo;\u00e9changes et de communication&nbsp;[4]\u00bb et qui pourrait constituer une nouvelle phase du capitalisme triomphant. Ce qui l\u2019inqui\u00e8te est que \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9conomie de l\u2019attention&nbsp;\u00bb d\u00e9borde souvent, dans son fonctionnement, le champ strictement \u00e9conomique et peut facilement \u00eatre politiquement instrumentalis\u00e9e par le capital et g\u00e9n\u00e9rer des strat\u00e9gies de manipulations pouvant \u00eatre \u00ab&nbsp;mises au service de logiques industrielles toujours plus innovantes et toujours plus efficaces[5]&nbsp;\u00bb. L\u2019avertissement est donc clair&nbsp;: l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique peut aussi \u00eatre une ruse du capitalisme nouveau pour conqu\u00e9rir facilement de nouveaux march\u00e9s comme celui de la Zone de libre-\u00e9change \u00e9conomique africaine (ZLECAf). Cette capture totale, \u00e0 en croire Assane Diankha[6], n\u2019est pas pour bient\u00f4t, \u00e0 cause notamment des cadres juridiques lacunaires, aussi bien dans les l\u00e9gislations nationales que r\u00e9gionales dans l\u2019encadrement de l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique, de la fragmentation des march\u00e9s li\u00e9e \u00e0 l\u2019infrastructure num\u00e9rique et \u00e0 la logistique, et \u00e0 la fracture num\u00e9rique sous toutes ses formes que les \u00c9tats africains connaissent. Si les disparit\u00e9s l\u00e9gislatives ne sont pas une surprise \u00e0 cause des syst\u00e8mes juridiques concurrentiels h\u00e9rit\u00e9s de la colonisation, en revanche les diff\u00e9rences dans la gouvernance des donn\u00e9es, qui est un ph\u00e9nom\u00e8ne post-colonial, peuvent inqui\u00e9ter, d\u2019autant que les \u00c9tats africains se sont dot\u00e9s d\u2019instruments juridiques r\u00e9gionaux pour harmoniser les l\u00e9gislations. Examinant de plus pr\u00e8s le protocole sur le commerce des services et celui sur le commerce \u00e9lectronique \u00ab&nbsp;qui jouent un r\u00f4le central dans la facilitation des \u00e9changes et de l\u2019int\u00e9gration num\u00e9rique&nbsp;\u00bb&nbsp; au niveau continental, Assane Diankha conclut que les objectifs de la ZLECAf ne pourraient \u00eatre atteints que si les \u00c9tats renforcent les comp\u00e9tences dans le domaine du num\u00e9rique, investissent de mani\u00e8re cons\u00e9quente dans les infrastructures et accordent une attention particuli\u00e8re \u00e0 l\u2019innovation dans le domaine de la technologie. Nombre de ces pr\u00e9occupations sont reprises par Minata Sarr"}