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<oembed><version>1.0</version><provider_name>Global Africa</provider_name><provider_url>https://www.globalafricasciences.org/fr/</provider_url><author_name>Mame-Penda Ba</author_name><author_url>https://www.globalafricasciences.org/author/prmamependaba-2/</author_url><title>Savoirs protecteurs, savoir prot&#xE9;ger | Global Africa</title><type>rich</type><width>600</width><height>338</height><html>&lt;blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="t4ttwjCZJb"&gt;&lt;a href="https://www.globalafricasciences.org/fr/issues/numero-10/savoirs-protecteurs-savoir-proteger/"&gt;Savoirs protecteurs, savoir prot&#xE9;ger&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;iframe sandbox="allow-scripts" security="restricted" src="https://www.globalafricasciences.org/fr/issues/numero-10/savoirs-protecteurs-savoir-proteger/embed/#?secret=t4ttwjCZJb" width="600" height="338" title="&#xAB;&#xA0;Savoirs protecteurs, savoir prot&#xE9;ger&#xA0;&#xBB; &#x2014; Global Africa" data-secret="t4ttwjCZJb" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" class="wp-embedded-content"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;script&gt;
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Ils sont le produit de bricolages sociaux, de tactiques du quotidien, de formes d&#x2019;intelligence communautaire qui, dans des contextes de violence structurelle, de pr&#xE9;carit&#xE9; institutionnelle et de fragilit&#xE9; d&#xE9;mocratique, permettent de pr&#xE9;server la vie, la dignit&#xE9;, la m&#xE9;moire. Ils sont aussi, souvent, des savoirs invisibilis&#xE9;s, marginalis&#xE9;s, voire criminalis&#xE9;s &#x2014; pr&#xE9;cis&#xE9;ment parce qu&#x2019;ils &#xE9;chappent aux logiques de contr&#xF4;le &#xE9;tatique ou aux normes h&#xE9;g&#xE9;moniques du savoir. En Afrique, cette capacit&#xE9; &#xE0; prot&#xE9;ger &#x2014; nos penseurs, nos communaut&#xE9;s, nos langues, nos m&#xE9;moires &#x2014; reste dramatiquement lacunaire. Trop souvent, les figures de la pens&#xE9;e critique sont contraintes &#xE0; l&#x2019;exil, les institutions de savoir sont d&#xE9;l&#xE9;gitim&#xE9;es ou instrumentalis&#xE9;es, et les solidarit&#xE9;s populaires sont fragilis&#xE9;es par des logiques de fragmentation sociale ou de r&#xE9;pression politique. Ce num&#xE9;ro est donc un appel &#xE0; la r&#xE9;appropriation de ces ressources de protection, &#xE0; leur valorisation, &#xE0; leur transmission. Il donne, de ce fait, une occasion plus qu&#x2019;appropri&#xE9;e pour rendre un hommage m&#xE9;rit&#xE9; &#xE0; deux figures majeures des pens&#xE9;es africaines r&#xE9;cemment disparues&#xA0;: Valentin-Yves Mudimbe et Ng&#x169;g&#x129; wa Thiong&#x2019;o. Valentin-Yves Mudimbe&#xA0;&#xA0;: le d&#xE9;colonisateur des savoirs[1] Philosophe, romancier, critique, Valentin-Yves Mudimbe fut l&#x2019;un des penseurs les plus d&#xE9;cisifs du XX&#x1D49;&#xA0;si&#xE8;cle africain. Avec&#xA0;The Invention of Africa&#xA0;(Mudimbe, 1988), il a boulevers&#xE9; les &#xE9;tudes postcoloniales en r&#xE9;v&#xE9;lant la structure profonde de la &#xAB;&#x2009;&#xA0;biblioth&#xE8;que coloniale&#x2009;&#xBB;&#xA0;: cet ensemble de textes religieux, anthropologiques et administratifs qui ont construit l&#x2019;Afrique comme un objet &#xE0; conna&#xEE;tre, &#xE0; dominer, &#xE0; sauver. Mais Mudimbe ne s&#x2019;est jamais uniquement content&#xE9; de d&#xE9;construire&#x2009;&#xA0;; il a propos&#xE9; une refondation intellectuelle, rigoureuse et exigeante, pour penser l&#x2019;Afrique&#xA0;hors de toute assignation. Son &#x153;uvre, entre philosophie et litt&#xE9;rature, entre la R&#xE9;publique D&#xE9;mocratique du Congo (RDC), l&#x2019;Europe et les &#xC9;tats-Unis, est une pens&#xE9;e de la travers&#xE9;e, de l&#x2019;errance, de la complexit&#xE9;. Elle refuse les prisons conceptuelles, qu&#x2019;elles soient coloniales ou nationalistes, sous couleur &#xAB;&#x2009;&#xA0;d&#x2019;authenticit&#xE9;&#x2009;&#xA0;&#xBB;. Elle invite &#xE0; penser l&#x2019;Afrique&#xA0;par elle-m&#xEA;me, sans se couper du monde. En cela, Mudimbe est une source d&#x2019;inspiration majeure pour les savoirs protecteurs&#xA0;: il nous enseigne que prot&#xE9;ger, c&#x2019;est aussi&#xA0;penser autrement, refuser les &#xE9;vidences, et construire des savoirs pluriels, ouverts, capables de rendre compte de la diversit&#xE9; des exp&#xE9;riences africaines. Lorsqu&#x2019;il a re&#xE7;u le titre de docteur Honoris causa&#xA0;de l&#x2019;Universit&#xE9; de Lubumbashi en 2019, Mudimbe a exprim&#xE9; son &#xE9;motion d&#x2019;&#xEA;tre enfin reconnu dans son pays d&#x2019;&#xA0;origine, apr&#xE8;s avoir &#xE9;t&#xE9; c&#xE9;l&#xE9;br&#xE9; sur tous les autres continents. Son geste d&#x2019;alors &#x2014; le don de sa biblioth&#xE8;que personnelle &#xE0; cette m&#xEA;me universit&#xE9; &#x2014; est un acte de transmission, mais aussi un cri d&#x2019;alerte. Car Mudimbe, comme tant d&#x2019;autres, a d&#xFB; fuir son pays, chass&#xE9; par l&#x2019;autocratie de Mobutu Sese Seko, qui r&#xE9;gna par la r&#xE9;pression et la corruption en RDC &#xA0;de 1965 &#xE0; 1997. Nous avons manqu&#xE9; &#xE0; notre devoir de le prot&#xE9;ger. &#xA0;Et pourtant, il n&#x2019;a jamais rompu son attachement &#xE0; l&#x2019;Afrique, de penser pour elle, avec elle, malgr&#xE9; l&#x2019;exil. Ng&#x169;g&#x129; wa Thiong&#x2019;o&#xA0;: la langue comme territoire de r&#xE9;sistance[2] Ng&#x169;g&#x129; wa Thiong&#x2019;o, romancier, dramaturge, essayiste, fut l&#x2019;un des plus puissants militants de la d&#xE9;colonisation culturelle. N&#xE9; sous domination britannique, il a tr&#xE8;s t&#xF4;t compris que la langue est un champ de bataille. Apr&#xE8;s avoir &#xE9;crit en anglais, il choisit le kikuyu, sa langue maternelle, pour dire le monde, pour &#xE9;crire le th&#xE9;&#xE2;tre, le roman, l&#x2019;essai. Ce geste, radical, est un acte de protection&#xA0;: prot&#xE9;ger les langues africaines, c&#x2019;est prot&#xE9;ger les imaginaires, les m&#xE9;moires, les r&#xE9;sistances. Son &#x153;uvre, de&#xA0;Petals of Blood&#xA0;&#xE0;&#xA0;Decolonising the Mind (Ng&#x169;g&#x129;, 1986), est un plaidoyer pour une litt&#xE9;rature enracin&#xE9;e, une pens&#xE9;e insurg&#xE9;e, une Afrique qui se raconte par elle-m&#xEA;me. Mais ce combat lui a co&#xFB;t&#xE9; cher&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0;&#xA0; : emprisonn&#xE9;, censur&#xE9;, exil&#xE9; pendant plus de vingt ans, Ng&#x169;g&#x129; a pay&#xE9; de sa chair son engagement. Et lorsqu&#x2019;il tenta de revenir au Kenya en 2004, ce fut pour y &#xEA;tre odieusement agress&#xE9;, avec son &#xE9;pouse. Nous avons manqu&#xE9; &#xE0; notre devoir de le prot&#xE9;ger. &#xC0; juste titre, des commentateurs avaient exhum&#xE9; les racines de cette brutale humiliation dans la d&#xE9;gradation des institutions culturelles, comme les biblioth&#xE8;ques vid&#xE9;es de leurs livres par des vols ou mutilations. Cette n&#xE9;gligence symbolisant une &#xE9;rosion de la vertu civique[3]. Et pourtant, Ng&#x169;g&#x129; n&#x2019;a jamais cess&#xE9; d&#x2019;&#xE9;crire, de r&#xEA;ver, de transmettre. Il croyait en une litt&#xE9;rature capable d&#x2019;ouvrir la voie &#xE0; la philosophie, aux sciences, &#xE0; la technologie. En cela, il est une figure tut&#xE9;laire des savoirs protecteurs&#xA0;: il a montr&#xE9; que prot&#xE9;ger, c&#x2019;est aussi cr&#xE9;er, traduire, enseigner, r&#xE9;sister. Un h&#xE9;ritage, une responsabilit&#xE9; L&#x2019;&#xE9;vocation de ces deux g&#xE9;ants de la pens&#xE9;e ne constitue pas seulement un hommage. C&#x2019;est un&nbsp;(r)appel &#xE0; nos responsabilit&#xE9;s. Car, pendant que nous c&#xE9;l&#xE9;brons Mudimbe et Ng&#x169;g&#x129;, d&#x2019;autres continuent de subir, dans l&#x2019;indiff&#xE9;rence ou le silence, les violences des pouvoirs. Au B&#xE9;nin, le constitutionnaliste Jo&#xEB;l A&#xEF;vo, les politistes Alain Fogue et Abdu Karim Ali au Cameroun, le chercheur Aliou Bah en Guin&#xE9;e, sont aujourd&#x2019;hui emprisonn&#xE9;s pour leurs id&#xE9;es. Et les cercles acad&#xE9;miques africains, trop souvent, trop indiff&#xE9;rents, se taisent. Comme le souligne Nadine Machikou (2024), les cadres internationaux peinent &#xE0; prot&#xE9;ger les universitaires africains[4]. Il est temps de construire des&#xA0;m&#xE9;canismes de protection enracin&#xE9;s dans nos r&#xE9;alit&#xE9;s, nos solidarit&#xE9;s, nos savoirs. C&#x2019;est l&#xE0; tout le sens de ce num&#xE9;ro&#xA0;: penser les savoirs protecteurs comme des outils de r&#xE9;sistances, de soins, de transformations. Mudimbe et Ng&#x169;g&#x129; nous ont l&#xE9;gu&#xE9; des outils. &#xC0; nous de les manier. Car prot&#xE9;ger, c&#x2019;est r&#xE9;sister, exister. Ce num&#xE9;ro leur est d&#xE9;di&#xE9;, ainsi qu&#x2019;&#xE0; Koyo Kouoh et &#xE0; tous ceux et toutes celles qui ne sont pas cit&#xE9;&#xB7;e&#xB7;s ici mais dont les &#x153;uvres valent vies et libert&#xE9;s. Puissent leurs combats nous rappeler que, parfois, savoir prot&#xE9;ger commence par un acte simple&#xA0;: rompre le</description></oembed>
