{"version":"1.0","provider_name":"Global Africa","provider_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/","author_name":"Mame-Penda Ba","author_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/author\/prmamependaba-2\/","title":"Traducture dans la philanthropie | Global Africa","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"dybdqmlmPJ\"><a href=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-12\/traducture-in-philanthropy\/\">Traducture dans la philanthropie<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/fr\/issues\/numero-12\/traducture-in-philanthropy\/embed\/#?secret=dybdqmlmPJ\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0Traducture dans la philanthropie\u00a0\u00bb &#8212; Global Africa\" data-secret=\"dybdqmlmPJ\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script>\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/www.globalafricasciences.org\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/DSCF1461-RAF_DxO_DeepPRIME-copie-Grande.jpeg","thumbnail_width":857,"thumbnail_height":1280,"description":"Dans cet entretien, Wangui wa Goro, f\u00e9ministe, traductrice et universitaire, qui a \u00e0 la fois men\u00e9 des recherches et travaill\u00e9 dans le domaine du \u00ab\u2009d\u00e9veloppement\u2009\u00bb, propose une perspective novatrice sur la traduisibilit\u00e9 de concepts tels que la \u00ab\u2009philanthropie\u2009\u00bb et la \u00ab\u2009charit\u00e9\u2009\u00bb. Dans cet \u00e9change avec Akosua Adomako Ampofo, elle examine les hi\u00e9rarchies de genre, de race, de classe et d\u2019autres formes d\u2019in\u00e9galit\u00e9s au sein du champ humanitaire \u00e0 travers le concept de tajuk chu\/traducture, qu\u2019elle d\u00e9finit comme une traduction en profondeur. Au c\u0153ur de sa r\u00e9flexion se trouve la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une compr\u00e9hension plus fine des m\u00e9canismes persistants mis en place par les anciennes puissances coloniales, lesquelles ont restructur\u00e9 les pratiques de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019elles ne correspondent pas \u2014 et ne correspondent souvent pas \u2014 aux contextes africains. Ces pratiques ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9gitim\u00e9es par des discours et des terminologies qui, bien souvent, n\u2019existent pas dans les soci\u00e9t\u00e9s africaines, o\u00f9 les conceptions locales de la \u00ab\u2009philanthropie\u2009\u00bb ne sont pas prises en compte dans ces cadres discursifs plus larges. Les interrogations incisives de Wangui wa Goro mettent en lumi\u00e8re les tensions rencontr\u00e9es dans son exp\u00e9rience en mati\u00e8re de traduction, tant au sens large qu\u2019au sens restreint du terme. Wangui wa Goro est professeure honoraire de pratique de la traduction \u00e0 la School of Oriental and African Studies (Soas) et chercheuse invit\u00e9e \u00e0 King\u2019s College London. Elle est la fondatrice de Sidensi, une organisation qui promeut la traduction et la traducture. Elle \u0153uvre sans rel\u00e2che pour encourager les chercheurs et autres acteurs \u00e0 prendre la traduction au s\u00e9rieux. Akosua Adomako Ampofo Commen\u00e7ons par votre propre expertise et votre parcours en traduction. En tant que chercheuse f\u00e9ministe, traductrice et intellectuelle, quelle a \u00e9t\u00e9 votre exp\u00e9rience de la traduction des formes \u00ab\u2009conventionnelles\u2009\u00bb ou \u00ab\u2009n\u00e9olib\u00e9rales\u2009\u00bb de l\u2019humanitarisme, ou encore de la traduction dans ce que l\u2019on appelle le travail de d\u00e9veloppement\u2009? Depuis longtemps, vous exprimez votre pr\u00e9occupation face au fait que les mots et les actions ne se traduisent pas ais\u00e9ment d\u2019une langue ou d\u2019une culture \u00e0 une autre et que cela exige une attention particuli\u00e8re. Vous soutenez que les mots, les perceptions et les concepts qu\u2019ils sous-tendent ne se traduisent pas facilement d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre, en particulier dans des contextes marqu\u00e9s par des in\u00e9galit\u00e9s historiques. Comment en \u00eates-vous venue \u00e0 forger ce terme ou concept de traducture\/tajuk chu\u2009? Wangui wa Goro C\u2019est pour moi un privil\u00e8ge de prendre part \u00e0 cet \u00e9change si opportun. J\u2019emploierai les termes tajuk chu et \u00ab\u2009traducture\u2009\u00bb de mani\u00e8re interchangeable. La traduction fait partie de ma vie depuis mon plus jeune \u00e2ge. Plus tard, au cours de mes \u00e9tudes doctorales, j\u2019ai \u00e9labor\u00e9 ce concept de \u00ab\u2009traducture\u2009\u00bb, qui visait \u00e0 d\u00e9crire les lacunes au sein du processus de traduction et que j\u2019ai ensuite approfondi comme une forme de traduction en profondeur. J\u2019ai mis au jour ce que je consid\u00e8re comme des \u00e9carts conceptuels et communicationnels, li\u00e9s aux relations historiques entre l\u2019Afrique et les syst\u00e8mes mondiaux. Par la suite, j\u2019ai poursuivi l\u2019exploration de ce concept dans des contextes de d\u00e9veloppement international et de gestion des savoirs. Cette recherche a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e par le gouvernement n\u00e9erlandais par l\u2019interm\u00e9diaire de l\u2019Association europ\u00e9enne des organisations de d\u00e9veloppement (Eadi). Dans les contextes du d\u00e9veloppement et de l\u2019humanitaire, la langue ne se contente pas de d\u00e9crire la r\u00e9alit\u00e9\u2009; elle la produit. Les mots fa\u00e7onnent les priorit\u00e9s politiques, l\u00e9gitiment les interventions et structurent les relations entre ceux qui donnent et ceux qui re\u00e7oivent. Un bouleversement g\u00e9opolitique soudain \u2014 une guerre, un coup d\u2019\u00c9tat, la destitution d\u2019un chef d\u2019\u00c9tat \u2014 peut transformer radicalement la signification de concepts tels que la souverainet\u00e9, les droits ou la nation. La traduction n\u2019est donc jamais stable, et le tajuk chu insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de reconna\u00eetre cette instabilit\u00e9 plut\u00f4t que de la dissimuler. Lors de la pr\u00e9paration de cet entretien, un coll\u00e8gue a mal entendu le mot que j\u2019avais invent\u00e9, \u00ab\u2009traducture\u2009\u00bb, et l\u2019a compris comme \u00ab\u2009tajuk chu\u2009\u00bb. J\u2019ai choisi de reprendre cette forme dans cet essai, car elle illustre comment une erreur d\u2019audition peut entra\u00eener une non-\u00e9coute ou une non-traduction, avec des effets diff\u00e9rents. L\u2019objectif \u00e9tait d\u2019explorer les relations in\u00e9gales \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la traduction, y compris les traductions manqu\u00e9es dans le contexte des relations Nord\/Sud, notamment en lien avec la colonialit\u00e9 et la postcolonialit\u00e9 dans le secteur du d\u00e9veloppement. Pourtant, les erreurs de traduction se produisent quotidiennement dans les relations et les syst\u00e8mes de savoir, avec peu de v\u00e9rification. Nous vivons des vies traduites \u2014 corporellement, \u00e9motionnellement, intellectuellement, id\u00e9ologiquement, politiquement, etc. \u2014 au quotidien. Nous pratiquons l\u2019alternance codique, non seulement au niveau de la langue, mais \u00e0 travers tout notre \u00eatre et notre mani\u00e8re de vivre. La mondialisation a contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire certains \u00e9carts, mais les divergences id\u00e9ologiques signifient que des \u00e9carts importants subsistent \u00e0 d\u2019autres niveaux. Akosua Adomako Ampofo Pouvez-vous expliquer cela et donner des exemples\u2009? Wangui wa Goro Toutes deux, comme de nombreux Africains \u2014 et en particulier les personnes issues d\u2019anciennes colonies \u2014 parlons plusieurs langues et voyageons dans diff\u00e9rentes parties du monde. Nous faisons l\u2019exp\u00e9rience de la traduction de mani\u00e8re incarn\u00e9e, \u00e0 travers l\u2019h\u00e9ritage, o\u00f9 nous sommes amen\u00e9s \u00e0 n\u00e9gocier entre les cultures, mais aussi en nous-m\u00eames, \u00e0 mesure que nous circulons entre des contextes personnels, familiaux, locaux et g\u00e9opolitiques, familiers ou non, de mani\u00e8re consciente ou inconsciente. Cela implique d\u2019interagir avec les diff\u00e9rentes composantes de sa famille et de sa communaut\u00e9, que ce soit lorsqu\u2019on se rend \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ou m\u00eame au sein de sa propre ville. On se d\u00e9place ainsi sur les plans \u00e9motionnel, intellectuel, linguistique, philosophique et psychologique, sans dictionnaire. On apprend \u00e0 naviguer entre des valeurs, des attentes, ce qu\u2019il est possible ou non de dire, parce que certaines choses ne s\u2019inscrivent pas dans l\u2019une ou l\u2019autre communaut\u00e9, m\u00eame si l\u2019on en a connaissance\u2009; on se retrouve donc constamment \u00e0 censurer, ajuster et adapter son propos. Parfois, des vies se jouent sur des mots. Le parcours \u00e9ducatif influe \u00e9galement sur la mani\u00e8re dont on interagit avec diff\u00e9rentes communaut\u00e9s, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019\u00e9tudiants ou de pairs. Cela signifie aussi que l\u2019on doit naviguer entre des"}